Actualité artistique

René Magritte : peintre, poète et philosophe #1 [podcast]

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Découvrez le second épisode en podcast « xxxx ».

Une émission réalisée à l’occasion de l’exposition « René Magritte. La trahison des images », présentée au Centre Pompidou à Paris,  du 21 septembre 2016 au 23 janvier 2017.

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Kahlo, Van Gogh, Vermeer : Les expositions virtuelles à découvrir de chez soi gratuitement

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Le confinement total n’a pas que des désavantages. Et si vous profitiez de ce moment loin de la foule et du coronavirus pour découvrir des expositions virtuelles à visiter depuis votre canapé ? De Frida Kahlo à Vincent Van Gogh, en passant par les chats dans l’histoire de l’art, plongez dans notre sélection d’expositions virtuelles à faire gratuitement de chez soi.

1. Art Basel Online Viewing Rooms

La foire d’art contemporain Art Basel, qui devait se dérouler du 19 au 21 mars à Hong Kong, a été annulée en février dernier en raison de l’épidémie de Coronavirus. Afin d’éviter que les acteurs du monde de l’art ne manquent cette année le rendez-vous international créé en 2013, Art Basel a lancé sa plateforme digitale, proposant 2 000 objets d’art parmi 235 galeries. Cette foire d’art numérisée, intitulée Art Basel Online Viewing Rooms, est lancée dès aujourd’hui en VIP Preview, avant d’être accessible au public du 20 au 25 mars.

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Our very first Online Viewing Rooms now live for VIP preview! It is impressive to see so much creativity on one single digital platform. Here is a rare treat, an immersive infinity space, hosted on a digital space. The nine decades of Yayoi Kusama’s life has taken her from rural Japan to the shiny New York art scene, and back to contemporary Tokyo. She has continuously reinvented her style and artistic practice throughout her career, most notably known for her repeating dotted patterns across a wide range of media, including painting, drawing, sculpture, film, performance and immersive installation. Obsessed with the notion of infinite space, @yayoikusama_ re-creates that to fascinating perfection in her infinity rooms. It is truly special to have one of her infinity room (mirror box) installations in @artbasel’s first Online Viewing Rooms via @otafinearts’s presentation “Post Art Fair”. Log in with your personal account and access via link in bio. #ArtBaselOVR ___________________ Yayoi Kusama, ‘Life Shines On’ (2019)

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2. « Bois sacré », musée du quai Branly-Jacques Chirac

En partenariat avec Google Arts & Culture, le musée du quai Branly-Jacques Chirac a mis en ligne son exposition « Bois sacré. L’initiation dans les forêts guinéennes ». Pour celles et ceux qui n’avaient pas pu la voir entre mars et mai 2014, c’est une réelle aubaine. À travers des masques en bois anthropomorphes, l’exposition explore l’initiation, un moment clé de la vie de chaque individu dans de nombreuses cultures du continent africain.

3. « Les chats dans l’histoire de l’art », RMN-Grand Palais et Universal Museum of Art

Enfin une exposition qui ravit les amoureux d’art et de félin. De la sculpture représentant la déesse Basset à l’Olympia (1863) d’Édouard Manet, en passant par Le chat mort (vers 1820) de Théodore Géricault, pour la première fois, 75 œuvres sont réunies virtuellement autour d’un des animaux les plus appréciés des artistes et d’internet : le chat. En partenariat avec la RMN-Grand Palais, l’Universal Museum of Art (UMA) présente « Les chats dans l’histoire de l’art », une exposition en réalité virtuelle qui met en lumière le succès des félins au travers des siècles.

Édouard Manet, Olympia, 1863, huile sur toile, 130 x 190 cm, musée d’Orsay

4. « Faces of Frida »

Le Musée national d’Art moderne est fermé et vous ne pouvez plus admirer The Frame de Frida Kahlo, à l’honneur dans le cadre du parcours #PompidouVIP. Pas de problème. Plusieurs institutions, telles que le Museo Frida Kahlo, le National Museum of Women, les Archives of American Art du Smithsonian ou encore le Centre Pompidou, se sont associées pour « Faces of Frida », sur Google Arts & Culture. Cette exhaustive rétrospective retrace la vie, l’œuvre, l’amour et l’héritage de Frida Kahlo à l’aide des éclairages de spécialistes.

Frida Kahlo, The Frame, 1938 © Centre Pompidou, MNAM-CCI / Dist. Rmn-Gp, © Banco de México Diego Rivera Frida Kahlo Museums Trust, Mexico, D.F./Adagp

5. « Figure d’artiste », musée du Louvre

Lors de sa fermeture, le musée du Louvre met en lumière de nombreux contenus sur son site. L’institution parisienne propose notamment une visite virtuelle de l’exposition de la Petite Galerie « Figure d’artiste », interrompue inopinément. L’occasion d’admirer de chez soi les autoportraits de Dürer, Rembrandt ou Delacroix.

6. « Ker Xavier Roussel. Jardin privé, jardin rêvé », musée des Impressionnismes Giverny

Également en partenariat avec Google Arts & Culture, le musée des Impressionnismes de Giverny invite les visiteurs 2.0 à découvrir « Ker Xavier Roussel. Jardin privé, jardin rêvé », une mini-exposition faisant écho à la rétrospective consacrée à l’artiste de juillet à novembre 2019. Des débuts nabis de Ker-Xavier Roussel dans les années 1890 à la fin de sa carrière en 1944, l’institution partage ici quelques œuvres emblématiques de l’exposition.

Ker-Xavier Roussel (1867-1944), Eurydice mordue par un serpent, vers 1913, huile sur toile, 113 x 161 cm, collection particulière © Tous droits réservés /Photo : Patrice Schmidt

7. « Kiki Smith », la Monnaie de Paris

Le musée du quai Branly et le musée des Impressionnismes de Giverny ne sont pas les seuls à donner une seconde vie à leurs expositions. Alors que se tenait d’octobre 2019 à février dernier la première exposition personnelle de Kiki Smith dans une institution française, la Monnaie de Paris a numérisé l’exposition, pour notre plus grand bonheur.

8. « La mode au XIXe siècle », musée des Arts décoratifs

Google Arts & Culture recèle non seulement de peintures et de sculptures, mais également d’expositions de mode. En collaboration avec le musée des Arts décoratifs, « La mode au XIXe siècle » retrace l’histoire des vêtements féminins et masculins avant, pendant et après la révolution industrielle.

Le musée des Arts décoratifs de Paris donne un aperçu de la mode au XIXe siècle.
Photo ©Wikimedia Commons/Telemaque MySon

9. « Making Van Gogh. A German Love Story », Städel Museum de Francfort

Sur son site, le Städel Museum de Francfort propose de nombreuses offres numériques gratuites. Parmi celles-ci, l’institution allemande, propose la poursuite virtuelle de son exposition passée « Making Van Gogh. A German Love Story ». L’exposition revient sur l’effervescence autour de l’artiste en Allemagne, bien avant la reconnaissance française ou néerlandaise de Vincent Van Gogh, en examinant le mythe autour de cet artiste maudit ainsi que sa touche et son œuvre moderne.

Vincent Van Gogh, Récolte en Provence, 1888, huile sur toile, 50 x 60 cm, Israel Museum

10. « Ronny Delrue. Archive of Thoughts », galerie Marie-Laure Fleisch

Alors que l’exposition « Ronny Delrue. Archive of Thoughts » se déroulait depuis le 7 mars à la galerie Marie-Laure Fleisch, celle-ci a dû s’interrompre à cause de la pandémie de Coronavirus. Néanmoins, il est encore possible de visiter l’exposition virtuelle. Grâve aux projections 3D réalisées par Artland, les internautes peuvent déambuler en ligne dans les espaces de la galerie et s’approcher au plus près des œuvres, comme lors d’une visite en chair et en os.

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Ronny Delrue’s exhibition “Archive of Thoughts” is now open! If you missed the opening on Saturday you have until April 15 to see the show!

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11. « Vermeer et les maîtres de la peinture de genre », National Gallery of Art de Washington

Les institutions américaines ont aussi collaboré avec Google Arts & Culture afin de proposer des expositions virtuelles d’exception. La National Gallery of Art de Washington partage notamment avec les visiteurs connectés « Vermeer et les maîtres de la peinture de genre ». Le musée traite ainsi des peintures de genre et des scènes de la vie quotidienne de l’Âge d’or néerlandais. Johannes Vermeer, Gerard ter Borch, Gerrit Dou, Frans van Mieris, Gabriel Metsu… Tous les maîtres néerlandais ont su réaliser ces portraits raffinés tout en y laissant leurs propres caractéristiques artistiques.

Johannes Vermeer, Femme à la balance, vers 1664, huile sur toile, 397 x 355 mm, National Gallery of Art, Washington

À l’heure où toutes les expositions françaises sont fermées, n’hésitez pas à consulter nos diaporamas en ligne :

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La Mosquée-Cathédrale de Cordoue, une forêt de colonnes

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La Grande Mosquée de Cordoue ne porte pas le nom de son fondateur Abd al-Rahman Ier (731-788). C’est l’oeuvre d’une dynastie tout entière. Elle a été bâtie et agrandie entre les VIIIe et Xe siècles par les émirs et califes omeyyades qui régnèrent sur al-Andalous. Seul Al-Mansour, le dernier intervenant, n’appartient pas à cette lignée. Elle se dresse près du « grand fleuve », le ouadi al-kebir des Arabes devenu Guadalquivir, au sortir du splendide pont romain, là où passait la Via Augusta, la plus longue route de l’Hispanie antique, qui partait des Pyrénées et rejoignait Cadix. Une zone de passage et un emplacement stratégique. Ses hauts murs crénelés et ses puissants contreforts lui donnent l’allure d’une forteresse, d’une « citadelle de la foi ».
Centre névralgique de la cité médiévale, la Grande Mosquée était indissociable du palais des émirs. Un passage couvert enjambant la rue reliait d’ailleurs les deux bâtiments. Surmonté de tours carrées, l’ancien alcazar a été converti en palais épiscopal. Un lieu de pouvoir abandonné de fait par les califes après la création, en 936, de la cité palatiale de Madînat al-Zahrâ, située à quelques kilomètres de Cordoue. C’est dans la Grande Mosquée que la communauté assistait à la prière du vendredi midi et écoutait le prône délivré par l’imam, en présence du souverain ou de son représentant. Ce lieu de culte était aussi l’un des rares espaces publics de la ville, un forum où le cadi administrait la justice, où les savoirs islamiques étaient enseignés aux plus pauvres.

