Actualité artistique

La découverte d’une tombe souterraine fait resurgir le passé étrusque de la Corse

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Tombe étrusque en hypogée en cours de dégagement sur le site d’Aleria-Lamajone © Denis Gliksman/Inrap

En achetant ce terrain, les propriétaires ne s’attendaient pas à voir s’ouvrir sous leurs pieds un nouveau volet de l’histoire antique de l’île de Beauté. C’est en effet une demande de permis de construire qui a declenché en juin 2018 le chantier de fouilles préventives sur le site de Lamajone, situé à 800 m de la cité antique d’Aleria (70 km au sud de Bastia). Les archéologues ont alors mis au jour une vaste nécropole romaine, regroupant environ 130 sépultures, datées entre le IIIe siècle avant et le IIIe siècle après J.-C.. Présentant un remarquable état de conservation, le site illustre une grande variété de pratiques funéraires (inhumation en fosse, sépultures en coffrage de bois, bûchers funéraires, etc.) et a déjà livré plus de 200 objets ou offrandes destinés à accompagner les défunts dans l’après-vie : fiole à parfum en verre, parures en or, perles d’ambre et près d’une centaine de vases.
Sous ce dédale de tombes, les équipes de l’Inrap viennent de découvrir une exceptionnelle chambre funéraire souterraine, dite en hypogée, attribuée à la culture étrusque, grande civilisation indigène de l’ltalie antique implantée en Corse au milieu du VIe siècle avant J.-C.. Ouverts aux influences méditerranéennes, venues de Grèce comme d’Orient, les Étrusques ont développé, entre le VIIIe et le Ier siècle avant notre ère, une culture aux faciès régionaux variés, s’illustrant aussi bien dans les domaines de l’architecture, de la peinture et de la céramique que dans celui de l’orfèvrerie et de la sculpture en bronze ou en terre cuite. À défaut d’une excursion au musée de la Villa Guilia à Rome, une visite au Louvre suffit à mesurer la richesse et le raffinement de cet art aussi émouvant que virtuose. Creusée dans la roche, à environ deux mètres sous la surface du sol, la chambre funéraire de Lamajone est accessible par un couloir de six mètres de long, desservi par une volée d’escalier à ciel ouvert. Mesurant 1m2 au sol pour 1,20 m de haut, elle a été retrouvée intacte, scellée par un amas d’argile, de tessons, de cailloux et de charbons. Les fouilles menées depuis quelques jours ont permis de faire surgir de la terre argileuse la dépouille d’un seul individu (homme ou femme, on ne saurait le préciser pour l’heure) dont on peut supposer qu’il était de haut rang. Plusieurs artefacts ont déjà pu être dégagés, parmi lesquels trois coupes à vernis noir, deux gobelets à anses (skyphoi) et un pichet à vin (oenochoé). Ces récipients contenaient probablement différents types d’offrandes tel que du vin, de l’huile d’olive ou du miel. Un probable miroir en bronze, une vingtaine de vases ainsi que des ossements d’animaux commencent eux aussi à sortir de terre. Ce matériel funéraire permet de dater stylistiquement l’inhumation vers 300/350 avant J.-C.. De nouvelles analyses, et l’exploration de l’intégralité de la tombe, permettront bientôt d’affiner ses premières conclusions. Aucune tombe étrusque n’avait été découverte sur l’île de Beauté depuis les fouilles de la nécropole de Casabianda, il y a une cinquantaine d’années de cela. Cette découverte, qui témoigne de l’implantation d’une population étrusque, jette un nouvel éclairage sur le passé antique de la Corse avant le début de la conquête romaine en 259 avant J.-C..

