Actualité artistique

À Giverny, les impressionnistes se mettent à la musique électro

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©DR

Avez-vous déjà vu les peintures de Monet, Roussel et Bonnard accompagnées de Deep house ? Bientôt, oui. Le 5 octobre prochain, ce n’est pas la fièvre qui s’empare du samedi soir, mais la musique électro. Pour la première fois, le musée des Impressionnismes Giverny organise une soirée électro de 20 heures à 23 heures dans son hall, à l’occasion de la Nuit blanche. Aux platines, Ethereal Structure et Fred H., deux membres du collectif caennais M.A.D Bains auront la mission de faire danser les visiteurs. L’événement, gratuit et accessible à toute personne majeure, a pour but de contribuer au dynamisme de la programmation de l’institution. Tel est l’objectif de Cyrille Sciama, directeur du musée normand depuis juin dernier qui « souhaite un musée ouvert sur la société, convivial et festif, en étant à la fois exigeant et pédagogique ».

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Zadkine en sa forêt à Paris

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Autour d’une œuvre emblématique d’Ossip Zadkine, Le Rêveur de la forêt, dont le titre peut servir de fil rouge à tout son œuvre, l’exposition réunit quelque quarante artistes ayant traité du thème de la forêt ou du monde sauvage. Le parcours, pour l’essentiel, couvre le XXe siècle (André Derain, Victor Brauner, Max Ernst, Hans Arp, Alberto Giacometti, Jean Dubuffet…) et l’époque contemporaine, où la question du devenir du monde naturel est devenue si aiguë.

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Ma langue au chat : Quelle œuvre de Matisse se rapproche le plus du découpage cinématographique ?

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Jusqu’au 5 janvier, le musée Matisse à Nice présente les liens tissés entre le peintre et le cinéma.

QUESTION

Quelle œuvre de Matisse se rapproche le plus du découpage cinématographique ?


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RÉPONSE

Jazz (1947) qui joue sur la couleur et le mouvement. On peut également citer le projet de vitrail Fleuve de vie ou Les Abeilles (1948), constitué de papiers gouachés découpés et ressemblant à une photographie d’Etienne-Jules Marey ou Lucien Bull sur le découpage du mouvement.

Toutes les réponses figurent bien sûr dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Cinématisse
In Fine Éditions d’art, 128 pp., 25 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition « Cinématisse. Dialogues d’un peintre avec le cinéma »
organisée du 19 septembre 2019 au 5 janvier 2020 au musée Matisse à Nice.

+ d’infos

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Le musée du quai Branly-Jacques Chirac devient gratuit pendant quinze jours en hommage à l’ancien président

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Alors que l’on apprend que l’ancien chef d’État sera enterré lundi prochain auprès de sa fille Laurence au cimetière de Montparnasse, Stéphane Martin, président du musée du quai Branly-Jacques Chirac, a annoncé ce matin sur « Europe 1 » que l’institution dédiée aux « arts premiers » est accessible gratuitement durant une dizaine de jours. Dès aujourd’hui et jusqu’au lundi 11 octobre, il est possible de faire le deuil de Jacques Chirac en visitant l’édifice de Jean Nouvel : « au musée, les images du président sont partout, les drapeaux sont en berne, c’est un moment très émouvant pour les équipes », explique Stéphane Martin. Au lendemain du décès de l’homme à l’origine du musée, cette décision est à l’initiative de Franck Riester, ministre de la Culture, et de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. L’accès gratuit au musée s’ajoute aux nombreux hommages rendus à Jacques Chirac, tels que la journée de deuil national organisée lundi, annoncée par Emmanuel Macron lors de son éloge funèbre, hier soir.

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Pour une Nuit blanche engagée

