Actualité artistique

La collection nomade des Thannhauser

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L’art se moque des frontières. Un mépris ou une indifférence que partagent ceux qui vivent dans sa lumière. Qu’il s’agisse des artistes ou des collectionneurs, ils sont avant tout citoyens du monde avec, pour passeport, la passion à laquelle ils ont dédié leur vie. Celle de Justin Kurt Thannhauser (1892-1976) en offre une merveilleuse illustration. Tout commence par une saga familiale, au tournant du XXe siècle. En 1909, Heinrich Thannhauser (1859-1935), père de Justin, ouvre, au cœur de Munich, la Moderne Galerie, étendard de la profession de foi qu’il transmettra à son fils : « La galerie sera gouvernée par l’audace artistique, sensible à la reconnaissance de l’individualité artistique et à la promotion des jeunes artistes. La Moderne Galerie s’intéressera à tout ce qui est frais, puissant, original dans le meilleur sens du terme, qu’il s’agisse ou non de noms illustres ». L’exposition inaugurale fait la part belle aux impressionnistes dont Manet, Degas et Renoir. Un mois plus tard, révolution : Heinrich accueille sur ses cimaises un art expérimental, celui de la Nouvelle Association des artistes munichois (NKVM), présidée par Kandinsky. En 1911, il va plus loin avec le tout nouveau groupe expressionniste, le Blau Reiter. Le public défile, médusé, devant la Vache jaune de Franz Marc, et aussi devant les toiles de Robert Delaunay et du Douanier Rousseau. En 1912, ce sont les futuristes italiens qui trouvent là une providentielle vitrine. L’année suivante, on peut y voir l’une des premières rétrospectives Picasso en Allemagne, sa période bleue et ses œuvres cubistes. Justin, qui travaille avec son père depuis ses 17 ans, est l’auteur de la préface du catalogue et il inaugure avec Pablo une amitié qui durera jusqu’à sa mort. Un atout de plus pour ce jeune homme qui a étudié à Berlin, Florence et Paris, s’est mêlé aux peintres allemands du café du Dôme et a acheté en 1912 chez la galeriste de Montmartre, Berthe Weill, un drôle de tableau pour lequel il a eu un coup de foudre : Les Joueurs de football, d’un certain Henri Rousseau.

Toujours à l’avant-garde

Les trente années qui suivront racontent l’incroyable mouvement d’une galerie dont les propriétaires épousent sans réserve l’art de leur siècle. Les tableaux viennent, reviennent, repartent. En 1926, l’industriel Samuel Courtauld acquiert dans la succursale de Lucerne que Justin a fondée avec son cousin Rosengart Un bar aux Folies Bergère (1881) de Manet, que Heinrich Thannhauser avait vendu une première fois à Munich en 1910. En 1927, il ouvre une autre galerie à Berlin, volcan de l’avant-garde culturelle. L’expérience sera abrégée par l’arrivée du nazisme. En six ans néanmoins, Justin bouleverse le paysage des arts berlinois. Les critiques sont subjugués par la qualité des expositions qui se succèdent : Max Beckmann, Otto Dix, Braque, Picasso, Léger, un hommage à Claude Monet sous le patronage de Clemenceau, des bronzes de Degas, des toiles de Gauguin. Une rétrospective Matisse connaît un triomphe en 1930. Tout au long de ces années, Justin Thannhauser retient dans sa collection personnelle des toiles qui seront, en 1963, au cœur de son legs à la Fondation Guggenheim. Le collectionneur visionnaire, le mécène « persuadé que l’art peut transformer le monde », a-t-il déjà supplanté le marchand ? C’est possible. Devant la glace (1876) de Manet, La Femme à la perruche (1871) de Renoir, Les Montagnes à Saint-Rémy (1889) de Van Gogh, quelques-unes des petites statuettes de Degas achetées en 1929, en font partie. L’Hermitage à Pontoise (1867) de Pissarro, lui, figure déjà à l’inventaire de Munich en 1918.

