connaissance des arts

Picasso bleu, Picasso rose

Les Pauvres au bord de la mer, Le Vieux Guitariste, La Vie, L’Étreinte, L’Acrobate à la boule, tant d’autres… Ces œuvres  archiconnues au travers d’innombrables et souvent mauvaises reproductions, posters et autres cartes postales, sont à la fois aimées du grand public et un peu méprisées par la critique moderne qui n’y voit qu’un prélude au grand œuvre à venir, le cubisme et ses suites. Voici une occasion de les voir réellement, réunies au musée d’Orsay, et de juger sur pièces.
La période en question est courte, 1901-1906, et se déroule en divers lieux : Barcelone, Paris, Madrid, Gosol. Andalou de naissance, fils d’un peintre médiocre, le jeune Pablo manifeste très tôt des dons extraordinaires pour le dessin. « À 14 ans, dira-t-il plus tard, je dessinais comme Raphaël. » L’adolescent a tôt fait de dépasser l’enseignement académique qu’il a si vite acquis et, à Barcelone où la famille s’installe en 1895, de se mêler à la jeunesse artiste et contestataire qui gravite autour du cabaret Els Quatre Gats. Il s’imprègne des courants artistiques contemporains, modernisme catalan, Art Nouveau, symbolisme, divisionnisme et, surtout après son premier voyage à Paris en octobre 1900, de l’art de Van Gogh et de Toulouse-Lautrec. Avec ce dernier, il partage un même répertoire thématique – scènes de cabarets et de cafés, maisons closes, prostituées – d’un réalisme tirant vers la caricature, et dans une palette âpre et forte. Ce voyage à Paris, à l’âge de 19 ans, sera suivi de plusieurs séjours, plus ou moins longs, entrecoupés de retours à Barcelone et d’un épisode madrilène, jusqu’à l’installation définitive dans la capitale française en 1904. Ce sont les années de la « période bleue ». Les œuvres qui en relèvent présentent un répertoire thématique nouveau, dans un style désormais très personnel. Picasso entend alors affirmer sa singularité de peintre, notamment par l’emploi du bleu, devenu sa « marque », en même temps qu’il adopte sa signature définitive, troquant le Ruiz paternel pour le nom de sa mère, Picasso. Le recours à la dominante bleue n’est pas arbitraire, il correspond à un sentiment de l’existence, entre pessimisme et mélancolie profonde, sentiment que lui inspire le spectacle de la misère dans les quartiers populaires de Barcelone ou de Paris, une réalité à laquelle il est d’autant plus sensible que lui-même vit dans des conditions très difficiles. À Paris, au Bateau-Lavoir, bâtiment délabré où de jeunes artistes connaissent des jours sans pain et des hivers sans chauffage, ou en Espagne, car le père mécontent de son évolution lui a coupé les vivres. […]

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Schiele, star des expositions de la rentrée

Même mélancoliques, les anniversaires de disparitions ont quelque chose de positif : ils engendrent des célébrations. Non que l’œuvre de Egon Schiele, né en 1890 et mort à Vienne de la grippe espagnole en octobre 1918, ait besoin d’un quelconque alibi pour être montrée. On se réjouit néanmoins que plusieurs musées en Europe aient décidé de l’exposer, seul ou accompagné, cet automne.
À commencer par la Fondation Vuitton à Paris. Près de cent vingt œuvres – dessins, gouaches et quelques peintures – essentiellement venues de collections privées, le tout plein d’une fureur de vivre qui, cent ans plus tard, n’a rien perdu de sa force. Corps tordus, disloqués, engagés dans un âpre combat et bientôt foudroyés. La question reste posée : qu’est-ce qui est à l’œuvre dans la violence de cette expression, dans la vigueur corrosive de la ligne, dans la sexualité sans fard ? La fulgurance du désir ? Notre désespérante impuissance, notre irrémédiable finitude ? Une certitude : les illusions ne sont pas de mise, la ligne, virtuose, les a balayées. Il faut admettre que le questionnement auquel nous soumet la vision d’Egon Schiele est parfaitement d’actualité. Le sentiment tragique de la vie s’expose nu à notre regard, incisif, irréfutable. Une seule question : que faut-il en faire ? Et puis, mystère plus douloureux parce que sans réponse, l’art nous en sauvera-t-il ? Même sorte de trajet pour un autre enfant terrible des arts montré en même temps à la Fondation, Jean-Michel Basquiat (1960-1988), disparu comme Schiele à 28 ans, météore dont l’explosion en pleine ascension projette toujours sur nous une poussière d’étoiles, lumineuse et incandescente, selon les termes de Suzanne Pagé, directrice artistique de la Fondation. « Dans ces deux trajectoires irréductibles, la forme, c’est le fond, souligne-t-elle. Leur détresse est incarnée par un trait particulièrement percutant. Ce sont deux artistes de rupture, possédés par le dessin. » Les contextes historiques très différents, Vienne 1900 et New York 1980, expliquent le choix de deux parcours séparés pour deux expositions distinctes. On se prend à le regretter, en pensant que la radicalité de leur expression aurait peut-être gagné encore plus d’intensité à être confrontée. Et nos interrogations, un prolongement. […]

