Actualité artistique

Pourvu qu’elles soient rousses

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À l’heure où le musée Jean-Jacques Henner, à Paris, inaugure l’exposition « Roux ! » (du 30 janvier au 13 mai), ce livre sorti à l’automne dernier se doit d’être remis sous les feux de l’actualité. Les éditions Quai des brunes s’intéressent… aux rousses. De Diane de Poitiers et Marie Stuart à Isabelle Huppert et Sonia Rykiel, en passant par les portraits féminins de Sandro Botticelli, des préraphaélites, d’Egon Schiele, de Gustav Klimt ou d’Amadeo Modigliani, la journaliste Édith Pauly étudie de près le pouvoir de fascination et de séduction des rousses les plus flamboyantes d’hier ou d’aujourd’hui, réelles ou imaginaires. En cinq chapitres thématiques, ce petit livre à l’édition soignée explore les mythes et les légendes (Judith, Dalila…), les personnalités historiques, les muses d’artistes, la présence des rousses dans les médias et la publicité (les pin-up des années 1950) et enfin, leur place dans la littérature, la bande dessinée et le cinéma. Un voyage à travers l’histoire, instructif et très amusant, depuis l’époque de l’Inquisition où les rousses, considérées comme des sorcières tentatrices et démoniaques, étaient brûlées sur le bûcher, jusqu’au triomphe de Mylène Farmer !

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Dans la lumière de la non-figuration

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En 1941, une poignée d’artistes participent à l’exposition « Jeunes peintres de tradition française ». Parmi eux, on compte notamment Jean Bazaine, Alfred Manessier et Jean Le Moal. Produire une peinture moderne en se revendiquant de la tradition, le paradoxe ne leur aura pas échappé mais, en même temps, éclaire leur recherche d’une « troisième voie »entre figuration et abstraction. Roger Bissière, Elvire Jan et Gustave Singier s’inscrivent dans une même démarche et c’est naturellement que le musée Granet les réunit aujourd’hui dans une même exposition. Celle-ci propose, à travers un parcours qui va jusqu’aux années 1980, de reconsidérer leur position singulière. Le refus des oppositions tranchées qui ont structuré l’histoire de la modernité, leur a peut-être attiré une étiquette de tiédeur, de juste-milieu, alors même que leur travail se nourrissait d’une forme d’intransigeance. Comme le résumait Bissière, « l’art, ça a toujours été l’homme et le monde ensemble, l’unité retrouvée, c’est pour moi à la fois la condamnation de l’abstraction pure, désincarnée, et du naturalisme ». Ainsi, le terme de non-figuration, utilisé faute de mieux, échoue, en raison de sa négativité, à qualifier une ambition tout entière tournée vers la vie, vers l’émotion suscitée par le spectacle de la nature.

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Les artistes nommés pour le Prix Drawing Now 2019

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De renommée mondiale, le Drawing Now Art Fair accueille chaque année près de 70 galeries permettant aux visiteurs de découvrir 400 artistes et plus de 2000 oeuvres. Depuis cinq ans, elle s’accompagne de la remise du Prix Drawing Now qui récompense le travail d’un artiste et met en lumière sa galerie. Les noms des cinq artistes en lice pour l’édition 2019 ont été annoncés le 29 janvier au Drawing Lab Paris, lors du vernissage du lauréat de l’année passée, Michail Michailov. Il s’agit de Io Burgard (Galerie Maïa Muller), Damien Deroubaix (Galerie In Situ), Friedrich Kunath (VNH Gallery), Lucie Picandet (Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois) et Nazanin Pouyandeh (Galerie Sator). Le comité du Prix qui comprend cette année Laura Hoptman, directice du Drawing Center New York, se rendra le 27 mars sur les stands des cinq artistes afin de sélectionner le lauréat 2019. Le gagnant recevra une dotation de 5 000 euros (sponsorisée par Soferim, principal mécène de Drawing Now Art Fair depuis sa création en 2007) et aura l’opportunité d’organiser une exposition au Drawing Lab.