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Disparition de la réalisatrice française Agnès Varda

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Née le 30 mai 1928, Agnès Varda a été contrainte, avec sa famille, de fuir les bombardements allemands en Belgique, pour se réfugier à Sète. L’adolescente Arlette, qui s’est renommée Agnès, a commencé par étudier la photographie à l’École des Beaux-Arts de Paris puis l’histoire de l’art à l’École du Louvre. Elle a ensuite intégré le Théâtre national populaire, dirigé par Jean Vilar, en tant que photographe, avant de réaliser en 1955, son premier long-métrage de fiction, La Pointe courte, avec Philippe Noiret et Silvia Monfort. Ce film qui narre les incertitudes d’un couple vivant dans un petit village de pêcheurs fera date car il comporte déjà toutes les caractéristiques du nouveau cinéma français. Réalisatrice de Cléo de 5 à 7 en 1962, elle a obtenu un Lion d’or à la Mostra de Venise pour Sans toit ni loi, sorti en 1985. Avec l’une chante, l’autre pas, elle s’est imposée comme une artiste féministe. Elle a d’ailleurs fait partie des femmes qui ont signé en 1971 le manifeste des 343 en France, pour la dépénalisation de l’avortement. Il faut également citer le film Jacquot de Nantes (1991), réalisé en hommage à son mari Jacques Demy et Le Bonheur (1965), point de départ d’une de ses dernières œuvres, La serre du Bonheur, actuellement exposée au château de Chaumont-sur-Loire. L’installation, composée d’une serre dont le toit et les parois sont tapissées des pellicules de son film Le Bonheur, dévoile des tournesols, symbole du générique du film. Elle s’est également fait connaître pour ses documentaires comme Ulysse (1984) qui a obtenu le César du meilleur court-métrage documentaire, ou Les Plages d’Agnès en 2009, récompensé par le César du meilleur film documentaire. En 2017 elle a réalisé un documentaire avec le photographe JR, Visages Villages et reçoit, la même année, l’Oscar d’honneur pour l’ensemble de son œuvre, après avoir reçu la Palme d’Honneur à Cannes en 2015. Agnès Varda aura marqué l’histoire du cinéma en France comme à l’étranger, et se sera imposée comme une cinéaste de la Nouvelle Vague, aux côtés de Claude Chabrol, Jean-Luc Godard, François Truffaut, Eric Rohmer, Alain Resnais et, bien sûr, Jacques Demy.

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Le design en partage à Saint-Étienne

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« Me, You, Nous ». « Créons un terrain d’entente », tel est le fil conducteur proposé par Lisa White, commissaire principale de la Biennale internationale de design de Saint-Étienne. « Comment le design peut-il faciliter les échanges en proposant de nouvelles connexions, de nouveaux espaces et même de nouveaux objets ?», s’interroge cette Franco-Américaine à la tête du département « Lifestyle and Interiors » du cabinet de veille des tendances WGSN, à Londres. À travers un ensemble d’expositions intitulé « Systems, not Stuff », elle donne à voir de nouvelles techniques de fabrication de la couleur (à l’aide de bactéries ou générées par la voix), ou bien du mobilier prenant forme en contrôlant la pousse d’un arbre ou en recyclant du plastique usagé. Temps forts de cette 11e édition de la Biennale : une carte blanche au pionnier américain du design numérique John Maeda sur les apports du design computationnel (impliquant le calcul d’algorithmes et de données) et la première exposition sur le design chinois depuis vingt ans. Loin des stéréotypes de consommation de masse et de produits de mauvaise qualité, l’exposition conçue par l’artiste et commissaire d’exposition Fan Zhe met l’accent sur un design chinois en pleine émergence. Quatre villes créatives de design Unesco proposent en complément une vision du futur impliquant le design chinois : Shenzhen, Shanghai, Wuhan et Pékin.