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L’éclosion de Tony Soulié chez Loo and Lou Gallery

Ces dernières années, il avait préféré prendre quelques distances avec la scène parisienne pour exposer en région et à l’étranger, notamment aux États-Unis. Aujourd’hui, Tony Soulié revient avec un ensemble de nouveaux travaux. « C’est un retour à la peinture, qui a toujours été l’axe majeur de mon travail, bien que j’aie pratiqué la photographie et l’installation. J’ai souhaité développer un côté floral, même si c’est de manière abstraite, dans de grands formats. » Pour cet artiste né en 1955 et qui a bénéficié de plus de trois cents expositions personnelles, cette relecture embrasse également l’histoire de l’art : « De tout temps, les peintres ont déployé ces thèmes des fleurs et des vanités et j’ai voulu, de mon côté, l’appréhender par un geste qui est souvent spontané, combinant le dessin et les couleurs de la peinture à l’eau, à l’huile, des encres et des vernis… ». Une vingtaine d’œuvres de deux formats (à 5000 € et 17 600 €) seront présentées dans les deux galeries Loo & Lou.

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Des petits LU à croquer aux enchères

LU et ses Petit Beurre, c’est l’histoire d’une entreprise familiale comprenant vite l’intérêt de la publicité et du marketing. Olivier Fruneau, spécialiste du fonds LU, vend ses archives. Il présente son Graal, le premier dessin du Petit Beurre (de 2000 € à 3000 €), dont on ne connaît que deux exemplaires. Des pastels et des gouaches racontent l’origine de la « réclame », l’apparition de la figure humaine avec la petite fille au Petit Beurre, ou les précieuses maquettes de Baccarat ou de Sèvres pour le Seau aux oiseaux (de 4000 € à 5000 €).

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Trésor à vendre : Un cavalier Tang à la galerie Christian Deydier

Tous les chevaux en terre cuite présentés à la galerie Christian Deydier pour l’exposition « Le cheval dans la Chine ancienne » sont des objets funéraires. Car en Chine comme en Égypte, les défunts aisés emportaient dans l’au-delà des figurines rappelant leur fortune, leur activité ou leurs hobbies. L’observation du nombre de chevaux, de leur race et de l’activité à laquelle ils sont associés permet de comprendre quel était le statut du cheval durant les différentes périodes de la Chine ancienne. On sait donc que depuis les Shang (XVIe-XIe siècle av. J.-C.), les chevaux étaient utilisés pour la chasse, la vie civile et militaire. Puis, pendant les Royaumes Combattants (Ve-IIIe siècle av. J.-C.), on assiste à l’apparition de la cavalerie, devenue indispensable pour lutter contre les envahisseurs. Et c’est vers la fin de cette période qu’a été introduit l’étrier, qui donne un net avantage aux cavaliers, qui peuvent avoir les mains libres pour tirer à l’arc sur leurs ennemis. Mais c’est sous la dynastie Han (206 av. J.-C.-220 après J.-C.), particulièrement prospère, que se développent des pâturages destinés aux chevaux, ainsi que des centres de dressage et d’entraînement. De grandes missions ont même été lancées pour trouver les fameux chevaux « suant le sang », très prisés et originaires de Ferghana (à l’est de l’actuel Ouzbékistan). L’utilisation et la représentation du cheval en Chine ont connu leur apothéose sous la dynastie Tang (618-907), où se sont développés des sports comme le polo, souvent représenté. C’est l’époque de cette terre cuite de belle taille, fabriquée d’un seul tenant (cavalier et cheval). Elle présente une polychromie émaillée « aux trois couleurs », dite « sancai », qui réunit du vert (obtenu avec de l’oxyde de cuivre), du jaune foncé tirant sur le brun et un jaune clair, voire presque blanc (obtenus avec de l’oxyde de fer). La rareté de la pièce tient toutefois à sa belle couleur bleue, réservée à l’Empereur et à sa famille, dont la mise au point date justement des Tang. Mais avec la chute de cette dynastie s’achève l’âge d’or du cheval en Chine.