L’orage se lève en Europe. Heinrich est décédé en 1935, Justin se trouve aux commandes de l’entreprise avec sa femme Käthe. En 1937, la tournure des événements politiques le décide à s’installer définitivement à Paris, où il avait multiplié les contacts avec les artistes, avec Käthe et leur fils cadet Michel, tandis que leur fils aîné, Heinz, termine ses études à Cambridge. La galerie de Munich a fermé ses portes en 1929, et c’est au tour de celle de Berlin. Ils ouvrent une galerie au 35 rue de Miromesnil, près de celle de Paul Rosenberg. Quelques expositions ont lieu mais, désormais, l’heure est plutôt au transfert des œuvres et des archives depuis l’Allemagne. Un certain nombre est acheminé vers le Stedelijk Museum d’Amsterdam avant de rejoindre New York, d’autres partent en tournée en Amérique du Sud ou en Australie, ou encore sont transférées à Londres ou à Genève. Une dizaine de tableaux restés à Berlin seront détruits lors d’un raid aérien et, à Paris en 1942, la tristement célèbre « Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg » (ERR) se charge de piller ce que les Thannhauser n’ont pu emporter. Fort heureusement, ils ont rejoint New York en janvier 1941.

La vie américaine

C’est une nouvelle vie qui commence pour les Thannhauser et leur collection. Si Justin renonce à établir une galerie, il reste cependant courtier mais, bientôt, sa générosité et sa volonté de partage prennent le pas sur les affaires. Leur maison de la 67e rue Est, où ils ont accroché leurs tableaux, est ouverte sur rendez-vous à ceux que l’art passionne. Des concerts de musique de chambre réunissent des personnalités parfois inattendues, Louise Bourgeois, John Rockefeller, mais aussi l’actrice Zsa Zsa Gábor.

À partir de 1939, Justin Thannhauser a démarché des musées comme le MoMA pour qu’ils acceptent de recevoir en dépôt des collections menacées en Europe. Jusqu’en 1946, lui-même fait tourner sa collection dans tous les États-Unis, contribuant à l’éducation du public américain. Des vocations sont nées ainsi chez de jeunes visiteurs, futurs historiens d’art et directeurs de musées. En 1949, il vend au Metropolitan Museum Les Cyprès (1889) de Van Gogh, première toile de l’artiste à entrer dans l’institution new-yorkaise.

La dernière étape de la vie de Justin Thannhauser est tout entière consacrée au legs de soixante-quinze œuvres de sa collection personnelle, qu’il fait en 1963 à la Fondation Guggenheim, après la mort de sa femme et de ses fils, complété par le don de dix œuvres de sa seconde épouse, Hilde, en 1991. Il veille en personne, comme un véritable conservateur, à son installation dans une partie du bâtiment de Frank Lloyd Wright et ne peut s’empêcher de voir un beau signe du destin lorsqu’on lui propose d’accrocher dans la même salle deux toiles du Douanier Rousseau achetées par Solomon Guggenheim, Les Artilleurs et Les Joueurs de football, qu’il avait jadis possédées ! Et il est vrai que cette ultime étape de leur voyage tient un peu du miracle. Ou la preuve absolue que l’art se moque des frontières : c’est ainsi qu’il transforme le monde et le sauve.

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[Avant-Première] Dialogues inattendus : Monet-Fromanger au musée Marmottan Monet

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Marianne Mathieu, directrice scientifique du musée Marmottan Monet, nous explique comment Impression, soleil levant, icône impressionniste conservée dans les collections du musée, s’est imposée à l’artiste comme source d’inspiration.

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Après la Biennale de Venise, le Pavillon de Laure Prouvost partira en tournée !

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Si la lagune (ou les paquebots…) vous rend nerveux ou qu’une escapade vénitienne n’est pas prévue dans votre planning de ces six prochains mois, ne désespérez pas ! Le Pavillon français de cette 58e édition, imaginé par l’artiste Laure Prouvost, lauréate 2013 du Turner Prize, viendra probablement à vous. En pays de langue d’Oc, vous pourrez vous rendre, du 24 janvier au 7 juin 2020, aux Abattoirs de Toulouse. Si vous résidez au nord de la Loire, il vous faudra patienter jusqu’au mois de juillet pour découvrir l’installation au Lam de Villeneuve d’Ascq qui l’accueillera durant trois mois. Intitulée Deep See Blue Surrounding You/Vois Ce Bleu Profond Te Fondre, produit par l’Institut français sous le commissariat de Martha Kirszenbaum, la création de Laure Prouvost invite le spectateur à un voyage vers l’inconnu, entre utopie et surréalisme. Présentée actuellement dans les Giardini à Venise, elle associe une œuvre filmique et fictionnelle autour d’un road trip à travers la France et une sculpture tentaculaire, mêlant objets vestiges, résine, verre et plantes, qui se déploie à l’intérieur et à l’extérieur du Pavillon français. Conçue comme une pieuvre, animal totémique et mystérieux, cette installation immersive évoque tant les origines de notre planète que le développement de notre système nerveux.

