connaissance des arts

Les nouveaux ateliers du château de Versailles

Fin de représentation pour « La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf » ©Céline Lefranc

Dans une salle, des petits reconstituent le château de Versailles à l’aide de gros cubes en bois épousant chacun la silhouette d’un des bâtiments. Dans une autre salle, une classe de CM2 joue, par groupes de quatre, La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf devant une toile reproduisant la façade de la Cour de marbre. Un choix judicieux, puisqu’on peut voir dans la fable de La Fontaine une satire des courtisans qui jalousaient la puissance du roi. Plus loin, une classe de 5e s’initie au décor à la feuille d’or. Concentrés, les adolescents oublient un temps leur portable… Ce miracle a été rendu possible par le mécénat de la Fondation Bettencourt Schueller, particulièrement active dans la défense des métiers d’art, qui a permis à cet espace « Art et Éducation » de quadrupler sa capacité d’accueil. « Nous espérions depuis longtemps nous doter de tels outils pédagogiques et de transmission des savoir-faire, souligne Catherine Pégard, présidente de l’Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles. Et symboliquement c’est important, car nous avons mis les enfants au cœur du château. » Trente mille personnes sont attendues chaque année dans ces ateliers : les scolaires, comme ceux que nous avons croisés, mais aussi les familles, les personnes handicapées et celles dites « éloignées des musées », venant de quartiers défavorisés et ayant difficilement accès à la culture. « Nous voulons que tout soit lié, explique Olivier Brault, président de la Fondation Bettencourt Schueller. La restauration du patrimoine par un mécène doit aussi permettre de lancer des actions en faveur des enfants ou du public éloigné des musées. » Visiblement parfaitement adaptés aux activités proposées, ces ateliers devaient également répondre à un cahier des charges pour le moins original : tous les meubles et outils pédagogiques devaient être démontables et escamotables, car ces salles, utilisées ponctuellement par les parlementaires, doivent pouvoir leur être rendues en cas de réunion du Congrès, dont la salle, impressionnante, se trouve juste au bout du couloir. Les agences Beau_Bour et Fleur Delesalle ont relevé le défi. Tous les meubles ont été conçus comme des boîtes modulables montées sur roulettes, qui se rangent dans un mur-meuble insoupçonnable, le long du couloir. Très astucieux.

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Georges Henri Rivière ethnologue et inventeur de musée

Quel rapport y-a-t-il entre une cabane de berger juchée sur trois roues et un stylo-bille de 1968 portant le slogan de la C.G.T. « non au chômage » ? Pour tous ceux qui n’auraient pas vu l’exposition consacrée par le Mucem à Georges Henri Rivière (1897-1985), la devinette a toutes les chances de demeurer une énigme. Pour ses visiteurs, en revanche, ces objets sont devenus les éléments d’un jeu de piste. Ou plutôt des signes, que Georges Henri Rivière a été le premier à exposer, inventant ainsi un nouveau musée, celui des Arts populaires. Comment devient-on Georges Henri Rivière ? Sa formation n’a pas été des plus académiques. Son milieu familial non plus. D’un côté, sa mère, issue du monde paysan de l’Oise, les usages campagnards et les dictons liés aux traditions. De l’autre, son père, né d’un milieu bourgeois fortuné et frère du peintre et célèbre graveur Henri Rivière (1864-1951), créateur de spectacles d’ombres au cabaret du Chat noir. Entouré de gens du spectacle et de collectionneurs, on se met au piano sous un pastel de l’ami Degas et Georges (il ajoutera plus tard son second prénom) improvise des chansons. Inscrit au Conservatoire en 1915, il est un des pianistes les plus doués de sa génération, capable d’improviser, avec une virtuosité inouïe, sur une fugue de Bach. Un temps, il tient les orgues de l’église Saint-Louis-en-l’Île. Mais il est mobilisé en 1917.

