Actualité artistique

Hervé Barbaret nommé à la direction de l’Agence France-Muséums

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Créée en juillet 2007 suite à l’accord entre le gouvernement d’Abu Dhabi et la France, l’Agence France-Muséums (AFM) est à l’origine de la réalisation du Louvre Abu Dhabi. Le 30 septembre, le conseil d’administration a nommé à l’unanimité Hervé Barbaret au poste de directeur général de l’AFM, avec l’approbation au préalable de Franck Riester, ministre de la Culture, et de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. « Il a toute ma confiance pour remplir avec succès cette mission fondamentale et poursuivre, avec l’exigence d’excellence pour laquelle nos partenaires émiriens ont choisi la France, cette aventure de collaboration culturelle unique entre nos deux pays », a déclaré Franck Riester à l’occasion de cette nomination. Hervé Barbaret succède à Anne Mény-Horn qui termine son mandat de trois ans sans souhaiter le renouveler. Le nouveau directeur général n’est pas étranger à l’institution car, de 2009 à 2015, il a participé au conseil d’administration de l’AFM, alors qu’il était administrateur général du musée du Louvre et a ainsi suivi le projet de création du Louvre Abu Dhabi. Hervé Barbaret quitte donc son poste de secrétaire général du ministère de la Culture, qu’il occupe depuis 2017. Avec plus de quinze années d’expérience dans le milieu culturel, il a notamment été directeur général délégué de la Cité de l’architecture et du patrimoine (2004-2007) et directeur du Mobilier national et des manufactures des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie (2015-2017).

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Les voix obscures de la peinture à Villeneuve-d’Ascq

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Le premier, Augustin Lesage (1876-1954), était mineur de fond comme son père ;  le second, Victor Simon (1903-1976), descendit également dans la mine avant de devenir cafetier. Quant au troisième, Fleury-Joseph Crépin (1875-1948), il était plombier-zingueur et quincaillier. Tous trois devinrent des adeptes du spiritisme, mouvement venu des États-Unis au milieu du XIXe siècle qui connut en Europe un véritable regain après la guerre de 1870. Pourtant, la postérité n’aurait guère retenu le nom de ces trois modestes enfants du Nord si chacun d’eux n’avait, à un moment de sa vie, entendu des voix lui enjoignant de dessiner, de peindre. Obéissant à une force invisible, ils composèrent une œuvre étrange, d’une puissance plastique confondante, nourrie de symbolisme chrétien, mais aussi d’influences hindoues ou orientales et marquée par l’art de l’Égypte ancienne. L’exposition qui les réunit sera présentée à Chambéry à l’automne 2020. À Villeneuve-d’Ascq, elle coïncide avec le 20e anniversaire de la donation au LAM de trois mille cinq cents œuvres d’art brut par l’association L’Aracine. Cette collection vient d’être raccrochée au sein des collections permanentes dans des espaces entièrement rénovés.

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Les Conférences de Connaissance des Arts

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Pourquoi le point fascine-t-il les postimpressionnistes ?
Quelle révolution ont accompli les Avant-Gardes ?
Qu’est-ce que le Beau surréaliste ? Découvrez notre cycle de conférences
« Comprendre l’Art moderne »

Pour la saison 2019-2020, les conférences de « Connaissance des Arts » seront consacrées à l’Art moderne ! De Seurat à Soulages, en passant par le Bauhaus et la Pop Culture, c’est une épopée artistique hors du commun que nous vous invitons à découvrir au fil de 9 nouvelles conférences.
Retrouvez-nous chaque mois, dans notre Auditorium, situé au 10, boulevard de Grenelle à Paris, pour comprendre un mouvement ou grand thème de l’art du XXe siècle avec un expert du domaine.

CYCLE
♦ 9 conférences ♦

1 inscription au Cycle = 1 conférence offerte
Inscrivez-vous pour 9 conférences au tarif préférentiel de 200€ au lieu de 225€

À LA CARTE Tarif par conférence : 25€ 1900 : entre Art Nouveau et Symbolisme
17 octobre – 18h30 à 20h00

En cette fin de siècle, nombre de foyers artistiques européens se retournent contre l’académisme et explorent de nouvelles voies. Bruxelles amorce un changement avec Victor Horta ou Henry Van de Velde. L’architecture et le mobilier renvoient au terme d’« art total » exprimant ainsi la volonté d’un art global, entier sous la main du dessinateur architecte. L’Europe s’enflamme et Vienne, Barcelone ou bien Nancy témoignent de ce nouvel art. Si la nature demeure la source d’inspiration première, celle-ci est désormais détachée d’une simple imitation au profit d’une inspiration. Peintres et sculpteurs explorent également cette voie jusqu’à la représentation de l’Idée. Musiciens, poètes, sculpteurs et peintres réinterprètent les lois naturelles pour une exploration du monde au-delà des apparences concrètes et se tournent vers le symbolisme.

