connaissance des arts

Visite d’atelier : Ernest Pignon-Ernest, le dessin à l’œuvre

Ernest Pignon-Ernest nous reçoit à la porte de son atelier d’Ivry, avec une cordialité enjouée et la verve un rien espiègle qui caractérisent ce méridional, niçois de naissance, mais parisien depuis 1973. Cet atelier où il travaille depuis plus de trente ans est tout en hauteur. En bas, une sorte de bureau, où règne le désordre des recherches en cours, livres, photos, documents, croquis… En haut, une fois gravi l’escalier métallique en colimaçon, qui au passage dessert divers recoins au moyen de fragiles passerelles, on découvre le lieu du dessin proprement dit, dont les vastes dimensions permettent la réalisation de grands formats. Là, fixées au mur ou posées au sol, s’enchevêtrent d’immenses feuilles de papier, porteuses d’admirables figures, dessinées en noir et blanc, au fusain. C’est ici le lieu de la fabrication des images destinées à surgir dans les rues des villes, en France et un peu partout dans le monde. Car, ne nous y trompons pas : le dessin, si beau soit-il, n’est pas un but en soi. Il est le médium, le moyen de création des images, et ces dernières ne sont elles-mêmes que l’outil visuel avec lequel l’artiste « stigmatise », c’est son mot, les lieux pour lesquels ces images furent conçues. Là-dessus, sur les principes de son art, Ernest Pignon-Ernest tient un discours aussi prolixe que limpide.

Le déclic, nous dit-il, se produisit lorsque, tout jeune artiste, il voulut s’atteler à un sujet brûlant d’actualité : l’installation d’une base nucléaire sur le plateau d’Albion, en 1966. Sous les magnifiques champs de lavande allait être installée une force de destruction terrible, Hiroshima à la puissance dix. Il lui apparut que les moyens de la peinture étaient dérisoires face à une telle réalité. C’étaient les lieux eux-mêmes qui portaient leur charge dramatique, et c’était sur eux qu’il lui fallait directement agir. Sur toutes les routes avoisinantes, il placarda la silhouette d’une ombre noire, celle que l’on voit sur une photo célèbre d’Hiroshima, ombre restée fixée au mur après que le passant a été désintégré par le souffle atomique.

Réactiver la mémoire des lieux

Par la suite, le pochoir utilisé sera remplacé par des images sérigraphiées sur papier et collées sur les murs. Mais le principe était trouvé : introduire une image dans un lieu pour révéler la charge politique, sociale, culturelle, humaine, de ce lieu. Depuis cette première action, il a enchaîné les interventions percutantes. Comme ces gisants de la Commune, allongés, par centaines, sur les lieux où fut perpétré le massacre de communards (Paris, 1971). Comme ces Immigrés, travailleurs exténués que l’on voyait, par un soupirail au ras du sol, s’endormir dans leur logement de misère (Avignon, 1974). Cette femme nue pliée en deux sur les trottoirs des villes, disant toute l’horreur meurtrière des avortements clandestins (Paris, Tours, 1975). Ou encore, plus près de nous, cette Pietà africaine, mère tenant dans ses bras, et le montrant au monde, son fils ravagé par le sida (Soweto, 2002). Les poètes sont très présents dans son travail. On se souvient du Rimbaud apparu dans les rues de Paris et de Charleville en 1978, et comment l’apparition de cette sentinelle aux yeux brûlants réactivait les aspirations révolutionnaires de Mai 68. Mais il y eut aussi Maïakovski, Pasolini, Neruda, Artaud, Mahmoud Darwich… « Je me saisis de l’image des poètes pour ce qu’ils incarnent. Pasolini c’est l’Italie moderne avec toutes ses contradictions, Neruda c’est le Chili. » Il y eut encore, durant presque une décennie (1988-1995), l’aventure napolitaine. Fasciné par cette ville où il retrouve, magnifié, tout ce qui fonde sa propre culture méditerranéenne, il en investit les rues avec des images issues de la peinture baroque, principalement celle de Caravage. Comme Pasolini, il prétend appréhender le réel à la fois dans sa dimension physique et charnelle, et à travers les mythes qui structurent la culture. À ce croisement du charnel et de la pensée symbolique se situe son installation Extases (Avignon, 2008, Saint-Denis, Naples), qui met en scène les corps de grands mystiques traversés par l’extase. Sa dernière « campagne » de dessin se déroule à Haïti, dans les rues de Port-au-Prince. Une de ses images reprend la photographie terrible du révolutionnaire haïtien Charlemagne Péralte, exécuté en 1919 par les Américains, qui l’exposèrent attaché à une porte et diffusèrent massivement cette photographie du cadavre.

