connaissance des arts

Clément Cogitore, lauréat du Prix Marcel Duchamp 2018

Ils sont quatre au Centre Pompidou à avoir répondu à la demande de créer une œuvre spécifique pour le lieu (jusqu’au 31 décembre). C’est donc Clément Cogitore qui a été nommé hier soir et a obtenu la récompense de 35 000 euros du Prix Marcel Duchamp 2018. Mohamed Bourouissa (né en 1978) a conçu une immense installation de bois dominée par des vidéos diffusant les paroles d’un ancien patient au visage buriné et des deux mentors de l’hôpital psychiatrique Blida-Joinville en Algérie. Marie Voignier (née en 1974) propose un long voyage filmé dans la forêt du Cameroun qui laisse la parole aux habitants. Thu-Van Tran (née en 1979) mélange habilement sculpture, vidéo et peinture où des nuages rappellent les épandages toxiques d’herbicides pratiqués par l’armée américaine dans les années 1960 au Vietnam. Enfin, le gagnant Clément Cogitore (né en 1983) expose un film constitué d’images préexistantes, « road trip halluciné dans les décombres contemporains de l’archive ». Il est représenté à Paris par la galerie Eva Hober.

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Franck Riester, nouveau ministre de la Culture et de la Communication

Le jour du remaniement est enfin arrivé ! Comme on le pressentait, Françoise Nyssen est donc remerciée après moins de deux ans passés Rue de Valois. Outre le manque de charisme que d’aucuns reprochaient à la co-directrice des éditions Actes Sud, ce sont les récents scandales autour de son non-respect des règles de l’urbanisme qui avaient achevé de discréditer son action. Accueillie avec bienveillance par le monde de la culture lors de sa nomination en 2017, Françoise Nyssen laisse derrière elle des réformes en demi-teinte et une administration en quête de personnel… Notre éditorial du mois d’octobre dressait déjà le portrait d’un ministère en souffrance qu’il est urgent de revivifier. Elle cède aujourd’hui sa place à Franck Riester, ancien cadre des Républicains, devenu le chef de file du parti Agir. Celui-ci prendra officiellement ses fonctions cet après-midi lors de la cérémonie de passation de pouvoir qui doit avoir lieu à 13h30.
Âgé de 44 ans, Franck Riester est diplômé de l’Institut supérieur de commerce et de l’ESSEC. Ancien maire de Coulommiers (2008-2017), où il débute sa carrière politique à l’âge de seulement 21 ans, il est élu député UMP de la Seine-et-Marne en 2007. Se spécialisant sur les questions de la communication et de l’audiovisuel, il intègre la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale et devient, en 2009, le rapporteur des projets de la loi Hadopi 1 et 2 consacrée à la protection des droits et de la création sur Internet. De 2009 à 2015, il est membre du collège de l’autorité de lutte contre le piratage, une période durant laquelle il produit également un rapport sur la création d’un centre national de la musique. Administrateur de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) de 2013 à 2017 et occupe le poste de secrétaire national à la communication au sein des Républicains avant d’être exclu du parti en octobre 2017. Il crée alors le parti Agir, la droite constructive, qui réunit des députés de centre-droit, et dont il prend la présidence lors d’un congrès fondateur le 16 septembre dernier.

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Sottsass superstar chez Artcurial

Chaque année, Artcurial organise une vente autour d’un designer. La première, consacrée en 2014 à Ron Arad, avait enregistré 100% de lots vendus. L’an dernier, Charlotte Perriand avait pris le relais. Cette fois, voici « Materia Sottsass », une vente consacrée à Ettore Sottsass (1917-2017), qui évoque la multiplicité des matériaux utilisés par ce designer : céramique, émail, verre, bois… Artcurial s’était fixé la règle de ne pas dépasser vingt œuvres à mettre aux enchères. Les règles étant faites pour être transgressées, ce sont quarante créations de Sottsass qui vont être présentées. « Compte tenu de la richesse du vocabulaire créatif de Sottsass, nous avons décidé de multiplier le contenu de la vente par deux » , explique Emmanuel Bérard, directeur du département Design chez Artcurial. Une chambre iconique des séries Mobili Grigi et Bianchi, de 1971, peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, tout comme la fameuse suspension Arredoluce de 1957 (de 50 000 € à 70 000 €), dont on ne connaît que cinq exemplaires.