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Le PAD Paris, laboratoire du goût

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On retrouve les habitués incontournables, tels Jacques Lacoste et ses pépites de Jean Royère ou Max Ingrand, Clara Scremini, papesse du verre contemporain, ou Kreo et son programme ambitieux de collaborations avec des designers, établis (Pierre Charpin) ou émergents (Julia Lohmann). Comme chaque année, le salon accueille de nouveaux jeunes galeristes. On remarque les Parisiens de Mayaro, galerie dévolue au design mâtiné de métiers d’arts, François-Xavier Chamagne, iconoclaste du marché Serpette (Saint-Ouen), qui navigue entre Art Nouveau et design 1950-1990, et Michaël Chéneau, qui présente dans sa galerie Mica, près de Rennes, un design à forte teneur artisanale. « Paris est le laboratoire du PAD. Les collectionneurs y découvrent en avant-première de nouveaux marchands, avant qu’ils participent aux PAD de Londres, Genève ou Monaco », commente Patrick Perrin, l’organisateur de l’événement. Oscar Graf, qui a signé il y a onze ans sa première participation, confirme : « Le PAD Paris est une bonne occasion de se faire connaître. Ce fut mon premier salon et cela m’a réussi, puisque j’expose désormais à Maastricht ». Lui qui a présenté au dernier salon hollandais une quinzaine de céramiques de Taxile Doat (un exploit), mise pour le PAD Paris sur des choix plus risqués, avec des meubles de créateurs français Art Nouveau peu connus, Théodore Lambert et Léon Jallot, et de beaux vases de Sèvres de la même époque. « Au PAD Paris, on peut se permettre de nouvelles associations. Le  » beau  » y est la valeur essentielle. »

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[Avant-Première] La Fondation Bettencourt Schueller, fidèle mécène des métiers d’art

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En 2019, la Fondation Bettencourt Schueller célèbre les 20 ans du Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main, une prestigieuse récompense qui illustre son engagement faveur des métiers d’art. Du 16 octobre au 10 novembre, elle exposera les créations de ses lauréats au sein du Palais de Tokyo à Paris. À l’occasion des Journées européennes des métiers des arts, qui se dérouleront cette année du 1er au 7 avril, et dont elle est le fidèle mécène, Olivier Brault, son directeur, est l’invité de Guy Boyer sur le plateau d’«Avant-Première » pour nous parler de ses actions en faveur de ce domaine de création unique qui fait dialoguer le beau et l’utile.

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Idée lecture : Tout Vienne Jugendstil

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À la vérité, la littérature sur cette époque n’a pas manqué depuis trente ans, date approximative à laquelle des historiens, des marchands et des familles viennoises l’ont tirée d’un injuste oubli. Alors pourquoi s’intéresser à ce livre ? En premier lieu, parce qu’il présente une synthèse quasi exhaustive des arts à Vienne depuis la Sécession (1897) et la revue « Ver Sacrum » [Printemps sacré] de Klimt et ses amis, jusqu’aux derniers objets produits par la Wiener Verkstätte [Atelier viennois] en 1932. On y retrouve les meubles de Koloman Moser et Josef Hoffmann, leur orfèvrerie perforée mais aussi l’incomparable verrerie qu’ils éditaient, la virtuosité de Dagobert Peche et encore la mode portée par la compagne de Klimt, Emilie Flöge, l’architecture d’Otto Wagner ou d’Adolf Loos. Et deuxièmement, parce qu’on y découvre grâce à un glossaire inédit tous les acteurs, artistes, entreprises, institutions à l’œuvre dans l’effervescence de la capitale impériale et souvent méconnus. Une mention spéciale pour l’introduction de Christian Brandstätter (l’un des grands spécialistes de cette époque) et Rainer Metzger, qui précise avec clarté et finesse les conditions de cette éclosion des arts.

