connaissance des arts

Faire tomber l’ennemi dans le décor : hommage aux artistes camoufleurs

Haye et Paul d’Espagnat, « Etapes de la fabrication d’arbres-observatoires blindés », illustration pour le n° 49 de « La Guerre Documentée », p. 37, 1917

En cette année de commémoration du centenaire de l’Armistice de 1918, il est bon de se souvenir que les artistes ont eux aussi mis leur imagination et leur talent au service de leur pays. Les armées engagées dans ce qui fut le premier conflit mondial de l’Histoire ont en effet su mettre à profit l’art plurimillenaire du camouflage en associant artistes, décorateurs, couturiers ou accessoiristes à la création de techniques de dissimulation des troupes et des sites stratégiques de plus en plus élaborées. Si l’ensemble des pays s’est intéressé aux applications martiales de l’art de la dissimulation et du trompe l’œil, la France en a probablement fait l’un des usages les plus remarquables en créant, dès le mois d’août 1915, la section Camouflage où artistes, ingénieurs et architectes travaillaient de concert sous la houlette du Ministère de la Guerre. Dès 1914, le peintre lorrain Louis Guingot (1864-1948) de l’École de Nancy mettait au point la première « tenue léopard » visant à dissimuler les fantassins français, alors toujours affublés d’un pantalon rouge garance sur le champ bataille. L’impression est réalisée à partir de la technique du barbouillage, mêlant le vert pré, le brun-rouge et le bleu sombre, pour mieux tromper la vision de l’ennemi. À cette époque, l’armée a cependant préféré à cette invention l’uniforme bleu horizon tout en déclinant son principe pour le camouflage de l’artillerie lourde visée par l’aviation allemande. C’est grâce à la ténacité d’un autre artiste, Guirand de Scévola (1871-1950), que de grandes toiles bariolées aux couleurs de la nature ont finalement été déployées au-dessus des canons et des artilleurs pour garantir l’invisibilité de leur position. Canons, chevaux, matériel ferroviaire et camions ont été peints de taches irrégulières afin de briser les lignes de leurs formes réelles tandis que des installations de plus en plus sophistiquées ont vu le jour. Une vaste reconstitution de la partie nord de Paris, animée par un système d’éclairage intermittent, fut ainsi installée dans le secteur de Roissy-de-France pour tromper l’aviation allemande tandis que de faux-arbres observatoires blindés avaient été disséminés dans le paysage.

André Mare, « Les canonniers », Somme 1915, planche extraite du recueil « Carnet de Guerre »

L’art du camouflage devenant une discipline militaire à part entière, l’armée a créé différents ateliers à Paris et en région réunissant des décorateurs de théâtre (Georges Mouveau, Eugène Ronsin), des sculpteurs (Charles Despiau, Paul Landowski, Antoine Sartorio), des peintres traditionnels ou proches de l’esthétique cubiste (André Lhote, André Mare), ou encore des illustrateurs (Joseph Inchon, créateur de Bécassine). Pour Cécile Coutin, conservateur en chef honoraire et auteur de l’ouvrage Tromper l’ennemi. L’invention du camouflage moderne en 1914-1918, les artistes, aidés par des physiciens, des ingénieurs et des chimistes, ont « largement contribué au succès du camouflage grâce à leur imagination, leur sens des subtilités de la couleur, du ton et de la matière, et leur aptitude à dessiner sur le motif ou de mémoire ». Si le salon Souvenir de Corot choisit cette année de rendre hommage à ces créations aussi curieuses que salutaires c’est que son fondateur, le peintre et graveur André Dunoyer de Segonzac (1884-1974), ami d’Apollinaire, de Vlaminck et de Dufy, a lui-même dirigé un atelier de camouflage durant la Première Guerre mondiale.

Salon Souvenir de Corot
« Hommage aux Artistes Camoufleurs de 1914-1918. Tromper l’ennemi »
21 septembre – 21 octobre 2018
L’Écu de France 1, rue Robert Cahen, 78220 Viroflay

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Le Glenstone Museum à la conquête de nouveaux espaces

