Actualité artistique

Métiers d’art : Luxe, l’apprentissage d’un savoir-faire

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L’Institut des métiers d’excellence LVMH (IME) n’est pas un lieu physique, mais un programme de formations professionnelles en alternance dans les métiers de l’artisanat, de la création et de la vente, mis en œuvre depuis 2014. Rayonnant dans trois pays (France, Suisse, Italie), il est le fruit d’un partenariat entre quinze écoles renommées dans leur discipline (mode, maroquinerie, souliers, bijouterie et joaillerie, horlogerie, design…) et trente-deux maisons partenaires du groupe LVMH : Chaumet, Guerlain, Louis Vuitton, Bvlgari, Berluti, Christian Dior, Givenchy… « L’Institut des métiers d’excellence LVMH met l’accent sur le rôle clé des maîtres et des tuteurs dans la transmission de leur savoir-faire et de leur expérience », souligne Chantal Gaemperle, directrice ressources humaines et synergies au sein du groupe LVMH. Depuis son lancement, cinq cents jeunes en ont bénéficié, du CAP jusqu’au Master 2, sélectionnés à la fois sur des critères académiques par les écoles et des critères d’expertise « métiers », élaborés par les maisons du groupe de luxe.

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Olivier Raidt ose la couleur

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Ce parti-pris de la couleur est inscrit dans les gènes de Perzel car, dès la période Art Déco, l’ivoire et le blanc cassé rivalisaient avec l’argent et, dans les années 1950, le bleu turquoise se mariait avec l’or mat ou brillant. Pour cette nouvelle gamme contemporaine, le jaune, le magenta ou le violet sont posés au pistolet dans les ateliers bientôt centenaires du XIVe arrondissement parisien. Neuf couleurs viennent donner un coup de fouet aux grands classiques que sont les plafonniers et les appliques dont les Américains raffolent, les lampes de salon ou de bureau que préfèrent les Français. « Notre clientèle vient dans notre show-room souvent par parrainage, un membre de la famille ou un ami conseillant un client. Les décorateurs mettent également Perzel dans leurs recommandations (40 % de la clientèle internationale est américaine) pour des appartements, des bateaux ou des avions privés. » Sans oublier les grands hôtels comme le Ritz à Paris ou le Dorchester à Londres et la restauration de créations anciennes car, comme toute bonne maison qui se respecte, Perzel maintient sur place ses savoir-faire traditionnels et assure la maintenance de ses réalisations de grande qualité.

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L’Égypte fait tapisserie à Rouen

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Les beautés promises n’appartiennent pas à l’Égypte des pharaons mais à celle des premiers siècles du christianisme, sous l’occupation romaine puis byzantine. Elles ne sont pas en granit mais tissées en laine et lin. Si l’Égypte a conservé le plus grand nombre des textiles antiques qui nous sont parvenus, c’est bien sûr grâce à son climat aride, favorable à leur conservation. Mais c’est aussi grâce aux nouveaux rites funéraires introduits au IIIe siècle. Ceux-ci permettaient au défunt d’être inhumé dans ses vêtements, avec deux coussins et un drap funéraire. Imposant à l’artiste de renoncer à tout modelé, la technique de la tapisserie confère aux œuvres une vivacité dans le trait et l’emploi des couleurs qui a traversé les siècles. Rarement exposée, la collection rouennaise provient en majeure partie de Gaston Lebreton, conservateur du musée de la Céramique. Voyageant à Akhmîn en 1889, il avait réuni ces tissus pour servir d’inspiration aux artisans et aux industriels de la région. Il lui avait fallu dépouiller pas moins de seize momies… Un envoi de l’État de tissus provenant des sépultures découvertes lors des fouilles d’Arsinoë compléta ce magnifique ensemble, à l’initiative d’Émile Guimet, lui-même donateur de plusieurs pièces. Outre ces précieux fragments, l’exposition présente des costumes complets, reconstitués en 2013 par l’Opéra de Lyon.