La rencontre des avant-gardes

La guerre bouleverse sa vie en lui apportant l’amitié indéfectible d’un certain Louis Aragon et la découverte éblouissante du jazz. Le premier l’entraîne dans le monde des avant-gardes littéraires et artistiques, auxquelles Georges Henri ajoute une touche mondaine : entre les deux guerres, il fréquente autant Tzara, Desnos, Éluard, Cocteau, Germaine Tailleferre et ses compagnons du Groupe des Six, que les mécènes Charles et Marie-Laure de Noailles. Le soir, il tient le piano du cabaret à la mode, Le Bœuf sur le toit. Le jour, il fraye avec Breton et Miró. Entre les surréalistes et lui, un auteur dira judicieusement qu’« ils se trouvaient d’accord quand ils partaient à la recherche d’une esthétique qui valorise le fragment, l’objet insolite, le rapprochement inattendu ». Michel Leiris, autre ami inaltérable, fait sa connaissance en 1923 sur un air de ragtime. En 1929, il fondera avec lui et Georges Bataille la revue « Documents », consacrée aux arts, à l’archéologie et à l’ethnologie… et dont le premier article expose la nécessaire transformation du musée ethnographique du Trocadéro, fondé en 1878. Car, à cette époque, Rivière a plongé dans l’univers des arts indigènes à la faveur d’une révélation. Il a suivi les cours de l’École du Louvre, a rempli les fonctions de conservateur des collections de David David-Weill. Visitant un jour les salles précolombiennes du Trocadéro, Rivière se passionne. Aidé de Georges Salles et Alfred Métraux, il déploie des talents insoupçonnés d’organisateur pour lancer « Arts anciens de l’Amérique », une exposition ouverte en mai 1928 au pavillon de Marsan du musée des Arts décoratifs. Pour la première fois, on sort de la pénombre un tiers des objets du musée et plus de six cents objets sont prêtés par des collectionneurs privés. La muséographie, claire, épurée, émaillée d’œuvres contemporaines, est une révolution et le succès, complet. Paul Rivet, directeur du musée du Trocadéro, engage comme adjoint ce « magicien » auquel les objets sortis des caisses devront la gloire de leur résurrection. […]

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Dior, fascination britannique

Sept cent mille personnes s’étaient pressées au musée des Arts décoratifs de Paris fin 2017 pour visiter « Christian Dior, couturier du rêve ». La rétrospective retraçait l’histoire et l’impact de l’un des couturiers les plus influents du XXe siècle et des six directeurs artistiques qui lui ont succédé, des créations audacieuses d’Yves Saint Laurent au style rationnel de Marc Bohan, en passant par la flamboyance de Gianfranco Ferré, l’exubérance de John Galliano, le minimalisme de Raf Simons et la vision féministe de Maria Grazia Chiuri. L’exposition est repensée pour le Victoria & Albert Museum de Londres dans une scénographie signée Nathalie Crinière, avec une nouvelle section explorant la fascination de l’ancien galeriste pour la culture britannique. Elle examine les collaborations créatives de Christian Dior avec des fabricants britanniques influents et ses clients britanniques les plus importants, de la danseuse de ballet Margot Fonteyn à la princesse Margaret, et ressuscite les spectaculaires défilés de mode du couturier dans les maisons les plus luxueuses du Royaume-Uni, dont Blenheim Palace à Woodstock en 1954. La part belle est faite aux pièces majeures des collections Couture du V&A, dont l’iconique ensemble Bar, offert au musée par la Maison Dior en 1960. « En 1947, Christian Dior changeait le visage de la mode avec son New Look qui redéfinit la silhouette féminine. Le V&A a reconnu l’importante contribution de Dior à l’histoire du design dès le début de sa carrière, en acquérant ses croquis et ses vêtements à partir des années 1950 », rappelle Oriole Cullen, conservateur Mode et Textiles du V&A.

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Appel à candidatures pour la Bourse Révélations Emerige 2019

Octroyée chaque année depuis 2014, la Bourse Révélations Emerige est un programme annuel qui a pour mission d’aider au développement de la jeune scène française. Pour proposer sa candidature, il faut impérativement avoir de moins de 35 ans, résider ou travailler en France et ne pas être représenté par une galerie. Tout artiste plasticien, qu’importe son domaine de création (photographie, peinture, vidéo, etc.) peut participer. Cette année encore, douze candidats seront sélectionnés pour participer à une exposition collective à l’automne prochain. C’est au cours de cet événement que le jury, composé de personnalités du monde de l’art contemporain, révèlera le nom du lauréat. Ce dernier bénéficiera d’un accompagnement professionel d’une durée d’un an, d’un atelier et d’une dotation de 15 000 € afin de réaliser sa première exposition personnelle en 2020 à la galerie gb agency. En octobre dernier, c’est l’artiste peintre Paul Mignard qui s’est ainsi vu attribuer la Bourse Révélations du fonds de dotation Emerige. La société Emerige, fondée par Laurent Dumas il y a 30 ans, contribue à bâtir le Grand Paris en imaginant des programmes immobiliers ambitieux. Elle est toujours en association avec une galerie d’envergure internationale, cette année la galerie gb agency, qui participe aussi bien à la FIAC, qu’à Art Basel, à Independent (New York) ou encore Artissima (Turin).