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Mort du plasticien belge Éric Duyckaerts

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De sa formation en droit et philosophie (université de Liège, ville où il est né en 1953), Érick Duyckaerts a gardé la logique et le raisonnement. Après avoir suivi les cours à l’Institut des hautes études en arts plastiques de Paris et en parallèle à son enseignement à la Villa Arson à Nice et à l’École nationale supérieure d’art de Paris Cergy, il crée des installations-conférences où le mot a autant d’importance que les objets. Il est très influencé par Fluxus, le Black Mountain College et le Living Theater de Julian Beck. En 1980, il fonde le Groupov, un collectif d’artistes liégeois, avec Michel Delamarre, Jacques Delcuvellerie, Monique Ghysens, Francine Landrain, Jany Pimpaud et François Sikivie, et il joue de 1980 à 1987. En 20O7, à la Biennale d’art contemporain de Venise il explique les origines du SHRDLU en trois langues et, en 2015, il est filmé en train de « performer » des mouvement de marche. Son allure à la Buster Keaton fascinaient les spectateurs avides d’entendre ses réflexions et études du langage corporel et verbal.

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L’atelier de Chana Orloff ouvert de manière permanente

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Hormis l’atelier de Constantin Brancusi (au pied du Centre Pompidou) ou celui d’Alfred Boucher (transféré de Paris à La Piscine de Roubaix), peu d’ateliers de sculpteurs sont aujourd’hui visibles dans leur intégralité. Pourtant, subsiste encore celui de l’artiste ukrainienne Chana Orloff, près du parc Montsouris. Au fond d’une ruelle, qui deviendra par la suite la Villa Seurat, se cache cette demeure Art Déco sise près de l’atelier de Jean Lurçat. Lorsque Chana Orloff quitte son logement de la rue d’Assas pour rejoindre la Villa Seurat, elle est déjà connue comme portraitiste (sur les 500 œuvres répertoriées, 187 sont des bustes et 72 des figures en pied). Elle expose dans de bonnes galeries et participe aux salons qui présentent l’avant-garde. Ayant déjà réalisé le portrait sculpté de l’architecte Auguste Perret en 1923, elle lui demande de concevoir un bâtiment fonctionnel, associant résidence et atelier. Perret choisit le béton-armé et propose une façade dépouillée, sans décor superflu, et percée de larges verrières éclairant l’intérieur d’une grande salle ouverte sur deux niveaux. Pour compléter la réalisation de Gustave Perret, Chana Orloff commande à Zeev Rechter, un architecte rencontré en Palestine en 1930, une maison mitoyenne de trois étages. Le mobilier est de Francis Jourdain et Pierre Chareau (ces meubles et certaines œuvres de Chana Orloff ont été malheureusement volés pendant la Seconde Guerre mondiale quand elle s’était réfugiée à Genève).