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Édito : Le Grévin des tableaux disparus

Il s’agit des tableaux fantômes du musée de Bailleul que La Piscine de Roubaix va exposer lors de l’inauguration de son réaménagement général (voir page 76) à partir du 20 octobre. Cette jolie histoire commence mal, en 1916 lors des violents bombardements de la Grande Guerre. À Bailleul, au nord d’Armentières, tout le monde se croit protégé par le front des soldats français, à l’abri des nuages de gaz moutarde. On rassure même le conservateur du musée, Édouard Swynghedauw, qui veut déménager les collections. Pas question de les cacher dans les falaises de craie voisines, tout va bien. En mars 1918, la première bataille aérienne a lieu à proximité de Bailleul. Panique à bord. Le vaillant conservateur déménage en hâte vingt pour cent des tableaux du musée. Lorsqu’il revient de son premier déménagement, la ville a disparu, bombardée, rayée de la carte. L’année suivante, Bailleul est reconstruite en style néoflamand et le musée est refait en briques jaunes à deux pas d’un beffroi tout neuf. La ville y réinstalle les œuvres sauvées et rachète peu à peu meubles et tableaux. Quatre-vingts ans plus tard, à l’occasion d’une exposition en hommage à l’un des généreux donateurs du musée, le nouveau conservateur, Laurent Guillaut, présente les neuf tableaux restant du legs de ce monsieur Hans et, en une sorte d’installation contemporaine, accroche trente et un panneaux de bois rappelant les toiles de cette même donation, parties en fumée lors du bombardement, en leur adjoignant format et description. En voyant par hasard cette exposition digne d’un pied-de-nez surréaliste, un galeriste amateur de Roubaix, Luc Hossepied, se prend à rêver d’une possible résurrection et commande des réinterprétations des toiles manquantes aux artistes de sa galerie et à d’autres créateurs que des proches lui conseillent. Naît ainsi un fantasque musée Grévin d’œuvres disparues à l’occasion de la commémoration de la Première Guerre mondiale. Depuis novembre 2014, les recréations sont peu à peu révélées au public, chaque année amenant sa moisson dont la qualité peut être discutable. Aujourd’hui, quatre-vingt-dix « tableaux fantômes » ont repris vie, en particulier des natures mortes, des marines, des fileuses et des « jeunes filles au chien », sujets qui semblent plus particulièrement inspirer les talents actuels. Tous les supports sont autorisés, de la céramique à l’installation, de la photographie à la vidéo. Une fabuleuse manière de raconter et de revivifier un passé muséal disparu. Rendez-vous donc à Roubaix.

 

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Décès du peintre espagnol Eduardo Arroyo

Né le 26 février 1937 à Madrid en pleine guerre civile, Eduardo Arroyo a étudié au lycée français de la ville. Refusant le militarisme franquiste et la religiosité de son pays, il est venu s’installer en France en 1958, à l’âge de 21 ans. Il avait alors l’ambition d’y devenir journaliste et écrivain, mais c’est à la peinture qu’il consacrera la majorité de sa prolifique carrière, s’adonnant également à la sculpture, à la gravure et au décor de théâtre. Les heures passées durant son enfance dans les salles du Prado n’ont probablement pas été étrangères à ce choix. En 1963, Eduardo Arroyo a provoqué un véritable scandale en Espagne en présentant à la IIIe Biennale de Paris le polyptyque Les quatre dictateurs (Mussolini, Hitler, Salazar et Franco). Deux ans plus tard, il est devenu l’un des protagonistes de la Figuration narrative, jeune mouvement artistique qui s’est opposé à l’esthétique abstraite et aux mouvements contemporains du Nouveau Réalisme et du Pop Art, réunissant également Valerio Adami ou encore Jacques Monory. Les œuvres d’Eduardo Arroyo, à l’aspect de collages aux vives couleurs, se caractérisent alors par des sujets très engagés politiquement et artistiquement, à l’image de La Fin tragique de Marcel Duchamp, toile qu’il a peinte avec Gilles Aillaud et Antonio Recalcati, se représentant en tant que meurtriers de l’inventeur des ready-mades. Depuis son atelier français, les créations de l’artiste espagnol se sont alors teintées de sentiments contradictoires, partagés entre nostalgie et amour pour son pays natal, son « Espagne obsédante », et rejet viscéral des événements historiques et politiques qui y ont pris place, travaillant sans cesse le thème de l’exil. En effet, en 1974, il est arrêté en Espagne alors qu’il s’y rendait pour préparer la Biennale de Venise. Eduardo Arroyo a alors été expulsé, du fait de ses œuvres dénonçant les exactions du franquisme, et a finalement obtenu le statut de réfugié politique en France. Il fallut attendre 1977 pour que soit organisée sa première exposition personnelle en Espagne, à la galerie Maeght de Barcelone. Artiste engagé pour qui la peinture était en elle-même un « récit », Eduardo Arroyo affirmait être devenu peintre « sans [s’en] rendre compte ». Après le retour à la démocratie en Espagne, il s’est lancé dans une série d’espagnolades : hommages à la corrida, au flamenco, à Picabia… La consécration est venue en 1995, année où Eduardo Arroyo a été désigné pour représenter son pays à la Biennale de Venise, avec le sculpteur Andreu Alfaro. Tout au long du reste de sa carrière, il a conservé la dimension politique et symbolique dans ses peintures, comme autant de témoignages sur l’état de la société de son temps.