Le mur sud de la mosquée-cathédrale de Cordoue

Agrandie à trois reprises

La Grande Mosquée de Cordoue relève d’un type architectural largement répandu dans les premiers siècles de l’Islam : celui de la mosquée hypostyle dite « arabe » pour la distinguer des types iranien, ottoman et moghol. Un enclos, carré ou rectangulaire, délimite un espace composé d’une cour à portiques et d’une salle à piliers ou à colonnes. « C’est un type d’une grande flexibilité de composition et susceptible de s’adapter aux changements démographiques ou sociaux, car il autorise facilement l’agrandissement ou la réduction de l’espace de la mosquée », indique l’historien Oleg Grabar (Penser l’art islamique, Albin Michel, 1996).
La Grande Mosquée de Cordoue n’a pas été construite une fois pour toute mais agrandie à trois reprises pour pouvoir accueillir des fidèles de plus en plus nombreux dans une ville qui ne cessait de s’étendre. Et ce, sans que soit remis en cause la structure de la salle de prière primitive qui correspond à la zone nord-ouest de l’actuelle mosquée, près de l’entrée des visiteurs. Elle comportait onze nefs perpendiculaires au mur de la qiblah, indiquant la direction de la prière. Son orientation vers le sud a été souvent discutée : elle ne correspond pas précisément à celle de la Mecque, de règle dans l’architecture islamique. Comment expliquer cette anomalie ? Selon certains auteurs, Abd al-Rahman Ier pourrait avoir repris « nostalgiquement » l’orientation de la Grande Mosquée de Damas, créée au début du VIIIe siècle par son lointain ancêtre, le calife omeyyade Al-Walid Ier.

Plans (intérieur et extérieur) de la mosquée-cathédrale de Cordoue

Différentes sources d’inspiration

Les colonnes monolithes et les chapiteaux proviennent de monuments romains ou wisigothiques. Ces supports atteignaient une hauteur d’environ quatre mètres, insuffisante par rapport à la dimension de la salle. Pour rehausser la construction, une solution originale a été trouvée par les bâtisseurs : des arcades à double niveau, en fer à cheval dans la partie inférieure et en plein cintre au-dessus. Certains monuments antiques d’Espagne, l’aqueduc de Merida en particulier, pourraient avoir inspiré cette formule ainsi que la bichromie des claveaux en brique et en pierre. Les arcs en fer à cheval étaient, quant à eux, fréquemment employés dans les églises wisigothiques. Certains historiens ont mis en avant les affinités de structure, de forme ou de décor avec la Grande Mosquée de Damas, le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, érigés tous trois par les califes omeyyades de Syrie dont Abd al-Rahman revendiquait l’héritage.
Notons aussi que les chapiteaux remployés ont été disposés de façon à créer des effets de symétrie qui valorisent la nef axiale (celle du mihrab), plus large que les autres. Sous le règne de l’émir Abd al-Rahman II (822-852), la salle de prière fut agrandie une première fois vers le sud ce qui entraîna la destruction de la qibla. Et, cette fois, des chapiteaux d’inspiration antique furent sculptés pour pallier sans doute la raréfaction des matériaux de remploi. C’est devant le nouveau mihrab qu’Abd al-Rahman III fut proclamé calife. Celui-ci entreprit la construction d’un nouveau minaret et modifia le portique de la cour sans toucher à la salle de prière. Le chantier de Madînat Al- Zahrâ, nouveau siège du pouvoir, dans lequel il engloutit des sommes colossales, ne lui en laissa pas le temps. Son fils Al-Hakam II apporta en revanche des changements considérables, dès son accession au trône en 962. La salle de prière fut allongée une fois de plus vers le sud après la destruction de la qiblah.

Les trois agrandissement de la mosquée primitive du VIIIe siècle Photo : ©Daniel Salvador

Un édifice gagné par l’opulence

La nouvelle zone, souvent qualifiée de « mosquée dans la mosquée », marque une nette rupture avec le reste de l’édifice. Des textes arabes révèlent d’ailleurs les résistances que suscita ce projet très coûteux au sein de la communauté. Abd al-Walid al-Marrakeshi rapporte ainsi que les Cordouans refusèrent de prier dans la nouvelle partie du bâtiment avant de connaître les sources du financement. Arcs polylobés, plafonds de bois à décor floral, somptueuses coupoles reposant sur des nervures entrecroisées au-dessus de la maqsura réservée au calife et à son entourage, mihrab en forme de salle octogonale, nouveau passage menant à l’alcazar… la mosquée était gagnée par l’opulence dont s’entourait le calife dans son palais de Madinat al-Zahrâ. Certains éléments de décor font clairement référence au lointain passé omeyyade. Ainsi le choix des mosaïques pour la qiblah et les coupoles de la maqsura. Au début du XIVe siècle, l’historien d’origine andalouse Ibn Idhari affirme à ce sujet : « Al-Hakam écrivit au roi des Chrétiens (l’empereur de Byzance) au sujet des incrustations de mosaïques et lui demanda de lui envoyer un artisan talentueux, imitant ce que le (calife omeyyade) Al-Walid avait fait à l’époque de la construction de la Grande Mosquée de Damas. ».
Autre élément inhabituel dans l’architecture islamique : les trois arcades de la qiblah, correspondant au Trésor, au mihrab et au passage vers le palais. Peut-on y voir une relation avec la triple abside de certaines églises mozarabes, San Miguel de Escalada par exemple (province de Leon), datant du début du Xe siècle ? Cette formule a-telle été adaptée inconsciemment dans un contexte pacifié entre communautés chrétienne et musulmane ?

Arcades et colonnettes à l’intérieur du mirhab.

Dernière extension : démonstration de force

La troisième et ultime extension rompt avec les extravagances d’Al-Hakam II et marque un retour aux origines. Sans doute témoigne-telle aussi du rigorisme religieux du chambellan surnommé Al-Mansour (« le Victorieux ») qui prend les rênes d’Al-Andalous en 976, profitant de la faiblesse d’un calife enfant. La salle de prière est agrandie pour la première fois vers l’Est. Huit nefs s’ajoutent aux onze précédentes, la cour est étendue dans des proportions identiques. Et ce changement d’axe fait perdre au mihrab sa position centrale. Celui qui n’était ni calife ni descendant des Omeyyades faisait une évidente démonstration de force tout en s’inscrivant dans une continuité, à travers des arcades sans fin. La forêt de colonnes s’étendait désormais à perte de vue.

Coupole centrale de la maqsurah de la mosquée-cathédrale de Cordoue

Retrouvez plus d’articles sur la Mosquée-Cathédrale de Cordoue dans notre hors-série dédié.

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En attendant le Salon du dessin : Clin d’oeil à Picasso dans un nu de Tom Wesselmann

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Pour Danielle G. Cazeau, la directrice de Reginart Collections à Genève (contact@reginart-collections.com), il s’agit d’une œuvre importante de l’artiste américain, estimée autour de 35 000 euros. Après s’être formé à l’Académie des Beaux-Arts de sa ville natale puis à la Cooper Union de New York, Tom Wesselmann s’enthousiasme pour les artistes de l’époque comme Robert Motherwell et Willem de Kooning. Voulant se démarquer d’eux, il s’attaque à des sujets figuratifs tels que la nature morte, le nu ou le portrait. Ses séries intitulées Great American Nudes ou Still Lifes participent à sa célébrité naissante. En 1983, il transpose ces peintures en sculptures, en découpant les lignes souples et sensuelles de son dessin dans l’acier, ce qu’il nomme les Steel Drawings.

Érotisme et futurisme

Ce dessin, réalisé vingt ans plus tard, reprend la formule des Great American Nudes. Une femme nue est allongée dans un intérieur, ouvert vers l’extérieur par une fenêtre. De là, on entraperçoit la nature avec la mer, un rocher rouge, un arbre qui pourrait cacher un palmier. On sent qu’il fait beau, qu’il fait chaud. La vie est belle. Le corps de la femme est en partie couleur chair, en partie bleu sombre, comme les ombres voulues par les artistes impressionnistes. Ce doublement de la silhouette est intéressant puisqu’il amincit la forme, souligne les seins et le visage, et donne un dynamisme à la manière des peintres futuristes italiens. La femme nue semble faire une roulade sur un lit, relevant les jambes, renversant sa tête aux cheveux blonds. Une fleur rouge, piquée sur ceux-ci, répond à des sortes de tulipes rouges placées près de la fenêtre.

Tom Wesselmann, Study for sunset nude with Picasso, 2003, crayon, encre de Chine sur papier transparent, 8.5 x 8.5 cm ©Reginart Collections

Picasso, figure tutélaire

Enfin, en haut à gauche, un tableau représente un autre nu mais peint dans un style plus hardi, plus contemporain. On l’apparente aussitôt à une toile de Picasso. Détail amusant, ce nu reprend les mêmes éléments que le dessin de Wesselmann : une femme dont le corps est souligné d’une ligne épaisse et noire, une plante verte et un fond reprenant les jaune, vert, bleu et rouge qui se trouvent dans la composition de Wesselmann. Comme si Wesselmann voulait souligner les points communs et les différences entre un Picasso et une de ses œuvres. Il y a bien sûr une mise en abyme avec ce tableau dans le tableau, avec le même sujet traité deux fois. « L’érotisme est constamment présent dans la série des Grands Nus américains, rappelle Danielle G. Cazeau. Ils sont formés de formes planes et simplifiées. Wesselmann souligne fortement la bouche, les seins, les hanches et les cuisses à la façon d’images publicitaires ». Après avoir fait des clins d’œil à Cézanne, Matisse, Mondrian, Motherwell ou Liechtenstein, il s’attaque ici à la figure tutélaire qu’est Picasso. Et se compare à lui. Il affiche son dessin classique et compare son nu élégant au monstre créé par Picasso l’anthropophage.

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L’histoire de l’art à la maison : L’architecture, un jeu d’enfant ! avec cet atelier de dessin

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Le confinement à la maison a du bon. Il vous oblige à réfléchir et à faire avec ce que vous avez sous la main. Comment utiliser vos connaissances pour transmettre votre passion pour l’art à vos enfants désœuvrés ? Comment renouveler chaque jour votre approche et vos idées de sujet ? Connaissance des Arts apporte sa pierre à votre précieux édifice en vous proposant différents ateliers et projet de création qui permettront à vos bambins de découvrir l’histoire de l’art tout en s’amusant. Premier challenge : Construis-moi ton village !

Il vous suffit d’une feuille de papier par enfant et d’une bonne dose de pédagogie. Le concept est simple. Il faut dessiner un village (ou une ville si l’enfant est ambitieux et la feuille suffisamment grande) en y insérant des bâtiments de toutes les époques : une chapelle romane, une église gothique, des maisons de la Renaissance, un château du XVIIe siècle, un parc du XVIIIe siècle, une usine XIXe, un hypermarché XXe… et, pour le XXIe siècle, vous avez le choix entre des pylônes électriques, une usine nucléaire ou des éoliennes. Il vous suffit maintenant de quelques indications techniques.

Une chapelle romane

Facile, la forme est simple. C’est comme une boîte à chaussure rectangulaire avec un demi-tube cylindrique. Il s’agit d’une nef toute en longueur avec des arcs en plein cintre sur le dessus. Quelques lourds contreforts rectangulaires viennent consolider les murs. C’est pourquoi il ne vous reste plus que de petites fenêtres pour percer l’ensemble. N’oubliez pas de rajouter un beau portail sur la façade avec des rangées de colonnes autour du tympan arrondi.