Vue de l’atelier de travail de Chana Orloff, ©Stéphane Rioland

Lorsque le visiteur entre dans l’atelier, il a l’impression de pénétrer dans le lieu tel qu’il était dans les années 1930. Une première pièce, l’atelier d’exposition, conduit ensuite vers l’atelier proprement dit. Partout, plâtres, bois et marbres alternent avec les tirages en bronze des sculptures. Dans de petits casiers s’aligne la litanie de portraits sculptés, variations autour du socle laissé pur et des volumes des visages masculins ou féminins. On s’imagine facilement Chana Orloff introduisant dans l’atelier la personne à représenter, la faisant s’asseoir confortablement dans un fauteuil, discutant pour mieux percevoir sa personnalité. Puis, elle commence à faire très rapidement des croquis, des dizaines de croquis. Puis elle remercie la personne et se met à travailler en solitaire. Là commence le face-à-face avec la matière. Elle affronte des bois, qu’elle a parfois récupérés sur des chantiers de construction, surtout en début de carrière lorsqu’elle est sans le sou. Elle attaque le marbre ou la pierre. Elle invente, c’est le critique d’art André Salmon qui le dit, le moulage en ciment ou en pierre reconstituée. Et puis, lorsqu’elle en a les moyens, elle demande à un fondeur de tirer un bronze à partir de ses plâtres. Aux personnages répondent les animaux, car Chana Orloff aime représenter les oiseaux, les poissons, les chevaux, qui peuvent être des portraits commandés par de riches collectionneurs, comme le basset de Madame X ou le chien afghan de Lurçat. Cet atelier semble être resté comme lorsque Chana Orloff est partie, en 1968 à Tel Aviv où on lui préparait une grande exposition au musée. Grâce à ses petits-enfants, le lieu est désormais ouvert de manière permanente et non plus sur rendez-vous comme auparavant. Une importante monographie a été publiée par le marchand Félix Marcilhac. Elle donne un aperçu complet de la diversité de l’art de Chana Orloff, jusqu’à ses monuments comme le Grand Oiseau blessé (1963) ou Mon fils (1923) dont un tirage en bronze vient d’être installé place des Droits de l’enfant, à l’angle de la rue de la Tombe Issoire et de la rue d’Alésia.

Atelier de Chana Orloff
7bis, Villa Seurat, 75014 Paris
01 42 80 01 54

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Théâtre : Fahrenheit Picasso

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« La peinture n’est pas faite pour décorer. C’est un instrument de guerre. » Quatre ans après l’exposition d’« Art dégénéré » de Munich, dans le Paris occupé où, privé d’exposition, il peint sans relâche dans son atelier de la rue des Grands-Augustins, Pablo Picasso est sommé d’authentifier trois de ses tableaux, spoliés à des familles juives. Afin de servir la propagande nazie, ils doivent être détruits lors d’un autodafé. La rencontre fictive du peintre de Guernica avec une attachée culturelle allemande, imaginée par Jeffrey Hatcher et actuellement mise en scène au Studio Hébertot, donne lieu à un duel verbal où, de colères en tentatives de séduction, Picasso lutte contre la barbarie et la négation de son œuvre.

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La peinture au féminin à Saint-Louis

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Elles sont cinq. Elles ont autour de la quarantaine et en commun une passion, celle de la peinture. Ce qui les rassemble ? Une expression où la couleur et les formes livrent une vision transposée de la réalité. Pour chacune, si l’œuvre reste figurative, elle n’est jamais mimétique, littérale, mais vient traduire l’intime, la sensibilité secrète, la poésie de leur auteur. Chez  Marie-Hélène Fabra, hybridations, jeu de reflets et palette acidulée invitent le fantastique et évoquent les contes de fées. Sur fond monochrome, les architectures aériennes de Vanessa Fanuele invitent à entrer dans des mondes rêvés, disparus ou à venir. Pour Marie-Amélie Germain, la juxtaposition de deux images vient camper l’espace disjoint d’un paysage balayé par le vent, les trouées de lumière, les éclats de couleur et les coups de pinceau. Les fleurs ou les têtes sauvagement brossées sur la toile par Marine Joatton témoignent quant à elles d’une expression brute, où la vigueur le dispute à l’expression. Enfin, avec Haled Zahedi, c’est un théâtre d’ombres qui s’incarne, figures sombres qui se détachent parfois sur le fond pimpant d’un tissu imprimé. Cinq femmes, cinq peintres, cinq regards : avec cette exposition, c’est un nouveau moment d’émotion et de découverte que nous offre la Fondation Fernet Branca, qui inaugurait ici même sa programmation il y a quinze ans déjà avec une exposition Lee Ufan.