L’éthique du dessin

Corps extasiés, corps suppliciés, ce sont toujours des corps que l’artiste convoque et construit pour « stigmatiser » les lieux, réactiver leur mémoire historique et symbolique. Des corps à échelle réelle, et travaillés, non d’après photographie, mais d’après des modèles vivants, parfois des danseurs et danseuses, avec la complicité desquels il recherche l’attitude la plus juste par rapport à l’idée. Car il lui faut des figures réellement incarnées, porteuses d’un fort effet de réalité, capables d’imposer une présence et de susciter une vraie rencontre avec le spectateur. En même temps, le recours au noir et blanc, le rectangle du papier collé au mur, annoncent clairement la nature d’image. C’est dans cette tension entre réalité fictive et vérité de la fiction, entre présence et absence de la figure convoquée, que se joue la réussite de l’œuvre. Le choix du dessin, et non de la peinture ou de la photographie, est ici fondamental. « Dans le contexte actuel d’images multiples défilant à toute vitesse, affirmer le dessin c’est affirmer une pensée physique, biologique, accordée à la vérité organique de la vie, c’est un choix éthique. » L’artiste recherche la densité mais en même temps la neutralité du dessin, une absence de style, en somme ; l’idéal étant que le dessin puisse dire, à la façon d’une  empreinte, à la fois la présence et l’absence de la chose. Il se dit étranger au côté autoréférentiel de l’art contemporain, se sentant « plus proche de l’art religieux, quelque chose entre l’art et le rituel, et qui s’inscrit dans la vie de la collectivité ».

Mais comment cet art de la rue (qu’il initia bien avant qu’on ne parle de Street Art) peut-il s’accommoder de la présentation muséale qu’implique une rétrospective ? « Je n’expose pas les œuvres, puisque mes œuvres sont des lieux travaillés par mes images, en un temps donné ; j’expose le processus de travail. » Soit les centaines de croquis, les études approfondies, l’image finale, et enfin les photographies montrant l’image posée dans la rue, en interaction avec les habitants de la ville. Vu la durée exceptionnellement longue de cette exposition, Ernest Pignon-Ernest envisage de lancer un nouveau projet, à partir des Triomphes de Pétrarque, le grand poète humaniste qui vécut à Avignon, dont il souhaite raviver la mémoire sur les murs du Palais des Papes.

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Inauguration du musée de la Libération de Paris-musée du général Leclerc-musée Jean Moulin

Le 20 août 1944, le colonel Rol-Tanguy, chef des FFI en Île-de-France, installe son PC dans le sous-sol de l’ancienne barrière d’octroi, à Denfert-Rochereau. En 1938, le gouvernement y avait créé un abri de défense passive pour ses services, en cas d’attaque chimique. Depuis ce PC, Rol-Tanguy coordonne l’insurrection de Paris, qui prépare l’arrivée de la 2e DB du général Leclerc. Ce haut lieu de la mémoire parisienne, jusqu’ici invisible, devient enfin accessible au public grâce à l’ouverture du nouveau musée de la Libération de Paris–musée du Général-Leclerc–musée Jean-Moulin. Logé auparavant sur la dalle Montparnasse, il trouve ici une implantation naturelle. Mais tout n’a pas été simple, puisqu’il a fallu composer avec un lieu pour le moins… composite.