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Jean-Marie Krauth, lauréat du Prix Bob Calle 2019

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Enseignant à l’École supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg, Jean-Marie Krauth devient directeur de l’institution en 1988. Portant sur la mémoire des lieux, ses créations (sculptures, installations, cartels, livres, néons, etc.) sont régulièrement exposées, aussi bien au Mamco de Genève (1999), qu’au musée d’Art moderne de la Ville de Paris (en 1984 et 1988), et aux Abattoirs à Toulouse (2013). Depuis une quinzaine d’années, il réalise principalement des livres d’art, inspirés de rencontres lors de ses voyages. Paru en 2018 aux éditions Ju Young Kim, 0…103 fait suite à un projet initié en 2013, qui consistait à créer un calendrier, envoyé quotidiennement par mail à ses contacts, à partir de couvertures de romans policiers contenant des dates. En 2018, Jean-Marie Krauth décide de développer le projet plus en profondeur en concevant « un livre de couvertures de romans policiers dont les titres constituent à la fois le contenu et la pagination ». Lauréat du prix Bob Calle, il a reçu une dotation de 5000 euros. Le prix spécial du jury a été attribué à Jef Geys, artiste flamand qui a representé la Belgique à la 53e Biennale de Venise en 2009, pour son livre 234 aux éditions CNEAI Keymouse.

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L’œuvre du mois : Le Bassin d’Henri Martin

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Évidemment, peut-on dire… après. Car les enchères ont été montées alors par un certain Gérard Lhéritier, qui porte beau et se fait connaître dans le milieu de l’art par ses achats de manuscrits et autres autographes à des prix exorbitants, faussant la sagesse traditionnelle de ce milieu feutré. Il est aussi célèbre pour avoir gagné 169 M€ au Loto® en 2012, une somme qui lui permet de mettre un peu d’ordre dans ses affaires mais alerte la justice. Bizarrement Lhéritier, qui ne regarde que le papier, s’est intéressé à ce tableau à Rennes. L’œuvre est donc tombée dans l’escarcelle d’Aristophil, la société d’investissement en lettres et manuscrits fondée par Lhéritier, saisie depuis par la justice et dont les cent trente mille œuvres sont remises aujourd’hui aux enchères à Paris, notamment par Maître Claude Aguttes, très investi dans ce dossier. « Quatorze ventes ont déjà été réalisées, il en reste cent vingt, soit encore au moins six ans de travail… », précise le commissaire-priseur. Quant à ce Bassin, il avait été redécouvert en 2012 avec quarante et une autres œuvres dans un appartement breton où elles reposaient depuis des décennies. Jamais exposées, les toiles avaient été entreposées là par Paul Riff, un magistrat décédé en 1929. « Il s’agit d’un très beau tableau, plein de charme avec cette ravissante petite fille », se réjouit Claude Aguttes. Déjà en 2017, Aguttes a vendu à 420 750 € une autre version du sujet, centrée sur la fillette. Le Bassin présenté actuellement s’ouvre sur la nature et la lumière. Car Henri Martin recherchait avant tout cette lumière baignant les paysages du Sud.

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Yann Fabès nommé directeur de l’Atelier de Sèvres

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Titulaire d’un diplôme national supérieur d’expression plastique, Yann Fabès a entamé une carrière dans le professorat en parallèle de ses activités d’artiste plasticien. Ses créations, entre photographie et sérigraphie, ont été exposées aussi bien en France qu’en Europe. Il a commencé à enseigner l’histoire de l’art en 1996 à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne, avant de devenir directeur de l’École supérieure d’Art et de Design de Saint-Etienne en 2011 et directeur de l’École nationale supérieure de création industrielle (ENSCI – Les Ateliers) en 2016. À la tête de l’Atelier de Sèvres depuis le lundi 4 mars, il compte développer l’école pour en faire « un lieu de formation supérieure d’excellence » d’envergure internationale. Pour Yann Fabès, la prépa « est une période charnière extrêmement importante. On accueille les individus et on les emmène quelque part ». Selon lui, l’Atelier de Sèvres a pour mission de « participer à la réflexion générale sur les enjeux de l’enseignement artistique, définir son rôle social, le lien qu’elle entretient avec les autres champs de la connaissance et identifier ses spécificités d’école française dans la diversité internationale ». 