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Découverte fortuite d’un tableau du XVIIe siècle derrière une fausse cloison à Paris

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Ce n’est pas un spécialiste en peinture qui a annoncé la nouvelle mais la rédactrice en chef de la rubrique mode du « New York Times ». La société Oscar de la Renta a en effet décidé d’attendre la Fashion Week de Paris pour annoncer la découverte de cette toile l’été dernier, lors des travaux de rénovation de sa boutique rue de Marignan. Les ouvriers ont d’abord mis au jour un plafond du XIXe siècle, puis, dissimulé derrière une fausse cloison, cette toile de six mètres de long sur trois mètres de large. Les travaux ont alors été suspendus afin que le cabinet d’expertise d’Éric Turquin puisse intervenir. L’examen a permis de conclure que l’œuvre avait été exécutée en 1674 par Arnoult de Vuez (1644-1720), peintre originaire de Flandre, formé à Saint-Omer, Paris puis Rome, devenu le protégé de Charles Le Brun, qui le présenta à la Cour. La toile représente Charles-Marie-François Olier, marquis de Nointel (1635-1685) accompagné de son escorte, entrant dans Jérusalem. Nommé ambassadeur du Roi-Soleil à Constantinople, ce dernier avait, en effet, entamé une tournée du Moyen-Orient en 1673, un voyage auquel Arnoult de Vuez, qui s’était compromis dans un duel à Paris, prit également part. Fortement encrassée, l’œuvre fait actuellement l’objet d’une campagne de restauration, menée par l’atelier Benoît Janson, qui repousse donc l’ouverture de la boutique au mois de mai prochain.

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Bilan des enchères 2018 : Paris joue ses atouts

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À New York, épicentre mondial des enchères de haut vol, ont été atteints en 2018 des records à plus de cent millions de dollars. Exemples dans les ventes de mai : chez Sotheby’s, le Nu couché de Modigliani (1917) à 157,2 M$, et chez Christie’s, la Fillette à la corbeille fleurie de Picasso (1905) à 115 M$, de la mythique collection David et Peggy Rockefeller, « vente du siècle » à l’américaine de mille six cents œuvres qui a totalisé 646 M$… Sans oublier David Hockney, qui a pulvérisé le record pour une œuvre d’un artiste vivant avec son iconique Portrait of an Artist (1972) à 90,3 M$ (lire p.101), près du double du Balloon Dog (Orange) de Jeff Koons à 58,4 M$ en 2013, toujours chez Christie’s.À Londres, Banksy a déclenché un happening médiatique chez Sotheby’s le 5 octobre, avec l’autodestruction programmée de Girl with balloon dès le coup de marteau de son adjudication à 1,2 M€, suivi d’une première chez Christie’s le 25 octobre : une œuvre d’intelligence artificielle créée par un algorithme, le Portrait fictif d’Edmond de Belamy, par le collectif français OBVIOUS, vendue 432,500 $, près de quarante-cinq fois l’estimation haute !À Paris, le marché se situe à une autre échelle et le contexte est tout autre, l’enchère la plus élevée étant celle de 16,1 M€ chez Sotheby’s pour un précieux vase chinois en porcelaine Yangcai (voir p.106) retrouvé dans une modeste boîte à chaussure… Sans surprise, le duopole mène la danse, avec Sotheby’s en tête (251,4 M€) devant Christie’s (234,3 M€, en repli de 30 %), tandis qu’Artcurial garde sa troisième place, avec 195,3 M€. Toujours à la quatrième place, Aguttes, en progression de 14%, est la première maison de ventes indépendante sans actionnariat extérieur à dépasser le seuil des 50 M€ en 2018 (lire p.103).

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Louis Granet, la peinture à 100 km/h