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Utopies soviétiques

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« Les rues sont nos pinceaux, les places nos palettes ! », clame le grand poète révolutionnaire Vladimir Maïakovski (1893-1930) en réponse à l’appel de la Révolution d’Octobre. Le nouveau régime qui se met en place en novembre 1917 en Russie invite les artistes à participer à l’avènement d’une nouvelle société et l’émergence d’un homme nouveau. Conçue par Nicolas Liucci-Goutnikov, conservateur au Centre Pompidou et philosophe de l’art, l’exposition au Grand Palais veut « montrer en quoi le projet communiste a engendré des formes d’art spécifiques en Russie et comment certains artistes ont accompagné par leurs créations le chantier d’édification du socialisme, de la Révolution d’Octobre à la mort de Staline. L’exposition propose une forme de méditation sur le possible devenir politique de l’art. Les artistes présentés ici se sont interrogés sur ce que pouvait être l’art dans une société non capitaliste. Leurs œuvres, qui témoignent de cette entreprise aujourd’hui anachronique tout en affirmant une radicalité éminemment moderne, risquent de surprendre les spectateurs. Nous avons voulu aussi dépasser les clichés sur l’art soviétique, qui continuent d’en véhiculer une vision réductrice et caricaturale. »

L’exposition se concentre sur deux grandes « utopies » nées avec la Révolution. La première, « l’utopie concrète », ou productivisme, à laquelle adhèrent d’emblée les artistes d’avant-garde, réfute toutes les formes de l’art bourgeois (peinture et sculpture) au profit d’un art pluridisciplinaire et d’utilité sociale. La seconde utopie est représentée par des œuvres figuratives décrivant la genèse du Réalisme socialiste et « l’univers radieux du communisme ». Elle prendra toute son ampleur dans les années 1930, après la prise de pouvoir par Staline en 1929.

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Van Gogh en Angleterre

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Van Gogh fit plusieurs longs séjours en Angleterre : à Londres en 1874-1875, comme employé chez le marchand d’art Goupil & Cie, puis l’année suivante, comme aide-instituteur. C’est à Londres, séduit par la modernité de la ville, mais bouleversé par la misère des quartiers ouvriers et sensible aux appels à la réforme sociale, que s’affirme sa vocation religieuse ; il décide de devenir pasteur pour venir en aide aux plus déshérités. Il fait son premier sermon dans la capitale anglaise. Certains peintres anglais, comme Constable ou Millais, mais aussi des écrivains, tels George Eliot et surtout Charles Dickens, resteront des repères essentiels, tout au long de son existence. Sa correspondance fourmille de références à la culture anglaise. Du côté anglais, le souvenir de son art ne fut pas sans conséquences, sur Walter Sickert et les « Camden Town Painters », mais aussi sur tout un courant de figuration expressionniste, que ce soit la peinture à la touche matiérée et aux couleurs hardies de Harold Gilman, les paysages tardifs de David Bomberg, ou celle de Francis Bacon, auteur, en 1957, d’un Study for Portrait of Van Gogh.

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Lucie Picandet, lauréate du Prix Drawing Now 2019

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Sur plus d’une centaine de candidatures, cinq artistes avaient été retenus par le comité de sélection du Prix Drawing Now 2019. Le jury, qui s’est rendu hier sur les stands de la Drawing Now Art Fair, salon du dessin contemporain, pour découvrir leurs œuvres, a finalement choisi de récompenser le travail de Lucie Picandet. Celle-ci reçoit ainsi une dotation de 5000 € et bénéficiera d’une exposition au Drawing Lab, grâce au soutien de Soferim, le mécène principal du salon. Née en 1982 à Paris, Lucie Picandet a suivi une formation aux Beaux-Arts de Paris, en parallèle d’études de philosophie, de théologie et d’esthétique. Lauréate de la Bourse Révélations Emerige en 2015, elle utilise une multitude de techniques, pratiquant aussi bien la broderie, l’aquarelle et la peinture. L’écriture est un élément constitutif de son processus de création puisque ses œuvres plastiques naissent souvent des fictions, en vers ou en prose, qu’elle invente. Entre poésie et surréalisme, ses productions ont déjà été exposées à l’Irish Museum of Contemporary Art de Dublin et à la Fondation d’entreprise Hermès à Paris.

