Actualité artistique

Les Pages en bonne forme à Paris

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L’emplacement pour un salon est capital, comme en témoigne Pages qui, présent dans le cœur de Paris depuis un an et fort de son dernier succès, accueille des éditeurs internationaux tels que l’Italienne Tallone ou la Canadienne Denise Lapointe. Avec ses cent exposants, Pages prouve que la bibliophilie, galvanisée par les inédits que chacun s’efforce de présenter ici, séduit toujours le public, d’ailleurs rajeuni. Comme le rappelle son président Alain Gorius, « certains éditeurs travaillent parfois une année entière pour concevoir un ou deux beaux livres ! ».

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Livre de Noël : Il neige sur Bruegel

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En 1567, le vieux Pieter Bruegel peint un paysage d’hiver. Une révolution, car la neige tombe à gros flocons sur le village où se cache une Adoration des Mages. Ce détail forme le frontispice de ce livre signé par deux spécialistes de l’artiste. Et tout est (presque) dit. Par-delà paysanneries et diableries, nous découvrons un Bruegel magicien, dont le pinceau prosaïque nous tire, sans en avoir l’air, vers les mystères de l’invisible. Le nez sur la peinture, et la tête dans les nuages !

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Kohei Nawa au Louvre

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Impossible de ne pas relever la date et le lieu de cette installation, tout autant que la nature de l’œuvre : le 13 juillet 2018, veille de l’anniversaire d’une fête nationale qui commémore la chute de la royauté. Voici que se campe dans l’enceinte du Louvre, au cœur de la maison des rois, un trône tout d’or recouvert. Avec ses dix mètres de hauteur et malgré ses trois tonnes, Throne, l’œuvre de Kohei Nawa (né en 1975) semble flotter, resplendissante de jour comme de nuit sous l’écrin transparent de la pyramide. L’artiste japonais admet le symbole du pouvoir mais n’y voit pas un message politique. Plutôt un souvenir de l’Égypte ancienne ou des chars shintoïstes et l’espoir que les valeurs humaines universelles résisteront à la tyrannie des machines. Ironie du propos : s’il s’est aidé du modelage 3D pour élever sa sculpture, il a noyé l’écran d’un ordinateur sous la feuille d’or, au milieu des ailettes multiples de ce géant aux allures de Goldorak. C’est la version tonitruante de cette saison « Japonismes 2018 ». Mais Kohei Nawa, dont on trouve l’atelier au détour de la paisible campagne de Kyoto, peut jouer d’un registre plus feutré. Au musée de la Chasse et de la Nature, à Paris, il expose un cerf enrobé de boules de verre, tendre et poétique. L’animal est le messager des dieux, comme le savent tous les fidèles de Princesse Mononoké, le film d’animation de Miyazaki. Ou du Japon à la France, de la France au Japon, messager de nos âmes en résonance.

 

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Un festival de lumières au Jardin des Plantes de Paris 

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À l’approche des fêtes de fin d’année, le Jardin des Plantes de Paris propose, pour la première fois de son histoire, une promenade nocturne chaque soir de 18 à 23 heures, autour de monumentales structures lumineuses pouvant atteindre les 15 m de hauteur. Un véritable festival des lumières qui invite à la flânerie mais également à la réflexion quant à la biodiversité passée et actuelle. En effet, l’entrée du jardin est peuplée de créatures disparues il y a soixante-cinq millions d’années, comme un tyrannosaure, un tricératop et autres vélociraptors. Puis viennent les mammouths et les tigres à dents de sabre, deux espèces éteintes notamment du fait de l’impact des premières civilisations, ainsi qu’un thylacine, ou « loup de Tasmanie », disparu au XXe siècle. Tout au long du parcours, le visiteur croise également des espèces menacées aujourd’hui, avant d’entrer dans la Ménagerie en traversant un requin blanc de 30 m de long ! On y découvre alors les animaux emblématiques et familiers de notre époque comme des pandas, des éléphants ou encore des girafes. De nombreux spectacles vivants viennent ponctuer cette déambulation, enrichie d’illuminations sur les arbres et sur les façades des bâtiments, ainsi que des ateliers pour enfants. L’objectif est de rappeler à tous la nécessité de préserver la faune et la flore et de sensibiliser le jeune public à ces enjeux majeurs. Ces structures lumineuses ont été conçues en Chine, spécialement pour le Jardin des Plantes, par le China Light Festival, entreprise spécialisée dans la conception et l’organisation de festivals de lanternes chinoises en Europe.