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Des Flamands de retour à Naples

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Ironie d’un sort presque miraculeux, vient sur les cimaises du somptueux palais napolitain  Zevallos Stigliano de la via Toledo dont on l’avait chassée après dispersion, la collection de tableaux de Rubens, Van Dyck et Ribera entre autres, merveilleux ensemble ayant appartenu d’abord à la famille Vandeneyden puis aux princes Colonna di Stigliano. Une aubaine que de voir enfin pour la première fois réunis ces chefs-d’œuvre du XVIIe siècle italien et flamand dont le Banquet d’Hérode de Rubens aujourd’hui à Édimbourg. Bel exemple des rapports artistiques intenses régnant alors entre le Nord et le Sud de l’Europe.

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Métiers d’art : Aubusson, l’art au tapis

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« Il nous manquait une tenture grand public. » C’est ainsi qu’Emmanuel Gérard, directeur de la Cité de la tapisserie d’Aubusson, évoque la genèse de la vaste opération séduction baptisée « Aubusson tisse Tolkien », lancée en janvier 2017. J. R. R… Dire ce que ces trois initiales rassemble est un doux euphémisme : auteur du best-seller Le Hobbit (1937) et de la trilogie culte Le Seigneur des anneaux (1954) portée à l’écran façon blockbuster par le cinéaste néo-zélandais Peter Jackson, John Ronald Reuel Tolkien (1892-1973) jouit d’une solide fanbase. « Si on parle de ses livres, cela représente une communauté de 25 à 35 millions de personnes. Si on pense aux films, on arrive à près de 300 millions à travers le monde », estime Emmanuel Gérard. Succès assuré donc pour ce projet sans précédent qui catapulte le savoir-faire creusois, labellisé Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco en 2009, dans l’univers « fantasy poésie » de la Terre du milieu. Hasard ou coïncidence, l’histoire a tout d’une saga…

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Van Wittel aux sources de la veduta

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Recherchées par les amateurs européens du Grand Tour, les vues urbaines, vedute en italien, ont contribué à façonner l’image de l’Italie aux XVIIe et XVIIIe siècles. Paradoxalement, ce genre est une invention venue des Pays-Bas, introduite par Caspar Van Wittel (1652-1736), qui arrive dans la péninsule en 1674. Rebaptisé Vanvitelli, il multiplie les vues de Rome et des grandes cités italiennes, et annonce l’art de Canaletto. Amersfoort, sa cité natale, rend un juste hommage à ce peintre épris de topographie, méconnu en son propre pays.

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Florian Gaité récompensé par le Prix AICA 2019

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Sous la présidence de Laure Adler, le prix de la critique d’art a été décerné à Florian Gaité par la section française de l’AICA. Sa présentation du travail d’Ariane Loze, conforme au format « Pecha Kucha » (format qui lie une présentation orale à la projection de 20 diapositives) a convaincu le jury. Florian Gaité est chercheur en philosophie, critique d’art et ponctuellement curateur. Docteur en philosophie, il travaille aussi bien dans le domaine des arts vivants, que pour la presse écrite (The Art Newspaper, Art press…) et la radio (France Culture / La Dispute). Il succède à Numa Hambursin, récompensé en 2018 pour sa présentation de l’œuvre de Marlène Mocquet. Le prix spécial du jury est revenu à Sonia Recasens pour sa présentation du travail de Valérie Jung.

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Drawing Now, toujours en mouvement au Carreau du Temple

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Avec soixante-douze galeries dont près de la moitié vient de l’étranger (quinze pays sont représentés, de l’Allemagne à la Colombie) et dont 23 % sont de nouveaux participants cette année, Drawing Now présente une fois encore un attrait immédiat pour les collectionneurs, avec des œuvres réalisées ces cinquante dernières années, à acquérir dans une fourchette de prix débutant sous la barre des 3000 €. À noter pour cette treizième édition, le parcours Master Now, orchestré par le critique d’art Philippe Piguet au fil des galeries, qui permet de repérer d’un coup d’œil les œuvres les plus importantes pour l’histoire de l’art. Autre innovation : sur une idée de la nouvelle directrice artistique du salon, Joana P. R. Neves, des performances « live » d’artistes sont au menu (entre autres par Camille Bondon et Michail Michailov, ou encore Diogo Pimentão, invité par la Fondation Gulbenkian), au cœur du salon mais aussi hors les murs, avec une intervention de Mircea Cantor au musée de la Chasse et de la Nature.