Animée par Jean-Baptiste Corne, doctorant, chargé de cours à l’Ecole du Louvre

Les Avant-Gardes, autour des Fauves et des cubistes
21 novembre 2019 – 
18h30 à 20h00 

Autour des figures de Matisse et de Picasso se trament deux grandes révolutions du début du XXe siècle. La recherche chromatique issue des postimpressionnistes est désormais au centre des préoccupations d’un cercle d’artistes réunissant Matisse, Derain, Vlaminck et bien d’autres. Les formes simplifiées, l’audace des aplats aux couleurs vives bouleversent les visiteurs du Salon d’automne de 1905 et notamment Louis Vauxcelles qui surnommera ce groupe « les Fauves ». Picasso, quant à lui, opère un tournant décisif dans son art. S’inspirant de Cézanne et de l’art primitif, le peintre déconstruit son motif par géométrisation. Sa toile, Les demoiselles d’Avignon, présentée en 1907 engage une jeune génération d’artistes à l’instar de Braque ou Juan Gris dans l’exploration de formes et de supports.

Animée par Caroline Rastello, conférencière en histoire de l’art

♦ Entre archaïsme et expressionnisme, une nouvelle esthétique
19 décembre 2019 – 18h30 à 20h00 

Lorsque les artistes européens découvrent les arts non-occidentaux à la faveur des expositions coloniales, ils sont à la recherche de nouvelles formes de création, capables d’allier subjectivité et esthétique. La liberté d’expression des œuvres qu’ils découvrent – masques africains, parures colorées – les incite à se tourner vers la redécouverte d’un passé ignoré. Depuis les contes populaires références pour August Macke dans Die Brücke ou chez Gabriele Münter pour le Blaue Reiter aux recherches du sauvage chez le naïf Douanier Rousseau, la marque de l’archaïsme devient source de création associée aux théories scientifiques et psychanalytiques les plus modernes. La conférence se propose d’aborder le primitif en art à travers les multiples facettes de cette expérience et ses impacts sur les nouvelles esthétiques du début du XXe siècle.

Animée par Caroline Rastello, conférencière en histoire de l’art

♦ Les révolutions dans l’art : Bauhaus, Constructivisme, Abstraction
23 janvier 2020 – 18h30 à 20h00 

Entre 1917 et 1919, de grands mouvements artistiques émergent autour de pratiques nouvelles : photographies, mise en avant de la spatialité, attention particulière à la matière, rejet de la figuration. De la première aquarelle abstraite de Kandinsky aux nouveaux espaces définis par Mondrian pour De Stijl et Pevsner pour le Constructivisme Russe, les artistes s’engagent sur de nouvelles réflexions. La conférence confrontera ces pratiques révolutionnaires à l’enseignement du Bauhaus et aux œuvres de ces professeurs engagés.

Animée par Sybille Bellamy-Brown, historienne de l’art et chargée de cours à l’École du Louvre

♦ Dada et les Surréalistes, l’art comme terrain de jeu
27 février 2020 – 18h30 à 20h00 

L’entrée de l’Europe dans la Première guerre mondiale pousse quelques artistes à regarder vers l’absurde comme motif de création. Symbole de fébrilité du temps, le mouvement Dada après quelques heures de gloire, s’essouffle et les figures fortes du dadaïsme évoluent vers d’autres réflexions. Les thématiques de l’inconscient, du rêve et de la beauté convulsive sont communes à la création de Man Ray, Max Ernst, Francis Picabia, René Magritte ou Salvator Dali – chantres du Surréalisme. La conférence se concentrera sur les temps forts des deux mouvements phares de l’entre-deux-guerres, depuis la publication de leurs manifestes respectifs aux expositions les plus marquantes des membres des deux groupes.

Intervenant à confirmer

♦ L’Art Déco et les Expositions internationales de 1925 et 1937
19 mars 2020 – 18h30 à 20h00 

Géométrisation, sensibilité accrue pour la modernité, l’art Déco marque durablement les conceptions artistiques du XXe siècle. Sa diffusion internationale, à travers les expositions, les paquebots et les voyages fréquents des artistes en fait un mouvement connu à travers le monde. La vitalité des expositions parisiennes de 1925 et de 1937 témoigne d’une force du milieu artistique parisien, autour des figures aussi accomplies que Robert Mallet-Stevens, les frères Martel, le couple Delaunay, le couturier Poiret ou les créateurs de Cartier. La conférence se propose de vous faire découvrir ce monde fait de luxe, de mots et d’images, pour une promesse artistique de haute volée.

Animée par Anne-Sophie Godot, historienne de l’art et chargée de cours à l’École du Louvre

♦ De Pollock à Soulages : abstraction américaine et reconstruction européenne
23 avril 2020 – 18h30 à 20h00

La maturité artistique de Jackson Pollock (1912-1956), ses grands formats utilisant la technique des éclaboussures de peintures inaugurent l’émergence d’un art abstrait états-unien qui selon le puissant critique Clement Greenberg, ne doit rien plus rien à l’art européen. L’abstraction américaine se développe avec des personnalités artistiques aussi diverses que Ellsworth Kelly, Clifford Steel, Barnett Newmann ou Marx Rothko. La Seconde Guerre mondiale et ses traumatismes ont profondément bouleversé les artistes et le monde de l’art. L’École de New York devient prépondérante. Mais L’Europe n’a pas dit son dernier mot avec des artistes comme Georges Mathieu, Jean Dewasne, Zao Wou Ki ou Soulages au parcours si singulier.