 

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Édito : Où en est l’Espace Lartigue ?

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Alors que la Fondation Henri Cartier-Bresson vient d’ouvrir ses portes dans de superbes locaux du Marais, on est en droit de savoir ce que devient le lieu permanent qui était promis aux ayants droit d’un autre photographe capital, Jacques-Henri Lartigue (1894-1986). En 1979, celui-ci donne à l’État l’intégralité de son œuvre, soit cent vingt-neuf albums autobiographiques, la totalité de ses négatifs noir et blanc ou couleur (clichés sur verre, plaques stéréoscopiques, panoramiques, autochromes et diapositives), l’ensemble de ses appareils photographiques, son journal manuscrit et ses peintures (car Lartigue était également peintre), ces dernières étant déposées au musée d’Art et d’Histoire Louis Senlecq à L’Isle-Adam. Conformément aux volontés de sa veuve Florette, une fondation est créée en 2000 pour faire rayonner le travail de l’artiste par le biais d’expositions, de tables rondes, de publications et même de films. Longtemps dirigée par Martine d’Astier, la Donation Jacques-Henri Lartigue est aujourd’hui logée à Charenton-le-Pont, dans un des sites de la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, et les documents sont à l’abri au Fort de Saint-Cyr au milieu d’autres fonds comme ceux de Willy Ronis ou de Daniel Boudinet. Mais qu’en est-il du lieu permanent voulu par Lartigue, clause qui est mentionnée dans l’acte de donation ? Il y a eu d’abord le Grand Palais mais, lors de la fermeture de celui-ci en 1994 pour cause de boulon tombé de la voûte, la salle Lartigue a été supprimée. Puis un espace en rez-de-chaussée d’un nouvel immeuble donnant sur la place de la Bastille a été envisagé. Il devait permettre au grand public de voir de manière facile les clichés du maître du mouvement mais, pour cause de malfaçon, le bâtiment n’a jamais été réceptionné. Au niveau du ministère de la Culture, le projet a donc été totalement abandonné. D’autres pistes, comme des lieux en liaison avec le Centre des Monuments nationaux, ont ensuite été envisagées, mais en vain. « Pour l’instant, répond Marion Perceval, arrivée il y a un an à la tête de la Donation Lartigue, nous étudions les collections et nous nous attachons à leur conservation. Nous faisons actuellement l’inventaire et le reconditionnement des 6 x 6 couleur de Lartigue et, en parallèle, nous montons des expositions, qui permettent de faire circuler nos fonds. » Autrement dit – ou plutôt « autrement sous-entendu » – il n’y a pas d’urgence à avoir un espace permanent. D’autant que l’équipe se résume à deux personnes. « Bien sûr qu’à terme ce serait idéal, ajoute-t-elle, mais il faut du personnel et de l’argent. On ne peut pas nous comparer à la Fondation Henri Cartier-Bresson. D’un côté, il s’agit d’une association et d’une donation. De l’autre, une fondation avec des moyens importants. » La conclusion de cette histoire est qu’en matière de survivance de l’œuvre d’un artiste et de sa présentation, la structure porteuse est essentielle. On verra, dans quelques années, qui, de Lartigue ou de Cartier-Bresson, aura opté pour la bonne solution.