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Fondée en 2017, Thanks for nothing est une association qui mobilise les artistes et le monde de la culture en organisant des événements artistiques et solidaires. En 2018, lors de la Nuit blanche, l’association avait investi le Pont Alexandre III. Toute la nuit, des artistes et performers s’étaient relayés aux côtés de 5 associations pour proposer aux spectateurs de s’engager à travers une collecte d’objets culturels – livres, matériels audio, instruments de musique, tickets d’entrée aux institutions culturelles à destination de la Fondation Abbé Pierre, d’atelier des artistes en exil, des Bibliothèques sans frontières, de Cultures du cœur et de Music Fund. 500 000 personnes se sont pressées sur le pont et 35 000 livres ont été récoltés (avec l’aide également d’institutions comme le musée Picasso ou le Centre Pompidou). Cette année, c’est la Cité des Sciences qui sera le terrain de jeu de cette action culturelle et solidaire. Même principe : des artistes engagés – parmi lesquels Hicham Berrada, Laurent Grasso, Angelika Markul ou Laure Prouvost ont bénévolement prêtés des œuvres en lien avec les enjeux environnementaux, et des associations – Le Partie poétique, La Cloche et La Timmy – viennent présenter leurs actions sur la préservation de l’environnement et la protection et l’intégration des mineurs étrangers.  Au programme : déambulation dans « La Forêt en mouvement », une forêt de plus de 200 arbres installés au cœur de la Cité par Le Parti Poétique, projections de films d’artistes ou carte blanche à l’écrivain Boris Bergmann dans le Planétarium. Plusieurs performances auront également lieu. A partir de 19h30, Tomás Saraceno avec Alberto Pesavento invitent les visiteurs à participer à la réalisation de Museo Aero Solar, en apportant des sacs plastiques. Le but : construire une sorte de montgolfière en matériaux plastiques recyclés. Mais le point d’orgue de cette nuit à la Cité des Sciences sera sans aucun doute la performance géante « Le Troisième Paradis », une reformulation du symbole mathématique de l’infini ∞ réalisé grâce à une chaîne humaine, de l’artiste italien Michelangelo Pistoletto. Pour chaque inscription (gratuite !) à la performance, un arbre sera planté. Objectif affiché : 500 arbres. Quand culture et engagement sociétal et environnemental ne font plus qu’un !

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Idée Lecture : Amoureux des vieilles pierres

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Pour les amoureux du patrimoine, le nom de Pierre de Lagarde est à écrire en lettres d’or. Il s’agit bien sûr « d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître » mais ce créateur de « Chefs-d’œuvre en péril » en 1962 a permis au grand public de se familiariser avec les vieilles pierres par le biais du petit écran. Avec son fils Olivier, journaliste pour France Info, il évoque ici ses souvenirs. D’Allouville-Bellefosse (Seine-Maritime), où fut lancée la première de son émission, jusqu’à Yerres (Essonne), où Nicolas Sainte Fare Garnot et Valérie Dupont-Aignan soignent la Propriété Caillebotte, quasiment toutes les lettres de l’alphabet sont enluminées de longs chantiers de restauration. On y croise quelques histoires terribles comme celles du défunt Palais rose ou de la Villa Cavrois (Nord) entièrement pillée. On y rend hommage au Dr Carvalho, qui lança l’association de La Demeure historique, et l’on rappelle que Philippe de Broca tourna Le Diable par la queue au château de Fléchères. Au passage, on égratigne sans risque Buren et l’art contemporain. Tout ceci fleure bon les Trente Glorieuses, est nostalgique mais un peu poussiéreux.

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Dürer, naturellement à l’Albertina de Vienne

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L’Albertina de Vienne possède la plus grande collection au monde d’œuvres d’Albrecht Dürer (1471-1528). Cela ne l’empêche pas aujourd’hui d’emprunter à d’autres institutions des œuvres phares pour montrer plus de deux cents dessins, gravures ou peintures du maître allemand. La beauté se passe de commentaires. On retrouve avec un plaisir proche de l’extase la Mise au tombeau (1504, mine et encre) venue de Washington, le Saint Jérôme (1521, huile sur bois) de Lisbonne et les habituels pensionnaires de l’Albertina, au nombre desquels le favori, le Jeune Lièvre de 1502.

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Un rare tableau de Cimabue, maître de Giotto, découvert dans une cuisine de l’Oise

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Cimabue, Le Christ moqué, 25,8 x 20,3 cm, peinture à l’œuf et fond d’or sur panneau de peuplier, ©Eugénie Vignon

L’incroyable histoire commence en juin, à Compiègne, lorsque la commissaire-priseur Philomène Wolf d’Actéon participe à l’inventaire de la maison d’une nonagénaire. Son attention se porte sur un petit panneau de 20,3 x 28,5 centimètres accroché dans la cuisine, au-dessus des plaques de cuisson. La famille ignorant la provenance de l’œuvre, celle-ci suppose qu’il s’agit d’une icône russe. Philomène Wolf le porte donc aux experts du cabinet Turquin pour le faire authentifier. Verdict : après des mois de recherche, l’œuvre est attribuée au peintre florentin de la pré-Renaissance Cenni di Pepo, dit Cimabue, actif dans la seconde moitié du XIIIe siècle. La peinture est estimée entre 4 et 6 millions d’euros par Dominique Le Coënt, fondateur d’Actéon. Le maître de Giotto, rarement représenté dans les maisons de ventes, est connu notamment pour ses fresques des églises de Pise, Florence et Bologne. À ce jour, seule une dizaine d’œuvres peintes sur bois de Cimabue sont connues des historiens de l’art. L’œuvre redécouverte représente Le Christ moqué et fait partie d’un diptyque de huit scènes de la Passion du Christ, datant de 1280. La pièce complète deux autres panneaux connus : La Flagellation du Christ, conservé à la Frick Collection de New York depuis 1950, et La Vierge à l’Enfant, acheté par la National Gallery à Londres en 2000. « Les traces de l’ancien encadrement, les petits pointillés ronds exécutés de la même façon au poinçon, le style, l’ornementation du fond d’or, la correspondance des dos des panneaux et l’état respectif des trois panneaux, confirment que ces panneaux constituaient le volet gauche du même diptyque », explique la maison de ventes. Dédiés à la dévotion, ces panneaux étaient de petits formats afin d’être transportés aisément dans les congrégations religieuses ou dans les chapelles des particuliers. La vente du Christ moqué se déroulera le 27 octobre prochain à Senlis, sous la houlette du commissaire-priseur Dominique Le Coënt.