Eglise romane de Courcy (Marne) : [dessin] / H. Lyautey Lyautey. GALLICA

EN 3D

Si vous optez pour la maquette,
voici quelques modèles à découper de monuments célèbres à découvrir
sur la base de données des collections du Victoria & Albert Museum de Londres :

L’abbatiale de Cluny

L’abbaye de Conques

L’abbaye de Sénanque

Une église gothique

Même si l’arc brisé existe déjà à la période romane, gardez cette forme pointue pour votre église gothique car elle va vous servir pour les croisées d’ogives qui couvrent la nef. Celle-ci est doublée de bas-côtés. Il faut donc ajouter deux petits rectangles à votre rectangle de base surmonté d’une toiture pointue. Pour éviter que vos croisées d’ogives ne viennent écraser le tout, pensez à rajouter des arcs-boutants, qui déchargent la poussée et transmettent le poids de la voûte vers l’extérieur. Les croisées d’ogives et les arcs-boutants vont vous permettre d’ouvrir les murs de grandes verrières ornées de vitraux multicolores. Enfin, les enfants adorant le merveilleux, incitez-les à rajouter des gargouilles effrayantes au sommet du clocher ou bien quelque Esmeralda poursuivie par un Quasimodo-Shrek à petites oreilles vertes.

Vue de l’Eglise Notre-Dame de Chartres, 1696, Louis Boudan ? GALLICA

EN 3D

Si vous optez pour la maquette,
voici quelques modèles à découper de monuments célèbres à découvrir
sur la base de données des collections du Victoria & Albert Museum de Londres :

La cathédrale de Chartres

Notre-Dame de Paris

Un château XVIIe

N’est pas Versailles qui veut et donc votre village ne peut pas avoir l’équivalent du palais du roi Soleil. Si vous voulez respecter les règles d’une construction classique, adoptez la symétrie. Un château du Grand Siècle se doit d’abandonner les douves médiévales, ses tours rondes ou son donjon. Ici, les façades sont régulières, le portail central, les fenêtres hautes, le toit élevé et les cheminées fières. Rajoutez pour les balcons quelques élégantes ferronneries, où vous pourrez glisser vos initiales entrelacées qui seront du plus bel effet. Enfin, si par quelque hasard, une des croisées restaient entr’ouvertes, placez quelque portrait de personnage en pied, homme emperruqué ou dame emplumée, qui donnera du statut à votre gentilhommière.

François Mansart, Vue perspective du château de Berny depuis la cour, dessin contractuel paraphé le 27 novembre 1623 ©Archives nationales

EN 3D

Si vous optez pour la maquette,
voici quelques modèles à découper de monuments célèbres à découvrir
sur la base de données des collections du Victoria & Albert Museum de Londres :

Le château de Versailles

Un parc XVIIIe

Pas de buis (ils ont été boulottés par la pyrale), ni d’allée rectiligne. Au Siècle des Lumières, fini le raide parc à la française, voici le parc à l’anglaise avec ses lignes sinueuses. Une petite rivière coule en bas du coteau, quelques feuillus piquent le paysage. Lancez-vous dans les formes inhabituelles des arbres. Donnez de la rondeur aux chênes trapus, de la hauteur aux peupliers et aux tilleuls, la forme d’un cône aux bouleaux et aux tuyas. Utilisez de la couleur. C’est le moment avec les verts tendres, les verts foncés et même les bordeaux pour les érables. N’oubliez pas de rajouter dans ce décor bucolique quelques moutons et autres ruminants qui donneront une touche Marie-Antoinette à votre parc.

Le Hameau de la Reine à Versailles, tableau de Pierre-Joseph Wallaert en 1803, châteaux de Versailles et de Trianon

Une usine XIXe

Flanquez votre village d’une usine en briques rouges. D’abord cela vous apportera de la couleur. Ensuite cela montrera qu’il s’agit bien d’un village réel, qui a subi la révolution industrielle. Cette usine doit avoir une allure d’usine. Il y a donc des cheminées, qui peuvent fumer, des toitures en shed, c’est-à-dire en dents de scie, car l’usine est recouverte de petits toits à deux versants de pentes différentes permettant de vitrer le plus court pour laisser la lumière pénétrer à l’intérieur. On peut agrémenter l’usine XIXe d’une foule entrant ou sortant, à pied ou en vélo, parfois le poing en l’air et chantant l’Internationale.

La ville industrielle, Le Creusot, vue par Pierre Trémaux, 1847 ©CUCM-doc.écomusée-repro.D.Busseuil

 

EN 3D

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La Tour Eiffel

Un supermarché XXe

La construction la plus facile à reproduire. Une boîte plate ornée d’enseignes de couleurs. Elle est entourée d’un immense parking avec ses cohortes de voitures. Quelques rares arbres donnent un peu de vert dans cette zone bétonnée. Pensez aux caddies, en longues files. Pensez aux parents, qui en ce temps-là, pouvaient encore y emmener leurs enfants dans des allées pleines de bonbons, gâteaux et autres tentations. Pensez que tout cela n’est pas perdu et qu’il faut patienter encore quelques heures, jours, mois avant de retrouver votre supermarché bien aimé.

Accessoires contemporains

Pour achever votre village français, il faut rajouter quelques accessoires bien d’aujourd’hui. Vous avez le choix, en fonction de votre habileté, entre des pylônes électriques (« monopodes ou architecturés en forme de fougère ou de roseau », précise Engie), une centrale nucléaire (une forme sensuelle comme le col d’un vase) ou des éoliennes (un parc complet puisque vous y êtes). Rajoutez quelques lampadaires contemporains dans le village, quelques panneaux d’affichage disgracieux et surtout n’oubliez pas de rajouter le nom du village dans un joli cartouche surmonté d’une limitation à 30 kilomètres à l’heure.

Bonne réalisation avec les enfants.
À la prochaine proposition. Sur le portrait.

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Kupka, pionnier de l’abstraction [Visite Live]

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Plongez dans l’oeuvre de l’artiste tchèque František Kupka (1871-1957) considéré aux côtés de Kandinsky, Mondrian et Delaunay, comme l’un des pionniers de l’art abstrait. En direct du musée d’Art moderne de Paris, Guy Boyer, directeur de la rédaction de Connaissance des Arts, vous fait découvrir l’exposition « Kupka. Pionnier de l’abstraction » présentée au Grand Palais à Paris, du 21 mars au 30 juillet 2018.

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Coronavirus : les expositions et événements reportés ou annulés

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Samedi 14 mars, la France est passé au stade 3 de l’épidémie de coronavirus. Parmi les nombreux dommages collatéraux des nécessaires mesures sanitaires mise en place, on compte la fermeture et le report de nombreuses expositions ou foires. En voici une liste mise à jour quotidiennement des événements (festivals, foires, salons, etc.) et expositions reportées ou annulées dans les semaines à venir :

France
  • JEMA : annulation des Journées nationales des métiers d’art sont annulées. Le Mobilier National qui laissait carte blanche à Sheila Hicks (du 3 avril au 3 mai) a décidé de la reporter à une date ultérieure
PARIS
  • COLLECTION PINAULT : L’ouverture de la Bourse de commerce-Pinault Collection prévue pour la mi-juin 2020 est reportée au mois de septembre. Date à définir.
Expositions
  • GRAND PALAIS : Report des expositions « Pompéi. Promenade immersive. Trésors archéologiques. Nouvelles découvertes » et « Noir & Blanc. Une esthétique de la photographie » à des dates indéterminées.
  • MUSÉE PICASSO: Report de l’exposition « Picasso et la bande dessinée »
  • MUSÉE DE L’HOMME : l’exposition « Dernier repas à Pompéi » est reportée à une date ultérieure. Le Musée de l’Homme précise qu’ « en raison de la situation en Italie, l’acheminement des objets présentés dans l’exposition n’a pas pu être effectué ».
  • EMERIGE : le Fonds de dotation Emerige a décidé de reporter à une date ultérieure l’exposition « A World of Absolute Relativity » dont l’ouverture était initialement prévue le 23 avril à Voltaire, lieu d’exposition éphémère d’Emerige à Paris.
  • MUSÉE DE L’ARMÉE : L’exposition « L’Épopée napoléonienne en figurines », qui devait ouvrir ses portes le 28 mars, est reportée au mois de novembre 2020
Festival, foires et salons
  • Annulation du Fifma, Festival International du Film sur les Métiers d’Art qui devait se tenir du 23 au 26 avril au cinéma Le Méliès à Montreuil
  • SALON DU DESSIN : l’édition 2020, qui devait avoir lieu du 24 au 30 mars au Palais Brongniart à Paris, est reportée du 28 au 31 mai
  • Le festival Audi talents Undomestic qui devait avoir lieu au Palais de Tokyo à partir du 16 avril est reporté du 16 au 19 juillet 2020.
  • DRAWING NOW ART FAIR : La foire dédiée au dessin contemporain qui devait avoir lieu au Carreau du Temple du 26 au 29 mars reporte ses dates du 29 mai au 1er juin.
  • ART PARIS 2020  : Le salon d’art contemporain Art Paris 2020 prévu au Grand Palais à Paris du 5 au 8 avril se tiendra du 28 au 31 mai.
  • PAD PARIS : Le salon d’art et de design PAD Paris qui devait se tenir dans le jardin des Tuileries du 1er au 5 avril est reprogrammé du 12 au 17 mai
  • ART UP LILLE :  La foire d’art contemporain d’Art Up Lille qui devait se tenir du 5 au 8 mars à Lille Grand Palais est reportée au mois de juin.
  • ART SHOPPING : Le salon d’art contemporain ART Shopping reporte son édition prévue du 3 au 5 avril prochain au Carrousel du Louvre à Paris sur son édition d’automne, du 23 au 25 octobre 2020.
Hauts-de-France
  • Report du lancement de Lille Métropole 2020 Capitale mondiale du Design, initialement prévu le 29 avril
  • INSTITUT DE LA PHOTOGRAPHIE : l’Institut pour la photographie à Lille reporte sa programmation d’expositions à septembre 2020
Île-de-France
  • PROPRIÉTÉ CAILLEBOTTE : l’exposition « Paul Durand-Ruel et le post-impressionnisme » qui devait ouvrir ses portes le 8 avril est reportée à la saison 2021.
Normandie
  • GIVERNY : le musée des impressionnismes Giverny reporte l’ouverture de son exposition « Plein air. De Corot à Monet » au 27 avril
Occitanie
  • OB’ART MONTPELLIER : le salon Ob’Art Montpellier, qui devait avoir lieu du 3 au 5 avril au Corum, est annulé.
Provence-Alpes-Côte d’Azur
  • FONDATION MAEGHT : La Fondation Marguerite et Aimé Maeght à Saint-Paul-de-Vence, ferme ses portes au public à partir du 15 mars au soir.

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Artistes femmes, design et patrimoine : 5 programmes arty à regarder à la télévision cette semaine

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Confinement obligatoire ne rime pas forcément avec cafard. Et si, en plus d’éviter la propagation du coronavirus, cet isolement permettait de visiter de nouveaux musées accessibles en ligne, de (re)découvrir des biopics d’artistes et de faire le plein d’art à la télévision ? Cette semaine, Connaissance des Arts a sélectionné pour vous 5 programmes sous le signe de l’art à regarder depuis son canapé. Au programme : entretien avec Kiki Smith, échappée sur le Mont-Saint-Michel et zoom sur la chaise Rietveld.

1. Femmes artistes : Kiki Smith, sur Arte

« Dans cette série, des femmes artistes présentent d’autres femmes artistes. » Dimanche 22 mars, à 11h15, c’est Kiki Smith qui prend les commandes la série documentaire d’Arte Femmes artistes. Dans cet épisode, l’artiste sculptrice, peintre et plasticienne américaine partage ses coups de cœur. Alors qu’elle prépare une exposition dans un espace virtuel avec les œuvres d’autres femmes artistes, Kiki Smith reçoit les téléspectateurs dans son atelier, en Irlande.