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Marc Schwartz nommé président-directeur général de la Monnaie de Paris

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Né en 1963, Marc Schwartz, diplômé de Sciences Po Paris et de l’ENA, est conseiller maître à la Cour des comptes et professeur des médias et des industries culturelles à l’École des affaires publiques de Sciences Po Paris. En 1992, il a rejoint la direction générale du Trésor puis l’ambassade de France à Singapour, comme conseiller financier pour l’Asie du Sud-Est. Entre 1997 et 2000, Marc Schwartz a également été conseiller auprès du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie et du secrétaire d’État au budget, ainsi que directeur de cabinet du secrétaire d’État au commerce extérieur. En 2000, il a pris la fonction de directeur financier de France Télévisions, avant d’être promu directeur général adjoint en charge de la gestion, des moyens et des synergies du groupe. En 2006, Marc Schwartz a aussi créé son propre cabinet de conseil en stratégie, A&S Conseil. Ayant effectué de nombreuses missions dans les domaines des médias et des industries culturelles, il est devenu, en mai 2017, directeur du cabinet de la ministre de la Culture Françoise Nyssen puis a été chargé d’une mission de réflexion sur la distribution de la presse par Bruno Le Maire, Françoise Nyssen et Gérald Darmanin. Il prend aujourd’hui la suite d’Aurélien Rousseau à la tête de la Monnaie de Paris.

 

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Le Street Art a-t-il sa place en salles des ventes ?

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Le Street Art, ce nouveau monde à conquérir dont les œuvres indigènes envahissent les salles de ventes. Sous l’action conjointe des galeristes et des commissaires-priseurs, l’art de la rue a gagné ses galons et on lui reconnaît aujourd’hui la dignité (et l’intérêt marchand) de l’art contemporain. Il y a quelques semaines de cela, l’Hôtel Drouot, vénérable institution parisienne, accueillait ainsi la première édition de District 13, la nouvelle foire internationale d’art urbain, dont l’épilogue pris la forme d’une vente aux enchères proposant à son catalogue des œuvres d’artistes à la réputation déjà bien établie tels que Invader, Vhils ou encore Shepard Fairey (alias OBEY). Mais que serait le Street Art aux yeux du grand public sans l’inénarrable Banksy ? Anonyme, ingénieux, habile satiriste, l’artiste britannique a dans sa manche tous les atouts du succès et déchaîne aujourd’hui les passions en salle de ventes. Pas plus tard que lundi 19 novembre, l’un de ses pochoirs sur carton, intitulée Kill Mom?, voyait son prix de vente s’envoler chez Artcurial pour atteindre les 581 800€. Si l’on se réjouit de l’engouement que rencontre cet artiste au non-conformisme si rafraîchissant, la monétisation du Street Art, pis, la capitalisation dont il devient le sujet, en gênent certains aux entournures, à commencer par les artistes eux-mêmes. L’autodestruction programmée de la Petite fille au ballon rouge chez Sotheby’s le 5 octobre dernier ne revendiquait-elle pas le caractère fondamentalement insaisissable, inaliénable de l’œuvre de Street Art ? Nés dans et pour la rue, propriétés de chacun et de personne, le graffiti et la fresque murale sont les électrons libres de l’histoire des arts, essentiellement appelés à vivre en se transformant au gré des évolutions de la ville. Outre son (involontaire ?) potentiel marketing, l’opération menée par Banksy ne visait-elle pas à rendre palpable cette alliance absurde, contre-nature, du Street Art et du marché, dont les effets pervers engendrent des monstres sans rage ni révolte ? Dans la même lignée, le Street Artist américain Ron English annonçait il y a quelques jours qu’il s’apprêtait à faire disparaître une célèbre peinture murale de Banksy, intitulée Slave Labour, qu’il a récemment acquise aux enchères pour $730 000. Décidé à passer l’œuvre au blanc pour s’en servir comme simple support mural, l’artiste pourrait ainsi renouveler le geste de Rauschenberg avec Erased de Kooning Drawing (1953, SfMoMA) tout en conférant à ce vandalisme militant une toute autre signification : « On en a assez que les gens s’approprient nos œuvres pour les revendre. Donc je vais acheter tout ce qui me passe sous la main et le passer à la chaux ». Créé en 2012 sur le mur d’un magasin discount de Londres pour dénoncer le recours à des ateliers clandestins dans le cadre des festivités du Jubilée de diamant de la Reine, Slave Labour avait mystérieusement disparu quelques mois plus tard pour réapparaître dans une vente aux enchères en février 2013. « Cette peinture a été conçue comme un élément de critique sociale. On l’a transformée en marchandise au plus grand mépris de son message initial », s’est insurgé Ron English. De fait, les pilleurs des rues sont légion et la cote alléchante de certains Street Artistes a de quoi faire naître des vocations. On se souvient ainsi du vol organisé des mosaïques d’Invader à Paris en 2017, à la suite de quoi l’artiste avait annoncé qu’il utiliserait dorénavant des carreaux spécifiques, voués à se détériorer si on les arrache de leur support. L’art urbain à la rue, ripostent-ils, avant d’infiltrer le marché pour mieux en détourner les mécanismes.
Alors bien sûr, dans la grande famille des Street Artistes, il y a ceux qui surfent sur la vague et cèdent au chant des sirènes du produit dérivé ou peignent à dessein de petits formats prêts à vendre. Il y a ceux qui, bon gré mal gré, se retrouvent sur les murs de l’Élysée. De récupération politique/commerciale d’un art anti-système en slogans fourre-tout aptes à satisfaire les velléités révolutionnaires du citoyen/consommateur satisfait de sa condition, l’opportunisme ambiant a ses raisons dont les puristes ne s’accommodent pas. Et puis il y a ceux qu’on porte aux nues sans plus vraiment savoir pourquoi, parce qu’on s’y est attaché à force de merchandising, comme Keith Haring et les cohortes de mugs, chaussettes, sets de table ou lits parapluie pour bébé qui déclinent à loisir, jusqu’à l’écoeurement parfois, ses emblématiques petits personnages stylisés. Parce qu’ils incarnent ce je-ne-sais-quoi de « No futur ! » qu’on ne sait plus éprouver, parce qu’on a refait la légende. La nouvelle mythologie Basquiat, par exemple, n’opère-t-elle pas une grande opération de lissage de la figure de l’artiste, hissé au rang de demi-dieu, pour en faire oublier les addictions et les abymes, et le rendre toujours plus « bankable » ? C’est donc à ce prix que l’art urbain doit s’accorder les faveurs du marché et des musées ? En renonçant à sa substantifique moelle, la contestation, l’authenticité, et à son lieu propre, la rue ? Le Street Art gagnera-t-il à suivre la loi du marché ?