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Constellations de papier à la galerie Jeanne Bucher Jaeger

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Joan Miro, Il était une petite pie, 1928 ©Jeanne Bucher Jaeger, Paris

Tout un monde de papier, cette fois en écho au mois du dessin, qui révèle autant de formes douces et harmonieuses riches de symboles… Une citation de Platon (Timée, 33b) introduit le propos et évoque le choix de « Celui qui constitua le monde » de lui donner la figure d’une sphère, « dont le centre est équidistant de tous les points de la périphérie, une figure circulaire, figure qui entre toutes est la plus parfaite… ». Ainsi le cosmos fut composé de constellations, d’étoiles et de planètes. Le cercle tautologique de l’infini, de l’éternité, de l’absolu ou du sacré, celui des artistes-poètes promet ici une visite de plénitude et de sérénité. Un léger tournis vous prendrait sur le seuil d’où vous appellent toutes ces rotondités ! Quelques très grands formats, tels des points cardinaux scandent l’espace construit, de planète en planète, comme un univers nouveau. Pour amorcer notre découverte, suivons Fernand Léger et sa Composition avec figures de 1919 qui semblerait illustrer l’affirmation de l’artiste selon laquelle « la vie est un circuit », ici circulaire et mécanique… La ronde joyeuse se poursuit avec Le Système de monnaie solaire (1925) de Max Ernst, dont le titre se joue des mots pour nous révéler une constellation imaginaire obtenue par frottages à la mine de plomb : cette déconcertante simplicité technique opère comme par magie et libère des astres mouvants, plus ou moins lointains, selon leur densité chromatique. La présence attendue de Miró dans cet ensemble poétique chante les rouges, les jaunes et les bleus en quatre gouaches originales d’après lesquelles Jeanne Bucher fit réaliser l’édition du premier livre illustré de l’artiste Il était une petite pie en 1928. « Quand je peins, je bondis toujours entre terre et ciel », confiait Miró, sans doute pour mieux nous entraîner dans l’allégresse d’un rêve qui échappe à toute contingence du réel et marque l’élan vers cet ailleurs céleste. D’Hans Reichel, que Jeanne Bucher représenta dès 1930, nous découvrons deux délicates aquarelles (1938 et 1939) qui transfigurent la nature en figures géométriques simples, où prédomine l’envoûtement d’un cercle toujours ascendant, qui nous entraîne avec lui vers cet ailleurs idéal.

Vue de l’exposition « ATMO(SPHÈRES) » à la galerie Jeanne Bucher Jaeger ©Grégory Copitet

Il y a aussi cet extraordinaire et fort rare collage de Mark Tobey, où le regard se noie dans un enchevêtrement abstrait propice à une douce méditation. Plus près de nous, Hanns Schimansky libère ses signes fulgurants et nécessaires, telle une partition où les rondes tentent de prolonger la sonorité de cet insaisissable qui le hante. Moins allusifs, Kunihiko Moriguchi (considéré Trésor national au Japon) et Yamamoto Wakako prennent le cercle de front pour en réinterpréter la géométrie selon une réflexion mathématique, et toujours poétique, puisque le premier magnifie la figure en utilisant une technique de peinture traditionnellement utilisée pour la soie, et la seconde la revêt de symboles cosmiques, notamment dans la série des Étoiles. Toujours venue d’Orient, de la mythique Fatehpur Sikri1, Zarina manipule la fragilité du papier, qu’il soit chinois, népalais ou européen, pour l’enluminer d’or ou d’étain, selon l’implication cosmique de ses dessins, qui, les uns, en appellent à la lumière divine tandis que les autres figurent plus simplement les chatoiements argentés d’une lune toute ennuagée… Zarina semble nous bercer là aux contes orientaux des nuits qui ne finissent pas… L’impressionnante pièce d’Ohad Tsfati, aux consonances sans doute plus telluriques, restitue dans une écorce-papier toutes les nuances rousses et brunes des terres qui composent notre planète à laquelle, vue de la lune peut-être, il rend comme un hommage. Il y a aussi les cercles magiques de Marinette Cueco, qui magnifie le moindre petit brin d’herbe pour composer ses formes entrelacées de joncs et de pailles. Ces humbles matériaux, ces gestes ancestraux repris de traditions tribales, disent son récit cosmogonique quand, dans la forme d’absolu choisie, ronde, l’artiste projette son univers intime. Monumentale, la pièce de Rui Moreira est un étourdissement ! Les milliers de cercles et de croix minutieusement imbriqués nous invitent à une véritable danse cosmique ; notre corps, comme englouti au centre de cette énergie première, épouse la moindre vibration de ce paysage organique inspiré à l’artiste par ses propres expérimentations sensorielles glanées au cours de voyages, de rituels ou de méditations. À plus d’un titre, cette exposition nous fait perdre pied : nous avons pu entrer dans le sillage de derviches tourneurs, tourner autour des étoiles, rattraper la fuite d’une constellation qui s’effiloche, découvrir des planètes ou des paysages imaginaires… Grâce à des artistes venus de tous continents, pour nous livrer l’universalité de leur vision d’un monde vibrant, lumineux, dont la céleste beauté touche au vertige.