Femmes artistes, « Kiki Smith », dimanche 22 mars à 11h15 sur Arte

L’artiste Kiki Smith sera au coeur de l’émission « Femmes artistes » cette semaine sur Arte.
Photo ©Wikimedia Commons/Nina Subin

2. Design : la Chaise Rietveld, sur Museum

Est-ce une chaise ? Un fauteuil ? Cette semaine, Museum étudie de plus près la Chaise rouge bleue de Gerrit Rietveld (1888-1964). Créé en 1918, puis peint en 1923, par le designer néerlandais, cet objet est considéré comme une des premières explorations en trois dimensions du mouvement De Stijl. L’occasion de découvrir comment deux planches sur quelques lattes ont réussi à bouleverser le vocabulaire du mobilier et de l’architecture.

Design : la chaise Rietveld, mercredi 18 mars à 22h30, puis jeudi 19 mars à 17h30, vendredi 20 mars à 12h30 et samedi 21 mars à 11h30, sur Museum

3. Révélations monumentales : le Mont-Saint-Michel, sur Histoire

Alors que le Mont-Saint-Michel est actuellement privé de ses visiteurs, découvrez ce monument comme vous ne l’avez jamais vu. De l’imagerie satellite aux détails microscopiques, les spécialistes (archéologues, scientifiques et historiens) reviennent sur l’histoire de l’extraordinaire édifice médiéval.

Révélations monumentales, « Le Mont-Saint-Michel », jeudi 19 mars à 21h30, sur Histoire

Le Mont-Saint-Michel. Photo ©Flickr/Angelo Brathot

4. Secrets de Musées, sur Prime Video

Les utilisateurs de plateforme de streaming seront surpris de découvrir que celles-ci peuvent également receler certaines pépites culturelles. Dans son catalogue, Prime Video, le service de vidéos à la demande d’Amazon, possède la série Secrets de Musées, aux anecdotes muséales croustillantes. Du Metropolitan Museum of Art de New York au Musée égyptien du Caire, en passant par le Louvre et la Galerie des Offices à Florence, la série met en lumière les secrets des institutions les plus visitées aux quatre coins du monde.

Secrets de Musées, saison 1, 22 épisodes, disponible sur Prime Video

5. Velvet Buzzsaw, sur Netflix

Quand la fiction américaine rencontre le marché de l’art, cela peut donner des films surprenants. Velvet Buzzsaw, de Dan Gilroy en est la preuve. Ce thriller américain se déroule dans le milieu de l’art contemporain à Los Angeles, dans un cercle élitiste d’artistes, de critiques d’art et de collectionneurs richissimes. Ce petit monde se trouve chamboulé lorsqu’une série de meurtres sanglants décime les personnages. Entre le slasher, la satire et le nanar, Velvet Buzzsaw relativise sur les aspects parfois caricaturaux du monde de l’art.

Velvet Buzzsaw, disponible sur Netflix

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Le Caravage à Rome : les jeunes années d’un artiste révolutionnaire [podcast]

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Découvrez le second épisode en podcast « Le Caravage à Rome : Amis, ennemis et chef-d’oeuvre ».

Une émission réalisée à l’occasion de l’exposition « Caravage à Rome, amis & ennemis », présentée au musée Jacquemart-André à Paris,  du 21 septembre au 28 janvier 2019.

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Mort de l’architecte italien Vittorio Gregotti

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Né en 1927 à Novare dans le Piémont, Vittorio Gregotti était diplômé en architecture de l’Ecole polytechnique de Milan (1952). Enseignant, fondateur des revues Rassegna et Casabella (dont il prend la rédaction en chef de 1955 à 1963), auteur de textes théoriques et de livres (Le territoire de l’architecture, 1966), il était un architecte admiré et récompensé en Italie et hors de la péninsule italienne.

L’avant-garde italienne

À la 13e Triennale de Milan en 1964, il est récompensé du Grand Prix international. Il dirige ensuite la première Biennale d’architecture de Venise en 1974, l’année où il fonde son agence Gregotti Associati. 25 ans plus tard, il lance la société Global Project Development qui se concentre sur le design et l’architecture durable pour les pays connaissant un fort développement touristique et risquant de négliger l’impact sur l’environnement. Il appartient à cette avant-garde italienne des années 1960 avec Aldo Rossi et Paolo Portoghesi. Il a construit des usines, des immeubles d’habitation, des théâtres, des universités…

Archi et urbanisme

Hormis le stade Luigi-Ferraris de Gênes (2016) et le théâtre Arcimboldi de Milan (1997-2002), l’une de ses réalisations les plus connues demeure le Centre Culturel de Belem à Lisbonne (1993). Vittorio Gregotti s’est passionné également pour l’urbanisme, de Milan (quartier de la Bicocca) à Berlin, de Palerme à Pékin. La France abrite quelques œuvres de ce grand architecte comme l’opération Étoile à Strasbourg (1991), le stade des Costières à Nîmes (1987-1989) et le Grand Théâtre de Provence de 1400 places à Aix-en-Provence (2007).

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Musée du Louvre, Getty, Metropolitan Museum of Art : 15 musées à visiter de chez soi en ligne gratuitement

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En raison de la pandémie de coronavirus, pléthore de musées et d’institutions culturelles ont fermé leurs portes à travers le monde. Bien qu’en France, en Italie, en Espagne et aux États-Unis, les personnes soient invitées à rester chez elles, il n’est pas impossible de se rendre aux musées, du moins, virtuellement. En effet, plusieurs institutions ayant numérisé partiellement, ou totalement, leurs collections, rendent accessibles gratuitement leurs contenus en ligne. Tour d’horizon de 15 musées à visiter depuis son canapé.

1. Le Belvédère de Vienne

La moitié de la collection du Belvédère, plus grand musée d’art autrichien, est accessible en ligne. Toutes les œuvres, parmi lesquelles des tableaux de Gustav Klimt et d’Egon Schiele, présentées dans les salles permanentes ou lors d’expositions temporaires, en font partie. Parmi les œuvres numérisées, celles libres de droit sont également téléchargeables gratuitement en haute définition.

La Bibliothèque nationale de France. Photo ©Flickr/Jean-Pierre Dalbéra

2. La Bibliothèque nationale de France

Avec plus de 6 millions de documents en ligne, la Bibliothèque nationale de France (Bnf) est une institution précurseure dans la numérisation des collections. Outre les ressources en ligne disponibles pour les scolaires et les nombreux livres numériques qu’elle propose, la Bnf offre également des expositions virtuelles thématiques. C’est le cas de l’exposition sur la gastronomie médiévale ou encore celle réservée au genre littéraire de la Fantasy. Sur un site web dédié, la bibliothèque met ainsi à disposition des contenus scientifiques à la fois ludiques et pédagogiques.

3. Le Cleveland Art Museum

Art d’Afrique, peinture et sculpture américaine, art grec et romain, art contemporain, art chinois, design, photographie, art médiéval… Le Cleveland Art Museum couvre un large spectre de l’histoire des arts dans sa collection. En ligne, ce sont 30 000 objets d’art qui sont rendus accessibles aux visiteurs. Des chefs-d’œuvre de Georges de La Tour, de Lucas Cranach ou encore de Kitagawa Utamaro sont ainsi disponibles pour notre plus grand plaisir.

La Galerie des Glaces du Château de Versailles. Photo ©Wikimedia Commons/Myrabella

4. Le Château de Versailles

Google Arts & Culture n’aura jamais été aussi prisé. Ce service mis en ligne par Google en 2011 permet de visiter virtuellement différents musées. C’est le cas du Château de Versailles, un des sites les plus visités au monde. En plus des œuvres en haute définition, Google Arts & Culture propose au public des expositions thématiques sur les sciences, la mode ou même la politique à Versailles.

Le J. Paul Getty Museum à Los Angeles Photo ©Flickr/prayitno

5. Le Getty Museum de Los Angeles

Toutes les images d’œuvres dont le Getty Museum détient les droits et celles du domaine public sont disponibles sur le site de l’institution. Cela représente plus de 100 000 images d’objets d’art du musée et d’archives du Getty Research Center.

Canaletto, Place Saint-Marc, Venise, 1730-1734, huile sur toile, 76 x 118,8 cm, Fogg Art Museum, Harvard University.

6. Les Havard Art Museums

Des tableaux de Canaletto aux estampes d’Édouard Manet, d’Henri Matisse et de Paul Gauguin sont à retrouver parmi les 250 000 objets d’art du site des Harvard Art Museums. Ces images, qui comptent certains trésors artistiques, sont issues des riches collections des universités américaines.

Intérieur du Kunstmuseum Basel. Photo ©Wikimedia Commons/PantaRhei

7. Le Kunstmuseum Basel

Avec plus de 4 100 photographies du domaine public et 5 000 dessins, aquarelles et estampes issus de toutes les périodes représentés, le Kunstmuseum Basel partage un aperçu de sa collection telle une « invitation destinée aux amoureux de l’art du monde entier à embarquer pour un voyage virtuel à travers l’histoire de l’art », précise le site du musée suisse.

Écrins des Joyaux de la Couronne dans une vitrine de Charles-François Rossigneux (vers 1888), galerie d’Apollon, Louvre, 2020 (©Guy Boyer).

8. Le Louvre

Le Musée du Louvre n’est pas en reste. L’institution parisienne propose notamment trois visites virtuelles dédiées aux antiquités égyptiennes, au Louvre médiéval et aux arts décoratifs mis à l’honneur dans la Galerie d’Apollon. Dans une optique d’exhaustivité, le site du Louvre présente ses différentes salles, en plus de répertorier les 30 000 œuvres exposées au musée dans sa base Atlas.

Johannes Vermeer, La Jeune Fille à la perle (détail), vers 1665, 44,( x 39 cm, huile sur toile, Mauritshuis, La Haye

9. Le Mauritshuis de La Haye

Connu dans le monde entier pour sa collection d’œuvres de Rembrandt et de Vermeer, dont La Jeune Fille à la perle (vers 1665), le Mauritshuis de La Haye propose en ligne des contenus variés. Sur son application Second Canvas Mauritshuis, le musée néerlandais réalise des focus sur ses chefs-d’œuvre, de La Leçon d’anatomie du docteur Tulp (1632) de Rembrandt à la Vue de Delft (1659-1660) de Vermeer. Également en partenariat avec Google Arts & Culture, le musée a lancé une exposition rétrospective virtuelle réunissant tous les tableaux de Vermeer, intitulée « Meet Vermeer ». De quoi ravir les aficionados du « sphinx de Delft ».

Extérieur du Metropolitan Museum of Art, New York ©Photo courtesy of The Met

10. Le Metropolitan Museum of Art de New York

Plus de 400 000 images sont rassemblées sur le site du Met. En plus de retracer 5 000 ans d’histoire de l’art avec sa collection, Google Arts & Culture propose des expositions en ligne autour des chefs-d’œuvre et des artistes iconiques de sa collection, tels que Johannes Vermeer, Pieter Bruegel Christian Dior et Coco Chanel.

11. Le Museo Reina Sofia de Madrid

Toujours grâce à Google Arts & Culture, le Museo Reina Sofia met à disposition des internautes amateurs d’art sa collection, dont son œuvre phare : Guernica (1937) de Pablo Picasso. En plus de revenir sur l’histoire de l’Espagne et de l’Europe, les trois sites qui composent musée, le Palacio de Cristal, le Museo Reina Sofia et le Palacio de Velazquez, peuvent se visiter virtuellement.