Le bassin intérieur du Pavillions. Courtesy Glenstone museum © Iwan Baan

2018 marque un tournant décisif dans l’histoire du Glenstone Museum, lieu unique en son genre qui met en résonance l’art des XXe et XXIe siècles avec les paysages boisés du Maryland. Portée par le couple de collectionneurs Emily et Mitchell Rales, l’institution inaugure dans quelques semaines ses nouveaux bâtiments, une extension conçue par l’agence Thomas Phifer and Partners dans un souci toujours constant d’intégration à l’environnement. Différents cubes de béton abritant des cafés, une librairie, des locaux techniques et surtout de nouveaux espaces d’exposition viennent ainsi s’inscrire dans le paysage pour quadrupler la capacité d’accueil du musée et assurer un confort de visite optimal au public. « Vous laissez le monde derrière vous », explique Thomas Phifer au sujet du cheminement du visiteur vers The Pavillions, le bâtiment principal, « chaque pas vous emmène un peu plus loin des distractions quotidiennes », vous incitant à adopter une posture contemplative. Doté de larges baies vitrées qui offrent un éclairage naturel, The Pavillions est conçu comme une succession de galeries disposées en cercle, ouvrant sur un bassin de 1600 m² agrémenté de nénuphars, d’iris et de jonc.
En complément de son bâtiment initial, dessiné par Charles Gwathmey (1938-2009), le Glenstone Museum se dote ainsi de plus de 4 600 m² supplémentaires d’espaces d’exposition qui seront consacrés aussi bien aux manifestations temporaires qu’à la présentation d’une plus large partie de la collection de l’institution. Plusieurs salles seront notamment consacrées à l’œuvre d’un seul artiste, qu’il s’agisse de Cy Twombly, de Charles Ray, dont le Garçon à la Grenouille avait été exposé à l’entrée du Grand Canal à Venise, de l’artiste conceptuel japonais On Kawara, décédé en 2016, ou encore de Michael Heizer, figure contemporaine du Land Art. À l’extérieur, 50 nouveaux hectares de parc ont été agencés et peuplés de deux nouvelles sculptures : l’installation sonore de Janet Cardiff et George Bures Miller Forest (for a thousand years), acquise en 2017, et Horse and Rider de Charles Gwathmey.
Le 30 août dernier, l’entreprise de construction Hitt Contracting a attaqué en justice le commanditaire de l’expansion, la Glenstone Foundation, en raison des nombreux changements architecturaux (plus de 2400 !) opérés au cours du chantier (dont le coût global s’élève à 200 millions de dollars). Hitt affirme que ces problèmes ont obligé l’entreprise, ainsi que ses sous-traitants, à autofinancer le projet pendant des mois et réclame aujourd’hui à la fondation 24 millions de dollars de dédommagement.

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Le grand retour de Georges Mathieu à la galerie Templon

La succession de Georges Mathieu (1921-2012) enfin résolue, l’artiste est aujourd’hui représenté par la galerie Templon, pour les années 1960 et 1970. « Beaucoup de gens sont heureux de le voir sortir enfin du purgatoire », observe la directrice de la galerie, Anne-Claudie Coric. Sur des foires, il attire déjà les collectionneurs américains, belges, italiens, suisses ou asiatiques. « On regarde à nouveau la grande abstraction française et on redécouvre à quel point cet artiste a été novateur. Il fut le premier à introduire la notion de vitesse et de performance dans l’exécution des toiles, notamment par ses improvisations avec des musiciens, et il avait aussi cette manière d’employer la peinture directement du tube qui est un langage très bien compris des plasticiens d’aujourd’hui. » Une vingtaine d’œuvres de 1964 à 1976 s’échelonnent entre 80 000 € et 200 000 € selon les formats. Mais ce qui frappe, c’est la fraîcheur de ces toiles, que Jackson Pollock appréciait également, relue à l’ère d’une nouvelle abstraction.

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Le peintre norvégien Johan Christian Dahl en vedette romantique à Bergen

Vue du Nigardsbreen à Jostedalen, 1844, huile sur toile, 100 x 136 cm, KODE © Dag Fosse/KODE

Fjords, glaciers, chutes d’eau, tempêtes, scènes pastorales panoramiques dans les montagnes, mais aussi couchers de soleil flamboyants, le répertoire iconographique exceptionnel qui fait la réputation de Dahl apparaît, au-delà de l’invitation au voyage en Norvège, comme un manifeste identitaire. L’affaire n’était pourtant pas gagnée d’avance. La Norvège, au début du XIXe siècle, ne possède ni Académie des beaux-arts ni marché d’art véritable. À Bergen, celui-ci se limite à quelques commandes privées ou publiques, principalement de peintures décoratives. Ainsi, entre ses dix-huit et vingt ans seulement, après une formation locale succincte auprès de Johan Georg Müller (1771-1822), Dahl réalise, entre autres, Vue d’Engen (1806), Vue du port de Bergen (1806) et La bataille navale d’Alvøen (1808), trois huiles sur toile de format horizontal. Si la technique est encore artisanale, le style « naïf » est plein de charme dans les détails, ceux des personnages surtout. Dahl sait déjà rendre à merveille la vie quotidienne et l’actualité des Norvégiens.
Le voyage à l’étranger s’impose ensuite à Dahl. De 1811 à 1817, il part se former à Copenhague, à l’Académie des beaux-arts. Là, comme le peintre Caspar David Friedrich (né en 1774 à Greifswald, ville suédoise jusqu’en 1815) dans les années 1790, il est l’élève de Christian August Lorentzen. Dahl étudie de près les chefs-d’œuvre des peintres danois Jens Juel (Paysage d’aurore boréale, vers 1790) et Christoffer Wilhelm Eckersberg, sans négliger Claude Lorrain pour ses dessins et les peintres de paysage hollandais (Jacob van Ruisdael, Hobbema et Jan Both…), Allart van Everdingen surtout, lequel fit le voyage en Norvège dans les années 1640. La période danoise de Dahl réserve des toiles majeures dédiées au paysage « dramatique », comme le Pont sur la rivière de Tryggevælde et Vue sur Køge (vers 1815), menacé par une lumière crue, un vent violent et un ciel chargé de lourds nuages noirs. D’esprit romantique, l’œuvre réussit, contre toute attente, à faire naître chez le spectateur un sentiment d’effroi dans un paysage pourtant sans relief, propre au Danemark. Avec subtilité, Dahl rend le paysage vivant grâce aux personnages que l’on devine dans la tempête. Ainsi crée-t-il un lien réflexif et émotionnel fort entre le spectateur et la représentation, libérée de toute référence mythologique ou historique. Paysage de montage nordique avec cascade (1817), en revanche, dévoile la nature sauvage en Norvège par beau temps (on distingue à droite trois promeneurs) bien que réalisé à Copenhague d’après les tableaux d’Everdingen.