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Claire Morgan remporte le Prix de dessin 2019 de la Fondation d’art contemporain Daniel et Florence Guerlain

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Le 13 décembre dernier, nous vous révélions le nom des trois finalistes du 12e Prix de dessin de la Fondation d’art contemporain Daniel et Florence Guerlain, à savoir Friedrich Kunath, Claire Morgan et Jérôme Zonder. Depuis 2010, le nom du lauréat est révélé lors du Salon du dessin (qui se tient cette année jusqu’au 1er avril au palais Brongniart à Paris) en ouverture de l’exposition des œuvres des trois artistes nominés. Ce jeudi 28 mars, le jury de l’édition 2019 a choisi de récompenser le travail de Claire Morgan, représentée par la galerie Karsten Greve (Paris, Cologne,Saint-Moritz), qui reçoit donc une dotation de 15 000 € et voit l’une de ses œuvres intégrer les collections du cabinet d’art graphique du Musée national d’art moderne-Centre Pompidou. Depuis sa création en 2007, le Prix de dessin de la Fondation d’art contemporain Daniel et Florence Guerlain a ainsi mis en avant plus d’une trentaine d’artistes, parmi lesquels Silvia Bächli, Jorinde Voigt, Cameron Jamie, Ciprian Muresan ou Mamma Andersson.

Remise du Prix de dessin de la Fondation d’art contemporain Daniel et Florence Guerlain à Claire Morgan, le 28 mars 2019 © Guy Boyer

Claire Morgan est née en 1980. Elle a étudié à l’Université de Northumbria et vit aujourd’hui à Gateshead, au Royaume-Uni. Son premier solo show date de 2004, à la Grosvenor Chapel de Londres. Depuis, elle a été montrée, en 2009, au Palais de Tokyo, en 2010 au Museum of Arts and Design de New York et, en 2015, au musée de la Chasse et de la Nature, à Paris. Dernièrement, elle a exposé son travail au sein de la célèbre maison de taxidermie parisienne Deyrolle. Ses œuvres sont présentes dans les collections du Museum of Old and New Art (Australie), du Centre Pompidou (Donation Florence et Daniel Guerlain), des Fondations Frances et Emerige, de l’Université de Cardiff ou de la Ghisla Art Foundation. Se consacrant aussi bien à la réalisation d’œuvres sur papier et de peintures qu’à la création d’installations, Claire Morgan s’inspire de la Nature, et en particulier du monde animal, pour concilier géométrie et lyrisme, radicalité et vitalité, et produire des œuvres dont l’apparente douceur révèle des sujets bien ancrés dans les enjeux du monde actuels. Avec pour figures artistiques tutélaires Francis Bacon, Anselm Kiefer ou Cy Twombly, elle allie à la vigueur du dessin la délicatesse de l’aquarelle pour développer une réflexion sur les problématiques écologiques et politiques d’aujourd’hui.

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Beaux origamis à Nantes

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Suspendue au plafond, une grande mouette noire surplombe l’exposition. Sur les murs, une série de masques évoquent des animaux : le hibou Veilleur de nuit, avec ses yeux ronds, le lion Masque de roi, auréolé d’une flamboyante crinière. Sur la cheminée, des gorilles côtoient un petit flamand rose mis sous cloche. Le père de ce bestiaire moderne est Vincent Leroux, devenu plieur de papier il y a dix ans, alors qu’il passait sa vie dans les trains. Passionné par les origamis, il recherche depuis lors les plus beaux papiers, notamment les papiers Dó à la texture unique, produit de manière artisanale dans des villages du Vietnam. Mais pour lui, rien se perd, tout se plie, du ticket de tramway à la serviette en papier… C’est sa première exposition personnelle, organisée par Kim Gillier, jeune curatrice indépendante et journaliste culture ayant fait ses armes à « Connaissance des arts ». Elle se tient à la Pagôde, une jolie maison du quartier Saint-Félix de Nantes, au bord de l’Erdre, espace intimiste qui propose plusieurs fois par an des expositions ludiques, en partie sous l’impulsion de l’association Carterie Châteaulin. En plus des animaux, l’artiste dévoile des compositions abstraites, déclinaisons à l’infini de formes géométriques, parfois rehaussées de parties cuivrées. D’ailleurs une vidéo explique, en dessins numériques, la constitution de l’une d’elle. Avis aux amateurs, des ateliers d’origami seront proposés le samedi à partir du 30 mars, plutôt destinés aux adultes, ces grands enfants…

