Actualité artistique

Trésor à vendre : Un « fauteuil de trône » Empire

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On considère généralement que Napoléon a eu quatre trônes : celui des Tuileries, conservé au Louvre, celui de Saint-Cloud, conservé à Fontainebleau, et deux autres qui sont aujourd’hui au Sénat et au musée des Arts décoratifs de Paris (MAD). Mais l’Empereur en a eu beaucoup plus. Comme l’explique Jean-Christophe Chataignier, de la maison de ventes Osenat, qui met ce siège aux enchères dimanche 7 avril, « On commandait des « fauteuils de trône » ou « fauteuils de représentation » chaque fois que Napoléon se rendait dans une ville de l’Empire. Cela faisait partie des outils de la propagande impériale. Et souvent, la fabrication de ces sièges d’apparat était confiée à des menuisiers locaux ». Résultat, on ignore combien ont été réalisés. L’expert de la vente, Marie de la Chevardière, en a répertorié plus d’une dizaine, dont un livré en 1813 au Palais de Monte Cavallo (dans les Marches), et un autre commandé la même année pour le Palais de Turin, mais elle aussi retrouvé trace de plusieurs commandes de sièges dont on ne sait ni s’ils ont vraiment été fabriqués, ni où ils sont localisés. La seule chose que l’on sait de celui-ci, c’est qu’il est entré dans la collection De Young à San Francisco en 1870. Cette collection s’est par la suite constituée en musée, et la collection de ce musée a été dispersée il y a un an par Christie’s. Le siège ayant alors été décrit comme datant de la fin XIXe, la question de l’ancienneté du meuble s’est tout de suite posée pour la maison Osenat quand le propriétaire actuel le lui a confié. L’expert Marie de la Chervardière a mené l’enquête, et de multiples indices confirment l’époque sa fabrication, le Premier Empire, et sa proximité avec les trônes conservés au Louvre et à Fontainebleau. D’abord, le siège a subi des modifications, ce qui ne serait pas le cas d’une copie de la fin du XIXe siècle, que l’on aurait directement réalisée dans le style voulu. Les pieds avant, qui ont pu ressembler aux pieds volumineux et sculptés du trône conservé à Fontainebleau, ont été changés pour des pieds plus simples et droits. La traverse du bas du dossier laisse aussi penser que celui-ci avait été prévu en plein, comme sur le trône conservé au Louvre, puis qu’un espace a été aménagé entre le dossier et l’assise. Par ailleurs, le dégarnissage a laissé apparaître que le siège a été regarni trois ou quatre fois depuis sa création. De plus, un fragment de la ceinture, prélevé en 1950 à l’occasion d’une analyse, portait le nom d’un doreur actif rue de Cléry, à Paris, jusqu’en 1833. Last but not least, l’expert souligne la qualité du décor sculpté, réservée aux sièges d’exception et proche des deux trônes déjà cités. Quant à l’absence d’estampille, elle n’est pas une preuve à charge puisque plusieurs trônes de Napoléon n’en portent pas. Même si le meuble a fait l’objet de nombreuses restaurations (boules des accoudoirs changées, décor des pieds avant et réceptacles des manchettes refaits récemment), tout porterait donc à croire que ce fauteuil d’apparat d’époque Empire a été commandé pour l’Empereur. « Il a été difficile de fixer une estimation, car nous n’avons pas d’élément de comparaison », explique Jean-Christophe Chataignier. Le siège a été évalué entre 60 000 € et 80 000€ mais la vente pourrait créer la surprise. Aux dernières nouvelles, des musées, des collectionneurs américains et des collectionneurs français s’intéresseraient à l’objet.

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Idée Lecture : L’art des conquérants

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Des Almoravides (1061-1147) aux Almohades (1130-1269), la ligne architecturale et ornementale des mosquées élevées par les conquérants musulmans a conjugué profusion et ascèse, dans un accord éminemment spirituel.Qu’il s’agisse de la célèbre Koutoubia de Marrakech et de son minaret, de la mosquée solitaire de Tlemcen ou du sobre minaret à l’allure romane du ribât de Tît, le lecteur observe le déroulement, au fil de très belles photographies éclairées d’un texte érudit, d’une sorte de mélopée tissée d’arcatures et d’entrelacs de pierre. Un regret cependant : l’absence totale de cartes. Car enfin, comment savoir où se situe Tinmel, comment comprendre les échanges entre l’Andalousie maure et le Maghreb berbère ? On y aurait gagné en clarté.