Vue du Vésuve en éruption, 1821, huil esur toile, 61 x 87,5 cm, KODE © Dag Fosse/KODE

Après le Danemark, et avant l’exil définitif en Allemagne, curieux de l’art du sud cette fois, Dahl prend le chemin de l’Italie en 1820-1821, en passant par Berlin, Dresde et Munich. Entre autres, il visite Florence et Naples avant de séjourner à Rome où il fait la connaissance du sculpteur danois Thorvaldsen. À l’occasion, Dahl franchit une étape capitale en exécutant de nombreuses études au crayon et à l’aquarelle d’après nature, fraîches et spontanées, dans lesquelles il s’attache à retranscrire fidèlement la lumière et l’atmosphère. À la suite, dans son atelier, Dahl réalise des huiles sur toile spectaculaires, comme Vue du Vésuve en éruption (1821). Il semble que Dahl ait été le premier à peindre l’éruption d’aussi près, avec la lave en fusion au premier plan et la baie de Naples dans le lointain. L’impuissance des personnages est ici totale, face aux vapeurs de soufre qu’exhalent les crevasses de la montagne. Fin juillet 1821, Dahl revient à Dresde pour s’y fixer plus de trente-cinq ans, jusqu’à sa mort. La riche métropole lui permet de faire une brillante carrière et de former des élèves (notamment norvégiens). Et, à titre privé, de fonder une famille nombreuse. Membre de l’Académie des beaux-arts de Dresde en 1820, Dahl est nommé professeur en 1824, la même année que Friedrich, un ami avec lequel il partage une même quête identitaire « nordique ». En effet, durant toutes ces années à Dresde, Dahl garde des liens étroits avec le Danemark (où il expose régulièrement) et, fier de ses racines, avec la Norvège, qu’il visite à cinq reprises l’été pour l’analyser à la loupe : d’avril à octobre 1826, de mai à novembre 1834, de mai à octobre 1839, de juin à octobre 1844 et de mai à octobre 1850. Après l’étude des écoles de peinture de paysage étrangères (danoise, hollandaise, française, italienne et allemande), Dahl vise à définir un « modèle norvégien » du paysage moderne. Avec lui, « fjells » (montagnes), fjords et torrents gagnent droit de cité dans l’art international. Ainsi, à l’Exposition universelle de 1855, à Paris, affublé des titres de « Chevalier des ordres de Wasa, de Danebrog et Danebrogsmand, de l’ordre norvégien de Saint-Olaf, et de l’Aigle Rouge de Prusse », Dahl montre deux vues norvégiennes, sur trois toiles exposées : Vue prise à Mariedahlen (Vallée de Marie), près de Christiania (aujourd’hui Oslo) et Un paysage norvégien, qui appartient déjà à la Galerie nationale de Christiania. Officiels comme bourgeois admirent ses larges compositions dédiées à la nature exotique du Nord, très élaborées et riches en détails, sorte de « résumés » de la Norvège.

Vue du port de Bergen, huile sur toile, 123,5 x 178 cm © Dag Fosse/KODE

Contrairement aux aspirations métaphysiques de Friedrich, l’objectivité dans les formes, les couleurs et les sujets caractérise les tableaux de Dahl (Stugunøset à Filefjell, 1851, animé d’un troupeau de rennes, par exemple). Son génie est de nous faire partager une expérience optique et spatiale que l’on ne peut connaître que dans la nature norvégienne, grandiose, sauvage, âpre (Nigardsbreen, 1844, un glacier situé dans la vallée Jostedalen). D’une toile à l’autre, Dahl nous confronte encore, sans ménagement, aux côtes déchaînées par le vent comme aux montagnes majestueuses, créant un véritable choc émotionnel, un éblouissement visuel, une prise de conscience d’un environnement exceptionnel, souvent hostile il est vrai, mais d’une beauté renversante. Par un système de superposition de plans, un peu comme des strates, ses vues, souvent panoramiques, « racontent » la Norvège, son littoral (Vue du port de Bergen, 1834, qui offre la vision d’un « ballet » de nuages et de brume), et l’intérieur du pays, plus mystérieux encore (Hiver dans le Sognefjord, 1827, avec son monument mégalithique, ou Vue de Kaupanger, 1848, et son église en bois datant du Moyen-Âge). Parallèlement à la création d’une école norvégienne du paysage (qui laisse une place non négligeable aux esquisses, notamment de ciels et de nuages), Dahl prend activement part à divers projets nationaux, telle la création de la Galerie nationale des beaux-arts, à Christiania (1836), et l’Association artistique de Bergen (1838). En 1837, la publication d’un recueil de planches dessinées d’églises norvégiennes en bois, constitué à partir de l’œuvre de Dahl, témoigne aussi de son vif intérêt pour le passé patrimonial norvégien.
Poète dans l’âme, Dahl rend ainsi hommage sa vie entière, en très grande partie, à une nature puissante, mais aux lois moins obscures que celle qu’imagina Friedrich sur les côtes de la mer Baltique. Plus pragmatique, peut-être, que son ami allemand, Dahl assimile l’influence de nombreux modèles étrangers pour donner naissance à une représentation fidèle de la Norvège, telle qu’elle existe dans ses nuances et ses ambivalences. Le parcours européen de Dahl est complexe, mais c’est sans doute celui-ci qui rend pertinente la quête identitaire de Dahl. L’artiste est le premier peintre norvégien à représenter le rapport ambigu avec l’environnement, aussi diversifié soit-il, en Norvège, et à imaginer une harmonie possible avec la nature, d’une force inouïe, celle-là même qui permet de définir aussi le caractère de toute une nation, notamment sa capacité de résistante face à l’histoire (Bouleau dans la tempête, 1849).