12. La National Gallery de Londres

Sur le même modèle que le château de Versailles, le Met ou le Museo Reina Sofia, la National Gallery de Londres a également réalisé un partenariat avec Google Arts & Culture. Grâce à celui-ci, une dizaine d’expositions numériques sur les tableaux de Monet à Londres, à Paris ou encore au Havre, une visite virtuelle du musée et de nombreux œuvres sont accessibles gratuitement.

Claude Monet, Soleil couchant sur la Seine à Lavacourt, effet d’hiver, 1880, huile sur toile, 101,5 x 150 cm, Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris, CC0 Paris Musées / Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais

13. Les musées de la Ville de Paris

En janvier dernier, Paris Musées, l’établissement public en charge de la gestion des 14 musées de la Ville de Paris, a mis en ligne en accès libre plus de 100 000 œuvres des collections. Aujourd’hui, plus de 324 000 objets d’art sont numériques, dont plus de 150 000 sont libres de droit. Le site propose également des parcours thématiques, tels que « Victor Hugo et l’océan » et « Caricatures de Victor Hugo », tous les deux en lien avec la Maison de Victor Hugo.

Le Smithsonian National Air and Space Museum, Washington. Photo ©Flickr/Pedro Szekely

14. Le Smithsonian Museum de Washington

Depuis février 2020, le Smithsonian Museum de Washington et ses institutions associées, ont mis en ligne 2,8 millions d’images issues des collections muséales, des centres de recherches, des bibliothèques et des archives. Le musée américain propose également des expositions passées en version numérique.

Vincent Van Gogh, Les Mangeurs de pommes de terre, 1885, huile sur toile, 82 x 114 cm, Van Gogh Museum, Amsterdam

15. Le Van Gogh Museum d’Amsterdam

Avec 200 peintures, 500 dessins et 750 lettres, le Van Gogh Museum d’Amsterdam possède la plus vaste collection d’œuvres de Vincent Van Gogh (1853-1890) au monde. Outre la possibilité de trouver en haute définition des œuvres comme Les Mangeurs de pommes de terre (1885), Les Tournesols (1889), et L’Amandier en fleurs (1890), le musée néerlandais propose, en partenariat avec Google Arts & Culture, quatre visites virtuelles de chacun de ses étages.

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Le château de Chambord : une merveille ésotérique signée Léonard de Vinci ?

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En décembre 1539, alors que François Ier (1494-1547) présentait à Charles Quint le château de Chambord, encore en chantier, l’empereur Habsbourg ne put qu’exprimer sa stupéfaction. Initié en 1519, l’édifice s’inscrivait de façon inédite dans l’art français, sinon européen, du temps. Sous le signe du plan centré propre à l’architecture dite idéale, cultivée, en Italie, à partir du Quattrocento, il dessinait un donjon résidentiel de 44 mètres de côté flanqué de tours.

L’esprit de géométrie

Depuis l’achèvement des travaux au XVIIe siècle, une vaste cour fermée lui sert d’écrin. En son centre, une vis creuse à double révolution marque l’intersection de bras de croix faisant office de galeries délimitant quatre cantons d’appartements. Ceux-ci se déploient sur les trois niveaux principaux ainsi que dans les deux ailes à tour d’angle, ajoutées vers 1539-1547 à la façade nord pour abriter l’appartement du roi et la chapelle. Un même esprit de géométrie et de régularité obtenu par le jeu des moulurations et des pilastres règne dans les élévations.
La surprise se poursuit, en apothéose, au niveau des toitures, ornées d’une forêt de lucarnes, cheminées et lanternons. Posée sur les reins audacieusement voûtés des bras de croix supérieurs, une terrasse d’agrément permet de jouir des perspectives du parc et des canaux alimentés par le Cosson. Ici, la vis se mue en vertigineuse tour-lanterne sommée d’une fleur de lys culminant à 54 mètres du sol. Mais comment expliquer la réalisation de cette ruineuse « folie » dans laquelle François Ier ne résida guère plus de 72 jours durant son règne ?

Le château ou l’affirmation de la puissance royale

Sans avoir été dauphin (fils de roi), François Ier, de la branche des Orléans-Valois-Angoulême, succéda à l’âge de 19 ans à son grand-oncle, Louis XII, mort le 1er janvier 1515. Prince de haute culture poussé par sa mère, Louise de Savoie, le jeune roi se devait d’affirmer sa puissance par un coup d’éclat. Dans l’architecture royale, les marques de la Renaissance se concentraient jusque-là de préférence dans le décor ornemental d’inspiration italienne. Malgré des exemples de chantiers de résidences complètes menés à terme, les rois de France occupaient volontiers des édifices anciens, marques d’un temps long d’exercice du pouvoir et que l’on pouvait agrandir ou bien remettre au goût du jour à volonté. La présence de tours et de parties hautes ornées chères au dernier gothique flamboyant restait par ailleurs, avec les murs cyclopéens appareillés, des signes nobiliaires par excellence. À Amboise même, où François Ier acheva son éducation, le château, assis sur une terrasse, comprenait deux énormes tours à rampe lisse et vis creuse desservant des corps de logis composites.

Il n’en allait pas de même pour les châteaux neufs de la haute noblesse de cour. En Val de Loire, Bury (vers 1510-1515, démantelé), près de Blois, fut l’un des premiers châteaux à plan d’ensemble régulier d’esprit italien. Chenonceau (initié en 1513) puis l’énorme château de Bonnivet (1516-1519, détruit), ainsi qu’Azay-le-Rideau (initié en 1518), suivirent. Plus au nord, Martainville (vers 1500) en Normandie, reste le premier château-donjon à plan centré, plan dont l’Italie explorait toujours avec délice les virtualités dans les domaines religieux, civil ou bien militaire. À Chambord, François Ier voulut faire plus.

Plan actuel du rez-de-chaussée du Château de Chambord, Loir-et-Cher, Val de Loire, France paru dans le Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle d’Eugène Viollet-le-Duc, vers 1856

Chambord : le Grand Œuvre du roi

Triomphe de l’Humanisme, la Renaissance fut également un âge d’or de spéculations ésotériques où d’immémoriales traditions hermétiques se mélangeaient sans vergogne à la symbolique sacrée. Le jeune François d’Angoulême baigna dans cette ambiance « alchimique ». Son précepteur, le dominicain Jean Thénaud, lui dédia une cabale chrétienne en prose dans laquelle la souveraineté terrestre du roi de France était comparée à celle, céleste, du Christ. En quelque sorte, François pouvait s’assimiler à un nouvel Alexandre ou Constantin.

Chambord serait, avec son plan régi par les nombres, ses formes géométriques emboîtées et l’appui d’un décor sculpté symbolique, l’expression de ce syncrétisme d’initiés que seul un descendant de Saint-Louis pouvait oser, le roi étant en outre « merveilleusement adonné après les bastiments », ainsi qu’en témoigna, parmi d’autres contemporains, Jacques-Androuet du Cerceau (1510-1584). On pense que François Ier réfléchit à Chambord dès 1516. Mais avec quel homme de l’art aurait-il pu concrétiser, sur le papier d’abord, ses rêves d’exaltation paroxystique allégorique et christique de la figure royale ? Et le château devait-il être considéré comme français ou bien italien? Les archives de chantier, rares, ne livrent que des noms de maîtres maçons, probables exécutants.

Le Château de Chambord ©Pierre-André Leclerc

Avec Léonard

En 1913, la piste Léonard de Vinci fut enfin lancée par un historien. Installé à l’automne 1516 aux portes d’Amboise au manoir du Clos Lucé, le génie universel florentin y mourut le 2 mai 1519. Il eut le temps de projeter, en Sologne, la cité royale lacustre de Romorantin. Pour Chambord, une maquette, disparue mais connue par un dessin du XVIIe siècle, reprendrait sa première idée. Un escalier rectangulaire, dérivant de plans déjà étudiés par Léonard, y occupait le bras de croix dans l’axe d’entrée. La vis centrale lui fut préférée et le chantier, mis en sommeil en 1522, reprit en 1526 après modification, comme les fouilles récentes des latrines du soubassement l’ont prouvé, du plan des cantons d’appartements initialement définis.
Les historiens s’accordent néanmoins aujourd’hui à dire que Chambord reflète fidèlement les préoccupations de Léonard, en insistant sur le caractère franco-italien de cette synthèse. Ramené d’Italie par Charles VIII, Domenico Bernabei da Cortona, dit Boccador (vers 1465-1549), qualifié de « faiseur de chasteaux » dès 1497, pourrait être l’un de ceux qui participèrent, avec le roi, à la mise en œuvre de ses idées. Vertigineux condensé de science et de spéculations du Quattrocento revisitées en France, Chambord ne pouvait faire école. Engagée bientôt dans l’adoption des ordres antiques, l’architecture allait prendre d’autres voies. Quant aux prétentions politiques de François Ier, déjà écarté du siège impérial au profit de Charles Quint en 1519, puis battu à Pavie par ce même prince, elles furent revues à la baisse, avant que l’un de ses successeurs, Louis XIV, en reprenne le flambeau. Pour le plus grand émerveillement de chaque génération, Chambord n’en reste pas moins une féerie inégalée.

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Yves Klein, l’infini bleu

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À l’image de la célèbre photographie mettant en scène Le Saut dans le vide, toute l’œuvre d’Yves Klein (1928-1962) s’est construite au-dessus, ou plutôt à l’intérieur du Vide. Il a inlassablement exploré toutes les virtualités de cet espace du non-être, dans un habile mélange de quête spirituelle et de provocation plastique. L’ampleur du geste a ignoré les frontières entre les disciplines et, plus largement, entre l’art et la vie. À l’été 1946, le jeune Yves Klein fait l’expérience de cette porosité : en pleine contemplation devant l’azur du ciel méditerranéen, il voit « la plus belle et la plus grande de [ses] œuvres », pestant contre les oiseaux qui viennent en perturber la surface immaculée. Dès lors, il n’aura de cesse de débarrasser sa peinture de toute scorie.

Premiers monochromes

Hanté par l’image du ciel bleu de la Méditerranée, Yves Klein peint fin 1949 ses premiers monochromes, modestes œuvres sur papier ou carton au pastel ou à la gouache. Après l’édition d’une série de gravures sous forme de rectangles monochromes, il présente ses premières peintures à la galerie Colette Allendy en 1956. Klein réalise alors que les panneaux colorés, par leur diversité de teintes, recréent dans l’œil du spectateur une « polychromie décorative ». Cette prise de conscience débouche, dès l’année suivante, sur les monochromes bleus, dans lesquels se dessine, selon lui, « l’espace pur ». L’identification spirituelle avec ce geste pictural est telle que l’artiste se présente bientôt sous le nom d’Yves le Monochrome.