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Nouveau talent : Véronique Ellena, la beauté du quotidien

« Pour moi, la photographie est fondamentalement un acte de contemplation. J’utilise un appareil photographique argentique de grand format : une chambre 4 × 5. J’obtiens une définition d’image merveilleuse, un rendu velouté, à la fois sensuel et spirituel. Cela m’oblige aussi à travailler avec une lenteur qui permet de saisir l’essence des êtres et des choses », dit Véronique Ellena. Depuis le début des années 1980, la photographe cherche la beauté dans « les gestes simples et banals qui disent la profondeur du monde ». En témoignent ses premières fresques, consacrées à la vie quotidienne : Supermarchés (1992), Dimanches et Grands Moments de la vie (1997) où elle magnifie la classe moyenne française. En 2003, elle poursuit sa quête de beauté et de spiritualité au quotidien avec les portraits de Ceux qui ont la foi, essayant de capter l’aura des gens qui croient en Dieu ou s’engagent dans le sport ou la politique. Sa série Les Invisibles (2011) va dans le même sens : redonner une noblesse aux sans-abri de Rome qu’on ne regarde plus, écrasés sous le poids d’imposantes architectures, qu’elle transfigure en « statues tombées de leur piédestal » ou en gisants, tel le Christ voilé de la chapelle Sansevero de Naples. La réalisation de photographies imprimées sur verre pour le Vitrail du Millénaire de la cathédrale de Strasbourg en 2015 est un tournant dans sa pratique. Dès lors, elle axe ses recherches sur l’image transparente, créant un nouveau vitrail pour le Grand Prieuré d’Arles (La Vigne du Clos), innovant avec la série Clairs-Obscurs où elle fait numériser en négatif un plan-film argentique, révélant des images spectrales comme La Mort d’Alcibiade inspirée de la peinture de Jacques Réattu. « L’inversion est riche de rêverie. On se retrouve de l’autre côté du miroir », conclut-elle.

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Inédits de Peter Stämpfli à la galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois

Sont exposées des œuvres des années 1963-1964 (entre 180 000 € et 300 000 €), au tout début de son intérêt pour les gestes ou objets du quotidien qu’il auréolait de formats monumentaux et d’une dimension poétique, que l’historienne d’art Anne Tronche décrit comme « une réalité en proie aux émotions du doute et de la fascination ».

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Le plus vieux dessin du monde découvert en Afrique du Sud

Fragment de silcrète portant sur l’une de ses faces un dessin composé de neuf lignes tracées au crayon d’ocre © D’Errico/Henshilwood/Nature

De prime abord, l’objet ne paie pas de mine : un fragment de roche portant sur un côté neuf traits de couleur formant un croisillon. Découvert sur le site de la grotte de Blombos, en Afrique du Sud, il a été prélevé dans une couche archéologique datée de 73 000 ans avant notre ère, en même temps que différents outils lithiques et d’autres témoignages de la vie des anciens occupants du lieu. Il fallait toute l’expérience d’un archéologue pour déceler dans ce morceau de roche sans prétention la promesse d’une découverte exceptionnelle… De fait, ce motif, tracé au crayon d’ocre, constitue dorénavant le plus ancien exemplaire connu de dessin abstrait. La découverte, qui nous ramène aux sources de l’art et de la représentation, vient d’être confirmée par une étude du laboratoire Pacea (CNRS/Université de Bordeaux/Ministère de la Culture) et du laboratoire Traces (CNRS/Université Toulouse – Jean Jaurès/Ministère de la Culture), parue il y a seulement quelques heures.

Dessin ou gribouillage ?