Entre 1785 et 1789, Claude-Nicolas Ledoux construit aux portes de la ville une série monumentale de barrières d’octroi, où était perçue la taxe sur les marchandises entrant dans Paris. À la barrière d’Enfer, se font ainsi face deux pavillons d’un néoclassicisme puissant, dont on retrouve aujourd’hui l’éclat, discrètement rehaussé par la frise en bas-relief de Jean-Guillaume Moitte. Au XIXe siècle, après la création d’une nouvelle enceinte, ils perdent leur fonction. Le pavillon ouest est alors investi par le laboratoire d’essai des matériaux de la ville de Paris, qui, bientôt à l’étroit, fait construire une annexe à l’arrière, puis divers bâtiments. La première tâche a consisté à faire le ménage dans cette agglomération de petits espaces, à retrouver des connexions spatiales pour envisager l’aménagement d’un musée. La restauration du pavillon, classé Monument historique, sous la direction de Christophe Batard, a aussi apporté son lot d’exigences. « L’architecte en chef a souhaité que la façade arrière reste visible, explique Sylvie Zaidman, directrice du musée. Une verrière a donc été placée entre le pavillon et l’annexe, donc cela nous empêche d’installer des collections dans ce volume, qui est devenu un espace d’introduction. De même, dans le vestibule, le volume originel devait rester intact et visible de la rue. Cette contrainte a amené une réponse scénographique spécifique, avec des panneaux et des écrans disposés à terre. Tout le projet s’est ainsi construit sur des ajustements permanents. » Comme Ledoux avait théorisé « l’architecture parlante », la scénographie, imaginée par l’agence Klapisch-Claisse, se veut, elle aussi, parlante. Tirant parti de la variété de volumes et de hauteurs, des couleurs, de la disposition du mobilier muséographique, elle se met au diapason des moments tragiques ou héroïques, de l’espoir ou de la désespérance, pour accompagner le visiteur.

Comme le suggère son nom, le musée nous raconte plusieurs histoires parallèles, intelligemment tissées dans le parcours, à travers des objets, documents photographies et archives audiovisuelles. Ces histoires, ce sont celles du général Philippe Leclerc de Hauteclocque, de Jean Moulin et de la Libération de Paris. De nombreux autres personnages, des femmes et des hommes ordinaires, un jour pris dans la tourmente, jalonnent le récit depuis la mobilisation jusqu’à la Libération. « À travers l’évocation de ces figures, nous voulons amener le public à s’interroger sur l’idée d’engagement, indique Sylvie Zaidman. Pourquoi, dans des circonstances exceptionnelles, certains s’engagent, d’autres pas ? Cela reste une question pour aujourd’hui. »

Si vous possédez dans vos greniers et tiroirs des témoignages de la Libération de Paris (photographies, cartes de rationnement, affiches d’époque, etc.), le 28 septembre prochain, une collecte aura lieu dans le musée.
Tout au long du week-end du 24 et 25 août se dérouleront de nombreux événements gratuits tels que l’inauguration d’une fresque de Street Art dans le XIIIe arrondissement, la projection du film La Traversée de Paris dans les salons de l’Hôtel de Ville ou encore l’exposition en plein air Août 1944 : La Libération de Paris en photographie. Retrouvez toute la programmation sur le site de la Ville de Paris.

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La Joconde en XXL à Blois

Cet été, un trompe-l’œil de La Joconde inonde les réseaux sociaux. À l’occasion des commémorations des « 500 ans Renaissance(s) », organisées par la Région Centre-Val de Loire, la Ville de Bois a recouvert les 124 marches et trois paliers de l’escalier Denis-Papin avec le portrait de Mona Lisa. Cet habillage, dont le collage des 210 m2 de bandes adhésives a pris cinq jours, donne l’impression que La Joconde émerge d’un mur dont les briques s’effondrent. L’effet d’optique de cette gigantesque anamorphose est l’œuvre d’Arnaud Dalaine, metteur en scène à la Maison de la magie Robert-Houdin Blois, et de l’artiste peintre amboisien et illustrateur en trompe-l’œil, Philippe Merlevède. À défaut de faire la queue pendant des heures pour voir l’original au Louvre, les amateurs de La Joconde peuvent la découvrir de façon originale en plein air.

Léonard de Vinci, La Joconde, Paris, musée du Louvre. Photo ©Ville de Blois / Nicolas Wietrich

Depuis 2013, Blois recouvre son escalier situé à proximité de son château royal lors d’événements comme « Les Rendez-vous de l’histoire » ou encore le festival « bd BOUM ». L’année précédente, c’est un Tourbillon magique qui a investi les lieux pour célébrer les 20 ans de la Maison de la magie Robert-Houdin. Ces collages permettent de promouvoir l’actualité artistique locale et renforcer le dynamisme culturel de Blois, afin d’encourager les visiteurs des châteaux de la Loire à faire une étape dans l’ancienne résidence royale.