Yves Klein, Do-Do-Do (RE 16), 1960 Pigment pur et résine synthétique, éponges naturelles et cailloux sur panneau, 199 x 165 x 18 cm © Succession Yves Klein c/o ADAGP, Paris, 2020

Exposition en bleu majeur

La couleur pure, seule, lui permet de voir « ce que l’absolu avait de visible ». Mais bientôt, Klein élargit sa recherche à l’espace réel. L’exposition à la galerie Iris Clert en avril 1958 constitue, de ce point de vue, un moment fondateur. Deux ans après sa première exposition à la galerie Colette Allendy, où il avait présenté ses monochromes, il fait un pas décisif vers l’« immatérialisation du tableau ». Pour l’occasion, l’artiste peint la vitrine en bleu, occultant la vue depuis l’extérieur, et il dispose un dais bleu autour de la porte de l’immeuble. Les visiteurs sont conviés à franchir ce sas coloré, puis à déguster un cocktail bleu, avant de pénétrer dans la galerie par la porte de service.

« Je suis contre la ligne et toutes ses conséquences : contours, formes, composition  », Yves Klein.

Là, l’espace a été méthodiquement dépouillé de tout objet et repeint en blanc. Comme Klein devait le souligner un an plus tard, les lieux étaient vides « en apparence seulement » ; ils étaient au contraire saturés de cette « sensibilité picturale », dans laquelle l’artiste voyait l’essence de la peinture. À travers un tel dispositif, il recherchait la puissance émotionnelle du tableau sans recourir aux objets, sans solliciter l’œil du spectateur. Autant dire que ce vide n’est pas rien. À tel point que l’artiste entreprend de le vendre.

Faire le vide

Ainsi, en 1959, il commence à céder des Zones de sensibilité picturale immatérielle, soit de l’espace pur et non défini, contre un grammage d’or. Et la transaction, comme la plupart des actions organisées par Klein, obéit à un rituel scrupuleux. La religiosité du peintre n’est pas étrangère à ce goût pour une forme de ritualisation, en même temps qu’elle raisonne avec l’aspiration au vide. On pourrait certes trouver des affinités avec la spiritualité bouddhiste dans la démarche de ce judoka de haut niveau, familier du Japon où il a séjourné plus d’un an. Mais elle semble plus proche encore du mysticisme médiéval, dont l’ambition n’était pas d’élever l’âme vers Dieu, mais de faire le vide en soi pour que l’esprit divin puisse y descendre.

L’empreinte des corps

Les premiers artistes, au Paléolithique, avaient apposé l’empreinte de leur main, couverte d’ocre, sur les parois d’une grotte. Yves Klein renouvelle ce geste primitif dans ses Anthropométries, remplaçant la main par le corps entier de jeunes femmes. La première séance s’est tenue le 9 mars 1960 à la Galerie internationale d’art contemporain à Paris. Sous la direction de l’artiste, devant un parterre de spectateurs, les femmes nues enduisent leur corps de peinture bleue, viennent s’étendre sur de grandes feuilles de papier posées au sol, puis se traînent l’une l’autre sur la surface vierge. L’ensemble de la performance se déroule au son de sa Symphonie Monoton-Silence, composée d’une seule note continue, suivie d’un silence de même durée. Face à ces fragments de corps pigmentés, d’aucuns ont songé aux Vénus néolithiques aux poitrines et aux hanches hypertrophiées, aussi bien qu’au saint suaire et au voile de Véronique.

Peintures de feu

La peinture ne suffisait pas à Klein, il voulait créer avec les éléments eux-mêmes : l’air, le feu. Ce dernier l’inspire particulièrement: « Tout de suite, j’ai pu constater les immenses possibilités de ce matériau hyper-vivant. Si tout ce qui change lentement s’explique par la vie, tout ce qui change vite s’explique par le feu. » Son travail sur cet élément est en effet étroitement articulé à la question du temps, avec, en 1957, Feu de Bengale : Tableau de feu bleu d’une minute (M41), soit seize feux de Bengale fichés sur une toile bleue puis incendiés, ou encore, en 1961-1962, ces cartons enduits d’amiante pour retarder la combustion. Avec ce matériau, le peintre niçois multiplie les expériences, il attaque la toile à l’aide de chalumeaux ou de torches, comme s’il cherchait paradoxalement dans la destruction les ressources d’une création inédite.

Yves Klein, Peinture de feu Couleur Sans Titre (FC 17), 1962, pigment pur et résine synthétique sur carton brûlé, 106 x 94 cm, Humlebaek, Louisiana Museum of Modern Art ©Succession Yves Klein c/o Paris 2020 ©Adagp, Paris, 2020

En 1962, Yves Klein décède brutalement à l’âge de 34 ans, laissant derrière lui un grand… vide.

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Kahlo, Turner, Van Gogh : 10 biopics d’artistes à redécouvrir

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Avec des vies aux destins dramatiques ou d’exception, certains artistes ont inspiré de nombreux films. D’Artemisia Gentileschi à Vincent Van Gogh, en passant par Frida Kahlo et Jackson Pollock, ou encore William Turner et Camille Claudel, redécouvrez les histoires de ces peintres et sculpteurs dans notre sélection de dix longs-métrages. De quoi transformer le confinement dû à la pandémie de coronavirus en un moment divertissant au cœur de l’histoire de l’art.

1. Artemisia (1997) d’Agnès Merlet

Italie, 1610. Découvrez en images la biographie romancée d’Artemisia Gentileschi (1593-1652), alors âgée de 17 ans. Fille du peintre Orazio, Artemisia Gentileschi est confrontée à la masculinité du monde de l’art. De sa rencontre avec Agostino Tassi, à la fin du procès de l’affaire de son viol deux ans plus tard, le film montre les combats menés par l’artiste durant ces deux années essentielles dans sa vie.

2. Basquiat (1996) de Julian Schnabel

Pour les punks nostalgiques ou les aficionados de Jean-Michel Basquiat (1960-1987), le film de Julian Schnabel offre à la fois une immersion dans l’underground new yorkais et un hommage à l’artiste, qui était un ami du réalisateur. Plongez dans l’histoire du premier artiste noir à se faire une place dans l’art contemporain. À noter également le casting d’exception qui réunit ici de grands noms tels que Benicio del Toro (Benny Dalmau), David Bowie (Andy Warhol), Gary Oldman (Albert Milo), Courtney Love (Big Pink) ou encore Christopher Walken (journaliste).

3. Big Eyes (2014) de Tim Burton

Derrière certains hommes se cachent des femmes… artistes. Big Eyes raconte une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art, celle de Margaret et Walter Keane. À la fin des années 1950, des portraits d’enfants aux yeux immenses signés « Keane » rencontre un large succès. Simples toiles devenues des produits de masses, ces œuvres dont Walter s’était attribué tout le mérite et la gloire étaient en réalité celles de Margaret.

4. Camille Claudel (1988) de Bruno Nuytten

Bruno Nuytten rend ivi un vibrant hommage à Camille Claudel (1864-1943), porté à l’écran par le duo formé par Isabelle Adjani et Gérard Depardieu. Le film revient sur l’ascension de la sculptrice, lorsque celle-ci rêve d’entrer dans l’atelier d’Auguste Rodin, et s’achève avec la dramatique déchéance de l’artiste, fortement liée à la relation dévastatrice qu’elle entretient avec le sculpteur.

5. Frida (2002) de Julie Taymor

En plus de revenir sur toute la biographie et l’œuvre de Frida Kahlo (1907-1954), le film de Julie Taymor reprend de nombreux tableaux de la peintre mexicaine. Ses études, son accident, sa relation amoureuse avec Diego Rivera, ses hospitalisations, son voyage aux États-Unis, tous les épisodes de la vie de Frida Kahlo, campée par Salma Hayek, représentés mettent en lumière le féminisme et anticonformisme de cette peintre hors du commun.

6. Gauguin : Voyage de Tahiti (2017) d’Édouard Deluc

1891, Paul Gauguin quitte sa femme et ses cinq enfants pour s’exiler à Tahiti. L’artiste qui avait trouvé durant un temps un paradis terrestre en Bretagne se rend à l’autre bout du monde en quête d’un Éden non corrompu par l’être humain. Vincent Cassel interprète ici un Paul Gauguin sauvage qui vit dans la jungle et qui puise son inspiration dans la culture tahitienne et trouve sa muse Tehura, âgée de 13 ans, que l’on retrouve dans les toiles de l’artiste.

7. Mr. Turner (2014) de Mike Leigh

Mr. Turner revient sur les 25 dernières années de la vie de Joseph Mallord William Turner (1775-1851). Le peintre britannique membre de la Royal Academy, fréquente l’aristocratie, voyage, peint mais connaît aussi plusieurs drames, tels que le décès de son père, la perte d’un enfant et des déboires amoureux. Mr. Turner transporte le spectateur dans les paysages impressionnistes du peintre, maître de la lumière et des couleurs.

8. Rodin (2017) de Jacques Doillon

Après le duo électrique Adjani-Depardieu pour Camille Claudel, c’est un binôme constitué de Vincent Lindon et d’Izia Higelin qui porte Rodin. On trouve un Auguste Rodin à 40 ans, qui réalise sa première commande de l’État : La Porte de l’Enfer. Le long-métrage de Jacques Doillon offre un trou de souris dans l’atelier du sculpteur pour admirer le processus créatif l’ayant amené à réaliser des sculptures iconiques comme Le Baiser, Le Penseur ou encore Le Balzac.

9. Pollock (2000) d’Ed Harris

Entrez dans la vie tourmentée de l’avant-gardiste et moderne Jackson Pollock (1912-1956). Le film d’Ed Harris revient sur le couple formé par le Jackson Pollock et la peintre Lee Krasner, sa femme, qui a eu un rôle essentiel dans la carrière de l’artiste. Ed Harris plonge les spectateurs dans le processus d’expérimentation du peintre, notamment en montrant la technique du dripping, qui consiste à superposer plusieurs couleurs en faisant goutter la peinture sur une toile.

10. Van Gogh dans At Eternity’s Gate (2019) de Julian Schnabel

Il existe pléthore adaptations de la biographie de Vincent Van Gogh au cinéma. Une des dernières en date est celle de Julian Schnabel, pour Netflix, offrant un voyage dans l’esprit et l’univers de l’artiste maudit. En s’inspirant des lettres de Vincent Van Gogh et de ses innombrables autoportraits, le film replace la parole du peintre dans son œuvre. At Eternity’s Gate se concentre sur les derniers mois de l’artiste néerlandais, quand celui-ci s’installe à Arles, puis passe par l’asile psychiatrique de Saint-Rémy-de-Provence avant de finir sa vie à Auvers-sur-Oise.

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Immersion virtuelle dans le Château de Versailles

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Mise en ligne le 11 septembre, l’application « Versailles VR*, le château est à vous » propose aux internautes de déambuler virtuellement dans certaines pièces majeures du Palais. C’est le cas notamment des Grands Appartements royaux, de la Chapelle (interdite au public), de la mythique Galerie des Glaces et de l’Opéra. Une prouesse numérique rendue possible grâce à la photogrammétrie, technique qui permet de reconstruire un modèle 3D sur la base de simples photos bidimensionnelles. C’est le plus grand projet réalisé à ce jour avec cette technologie, rassemblant 4 To de données collectées. Pour se faire une idée, cela représente l’équivalent de 4 000 clés USB d’1 Go.  L’objectif de ce projet commun est double  : rendre accessible aux internautes l’ancienne résidence royale française et leur offrir d’aller plus loin dans leur compréhension du lieu. Ainsi, la balade virtuelle ne remplace pas l’émotion ressentie par les 8 millions de visiteurs physiques annuels, elle l’enrichit.