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L’art aborigène en partage

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Le 9 juin dernier, il régnait une atmosphère des plus surréalistes dans la petite ville suisse de Lens, à un battement d’ailes de la station chic de Crans-Montana. Dans le beau bâtiment de verre dessiné par l’architecte suisse Jean-Pierre Emery (qui abritait autrefois la Fondation Pierre Arnaud), une délégation féminine de peintres aborigènes issues des sept centres d’art des APY Lands avait fait le voyage pour accompagner l’accrochage de leur toile sur les cimaises de la Fondation Opale, tout juste inaugurée. La toile cristallisait alors tous les regards, déroulant, dans un embrasement de couleurs et de tourbillons aux accents psychédéliques, l’histoire des Sept Sœurs, l’un des récits mythologiques qui ont façonné la mémoire et l’identité de leur communauté. « Bien plus qu’un tableau au sens de notre jugement occidental, c’est une prière commune, un chant cérémoniel », expliquait Bérengère Primat, au moment même où l’une des artistes exécutait une danse en brandissant un bâton, selon un rituel exprimant la joie du retour… L’émotion des retrouvailles était alors palpable entre la présidente de la Fondation Opale, tombée amoureuse de la culture et de l’art aborigènes qu’elle collectionne depuis plus de quinze ans, et ces femmes peintres dont la jubilation créatrice et l’intense spiritualité sonnaient comme une évidence.

Vue du bâtiment de la Fondation Opale ©DR

« J’ai découvert cet art pour la première fois en 2003 lors d’une exposition au Passage de Retz, à Paris, intitulée « Wati : Les Hommes de Loi ». Cela a été un choc immense… Je me suis mise aussitôt à lire un nombre impressionnant de catalogues pour essayer de comprendre ces concepts de création, si différents des nôtres. J’ai rencontré le commissaire de cette exposition, Arnaud Serval, qui est devenu mon époux, et j’ai décidé de partir avec lui en Australie, dans le Désert central. J’ai alors commencé à acheter des œuvres, notamment celles des trois frères Tjapaljarri que l’on a appelés “ les derniers nomades ” car ils ne sont sortis du Bush qu’en 1986 : Thomas, Walala et Warlimpirrnga », raconte avec simplicité celle qui n’est autre que l’arrière-petite-fille de l’industriel Marcel Schlumberger et la petite-nièce de la collectionneuse Dominique de Ménil…
Bien des années plus tard, au moment où prend forme le désir de créer sa Fondation, Bérengère Primat repart en Australie avec ses enfants pour une longue odyssée sur les terres aborigènes. « Au-delà d’une découverte esthétique, ma relation au peuple aborigène est une aventure humaine. Au contact de ces hommes et ces femmes, je me sens connectée à moi-même, à leur terre, aux autres, au cosmos. Je ne me définis d’ailleurs pas véritablement comme une collectionneuse ; cela me paraîtrait irrespectueux. Je trouve bien plus intéressant de participer et d’aider à la création », explique ainsi cette femme généreuse et passionnée.

Vue de l’exposition « Before Time Began. Aux origines de l’art aborigène contemporain », présentée à la Fondation Opale jusqu’au 29 mars 2020 ©O.Maire