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La Rive Droite élargit son cercle

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Cette nouvelle édition s’annonce prometteuse pour la Nocturne Rive Droite, qui réunit plus de quarante participants et élargit son cercle. Les nouveaux venus de la cuvée 2019 sont à l’image de la diversité et du dynamisme du quartier, avec la librairie Auguste Blaizot, la galerie Nicolas Bourriaud et la galerie Joël Knafo pour la rue du Faubourg-Saint-Honoré, la galerie Jacques Lacoste, qui vient d’ouvrir un second espace avenue Matignon, et la galerie Violon d’Ingres, rue de Miromesnil. Le thème de cette année, la Nature, n’est pas toujours suivi, de nombreuses galeries faisant cavalier seul avec un programme qui leur est spécifique. Il n’en demeure pas moins qu’une vraie mobilisation se poursuit, avec de très belles expositions en perspective, comme « Le Paysage flamand » chez Florence de Voldère, avec notamment La Trappe aux oiseaux de Pierre Bruegel le Jeune, et Les Moissons d’Abel Grimmer. À la galerie Malingue, une importante exposition remet en lumière Charles Filiger (1863-1928) de l’École de Pont-Aven, avec quatre-vingts œuvres provenant de collections privées et de musées. À la galerie François Léage s’ouvre un cadre luxueux de douze salons dédiés aux arts décoratifs du XVIIIe siècle, pour accueillir la dédicace du dernier ouvrage de Jean-Christian Petitfils, Les Énigmes de l’histoire du monde. L’École de Paris et les maîtres de l’abstraction tiennent le haut du pavé à la galerie Bert avec Atlan, Bazaine, Bissière, Estève, Hartung, Lanskoy, Manessier, Poliakoff, Vieira da Silva… et un merveilleux Debré, Vert Loire Amboise, de 1972. Enfin, à la librairie Chrétien, il ne faut pas manquer le plaisir d’une contemplation de l’édition originale n°167/250 du livre Jazz de Matisse, décrit par l’historien de l’art Jean Leymarie comme un « album d’improvisation chromatique et rythmée… au timbre vif et violent ».

« Nocturne Rive Droite », avenue Matignon, avenue Delcassé, rue la Boétie, rue du Faubourg-Saint-Honoré, rue du Cirque, rue Jean Mermoz, rue de Penthièvre, rue de Miromesnil et rue de l’Arc de Triomphe, le 5 juin 2019.
Contacts : 01 45 63 82 46, www.art-rivedroite.com

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Fluctuart, le premier centre d’art urbain flottant à Paris

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Imaginé par Géraud Boursin, Nicolas Laugero Lasserre et Eric Philippon, Fluctuart est le lauréat de l’appel à projets « Réinventer la Seine », qui consiste à proposer des sites innovants tout le long de l’Axe Seine. Originale, l’architecture du lieu, réalisée par Seine Design, est à la fois modulaire et transparente. La transparence des volumes permet en effet de mettre en avant les œuvres, et de les faire voir du dehors, afin de symboliser l’ouverture du lieu. Situé sur les berges de Seine rive gauche, au pied du pont des Invalides, Fluctuart est divisé en trois espaces : le pont principal qui accueillera l’exposition permanente ainsi qu’un bar, la cale où se situera une galerie tremplin qui favorisera les jeunes artistes, et le rooftop dédié à des événements, des soirées et autres brunchs. Les visiteurs pourront voir les artistes à l’œuvre grâce à des créations in situ et à des résidences d’artistes. Ils pourront également profiter d’une librairie spécialisée et d’ateliers créatifs pour les enfants. Fluctuart proposera trois grandes expositions temporaires annuelles afin de suivre les évolutions de l’art urbain, des expositions monographiques ou collectives, ainsi que des expositions itinérantes. Son but : mettre l’art à la portée de tous les publics. Fluctuart ouvrira ses portes avec une exposition dédiée à l’installation Time Capsule de Swoon, une Street Artiste pionnière et combattante pour les droits sociaux.