©Google Arts & Culture

Profiter de ce voyage inédit

Pour y accéder, deux solutions sont disponibles  :

  • Depuis un ordinateur  : rendez-vous sur la page https ://artsandculture.google.com/project/versailles puis descendre jusqu’à « Lancez l’expérience immersive sur SteamVR »
  • Depuis un smartphone ou une tablette  : télécharger l’application Google Arts et Culture depuis la plateforme Apple ou Androïd, puis cliquer sur « le château est à vous ».

Pour vivre pleinement l’expérience immersive gratuite, il est nécessaire d’utiliser un casque de réalité virtuelle**, des écouteurs audio et deux télécommandes. Sans ces objets, une version allégée est également disponible sur le site internet dédié. Autre possibilité, Google propose en libre-service le téléchargement d’un patron d’un casque à imprimer, découper et plier, pour y insérer son smartphone.

©Google Arts & Culture

Le voyage au milieu des 24 salles peut commencer. L’impression de se trouver dans une pièce du château est saisissante. En tournant la tête en tous sens, on peut observer les peintures, les parquets, les tapisseries, etc. En levant la tête, on admire les plafonds  : mieux, le même résultat est possible en utilisant la manette d’une des télécommandes. Même manipulation pour avancer ou reculer dans le parcours ou encore zoomer sur des parties de la pièce. Dans le même temps, des commentaires sont délivrés au choix en français, en anglais ou en mandarin dans les écouteurs audio. En cliquant sur certains éléments, on obtient des informations complémentaires. Par exemple, on apprend que La Pudicité de Benghazi fût un temps exposée au Louvre ou encore des dates importantes du règne de Louis XIV. Clou du spectacle, choisir le mode « chandelles » de l’application pour vivre l’expérience à la lueur de la bougie, sans risquer de mettre le feu aux tapisseries. En complément des salles, 340 œuvres d’art ont été numérisées en HD et exposées dans l’application. Auxquels s’ajoutent 18 modèles 3D de pièces et objets. Admirer le lit du Roi sous tous ses angles ou encore des meubles ayant appartenu à Marie-Antoinette est désormais à portée de clic.

10 ans de partenariat technologique

La collaboration entre Google et le Château de Versailles s’inscrit dans la durée. Depuis 2009, ils proposent ensemble de nouvelles fonctionnalités technologiques liées au lieu  : visite des jardins au travers de Google Street View, modélisation 3D de la construction du château, expositions virtuelles, etc. Cette nouvelle expérience inédite prouve qu’après 385 années d’existence, le Château de Versailles reste à la pointe de l’innovation.

©Google Arts & Culture

*VR = Virtual Reality, soit réalité virtuelle en langue française
** à ce jour, uniquement les casques HTC Vive, Oculus Rift et Valve Index sont compatibles.

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Visitez le théâtre antique d’Orange en réalité virtuelle

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Construit au début de l’ère chrétienne, le théâtre antique d’Orange est un témoin inestimable de l’architecture romaine. Vestige de l’époque augustéenne, il est à ce jour le théâtre antique le mieux conservé d’Europe. Son imposante façade et son mur de scène de trente-sept mètres en font un lieu absolument unique en Europe. Avec ses gradins pouvant accueillir jusqu’à 10 000 personnes, le théâtre d’Orange accueille de nos jours, comme à ses débuts, de nombreuses manifestations artistiques, qu’il s’agisse de spectacles de danse ou de représentations théâtrales. D’importants travaux de rénovation ont eu lieu entre 2004 et 2006 pour réaliser un toit de scène moderne, qui protège le public des intempéries tout en préservant l’acoustique originelle du lieu.

En immersion

Depuis le mois de mai 2019, le site propose, en complément de ses offres de visite actuelles, un parcours de découverte en réalité virtuelle au cours duquel le visiteur, muni d’un casque, pourra revivre les grandes étapes de l’histoire du monument. Après avoir assisté à la fondation de la ville antique d’Arausio en 36 avant Jésus-Christ, il revivra les différentes phases d’édification du théâtre jusqu’à son inauguration.

Une reconstitution historique

La conception de ce dispositif immersif a été confiée à la société Art Graphique et Patrimoine, connue pour ses numérisations et ses reconstitutions en 3D de sites et monuments patrimoniaux tels que le Mont Saint-Michel, le site préhistorique de Laugerie Basse ou plus récemment la Halle Lustucru à Arles. De nombreux professionnels du patrimoine, archéologues, architectes, historiens de l’art, restaurateurs et même tailleurs de pierres, ont participé au projet afin que la reconstitution soit la plus fidèle possible. La numérisation a également été menée en lien avec des historiens chercheurs du Centre interdisciplinaire de réalité virtuelle de Caen (Cireve) dans une volonté de justesse historique et artistique.

Faire revivre le théâtre antique d’Orange

Ce nouvel outil de médiation permettra au visiteur de découvrir certaines parties disparues du théâtre antique, en particulier le décor originel du mur de scène constitué de plaques de marbre, de sculptures et de soixante-seize colonnes. Afin de garantir « une véritable expérience sensorielle et émotionnelle », la visite restitue également la présence du velum, cette large pièce de tissu qui protégeait la foule de la pluie ou de la canicule.
Outre son caractère pédagogique et innovant, ce dispositif complémentaire de visite témoigne d’un souci d’allier vérité historique et nouvelles technologies, une démarche qui sous-tendait déjà le chantier de restauration du toit de scène, mené par l’architecte en chef des monuments historiques Didier Repellin.

 

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Des vedettes parisiennes aux prostituées, les femmes de Toulouse-Lautrec

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Comme l’écrit Thadée Natanson : « N’importe quelle fille qui passe, un carton au bout d’un ruban. Celle dont un panier de linge fait pencher le buste pour lui faire équilibre. Même celles qui ne transportent que la monotonie de leur manège sur le trottoir. » Toutes sont au cœur de l’œuvre comme de la vie de Toulouse-Lautrec. Car il s’éprend de ses modèles. C’est le regard amoureux d’un homme qui ne se lasse jamais de tenter sa chance. Et finalement il les possède toutes, par le dessin et la peinture.

Les femmes de son entourage

Exécutés dans l’entourage familial ou amical, ses premiers portraits sont indemnes de marivaudage. Dès le début des années 1880, pendant ses vacances, Toulouse-Lautrec multiplie les portraits dessinés, effigies austères, compétentes, dotées d’une incontestable acuité psychologique : ses deux grands-mères, sa tante Émilie… Vers 1883, le portrait intime et recueilli qu’il fait de sa mère, Adèle Tapié de Céleyran, épouse déçue par le mariage, est une symphonie de blancs où pointent la douceur et la résignation du modèle (Comtesse Alphonse de Toulouse-Lautrec, musée d’Albi). Celui de 1886-1887 (La comtesse Adèle de Toulouse-Lautrec dans le salon du château de Malromé) est balafré d’audacieuses ombres violettes. Cette « pauvre sainte femme de mère », comme l’appelle Lautrec, entoure l’enfant infirme de ses soins, dépense pour l’artiste des trésors d’amour, malgré l’effroi qu’inspire à cette âme pieuse sa vie scandaleuse.

Henri de Toulouse-Lautrec, Gueule de bois, vers 1888, huile sur toile, 47 x 55 cm, Fogg Museum ©Wikimedia Commons

Les femmes du peuple

Lautrec peindra peu de femmes de son propre monde. Maurice Joyant affirme qu’il « n’eût souvent désiré que peindre grandes dames, duchesses, artistes en renom ». Mais une double difficulté l’en dissuada : la peur du modèle d’être enlaidie, et de sa part, la crainte d’être considéré comme une bête curieuse. À la fin des années 1880, en pleine possession de son métier, l’artiste exprime donc sa prédilection pour les femmes du peuple, types parisiens parfois posés par des modèles professionnelles : Poudre de riz (1887), Femme fumant une cigarette, Femme à l’ombrelle (Berthe la Sourde), Justine Dieulh, À la Bastille (où l’on reconnaît, avec ses gros sourcils et son nez retroussé, Jeanne Wenz), Gueule de bois… Cette dernière toile est posée par la belle Marie-Clémentine (Suzanne Valadon), qu’on retrouve également en blanchisseuse. Elle devient sa maîtresse et lui brise le cœur.

Remarquée pour son « air carne » et surtout sa chevelure rousse flamboyante, Carmen Gaudin lui inspire une série d’œuvres. Modèle professionnel, elle chante sous le nom de Rosa la Rouge dans le cabaret de Bruant. Ces femmes le séduisent par leur humanité sans fard. Il les représente souvent dans l’hébétude de l’alcool ou de la fatigue. Seule Hélène Vary échappe à cette typologie, peut-être à cause de sa grande beauté angélique.

La scène de théâtre ou de café-concert, la piste de cirque ou de danse offrent à Toulouse-Lautrec un terrain de chasse privilégié. Sous la dureté de l’éclairage moderne, il traque la femme, mais la femme composée par les artifices du spectacle.

Les vedettes parisiennes

À sa fascination pour cet être transfiguré s’ajoute un intérêt bien compris. En représentant quelques-unes des plus grandes vedettes parisiennes de son époque, Lautrec sait que leur notoriété rejaillira sur lui. La liste est longue de ces étoiles, tous genres confondus. Louise Weber, dite La Goulue, est l’une des figures majeures de son univers. Elle a connu la trajectoire d’une de ces belles filles nées dans la dèche, de simple vendeuse de fleurs ou blanchisseuse, devenue danseuse, avec sans doute une incursion dans la prostitution. Relancé dans les années 1880, le chahut, danse frénétique révélant entièrement les jambes, devient sa spécialité, avec le grand écart et le « port d’arme », jambe jetée à la verticale. Ses « bonds de chèvre folle », sa façon de casser son corps par des renversements brusques soulevant ses jupons, son langage ordurier font la joie de la presse populaire. Lautrec est fasciné par son physique hors du commun, son visage grave, même en plein exploit physique.

Henri de Toulouse-Lautrec, La Goulue arrivant au Moulin Rouge (accompagnée de deux femmes), 1892, 79,4 x 59 cm, huile sur carton, Museum of Modern Art, New York

Choisi par Zidler pour faire l’affiche Moulin Rouge, La Goulue et Valentin le Désossé (1891), l’artiste obtient que la danseuse pose dans son atelier. Sur l’affiche, elle apparaît en pleine lumière, statue vivante posée sur le balustre chantourné de sa jambe gainée d’un bas noir. C’est un succès, et l’artiste expose l’affiche parmi ses peintures à plusieurs reprises. La Goulue avec son fameux déhanché, son petit chignon vrillé sur la tête, son collier de chien et son décolleté abyssal apparaît dans plusieurs lithographies et peintures. Achetée par Zidler, La Goulue entrant au Moulin Rouge est exposée au Moulin Rouge. Lorsqu’en 1895, ayant renoncé aux bals publics, la danseuse s’exhibe à la Foire du Trône, elle s’adresse à Lautrec pour orner sa baraque.

Henri de Toulouse-Lautrec, Jane Avril au Jardin de Paris, 1893, 130 x 95 cm, affiche. ©Wikimedia Commons/Matthias A.