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Francis Bacon dans l’ivresse du texte

Que l’on admire son œuvre ou qu’on la rejette, chacun a pu éprouver devant une toile de Francis Bacon la violence directe assénée au spectateur. L’immédiateté, l’intensité de l’expérience désignent à coup sûr un peintre d’instinct, qui dans un geste vital projette sur la toile ses tourments intérieurs. Homosexuel, joueur, drogué, alcoolique, Francis Bacon (1909-1992) fut d’abord un scandale par sa simple existence. N’est-il pas logique que ses figures aux chairs à vif, découpées sur un fond coloré d’une perfection sadique, reflètent les excès de sa vie, que ces formes déchiquetées soient le miroir de ses déchirements intérieurs ? L’exposition « Bacon en toutes lettres » du Centre Pompidou permet d’amender cette vision, révélant que l’œuvre s’est nourrie dès l’origine d’une véritable passion pour les grands auteurs. Sans remettre en question la puissance irrationnelle de l’instinct, elle révèle que la littérature et la poésie ont été l’un des moteurs, longtemps secret, de sa peinture. Peinture et littérature touchent « directement le système nerveux », comme il aimait à dire. Didier Ottinger, directeur adjoint du Musée national d’art moderne et commissaire de cette exposition, rappelle que l’histoire de l’art moderne, depuis Manet, s’est fondée sur le divorce supposé entre peinture et littérature. « Cette séparation devient un élément capital de toute la réflexion sur l’art moderne à partir du moment où Clement Greenberg, un des pères fondateurs du modernisme pictural, écrit dans un texte de 1940 devenu le catéchisme de plusieurs générations d’historiens de l’art […] qu’on peut qualifier un art de moderne dès l’instant où il n’entretient plus de rapports avec la littérature… »

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paru dans notre numéro de septembre 2019

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Ma langue au chat : D’où vient le nom des studios de la Victorine ?

Pour sa Biennale des Arts 2019, le musée Masséna évoque jusqu’au 30 septembre les relations entre la ville de Nice et le cinéma. L’occasion de rappeler que les studios de la Victorine fêtent leur centième anniversaire.

QUESTION

D’où vient le nom des studios de la Victorine ?


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RÉPONSE

Installés grâce à Serge Sandberg et Louis Nalpas en 1919 sur un terrain de sept hectares, les studios de la Victorine rappellent la Villa de la Victorine, propriété de campagne de Victor Masséna, duc de Rivoli et prince d’Essling, dont la nièce est prénommée Victoire. C’est l’architecte Édouard-Jean Niermans, l’auteur de l’hôtel Négresco sur la promenade des Anglais, qui aménagea les premiers studios.

Toutes les réponses figurent bien sûr dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Nice, cinémapolis
In Fine Éditions d’art, 136 pp., 22€
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition «  Nice, cinémapolis »
organisée du 17 mai au 30 septembre 2019 au musée Masséna, Nice

+ d’infos

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Édito Septembre 2019 : Mais ce n’est que le prix d’un lycée !

La Méca (Maison de l’économie créative et de la culture en Aquitaine), inaugurée le 29 juin, est un étrange vaisseau arrimé au bord de la Garonne, au ras d’une voie rapide, dans un quartier un peu déglingué. Un emplacement pourtant stratégique, à deux pas de la gare Saint-Jean. Dans cette arche ressemblant à celle de la Défense mais en plus petit, la région a réuni l’Alca (son Agence du livre, cinéma et audiovisuel), l’Oara (son Office artistique dédié au spectacle vivant avec son impressionnante salle de répétition) et le Frac (le Fonds régional d’art contemporain), qui occupe les trois derniers niveaux avec salles d’exposition, réserves, ateliers pour les enfants et pour les artistes. Les deux premières structures sont réservées aux professionnels et seul le Frac est censé attirer le grand public. Les expositions inaugurales (petites mais au nombre de quinze !) permettent de laisser la parole aux structures de la région (le titre global, « Il est une fois dans l’Ouest », le suggère).
La visite de la Méca laisse un étrange sentiment, difficile à expliquer. Il y a un grand décalage entre la taille et le luxe relatif des lieux (voulus par la Région Nouvelle Aquitaine, qui donne l’impression d’avoir voulu rouler des mécaniques) et ce que l’on y voit. Hormis une toile panoramique de Martial Raysse et un tableau géométrique de Peter Halley, beaucoup de petits formats flottent dans ces grands espaces et, dès qu’il s’agit d’installation, comme la sélection de meubles choisis par Anne Dressen, plus rien n’accroche l’œil, tout se dissout. Je vois bien, en écrivant ces mots, le danger à critiquer la mise à disposition de salles de grande qualité et de hautes dimensions pour des propositions expérimentales relevant d’un art pauvre, du collage, d’objets de récupération ou du clin d’œil potache, comme cet immense caniche en peluche noire du Club Superette (voir notre diaporama). Pourtant, il y a visiblement un hiatus. Lorsque j’ai expliqué ma gêne à mes accompagnateurs et que, précautionneusement, j’ai expliqué cette opposition entre la fragilité des œuvres exposées et la monumentalité du lieu, qui devait avoir un certain coût, on m’a répondu : « Mais ce n’est que le prix d’un lycée ! » Qu’à cela ne tienne, il s’agit tout de même de soixante millions d’euros ! Le bâtiment n’est ni en adéquation avec les œuvres de la collection, qui sont plutôt petites, ni avec cette première batterie d’expositions. La Méca n’est-elle donc faite que pour des pièces muséales XXL à fort impact visuel ? Espérons que le prochain accrochage, en novembre sur le thème des fleurs, nous fera changer d’avis.