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Deuxième printemps asiatique à Paris

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Cela n’est évidement pas un hasard, comme le précise Antoine Barrère, l’un des cofondateurs : « Les collectionneurs chinois adorent assister aux enchères, par tradition et par jeu, mais aussi car elles permettent de s’y exhiber, tout en étant rassuré sur l’origine des pièces ou de régler quelques affaires… ». Si l’on compte aujourd’hui quarante-cinq participants, marchands, maisons de ventes et institutions, le but à long terme est d’attirer des confrères étrangers.

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Les Pays-Bas restituent deux tableaux aux ayants droit Lierens

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Les collections nationales néerlandaises abritent près de 3800 œuvres d’art spoliées ou vendues aux Pays-Bas durant l’occupation allemande. Elles constituent ce que l’on a coutume d’appeler la NK Collection (Nederlands Kunstbezit collection). Envoyées en Allemagne, ces œuvres furent récoltées par les Alliés après 1945 et rendues à l’État néerlandais qui, dans l’attente de leur restitution à leurs propriétaires légitimes, en assure la conservation. Le 24 mai dernier, le ministère de la Culture, a annoncé la restitution aux héritiers de Jacob Lierens (1877-1949) de deux tableaux de maîtres du Siècle d’or, à savoir Scène de banquet de Dirck Hals, frère de Frans, et Dirck van Delen, conservé au musée Hals de Haarlem, et Nature morte au verre de Jan Davidsz, conservé au musée d’Utrecht. Cette décision fait suite aux recommandations du comité consultatif en charge de l’évaluation des demandes de restitution qui a considéré que la vente de ces deux toiles par Jacob Lierens « était directement liée aux mesures anti-juives prises par l’occupant nazi et qu’elle était nécessaire à la survie du couple ». Homme d’affaires et collectionneur d’art, Jacob Lierens a en effet été contraint de mettre aux enchères les deux toiles en question en octobre 1941 après la réquisition de son entreprise par l’administration nazie, quelques mois avant la confiscation de l’ensemble de ses biens et son internement dans le camp de Westerbrok en 1943. Acquises par Hans Posse, chargé de mission d’Hitler pour le projet du Führermuseum à Linz, les œuvres ont été envoyées en Allemagne et ne sont revenues aux Pays-Bas qu’en 1946. Durant l’occupation, et tandis que le couple Lierens survivait dans la clandestinité, leur collection a été préservée par un de leurs amis, Bernardus Mensing, qui a également subvenu à leurs besoins en vendant certaines œuvres. Jacob Lierens est mort à Amsterdam en 1949.

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Focus œuvre : Intérieur, rayon de soleil sur le sol par Vilhelm Hammershøi

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Entre 1900 et 1909, Vilhelm Hammershøi va peindre près d’une vingtaine d’intérieurs, avec ou sans personnage. Dans les tableaux de la seconde catégorie, le peintre porte à son paroxysme le principe de simplification et d’épure, en faisant des pièces de son appartement le seul et unique sujet de l’œuvre. Cet Intérieur, rayon de soleil sur le sol est exemplaire, car particulièrement radical. Aux yeux de l’artiste, le plus important est « la tenue architectonique du tableau », sa construction. À l’exception d’une table nappée partiellement représentée à gauche, le mobilier comme les objets ont disparu. La pièce est nue, seuls demeurent les éléments qui la structurent, la porte, fermée, la fenêtre à petits carreaux qui ouvre sur une cour, le décor de moulures et de stucs. Ces intérieurs vides, que l’on peut envisager comme de véritables études d’atmosphère, comptent parmi les tableaux les plus fascinants d’Hammershøi. Les pièces de son appartement « furent pour lui ce que les compositions de fruits étaient pour Cézanne. La méditation artistique sur ces pièces et leur lumière était une réflexion sur l’essence des choses. Mais tandis que Cézanne, au moyen de la couleur, fondait lumière, volume et espace en une entité dynamique, Hammershøi pourchassait la fugacité de la lumière au cœur de la géométrie statique des plans », écrivait Poul Vaden 1997, dans le catalogue de l’exposition « L’univers poétique de Vilhelm Hammershøi » organisée au musée d’Orsay. La lumière est ici la préoccupation première de l’artiste. La fenêtre est un motif très prisé dans l’histoire de l’art, et nombre de peintres l’utilisent comme une ouverture vers le paysage, une échappée. L’approche d’Hammershøi est tout autre. Ses fenêtres sont systématiquement fermées. Elles n’ouvrent sur rien et isolent du dehors. La lumière, matérialisée ici par un rayon de soleil d’un réalisme extraordinaire qui vient éclairer le bois du parquet, est sa manière de faire dialoguer l’extérieur avec l’espace intérieur.