La piste aux étoiles

Autre figure emblématique de l’œuvre, la danseuse Jane Avril fascine Toulouse-Lautrec. Maîtresse d’Alphonse Allais, amie de Paul Fort, de Mallarmé, de Verlaine, voici l’élégante cultivée, avec sa bouche pincée, son collet de fourrure, son chapeau orné. Mais sur scène, voilà la démone ramassant ses jupons qui lève la jambe dans une danse effrénée. Elle lui commande l’affiche Jane Avril au Jardin de Paris ; il la représente en bourgeoise dans une autre affiche, silhouette noire et port de reine. À l’arrière-plan, sur scène, Yvette Guilbert dont les célèbres gants noirs se joignent pour former un « y », si connue déjà que sur l’affiche la tête est coupée… Guilbert, « la diseuse fin de siècle », autre irrésistible muse, occupe elle aussi une place majeure dans son œuvre. Couturière, mannequin puis actrice, elle triomphe dans les années 1890 avec les chansons de Xanrof, Le Fiacre ou La Pocharde. Consciente de son physique médiocre, elle compose sa silhouette dans une robe échancrée, à la taille bien prise, et, coup de génie, glisse ses bras maigres dans de longs gants noirs. Elle chante avec une diction de duchesse des textes graveleux qu’elle accompagne de gestes de théâtre. À propos de l’album de lithographies de Toulouse-Lautrec paru en 1894, Jean Lorrain écrit : « Je sais bien que Mlle Guilbert n’est pas une jolie femme ; mais avoir consenti à laisser publier ces portraits d’elle constitue pour moi plus qu’une lâcheté, une infamie. »

Un art au plus proche de la caricature

Jamais l’art de Lautrec n’a été plus proche de la caricature. Mimiques de vieux clown, silhouette filandreuse de chauve-souris : « Mais pour l’amour du ciel, ne me faites pas si atrocement laide ! », supplie-t-elle devant un projet d’affiche qu’elle refuse. L’artiste l’enlaidit certes, mais il fixe pour toujours son jeu unique, son intelligente cocasserie. Elle ne lui reprochera finalement qu’une chose : ne jamais lui avoir offert le moindre dessin !

En 1895, Toulouse-Lautrec s’entiche de May Belfort, fausse ingénue habillée en « baby » de Kate Greenaway. Protégée de Jane Avril, l’Irlandaise chante « I’ve got a little cat » en caressant innocemment un obscène petit chat noir. Comme toujours, l’artiste assiste à des dizaines de représentations pour saisir, depuis la même place, à la même heure, la posture qui l’intéresse. Il va également voir une vingtaine de fois Marcelle Lender dans l’opérette Chilpéric. Il la peint dansant le fameux boléro, faisant onduler sa silhouette flexible, dessine son profil frémissant dans une lithographie virtuose en huit couleurs. Sa galerie de personnages est des plus éclectiques, de la menue May Milton à la clownesse Cha-U-Kao, dont le corsage peine à contenir la poitrine, de la danseuse Loïe Fuller aux actrices Julia Bartet, Réjane, irrésistible Madame Sans-Gêne, l’opulente Sarah Bernhardt vibrant dans le rôle de Phèdre.

Vue d’oeuvres de Toulouse-Lautrec représentant Loïe Fuller dans l’exposition « Toulouse-Lautrec, résolument moderne » au Grand Palais. Photo ©Agathe Hakoun

Étranges gynécées

Il est un autre théâtre où l’artiste peut observer la femme à loisir : la maison close. Il est à la fois client et spectateur dans cet étrange gynécée, qui protège la femme de la brutalité du trottoir pour mieux la vendre à huis clos. Pour le peintre, le bordel est le lieu « où le nu se meut librement » (Maurice Joyant), par opposition au nu d’atelier conventionnel. Il connaît les coulisses du « métier », la visite médicale, la toilette, l’habillage (Femme tirant son bas), l’attente du client (Au salon de la rue des Moulins), ce moment où les pensionnaires, concentrées ou rêveuses, n’ont pas encore composé leur personnage aguichant. Il dénude les corps solides ou flasques, suit les contours d’une cuisse anguleuse, d’une fesse qui tombe, d’un sein gonflé prêt à s’échapper d’un corset.

Henri de Toulouse-Lautrec, Au Salon de la rue des Moulins, 1894, huile sur toile, 111,5 x 132,5 cm, Musée Toulouse-Lautrec, Albi

Les « filles » de Lautrec sont de vraies femmes, sœurs des héroïnes des romans réalistes ou naturalistes, de Marthe de Huysmans, ou de La Fille Élisa d’Edmond de Goncourt. Leur existence se déroule de jour dans le demi-crépuscule de pièces aux persiennes closes, de nuit dans l’éblouissement de l’électricité multipliée par les miroirs, dans la chaleur des becs de gaz qui fait couler le maquillage.

Loin du monde des hommes

Inspiré par le maître japonais Utamaro, il représente la vie d’une maison close à toutes les heures de la journée. Ou presque. Contrairement à Forain, ou à Degas, contrairement à Émile Bernard, il ne représente pas L’heure de la viande. Il ne représente pas non plus l’acte sexuel. L’homme n’apparaît qu’une fois, dans Femme en corset. Conquête de passage de la série Elles (1896), allusion à la somptueuse Nana de Manet mais sur un mode prosaïque, avec le détail du corset dégrafé et de la robe tombante. Pas plus qu’il ne caricature les artistes, il ne stigmatise les prostituées. Le regard cru qu’il porte sur ces femmes au visage marqué par l’alcool, au corps éprouvé par les étreintes subies, n’est jamais moralisateur.

Henri de Toulouse-Lautrec, La Femme au corset ou Conquête de passage, 1896, huile sur toile, 106 x 68 cm, Musée des Augustins, Toulouse

Il s’approche au plus près de l’animal sans l’ironique lubricité d’un Jean-Louis Forain qu’il admire. Sur le fil du rasoir, il n’est jamais scabreux. Il laisse à d’autres le clin d’œil graveleux, la complicité avec le spectateur mâle. De son œuvre Le Lit, Toulouse-Lautrec dit : « C’est supérieur à tout. Rien ne peut rivaliser avec quelque chose d’aussi simple. » Ses couples de lesbiennes au lit offrent les seuls moments de tendresse et d’abandon représentés dans son œuvre. Loin du monde des hommes.a

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Coronavirus : Le passage au stade 3 paralyse la vie culturelle

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Chronologie d’une léthargie annoncée. Le 29 février, alors qu’un 100e cas de contamination au coronavirus COVID-19 était avéré en France, le ministère de la Santé, Olivier Véran, annonçait l’annulation de « tous les rassemblements de plus de 5000 personnes en milieu confiné ». Tandis qu’une réunion de crise était organisée par le ministre de la Culture, Franck Riester, avec les représentants du spectacle vivant, les premiers événements (Salon du Livre, Paris Manga, etc.) étaient annulés.
Durant une dizaine de jours, les professionnels des musées, de l’édition et du marché de l’art, la presse et tous les amoureux de la culture, ont égrené le triste chapelet des annulations et reports des grands événements du printemps : Art Paris, Art Up Lille, Salon du dessin… Le 9 mars, la jauge des rassemblements autorisés passait de 5000 à 1000. À mesure que les annonces se succédaient, la vie, celle de l’esprit et des sens, celle des plaisirs partagés, se réduisait comme peau de chagrin. 10 mars, tout un symbole : le ministre de la Culture lui-même était testé positif au coronavirus et confiné chez lui. La mise sous cloche de la vie culturelle s’accélérait : les musées régulaient leurs entrées, l’Opéra annulait ses représentations…

Vendredi 13

Puis vendredi 13, le couperet tombe : les rassemblements de plus de 100 personnes, en plein air comme en milieu clos, sont interdits jusqu’à nouvel ordre. Sur Twitter, les messages annonçant les fermetures de musées se succèdent et se ressemblent : « En application des consignes du Gouvernement, le musée sera fermé au public à compter du… ». À 16h, le musée du Louvre rejoint le bal puis c’est au tour de la Tour Eiffel de déclarer forfait. Durant 24h, plusieurs institutions muséales privées (musée Marmottan Monet, Atelier des Lumières, Fonds Hélène et Édouard Leclerc à Landerneau, etc.) tiennent bon, ainsi que le Centre des monuments nationaux qui maintient sa centaine de sites ouverte au public.

Pour ralentir la circulation du #covid_19 sur tout le territoire, les rassemblements de plus de 100 personnes ne seront pas autorisés. #Le13H pic.twitter.com/RyuAeL2BcK

— Edouard Philippe (@EPhilippePM) March 13, 2020

Passage au stade 3

Mais l’espoir est de courte durée. En annonçant le passage au stade 3, hier samedi 14 mars, Édouard Philippe souffle les dernières bougies.

« Sur la base des simulations de la progression de l’épidémie, j’ai décidé, en lien avec le président de la République, la fermeture à compter de ce soir minuit de tous les lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays. »

Adieu cinéma, théâtre, ballets ! Rendez-vous en mai ou en juin pour les salons du printemps et à l’année prochaine pour les Journées nationales des métiers d’art. Quant aux expositions que nous étions nombreux à attendre fébrilement, elles doivent fermer leurs portes au bout de quelques jours (Léopold Chauveau au musée d’Orsay, Turner au musée Jacquemart-André) ou repousser sine die leurs vernissages (« Christo et Jeanne-Claude Paris ! » au Centre Pompidou, « Pharaons Superstars » au MuCEM). Quant aux maisons de ventes françaises, elles entrent elles aussi en semi-hibernation. Drouot a annoncé la fermeture au public de son hôtel de vente parisien, assurant dans le même temps pouvoir maintenir certaines ventes « de façon dématérialisée, sur drouotdigital.com et par téléphone ». Les ventes Christie’s Paris des mois de mars et avril ont quant à elles été reportées.

Je pense aux professionnels de la culture pour qui annuler un spectacle est un crève-cœur. L’État sera à leurs côtés. Nous travaillons en ce moment à plusieurs dispositifs d’urgence. #COVIDー19 pic.twitter.com/IRFsycMPU5

— Franck Riester (@franckriester) March 13, 2020

Le monde de la culture en péril ?

Interviewé sur BFM TV, le ministre Franck Riester a apporté son soutien au monde de la culture : « Je pense à toutes ces équipes, à tous ces professionnels du secteur culturel pour qui c’est un brise-coeur d’annuler des tournées, d’annuler des spectacles, de fermer un musée ici ou là. Parce que c’est beaucoup d’engagement, c’est beaucoup de travail, c’est beaucoup de talents qui évidemment sont mis de côté pour faire face à cette crise ». L’inquiétude est d’autant plus grande que nul ne peut dire aujourd’hui combien de temps vont devoir s’appliquer ces mesures. Seront-elles prolongées au-delà du mois de mars, voire jusqu’en mai ?
Les fermetures « jusqu’à nouvel ordre » mettent en suspens une économie culturelle déjà affaiblie par les baisses de fréquentation liées aux mouvements sociaux de ces derniers mois. Des engagements ont d’ores et déjà été pris par le ministère en faveur des entreprises de spectacles. Ce dernier a en effet mis en place un outil de veille permettant de « répertorier les annulations et de quantifier la baisse du nombre de réservations » dues à la propagation du coronavirus. Dans le domaine des arts plastiques, quelles seront les mesures d’accompagnement ? Difficile pour l’heure d’évaluer les conséquences financières de la crise aussi bien pour les musées, les centres d’art et les artistes que pour les maisons de ventes.

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