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Le Street Artiste Obey fait le mur à Paris

Shepard Fairey, alias Obey, était à Paris au début de l’été pour son exposition rétrospective à la galerie Itinerrance intitulée « Facing the Giant : Three Decades of Dissent ». Le Street Artiste en a profité pour laisser une trace dans le paysage urbain du IVe arrondissement. Inaugurée au début de l’été, la fresque Knowledge + Action a été réalisée en 48 heures, place Stravinsky, sur le mur de l’Institut de recherche en acoustique musicale (Ircam), à côté du pochoir autoportrait Chuuuttt !!! de Jef Aérosol (2011). Avec sa composition et son style directement inspirés de l’Art Nouveau, cette centième œuvre de l’artiste évoque également l’église Saint-Merri attenante en intégrant un motif en frise directement emprunté aux balustrades de pierre qui animent la façade du monument. Deux phrases, aux accents de devises républicaines, viennent également enrichir la signification de cette allégorie : « The future is unwritten » (« le futur n’est pas écrit ») et « Knowledge + Action = Power » (« le savoir et l’action font le pouvoir »). L’artiste a expliqué ces mots sur Instagram : « L’apathie et l’ignorance promeuvent un déclin du civisme, donnant de l’ampleur aux forces qui promeuvent la peur, la division et le nationalisme. Nous devons toutes et tous comprendre l’importance de nous éduquer et d’agir pour le futur ».
Obey vit et travaille à Los Angeles. Il est connu pour avoir fait le portrait Hope lors de la première campagne présidentielle de Barack Obama en 2008. En France, son œuvre la plus populaire est sa Marianne offerte à Emmanuel Macron après les attentats du Bataclan et que les Français ont pu découvrir dans le bureau présidentiel lors des traditionnels vœux le 31 décembre 2018. Son travail est exposé dans de nombreux musées internationaux, comme le Museum of Modern Art de San Francisco, l’Institute of Contemporary Art de Boston ou encore le Victoria & Albert Museum de Londres.

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Stephan Balkenhol bouscule Perret au Havre

« Dans l’espoir de révéler l’architecture Perret, nous sommes partis à la recherche d’artistes capables de troubler son bon ordonnancement, d’introduire un brin de dérision », explique Jean Blaise, directeur artistique d’« Un été au Havre ». Opération réussie avec les œuvres en céramique du sculpteur allemand Stephan Balkenhol (né en 1957), installées, de façon insolite, dans l’encadrement de certaines fenêtres des immeubles de la rue de Paris. L’artiste est également à l’honneur au Centre régional d’art contemporain Le Portique, pour une exposition de ses sculptures en bois, et à la bibliothèque Oscar Niemeyer, où sont rassemblées quelques-unes de ses plus belles pièces en bronze.

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Ma langue au chat : Quand a été tourné le premier film à Nice ?

Pour sa Biennale des Arts 2019, le musée Masséna évoque jusqu’au 30 septembre les relations entre la ville de Nice et le cinéma. L’occasion de rappeler que les studios de la Victorine fêtent leur centième anniversaire.

QUESTION

Quand a été tourné le premier film à Nice ?