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Cerith Wyn Evans remporte le Prix Hepworth pour la sculpture 2018

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Né en 1958 au Pays de Galles et installé à Londres, Cerith Wyn Evans a remporté cette année le Prix Hepworth pour la sculpture, remis par le musée Hepworth Wakefield dans la ville anglaise éponyme. Ce prix est décerné tous les deux ans pour distinguer le travail d’un sculpteur britannique, et s’accompagne d’une bourse de 30 000 livres. Dans le jury cette année, on comptait Sarah Brown, propriétaire de la Leeds Art Gallery, Michael Clark, directeur du Camden Arts Centre, Margot Heller, directrice de la South London Gallery, et Helen Legg, directrice de la Tate Liverpool. Cerith Wyn Evans s’est vu gratifier pour sa création sculpturale faite de trente-sept flûtes en verre assemblées, et dans lesquelles une pompe recrache de l’air, donnant l’impression que l’installation respire. L’artiste, qui est également l’auteur de l’installation lumineuse au plafond de l’entrée du Carrousel du Louvre à Paris, a déclaré que cette sculpture devait être envisagée sous l’angle du dialogue qu’elle entretient avec l’architecture du musée, illustrant comment « les vicissitudes de la lumière et du temps sont intrinsèques à la perception de la sculpture et de la forme plastique ». Les œuvres de Cerith Wyn Evans sont actuellement visibles au musée Hepworth Wakefield en compagnie de celles des autres finalistes : Michael Dean, Mona Hatoum, Phillip Lai et Magali Reus. Cerith Wyn Evans est le second vainqueur de ce prix, créé en 2016, et dont la première édition avait récompensé Helen Marten.