1 – Capitale impériale de l’Empire moghol de 1571 à 1584.

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Visite d’atelier : Thomas Houseago, le géant

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C’est un quartier improbable dans la ville la plus improbable qui soit. Los Angeles, dont on cherche en vain le centre, refuge de tous ceux ayant tourné le dos à la vieille Europe, ses brouillards et ses débats infertiles. Artistes de tous les horizons, si vous ne parvenez pas ici à donner forme à ce qui vous hante, changez de métier, vous n’y arriverez nulle part. Et dans cette ville dévalant la sierra pour tomber dans le Pacifique, cette zone-ci ne ressemble à rien. Les anciens marais ont laissé leur nom, « Frogtown », à des suites de pavillons, de terrains vagues et de chantiers. Si ce n’était l’air de l’océan, tout en bas là-bas, et les nuages cuivrés, chargés d’iode, qui s’effilochent vers les sommets enneigés, on pourrait se croire dans une banlieue d’Arizona, version eucalyptus, palmiers et serpents à sonnette. Justement, les serpents. Thomas Houseago, sculpteur thaumaturge, a un jour surpris sa fille, fascinée, en train d’esquisser dans leur jardin une danse devant ces importuns peu fréquentables. Il s’en est inspiré pour une sculpture chaloupée en aluminium, Rattlesnake Figure (2011), sorte de joyeux totem syncopé, aujourd’hui dans une collection particulière, à Paris.

L’anecdote, comme beaucoup d’événements de sa vie, est loin d’être insignifiante. Dans l’œuvre qu’elle a engendrée s’inscrivent tous les éléments, tantôt racontés, tantôt suggérés, tantôt devinés, du travail époustouflant de ce Britannique naturalisé américain, né en 1972. La nature, l’enfance, le mouvement, le corps outil du tactile, le corps sujet ou prétexte de la « performance ». Ne manque que la musique de ce dangereux ballet, et encore. On la devine. Cette musique qui accompagne l’artiste continuellement dans son travail, à travers tous les espaces du vaste bâtiment devenu atelier. Le jour où nous lui rendons visite, manque de chance, le réseau Wifi ne répond plus. Il faut donc imaginer tout au long du périple, les voix des Beatles, de Bowie, Dylan, voire Charles Trenet. Elles ne nous manqueront pas, tant le discours de l’artiste mobilise graduellement mais complètement l’attention. Muna El Fituri, sa femme, talentueuse photographe, avait prévenu : « L’atelier de Thomas est une immersion dans son univers mental et psychologique. Pour comprendre sa pensée, il faut voir où il travaille ».