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RÉPONSE

En 1896, les frères Lumière y tournent leur premier film (des vues du Carnaval) et, la même année, la première projection publique a lieu dans la salle de L’Eldorado, rue Garnier (actuelle rue de la Liberté). L’exposition du musée Masséna célèbre donc les 123 ans du cinéma dans la capitale de la Côte d’Azur.

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Nice, cinémapolis
In Fine Éditions d’art, 136 pp., 22€
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition «  Nice, cinémapolis »
organisée du 17 mai au 30 septembre 2019 au musée Masséna, Nice

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L’été sera féminin #10 : Le miroir intérieur d’Helen Schjerfbeck

Pour les artistes finlandais au XIXe siècle, le temps de la formation est d’abord celui du voyage. Helen Schjerfbeck (1862-1946) voyage ainsi en Angleterre, en Italie et, bien sûr, en France, de Paris à Pont-Aven. C’est dans ce célèbre village breton qu’elle peint un intérieur d’église désert, La Porte (1884), une de ses premières toiles, qui donne le ton d’une œuvre placée sous le signe du dépouillement et de l’ascèse. Si elle rapporte de ses périples à l’étranger une majorité de paysages, Schjerfbeck exprime son art de la façon la plus originale dans la figure. Son œuvre est ainsi peuplée de femmes silencieuses, aux yeux clos, plongées dans un monde intérieur insondable. Mais cet univers mutique est dominé par son propre visage. Au long de sa carrière, l’artiste a peint une extraordinaire série d’autoportraits, où elle scrute sans complaisance les progrès de l’âge, en même temps qu’elle exprime une fierté mêlée d’inquiétude.

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Regards sur l’art modeste à Sète

Le Musée international des arts modestes (Miam) interpelle trois artistes sur leur vision de l’art modeste, qui valorise « ce qui est oublié, marginal, occulté, périphérique de la création » (Hervé Di Rosa) et invite à considérer attentivement certains objets inclassables et à en déceler les inventions formelles. Bernard Belluc, cofondateur du Miam, revient sur son adolescence en conviant le visiteur dans son univers cinématographique et musical. À coup de puzzles et de rébus, Gérard Collin-Thiébaut construit son musée imaginaire, entre culture savante et culture populaire. Quant à Delphine Coindet, elle poursuit la remise en question de son œuvre protéiforme en assurant la scénographie de l’exposition.

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La National Gallery révèle un dessin dissimulé sous La Vierge aux rochers de Léonard de Vinci

Encore aujourd’hui, l’œuvre de Léonard de Vinci fourmille de secrets. Depuis la découverte d’une pose différente de Marie dans La Vierge aux rochers en 2004, les experts de la National Gallery à Londres ont analysé en profondeur l’œuvre phare de l’institution. Cette huile sur panneau peinte entre 1483 et 1508 représente Marie, saint Jean-Baptiste, l’enfant Jésus et un ange. Les dernières études ont démontré que la disposition de l’ange dans la composition initiale du tableau varie également de la version qui est parvenue jusqu’à nous. Les raisons de l’abandon de cette première composition restent pour le moment mystérieuses. Cette découverte de l’esquisse dissimulée sous le tableau a été réalisée grâce à l’emploi de matériaux contenant du zinc, détectable avec la technique de fluorescence à rayons X. Les nouvelles analyses ont aussi permis de repérer des empreintes de mains, déposées lors d’une couche préparatoire sur le tableau. D’après la National Gallery, les mains utilisées peuvent être celles d’un assistant tout comme celles de Léonard de Vinci, lui-même.

Pour commémorer les 500 ans passés depuis la mort de Léonard de Vinci, la National Gallery consacrera sa prochaine exposition « Leonardo : Experience a Masterpiece » au chef-d’œuvre du peintre florentin. Cette exposition reviendra sur le processus créatif de Léonard de Vinci dans une visite immersive et sensorielle autour de La Vierge aux rochers, à travers quatre espaces recréés, comme un atelier de peintre et une chapelle. Créée par 59 Productions, l’entreprise à l’origine de la vidéo des Jeux Olympiques de Londres en 2012, l’expérience permettra d’observer l’œuvre du génie italien comme on ne l’a jamais vue.