 

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Un colloque sur Winckelmann à Paris

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L’« inventeur » de l’histoire de l’art a-t-il encore des choses à cacher ? Assassiné à Trieste il y a tout juste 250 ans, Johann Joachim Winckelmann fait ce mois-ci l’objet d’un important colloque international, assorti d’une exposition-dossier, organisé par l’Institut national d’histoire de l’art et le Centre allemand d’histoire de l’art. L’objectif est ici d’apporter un nouvel éclairage sur la pensée fondatrice de l’antiquaire en questionnant son rapport aux matériaux et aux genres artistiques, tout en recontextualisant son approche du Beau idéal.

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Frida Escobedo, l’étoile montante

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Raffinée, discrète et réfléchie, Frida Escobedo partage avec sa compatriote Frida Kahlo un sens inné de l’élégance – à l’instar de la ligne de ses sourcils –, et ce mélange troublant d’exigence et de sincérité. Le succès lui est venu très rapidement et en 2018, elle a été la première architecte mexicaine à avoir réalisé le Pavillon d’été de la Serpentine Gallery. Elle est aussi la plus jeune à avoir reçu cette distinction, lancée en 2000 avec Zaha Hadid. Son Pavillon s’inspire du Proun (« Projet pour l’affirmation du nouveau ») du peintre d’avant-garde russe Lissitzky, avec la perception de l’espace en fragments. À partir d’un matériau modeste, de simples tuiles en ciment industriel, un jeu de lumière se met en place, ainsi qu’une relation ludique entre l’espace, l’eau et le jardin. On y retrouve l’esprit d’une de ses premières réalisations reconnues, la Casa Negra, structure destinée à être totalement environnée par la nature, dont la dominante sombre contraste avec la force de la lumière. Née au Mexique de parents médecin et démographe, Frida Escobedo a été très tôt attirée par les arts, tout en redoutant d’avoir à s’exposer. Hésitant entre les arts plastiques et le dessin, elle tente l’architecture. Elle observe sa ville de Mexico, son bruit, son animation, ses stratifications, revendique la culture de son pays et se définit volontiers comme « pata de perro », une patte de chien qui sillonne et découvre sans cesse. Pour elle, rien n’est figé ni statique et elle se retrouve dans la pensée du philosophe Henri Bergson. Elle aime l’idée que la matière peut absorber le passage du temps et se laisse séduire par les structures éphémères.  Artiste autant qu’architecte, elle définit l’enjeu de sa pratique en quelques mots : « l’expression du temps en architecture par l’utilisation inventive de matériaux et de formes simples ».

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Francisco Calvo Serraller, l’ancien directeur du Prado, est décédé

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Né en 1948 dans la capitale espagnole, Francisco Calvo Serraller a été critique d’art au journal El País depuis la naissance du quotidien en 1976, et professeur à la faculté de Beaux-Arts de Madrid, devenant ainsi une des références nationales dans le milieu artistique, aussi bien pour l’art contemporain que moderne. Entre 1993 et 1994, et pour seulement cent cinquante jours, il est devenu directeur du célèbre musée du Prado, jusqu’à sa démission précoce en raison du manque de soutien de la ministre de la Culture de l’époque. Néanmoins, ses successeurs, notamment Miguel Zugaza, directeur du Prado de 2002 à 2017, l’ont tous consulté lors des différents projets de développement de l’institution. Membre de l’association des Amis du musée, Francisco Calvo Serraller a également participé à de nombreuses conférences et côtoyé les plus éminents spécialistes et experts internationaux. Sa dernière prise de parole, au Prado, date du 5 novembre, à l’occasion d’une intervention à propos de Manuela Mena, conservatrice en chef du département de peinture du XVIIIe siècle et spécialiste de Francisco de Goya. Francisco Calvo Serraller est décédé des suites d’une maladie dégénérative.