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Le numérique au service du patrimoine

« Les dernières tendances en matière d’innovation dans les lieux de patrimoine sont les escape games numériques et le développement de la réalité virtuelle », affirme Pierre-Yves Lochon, coordinateur du Club innovation & Culture Clic France. En quelques mois, les escape games ou « jeux d’évasions grandeur nature » se sont multipliés dans les lieux de patrimoine artistique, historique et scientifique, comme celui du château de Bourdeilles qui propose aux joueurs munis de casques de réalité virtuelle de résoudre des énigmes afin de s’échapper de décors médiévaux en 3D inspirés de l’architecture du château (donjon, basse-fosse…).
Voyager dans le temps, tel est l’objectif des dispositifs en réalité virtuelle comme celui du théâtre antique d’Orange qui permet de s’immerger dans une reconstitution numérique du monument inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, tel qu’il devait être en 36 av. J.-C. au moment de la fondation de la ville d’Arausio par les Romains. Un film immersif projeté sur l’écran d’un casque de réalité virtuelle est proposé sur place par le gestionnaire du lieu, Culturespaces. En revanche, inutile d’être au château de Versailles pour revivre la visite de l’ambassade de Siam à la cour de Louis XIV en 1686 et le bal des Ifs organisé par Louis XV en 1745, si l’on est équipé d’un casque de type HTC Vive ou Oculus Rift, de manettes de réalité virtuelle et d’une application gratuite intitulée « Vivez Versailles » développée par le château de Versailles en partenariat avec la Fondation Orange.
Les lieux de patrimoine accueillent aussi de plus en plus de dispositifs en réalité augmentée qui superposent à la vision réelle d’un monument sa construction d’origine reconstituée en 3D. Ainsi les tablettes Histopad permettent-elles de redécouvrir des monuments historiques tels qu’ils devaient être à certaines époques, en se basant sur des archives iconographiques. Après le palais de la Conciergerie (géré par le Centre des Monuments nationaux [CMN]) en 2016, le château royal de Blois vient de s’équiper de ces tablettes qui permettent de visualiser en 3D des salles aujourd’hui disparues : les appartements de l’aile Louis XII en 1501, la cuisine de l’aile François Ier en 1520 et la salle des États généraux en 1588, date à laquelle le duc de Guise a été assassiné… Variante de la réalité augmentée, la réalité superposée permet d’insérer des scènes filmées à 360° avec des comédiens dans le décor des pièces visitées comme à la maison de Georges Clemenceau à Saint-Vincent-sur-Jard (gérée par le CMN), grâce à une application de visite disponible sur tablette numérique. Cette technologie permet d’immerger le visiteur dans une narration se déroulant à l’époque où Clemenceau occupait cette maison, à l’endroit exact où il se situe, réel et virtuel se superposant parfaitement. Ainsi pourra-t-il voir le « Tigre », tel une apparition, discuter avec Monet dans le kiosque…

9e Rencontres nationales Culture et Innovation(s)
organisées par le Club innovation & Culture Clic France
Le 26 septembre 2018 de 9h30 à 17h30
Cité des sciences et de l’industrie à Paris
Découvrez le programme ici

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En Espagne, une paroissienne apprentie restauratrice défigure trois œuvres des XVe et XVIe

L’enfer est pavé de bonnes intentions. Jugeant que les idoles de l’ermitage de son village avaient besoin d’un petit rafraîchissement, une paroissienne d’El Ranadoiro, au nord de l’Espagne, a demandé au prêtre du lieu l’autorisation de les emporter chez elle pour les repeindre. Bien que cette dernière n’ait aucune qualification pour intervenir sur des œuvres de plus de cinq cents ans, ce dernier lui a laissé carte blanche… Appliqué et pour le moins inventif, le résultat est absolument désastreux tant par la cacophonie des couleurs employées, choisies au bon gré de l’artiste en herbe, qu’en raison de la destruction des traces de polychromie d’origine ! Les victimes de cet attentat esthétique à grands coups de badigeons fluo sont une sainte Anne trinitaire, accompagnée de la Vierge et de l’Enfant Jéus, datée du XVe siècle, ainsi qu’un saint Pierre et une Vierge à l’Enfant de type sedes sapientiae, toutes deux réalisées au XVIe siècle. Aujourd’hui réunies dans un retable en bois, elles crient leur désespoir au monde d’avoir été ainsi transformés en monstres de foire.