Animée par Cendrine Vivier, conférencière nationale

L’objet du quotidien, entre Nouveau Réalisme et Pop culture
28 mai 2020 – 18h30 à 20h00

De Richard Hamilton en Angleterre à Andy Warhol ou Roy Lichtenstein, le Pop art choisit comme source d’inspiration la société de consommation alors émergente et qui exerce sur eux une forme de fascination. Loin des sources savantes et littéraires, le Pop art se veut accessible et populaire. Warhol et son atelier la Factory deviennent emblématiques de ces nouvelles pratiques à partir de 1963. En France, des artistes se regroupent autour du critique et théoricien Pierre Restany pour créer le Nouveau Réalisme : Martial Raysse, Daniel Spoerri, Yves Klein, Arman, Jacques Villeglé, Niki de Saint-Phalle, Jean Tinguely veulent développer le « recyclage poétique du réel urbain » pour citer Pierre Restany.

Intervenant à confirmer

♦ L’éclatement des pratiques dans les années 1960 et 1970
25 juin  2020 – 18h30 à 20h00

Ces deux décennies sont celles d’un éclatement tous azimuts des pratiques, des enjeux, des méthodes dans le monde artistique. Dans l’art cinétique, le mouvement devient le medium principal. Avec l’Op Art, la vision du spectateur est la cible : Vasarely, Bridget Riley, les artistes du GRAV s’attachent à créer des jeux d’optique et d’illusion dépourvus de toute signification. Le mouvement Supports-Surfaces, l’Arte Povera, Le Land Art, le minimalisme… autant de tendances qui font sortir l’art de ses catégories dans un renouvellement souvent contestataire et radical. D’autres artistes ne produisent plus des œuvres mais des événements, des happenings qui doivent faire réagir les spectateurs. Les artistes de Fluxus, Carole Schneemann, Claes Oldenburg sont quelques représentants de cette lame de fond qui touche également l’Europe : Joseph Beuys, Wolf Vostell, pour l’Allemagne, Jean-Jacques Lebel pour la France.

Animée par Baptiste Brun, maître de conférences en histoire de l’art contemporain à l’université Rennes 2

 

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L’œuvre anti-Brexit de Banksy chez Sotheby’s risque de battre des records aux enchères

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Un an après la vente de la Petite fille au ballon rouge, déchiquetée dans la salle de ventes alors qu’elle venait d’être adjugée pour près d’1,2 million d’euros et renommée depuis Love is in the Bin (L’Amour est à la poubelle en français), Banksy fait son grand retour dans la maison de ventes londonienne. Jeudi 3 octobre, Devolved Parliament (Parlement décentralisé) sera mise aux enchères chez Sotheby’s. Cette toile, initialement exposée en 2009 au musée de Bristol avec comme titre Question Time (L’Heure du questionnement), représente les 650 parlementaires britanniques en chimpanzés. Utilisant régulièrement la représentation animale dans son travail, Banksy emploie pour la première fois le singe en 2002, dans son œuvre Laugh Now (Riez maintenant). Dans Devolved Parliament, outre la référence de science-fiction à La Planète des singes, où les primates prennent le pouvoir sur les humains, le plus célèbre des artistes anonymes utilise la figure du chimpanzé pour illustrer une version non corrompue de l’être humain tout en ajoutant, avec une touche d’humour noir, un côté primitif à ses personnages.

En mars dernier, l’artiste britannique a partagé sur Instagram Devolved Parliament en écrivant : « J’ai fait ça, il y a dix ans. Le musée de Bristol vient de l’exposer à nouveau pour marquer le jour du Brexit.  » Riez maintenant, mais un jour personne ne sera en charge  » ». Alors que la dernière œuvre anti-Brexit de Banksy située à Douvres a été dernièrement victime d’un ravalement de façade, la mise aux enchères de l’œuvre à moins de deux kilomètres du Palais de Westminster (où se situe la Chambre des Députés), un mois avant la date du Brexit, programmée le 31 octobre, est chargée de sens. « Qu’importe votre position dans le débat sur le Brexit, il n’a aucun doute que ce travail est plus pertinent maintenant qu’auparavant, capturant des niveaux de chaos politique sans précédent tout en confirmant Banksy comme le polémiste satirique de notre temps », explique Alex Branczik, chef du département d’art contemporain Europe de Sotheby’s. Jusqu’à sa mise aux enchères, Devolved Parliament est exposée chez Sotheby’s. Cette toile de 2,67 m par 4,46 m, soit le plus grand format connu du Street Artiste, est estimée entre 1,5 et 2 millions de livres sterling (entre 1,7 et 2,25 millions d’euros) selon la maison de ventes. Devolved Parliament va-t-elle battre le record actuel détenu par Keep It Spotless, vendue à 1,87 million de dollars en 2008 chez Sotheby’s, à New York ? Réponse le 3 octobre.