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Arthur Aillaud, émergences silencieuses

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Son monde nocturne donne à voir de vastes paysages d’où émergent les scintillements des villes. En alternance avec ce regard distancié, Arthur Aillaud se focalise sur les gestes des hommes qui œuvrent sur des chantiers, où le magma va laisser apparaître les lignes des architectures qui s’érigent.

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Métiers d’art : Profession carnavalier

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Chez les Pignataro, on est carnavalier de père en fils, depuis quatre générations. Cédric, le dernier de la lignée, a repris en 2002, le flambeau familial, fier que sa société, Nice Festivités, soit la seule du secteur en France, à avoir décroché le label Entreprise du patrimoine vivant (EPV), une distinction récompensant son savoir-faire. En l’occurrence, la fabrication des chars, emblème du Carnaval de Nice, et des « grosses têtes » qui les accompagnent. Mais pour Cédric, le métier n’est pas seulement inscrit dans ses gènes. C’est une véritable passion. Enfant, il adorait regarder son grand-père travailler, toujours émerveillé aujourd’hui au souvenir des « jouets géants », qui sortaient de ses mains. De toute manière, « à la maison, lors des repas, on parlait de peinture, de tissus, d’associations de couleurs », se rappelle-t-il. Alors, lorsqu’est venue l’heure de la relève, il n’a pas hésité. Il avait même préalablement suivi des cours de dessin et de trompe l’œil à la chambre des métiers. « Je ressentais le besoin de m’appuyer sur un enseignement académique », explique-t-il.

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Bührle, une collection canon !

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C’est l’histoire d’un marchand de canons, qui fut aussi l’un des plus grands collectionneurs du XXe siècle. Résumons. Le destin d’industriel d’Emil Georg Bührle (1890-1956) se noue à la fin de la Grande Guerre. Après s’être battu sur plusieurs fronts, il est cantonné chez le banquier Ernst Schalk, qui possède des parts dans l’usine de machines-outils de Magdebourg, et dont il épouse la fille, Charlotte, en 1919. Il entre alors dans l’entreprise, est envoyé en Suisse, pour diriger une nouvelle usine à Zurich, et acquiert le brevet d’un certain modèle de canon, qui aura beaucoup de succès. En 1937, il prend la nationalité suisse et devient propriétaire de la Werkzeugmaschinenfabrik Oerlikon Bührle & Co, qui vend des armes à la France, à la Grande-Bretagne puis, suivant la volonté des autorités fédérales, à l’Allemagne nazie – ce qui lui vaudra de figurer sur la « liste noire » des Alliés. L’autre point litigieux est la présence dans sa collection, après la guerre, de treize œuvres d’art spoliées. Mais Bührle prouve sa bonne foi, rend les œuvres et la justice condamne la galerie Fischer de Lucerne, fournisseur des œuvres incriminées. Sa fortune ayant pris des proportions considérables  pendant la Seconde Guerre mondiale, le nombre d’acquisitions majeures se multiplie entre 1951 et 1956.