Les analyses chimiques et microscopiques des pigments ont tout d’abord démontré que ces lignes étaient bien de main d’homme et qu’elles avaient été tracées volontairement, sur une surface préalablement polie de la roche. Il y a donc bien une intention à l’œuvre dans cette représentation symbolique dont on ignore cependant la signification. Le site de la grotte de Blombos, fouillé depuis le début des années 1990 par des équipes norvégiennes et sud-africaines, a livré en 2011, dans la même couche archéologique, un morceau d’ocre gravé d’un motif de croisillon similaire. La reproduction d’une même forme sur différents supports témoigne de la capacité des premiers Homo sapiens à la symbolisation, c’est-à-dire à la représentation d’une réalité, abstraite ou concrète, à l’aide de symboles, qu’il s’agisse aussi bien d’images mentales que de signes graphiques.

Morceau d’ocre gravé d’un motif abstrait découvert dans la grotte de Blombos, dans la même couche archéologique qui a livré le fragment de silcrète portant le dessin © D’Errico/Henshilwood/Nature

Du spirituel dans l’art préhistorique

Pendant longtemps, les chercheurs ont considéré que les premiers symboles étaient apparus vers – 40 000, au moment où les premiers hominidés ont colonisé les territoires européens. Puis des exemples de motifs abstraits datés du Paléolithique ont été découverts dans plusieurs sites d’Afrique, d’Asie ou d’Europe. La plus ancienne gravure connue à ce jour, un zigzag incisé sur une moule d’eau douce, a notamment été découverte à Trinil, sur l’île de Java, dans des couches archéologiques datant de 540 000 ans. Différents sites de fouilles africains ont également révélé l’existence d’objets de parure incisés, datés entre 120 000 et 70 000 ans avant notre ère. Mais il s’agit cependant uniquement de témoignages gravés. Pour ce qui concerne le dessin, les plus anciens exemplaires avaient été découverts dans des sites à datation bien plus récente, comme la grotte Chauvet (France), la grotte d’El Castillo (Espagne), la grotte Apollo 11 (Namibie) ou encore celle Maros caves (Indonésie). Le fragment découvert à Blombos témoigne donc d’une utilisation bien plus ancienne de la technique du dessin pour traduire des représentations abstraites. En 2011, l’équipe de fouilles avait déjà mis au jour une véritable trousse d’artiste abritant notamment des coquilles d’escargots contenant des résidus de peinture riches en ocre. La grotte de Blombos peut dorénavant être considérée comme le lieu de naissance du dessin, une forme d’art nouvelle apparue il y 73 000 ans.

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Pierre Loos disperse ses trésors chez Piasa

Marchand d’art primitif, fondateur de Bruneaf en 1991 et collectionneur, le Belge Pierre Loos vend, dit-il, « les témoignages de [ses] voyages, le parcours de cinquante ans de [sa] profession ». Un ensemble déjà aperçu à l’exposition de la Fondation Cartier, « Beauté Congo », en 2015. « Depuis, on sent l’émergence d’un pôle d’intérêt pour l’art africain contemporain et moderne », souligne le collectionneur. Orchestrée en trois parties, la vente se déroule sur deux jours. D’abord les objets précieux ethnographiques, sièges, monnaies, tissus imprimés, telles ces grandes robes d’apparat en coton et soie brodés du Nigéria (de 150 € à 5000 €), ou ces nattes de mariage Mbole du Congo (de 100 € à 2000 €). Puis les photographies de Casimir Zagourski (1883-1944), témoignages sur la vie au Congo, où il s’est installé en 1924. Enfin les tableaux congolais peints entre 1927 à 1960 (de 10 000 € à 40 000 €). « Je me suis rendu compte que je possédais la plus importante collection de peinture congolaise », conclut Pierre Loos.

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Sauvons l’atelier de la Grande Chaumière !

Fondée en 1904 par l’artiste peintre suisse Matha Stettler, l’Académie de la Grande Chaumière a accueilli dans la vaste salle de cet atelier libre les peintres les plus célèbres, comme les amateurs les plus discrets, pour y pratiquer leur art : modèle vivant, nu, croquis, fusain, dessin, peinture à l’huile… Des maîtres tels qu’Antoine Bourdelle, Ossip Zadkine, Fernand Léger ou encore Othon Friesz y ont donné cours, et des peintres comme Paul Gauguin, Amedeo Modigliani, Maurice Denis, Germaine Richier, Foujita, Tamara de Lempicka et Eileen Grey s’y sont formés. Un collectif d’artistes, de professeurs et d’élèves s’est constitué et lance une pétition sur www.change.org pour la sauvegarde de ce lieu historique, encore aujourd’hui en activité.

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