connaissance des arts

Dialogue(s) avec la Roumanie au Centre Pompidou

L’exposition met notamment en scène la rencontre entre Henri Matisse (1869-1954) et le peintre roumain Theodor Pallady (1871-1956), dont l’amitié s’était forgée à l’école des Beaux-Arts, à l’atelier de Gustave Moreau. Peu avant la Seconde Guerre mondiale, Pallady rendit visite au peintre français à Nice avant de repartir à Bucarest pour une exposition. Après son départ, Matisse peint « La Blouse roumaine » et « La Dormeuse ».  Dans ses lettres à Pallady, il  livre ses réflexions sur la couleur et le motif.  « J’ai trouvé une belle blouse roumaine – une blouse de broderie au point vieux rouge, qui a dû appartenir à une princesse ! et j’en désirerais bien d’autres que j’échangerais contre un beau dessin », écrit-il à son ami dont la formation d’ingénieur lui fait préférer la ligne à la couleur, le dessin à la peinture. Interdit de sortie de son pays, Pallady réalisera de mémoire un portrait de Matisse, plusieurs autoportraits et des peintures en suivant les conseils de son mentor. L’exposition présente les œuvres réalisées par les deux artistes ainsi que des lettres illustrées conservées aux Archives Matisse et à la Bibliothèque nationale de Roumanie, et des photographies évoquant la démarche de Matisse.

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Édito : Un départ signifie-t-il une disparition ?

Et puis, juste avant Noël, parmi l’avalanche des livres de fin d’année, m’est parvenu un petit livre d’entretiens tournant justement autour du passage de Guy Cogeval à la direction du musée d’Orsay de 2008 à 2017 (Mémoires d’un antihéros, propos recueillis par Caroline Dubois, éd. Skira, 142 pp., 18 €). Il permet de se remettre en tête ses faits d’armes, tout ce qu’il a apporté à ce musée du XIXe siècle en moins de dix ans. Une décennie remplie d’expositions monographiques (« Ensor », « Jean-Léon Gérôme », « Manet », « Pierre Bonnard », « Charles Gleyre », « Van Gogh/Artaud » ou « Kahlo/Rivera » avec Marie-Paule Vial à l’Orangerie et d’expositions thématiques (« Oublier Rodin ? », « Crime et châtiment », « L’ange du bizarre » ou « Second Empire » avec Yves Badetz). Une décennie de donations et achats importants (la toile magistrale Le Cercle de la rue Royale de James Tissot, le legs Marcie-Rivière, la donation Hays, nombre d’œuvres des écoles étrangères). Une décennie de réaménagements du musée avec l’accrochage repensé de toutes les collections, un nouvel éclairage, l’apparition de couleurs vives sur les murs et la mise en avant des arts décoratifs et des œuvres nabies. Ces transformations radicales ont enfin permis d’oublier les lourdeurs du premier aménagement raté, signé Gae Aulenti. Guy Cogeval a lancé également la mode des mises en scène d’expositions, avec Hubert Le Gall ou Robert Carsen pour « L’impressionnisme et la mode », dont le vert gazon a défrayé la chronique. Il a trouvé des sujets novateurs autour de domaines laissés de côté comme « Qui a peur des femmes photographes ? », autour de la musique comme « Debussy, la musique et les arts » ou « Gustav Mahler », autour de sujets de société comme « Masculin/Masculin » ou « Images de la prostitution ». Son passage à Orsay aura marqué définitivement l’institution, qui a changé physiquement, est sortie de son cadre temporel et s’est engagée dans les voies de la modernité, quitte à piétiner les plates-bandes du Centre Pompidou. Pendant son « règne » à Orsay, malgré son caractère entier qui a conduit à l’opposition de certains membres de son équipe, Guy Cogeval a surtout proposé de nouvelles approches de l’art du XIXe siècle et a su s’interroger sur une manière contemporaine de présenter les œuvres d’art. On le voit, un départ ne peut en rien signifier une disparition définitive.