Une ambassade de l’art aborigène

Car pour cette grande amatrice d’art contemporain, les peintres et sculpteurs aborigènes sont aussi et surtout des artistes à part entière, qu’il serait absurde d’enfermer dans une grille de lecture anthropologique et de couper de leurs homologues contemporains. Tirant son nom d’une pierre particulièrement prisée des Aborigènes, la Fondation Opale entend ainsi faire connaître et rayonner cet art en dehors de ses frontières. « J’aimerais offrir aux artistes une plate-forme, un endroit où ils se sentent chez eux, une sorte de pied-à-terre où ils puissent s’exprimer. Avec Georges Petitjean, le conservateur de la collection qui compte quelque huit cents œuvres, nous caressons ainsi le rêve que cette fondation devienne un centre culturel de l’art aborigène, son ambassade en quelque sorte », surenchérit la collectionneuse. Loin d’être un simple lieu d’exposition, la Fondation Opale accueillera ainsi chaque année un artiste en résidence, organisera des conférences afin que les peintres aborigènes puissent parler eux-mêmes de leur travail, et tissera des collaborations avec des écoles d’art suisses. « Notre ambition est de créer aussi une bibliothèque et, dans le futur proche, un centre de recherche », ajoute Bérengère Primat, fière de voir dialoguer sur les cimaises de sa fondation d’éclatantes compositions qui reflètent l’extraordinaire inventivité formelle des plasticiens aborigènes.

Mick Kubarkku, L’ancêtre crocodile, 1925-2008, 55,5 x 21,5 cm, 1973, ocres naturelles sur écorce © 2019, ProLitteris, Zurich. Crédits photos © Vincent Girier-Dufournier

Ici, un panneau d’écorce de la Terre d’Arhnem, dans le Territoire du Nord, sur lequel le grand John Mawurndjul a réalisé une vision saisissante de la première cérémonie secrète de ses ancêtres : leurs faciès crayeux rappellent étrangement le visage spectral du Cri de Munch. Là, une composition cosmique de l’artiste Gulumbu Yunupingu (1945-2012) évoquant le Garma, ce lieu mythique où tout le monde peut venir se reposer en regardant les étoiles. Plus loin, une toile aux vibrations hypnotiques d’Emily Kame Kngwarreye (1910-1996) dont les points lumineux suggèrent le tracé des peintures corporelles. « On a comparé la touche d’Emily Kame à celle des impressionnistes. Mais les paysages qu’elle peint sont dans en état d’être permanent, et non dans un état fixé dans le temps », précise néanmoins Georges Petitjean, historien de l’art, lui aussi tombé amoureux de cette culture et de cet art trop souvent enfermés par les ethnologues dans ce concept si difficilement traduisible qu’est « Le Temps du Rêve ». Par cette expression trompeuse (Dreaming en anglais, Tjukurpa dans la langue pitjantjatjara), les Aborigènes désignent en réalité cette période lointaine et immuable durant laquelle des êtres mythiques, mâles ou femelles, surgirent de la terre pour façonner le paysage et le ciel, avant d’apparaître aux premiers hommes. C’est aussi, selon la jolie expression de l’historien de l’art australien Wally Caruana, un « espace-temps qui n’a rien à voir avec un état de rêve ou de sommeil », un corpus inépuisable de croyances et de concepts auxquels, depuis des millénaires, les Aborigènes ne cessent de se référer pour se « nourrir » physiquement et spirituellement.

Long Jack Phillipus Tjakamarra, Rêve d’eau à Kalipinypa, c. 1938-1992, 196 x 171 x 2,2 cm, 1974, acrylique sur toile de coton ©Fondation Opale

Squelettes et esprits

Ainsi, rien de moins dénaturé et de moins statique que cet art aborigène qui semble faire le grand écart entre pratiques millénaires et expériences avant-gardistes. Utilisant les supports les plus variés (panneaux d’écorce, toiles et pigments acryliques, mais aussi sculptures, poteries, tissages et, plus récemment, photographies), les artistes mettent en scène les plantes et les animaux totémiques de leur territoire, relatent les histoires de leur famille et de leur clan, transposent sur la toile les motifs secrets autrefois réservés aux parois rocheuses, aux peintures des corps et aux objets cérémoniels. Hantées de squelettes et d’esprits, peuplées de crocodiles et de kangourous, traversées d’éclairs et de boules de feu, scandées de trous d’eau et de rivières, leurs œuvres sont des prières visuelles, des opéras polyphoniques, des territoires picturaux et sacrés. Bérengère Primat, quant à elle, s’autorise ce joli rêve : « J’aimerais que le public qui se rend à la Fondation Opale éprouve, à son tour, l’émotion que j’ai ressentie moi-même il y a quinze ans. Au-delà des discours, l’art aborigène doit rester avant tout une expérience physique et sensorielle ».