Nuevo "Ecce Homo" en #Asturias. Ha vuelto a pasar… Una vecina de #Rañadoiro, en el concejo asturiano de #Tineo, repinta -que NO restaura- unas tallas de los siglos XV-XVI y este es el resultado: https://t.co/jpSRbyB1rZ #NoEsRestauración #EsTitanlux #SOSPatrimonio #BastaYa pic.twitter.com/lUvijtby7X

— Canalpatrimonio (@canalpatrimonio) September 7, 2018

La métamorphose la plus nauséeuse est sans conteste celle du groupe de sainte Anne dont le style initial, certes un peu frustre, ne méritait pas tant de haine : vert laitue pour la robe du Christ, manteau fuchsia pour la matriarche, eye-liner et sourcils à la Nina Hagen pour tout le monde. Que l’on s’entende bien, ce n’est pas la polychromie en soi qui pose ici problème. Rehausser de couleurs, parfois vives, les sculptures en pierre ou en bois est une pratique largement répandue en Occident dès le XIIe siècle et il suffit d’aller flâner dans le département des sculptures médiévales du Louvre (Aile Richelieu), au musée de Cluny ou dans n’importe quelle église pour s’en rendre compte. Ces couleurs sont généralement signifiantes, symbolisant telle vertu ou tel concept, et contribuent à la lecture de l’œuvre. La gamme chromatique choisie par notre zélée paroissienne relève quant à elle davantage de la carte souvenir de Première Communion que de l’étude de modèles contemporains ou de l’iconographie de base, et sa témérité ferait pâlir les palettes harmonieuses d’un Raphaël. Que pouvait-on attendre d’une simple peintre du dimanche, certes bonne chrétienne, mais sans aucune qualification en matière de restauration ? Le véritable responsable de ce gâchis n’est autre que le curé d’El Ranadoiro, gardien du temple et de ses idoles, qui a agi de son propre chef sans en référer aux services compétents de la Direction du patrimoine. Genaro Alonso, conseiller à l’Éducation et à la Culture, pour qui cette intervention « relève davantage de la vengeance que de la restauration », a annoncé l’ouverture d’une enquête et n’exclut pas d’éventuelles sanctions de la part du Ministère de la Culture. Espérons que ce désastre soit encore réversible…
De tels épisodes de vandalisme ordinaire ont récemment secoué la vie culturelle espagnole. On se souvient, bien évidemment, du fameux Christ de Borja, près de Saragosse, un tableau de l’Ecce Homo massacré par une octogénaire en 2012 et dont la célébrité donna naissance à un style à part entière, le style « Ecce Homo », qui qualifie aujourd’hui toute restauration calamiteuse où le grotesque se mêle à l’indignation.

El "Ecce Homo" coloca al pueblo de Borja en el mapa https://t.co/JdejUUGzXz

— RequeteNews (@RequeteNews) September 10, 2018

En juin dernier, la polémique enflait autour de la restauration ratée d’une sculpture en pierre de saint Georges, dans l’église San Miguel de Estella à San José, en Navarre.

El ecce homo de Borja no está solo. Resulta que por la geografía española hay más restauraciones fallidas y aquí recopilo algunos. https://t.co/IHWVadaeQF pic.twitter.com/ArqL4R5RBE

— Cristian Caraballo™ (@CCperez_) September 7, 2018

Quelques semaines plus tard, les paroissiens de l’église San Sebastián de Reinosa, en Cantabrie, découvraient un curieux personnage clownesque peint en remplacement d’une sculpture de chérubins sur le pourtour du grand autel. Le patrimoine religieux espagnol doit-il se méfier de l’enthousiasme de ses fidèles ?

Aparece un nuevo «Ecce Homo», esta vez en la localidad cántabra de Reinosa. Una escultura de ángel desaparecida del retablo del altar mayor de la Parroquia de San Sebastián fue sustituida hace años por un malogrado dibujo https://t.co/vjRG6eXi6E pic.twitter.com/IXLj73yMgx

— ABC Cultural (@ABC_Cultural) July 26, 2018

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Focus œuvre : La Maison Sublime, joyau du judaïsme médiéval

Mur nord et entrée de la tourelle d’escalier du monument juif © Jacques-Sylvain Klein/Métropole Rouen Normandie/Éditions Points de vues

L’aventure a commencé par la découverte, totalement confidentielle, d’un parchemin hébraïque provenant de la guenizah (dépôt de manuscrits hors d’usage) de la synagogue du Caire portant la mention de RDVM, transcription du nom latin de la ville de Rouen, Rodom. À partir de ce document et de dizaines d’autres qu’il exhume, le paléographe américain spécialiste des manuscrits hébreux et judéo-arabes Norman Golb reconstitue l’histoire des juifs de Rouen au Moyen-Âge, affirmant qu’il existait de part et d’autre de l’actuelle rue aux Juifs de la ville une synagogue au sud et une académie rabbinique au nord, à l’emplacement de l’actuel palais de justice. Quatre mois après avoir publié ses recherches dans un livre en hébreu (Histoire et culture des juifs de Rouen au Moyen Âge, Dvir, Tel Aviv, 1976), coup de théâtre. Chargé de réaliser des travaux de pavage dans la cour du palais de justice de Rouen, un ouvrier d’une entreprise spécialisée dans la restauration des monuments historiques repère une cavité souterraine, que le chef de chantier identifie comme un édifice roman et qui s’avère être un mikvé (bain rituel juif). Consulté, l’architecte en chef des Monuments historiques Georges Duval demande à l’entreprise d’effectuer des sondages dans toute la cour, et le 13 août 1976 un second édifice d’époque romane est mis au jour, à l’endroit même où Norman Golb avait annoncé l’emplacement de l’école rabbinique (yeshiva en hébreu). Contacté, le professeur accourt, et reconnaît l’académie dont il avait parlé dans son livre et qui accueillait selon lui cinquante à soixante étudiants venus de toute la Normandie sur le modèle des académies de Narbonne, Mayence ou Troyes.