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Java contemporaine à Paris

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En Indonésie, 90 % de la population est musulmane. Dans ce pays, le respect du pluralisme religieux est un pillier de la République. Pourtant, les confréries musulmanes traditionnelles sont, ces dernières années, menacées par les obscurantistes. À Java, le centre artistique de l’archipel, les jeunes artistes disent  leur angoisse face à l’ombre de Daesh et à la destruction de l’environnement. Leurs oeuvres sont inédites en France. Cette exposition permet de découvrir une quinzaine d’entre eux, dont Agung Prabowo, Muhammad Zico ou Muhammad Ucup Yusuf.

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[FLASH EXPO] Annette Messager investit l’Institut Giacometti

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Christian Alandete, commissaire de l’exposition, et Annette Messager, artiste invité de l’Institut Giacometti, nous accompagnent dans la découverte de ce pas de deux dans les œuvres de la collection de la Fondation Giacometti.

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Joanna Chevalier prend la direction artistique de la Beirut Art Fair

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La 10e édition de la Beirut Art Fair, foire internationale d’art contemporain de Beyrouth, qui aura lieu du 19 au 22 septembre 2019, sera donc orchestrée par Joanna Chevalier, qui avait déjà apporté son expertise en art contemporain aux éditions 2017 et 2018 de l’événement. Née au Liban et diplômée en sciences politiques de l’American University of Paris, Joanna Abou Sleiman Chevalier a su se forger une solide expérience dans le domaine du management d’artiste et du consulting en projet artistique. Directrice artistique chez Ernst & Young, de 2012 à 2013, elle est notamment à l’origine de trois commandes d’installations monumentale auprès des artistes Laurent Pernot (« Cadavre Exquis »), Jean-Philippe Illanès Borjas (« Cumulus ») et Julie Legrand (« L’Âge Adulte »). Commissaire d’exposition en 2010 à l’Espace culturel Louis Vuitton à Paris, elle a également produit deux installations durant la « Nuit Blanche », à Paris, en 2012 (« La Mer » d’Ange Leccia et « L’Homme d’Eau » by Patrick Corillon) avant de concevoir différentes expositions au Liban. Membre des comités de sélection des deux dernières éditions de Beirut Art Fair, elle prend aujourd’hui la direction artistique de l’événement. Joanna Chevalier succède ainsi à Pascal Odille qui rejoint le Nabu Museum de Beyrouth, nouveau musée libanais d’archéologie et d’art moderne inauguré le mois dernier.

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À Toulouse, le Castel Gesta retrouve toute sa splendeur 

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Arc & Sites, agence d’architectes du patrimoine créée en 2005 à Bordeaux, a procédé à la restauration du Castel Gesta, dit « château de Verrières », ancienne résidence de Louis Victor Gesta, peintre-verrier français et fondateur de la manufacture Gesta, l’une des deux plus importantes manufactures de vitraux en France au XIXe siècle. L’édifice, classé Monument historique, a été construit dans les faubourgs de Toulouse dans les années 1860 pour accueillir des ateliers, des salles d’exposition, des locaux administratifs ainsi que des logements privés. Le Castel Gesta possédait également sa galerie des Illustres à la gloire des artistes de la région toulousaine, qui accueillait les œuvres de la collection privée de Louis Victor Gesta. Après des années d’abandon, le monument ayant été squatté et vandalisé, la Ville de Toulouse l’a inscrit dans son Plan Patrimoine, un outil pour la gestion des travaux sur l’ensemble des Monuments historiques et du mobilier dont la Ville est propriétaire, ainsi que d’autres édifices emblématiques ne lui appartenant pas, comme le Castel Gesta.