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Réouverture du musée de l’Hôtel-Dieu de Mantes-la-Jolie

En 1962, la Ville de Mantes-la-Jolie fait l’acquisition de l’Hôtel-Dieu, un bâtiment érigé au XVIIe siècle dont la remarquable façade de style classique lui vaut, en 1964, une inscription à l’inventaire des Monuments historiques. En 1996, la municipalité décide d’y installer un musée des beaux-arts dont les collections se construisent autour du dépôt lapidaire de la collégiale Notre-Dame et du fonds Maximilien Luce, légué à la Ville en 1971 par le fils de l’artiste. Depuis la sculpture médiévale jusqu’aux œuvres pointillistes et aux dessins politiques de Maximilien Luce, l’institution met en lumière la richesse du patrimoine local et s’impose comme une étape nécessaire sur la route des impressionnistes. En septembre 2017, le musée est contraint de fermer ses portes pour procéder à d’importants travaux de rénovation et de réaménagements dont le coût global s’élève à plus d’1 350 000 €, un projet financé par la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC), la Région Île-de-France et le Département des Yvelines. Si la réfection de la façade de l’Hôtel-Dieu doit se poursuivre dans les mois à venir, le musée célèbre dès à présent sa réouverture en ouvrant gratuitement ses portes au public les 16 et 17 février prochains. La nouvelle muséographie fait la part belle aux œuvres de Maximilien Luce, dont l’institution abrite la plus importante collection de France. Dans la chapelle, un dispositif ingénieux permet ainsi de mettre en regard la formation de graveur sur bois de l’artiste, ses activités de dessinateur de presse et ses recherches picturales inspirées par l’art de Seurat, tandis que la suite du parcours permet d’embrasser l’ensemble des thématiques chères à l’artiste, telle que le monde ouvrier ou la peinture d’histoire. À l’occasion du week-end de réouverture, les visiteurs pourront également découvrir l’exposition « Mantes et ses musées » qui présente des œuvres insolites issues des collections de la Ville, une reconstitution d’un salon Empire ou encore une modélisation 3D de la chapelle.

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Théâtre : SAMO aka Basquiat

Cet alias du peintre nous plonge aux origines de son art alors qu’au cœur du New York underground de la fin des années 1970 il s’initie au graffiti, jetant comme autant de coups de poing ses aphorismes sur les murs. C’est cette rage de créer en quête de supports que Laëtitia Guédon met en scène au Théâtre de la Tempête à Paris, alliant le texte de Koffi Kwahulé au beat box, au jazz, au mapping vidéo et à la danse pour rendre compte de la genèse d’un art urbain polymorphe. Une propédeutique jouissive à l’art de Basquiat.

« SAMO. A tribute to Basquiat »
Une pièce de Koffi Kwahulé, mise en scène Laëtitia Guédon
Théâtre de la Tempête
Du 11 janvier au 2 février.

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Martine Franck, la beauté partout, à la Fondation Henri Cartier-Bresson

En un mouvement contraire, deux lianes enroulées s’étirent et se recroquevillent, impériales et timides, dans l’angle d’un canapé sombre recouvert d’un tissu indien. Exquis jeu de jambes, tout en retenue et pourtant diablement sensuel. Elle porte des Roger Vivier et tient entre ses mains délicates un livre dont on ne saura jamais le titre. On ne voit pas son visage et c’est tant mieux. L’image est d’Henri Cartier-Bresson, l’œil du siècle qui, à cet instant précis, n’a d’yeux que pour sa future femme, Martine Franck. C’est fou ce que ces jambes disent. Une éducation, un tempérament, l’amour aussi. Au bout de ces jambes, hors-champ, il y a une voix, grave, aristocratique, et puis un regard, clair, infiniment tendre. À propos de Martine Franck, deux images surgissent chez Agnès Sire, commissaire de la rétrospective événement qu’elles préparaient à quatre mains depuis 2011, alors que Martine se savait mourir. Un éclat de rire d’abord : « Martine avait un rire fracassant. Henri disait toujours qu’il était tombé amoureux d’elle en l’entendant rire ». La piscine, ensuite : « Elle se préparait méthodiquement et crawlait longuement dans le bassin, avec une cadence régulière et légère. L’eau ne semblait lui opposer aucune résistance ».
Bien née, à Anvers en 1938, dans une famille de collectionneurs d’art moderne, « tout et rien ne la destinait à la photographie ». Martine Franck grandit entre les États-Unis, l’Angleterre et la Suisse. Sans surprise, elle se tourne vers l’histoire de l’art qu’elle étudie à Madrid puis à l’École du Louvre, où elle signe un mémoire sur l’influence du cubisme en sculpture. En 1963, un revers amoureux l’entraîne sur les routes d’Extrême-Orient. Un voyage initiatique, entrepris avec sa complice Ariane Mnouchkine, qui lui laissera une empreinte indélébile : « J’ai le souvenir de la beauté partout, les visages, les paysages, les gestes, les objets usuels que je prenais tant plaisir à photographier : je n’avais jamais été aussi heureuse ni aussi libre ». […]

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