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Le musée du Quai Branly préempte un tableau de plumes du XVIe siècle

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Appartenant à une collection privée française depuis la fin du XIXe siècle, cette mosaïque de plumes représentant le Christ Bon Pasteur a été réalisé au Mexique dans la seconde moitié du XVIe siècle pour une commande princière. Réservé aux textiles funéraires, l’art de la plumasserie a servi, à l’arrivée des conquistadors, à réaliser des œuvres destinées à l’évangélisation des populations locales mais aussi à l’exportation. Attribué à Juan Cuirio, l’un des rares plumassiers autorisés à signer ses œuvres, ce tableau présente de nombreuses similarités avec deux tableaux de plumes portant sa signature, conservés au Kunsthistorisches Museum de Vienne. Au dos du tableau on trouve la mention « Del Principe… », qui conforte son origine princière. Mêlant technique précolombienne et iconographie chrétienne, ces mosaïques de plumes nécessitaient plus de 10 000 plumes. Il s’agit de plumes de plusieurs espèces de colibri et de quetzal particulièrement précieuses du fait de leur iridescence. Les filaments des plumes sont juxtaposés avec une extrême finesse afin de créer une multitude de nuances. De nombreuses étapes sont nécessaires à la réalisation d’un tableau en mosaïque de plumes. Il faut tout d’abord concevoir un modèle à partir de gravures. Cette étape était confiée aux « tlacuilos », des scribes et peintres, très importants dans la société aztèque. Ils travaillaient en collaboration avec les « amentecas », qui étaient chargés de réaliser un patron sur lequel étaient disposées des tesselles de plumes selon les contours du dessin. Le tableau illustre le Christ Bon Pasteur, au centre, encadré de deux scènes de la vie de Saint Jean Baptiste : la Prédication à gauche et le Baptème du Christ à droite. La composition du baptême du Christ pourrait être inspirée d’une gravure sur bois de l’artiste Allemand Hans Wechtlin. Le Quai Branly, qui a préempté le tableau, conserve déjà un tableau de plumes mexicain à l’iconographie chrétienne représentant Saint Luc, la Vierge et l’Enfant Jésus.

Juan Cuirio, vente de Couteau-Bégarie à Drout ©Coutau-Bégarie/Drouot.

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Près de 200 ans plus tard, une pièce du célèbre jeu d’échec Lewis redécouverte dans un tiroir

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Je suis une horde de personnages à l’air farouche venus tout droit de la Scandinavie médiévale. Star des musées, j’ai fait mes débuts au cinéma dans la saga Harry Potter. Je compte parmi les plus fascinants symboles de la civilisation européenne. Qui suis-je ? le Lewis Chessmen, le plus célèbre des jeux d’échecs !
Découvertes en 1831 sur l’île de Lewis (Hébrides), ses 93 pièces sculptées au XIIe dans de l’ivoire de morse (ou des dents de baleine), probablement par un artisan de Trondheim (Norvège), sont aujourd’hui conservées au British Museum et au National Museum of Scotland d’Edinburgh. Ces sculptures miniatures constituent le plus remarquable ensemble conservé de pièces d’échec de l’Europe médiévale. Véritable icône des collections d’Outre-Manche, le jeu de Lewis s’enrichit aujourd’hui d’une nouvelle pièce : un gardien au bouclier de 8,8 cm de haut, redécouvert dans un tiroir après 188 ans de séparation et bientôt proposé à la vente par Sotheby’s. C’est la première fois depuis sa découverte au XIXe siècle qu’un nouvel élément du jeu refait surface, quatre pièces étant toujours manquantes. Pour Alexander Kalder, expert en sculpture européenne chez Sotheby’s « il s’agit d’une des plus passionnantes et des plus émouvantes redécouvertes de [sa] carrière ».

Vitrine du jeu d’échec Lewis au British Museum ©ASLM

Borgne, noircie et pas mal accidentée, la petite idole à l’air tracassé (comme l’ensemble de ses congénères, d’ailleurs) a été achetée en 1964 pour la modique somme de £5 par un antiquaire établi à Edinburgh. Ce dernier qui n’y voyait alors qu’une « ancienne pièce de jeu d’échec en ivoire », était loin de se douter qu’il s’agissait d’un des plus remarquables artefacts de l’ère viking. Le petit guerrier a ensuite été transmis par héritage à sa fille qui s’est pris d’affection pour cette curieuse figurine et l’a conservée précautionneusement dans un tiroir. C’est en présentant l’objet lors d’une séance d’évaluation gratuite chez Sotheby’s à Londres que le fils de celle-ci a découvert la réelle nature de l’objet… et sa valeur actuelle.