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Le Maharajah d’Indore, une légende moderne au musée des arts décoratifs

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Dans la grande nef du musée des Arts décoratifs, cinq cents objets dressent un portrait chinois du mythique maharajah d’Indore, Yeshwant Rao Holkar II (1908-1961), souverain d’un des plus riches États de l’Inde. L’exposition fait renaître le palais moderniste de Manik Bagh, que le jeune maharajah fait bâtir à partir de 1929 par l’architecte allemand Eckart Muthesius. Les commissaires d’exposition Raphaëlle Billé et Louise Curtis ont mené une longue enquête sur ce richissime personnage éduqué à Oxford et très en vue entre les deux guerres. Elle jettent un éclairage nouveau sur ses liens avec les avant-gardes européennes, notamment avec Man Ray, dont il fit son portraitiste, et Brancusi, à qui il acheta trois Oiseaux dans l’espace. Grand amateur de métal et de luminaires modernes (il en dessina quelques-uns pour Manik Bagh), le maharajah influença les arts décoratifs européens. « Les décorateurs français voyaient en lui un client providentiel, dans le contexte difficile de l’après 1929. Ruhlmann, Louis Sognot et Charlotte Alix, entre autres, ont créé des ensembles en fonction de ses goûts, en espérant une commande », explique Raphaëlle Billé. Une vingtaine de créateurs, français et allemands, sont représentés dans l’exposition, où l’on découvre aussi l’influence de l’épouse du souverain, la maharani Sanyogita Bai Devi (1914-1937), sur Manik Bagh. « Elle fut éduquée en Angleterre comme son époux », souligne Louise Curtis. « Le palais fut conçu par et pour un couple. Après la mort de la maharani en 1937, il fut d’ailleurs délaissé. »

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Jacques Chirac et le musée du Quai Branly : une longue histoire

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Il aura fallu le combat d’un amateur opiniâtre, Jacques Kerchache, résolu à inscrire contre vents et marées l’art non-occidental aux côtés des chefs-d’œuvre du Louvre ; il aura fallu sa rencontre avec Jacques Chirac, que sa sensibilité portait à l’écoute des autres cultures, pour que le projet de l’actuel musée du Quai Branly se mette en place, dès 1996. Annoncée en conseil des ministres le 29 juillet 1998, la décision régalienne de créer un musée consacré aux arts des civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, afin de leur donner leur juste place dans les institutions muséologiques de la France, contribuait alors à sortir le débat de l’enlisement dans lequel il avait glissé peu à peu. Deux visions s’opposaient alors, d’un côté celle développée par le musée de l’Homme, créé en 1938, qui rassemblait sous sa bannière tous ceux pour qui l’objet non-européen était essentiellement un outil de compréhension de sa société d’origine, les considérations esthétiques ou stylistiques étant jugées secondaires ; de l’autre, celle mise en œuvre par le musée des arts africains et océaniens, né Palais des colonies en 1931, qui tentait de réconcilier esthétique et ethnographie au fil d’un parcours plus ou moins erratique. Le projet du Quai Branly, ainsi que la très polémique création d’une antenne permanente de l’institution dans le Pavillon des Sessions du Louvre, mirent un terme à cette antique querelle qui maintenait les arts extra-occidentaux à la marge de l’histoire des arts.
Installé dans le spectaculaire bâtiment conçu par Jean Nouvel, le musée du Quai Branly fut inauguré en grande pompe le 20 juin 2006 par Jacques Chirac qui déclarait alors : « Il n’existe pas plus de hiérarchie entre les arts qu’il n’existe de hiérarchie entre les peuples. C’est d’abord cette conviction, celle de l’égale dignité des cultures du monde, qui fonde le musée du Quai Branly ». Dix plus tard, le président du musée, Stéphane Martin, prenait la décision de changer l’appellation officielle de l’établissement en « musée du Quai Branly-Jacques Chirac », un choix pour le moins surprenant dans la mesure où les lieux et monuments importants sont habituellement rebaptisés après le décès de la personne à l’origine de leur création, à l’exemple de la BnF, devenue « site François-Mitterrand ». Resté longtemps discret sur ses positions culturelles, Jacques Chirac n’en était pas moins féru de cultures extra-occidentales, se passionnant notamment pour les arts d’Asie et plus particulièrement du Japon. Pour l’anecdote, il avait lui-même déclaré, dès l’inauguration du musée, que ce serait un grand honneur pour lui si l’institution portait son nom. Ce fut chose faite en 2016, une année anniversaire qui offrit également l’occasion au musée de rendre hommage au Président de la République en lui consacrant une exposition temporaire intitulée « Jacques Chirac ou le dialogue des cultures ». Réunissant près de 200 œuvres (peintures, sculptures, photographies, documents d’archives, etc.), cette présentation mettait en regard cinquante dates clefs de l’histoire politique et culturelle française, européenne ou mondiale, et les choix, professionnels ou personnels de l’homme politique. On découvrait alors l’intérêt, jusque-là sous-estimé, de Jacques Chirac pour les arts précolombiens, une passion qu’il avait déjà exprimé quelques années plus tôt, alors qu’il était maire de Paris, à travers l’exposition « L’Art des sculpteurs Taïnos. Chefs-d’œuvre des grandes Antilles précolombiennes », présentée au Petit Palais en 1994. Le portrait culturel proposé par le musée du Quai Branly en 2016 eut également un retentissement populaire inattendu lorsque les réseaux sociaux se firent l’écho d’une ressemblance pour le moins cocasse entre l’homme politique et un masque du théâtre nô, figurant le démon Ôbeshimi (conservé au musée Georges-Labit, Toulouse) présenté dans l’exposition.