Comme des ronds dans l’eau

Lors d’une conférence prononcée en juin 1954 à l’université de Zurich, Bührle expliqua les origines de sa collection, ou plutôt la genèse de sa passion de collectionneur. Il dit comment, tout jeune homme, alors qu’il faisait des études de philosophie et d’histoire de l’art à Munich, il découvrit les peintres impressionnistes français dans une exposition à Berlin, en 1913, et le choc définitif qu’il en reçut. « C’est exactement à cette heure-là, devant les œuvres de ces peintres français, que le caillou tomba dans l’eau, et c’est à partir de cet instant que ma décision était prise que, si jamais je pouvais songer à garnir mes murs de tableaux de maîtres, ce serait un choix de Manet, de Monet, de Renoir, de Degas et de Cézanne. » Le caillou formant une succession de ronds dans l’eau est une métaphore : à partir de ce choc initial, le collectionneur va élargir ses intérêts et diversifier ses acquisitions.

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Podcast : Talismans et pouvoir mystique aux Philippines

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Anne-Frédérique Fer, rédactrice en chef de www.FranceFineArt.com, a rencontré Floy Quintos, écrivain, scénariste, acteur, metteur en scène philippin et commissaire de l’exposition « Anting-Anting. L’âme secrète des Philippins », à voir au Musée du quai Branly-Jacques Chirac jusqu’au 26 mai 2019.

Constituée de photographies, d’archives, de séquences de rituels filmées et d’une large sélection d’amulettes, l’exposition nous fait entrer au cœur de la culture et des traditions populaires des Philippines. Dans ce pays archipel de l’Asie du Sud-Est, les Anting-Anting sont des talismans empreints de pouvoirs magiques qui procurent à celui qui les porte puissance, richesse et amour. Si le Anting-Anting est une croyance toujours active et pratiquée aux Philippines, ces amulettes sont aussi les témoins de l’histoire et des influences qui ont façonné la culture des Philippines, où des cérémonies, aux formes et calendrier en constante évolution, leur permettent d’atteindre une pleine puissance. Une culture et des croyances ancestrales, où ce syncrétisme composé de traditions anciennes et de croyances animistes pré-coloniales, a été influencé dès le XVIe siècle par les Espagnols et le christianisme.

Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois, la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005). FranceFineArt est constituée de différentes rubriques qui à l’aide de photographies, d’interviews sonores,
de textes et de liens interactifs
rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

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Claude Bellegarde, alchimiste de la couleur

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« L’œuvre de Bellegarde n’est qu’éclat et fulgurance », écrit Pierre Restany, frappé par la « vitesse et la lumière » de cette peinture singulière et audacieuse, défendue par le critique et historien Pierre Cabanne. Né en 1927, l’artiste a connu une évolution radicale à la fin des années 1950, passant du blanc à la couleur, avec des œuvres vibrantes : L’Homme lyriqueÉnergie solaireMagie du sonL’Astronaute… (de 4000 € à 30 000 €). Verticalité et rigueur font émerger un vrai jaillissement de couleurs.

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Le Parlement européen a approuvé la directive sur le droit d’auteur numérique

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Approuvée avec 378 voix contre 274, la directive a pour objectif de réformer le droit d’auteur sur Internet. C’est une victoire pour les artistes (et leurs ayant-droits) et pour la création européenne, mais également le début d’une plus grande responsabilisation des plateformes d’hébergement de contenus en ligne. En effet, l’article 13 impose à ces plateformes, telles que Google ou Amazon, le respect des droits d’auteur ainsi que leur rémunération. La presse, quant à elle, a obtenu la création d’un « droit voisin » contraignant les grandes plateformes à reverser une redevance comme compensation de l’exploitation des contenus de la presse. La prochaine étape est la transposition du texte dans les législations nationales. « C’est une grande satisfaction et une étape majeure dans la capacité de l’Europe à défendre les créateurs, artistes et journalistes et à s’assurer d’un meilleur partage de la valeur créée sur le numérique », se réjouit Franck Riester, ministre français de la Culture. Ce vote symbolise l’inscription de l’Europe dans la révolution numérique ainsi que la défense collective de l’identité et de la diversité culturelle européennes.

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