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De verres en carafes

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Le vin c’est l’allégresse, parfois l’ivresse, toujours le plaisir. Lorsque le verre perd l’équilibre, se renverse, se brise ou perd la face, d’instable il devient insolite. Il ne fait qu’un avec son liquide, se répand, se ramasse en bris menus, se transforme, reprend vie, casse sa rigidité légendaire, abandonne ses responsabilités et ses bonnes manières. De son statut de simple matériau, il se change en récit, en trait d’humour, et fait sourire. Pour un artiste, le verre-objet et le verre-matière ne font qu’un et peuvent en effet se renverser. Renversant est donc le titre de cette exposition où le verre est roi. Cet adjectif/participe est un mot à tiroirs et à double sens comme l’esprit qui règne dans la partie la plus farfelue de l’exposition présentant des œuvres conçues par des artistes. Le mot est parfaitement adapté à ces verres qui jouent alors sur tous les tableaux, tous les imaginaires, tous les détournements. Verres, carafes, bouteilles se font sculptures et doivent se regarder comme des œuvres à part entière. Si le verre se renverse, il perd le sens de l’équilibre, chavire, s’embarque vers des récits improbables, se moque ou même se tord de rire, au propre comme au figuré, se déclare poète, perd la boule, s’égare, déconstruit son usage premier, va même jusqu’à déboucher sur un certain surréalisme à la manière des Objets Introuvables de Jacques Carelman.

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L’art contemporain en mutation

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Notre civilisation en détresse écologique rêve de nouveaux liens avec le vivant. La création contemporaine témoigne de cette quête. On voit les designers et architectes s’emparer des biotechnologies. Constructions composites entre matériaux industriels et composés organiques, créations autorégénératives à la manière d’une multiplication cellulaire, objets durables et biodégradables… Cette exposition représente environ quatre-vingts créateurs. Elle accompagne la première rétrospective européenne de l’artiste brésilienne Erika Verzutti, peuplée de plantes et d’animaux.

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Collections Aristophil : le Louvre préempte deux carnets d’Eugène Delacroix

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Sous l’égide de Francis Briest, le premier volet de la vente, consacré aux tableaux et aux dessins anciens, a totalisé 1 819 097 €. En plus de 170 correspondances écrites ou reçues par des artistes, la vente comprenait également deux carnets de croquis d’Eugène Delacroix illustrant des vues de Londres. Le plus haut prix de la vente revient au premier carnet, Album d’Angleterre: vues de Londres, de la Tamise, de Greenwich, études d’après les frises du Parthénon, étude de chevaux, avec 344 500 €. Tandis que le deuxième carnet, Album d’Angleterre, qui représente notamment des vues de la cathédrale de Westminster, s’est envolé à 63 700 €. Une deuxième préemption vint rythmer la vente, celle du musée des Beaux-Arts pour une lettre autographe signée datée de 1809 de Jacques-Louis David à Adrien de Lezay-Marnésia, préfet du département de Rhin et Moselle, vendu pour 1 300 €. Il faut également souligner la vente d’huile sur toile, la Jardinière surprise de François Boucher, à hauteur de 201 500 €, près de cinq fois son estimation (40 000 / 60 000 €).

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Marie Josée Linou relance les arts décoratifs à Marseille

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C’est pendant ces trois décennies que Marie-Josée Linou a monté un nombre incroyable d’expositions, d’Ernest Pignon Ernest à Ousmane Sow, côté contemporain, d’Hubert Le Gall à Cheick Diallo, côté design. C’est pour cette double expérience que Xavier Rey, le directeur des musées de Marseille, l’a appelée il y a un an et demi pour relancer le château Borély et le musée Grobet-Labadié. Fermé depuis six ans, celui-ci s’est entr’ouvert pour l’exposition Sophie Calle (éclatée sur cinq espaces à Marseille), une artiste qui a adoré parsemer ses petits objets du quotidien dans cette maison particulière. Devrait suivre un long chantier de restauration pour remettre en état ce lieu mystérieux empli d’œuvres d’art, données par Marie Grobet en 1917. Pour le château Borély, spécialisé dans les arts décoratifs, le design et la mode, Marie-Josée Linou a d’autres ambitions. Dès novembre, elle y accrochera une partie de l’exposition « Man Ray et la mode » en mettant en regard ses collections de vêtements des années 1920-1930 avec les clichés de l’artiste surréaliste. Elle désire poursuivre également une politique de commandes aux créateurs actuels (comme le lustre en verre de Mathieu Lehanneur et la banque d’accueil dessinée par Benjamin Graindorge) et des achats (comme les céramiques de Robin Best et d’Hitomi Hosono).