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Redécouvrir Alicia Penalba à la galerie Jean-Marc Lelouch

Alicia Penalba (1913-1982) fait partie de ces artistes femmes que l’on redécouvre, bien qu’elle ait été exposée à la Documenta de Kassel en 1959 et au Musée d’art moderne de la Ville de Paris en 1968. Aujourd’hui, Jean-Marc Lelouch consacre une rétrospective à cette sculptrice qu’il considère comme « un talent pur, au même niveau qu’Henri Laurens ou Etienne-Martin  ». S’il vendait auparavant tout ce qu’il possédait d’elle, il s’est mis à conserver les plus belles pièces (dessins à partir de 5000 €) pour cette exposition… voire pour lui

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La Ville de Paris acquiert une œuvre en bronze d’Ousmane Sow

Ses sculptures monumentales aux tons bruns-ocres, Ousame Sow (décédé en 2016), les créait à partir d’une mixture secrète, macérée pendant plusieurs années et appliquée sur des ossatures de fer, de paille et de jute. La sculpture Couple de lutteurs corps à corps, issue de la série Nouba et appartenant à la collection des Abattoirs, musée d’Art Moderne et contemporain de la Ville de Toulouse, est l’une des œuvres la plus emblématique de l’artiste. Le 20 mars, la Ville de Paris inaugurera une version en bronze de l’œuvre, qui sera placée définitivement sur la place de Valois. Découvert par le grand public à Paris lors de son exposition sur le Pont des Arts, au printemps 1999, Ousmane Sow est reconnu comme le sculpteur sénégalais qui « replace l’âme au corps de la sculpture, et l’Afrique au cœur de l’Europe » (Emmanuel Daydé, co-commissaire de l’exposition). C’est à seulement 50 ans qu’il accepta de présenter sa série Nouba, immédiatement reconnue, qui sera présentée au Centre Culturel Français de Dakar en 1987, dès 1992 à la Documenta de Kassel, et en 1995 à la Biennale de Venise. Ousmane Sow s’intéressait aux différentes éthnies Africains, notamment les Noubas, une ethnie en voie d’extermination au sud du Soudan. Leurs combats de lutteurs le fascinaient « dans la majeure partie de mon travail, je représente les hommes en action, et même des scènes de violence: des hommes qui luttent, des hommes qui se battent, des hommes qui se mesurent avec les animaux. C’est aussi cela l’Afrique, un champ de luttes et de combats: on lutte pour conquérir la femme qu’on aime, on lutte pour conquérir l’espace, la lutte est une façon d’exister et de reconnaître l’autre ».

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Anne Pasternak révolutionne le Brooklyn Museum

Fondé en 1895 au sud-est de Manhattan, le Brooklyn Museum possède une collection de plus d’un million et demi d’objets, qui en fait le deuxième musée encyclopédique de New York après le Metropolitan. Parmi ces trésors figurent aussi bien des chefs-d’œuvre de Degas, Rothko et De Kooning que des sculptures mayas, des poupées kachinas ou des paravents japonais. « Dès mon arrivée en 2015, souligne Anne Pasternak, nous avons décidé de retrouver l’esprit d’origine du musée, qui avait été conçu pour les migrants installés dans cette ville nouvelle qu’était alors Brooklyn. Nous avons repensé l’accrochage avec davantage d’œuvres amérindiennes, asiatiques, afro-américaines. » Forte de son expérience d’une vingtaine d’années à Creative Time, une structure qui a permis à des artistes comme Jenny Holzer, Kara Walker ou Paul Chan de répondre par leurs œuvres aux défis politiques et environnementaux, elle a poursuivi au sein du musée ces interventions artistiques et a développé une politique d’expositions originales, comme le surprenant dossier sur la notion de genre dans l’Égypte antique ou sur le Black Power Movement (« Soul of a Nation », autour des artistes noirs de 1963 à 1983, de Romare Bearden à Suzanne Jackson). Actuellement, c’est la question des artistes femmes qui est abordée avec « Half the picture » (La Moitié du tableau), dont le titre reprend une phrase écrite sur une affiche de 1989 des Guerrilla Girls : « Vous voyez moins que la moitié du tableau sans la vision des femmes artistes et des artistes de couleur ». Il s’agit d’un regard féministe sur la collection du musée qui compte un grand nombre d’acquisitions récentes, comme les œuvres de Beverly Buchanan, Betty Tompkins et Nona Faustine. Un véritable engagement pour souligner les liens entre art et justice sociale. « Le but ultime des musées, répond Anne Pasternak à notre question, doit être de construire une meilleure société grâce à l’art. »