Le gardien du jeu Lewis mis en vente par Sotheby’s à Londres le 2 juillets prochain ©Tristan Fewings/Getty Images for Sotheby’s

Barbu, casqué, tenant de la main droite une épée et de l’autre un bouclier en forme d’écu, ce gardien (warder) est l’équivalent des tours de nos échiquiers modernes. Son type iconographique se distingue de celui d’un autre fantassin présent dans le jeu, celui-ci imberbe et mordant à pleines dents le bouclier qu’il tient devant lui, considéré comme une probable évocation des guerriers d’élite scandinaves, les berserkers. À ce titre, le jeu de Lewis témoigne de l’assimilation par les populations d’Europe du Nord de la tradition des échecs, un jeu de stratégie né dans l’Inde ancienne et transmis par le monde islamique. Exposé à Edinburgh dès ce jeudi, le soldat retrouvé partira ensuite pour Londres où il sera proposé à la vente par Sotheby’s le 2 juillet. C’est la première fois qu’une pièce du jeu de Lewis sera mise aux enchères. Espérons qu’elle pourra rejoindre les collections nationales et pourquoi pas se faire une petite place dans les vitrines du British Museum…

Le gardien du jeu Lewis mis en vente par Sotheby’s à Londres le 2 juillets prochain ©Tristan Fewings/Getty Images for Sotheby’s

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Les tourments mystiques d’Henry de Groux

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Comme il l’écrit alors, « toujours j’ai éprouvé cet étrange attrait de l’horreur, de l’excès, du paroxysme qui est selon Nietzsche le signe des suprêmes décadences ». Fort de ce succès, l’artiste belge, installé dans la capitale, devient dès lors une personnalité centrale du paysage symboliste. Exposé par Ambroise Vollard et Georges Petit, il est très lié avec des écrivains comme Léon Bloy, Rémy de Gourmont ou Octave Mirbeau. Membre de l’avant-gardiste Groupe des XX, De Groux en démissionne après avoir refusé d’exposer au côté de « l’exécrable Pot de soleils de Monsieur Vincent ou de tout autre agent provocateur ». On aura reconnu Van Gogh, avec qui il partage pourtant un caractère tourmenté. « Mon idéal d’Art m’emporte comme un cheval emballé traîne son cavalier blessé, embarrassé encore dans les étriers et les brides qu’il n’a su lâcher, confie De Groux dans son Journal. Il me traîne hélas, tout meurtri et tout sanglant dans quels abominables sentiers… » Le peintre perçoit sa souffrance comme la marque d’une élection, ce qui explique son identification aussi bien au Christ humilié qu’à de grandes figures historiques (Napoléon) ou artistiques, de Balzac à Wagner. On les retrouve au musée Rops qui présente une soixantaine de peintures, dessins, sculptures, gravures, photographies et documents, tandis que l’église voisine de Saint-Loup expose Le Christ aux outrages pour la première fois en Belgique depuis 1930.

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Cap au Nord au Festival de l’histoire de l’art

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Prenant pour thème le Peuple, cette 9e édition s’intéressera aussi bien à la sorcellerie qu’aux utopies de l’art social, aux représentations de la Marseillaise qu’aux jeux de société médiévaux. L’art des pays nordiques sera également mis à l’honneur avec une conférence inaugurale de l’artiste danois Danh Vo, une exposition sur la peinture du Grand Nord ou encore des présentations des œuvres d’Edvard Munch, d’Hilma af Klint et d’Alvar Aalto.