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Métiers d’art : Patrick Roger, maître chocolatier et bien plus encore

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« Rodin travaillait la terre, moi c’est le chocolat », lance Patrick Roger. En effet. Dans cette matière brute, il a trouvé le plus étonnant des moyens d’expression. Il ne se contente pas de la sculpter. Tel un alchimiste, il la transforme en bronze ou en aluminium. Drôle d’idée, sans aucun doute. D’autant que rien ne le prédestinait à de telles extravagances. Il a grandi au Poislay, un village perdu dans le Perche, où ses parents tenaient une boulangerie. Sa jeunesse, marquée par l’échec scolaire, il la passe éloigné de toute culture, mais au plus près de la nature, « ce qui m’a donné l’esprit de liberté », se réjouit-il rétrospectivement. Il ne découvre Paris qu’à l’âge de 18 ans, lors d’un apprentissage de pâtissier chez Pierre Mauduit. Il s’ennuie, jusqu’à ce que ce dernier l’envoie au poste de chocolatier. Une révélation… « J’ai immédiatement compris que je construirai quelque chose avec cette matière », se rappelle-t-il. De galères en petits boulots, il ouvre en 1998 une modeste boutique. Amorce de la reconnaissance. Deux ans plus tard, il remporte le titre de Meilleur Ouvrier de France, grâce à Harold, prouesse cacaotée à l’effigie d’un paysan colombien. À présent, l’hyperactif quinquagénaire possède neuf enseignes, essentiellement parisiennes, dont la dernière implantée en mars 2018 dans le quartier du Marais. Mais c’est à Sceaux (Hauts-de-Seine), dans un atelier ultra moderne, qu’il produit chaque année, entouré d’une trentaine de salariés, plus de cent tonnes de tablettes et miniatures pralinées. Là où il s’adonne aussi à sa seconde activité, à partir de 18h30, lorsque tout le monde est parti.
Comment s’est-il hissé à ce niveau ? « Je n’avais aucun plan de carrière, et jusqu’à 24 ans, je n’avais jamais mis les pieds dans un musée », se souvient l’autodidacte. Non, il s’en est remis à son instinct, ne comptant que sur sa force de travail. Saisissant la moindre occasion de faire jaillir des formes, il s’est confronté aux formats les plus audacieux. Et il a exposé ses surprenantes créations au sein de ses boutiques. Ses sources d’inspiration, il les a puisées dans ses voyages, en Afrique ou en Amérique du Sud. Car son respect originel du terroir s’est mué en défense de l’environnement et des animaux. D’où ses représentations d’orang-outan ou d’hippopotame, grandeur nature. À travers le chocolat, il laisse également transparaître ses admirations, croquant, à sa façon, Gérard Depardieu, Teddy Riner ou Michael Jackson. Touche-à-tout, il expérimente même l’abstraction. Des sculptures dont les arabesques souvent défient les lois de l’équilibre.

Du chocolat au bronze

Le processus d’élaboration lui, ne varie pas. D’abord il jette un croquis sur le papier, « au début, à l’arrière d’une facture ou d’un bon de commande », sourit-il. Maintenant, il possède des carnets numérotés. Ensuite vient le modelage d’énormes blocs de chocolat, sortis de l’atelier. Muni de couteaux de cuisine, il incise ou gratte, creuse des sillons, joue des effets de surface et de relief. Il peut aussi verser du chocolat liquide, qu’il arrose d’un spray réfrigérant afin de souder la matière, si malléable et fragile à la fois. Pour célébrer la réouverture du musée Rodin, à Paris, en 2015, il a ainsi réinterprété le Balzac du maître de Meudon. Durant deux mois, la statue, encore plus imposante que l’original, avait trôné du haut de ses 3,87 mètres, dans le hall de l’hôtel Biron…
Sans doute aurait-il simplement poursuivi sa carrière de maître chocolatier, si une cliente ne l’avait, il y a une vingtaine d’années, emmené à la Fonderie de Coubertin, à Saint-Rémy-lès-Chevreuse. C’est alors qu’il commence à acheter de l’art, « une, puis deux petites sculptures. À la troisième, j’ai pensé que je pourrais moi aussi pérenniser mon travail ». Harold fut la première pièce transposée en bronze, par la Fonderie Susse de Malakoff. Aujourd’hui, Patrick Roger moule parfois lui-même ses œuvres sur place. La suite dépend des matériaux et techniques envisagés. « Pour l’aluminium, explique-t-il, je m’adresse à la Fonderie Fusions en Auvergne, pour le fer ou l’argent, à Bocquel, en Normandie, le fondeur de César. Lorsqu’il s’agit de petits formats, à Coubertin, et pour les grands, à Strassacker, en Allemagne. » Récemment, son Balzac s’est métamorphosé en un bronze de deux tonnes. Insatiable, il continue ses explorations. Son Homme qui voyage a été décliné en vitrail, par les Ateliers Simon Marq de Reims, et en tapisserie, signée de la Manufacture d’Aubusson Robert Four, à Limoges.
Au total, Patrick Roger a réalisé quelque deux cent cinquante œuvres, et même davantage, certaines étant composées de plusieurs éléments, à l’instar de son Bolero qui ne compte pas moins de trente-neuf figures. Si quelques-unes sont installées dans l’atelier de Sceaux, la plupart sont stockées dans des entrepôts. De temps à autre, il les expose. En 2017, il a été invité chez Christie’s, avenue Matignon, à Paris, et à la foire de Bâle. L’année dernière, le château de Bois-Guilbert en Normandie, l’a accueilli ainsi qu’une galerie au Japon. Son objectif dorénavant est de mieux faire connaître son travail d’artiste. « Je rêve du Centre Pompidou ou de la Fondation Vuitton. » Le maître chocolatier, décidément, ne manque pas d’ambition.