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Cinq cents ans de dessins de maîtres à la Fondation Custodia

Anne-Frédérique Fer, rédactrice en chef de www.FranceFineArt.com, a rencontré Marina Lochak, directrice du musée Pouchkine. L’exposition « Le Musée Pouchkine. Cinq cents ans de dessins de maîtres » est à voir à la Fondation Custodia, à Paris, jusqu’au 12 mai 2019.

Présentant qu’un petit échantillon de la collection d’œuvres graphiques du Musée Pouchkine, aujourd’hui constituée de plus de 350 000 gravures et de 27 000 dessins créés par des maîtres issus principalement de l’Europe occidentale, de la Russie et de l’Europe de l’Est, cette exposition nous permet de découvrir cinq siècles de création. Allant du XVe au XXe siècle, la sélection est le reflet du goût des collectionneurs russes pour les œuvres issues essentiellement des écoles européennes – allemande, italienne, française, hollandaise (Dürer, Véronèse, Rubens, Fragonard, Tiepolo, Friedrich, Picasso, Matisse, Modigliani, Renoir, Degas, Toulouse-Lautrec, Van Gogh, etc.) – et russes (Karl Brioullov, Mikhaïl Vroubel, Marc Chagall, Valdimir Taltine, Vassily Kandinsky, Victor Borissov-Moussatov, Mikhaïl Larionov, Nikolaï Kpupreyanov, Kasimir Malevitch, entre autres). Un musée et une collection d’arts graphiques qui se sont construits à travers l’histoire du pays : de la Russie impériale, avec la fondation en 1862 du musée Roumiantsev à Moscou, au décret sur la nationalisation des collections privées russes en 1918, de la refonte de l’organisation des musées nationaux, vers 1920, jusqu’au musée d’aujourd’hui avec, en 1966, la création d’un édifice indépendant pour accueillir le département des arts graphiques du Musée Pouchkine.

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Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois,
la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005).
FranceFineArt est constituée de différentes rubriques
qui à l’aide de photographies, d’interviews sonores, de textes et de liens interactifs
rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

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Un chef-d’œuvre de Rembrandt dévoilé au Louvre Abu Dhabi

En décembre dernier, une rare esquisse à l’huile de Rembrandt (1606-1669), Tête de jeune homme, avec les mains jointes : étude de la figure du Christ, réalisée vers 1648-1656, a rejoint les collections du Louvre Abu Dhabi. Précédemment exposée au Louvre à Paris, au Philadelphia Museum of Art, à la Maison de Rembrandt à Amsterdam et au Detroit Institute of Art, celle-ci figurera dans la prochaine exposition du Louvre Abu Dhabi, avant de rejoindre les collections permanentes du musée. Première œuvre de Rembrandt acquise par l’institution, cette esquisse compte parmi les sept versions de Tête du Christ par le grand maître du Siècle d’or hollandais qui nous soient parvenues. Sobre et méditative, cette série illustre une approche particulière de la figure christique où l’humanité et l’humilité du Sauveur sont mises en exergue. Après l’entrée dans les collections d’une sculpture monumentale bouddhiste chinoise (XIe-XIIe siècle), de quatre tapisseries issues de manufactures royales françaises et d’une armure ottomane (XVe-XVIe siècle), la politique d’acquisition du Louvre Abu Dhabi confirme l’ambition de l’institution d’être « un musée universel qui célèbre l’échange entre les cultures et la tolérance ». Ouvert au public à la fin de l’année 2017, le Louvre Abu Dhabi possède aujourd’hui une riche collection, couvrant des milliers d’années et illustrant de nombreuses civilisations, sans égale dans la région. L’exposition « Rembrandt, Vermeer et le siècle d’or Hollandais », qui ouvre ses portes le 14 février, réunira 95 tableaux issus de la collections Leiden et du musée du Louvre, parmi lesquels figurent notamment Jeune femme assise au virginal de Vermeer et Autoportrait au regard plongé dans l’ombre de Rembrandt.