Le masque japonais sosie de Chirac arrive au musée du quai Branly https://t.co/QbpoEmGEoz pic.twitter.com/rTBhNrHvOZ

— Le Parisien (@le_Parisien) June 1, 2016

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Disparition de Jacques Chirac, promoteur des « arts premiers »

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À l’origine du musée du quai Branly-Jacques Chirac, l’ancien chef de l’État (de 1995 à 2007) est mort ce jeudi 26 septembre. Tout au long de sa vie, il a été un acteur de la culture en France, notamment au niveau de la reconnaissance des arts extra-européens. Proche du marchand d’art Jacques Kerchache ou encore de l’ethno-historien Jean Malaurie, Jacques Chirac a exprimé une affection pour ces arts, appelés également « arts premiers », à travers des actions culturelles dès le début des années 1990, en rupture avec la culture classique qu’affectionnaient ses prédecesseurs Valéry Giscard d’Estaing ou encore François Mitterrand. Outre son soutien en 1986 pour la pyramide du Louvre de l’architecte Ieoh Ming Pei, disparu également cette année, alors qu’il était maire de la Ville de Paris, l’homme politique et le marchand d’art Jacques Kerchache ont été à l’origine de l’exposition sur les Indiens taïnos des Antilles au Petit Palais en 1994. Six ans plus tard, il fait entrer les arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques au pavillon des Sessions du Louvre, telle une préfiguration du musée du quai Branly-Jacques Chirac. La même année, il a inauguré le musée Jacques Chirac à Sarran, en Corrèze, où sont conservés les objets offerts à l’ancien président, lorsqu’il était dans l’exercice de ses fonctions. En 2004, il a choisi Lens pour recevoir l’antenne du Louvre et réduire le fossé culturel entre Paris et la province. Porté par Jacques Chirac, le musée du quai Branly (renommé musée du quai Branly-Jacques Chirac en 2016) a été inauguré en 2006. Pour célébrer ses dix ans, l’institution lui a dédié une exposition hommage intitulée « Jacques Chirac ou le dialogue des cultures », qui dressait un portrait culturel de son fondateur. Le musée du quai Branly-Jacques Chirac, qui célèbre actuellement les vingt ans de sa collection, ne s’est pas encore exprimé sur la disparition de l’ancien président.

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« Bâtir un monde plus tolérant » : quand Jacques Chirac soutenait la création du Pavillon des Sessions

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Six ans avant l’inauguration du musée du Quai Branly, le Louvre accueillait une antenne permanente de la future institution dans son Pavillon des Sessions. Voulue par Jacques Chirac, cette ambassade, inaugurée en avril 2000, constituait un geste fort en faveur de la reconnaissance du génie créatif des cultures non occidentales. À quelques mètres de la Joconde et de la Vénus de Milo, les visiteurs du plus grand musée du monde, à l’universalité enfin entière, pouvaient découvrir des dizaines de chefs-d’œuvre venus du bout du monde et du fond des âges, qu’ils soient dogon, aztèque, inuits ou hawaïens. Cette démarche venait couronner vingt ans d’efforts de la part de Jacques Kerchache pour accomplir ce que Félix Fénéon et Guillaume Apollinaire, puis André Malraux et Claude Lévi-Strauss avaient prédit et désiré. Présenter en tant qu’elles-mêmes et non plus comme de simples faire-valoir d’œuvres occidentales modernes, les créations africaines, océaniennes ou précolombiennes quittaient les ghettos ethnographiques où on les avait trop longtemps confinées.

Photoquai au Louvre, Pavillon des Sessions. Exposition « Portraits Croisés ». Vue des salles. Septembre 2009 © musée du quai Branly-Jacques Chirac/Antoine Schneck

À l’occasion des dix ans du Pavillon des Sessions, « Connaissance des Arts » consacrait un hors-série à ces chefs-d’œuvre dont Jacques Chirac réaffirmait la nécessaire reconnaissance dans son texte d’introduction :

« Le 13 avril 2000, « l’art premier » entrait dans le XXIe siècle, enfin considéré pour lui-même. La création du pavillon des Sessions devint symbole d’ouverture au monde et de reconnaissance. À l’issue de près d’un siècle de controverses et de débats passionnés, un art qualifié tour à tour de « primitif », de « premier », de « primordial » selon les époques ou les exégètes, entrait au Louvre, l’un des plus grands musées du monde, d’où il était injuste d’écarter des civilisations entières. Pour les pays d’origine des œuvres, il était important devoir leurs cultures enfin reconnues et dignes d’être présentées dans ces murs.