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[Flash Expo] Vasarely et le partage des formes au Centre Pompidou

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Arnauld Pierre, spécialiste de l’art optique et de l’art cinétique, co-commissaire de l’exposition « Vasarely. Le partage des formes » présente le parcours de cette présentation qui retrace la carrière du père de l’Op Art et met en lumière sa pensée esthétique.

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Découverte dans la chambre londonienne de Van Gogh

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En 2012, la maison du 87 Hackford Road a été achetée aux enchères, à hauteur de 565 000 livres, par Jian Wang et Alice Childs. Prévoyant de transformer la maison en un lieu de visites guidées, d’expositions et une résidence pour artistes, le couple a entamé des travaux de restauration. Ils ont alors découvert, sous les lames du plancher de la chambre, une liasse de documents appartenant à l’artiste. À l’époque Van Gogh n’était pas encore peintre, il travaillait comme marchand d’art pour la galerie Goupil & Cie à Covent Garden. Les documents découverts, confiés pour restauration aux conservateurs du Camberwell College, contenaient un contrat d’assurance émis en 1873 par sa logeuse et mère d’Eugénie Loyer, une jeune fille de 19 ans dont il s’était épris mais qui déclina ses avances. Son refus plongea le peintre dans la dépression, ce qui l’amena à se réfugier dans la religion, devenant chrétien évangéliste lors de son séjour. Rien d’étonnant donc à ce qu’on ait découvert un livre de prière A penny book of prayers & hymns (1867). Des aquarelles furent également mises au jour, mais elles ne seraient pas l’œuvre de Van Gogh mais celles d’Eugénie. Selon l’expert de Van Gogh, Martin Bailey, « le style ne ressemble pas à l’artiste », « elles auraient pu être peintes par Eugénie » ajoute-t-il. Martin Bailey est également commissaire de l’exposition « Van Gogh et la Grande-Bretagne » à découvrir à la Tate Britain à partir du 27 mars.

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Damjan Kovacevic, expressionniste mystique à la galerie Boris

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En ligne directe avec la tradition médiévale des icônes, Damjan Kovacevic questionne l’Éternité et la Descente aux enfers dans des œuvres puissantes et tourmentées. Ce jeune artiste serbe né en 1983 présente un ensemble de recherches récentes aux techniques mixtes ou combinées (de 1500 € à 6000 €) d’inspiration mystique comme Le Portrait d’un martyr (Portrait du Christ). Ses matières sont incandescentes, en fusion ou en métamorphose, et son univers pictural singulier est très proche de celui de Goya ou de Fautrier.