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Disparition de l’intellectuel Michel Serres

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Né à Agen en 1930, Michel Serres n’avait pas prévu de devenir philosophe. Diplômé de l’École navale en 1949, il pensait devenir militaire. Mais il a démissionné pour préparer le concours de l’École nationale supérieure qu’il a intégré en 1952. Agrégé de philosophie, il devient enseignant-chercheur à la Sorbonne et à l’Université de Stanford aux États-Unis. En parallèle du professorat, Michel Serres rédige plus d’une centaine d’ouvrages. Son premier livre, Le Système de Leibniz et ses modèles mathématiques, publié en 1960, s’inspire du travail de son directeur d’études supérieures, Gaston Bachelard, à mi-chemin entre sciences dures et sciences humaines. C’est notamment l’un des premiers à introduire dans le champ de l’histoire de la philosophie la notion de « structure », ce qui lui a valu d’être rangé dans le camp « structuraliste ». Marqué par l’expérience de la Seconde Guerre mondiale, qui l’a poussé à emprunter le chemin de la philosophie, il affirme dans une interview vidéo du « Monde » : « Mon corps est fait de guerre, et par conséquent mon âme est fait de paix ». Il est aussi l’auteur des best-sellers Petite Poucette (2012), Les Cinq Sens (2014), et Le Gaucher boiteux (2017). N’oublions pas que Michel Serres était également très sensible à l’art, il a aussi bien écrit sur la bande dessinée, la peinture que les ponts. Dans Hergé, mon ami, (2000) il développe six essais et deux portraits qu’il a consacrés à Hergé, « son ami de vieillesse ». Dans Carpaccio, les esclaves libérés (2007) il s’intéresse aux neuf tableaux peints par Vittore Carpaccio (1465-1526) dans la Scuola di San Giorgio, qui représentent entre autres, saint Georges terrassant le dragon, saint Jérôme amenant au monastère son lion ou saint Augustin entrant en extase. Enfin dans son ouvrage L’Art des ponts : homo pontifex (2006), l’auteur dédie une ode aux ponts aussi bien matériels qu’immatériels. Connu pour son accent gascon chantant et son éternel optimisme, Michel Serres était un intellectuel reconnu, notamment pour ses nombreuses interventions médiatiques. Élu membre de l’Académie Française en 1990, Michel Serres était un auteur touche-à-tout qui a marqué son temps. Il s’intéressait à l’écologie, aux mathématiques en passant par les nouvelles technologies.

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La Chine, toujours recommencée à Reims

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Prêtées par un couple de collectionneurs parisiens, plus de cent œuvres témoignent de la vitalité de la scène artistique chinoise depuis la conversion du régime communiste en capitalisme d’État, époque où l’art, vivant encore de « lutte », garde la forme d’un engagement face aux multiples mutations.

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La Grande Galerie de Radio Classique : Paris romantique, 1815 – 1848 au Petit Palais (1/2)

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Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les samedis à 19h dans l’émission « La Grande Galerie » et le vendredi à 13h00, le samedi à 09h56 et 14h57 pour ses « Chronique Sorties ».

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Un trésor monétaire du XVe siècle refait surface à Dijon

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Les trouvailles monétaires ont cela de grisant qu’elles nous plongent dans le quotidien des sociétés anciennes, dont elles matérialisent les échanges tant économiques que culturels. À Dijon, c’est à l’occasion d’un diagnostic archéologique que les équipes de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont découvert, enfoui sous le sol d’une maison du quartier de l’ancienne abbaye Saint-Bénigne, un dépôt monétaire, accompagné d’un pendentif en or émaillé, qui témoigne de l’histoire de la Bourgogne à la fin du XVe siècle. Cet ensemble comprend 10 pièces en or et 24 en argent, toutes émises dans la seconde moitié du XVe siècle et pour la plupart hors de Bourgogne, dans des territoires qui jouaient alors un rôle moteur dans le commerce européen, tels que les états du Saint-Empire romain germanique (Brabant, duché de Savoie, etc.) ou les principautés italiennes (Milan, Ferrare, Venise, etc.). La variété des monnaies représentées permet de relier ce dépôt à la sphère marchande tandis que la relative richesse de l’ensemble laisse à penser qu’il a été constitué par un (ou plusieurs ?) membre(s) aisé(s) de la bourgeoisie ou de la petite aristocratie. Cette hypothèse est corroborée par la présence d’un médaillon de mariage dont le type au monogramme imite la tradition des cours princières. Mais au-delà de son intérêt proprement historique, ce dépôt prend également des allures de galerie de portraits monétaires, un type iconographique, hérité de l’antiquité, qui connaît alors un véritable renouveau. Dans la seconde moitié du XVe siècle, alors que l’art de la médaille se développe en Italie, les princes d’Europe prennent l’habitude de frapper monnaie à leur effigie. En France, la première monnaie ornée du portrait, plus ou moins réaliste du roi, sera le teston de Louis XII (première émission en 1514) tandis que dans le dépôt découvert à Dijon apparaent déjà les portraits en médaille d’Hercule d’Este, duc de Ferrare (1431-1505), de Galeazzo Maria Sforza, duc de Milan (1444-1476), ou encore du pape Innocent VIII (1432-1492). La monnaie, sa fabrication comme sa circulation, se place donc au coeur d’enjeux politiques et symboliques nouveaux et devient peu à peu un instrument de propagande et de légitimation de l’autorité royale dans l’Europe de la Renaissance.