Photoquai au Louvre, Pavillon des Sessions. Expostion « Portraits Croisés ». Vue des salles. Septembre 2009 © musée du quai Branly-Jacques Chirac/Antoine Schneck

Changer le regard, le regard sur l’œuvre, le regard sur l’autre, telle était bien l’ambition de cette première étape, l’entrée au Louvre. Cet emblème culturel, ce lieu de consécration, accueillait une centaine de chefs-d’œuvre des « arts lointains », sculptures reconnues depuis longtemps par les spécialistes mais jusqu’alors ignorées du grand public. Cette sélection de chefs-d’œuvre était et reste un manifeste. Le choix éclairé de mon ami Jacques Kerchache, inspirateur de cette première étape du musée du Quai Branly, ne prétendait pas être un condensé de l’histoire culturelle de quatre continents, ni même un musée idéal. La cohérence et la beauté du parcours proposé, dont la scénographie a été subtilement pensée par Jean-Michel Wilmotte, servent une anthologie éclairée, sensible et inspirée. Elle réunit les œuvres issues des collections nationales du Musée de l’Homme et du Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie, ainsi que des prêts généreux de musées de régions, des dons et prêts de collectionneurs, de musées des pays d’origine. Avec ceux-ci, progressivement, nous avons construit de nouveaux rapports fondés sur la compréhension, le respect mutuel, le dialogue et l’échange.
Ainsi, dix ans plus tard, l’émotion est toujours aussi présente devant ces sculptures d’Afrique, d’Insulinde, d’Océanie, des Amériques et d’Arctique. Elle conforte le pavillon des Sessions en tant que porteur d’un message qui a gardé intacte une force esthétique et scientifique. Le succès indéniable du musée du Quai Branly ne rend pas moins nécessaire la présence de chefs-d’œuvre de ces civilisations non européennes parmi les icônes respectées de la culture occidentale.
Aujourd’hui, alors que près de six millions de visiteurs ont déjà plébiscité le pavillon des Sessions, l’objectif n’est plus seulement de légitimer des cultures trop longtemps méprisées, mais de les rendre accessibles, de les faire vivre en instaurant un véritable dialogue des cultures. C’est grâce à ce dialogue, c’est dans le respect de la singularité et de la différence, que nous parviendrons ensemble à bâtir un monde plus tolérant. »

Jacques Chirac, 2010

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Trésors Mayas : Cap sur Uxmal avec PONANT et « Connaissance des Arts »

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C’est du haut de la pyramide du Devin que l’on comprend le mieux l’urbanisme d’Uxmal, la cité maya « trois fois construite » (tel est le sens de son nom). Son histoire est assez courte puisqu’elle fut créée et connut son apogée du IXe au Xe siècles. Cependant, son état de conservation est tel que l’on est surpris par l’élégance et la beauté qu’évoquent encore ses ruines. De la Pyramide ronde à la Maison des tortues, du Quadrilatère des Nonnes (ce bâtiment rappelle la forme d’un cloître avec ses cellules) au Palais du gouverneur, on peut y admirer la sculpture précieuse des frises avec hiéroglyphes et l’architecture aux savantes proportions que l’architecte Frank Lloyd Wright plaçait au niveau des bâtiments les plus remarquables du continent américain.

Croisière Trésors mayas du Yucatan

de Puerto Morelos à Puerto Morelos sur le Champlain
Du 14 au 21 décembre 2019 (
8 jours/7 nuits)
à partir de 2720 €

Plus d’informations sur le site www.ponant.com

ou au 04 91 16 16 27

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Au plus près de Toulouse-Lautrec

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Retrouver Toulouse-Lautrec, être au plus près de sa vérité, tel est l’objectif de cette grande exposition qui réunit plus de deux cents œuvres, choisies parmi les quelque sept cents peintures, deux cent soixante-quinze aquarelles, trois cent cinquante lithographies et cinq mille dessins produits par l’artiste en moins d’une vingtaine d’années. « Depuis la rétrospective de 1992, déjà organisée au Grand Palais, Toulouse-Lautrec a surtout été appréhendé sous l’angle des nuits montmartroises, du cancan, des maisons closes, dans une approche sociologique. Il nous a semblé important de revenir à l’essentiel : son œuvre et sa démarche artistique », explique Stéphane Guégan, conseiller scientifique auprès de la présidence de l’Établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie, et co-commissaire de l’exposition au côté de Danièle Devynck, directrice du musée Toulouse-Lautrec d’Albi.