Escalier datant du XIIe siècle © Jacques-Sylvain Klein/Métropole Rouen Normandie/Éditions Points de vues

Construit vers 1100 juste après la première Croisade, au cœur de l’ancien quartier juif de Rouen, cet édifice est le plus ancien monument juif conservé en France. Il est appelé Maison Sublime en raison d’un graffiti en hébreu trouvé sur l’un des murs qui reprend un verset du Livre des Rois (I, 9, 8) : « Que cette maison soit sublime. » La construction s’apparente, par son architecture et son décor, à l’abbatiale Saint-Georges de Boscherville toute proche, construite à la même époque probablement par le même atelier, selon l’historien Jacques le Maho et l’archéologue Maylis Baylé. « L’édifice, classé Monument historique en 1977, se présente comme un bâtiment semi-enterré dont on n’a conservé que la salle basse, ainsi que l’amorce de l’escalier intérieur et le bas du premier étage. Construit en belles pierres calcaires de Caumont, le bâtiment a d’harmonieuses proportions (14,10 mètres de long par 9,50 mètres de large) et des murs très épais (1,60 mètre en fondation, entre 1,30 et 1,50 en élévation) raidis par des contreforts qui suggèrent un bâtiment de plusieurs étages », explique Jacques-Sylvain Klein, historien de l’art cofondateur en 2007 de l’association la Maison Sublime de Rouen, qui se bat pour sauvegarder et rouvrir au public ce patrimoine exceptionnel fermé depuis 2001. En effet, conservée jusque-là dans une crypte archéologique aménagée en 1977 par Georges Duval sous l’escalier de la cour d’appel de Rouen, la Maison Sublime a été visitée par un large public avant d’être fermée à la suite de l’instauration du plan Vigipirate en 2001. « La beauté du décor extérieur – vingt-neuf colonnes ornées de bases historiées, toutes différentes, la plupart à motifs géométriques – fond de cet édifice le plus pur joyau de l’architecture romane à Rouen. Encadrant la majestueuse porte d’entrée – 2,20 mètres de haut par 1,10 mètre de large –, deux bases de colonnes représentent l’une un lion renversé à une tête et à double corps, l’autre un dragon. Rappelons que le lion est le symbole de David et des rois de Juda », poursuit Jacques-Sylvain Klein.

Détail de la base de l’une des 29 colonnes qui composent le décor intérieur © Jacques-Sylvain Klein/Métropole Rouen Normandie/Éditions Points de vues

Faute d’entretien depuis 2001, le monument s’est rapidement dégradé. Un taux d’humidité proche de 100 % dû à une mauvaise isolation de la dalle et à des remontées de la nappe phréatique a entraîné l’apparition de dépôts de sels et de bactéries sur les murs, provoquant un effritement de la pierre. L’association la Maison Sublime présidée par l’historien Jean-Robert Ragache a obtenu en 2012 la mise en route d’un projet de restauration et de mise en valeur et réuni depuis plus de 800 000 € auprès de l’État, des collectivités locales et de quatre fondations privées. Une souscription nationale lancée avec le concours de la Fondation du Patrimoine a également réuni près de 50 000 €. Sous la direction de l’architecte en chef des Monuments historiques Antoine Madelénat, des travaux d’assainissement et d’étanchéité ont démarré en février dernier et doivent s’achever en octobre, dans une scénographie qui permettra de faire revivre le judaïsme médiéval à l’époque du royaume anglo-normand.

Visite du monument sur rendez-vous à l’office de tourisme de Rouen
Association la Maison Sublime

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[ENTRETIEN] Chacun son dada au musée de la Chasse à Paris

Avec l’exposition « Country Life » l‘institution nous plonge dans l’univers et la collection d’un homme, Paul Mellon (1907-1999), qui tout au long de sa vie, et accompagnée de sa femme Bunny, va s’adonner aux plaisirs de la country life et développer un goût obsessionnel pour le cheval en rassemblant un ensemble d’œuvres dédié à l’animal. Anne-Frédérique Fer, rédactrice en chef de www. FranceFineArt.com, a rencontré Claude d’Anthenaise, directeur du musée de la Chasse et de la Nature, et co-commissaire de l’exposition « Country Life. Chefs-d’œuvre de la collection Mellon du Virginia Museum of Fine Arts ». À voir jusqu’au 2 décembre 2018.
Articulée autour d’une sélection de quarante et une œuvres de la Collection Mellon, l’exposition retrace un pan particulier de l’histoire de l’Angleterre où dès la fin du XVIIIe siècle, avec le développement de l’ère industrielle, cette période va coïncider d’une manière presque paradoxale avec l’engouement des classes bourgeoises pour les sports équestres, au retour à la nature et aux plaisirs qui y sont associés. Ce retour à un mode de vie à la campagne va devenir avec la « sporting painting » un véritable genre pictural pour les artistes anglais, longtemps considéré comme secondaire, et dont Paul Mellon, par sa collection, va permettre de reconsidérer les artistes. Lire la suite ici.

Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois, la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005).
FranceFineArt est constituée de différentes rubriques qui à l’aide de photographies, d’interviews sonores, de textes et de liens interactifs rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

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Récit d’une vie : Alphonse Mucha, peintre surdoué

Il a suffi d’une seule affiche pour faire de lui l’artiste parisien le plus en vogue de la fin du XIXe siècle. Mais quelle affiche ! En dessinant « la Divine » Sarah Bernhardt sous les traits de Gismonda, dont elle jouait le rôle dans la pièce éponyme de Victorien Sardou, Alphonse Mucha (1860-1939) pouvait-il imaginer qu’il lançait un style qui porterait son nom ? L’anecdote qui présida à cette révélation est connue et prend des allures de conte d’Andersen. Mucha, Tchèque qui avait quitté son pays à 17 ans, avait acquis à Paris une petite notoriété d’illustrateur. La nuit de Noël 1894, alors qu’il corrigeait des épreuves dans une imprimerie, on apprit que la comédienne exigeait avant le jour de l’An une nouvelle affiche pour Gismonda. On dépêcha Mucha au Théâtre de la Renaissance. Le résultat laissa dubitatif les imprimeurs mais enthousiasma la diva, qui signa immédiatement avec l’artiste un contrat de six ans, lui confiant la création de ses affiches, ses décors et ses costumes. Et la ville s’enflamma pour ces nouveaux placards, que des mains passionnées allaient jusqu’à découper, nuitamment, pour les collectionner. Qu’avait-elle donc, cette lithographie, pour détrôner soudain les Toulouse-Lautrec ou Jules Chéret, maîtres incontestés de l’affiche ? Un format nouveau, presque grandeur nature, une femme à la silhouette éthérée, coiffée de lys et auréolée d’une mosaïque dorée, à mi-chemin entre la sainte byzantine et la muse des Floralies, et surtout, loin des habituelles couleurs criardes, une palette de bleus pastels d’une ineffable douceur. Neuf affiches allaient suivre : la Dame aux camélias, Lorenzaccio, Hamlet, Médée… la carrière de Mucha était lancée. […]

Les + de l’exposition

Une exposition qui rappelle plaisamment la naissance de l’Art Nouveau à Paris et les passerelles entre arts graphiques et arts décoratifs, ainsi que la mise en œuvre de l’idée d’art total.

Les –

Il manque l’évocation des réalisations tchèques de Mucha, qui sont l’autre versant de sa vie, souvent ignoré en France, hormis lors de l’exposition du musée Fabre à Montpellier en 2009.

Alphonse Mucha, Rêverie (détail), 1897; lithographie en couleur, 72,7 x 55,2 cm, Fondation Mucha, Prague © Mucha Trust 2018

 

 

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La Grande Galerie de Radio Classique : Marcel Duchamp au musée des Beaux-Arts de Rouen 2/2

Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les samedis à 19h dans l’émission « La Grande Galerie » et le vendredi à 13h00, le samedi à 09h56 et 14h56 pour ses « Chronique Sorties ».

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L’état de grâce du Parcours des mondes

Directeur de la galerie d’art contemporain Venus over Manhattan, qui représente entre autres Adel Abdessemed et Maurizio Cattelan, Adam Lindemann est célèbre pour avoir vendu aux enchères des œuvres à des prix records, comme un Jean-Michel Basquiat adjugé 57,3 M$ à New York en 2016… Le fringant quinquagénaire a accepté d’être cette année le président d’honneur du Parcours des mondes. Collectionneur d’art océanien, africain et précolombien, il a entre autres acquis un magnifique ancêtre Uli de Papouasie-Nouvelle-Guinée pour 4,7 M$ (Sotheby’s New York, 2016). « Sur ce marché, sur dix pièces importantes, sept sont achetées par des collectionneurs d’art contemporain et moderne », rappelle Pierre Moos, directeur général du Parcours des mondes. Faut-il en déduire que les mœurs spéculatives des collectionneurs d’art contemporain menacent le marché des arts premiers ? Pierre Moos s’en défend. « Ce sont deux manières de collectionner différentes. Les artistes de l’art premier ne produisent plus, par définition. Donc on revend l’art contemporain et on conserve les arts premiers. » Une conversation publique avec Adam Lindemann marquera l’ouverture du Parcours des mondes.
Autre événement : l’exposition orchestrée par les marchands Charles-Wesley Hourdé et Nicolas Rolland, passionnés par la genèse du marché des arts premiers. Ils font revivre l’exposition du théâtre Pigalle, en 1930, organisée par le surréaliste Tristan Tzara et les marchands d’art Pierre Loeb et Charles Ratton. Avec la complicité de collectionneurs, ils ont réuni une trentaine d’œuvres présentées à l’époque, officiellement pas à vendre.
Le Parcours devrait une fois de plus attirer collectionneurs et conservateurs venus d’Europe, d’Amérique du Nord et du Sud, mais aussi de Chine et d’Australie. « Une grande partie des marchands réalisent 75 % de leur chiffre durant ces cinq jours », se réjouit Pierre Moos. Ils sont une soixantaine, dont 50 % de Français. Runjeet Singh (Grande-Bretagne) vient renforcer le secteur Arts d’Asie, qui compte onze exposants. L’archéologie n’est représentée que par trois marchands mais gagne une représentante majeure avec Corine Kevorkian (Paris), qui présente des bronzes du Luristan. « Cela fait plusieurs années qu’exposer au Parcours me semble une bonne idée. Je n’exclus pas de futures participations. »