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Les lauréates du prix Aware pour les artistes femmes

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En janvier dernier, l’association Aware a révélé les quatre artistes émergents nommés. Le 18 mars, c’est Hélène Bertin qui s’est vue remettre le Prix AWARE pour les artistes femmes. Elle bénéficiera d’une aide à la production d’une exposition dans un centre d’art ou dans un Frac et dont une œuvre sera acquise par la collection du Cnap. Durant cette soirée, le prix d’honneur a été décerné à l’artiste Jacqueline de Jong, qui bénéficiera de 10 000 euros et d’une publication d’une monographie avec Manuella éditions. Diplômée de l’École nationale supérieure d’art de Paris-Cergy en 2013, Hélène Bertin s’intéresse au rôle dans la réinvention des modes de vie. Elle partage son temps entre la recherche (sur le travail de l’artiste Valentine Schlegel), les sculptures et les workshop qu’elle tient régulièrement dans son atelier de Cucuron afin de développer son art en lien avec autrui. Ses projets et sculptures ont été largement exposés, notamment au Salon de Montrouge (2015), au centre d’art DOC (2016), au CAC-Brétigny (2017) et à la fondation d’entreprise Ricard (2017). Originaire des Pays-Bas, Jacqueline de Jong a été marquée par sa rencontre avec le peintre danois Asger Jorn, fondateur du groupe Cobra. En 1960, elle a rejoint l’internationale situationniste où elle a participé au comité central. Peintre, sculptrice, et créatrice de bijoux, elle expose aussi bien en Europe qu’aux États-Unis, notamment au Moderna Museet (Stockholm, 2012), aux Abattoirs Musée–Frac Occitane Toulouse (2018) et au Stedelijk Museum (Amsterdam), qui lui consacre une rétrospective, jusqu’au 18 août.

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La Grande Galerie de Radio Classique : Toutânkhamon – le Trésor du Pharaon à la Villette (1/2)

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Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les samedis à 19h dans l’émission « La Grande Galerie » et le vendredi à 13h00, le samedi à 09h56 et 14h57 pour ses « Chronique Sorties ».

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Toutes les facettes du dessin au Palais Brongniart

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Pour la communauté des amateurs de dessin, qu’ils soient galeristes, experts, collectionneurs ou conservateurs de musées, le Salon du dessin ressemble à une fête de famille. Mais une famille qui doit chaque année s’agrandir ou évoluer, pour maintenir le marché dynamique. « Le secret de la durée du salon, c’est sa faculté de renouvellement. Tous les ans, il faut inviter de nouveaux conservateurs, de nouveaux collectionneurs, de nouveaux galeristes, pour présenter un état du marché à un instant T. », décrypte lexpert Louis de Bayser, président du salon depuis 2014. Le Salon du dessin est un vivier où se tissent les relations. Les conférence des Rencontres internationales et le parcours de la Semaine du dessin (lire encadré), ont été créées pour ça. Du côté des nouveaux exposants, environ dix pour cent de la quarantaine de participants prennent un stand pour la première fois.
Parmi eux, Christopher Bishop, de Milford (États-Unis), propose une belle sanguine du Guerchin, Loth et ses filles, et Lancz Gallery (Bruxelles), une encre connue de Léon Spillaert, La Verrière. Même si la catégorie reine, le dessin Renaissance, se fait discrète cette année en raison des difficultés d’approvisionnement, les autres tendances fortes du marché de l’art sont là. Les Klimt et Schiele de la galerie viennoise Wienerroither & Kohlbacher, qui fait son retour au salon, devraient attirer leur lot de collectionneurs, tout comme, centenaire du Bauhaus oblige, le Sommerabend (1933) de Lyonel Feininger, présenté par Reginart Collections (Genève). Il y a aussi des artistes plus discrets, néanmoins recherchés par les collectionneurs avertis. C’est le cas du figuratif Jean-Baptiste Sécheret (né en 1957), à qui Jacques Elbaz dédie une exposition. « Il se nourrit d’une culture picturale très vaste sans être passéiste. Des collectionneurs célèbres achètent ses œuvres », confie le galeriste.
Beaucoup de grands maîtres sont aussi au programme, du Guerchin à Le Brun, de Bonnard à Miró, artistes célèbres dont les œuvres se négocient le plus souvent aux alentours de 100 000 €. Les galeristes mettent toutefois un point d’honneur à présenter des feuilles entre 3000 € et 15 000 €, pour attirer de nouveaux collectionneurs vers la spécialité.

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