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Maxime Duveau ou la réinvention du tableau à la Fondation Salomon

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Chaque exposition de Maxime Duveau procure une sensation de voyage dans le monde contemporain que ce jeune artiste, appuyé sur sa passion du dessin et de la photographie, réinvente en un implacable spectacle graphique noir et blanc. À la Fondation Salomon comme ailleurs, Maxime Duveau ménage en outre la transition en traitant au pochoir les parois murales accueillant ses visions urbaines. Un monde guère peuplé d’hommes mais regorgeant de présence humaine dans une réalité muée en une fascinante machine fictionnelle kaléidoscopique.

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Kara Walker investit le Turbine Hall de la Tate Modern

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Carte blanche pour une création in situ, l’œuvre que présente Kara Walker prend place, ce 2 octobre, dans la nef de l’ancienne centrale électrique de Londres. Invitée pour l’édition annuelle de la commission Hyunday, elle « vient interroger l’histoire et l’identité avec esprit, nuance et distance » promet Frances Morris, directrice de la Tate Modern. Car si l’artiste afro-américaine, établie à New York, aborde avec passion des thèmes graves tels que les races et le racisme, la violence et la sexualité ou le genre et l’oppression, elle ne se départit jamais de son humour parfois cynique. Son œuvre protéiforme embrasse les passions humaines, s’appuyant sur différents médiums, notamment le papier découpé qui semble un support privilégié. « J’ai commencé les silhouettes noires découpées pour arrêter de peindre, m’approprier une liberté du geste », explique Kara Walker. Et c’est bel et bien la liberté qui toujours sous-tend son œuvre. Pour preuve, A subtlety, sculpture monumentale (dix mètres par vingt-trois) de sucre représentant une sphinge aux traits négroïdes qui se délite, se réfère tout autant à l’histoire de l’esclavage et l’exploitation de la population noire dans les plantations du sud des États-Unis, qu’à un regard personnel de l’artiste sur ses propres racines. « Ainsi, ajoute la directrice, j’ai la conviction que la proposition de Kara Wlaker sera une excitante réponse à l’échelle industrielle de la nef placée dans le plus large du contexte de notre ville, Londres, et de l’histoire de la Grande-Bretagne ».

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Objets désirables chez Leclerc

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D‘envoûtantes atmosphères en baroques associations, les cabinets de curiosités disent la diversité du monde et les passions d’amateurs sensibles. Quinze de ces trésors émanant de collectionneurs, d’artistes et de musées composent aux Capucins de Landerneau un parcours immersif dans le rare et l’étrange, tissant en filigrane un dialogue subjectif entre œuvres et objets. Ici, les symboles mènent le jeu et nous invitent à explorer nos propres curiosités, nous dévoilent la personnalité, les intentions et aspirations d’une collection et de son collectionneur. Tel un concentré de civilisation, un trompe-l’œil signé Domenico Remps, figurant une mirabilia ouvre l’exposition dévoilant ses joyaux de corail, ses objets rares et ses livres. Le temps, creuset des vanités, s’incarne dans les horloges automates de la collection Kugel. Antiquités et vestiges factices se rangent dans l’atelier reconstitué de Théo Mercier. Chez l’écrivain et éditeur Patrick Mauriès, c’est un peu de chez lui qui s’expose, derrière un voile pudique expliquant « Le collectionneur n’existe que dans ce désordre qui est le décor de sa vie ». Ainsi, quelque mille cinq cents œuvres et objets savamment rassemblés pour la première fois révèlent au visiteur l’esprit de prestigieuses collections. Issues du Muséum national d’histoire naturelle, elles clament les beautés naturelles, ou du Musée d’anatomie de Montpellier, les mystères du corps, écorchés, femme à barbe à l’appui. Enfin, concluant cette déambulation que seule la curiosité guide, le temps garde ses droits, déroulant l’immense collection de sabliers de Jacques Attali.

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La magie Picasso à Paris

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« Tableaux magiques » : c’est ainsi qu’en 1938 le critique d’art et éditeur Christian Zervos, fondateur des « Cahiers d’art » et auteur du catalogue raisonné de l’œuvre de Picasso, nomma un vaste ensemble de peintures réalisées par ce dernier entre l’été 1926 et le printemps 1930. L’attirance pour les arts premiers dotés de pouvoirs magiques s’exerce très tôt chez Picasso, qui collectionne ces objets et gardera toujours la volonté de faire et défaire les formes à son gré tel un démiurge, tout en chargeant ses figures d’une sorte de présence active, parfois terrifiante. C’est particulièrement le cas dans les œuvres de ces années-là, qu’on nous présente ici comme étant une période à part entière, jusque-là restée un peu floue. Picasso y forge un nouveau vocabulaire fait de signes, idéogrammes, œil, cheveux, bouche, main, sexe, figures totalisantes englobant l’espace environnant et chargées d’émotions premières, violentes. Cette réélaboration de ses moyens plastiques, menée en grande proximité avec certains surréalistes comme Michel Leiris, prélude à la création de nouveaux grands cycles, comme ceux du Minotaure ou de Guernica. On ne compte pas moins de cent cinquante-deux de ces « tableaux magiques », dont un tiers sont ici exposés.