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Nouveau talent : Hugo Deverchère, l’art de la science-fiction

Des tuyaux, des écrans, des néons, des aquariums où, surveillés de près par de petites caméras, des minéraux ou des végétaux sous perfusion baignent dans un liquide… L’installation qu’Hugo Deverchère a présentée dans le cadre de l’exposition « Panorama20 » au Fresnoy, donne l’impression de pénétrer dans un laboratoire scientifique. Apprenti sorcier 2.0, le jeune artiste qui y termine un cursus de deux ans a déjà derrière lui un corpus d’œuvres qui témoigne d’une forte fascination pour l’univers scientifique, la science-fiction et l’exploration spatiale. Machine à remonter le temps, son esprit créatif procède par aller-retour entre passé et futur, puisant des données dans les archives et réactivant les utopies pour mieux les reprojeter dans une version visionnaire. Les travaux de la Nasa et l’escalade de l’exploration spatiale sont, ainsi, souvent le point de départ et la source de nombre de ses extrapolations. Photographies, vidéos, sculptures, dispositifs interactifs nourrissent ses installations où la froideur scientifique, les maquettes ou les images lunaires installent un climat étrange, non dénué d’une certaine poésie. The Crystal & the Blind, sa dernière production, se nourrit de deux programmes de recherche liés à la colonisation spatiale et menés aux États-Unis dans la seconde moitié du xxe siècle. Autour de l’utopie de reproduire un écosystème viable, Hugo Deverchère reprend et trafique les données, menant à une forme totalement nouvelle, interactive et en perpétuelle évolution. L’algorithme d’intelligence artificielle au cœur du dispositif permet de recréer des formes de récit, également alimentées par des captations d’activité au cœur de l’installation. Une architecture complexe pour interroger « le prisme entre le réel et ses représentations ».

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[Flash Expo] Lumière sur la scène contemporaine roumaine

Fruit du partenariat entre la Société Générale et la galerie Valérie Delaunay, l’exposition « Lux. Une énergie roumaine » a ouvert le bal de la programmation de la Saison France-Roumanie. De la peinture à l’installation, en passant pas la sculpture et le dessin, elle réunit les œuvres de sept artistes contemporains (Radu Belcin, Mircea Cantor, Oana Farcas, Adrian Ghenie, Flavia Pitis, Mircea Suciu et Bogdan Vladuta) autour du thème de la lumière.

Exposition ouverte au public dans le cadre de visites de groupes sur inscription : +33 788 721 568

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Robert Ryman est parti vers un paradis blanc

Il se rêvait saxophoniste de jazz. Normal pour un enfant de Nashville, la patrie du blues. En 1953, à 23 ans, il quitte donc le Tennessee pour se rendre à New York et poursuivre sa carrière de musicien. Hasard de l’histoire, il trouve un job de gardien de musée. Au Museum of Modern Art, il rencontre Sol LeWitt, Roy Lichtenstein et Dan Flavin. Il y observe les nouvelles créations de Jackson Pollock, Barnett Newman et Mark Rothko et décide de se lancer en peinture. Côté art moderne, les œuvres de Matisse et Malevitch retiennent son attention et il va donc poursuivre les recherches de ce dernier autour du Carré blanc sur fond blanc, aboutissement ultime de la peinture en 1918. Il décline donc le blanc en variations de matière, de support, de nuance. Dès 1971, le Guggenheim Museum de New York lui consacre une exposition. En 1992, une rétrospective circule au MoMA et à la Tate Gallery de Londres. A Paris, le Centre Pompidou lui consacre une exposition en 1981, puis c’est le collectionneur Claude Berri qui lui offre deux expositions dans sa galerie appelée Renn Espace. C’est d’ailleurs un tableau blanc de Robert Ryman, vu chez Claude Berri, qui donna à Yasmina Reza l’idée de départ de sa pièce Art en 1994.