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César en dialogue à Montélimar

L’œuvre graphique de César est rarement montré. Dans son travail à la mine de plomb, ses arrachages, ses accumulations, les mélanges de techniques, l’expérimentation et la confrontation avec les matériaux demeurent des composantes essentielles de sa création. Cette exposition autour de la collection de Jean Ferrero aborde ces expériences et met dessins et sculptures en miroir. Parallèlement, le sculpteur Dominique Angel fait dialoguer ses dessins avec ceux de César dans les espaces du musée tandis qu’au château médiéval des Adhémar, les artistes Thibault Franc et Frédérique Nalbandian confrontent leurs œuvres à celles de leur aîné.

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Au cinéma avec le jeune Gerhard Richter

Rien que pour la première scène, le film de Florian Henckel von Donnersmarck sorti le 17 juillet mérite la séance. En 1937, à Dresde, le jeune héros (Tom Schilling) et sa tante Elizabeth visitent l’exposition des œuvres qualifiées par les Nazis d’art dégénéré. Il observe les œuvres de Kandinsky, Dix, Marc et Klee tout en écoutant les commentaires partisans énoncés par un guide qui récite le crédo du National Socialisme. L’enfant restera marqué par la liberté de ces artistes interdits, qui osent exprimer leur part de subjectivité. On voit celui qui n’est autre que le jeune Gerhard Richter, même si son nom a été transformé en Kurt Barnert, grandir dans cette Allemagne en guerre, bombardée, puis sous domination russe. Il se plie au joug du Réalisme socialiste des Soviétiques, étudie aux Beaux-Arts et peint fresques et tableaux peuplés de faucilles et de marteaux. Puis, sa stoïque histoire d’amour avec la fille d’un gynécologue SS, qui a envoyé la tante de Kurt dans un camp d’extermination, nous emporte jusqu’à la fin de la première partie. Impossible d’en rester là. On veut en savoir davantage. La deuxième partie nous fait passer (trop facilement) de l’autre côté du mur, de l’Allemagne de l’Est communiste à l’Allemagne de l’Ouest riche et joyeuse. Plutôt que de peindre des portraits pour une clientèle aisée de Munich ou de Hambourg, le héros et sa compagne créatrice de mode s’installent à Düsseldorf. Deuxième moment fort du film pour l’évocation de l’art de cette deuxième moitié du XXe siècle : la visite de l’Académie de Düsseldorf, dont l’un des professeurs est l’artiste performeur Joseph Beuys. Même si cette scène est caricaturale par moments, elle permet aux spectateurs néophytes de saisir la rupture que connaît la création en ces années 1960, l’importance donnée à l’originalité, la vague du happening et de la performance, la montée du marché de l’art. Le jeune Richter cherche son chemin, butte devant ses toiles blanches, copie les différents artistes du moment sans trouver sa voie. Puis, un peu par hasard, il se saisit d’une photographie publiée dans un journal et s’en sert comme source pour sa peinture très réaliste qu’il essuie et racle au point de la transformer en un flou surprenant. La romance revient ensuite pour rappeler que nous ne sommes pas dans un bio-pic fidèle mais dans l’évocation de la naissance d’un peintre. Si l’on oublie son côté académique genre série télé, on passe un excellent moment à regarder ce film dont l’une des trames est l’art contemporain en train de naître. Un cas assez rare pour le signaler et se demander pourquoi les scénaristes et les réalisateurs n’utilisent pas davantage les carrières incroyables des artistes français.

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Ma langue au chat : D’où lui vient le surnom de « Monna Vanna » ?

Jusqu’au 6 octobre, le musée Condé de Chantilly se penche sur l’une de ses œuvres les plus mystérieuses : un dessin représentant la Joconde nue, issu de l’atelier de Léonard de Vinci. Voici six devinettes autour de cette belle dénudée.

QUESTION

D’où lui vient le surnom de « Monna Vanna » ?


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RÉPONSE

Ce portrait de femme nue prend le surnom de « Monna Vanna » en 1939, dans un ouvrage sur Léonard de Vinci. Il a été sans doute imaginé comme un pendant du « Mona Lisa » de la Joconde, « vana » voulant dire « vaine » en italien. « Madame vaine » pourrait être une allusion à la vanité et à la fierté de se montrer nue. Il fait également référence à Monna Vanna, la compagne de Béatrice de Dante.

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La Joconde nue
In Fine Éditions d’art, 224 pp., 29€
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition « La Joconde nue »
organisée du 1er juin au 6 octobre 2019
au musée Condé, Domaine de Chantilly, dans la salle du Jeu de Paume de Chantilly.

+ d’infos

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