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« Déjà tout petit, comme beaucoup d’enfants, j’adorais dessiner et raconter des histoires. Sauf que moi, contrairement à d’autres, j’ai continué en grandissant », explique tout simplement Louis Granet. De son arrière-grand-père qui dessinait pour Disney, à ses parents qui pratiquent en amateurs, le dessin est partout dans la famille Granet. Louis commence par la bande dessinée mais l’aspect contraint, laborieux du métier le rebute. Plus ouvert, plus libre, le monde de l’art l’appelle. Il poursuit donc sa formation avant que la rencontre avec l’artiste Stéphane Calais ne constitue pour lui « une véritable claque ». Sûr désormais de son destin, Louis Granet « plonge » dans la peinture et dans une pratique qui se nourrit directement de son quotidien. Qu’il sorte de chez lui pour aller chercher le pain ou qu’il découvre l’énergie new-yorkaise lors d’une résidence, Louis Granet mord la vie à pleines dents. Appareil au poing, il photographie sans cesse. De cette manne quotidienne, il extrait des images qu’il recompose sur Photoshop avant de les traduire sur la toile. « J’aime l’effet lumineux et très plat de l’image sur écran, confesse-t-il, mais pour autant, tout n’est pas si contrôlé. » Car passé ce stade préliminaire, l’exécution sur la toile à la peinture acrylique, souple et liquide, invite la vitesse, l’intuition, l’accident. Si le résultat évoque de prime abord le monde du graffiti et du Pop Art, Louis Granet cite Helen Frankenthaler et les grands abstraits américains, et encore Matisse pour la couleur, les Nymphéas et l’œuvre tardive de Monet. Entre peintures nouvelles et regard en arrière, l’exposition retrace en vingt toiles une trajectoire fulgurante dans laquelle les séries tirées de son quotidien le disputent à d’autres natures mortes ou fleurs, où l’artiste se mesure, de manière assumée, aux grands thèmes de l’histoire de l’art.

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Peintres et photographes en Suède autour de 1900

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Comme dans une bonne partie de l’Europe, la pratique, en Suède, de la photographie par les peintres débute dans les années 1860, avant de se banaliser à partir des années 1880. On connaît déjà les photographies expérimentales d’August Strindberg (1849-1912), ses fameuses Célestographies (1894), préfigurations de l’expressionnisme abstrait, ou les nus féminins en plein air d’Anders Zorn (1860-1920), évocations de l’émancipation des femmes en Suède. Mais y en a-t-il d’autres de qualités identiques ? Le musée Prins Eugens Waldemarsudde creuse la question et remet aujourd’hui en jeu la production photographique d’artistes jadis célèbres sur le plan international pour des tableaux : Wilhelm von Gegerfelt (1844-1920), représenté en France dans les musées de Fécamp, de Limoges et de Reims, Severin Nilson (1846-1918), Axel Lindman (1848-1930), Georg Pauli (1855-1935), Oscar Björck (1860-1929), Gottfrid Kallstenius (1861-1943), le prince Eugène de Suède et de Norvège (1865-1947), représenté au musée d’Orsay, et Carl Wilhelmson (1866-1928).

Carl Wilhelmson, Miroir de voile, côte ouest, n. d.. impression numérique sur papier fine art, Musée nordique de Stockholm ©DR

Dans son autobiographie (Les Opposants), le peintre Georg Pauli, admirateur de l’impressionnisme, écrit à partir de ses souvenirs parisiens des années 1870 : « Dans les académies libres, les artistes pouvaient apprendre énormément des photographies prises en plein air qui circulaient, non seulement en termes de formes, mais également en ce qui concerne les effets de lumière. » Ainsi, la photographie comme aide-mémoire devient-elle un procédé ordinaire chez les peintres scandinaves, bien que longtemps minoré. Certains exemples sont pourtant flagrants. Le Vieux château (1893) et Éclaircie après averse (1904), huiles sur toiles symbolistes du prince Eugène, sont, preuves à l’appui, à mettre en lien avec des photographies spécifiques. La pratique de la photographie n’est cependant pas toujours subordonnée à la peinture. Dans ce cas, la photographie peut même revêtir autant de qualités qu’une peinture, voir davantage. Ainsi, Oscar Björck et le prince Eugène magnifient-ils le ballet des nuages entre ombres et lumières (comme au cinéma) et Wilhelm von Gegerfelt les troncs d’arbres, les métamorphosant en de surprenantes sculptures in situ. Les paysages marins de Gottfrid Kallstenius et de Severin Nilson retiennent, eux, l’attention pour l’atmosphère irréelle qui s’en dégagent, silencieuse et magnétique, à l’instar d’un film à suspense. Les rochers de granite vus en gros plans par Carl Wilhelmson témoignent de leur côté d’une sensibilité écolo rare pour l’époque.
La mode de la photographie encourage aussi les peintres à traiter davantage de sujets démocratiques. Ainsi découvre-t-on dans l’exposition qu’Anders Zorn n’est pas le seul à défendre le nu féminin intégral en plein air. Oscar Björck, Georg Pauli (créateur en 1906 d’une surimpression d’images, un déjeuner en plein air sur un nu allongé : Double exposition) et Carl Wilhelmson s’engagent aussi sur le sujet vitaliste, n’en déplaisent aux néo-féministes qui considèrent le sujet comme une provocation. Les peintres de l’époque ont compris combien la photographie favorise l’expression des libertés individuelles et collectives. Ainsi le portrait d’enfants heureux (photographies d’Oscar Björck et de Severin Nilson), le portrait de la femme-artiste émancipée (Gerda Roosval et Lotten Rönquist, saisies par Gottfrid Kallstenius) ou encore le portrait de l’individualiste assumé (Axel Munthe ou Gentlemen par le prince Eugène) sont-ils autant de genres pré-existants dans la peinture qui vont s’imposer au XXe siècle grâce à la photographie.