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L’ascétisme sensuel de Charlotte Perriand

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Dès les années 1920, les objets industriels exercent une réelle fascination sur les avant-gardes. Les peintres comme Fernand Léger ou Francis Picabia, les architectes comme Le Corbusier portent l’automobile au pinacle, de même que les dadaïstes de tous poils ou les divers futuristes. On vénère le mouvement engendré par le moteur, symbole d’un avenir meilleur. Annonciateurs de beauté et de poésie, ces objets industriels sont les vrais signes d’un monde moderne à « l’esprit nouveau ». En arborant avec malice un collier de grosses boules de roulements à billes en acier rutilant comme une carrosserie, Charlotte Perriand ne déroge pas à cette vague d’intérêt pour les rouages de la mécanique, miracle d’une fonctionnalité, d’une précision, d’une efficacité, et même d’une « pureté » jusqu’ici cachées. Elle crée dès 1927 le fauteuil pivotant B302 rembourré de cuir et un tabouret canné aux pieds en tube métallique avant même de participer à la construction en 1928 de l’iconique Chaise longue basculante ou du célébrissime Fauteuil Grand Confort avec Le Corbusier et son cousin Pierre Jeanneret. Elle croit fermement au métal pour ses facultés de standardisation. Mais lors de l’Exposition universelle de Bruxelles en 1935, dans son stand de la « Maison du Jeune Homme », elle ose mettre face à son tabouret pivotant un fauteuil paillé tout simple fleurant bon la campagne. Cet espace de 1935 est d’ailleurs reconstitué dans l’exposition présentée à la Fondation Louis Vuitton ainsi que d’autres « recompositions » de lieux inédits ou rarement visités.

Perriand n’a pas froid aux yeux. Elle est en avance, jouant avec ce qui sera considéré comme un « retour en arrière », vers un régionalisme honni et qui fait scandale parmi les membres de l’Union des Artsiets Modernes (UAM). Pierre Chareau est furieux. Sans parler de cette énorme vertèbre de baleine posée au mur telle une sculpture ! Ou de ce silex montagnard, comme ceux qu’elle a photographiés (et que l’on a pu admirer en 2019 dans la très belle exposition « Préhistoire. Une énigme moderne » au Centre Pompidou) ! Quel culot que ce mélange des genres ! Isoler un élément de machine, pourquoi pas, mais un os d’animal extrait de la terre ! Charlotte vient d’incorporer tranquillement dans son univers la forme libre et organique. Elle n’accepte pas les dogmes, qu’ils soient d’avant-garde ou passéistes, ce qui la rend souvent incomprise. Quant au métal, elle déchante et s’en détourne vite, surtout après son premier voyage au Japon et son retour en France au moment de la Reconstruction. Elle avoue dès lors préférer des matériaux plus traditionnels comme le bois massif, le bambou, l’ardoise ou la tôle vernissée, qu’elle utilisera plus tard dans la station de ski des Arcs. Elle n’est pas de ceux qui rêvent de faire table rase à tout prix. Elle n’a aucun préjugé, réutilise les formes qui ont fait leur preuve, reste ouverte aux traditions intemporelles comme aux innovations, n’exclut jamais rien. Elle porte l’’essentiel de son attention à l’étude des gestes quotidiens, la rationalisation des solutions domestiques, la compréhension des espaces, l’intelligence du rangement qui crée la fluidité, la recherche de la simplicité – cœur de la beauté mais pour tous – car le social lui importe plus que tout.

Perriand restera toujours engagée, parfois de façon peu visible ou contradictoire, à l’image des étapes de ce XXe siècle. Le vide est la contrainte nécessaire pour mener au bonheur, à la respiration physique et mentale. La créatrice adoucit, adapte, humanise, féminise les préceptes modernistes auxquels elle reste en partie fidèle et qu’elle allie aux idées zen et orientales. Elle aménage plus qu’elle n’équipe pour répondre aux besoins changeants de la vie moderne, avec la même ingéniosité à mêler fonctionnalisme et retour à la nature. Perriand n’est pas une artiste. Elle sait cependant que « l’art est dans tout : dans un geste, un vase, une casserole, un verre, une sculpture, un bijou, une manière d’être ». C’est une pragmatique qui a besoin d’épurer les formes de ses meubles ou de ses interventions dans les intérieurs pour qu’elles chantent mieux encore auprès des créations de Picasso, Calder et Miró.