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octobre 2019

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Ma langue au chat : Quel cinéaste rend hommage à Matisse dans son film « Le Talent du bonheur » ?

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Jusqu’au 5 janvier, le musée Matisse à Nice présente les liens tissés entre le peintre et le cinéma.

QUESTION

Quel cinéaste rend hommage à Matisse dans son film Le Talent du bonheur ?


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RÉPONSE

Après François Campaux en 1946, Marcel Ophüls réalise en 1960 un film sur l’artiste décédé six ans auparavant, Matisse ou Le Talent du bonheur, sur un texte de Max-Pol Fouchet et avec les voix de Jeanne Moreau et de Claude Dauphin.

Toutes les réponses figurent bien sûr dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Cinématisse
In Fine Éditions d’art, 128 pp., 25 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition « Cinématisse. Dialogues d’un peintre avec le cinéma »
organisée du 19 septembre 2019 au 5 janvier 2020 au musée Matisse à Nice.

+ d’infos

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Édito Octobre 2019 : David Zwirner fait la rentrée à Paris

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D’abord parce que rien n’indiquait jusqu’alors l’intérêt pour la France de cette grosse structure implantée à New York, Londres et Hong-Kong. Ensuite, parce qu’en reprenant l’ancien espace créé en 1986 par le désormais « historique » marchand Yvon Lambert, c’est un pan de l’histoire de l’art français qui se transmet à une galerie au profil très différent. Ces vastes espaces du 108 rue Vieille-du-Temple avaient transité un temps entre les mains de la VNH Gallery, dirigée par Hélène Nguyen-Ban et Victoire de Pourtalès, mais l’on sait aujourd’hui combien l’équilibre financier d’une galerie est difficile. Du coup, le passage de Victoire de Pourtalès dans cette nouvelle structure (aux côtés de Justine Durrett, qui dirigeait jusqu’alors la galerie de New York) apparaît comme un gage de continuité tout en permettant à une galerie internationale de renforcer la présence à Paris de marchands étrangers tels que l’Autrichien Thaddaeus Ropac (également à Salzbourg, Londres et Pantin), des Allemands Karsten Greve (à Cologne et Saint-Moritz ) et Max Hetzler (à Berlin et Londres) et des Américains Larry Gagosian (l’homme aux treize galeries) et Marian Goodman (à New York et Londres). Sans oublier bien sûr les galeries françaises, de Lelong à Daniel Templon, d’Emmanuel Perrotin à Almine Rech, qui ont dispersé leurs succursales dans plusieurs autres pays, dont la Belgique voisine.
L’arrivée de David Zwirner à Paris fait également rêver car, avec lui et sa galerie, ce sont des artistes comme Neo Rauch, Francis Alÿs, Marlene Dumas ou Mamma Andersson, qui seront désormais représentés en direct en France. Il risque bien d’y avoir quelques clashs car ses confrères parisiens exposent déjà d’autres artistes qu’il représente, comme Fred Sandback (Marian Goodman), Bridget Riley (Max Hetzler), Donald Judd (Thaddeus Ropac), Sigmar Polke (Suzanne Tarasiève) ou Yayoi Kusama (Pièce Unique), mais tout cela s’ajustera dans le temps comme le gentlemen agreement qui préside dans les foires et permet à plusieurs galeries d’exposer les mêmes créateurs à quelques mètres d’intervalle. Pourtant, tempérons notre enthousiasme. Ces galeries internationales venues à Paris n’ont pas toutes joué le jeu. Si certaines proposent de vraies expositions d’envergure, d’autres se contentent du minimum, accrochant ici quelques dessins d’un ténor de la peinture, là une jeune découverte, et pas forcément leurs artistes phares, dont elles estiment qu’ils ne correspondent pas aux fortunes de l’Hexagone. Espérons donc que David Zwirner ne considérera pas Paris comme une place de deuxième zone et qu’il reprendra, par exemple, après les dessins de Raymond Pettibon annoncés pour son ouverture le 17 octobre (voir p.124 ), les toiles monumentales d’Oscar Murillo qui ont conclu la saison dernière à Londres ou les tissus abstraits d’Anni Albers, l’une des figures majeures du Bauhaus, qui viennent de lancer la rentrée à New York.

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Valéry et les peintres à Sète

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S’inscrivant dans la lignée de l’exposition « Degas Danse Dessin » (musée d’Orsay, 2017), les Journées Paul Valéry explorent les liens que l’auteur du Cimetière marin a entretenus tout au long de sa vie avec les peintres et leur art. Développant une approche singulière de l’image et de la beauté, Valéry, poète austère et cérébral, a dépeint mieux que nul autre les méandres de la création picturale.

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