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Disparition de Jonas Mekas, le « Monsieur mémoire » du cinéma

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Jonas Mekas est né en 1922 en Lituanie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été forcé de fuir son pays natal à cause de l’occupation nazie. C’est à 27 ans qu’il a émigré aux États-Unis et qu’il a acheté sa première caméra, un modèle 16 mm de la marque Bolex qu’il n’a plus quitté. Il s’est fait rapidement remarquer sur la scène underground des années cinquante. Pour pallier l’absence de magazine de cinéma aux États-Unis, il a lancé la revue « Film Culture » avec son frère en 1954. Il a marqué l’histoire, en 1962, en participant à la création de la première coopérative de diffusion du cinéma indépendant et expérimental au monde. En 1970, il a co-fondé la légendaire cinémathèque alternative Anthology Film Archives à New-York, où se sont croisés tous les cinéastes du moment. Mekas a fréquenté les plus grands, d’Andy Warhol à John Lennon, et est reconnu par tous comme un grand artiste, aussi bien cinéaste, critique, directeur de salle, qu’ archiviste. Il a réalisé plus de 70 films, souvent sous forme de documentaires, dans lesquels il souhaitait capter des moments de vie. Son œuvre s’apparente à un journal intime : « je voulais absolument filmer parce qu’il fallait enregistrer la vie des exilés, comme moi, qui arrivaient là sans rien, et que personne ne regardait », confiait-il en 2012 à « Télérama ». Pour toutes ses réalisations, il est considéré comme une figure pionnière du cinéma indépendant. Appelé « Mister Memory » par certains en raison de son « désir de ne pas laisser mourir les choses », c’est maintenant à son tour d’entrer dans la mémoire.

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La face cachée des génies

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Ingres jouait du violon, c’est proverbial ! L’instrument est au cœur de cette exposition née d’un dialogue entre Christian Boltanski et la commissaire, Chiara Parisi. Passions publiques ou obsessions secrètes, les pratiques parallèles de personnalités aussi diverses qu’Apollinaire, Magritte, Eisenstein, Fellini, Nelson Mandela, David Lynch ou Patti Smith composent un parcours riche en rebondissement. Figure tutélaire de cette manifestation : Victor Hugo et ses encres fantastiques.