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Nouveau Talent : L’univers hybride d’Omar Ba

Accroché dans l’exposition « Art/Afrique, le nouvel atelier » à la Fondation Louis Vuitton durant l’été 2017, un « autoportrait onirique » d’Omar Ba (Tempêtes de poussières à Kidal, 2013) donnait des clés de son œuvre engagée. Placé au centre du concert des Nations, décoré de médailles, un personnage démesurément grand observe un monde occidental auquel il est lié : statue de la Liberté, gratte-ciel, armes… Tel un dieu rayonnant, mi-homme, mi-arbre, il tient des fils à la manière d’un marionnettiste. Énigmatiques, les peintures de l’artiste sénégalais Omar Ba dépeignent des univers peuplés de créatures mythiques, de figures humaines, d’animaux et de symboles géographiques et politiques. Autant d’œuvres hybrides mélangeant huile, acrylique, gouache, crayon et encre de Chine sur du carton ondulé ou sur toile. Ses premiers travaux ont exploré l’héritage du colonialisme sur le continent africain et l’assassinat de chefs d’États tels que Patrice Lumumba, figure de l’indépendance du Congo belge. « Ce sont des  images qui me hantent », dit ce petit-fils de tirailleur sénégalais, qui vit entre Dakar et Genève. L’artiste a aussi célébré la magnificence des peuples d’Afrique, descendants des pharaons noirs d’Égypte et de Nubie, et rendu hommage aux femmes africaines qui voient leurs enfants quitter le continent à la recherche d’opportunités, conscientes de la précarité du voyage à venir. Omar Ba, qui a représenté dans un grand portrait sa mère disparue récemment (Diafate, 2018) et « magnifié à travers elle l’amour maternel et le sens du sacrifice », expose aujourd’hui à la galerie Templon des portraits de jeunes Africains rêvant d’émigrer en Europe. « J’essaie de montrer le décalage entre leur imaginaire et la réalité à travers des tableaux narratifs », dit l’artiste, qui entend ainsi faire l’« autopsie de nos consciences ».

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Hôtel de la Marine + Qatar = 20 ans + 20 M€ + 2020

« Le Centre des Monuments nationaux et la Fondation Collection Al Thani sont en discussion pour un partenariat concernant l’Hôtel de la Marine. D’un commun accord, ils ne souhaitent pas communiquer pendant cette phase de négociation ». C’est par ce communiqué laconique que le Centre des Monuments nationaux, gérant le chantier de rénovation de l’Hôtel de la Marine sur la place de la Concorde, a annoncé que le Qatar pourrait occuper les salles d’expositions temporaires prévues sur 400 m2 du bâtiment historique. Cette convention en cours d’étude porterait donc sur la Collection Al Thani dont on peut voir actuellement au château de Fontainebleau (jusqu’au 8 octobre) les fleurons dans une exposition thématique intitulée « Rois du monde ». Les objets archéologiques aussi bien que le mobilier XVIIIe pourraient être exposés par roulement et joueraient parfaitement le rôle de contrepoint avec les meubles déposés par le Mobilier National dans les salles historiques de l’ancien Garde-Meuble de la Couronne. Le versement de vingt millions serait également une aubaine pour le Centre des Monuments nationaux qui a prévu un coût de plus de cent millions d’euros pour la remise en état du lieu et mise sur une fréquentation ambitieuse de 600 000 personnes par an.

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Les natures foisonnantes de Bela Silva à la galerie du Passage

Bela Silva a toujours beaucoup dessiné, et a même gagné sa vie en illustrant des articles du « New York Times ». Elle assemble, découpe, colle et cela se ressent également dans le foisonnement de ses céramiques (de 7000 € à 25 000 €). Façonnées et réalisées grâce au travail du colombin (de petits rouleaux de terre), elles plongent dans un univers baroque et ludique. On peut y déceler l’énergie de cette artiste née à Lisbonne en 1966 et qui s’inspire, très librement, de la nature.

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Fin de partie pour Muriel Mayette à la Villa Médicis

Ayant pris la suite d’Éric de Chassey à la tête de la Villa Médicis il y a trois ans, Muriel Mayette, 54 ans, aurait pu espérer être reconduite pour une période similaire comme l’ont souvent été les différents directeurs de l’établissement. Mardi soir, elle a été prévenue que ce renouvellement ne se ferait pas. La raison ? L’Élysée et Françoise Nyssen souhaitent mener « une réflexion de fond », confiée à Thierry Tuot, sur les différentes institutions que sont la Villa Médicis à Rome, la Casa Velasquez à Madrid, la Villa Kujoyama à Kyoto et les autres résidences d’artistes à l’étranger. Du côté de la principale intéressée, il y a une certaine incompréhension : « Diriger une institution culturelle française n’est ni une posture ni un privilège mais avant tout défendre une vision », a écrit Muriel Mayette au figaro.fr. Elle met à son actif la poursuite des travaux de restauration, une plus grande ouverture du lieu vers l’extérieur, la création des Jeudis de la Villa et le montage d’expositions de qualité avec des artistes femmes. Les résidents, eux, avaient critiqué « la marchandisation de la Villa » et une programmation « tapageuse et ordinaire ». La nomination du remplaçant ou de la remplaçante de Muriel Mayette ne devrait pas tarder (contrairement à quantité de postes laissés aujourd’hui vacants) car cette fonction à Rome est très convoitée.

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