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Splendeurs de la création Rinpa au musée Cernuschi

Dans le cadre de la saison « Japonismes 2018 : les âmes en résonance », le musée Cernuschi réunit pour la première fois une soixantaine de chefs-d’œuvre (peintures, gravures et objets décorés) produits par les artistes du mouvement Rinpa, né au début du XVIIe siècle et qui existe toujours aujourd’hui. Parmi les pièces majeures de cette école de la couleur vive et des formes épurées, le prêt exceptionnel du Trésor national Dieux du vent et du tonnerre de Sotatsu (XVIIe siècle), conservé dans le temple Kennin-ji à Kyoto et qui, pour des raisons de conservation, ne sera présenté au public que pendant les quatre premières semaines de l’exposition.

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Carlo Carrà au carré à Milan

Milan honore, au sein d’une très riche programmation d’expositions, l’un de ses artistes les plus emblématiques du XXe siècle, le peintre Carlo Carrà (1881-1966). Signataire, en 1910, du fameux Manifeste futuriste, puis passé, avec Giorgio de Chirico, à la peinture dite métaphysique, Carrà n’oublia jamais la tradition plastique italienne ouverte par Giotto. En se consacrant plus spécialement à l’art du paysage à partir de 1926, Carrà allait de fait rester fidèle à la sourde et grandiose monumentalité d’un art pétri d’imaginaire mystérieux.

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Les Chevalier déménagent

Les Chevalier changent d’adresse. Céline Letessier et Amélie-Margot Chevalier ont quitté le quai Voltaire pour la rue de Bourgogne. « Nous voulions être dans un quartier qui mélange décoration et art, et qui soit un endroit de passage », explique Céline Letessier. La rue de Bourgogne exauce ce souhait, avec ses showrooms haut de gamme et l’arrivée de galeristes comme Demachy-Sinceux. En octobre, la galerie montrera un panorama de ce qu’elle défend, et en novembre, au moment de Paris Photo, elle exposera le photographe Charles Maze, spécialiste des anamorphoses.

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Décès de l’architecte français Paul Andreu

Diplômé de Polytechnique, des Ponts et Chaussées et des Beaux-Arts de Paris, Paul Andreu était un architecte réputé internationalement. Il a intégré, dès le début de sa carrière et pendant près de quarante ans, la société Aéroports de Paris, pour laquelle il deviendra directeur et architecte chargé des études et des travaux. Il a ainsi dessiné la gare TGV-RER de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle ainsi que ses terminaux 1 et 2. Une partie de ce dernier s’était effondrée en 2004, ce qui avait largement freiné son activité en France. Mais l’expertise reconnue de Paul Andreu dans le domaine aéroportuaire l’a mené à concevoir de nombreux autres aéroports partout dans le monde, d’Abou Dabi au Caire en passant par Jakarta et Pointe-à-Pitre. Ses réalisations architecturales incluent également de grands marqueurs urbains tels que l’arche de la Défense, qu’il a réalisée d’après les dessins de Johann Otto von Spreckelsen, architecte danois lauréat du concours initial, décédé avant d’avoir pu la terminer. Mais c’est en Chine, où Paul Andreu a vécu pendant plus de vingt ans, qu’on trouve ses édifices les plus spectaculaires : l’Oriental Art Center de Shanghai, le Grand Théâtre de Jinan ou encore le majestueux Grand Théâtre national de Pékin et ses 150 000 m2 de verre et d’acier. Le modernisme de ses architectures lui a valu d’être intégré dans le courant de l’architecture dite high-tech, ou techno-architecture, et de remporter le Prix Aga Khan d’architecture en 1995 et le Grand Prix du Globe de Cristal, décerné par l’Académie internationale d’architecture en 2006. Paul Andreu ne s’est pas limité à l’architecture, puisqu’il s’est également illustré dans l’écriture, notamment avec son dernier roman Enfin, publié en 2014, mais aussi dans la peinture ou encore dans le décor de ballet ou de théâtre. En 2005, il a réalisé le décor de Oh les beaux jours ! de Samuel Beckett pour la Comédie-Française. Dans un communiqué, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a déclaré que « l’architecture française [perdait] l’un de ses plus grands acteurs et représentants. »