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Disparition de la designer américaine Florence Knoll à 101 ans

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Née Florence Schust dans le Michigan en 1917, Florence Knoll est connue pour avoir été une figure majeure du design. Formée auprès du designer scandinave Eliel Saarinen et Charles Eames, elle découvre le style international de Le Corbusier à l’Architectural Association de Londres. Elle travaille ensuite avec Walter Gropius et Marcel Breuer, puis rencontre Ludwig Mies van der Rohe. Avec Hans Knoll, le fondateur d’une entreprise de meubles, qu’elle épouse en 1946, elle développe la notion de design d’intérieur et s’associe avec des architectes comme Harry Bertoia et Isamu Noguchi. En 1951, la maison Knoll devient Knoll international, que Florence Knoll va diriger à la mort de son mari quatre ans plus tard. Des produits phares comme la chaise Womb et la table Tulip avec Eero Saarinen, la chaise Barcelona avec Mies van der Rohe, la chaise Wassily avec Marcel Breuer ou la chaise Diamond d’Harry Bertoia seront des best-sellers. En 2018, pour son 80e anniversaire, Knoll affichait un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de dollars. Une réussite !

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Joana Vasconcelos s’offre le Bon Marché

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Un lustre de cinq mètres de haut dont les pampilles étaient constituées de quatorze mille tampons hygiéniques (Biennale de Venise 2005), une paire d’escarpins géants en casseroles et un hélicoptère grandeur nature paré de plumes sous les ors du château de Versailles en 2012 (« Connaissance des Arts » n°705, pp. 67-71) l’artiste portugaise Joana Vasconcelos (née en 1971) n’a peur de rien et s’épanouit dans la démesure de ses délires baroques. Après Ai Weiwei en 2016, Chiharu Shiota en 2017 et Leandro Erlich l’hiver dernier, elle est ce mois-ci l’invitée du Bon Marché Rive Gauche, qui lui a donné Carte blanche. « C’est un endroit important pour moi, explique Joana Vasconcelos. À chaque fois que je me rends à Paris, je vais au Centre Pompidou et au Bon Marché. J’y respire l’esprit du moment, c’est un excellent indicateur de tendances pour la mode et le design. » Depuis son immense atelier de Lisbonne, où œuvrent plus d’une cinquantaine de collaborateurs (ingénieurs, peintres, sculpteurs, brodeurs), Joana Vasconcelos a imaginé pour l’espace principal du grand magasin parisien une gigantesque Valkyrie, sorte de monstre tentaculaire blanc de trente-cinq mètres de longueur, qui semble flotter au-dessus des rayons. Suspendue au plafond, et traversant l’emblématique escalator dessiné par Andrée Putman, la structure gonflable, éclairée de l’intérieur, est parée de tissus brodés, de laine, de dentelles… Joana Vasconcelos a également investi dix vitrines (côté rue de Sèvres) où apparaît, par fragments, ce qui pourrait être un bras ou une patte de la mystérieuse créature.

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Les beaux jours d’Art Genève

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Pour la deuxième année consécutive, grâce à son alliance avec le PAD (Pavillon des arts et du design), la foire accueille les arts décoratifs, le design, les bijoux et les arts primitifs. Les arts décoratifs du XXe siècle sont, par exemple, représentés par les galeries françaises Chahan, Chastel-Maréchal, Marcilhac et Martel-Greiner, de même que par les Suisses Patrick Gutknecht et Latham. Sont annoncées aussi des galeries de bijoux comme Walid Akkad et The Beautiful Watch.Et naturellement, la foire continue à fédèrer des galeries d’art internationales telles Marlborough, Gagosian, Perrotin, Tornuabuoni, Mitterrand ou Templon. Outre les accrochages des galeries, des expositions institutionnelles ou privées, dont dix-sept axées sur un seul artiste, éclairent l’ensemble du salon. Et les sculptures du parcours hors les murs sont à découvrir au bord du lac Léman et à l’intérieur de la ville.