La chasse aux trouvailles

Charlotte Perriand est née dynamique, la curiosité vissée au corps. Rien ne la fera jamais renoncer à son indépendance. Elle garde toute sa vie ce qu’elle appelle si joliment « l’œil en éventail ». Quant à son ami Léger, avant même de peindre des ouvriers au travail, il est l’un des premiers à sortir l’objet de son contexte. N’importe quel objet de la vie quotidienne, rurale ou industrielle, sera détaillé, dessiné, et servira de base de réflexion. Dans les années 1930, il entraîne Charlotte dans des chasses aux trouvailles d’objets de récupération, industriels ou naturels : racines, silex, déchets de tôles pressées qu’elle photographiera avec passion autour de 1935 et dont elle continuera à utiliser les images jusque dans les années 1970, agrandies comme des fresques. À la même époque, nombreux sont les artistes qui, comme le sculpteur Henry Moore, ramassent cailloux troués et os blanchis par le sel. Le Corbusier introduit dans ses tableaux puristes des pommes de pin et des coquilles, Magnelli peint les débris et éclats de marbre qu’il découvre à Carrare. Aux traditions étriquées et bourgeoises, on oppose la pureté primitive. Les artistes sont les seuls à voir l’invisible. La vie moderne n’empêche pas de vouloir pénétrer l’âme des objets les plus humbles, ce que comprennent vite les surréalistes.

La créatrice n’oubliera jamais ces récoltes « d’art brut », ainsi qu’elle les nomme. Elle a compris comment un simple objet bien choisi, bien cadré ou décalé, peut ajouter de la poésie à des lieux parfois froids. Elle adoucit les murs, peaufine les angles de ses tables en bois massif, arrondit l’épaisseur de leur plateau, creuse les lignes. Tout est réfléchi dans sa démarche, rien n’est superficiel. L’ascétisme devient sensuel. Elle développe son goût pour des matériaux inusités ou modestes, plus légers, souvent meilleur marché, comme les voiles de bateau, les bâches ou les claies de bambou, qu’elle transforme en cloisons ou portes coulissantes. La main et l’esprit dialoguent en permanence. Sa vie durant, elle prône l’union entre le fabriqué et le naturel, en une sorte de philosophie fondée sur une « synthèse des arts » comme l’indique le titre de son exposition à Tokyo en 1955, où Hartung fait bon ménage avec Léger et Pierre Soulages avec Le Corbusier. Synthèse qui fait le succès de son aventure à la galerie Steph Simon des années 1950 à 1970. Il ne s’agit pas de l’art avec un A majuscule mais bien des arts et de tout ce qui s’y rattache. Le style de vie Perriand est dans ce mariage entre art, architecture, art décoratif, artisanat populaire, arts et métiers. Et la leçon du Japon a fait mouche : elle sait jouer « caressant » autant que « brut », poétique autant que minimal. Il est donc essentiel qu’une gravure de Picasso côtoie un tabouret de vacher, qu’un tissu de Miró filtre et égaie la lumière en faisant écran à des poteries japonaises, qu’un tapis coloré de Léger flirte avec des tatamis modulaires … Peut-être même s’est-elle souvenue, lorsqu’elle créa le plateau de ses tables basses dans son chalet de Méribel dans les années 1960, des magnifiques troncs d’arbres que Léger fit à l’encre en 1932, ou des frottages sur bois de Max Ernst ?

Nous vous avons offert l’intégralité de cet article
paru dans notre numéro d’octobre 2019

Hors-série : Le monde nouveau de Charlotte Perriand


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Jean Cocteau sous le signe de la métamorphose à Menton

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La Côte d’Azur fut une seconde maison pour Jean Cocteau, qui a trouvé à Menton le plus grand musée qui lui soit dédié. Inauguré en 2011 et frappé par la tempête d’octobre 2018, il a dû être hélas fermé et rapatrié – pour quelque temps encore – dans son premier lieu historique voisin, le Bastion. Le musée honore cette année le film emblématique du maître, La Belle et la Bête, sorti, après neuf mois de tournage, en 1945, année de cet autre film culte sur la problématique du double, Le Portrait de Dorian Gray d’Albert Lewin, et un an après celui de Reginald Le Borg, The Mummy’s Ghost (Le Fantôme de la momie). Inspiré d’un conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont publié en 1757, le film de Cocteau était parvenu à transcender les peurs et interdits sous-jacents du conte en un extraordinaire univers fantastique mais réaliste auquel contribuèrent, entre autres, l’opérateur Henri Alekan, avec son noir et blanc flamboyant de contrastes, et le décorateur-costumier Christian Bérard. Pour accompagner cette évocation, le musée a invité quatre artistes femmes dont l’inspiration se trouve en forte résonnance avec le monde de Cocteau : Marie Boralevi, Katia Bourdarel, Frédérique Nalbandian et Vee Speers. Un choix très judicieux tant chacune de ces artistes, à travers des techniques et supports divers, ré-enchante avec profondeur les masques du réel, entre surprise, sourire et inquiétude.

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Forte affluence au musée du quai Branly-Jacques Chirac depuis l’ouverture gratuite des lieux

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Depuis l’annonce de l’accès gratuit au musée du quai Branly-Jacques Chirac jusqu’au vendredi 11 octobre inclus, par décision de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et de Franck Riester, ministre de la Culture, l’institution bat son plein. L’édifice de Jean Nouvel a accueilli 37 690 visiteurs depuis l’annonce du décès de Jacques-Chirac jeudi dernier, dont 19 590 hier, a annoncé le musée. Habituellement, le lieu reçoit entre 3 000 et 5 000 visiteurs le dimanche. Créé par la volonté de Jacques Chirac, celui-ci a déclaré en 2006 : « Il n’existe pas plus de hiérarchie entre les arts et les cultures qu’il n’existe de hiérarchie entre les peuples. C’est d’abord cette conviction, celle de l’égale dignité des cultures du monde, qui fonde le musée du quai Branly ». Nul doute que de nouvelles personnes iront également au musée dédié aux « arts premiers » rendre un dernier hommage à l’ancien chef d’État.