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Christophe Robe au pays imaginaire

Une table, un sous-bois, un fond marin. Domestique, forestier, aquatique, l’espace que remplit Christophe Robe a quelque chose de curieusement familier. Pourtant, ses œuvres sont en tout point étranges. À commencer par leur registre : pop, hyperréalisme, figuration narrative, abstraction, les horizons plastiques s’emmêlent entre les mains de celui qui avoue nourrir « des amours contradictoires ». Parmi ses influences se croisent Bonnard, Mondrian, Télémaque, De Kooning. Surtout, Gasiorowski, Guston et Diebenkorn. Robe nous met en garde : pas de citation dans son travail, mais des « remontées non volontaires » de « souvenirs intimes et culturels ». Que retient-on du monde extérieur ? Pour Robe, « un mélange entre savoir et affect, concept et sensation, espace réel et espace mental ». Il lui faut alors brasser, articuler ce grand tout – le cosmos, la nature et les choses – pour transmettre son rapport au monde. « Sans peinture, je suis en cécité ». À travers ses compositions pleines de signes et de sens, Christophe Robe professe sa foi : « La seule chose qui justifie cette pratique, c’est la croyance. C’est espérer, lorsque je peins, que « quelque chose » va se passer, ou plus précisément va passer ». Et ça passe, quand il ponce, gratte, rabote, lessive, fait couler la matière, empile les couches, à coups de pinceaux et d’aérographe. Un effet de textures qui s’occupe, par porosité, d’incarner l’image. Du tondo au carré, il joue avec les rapports d’échelle : grands formats de près de deux mètres, qu’il accroche relativement bas, pour une expérience immersive ; ou plus réduits, dessins et aquarelles ; voire carrément miniatures. Histoire de déployer en volume ses paysages de conte, synthèse entre La Nuit du chasseur de Charles Laughton et les fables fantastiques de Miyazaki ou de Tim Burton.

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Le renouveau de l’estampe japonaise à la Fondation Custodia

Jusqu’au 6 janvier 2019, l’exposition « Vagues de renouveau. Estampes japonaises modernes 1900-1960 », présentée à la Fondation Custodia, dévoile plus de 200 œuvres d’une cinquantaine d’artistes qui témoignent du renouveau de l’estampe japonaise au XXe siècle. Ces pièces proviennent du musée privé Nihon no hanga, à Amsterdam, qui abrite la collection qu’Élise Wessels.
Comprenant près de 2000 estampes japonaises datant principalement du XXe siècle, et plus particulièrement de la période de l’avant-guerre, qui illustre parfaitement les deux courants artistiques du « shin hanga » et « sōsaku hanga », la collection d’Élise Wessels offre un panorama complet du développement et de la production imprimée japonaise du XXe siècle. Cette collection, Élise Wessels la commence au milieu des années 1980 lors de ses premiers voyages au Japon d’où elle souhaite « ramener un souvenir », une recherche qui va la mener à découvrir un pan méconnu de l’estampe japonaise, hors de la traditionnelle ukiyo-e… Lire la suite ici.

Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois, la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005).
FranceFineArt est constituée de différentes rubriques qui, à l’aide de photographies, d’interviews sonores, de textes et de liens interactifs rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

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Bouquet final pour les Tulipes de Jeff Koons ?