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Paul Sérusier, une leçon de peinture

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C’est un petit tableau, inachevé, exécuté sur un panneau de peuplier en 1888 au Bois d’Amour près de Pont-Aven. Il a été peint par Paul Sérusier (1864-1927) « sous la direction de Gauguin », comme l’indique l’inscription manuscrite au revers du panneau. « Comment voyez-vous cet arbre, dit Gauguin au jeune peintre. Il est vert. Mettez donc du vert, le plus beau vert de votre palette ; et cette ombre, plutôt bleue ? Ne craignez pas de la peindre aussi bleue que possible. » Lorsque Sérusier, de retour à Paris à l’Académie Julian, présente ce paysage à ses collègues, les futurs nabis (prophètes en hébreu), ces derniers le baptisent Le Talisman. Cette étude est le prétexte à une magnifique leçon de peinture au musée d’Orsay, un retour aux sources sur un nouveau langage artistique délivré par Gauguin à son ami. Car elle présente les fondements d’une nouvelle conception de la peinture, pure, autonome, abstraite. Et verra l’éclosion du synthétisme et une forme de représentation du paysage privilégiant la recherche d’un « équivalent coloré » à l’approche mimétique de la nature. L’exposition revient sur l’histoire du tableau et sa place au sein de la création de Sérusier. Autour du Talisman, dit aussi Paysage au Bois d’Amour, une soixantaine de toiles signées Paul Gauguin, Maurice Denis, Émile Bernard, Ker-Xavier Roussel, Georges Lacombe, Jan Verkade, Charles Laval, Paul-Élie Ranson ou Pierre Bonnard, mettent en lumière les rapports de l’œuvre avec celles de ses compagnons nabis et sa réception par les artistes de son époque.

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La restauration du tombeau de Toutânkhamon enfin achevée

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En raison de la brièveté de son règne (il est mort à 19 ans) et de la damnatio memoriae* dont le frappèrent ses successeurs, le pharaon Toutânkhamon (vers 1345-1327 av. J.-C.) est demeuré longtemps dans l’oubli. Il doit sa célébrité à la découverte de son tombeau, en 1922, par le célèbre égyptologue britannique Howard Carter (1874-1939), qui met alors au jour l’un des plus exceptionnels trésors de la Vallée des Rois, l’un des rares qui nous soient parvenus quasiment intacts. Les artefacts ayant été pour la plupart déposés au musée égyptien du Caire, la tombe, qui abrite le sarcophage ainsi qu’un splendide ensemble de peintures murales, a été ouverte au public dès la fin des années 1920. La surfréquentation du site par les touristes ayant entraîné de nombreuses dégradations, et plus particulièrement une inquiétante augmentation du taux d’humidité et du niveau de dioxyde de carbone à l’intérieur de la tombe, une campagne de restauration a été lancée en 2009 par le ministère égyptien des Antiquités, en collaboration avec le Getty Conservation Institute de Los Angeles. En 2011, l’accès au tombeau a été définitivement fermé et les autorités ont décidé de construire un fac-similé (achevé en 2014) à moins d’un kilomètre de là, à proximité de la maison d’Howard Carter. Les scientifiques étaient particulièrement préoccupés par la présence de taches brunes sur les peintures murales du tombeau. L’examen des photographies réalisées à l’époque de Carter a permis d’établir que ces taches, d’origine microbiologique, n’avaient pas évolué et que les organismes en cause étaient donc morts. Dès lors, il n’y avait aucun risque que les dégâts s’étendent, mais une opération de nettoyage ne pouvait être envisagée. Présentes au cœur des couches picturales, ces traces ne pourraient, en effet, être retirées sans entraîner des dégradations sur les fresques elles-mêmes. Un nouveau système de ventilation permet aujourd’hui de maintenir le fragile équilibre de l’atmosphère du tombeau, tandis que des barrières empêchent dorénavant le public d’accéder à certaines zones de passage fragilisées.

* c’est-à-dire à son effacement des listes royales officielles en raison de sa filiation avec le pharaon hérétique Akhénaton, qui avait imposé le culte exclusif d’Aton.

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Théâtre : La vie de Charlotte Salomon

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Réfugiée en France et déportée à Auschwitz à 26 ans, Charlotte Salomon laisse derrière elle une œuvre unique et bouleversante annonciatrice du roman graphique. La vie tragique et passionnée de cette artiste, à qui David Foenkinos consacrait un roman en 2014, se révèle aujourd’hui sur la scène du Théâtre du Rond-Point à Paris.

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