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Décès du dessinateur Tomi Ungerer

« Dans mes premiers livres de jeunesse, se plaisait à raconter Tomi Ungerer, tous mes héros étaient de sales bêtes : serpent, pieuvre, vautour, qui ne s’en sortaient que parce qu’ils étaient différents. Cela vient de mon enfance. Je suis Alsacien. Comment choisir entre la France et l’Allemagne ? ». C’est avec ces mots poignants que Tomi Ungerer racontait au Parisien en 2012 les débuts d’illustrateur d’un jeune partagé entre deux pays en guerre. A 25 ans, Ungerer fuit aux États-Unis où il connaît rapidement le succès. Ouvrages de jeunesse alternent avec des affiches politiques et des livres érotiques (ses dessins réalisés à New York de 1957 à 1971 sont exposés jusqu’au 17 mars au musée Tomi Ungerer de Strasbourg). Ses images trop crues pour l’Amérique puritaine le conduisent à partir pour le Canada puis en Irlande avec femme et enfants. Travailleur infatigable, il réalise plus de 40 000 dessins. En 2007, un musée Tomi Ungerer ouvre ses portes dans la Villa Greiner à Strasbourg et montre à tour de rôle les quelque 11 000 dessins qu’il a donnés à sa ville natale. Une exposition devrait se tenir à la galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois à Paris du 17 avril au 25 mai ainsi qu’au Centre culturel irlandais, son pays d’adoption.

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Les joyaux de la couronne de Suède réapparaissent dans une poubelle

Après plusieurs mois de recherches, la police suédoise a enfin mis la main sur les regalia dérobés le 31 juillet 2018. Le vol avait eu lieu en pleine journée, dans la cathédrale luthérienne de Strängnäs, située à une centaine de kilomètres de la capitale suédoise, qui abrite plusieurs sépultures royales. En quelques minutes, deux hommes avaient réussi à s’emparer de plusieurs insignes royaux présentés dans une vitrine : les couronnes en or émaillé, ornées de perles et de pierres précieuses, du roi Charles IX et de la reine Christine, qui régnèrent de 1604 à 1611, ainsi qu’un orbe crucigère – insigne royal utilisé dans le cadre de la cérémonie du sacre – en or incrusté de cristaux.

Police believe they have found Sweden’s stolen crown jewels https://t.co/xmyOHcZgwQ pic.twitter.com/XeAeuKA7vs

— Euro Journal – English News (@eurojournalENG) February 5, 2019

Les deux malfaiteurs ayant pris la fuite en bateau à moteur sur le lac Mälaren, un important dispositif avait été mis en place par la police suédoise : quadrillage de la zone par des hélicoptères, barrages routiers…, en vain. La trouvaille du 4 février dernier est donc un véritable soulagement compte tenu de la valeur de ces objets, pécuniaire, d’une part, puisqu’ils sont estimés à plus 6,3 millions d’euros, mais surtout symbolique, étant donné qu’il s’agit de trésors nationaux du peuple suédois. Les joyaux sont actuellement soumis à différentes analyses techniques, tandis que le procès du principal suspect, arrêté en septembre dernier, a été ajourné, comme vient de l’indiquer le porte-parole de la police suédoise.
Ce vol rocambolesque se termine donc bien mais on peut s’interroger sur la mise en sécurité réelle de ces objets insignes puisqu’il s’agit de la deuxième fois en cinq ans seulement que de tels objets sont dérobés en Suède. En 2013, la couronne funéraire et le sceptre du roi Johan III avaient été subtilisés à Västeras, une ville à l’ouest de Stockholm, et avaient ensuite été trouvés dans un sac-poubelle. La France, quant à elle, n’est pas en reste dans ce domaine, puisque cette affaire n’est pas sans évoquer le vol du reliquaire d’Anne de Bretagne à Nantes l’année dernière qui, lui aussi, avait été retrouvé par chance six jours plus tard à Saint-Nazaire.

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Les quatre atouts d’Art Capital

Chaque année, quarante mille visiteurs arpentent les allées du salon Dessin & Peinture à l’eau, du Salon des artistes indépendants, du salon Comparaisons et du Salon des artistes français. Ce dernier, héritier direct du salon créé par Colbert en 1667, assure cette année la présidence et l’organisation d’Art Capital. Tous les trois ans, le Salon des artistes français élit un jury parmi ses sociétaires. Celui de 2019 devra remettre des médailles de bronze, d’argent ou d’or à des artistes choisis. Étonnamment, ce salon est le seul parmi les quatre d’Art Capital à offrir une récompense aux artistes.