Une fleur parmi les fleurs. Le bouquet de Jeff Koons prendra donc racine dans l’un des jardins municipaux qui environnent le Petit Palais. L’annonce a été faite ce vendredi sur France Inter par Christophe Girard, nouvel adjoint à la Mairie de Paris en charge de la culture. Les opposants à l’installation de cette sculpture en bronze multicolore de 12 m de haut (quelque 33 tonnes…) sur la place du Palais de Tokyo peuvent ainsi respirer un grand coup. Successeur de Bruno Julliard, qui quittait brusquement ses fonctions il y a tout juste un mois, Christophe Girard relance donc le dossier en dormance du problématique « cadeau » de Jeff Koons auquel on peine depuis plus de deux ans à trouver un emplacement adapté. Il aura fallu les levées de boucliers des professionnels du patrimoine et du monde l’art, une tribune dans « Libération » en janvier dernier et toute la perplexité des citoyens-électeurs pour que la Ville abandonne finalement son projet d’installation devant le Palais de Tokyo. Sérieusement envisagé, cet aménagement risquait, en effet, de dénaturer fortement le site et d’affecter la stabilité générale du monument. Comme nous le rapportions déjà dans notre édito du mois de mars dernier, Christophe Leribault, directeur du Petit Palais, musée des beaux-arts de la Ville de Paris, avait suggéré de placer la sculpture dans l’un des jardins qui bordent son institution. C’est finalement cette option qui a été validée par les acteurs locaux et l’artiste, venu spécialement à Paris pour « appréhender in situ les derniers emplacements envisagés », comme l’indique Noirmont Art Production, société en charge de la mise en œuvre du projet. Accessible depuis les Champs-Élysées, le Bouquet pourra ainsi être observé sous toutes ses coutures par le public en visite dans les salles du Petit Palais et signalera haut et fort (en couleurs) le lien du site avec la création contemporaine, puisqu’il devient chaque année le centre névralgique de la Fiac. Au sein de cette zone de confort, située à proximité de l’Ambassade américaine, la sculpture de Jeff Koons conservera également sa signification première puisqu’elle a été comme un symbole, pour le moins démesuré et un brin candide, de l’amitié entre la France et les États-Unis.

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L’œuvre du mois : Solo de violon de Serge Charchoune

Cette œuvre silencieuse et énigmatique, hiératique et élégante, invite à une double redécouverte : celle d’un artiste russe majeur, Serge Charchoune (1889-1975) et à une partie plutôt inédite et méconnue de son travail : sa peinture monochrome. Né en 1889 dans la petite ville de Samara, Serge Charchoune a le tempérament d’un anachorète, il préfère s’isoler devant une toile blanche, loin du tumulte. Profondément russe, il est attaché à l’Orient, ses ornements, ses icônes et ses étoffes bigarrées – ce qu’il définit successivement comme son « impressionnisme ornemental » ou son « cubisme ornemental ».  Arrivé en France en 1912, il expose pour la première fois au Salon des Indépendants en 1913. Durant la Première Guerre mondiale, il rejoint à Barcelone Albert Gleizes, Marie Laurencin, les Delaunay et Francis Picabia. Rentré à Paris en 1923, il s’y établit définitivement et se rapproche du mouvement puriste. Ses toiles accordent alors une place plus importante à l’objet, devenu monumental. Reprenant les articulations cubistes, il réalise de nombreuses séries sur le thème de la nature morte. Il s’intéresse à la musique et, tout naturellement, ses toiles se chargent d’instruments. Dès 1923, Charchoune avait commencé son aventure avec le monochrome, recherchant l’épure absolue, réceptif aux idées du théosophe Rudolf Steiner. Sa peinture très musicale est également proche des expériences synesthésistes, inaugurées en Russie par Scriabine. Admiratif de son œuvre, Amédée Ozenfant l’interpelle en un magnifique hommage : « Charchoune, vous avez de la noblesse, et cela devrait suffire pour attirer l’attention des connaisseurs sur ces œuvres cristallines ou chaudes, discrètes, mélodiques et intelligentes ».