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Le président des Amis du Palais de Tokyo remercié après ses propos haineux contre Greta Thunberg

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Tout s’est déroulé le samedi 28 septembre sur Facebook. Bernard Chenebault, président des Amis du Palais de Tokyo et du cercle de mécènes Tokyo Art Club, commente un article de « Slate » sur le réseau social de Mark Zuckerberg au sujet de la jeune militante écologiste Greta Thunberg en écrivant : « Il faut l’abattre », puis « J’espère qu’un désaxé va l’abattre ». Malgré la suppression des commentaires, la violence de ces propos, appelant au meurtre, fait réagir le collectif de photographes La Part des femmes qui demande au Palais de Tokyo, aux Amis du Palais de Tokyo ainsi qu’au ministère de la Culture de « prendre leurs responsabilités et de le faire savoir ». Un discours polémique de Bernard Chenebault, bien que propagé sur le compte personnel du principal concerné, peut ternir l’image de l’association des Amis du Palais de Tokyo. Le lendemain, le musée réagit sur Twitter pour se désolidariser des propos tenus par le président et annoncer sa réunion prochaine pour procéder à l’élection de son successeur. De nouveau sur Facebook, l’homme qui dirige l’association de mécènes depuis 2013 s’excuse de s’être pris au « jeu de Facebook, mes mots ont totalement dérapé hors de ma pensée et de mon intention ». D’après « Libération », Bernard Chenebault n’en est pas à ses premiers propos polémiques. Le site du média a « exhumé » des messages racistes du profil Facebook de l’individu, datant notamment d’avril dernier.

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[Avant-Première] La Nuit Blanche 2019

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Didier Fusillier, directeur artistique de la manifestation, nous présente les nouveautés de cette édition 2019 : parade de chars d’artistes rue de Rivoli, vélodrome citoyen lumineux sur le périphérique ou encore marathon dans les musées et monuments de la capitale.

Découvrez le programme sur www.nuitblanche.paris

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De drôles d’oiseaux au jardin de Balzac

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Projet d’éventail représentant l’apothéose de Balzac, crayon, encre brune, 1835-1836, timbre sec aux initiales « J.J.G. » 24 x 40,4 cm ©Maison de Balzac, Paris

Drôle d’oiseau que ce Grandville (1803-1847), qui mit sa plume au service de la satire politique et sociale. Drôle d’oiseau que le Balzac de la Restauration, qui collabore à des journaux comme « La Silhouette » contribue au lancement de « La Caricature » en attendant la gloire littéraire. Leurs talents se croisent dans ces feuilles où les vignettes de l’un stimulent l’inspiration de l’autre. Un exemple parmi des dizaines, propre à déclencher une hilarité durable, le rapt tragicomique d’une grenouille par un rat sérieux comme un petit-bourgeois de 1830, de la série « Mœurs aquatique ». Balzac, dont les textes sont en exergue, n’est pas en reste ! Sa nouvelle Peines de cœur d’une chatte anglaise constitue l’un des chapitres des Scènes de la vie privée et publique des animaux illustrées par Grandville.

Grandville, Voyage pour l’Éternité, « Voilà, Messieurs un plat de mon métier » ©Collection privée

De précieux dessins conservés à Nancy, ville natale de l’illustrateur, ponctuent cette galerie amusante, impertinente et poétique. Avec le Voyage pour l’éternité, le ton se fait plus grinçant. Une des planches montre une « lorette » aguichant un jeune homme : « Voulez-vous monter avec moi mon petit Monsieur ? » Mais derrière le masque charmant se cache la Mort sans visage. Dans La Rabouilleuse (1840), Balzac sera le premier écrivain à mentionner la syphilis. Ici, dès 1830, Grandville y fait clairement allusion. Cette exposition sera aussi l’occasion de découvrir le nouvel espace d’accueil du musée et le salon de thé donnant sur le jardin fraîchement replanté. À la disposition des visiteurs, une petite bibliothèque balzacienne invite à s’y attarder.
Un beau programme d’ateliers, lectures, visites contées accompagne l’exposition. Inscriptions au 01 55 74 41 80 et en ligne.

Vue de la Maison Balzac à Paris ©DR

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Ma langue au chat : Lequel de ses films Jacques Demy qualifie-t-il de « Matisse qui chante » ?

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Jusqu’au 5 janvier, le musée Matisse à Nice présente les liens tissés entre le peintre et le cinéma.

QUESTION

Lequel de ses films Jacques Demy qualifie-t-il de « Matisse qui chante » ?


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RÉPONSE

Les Parapluies de Cherbourg (1964). Cinq ans plus tard, Jacques Demy affirme : « Pour Les Parapluies, je n’arrêtais pas de dire : c’est un Matisse qui chante. Il faudrait trouver des harmonies comme cela, complètement transposées ». Dans la scène de la lettre, par exemple, Demy cite directement Femme à la fenêtre, un tableau de 1920 de Matisse.