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Raoul Dufy, retour au Havre

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Né au Havre, Raoul Dufy (1877-1953) s’en éloignera géographiquement mais restera toujours profondément attaché à cette ville qui a marqué, avant lui, d’autres peintres comme Eugène Boudin ou Claude Monet. Dans un style immédiatement reconnaissable, avec cette manière si particulière de disjoindre trait, forme et aplats de couleur, Dufy ne cessera de réinterpréter, tout au long de sa vie, certains motifs observés en Normandie : le port, la plage, la jetée, les bateaux, les baigneurs, le casino… Cette exposition rassemble quatre-vingts œuvres, provenant en partie du musée d’Art moderne André Malraux (le MuMA, riche de cent-vingt-huit peintures, dessins, créations sur tissu et céramiques de l’artiste), mais aussi de collections, publiques et privées. Le parcours permet de suivre le cheminement de l’artiste et l’évolution constante de son travail, de ses premières toiles dans une veine postimpressionniste à l’ultime série des Cargos noirs, commencée en 1948, en passant par les éclats de la période fauve et l’ambiance Belle Époque des années 1920. Un bain de lumière, et surtout de couleur. « Quand je parle de la couleur, je ne parle pas des couleurs de la nature, mais des couleurs de peinture, les couleurs de notre palette qui sont les mots dont nous formons notre langage de peintre », disait Raoul Dufy.

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Chronique Sorties : Henri II au Musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye

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Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les samedis à 19h dans l’émission « La Grande Galerie » et le vendredi à 13h00, le samedi à 09h56 et 14h57 pour ses « Chronique Sorties ».

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Chefs-d’œuvre du cubisme à Bâle

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Au début du XXe siècle, Pablo Picasso et Georges Braque commencèrent à expérimenter le cubisme. Cette nouvelle façon de peindre les choses changeait radicalement la relation de la peinture au monde visible et alla jusqu’à influencer la création poétique. Cette exposition de cent trente œuvres rassemble pour la première fois les chefs-d’œuvre cubistes du Centre Pompidou et ceux du Kunstmuseum Basel provenant de la donation Raoul La Roche (1889-1965), l’un des plus grands collectionneurs de ce mouvement. Elle relate une épopée artistique où l’on croise toute l’avant-garde européenne d’avant la Première Guerre mondiale.

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Podcast : Versailles contemporain, entre création et patrimoine

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Anne-Frédérique Fer, rédactrice en chef de www.FranceFineArt.com, a rencontré Jean de Loisy, co-commissaire de l’exposition « Visible/Invisible », à voir au Domaine de Trianon-Château de Versailles jusqu’au 20 octobre 2019.

Prenant pour cadre le Domaine de Trianon, l’exposition « Visible/Invisible », douzième édition d’art contemporain à Versailles, a pour volonté de mêler création contemporaine et patrimoine. En utilisant la matérialité de la photographie, Dove Allouche, Nan Goldin, Martin Parr, Éric Poitevin et Viviane Sassen capturent, par leur geste contemporain, la mémoire de Versailles. Un Versailles à la fois lieux de mémoire et d’histoire mais qui dévoile également ses lieux secrets et inaccessibles. Dans ce jeu du Visible/Invisible, Dove Allouche s’est arrêté sur le gypse et la mémoire des constructeurs ; Nan Goldin, en résonance et en mémoire à la « Marche des femmes », a exploré le monde souterrain du système hydraulique des fontaines ; Martin Parr pose une fois encore son regard acidulé sur le marché du tourisme ; Éric Poitevin par une attention particulière aux humbles, hors fastes de la cour, a capturé l’angélique et le soleil ; Viviane Sassen en explorant Versailles et son histoire, nous révèle la sensualité de ses habitants.

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Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois, la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005). FranceFineArt est constituée de différentes rubriques qui à l’aide de photographies, d’interviews sonores,
de textes et de liens interactifs 
rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

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