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Objets célestes au palais d’Iéna

Un siècle de sculpture abstraite (1918- 2018) à contempler le nez en l’air puisqu’il s’agit de quelque cinquante œuvres suspendues, réalisées de 1918 à aujourd’hui par plus de trente artistes de quinze nationalités différentes. Cet art résolument non-narratif, lié à l’imaginaire cosmogonique, au thème de la chute, de la lévitation ou de la conquête spatiale, a vu le jour au début du siècle dernier avec Marcel Duchamp, Man Ray et Alexandre Rodtchenko. Les années 1930 voient les révolutionnaires et facétieuses sculptures d’Alexander Calder, les années 1950 celles de François Morellet, Jesús-Rafael Soto, Gego, Daniel Buren, Sol LeWitt, Jean Tinguely ou Robert Morris. La sculpture spatiale trouve ses prolongements les plus récents chez Xavier Veilhan, Ernesto Neto ou Tomás Saraceno. Ces œuvres sont à voir à Londres, à la galerie Olivier Malingue et, à Paris, au palais d’Iéna, dans la troisième chambre constitutionnelle française du Conseil économique, social et environnemental qui, rapporte le commissaire de l’exposition Matthieu Poirier, entend « occuper une place privilégiée dans le débat public et contribuer à enrichir le dialogue entre les citoyens au sein de la société́ civile organisée ».

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La Fresnaye cubiste au musée Paul Dini

Roger de La Fresnaye (1885-1925) fait partie, avec Jacques Villon, Albert Gleizes, Jean Metzinger, André Lhote, d’un courant cubiste « de tradition française », moins radical que celui de Braque et Picasso, mais qui contribua à incorporer cette esthétique dans le goût des années 1910-1920. Il reste un artiste peu connu, que cette rétrospective permettra de redécouvrir.

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Gio, le Super Ponti, au MAD Paris

Gio Ponti est un créateur hybride, à la fois architecte et artiste, décorateur et designer, homme de presse et passeur, enseignant et inventeur d’un style. En France on ne le connaît que par bribes, surtout pour sa chaise Superleggera (Cassina, 1957). En Italie, on l’a longtemps critiqué pour avoir profité des années mussoliniennes qui lui permettaient d’avoir clientèle et commandes du régime, mais on le vénère désormais pour avoir fait découvrir, après-guerre, une certaine « italianité ». Ponti a largement participé à ce que le boom économique des années 1960 propulse le design « made in Italy » parmi les plus inventifs de la scène européenne.

Son départ est foudroyant. Il naît à Milan en 1891, y étudie l’architecture au Policlinico, fait la Guerre de 14 et, très jeune, devient directeur artistique de la manufacture de porcelaine Richard Ginori (1923-26). Il participe immédiatement à la célèbre Biennale des arts décoratifs de Monza, rafle tous les prix, brille à Paris à l’Exposition des arts décoratifs de 1925, construit sa première maison, la « villa de l’Ange » à Garches, pour le directeur de Christofle, Henri Bouilhet, qui lui commande sa première collection de couverts, embraye avec une série de meubles modestes pour le grand magasin La Rinascente… Le voilà lancé en un rien de temps, déjà hyperactif. Son flair lui permet d’anticiper avant les autres l’air du temps. Son sens inné de l’équilibre, son « modernisme classique », lui font tout assimiler et inventer un esprit esthétique bien à lui. Homme éponge, d’une curiosité d’ogre et d’une énergie frénétique, il ne cesse d’intégrer les divers mouvements qui lui paraissent intéressants pour mieux établir une synthèse entre les courants traditionnalistes du mouvement Novecento et les tendances radicales des partisans du Razionalismo, descendants du Bauhaus et de l’École d’Ulm autour d’Ernesto Nathan Rogers. Non sans polémiques. Trop décoratif et figuratif pour les uns, trop minimaliste pour les autres. Paradoxal, éclectique, il assume ses contradictions  et admire autant l’exigence puriste d’un Le Corbusier que la douceur d’un retour à la figuration antique de son peintre préféré, Massimo Campigli. En 1954, il conseille à ses lecteurs de « Domus », la revue mythique qu’il a créée en 1928 et dirigera jusqu’à sa mort en 1979, de se précipiter pour visiter la chapelle de Ronchamp afin de découvrir que Le Corbusier est aussi un artiste. Il est celui à qui l’on commande en 1939 d’immenses fresques pour l‘université de Padoue, et aussi celui que Florence Knoll sollicitera pour la création d’une chaise d’une grande simplicité (1965). […]

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