Toutes les réponses figurent bien sûr dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Cinématisse
In Fine Éditions d’art, 128 pp., 25 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition « Cinématisse. Dialogues d’un peintre avec le cinéma »
organisée du 19 septembre 2019 au 5 janvier 2020 au musée Matisse à Nice.

+ d’infos

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La saga Thonet s’expose à Munich

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Nous connaissons tous sans le savoir la Chaise n°14 de Thonet. Michael Thonet (1796-1871) est ce génial ébéniste allemand installé en Autriche qui a utilisé un procédé à la vapeur pour courber le bois (notamment le hêtre) et produit en masse des chaises élégantes et légères, meublant des milliers de cafés depuis 1851. Avec quatre cents pièces l’exposition couvre cette incroyable épopée, qui a su se renouveler tout au long du XXe siècle : c’est aussi Thonet qui a produit la chaise tubulaire de Marcel Breuer !

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Les Indes galantes de Cogitore : un deuxième chef-d’œuvre

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Les Indes galantes est l’un des six opéras-ballets écrits par Jean-Philippe Rameau dans la première moitié du XVIIIe siècle, les Indes désignant alors l’Asie et l’Amérique. Composé d’un prologue et de quatre entrées, il alterne chant et danse, les deux se mêlant parfois. Comme pour toutes les œuvres de cette période et surtout pour ce genre créé par André Campra au milieu du XVIIe siècle, il peut exister un décalage entre le propos (souvent pauvre), les références mythologiques et les histoires galantes (oubliées depuis), le rythme de la pièce (trois heures et demie de musique) et les attentes du public d’aujourd’hui. Pourtant, en confiant la mise en scène à un artiste contemporain spécialiste de l’image, Clément Cogitore, et à une chorégraphe adepte des danses de rue, Bintou Dembélé et la Compagnie Rualité, l’œuvre est transfigurée, tout en conservant (prouesse indéniable !) toute sa place à la musique de Rameau. Pour chacune des cinq parties, le propos est transposé dans la période contemporaine. Ainsi, pour le prologue, les divertissements de la jeunesse interrompus par l’arrivée de la déesse Bellone sont transformés en un défilé de mode perturbé par des CRS bottés et casqués, clin d’œil à Daft Punk. Ainsi, dans l’entrée du Turc généreux, le naufrage du bateau de Valère permet de faire une allusion directe au sort des migrants. Cette transposition à l’époque actuelle permet de fantastiques pieds de nez temporels tels ce ballet de réfugiés agitant des couvertures de survie ou ce ballet des fleurs délocalisé dans un bordel du quartier rouge d’Amsterdam.

Les Indes galantes présenté à l’Opéra Bastille à Paris du 26 septembre au 15 octobre ©Guy Boyer

Seul moment faible, le début de la deuxième partie où l’inventivité manque pour transfigurer la fête persane. Tout l’opéra bénéficie d’une distribution hors pair (en particulier Sabine Devielhe et Julie Fuchs) et d’une direction impeccable (Leonardo Garcia Alarcon, l’orchestre Cappella Mediterranea et surtout le Chœur de Chambre de Namur). Mais c’est la partie chorégraphiée qui l’emporte avec des séquences inspirées du Voguing pour le défilé de mode, de la battle de Krump pour l’explosion du volcan chez les Incas avec le tournoiement des extensions de cheveux rouges des danseuses rivales, et de la Break Dance pour Forêts paisibles, la scène finale des Sauvages et sujet de la vidéo de Clément Cogitore de 2017. Toute la magie de la musique des Indes galantes, son énergie et sa force incantatoire sont ici transfigurées par une nouvelle vision plastique contemporaine. Chef-d’œuvre !

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Chaumont-sur-Loire et Chantal Colleu-Dumond récompensés

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La Fondation Schloss Dyck a décerné le 6 septembre son Prix spécial au domaine de Chaumont-sur-Loire, ce parc de 32 hectares, classé Jardin remarquable par le ministère de la Culture. C’est Chantal Colleu-Dumond, son infatigable directrice, qui a donc reçu ce prix centré cette année sur l’attractivité et le développement des parcs et jardins historiques. Il faut dire que celle-ci ne ménage pas sa peine en organisant chaque année le Festival international des Jardins et, en parallèle, en passant des commandes temporaires ou pérennes à des créateurs d’art contemporain. Cette année, le Festival et la Saison d’art  (avec douze artistes invités dont Gao Xingjian, El Anatsui, Stéphane Thidet ou Agnès Varda) durent jusqu’au 3 novembre. Rappelons que la Fondation Schloss Dyck est installée à Jüchen, près de Neuss, dans la région de la Rhénanie du Nord-Wesphalie et que c’est Marie-Christine Wolff Metternich qui a décidé d’utiliser ce château des princes de Salm-Reifferscheidt-Dyck, ceint d’un jardin à l’anglaise depuis 1794, pour y créer un centre de l’art des jardins et du paysage culturel.

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