© Rémi Desalbres/Arc & Sites

Ce Plan, conçu dans le cadre du projet de candidature de la Ville au Patrimoine mondial de l’Humanité, a été confié à l’agence Arc & Sites, qui a également participé à la restauration de l’ambassade de France à Belgrade ou encore de l’Hôtel de la Marine à Bordeaux. La restauration du Castel Gesta a permis de redécouvrir deux peintures murales de Bernard Bénezet que l’on croyait détruites, intitulées L’Académie des jeux floraux et L’Académie royale de peinture, sculpture et architecture. Ainsi, ce chantier de restauration a constitué un véritable laboratoire des métiers du patrimoine avec un large éventail de métiers et d’artisans mobilisés, travaillant sur les vitraux, les sculptures, les peintures ou encore les ferronneries, en plus du gros œuvre architectural.

 

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Une peinture d’un Primitif français préemptée par le Louvre 

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L’œuvre, une tempera sur panneau de petit format (42 x 23 cm), représente Un moine franciscain en prière devant la Vierge et l’Enfant Jésus présenté par saint Louis de Toulouse, à droite saint André. Elle a été réalisée par un artiste de l’École française vers 1400-1410. Inédite sur le marché de l’art, cette peinture n’a été exposée publiquement qu’une seule fois, en 1959 au musée des Beaux-Arts de Tours pour l’exposition « L’art ancien dans les collections privées de Touraine ». Le musée du Louvre a donc préempté cette œuvre  pour la somme de 820 000 euros, soit 1 368 715 euros en comptant les frais, notamment du fait de la rareté d’une telle production. En effet, Charles Sterling le rappelait dans l’introduction de La Peinture médiévale à Paris. 1300-1500, en déclarant que « les tableaux qui ont été peints en France au cours du XIVe et du XVe siècle ont disparu en majorité écrasante ». Cette œuvre en est ainsi une illustration exceptionnelle et précieuse, motivant le souhait du musée du Louvre de l’acquérir pour enrichir ses collections et venir orner les salles dédiées aux Primitifs français. En outre, cette vente a également vu une Vierge à l’Enfant d’un suiveur de Pierre Mignard s’envoler pour 87 000 euros, ou encore un secrétaire droit italien du XVIIIe siècle trouver preneur pour 11 000 euros.

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Focus œuvre : Souvenir de « La Flûte enchantée »

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Vase mauve, 1962, pièce tournée, terre blanche, décor aux engobes et oxydes, gravée au couteau et à la pointe sèche, émail partiel du pinceau, double de couverture à l’intérieur, h. 46 cm, collection particulière ©Archives Marc et Ida Chagall ©ADAGP, Paris, 2018

Par sa technique même, l’art de la céramique induit un rapport bien spécifique entre le support, la matière et la couleur, la cuisson les fixant en un tout homogène et engendrant une texture qui inclut chromatisme et traits de toutes sortes. C’est peut-être par ce processus que le mauve, qui domine la composition, acquiert ce curieux mélange d’éclat et de profondeur. Avec la forme du vase, ses resserrements au pied et au col, il y imprime un mouvement d’expansion et d’ascension en accord avec la plénitude suggérée par la rencontre des principes féminin et masculin, de l’eau et de l’air que symbolisent les figures.
Un mouvement d’une semblable puissance est perceptible dans Souvenir de la flûte enchantée, grand format horizontal organisé autour d’une créature à tête de femme et tout en ailes, emportant en un même flot musiciens et nageuse et semant la liesse sur son passage. Le titre, ainsi que l’omniprésence des instruments de musique, rappelle l’importance revêtue par cet art dans la constitution de l’univers formel de Chagall. Sans théoriser à la manière d’un Kandinsky, il est de ces artistes qui ont cherché, par la couleur, les correspondances entre les sens pour élaborer un art visuel d’une intensité toujours plus grande. Ici, la mise en œuvre de la couleur est particulièrement remarquable : une dominante de bleu, qu’accompagnent des notes de rouge, de jaune et, en moindre proportion, de vert, le tout sur de solides fondations de blanc assurant à l’ensemble à la fois luminosité et densité. C’est surtout le traitement de la surface, en transparence, tel un palimpseste, où les figures vont de la présence spectrale au volume et aux traits définis, qui confère à cet espace pictural son éclatante matérialité.

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