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Au Portugal, un mystérieux champignon noir menace une cathédrale romane

Une nouvelle espèce de champignon noir vient d’être identifiée par les chercheurs de l’université de Coimbra dans la cathédrale Velha de Coimbra, véritable joyau de l’art roman. Agée de 800 ans et classé au patrimoine mondial de l’Unesco, elle est la seule église de l’époque de la Reconquista qui soit restée intacte jusqu’à nos jours. L’étrange champignon noir découvert en ses murs appartient en réalité à une espèce d’une nouvelle famille : Aeminiaceae. João Trovão, le principal auteur de l’étude publiée dans la revue « MycoKeys » souligne qu’« il s’agit d’une nouvelle espèce, d’un nouveau genre et d’une nouvelle famille ». Afin d’effectuer une étude approfondie de ces moisissures, les scientifiques ont prélevé des échantillons dans la chapelle Santa Maria dont le décor présente de nombreuses détériorations. L’étude a révélé que ce champignon est capable de survivre dans les milieux les plus hostiles (incluant les températures extrêmes, les radiations d’UV, les fortes sécheresses et la faible quantité de nutriment). Pire encore, il est apparu que ce champignon s’ancre profondément dans la pierre en causant des fissures et qu’il produit du polysaccharide, un composé moléculaire corrosif. L’hypothèse émise par les scientifiques suggère que ce champignon était présent dès la construction de la cathédrale en 1218. Ce micro-organisme endémique proviendrait des carrières de calcaire et aurait été transporté dans toute la péninsule ibérique pour servir à la construction de différents bâtiments. Son développement extrêmement lent expliquerait sa découverte tardive. Pour le moment, la cathédrale Velha de Coimbra est condamnée à se recouvrir de noir et à s’effriter. De quoi inquiéter fortement les scientifiques, qui craignent que ce même phénomène ne se reproduise sur de nombreux sites historiques de la région.

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La mue des musées

Besançon de béton

Besançon tient un rôle important dans l’histoire des musées et la rénovation du musée des Beaux-Arts et d’archéologie vient opportunément le rappeler. En effet, c’est dans la cité franc-comtoise que voit le jour la première collection publique française. En 1694, l’abbé Boisot lègue à l’abbaye Saint-Vincent sa collection d’œuvres d’art, à condition qu’elle soit ouverte au public deux jours par semaine. Au milieu du XIXe siècle, l’ensemble, enrichi de la donation de l’architecte Pierre-Adrien Pâris et des saisies révolutionnaires, est installé dans la toute récente Halle aux grains, construite par Pierre Marnotte. Achevé en 1843, le bâtiment assurera son office, en dépit de l’arrivée de l’archéologie en 1849 et de la considérable donation du peintre et collectionneur Jean Gigoux en 1894. Mais, lorsqu’en 1963, Adèle et Georges Besson offrent douze peintures modernes, parmi lesquelles figurent Bonnard, Matisse, Picasso ou Dufy, l’extension du musée devient nécessaire. Louis Miquel, un disciple de Le Corbusier, hérite du projet après le refus du maître. Il a l’idée audacieuse d’insérer, dans la vaste cour intérieure, une structure autonome en béton armé. La rupture radicale est aussi bien matérielle que spatiale. Une rampe relie les différentes salles, entre lesquelles s’ouvrent des perspectives inattendues, tandis que le béton laissé brut de décoffrage crée une atmosphère authentiquement contemporaine. Depuis son ouverture en 1970, le musée avait peu évolué, si ce n’est pour restreindre les espaces d’exposition. L’objectif de la rénovation entreprise en 2013 était de préserver ce patrimoine architectural unique, tout en adaptant le musée aux exigences du XXIe siècle. L’architecte bisontin Adelfo Scaranello était sans aucun doute l’homme de la situation. Son projet pour le musée Camille Claudel à Nogent-sur-Seine, inauguré en 2017, avait été justement remarqué et récompensé. À Besançon, son intervention se signale par son respect et sa compréhension des qualités du bâtiment, dont il s’est attaché à restaurer les valeurs spatiales tout en les exaltant grâce à la lumière naturelle, désormais présente dans tout le musée. Les  nombreux puits de lumière, l’ouverture de fenêtres et l’abaissement des allèges rendent l’édifice plus perméable aux éléments ainsi qu’à la vie urbaine. Le scrupule patrimonial a même conduit le maître d’œuvre à ôter les récents panneaux blancs qui habillaient une partie des cimaises de béton. Scrupule louable, même si l’on ne se résout pas à regarder Bellini ou Bronzino sur un mur de béton. […]

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