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En France, les métiers d’art innovent

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Les techniques de la dentelle du Puy-en-Velay peuvent servir à réparer les coraux. Une maison lyonnaise de soieries, Brochier, fournit des étoffes pour la haute couture, mais fabrique aussi un textile luminescent qui soigne la jaunisse des nourrissons. En France, les métiers d’art ne sont pas uniquement un conservatoire des savoir-faire ancestraux. Ils sont une mine d’innovation. « On imagine facilement les savoir-faire artisanaux liés à la mode où aux arts décoratifs. On sait moins l’importance qu’ils ont pour le monde médical ou la recherche scientifique », commente le commissaire de cette exposition, Henri Jobbé-Duval (qui fut l’initiateur de la Fiac). Cent vingt mille emplois découlent de ce dynamisme. Le scénographe et designer Vincent Dupont-Rougier propose treize carnets de voyage au fil des régions. On découvre notamment la collaboration de la plasticienne contemporaine Françoise Pétrovitch avec la manufacture d’émaux de Longwy, en Lorraine. La quatorzième étape est une sélection de créations du Mobilier national, partenaire de cette exposition organisée par l’Institut national des métiers d’art, à l’occasion des Journées européennes des métiers d’art, du 1er au 7 avril.

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Passez une nuit sous la pyramide du Louvre

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Avec 10 millions de visiteurs rien que cette année, l’emblématique musée propose, en association avec le site Airbnb, un accès exclusif au musée et à ses collections. Le ou la gagnant(e) du concours ainsi que son invité bénéficieront le 30 avril d’une nuit inédite afin de découvrir le musée une fois les portes fermées au public. Lors d’une visite personnalisée, une historienne de l’art leur fera découvrir les différentes salles et chefs-d’œuvre du Louvre. La soirée se poursuivra dans la salle de la Joconde, où le duo pourra prendre l’apéritif en compagnie de cette hôtesse d’exception dans un décor de salon parisien spécialement monté pour l’occasion. Puis c’est au pied de la Vénus de Milo que se déroulera le dîner, dans une salle à manger éphémère, avant un concert intime dans les salons Napoléon III. La chambre à coucher, quant à elle, sera installée sous la pyramide de verre de Ming Pei. La collaboration ne s’arrête pas là puisqu’à partir de mai, et tout au long de l’année, sera proposée une série d’expériences exceptionnelles au sein du musée du Louvre, réservables sur Airbnb et dont la programmation sera binetôt dévoilée. Pour participer au concours, il suffit de se rendre sur le site d’Airbnb, avant le 12 avril et de répondre en quelques lignes à la question suivante : Pourquoi seriez-vous l’invité idéal de Mona Lisa?

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La future œuvre de Christo, l’Arc de Triomphe empaqueté

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L’emblématique Arc de Triomphe, sera empaqueté par l’artiste Christo, du 6 au 19 avril 2020, comme le Pont Neuf a pu l’être en 1985. L’œuvre, autofinancée par Christo grâce à la vente de ses œuvres, nécessitera 25 000 mètres de tissu recyclable en polypropylène argent et bleuté et 7000 mètres de corde rouge. Le projet remonte à l’année 1962, lorsque Christo réalisa des études préparatoires de l’Arc de Triomphe, ainsi qu’un photomontage montrant le monument emballé. Il aura fallu attendre soixante ans pour que son projet se réalise et qu’il puisse rendre hommage, à sa façon, à ce mémorial dédié aux armées de la Révolution et de l’Empire. Cette réalisation coïncidera avec une exposition majeure au Centre Pompidou sur le parcours de Christo et de sa femme Jean Claude des années 1958 aux années 1964, afin de mettre en avant le contexte social et politique de leurs créations. Le Centre des Monuments Nationaux assure que l’Arc de Triomphe restera ouvert au public et qu’il ne subira aucune dégradation : « Durant toute la période où l’œuvre sera visible, comme pendant la durée des travaux d’installation, l’espace sous l’Arc de Triomphe qui surplombe la dalle sacrée où brûle en permanence depuis 1923 la Flamme de la Nation devant la tombe du Soldat Inconnu sera entièrement préservé »

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Premiers pas dans Art Paris Art Fair 2019

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Comme à chaque printemps, Paris accueille la foire d’art moderne et contemporain Art Paris Art Fair, installée au Grand Palais du 4 au 7 avril. Cette édition explore les territoires artistiques de l’Amérique latine et met à l’honneur es artistes femmes, en collaboration avec l’association AWARE.

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Étude d’une oeuvre : Vilhelm Hammershøi, Intérieur, Strandgade 30

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Entre 1898 et 1909, la plupart des scènes d’intérieur d’Hammershøi sont exécutées dans l’appartement que le peintre occupe avec sa femme, Ida, à Copenhague, au premier étage d’un bâtiment en brique du XVIIe siècle, situé dans le quartier de Christianshavn, au n° 30, Strandgade. L’immeuble donne à la fois sur la rue et sur une cour, par laquelle on accède à l’étage. Dans chacun de ses tableaux, Hammershøi transforme l’espace domestique que constitue son appartement-atelier en un curieux décor de théâtre, sobre, pour ne pas dire austère. En conséquence, le sujet de ses toiles n’est pas évident à définir. La vue qu’il nous soumet n’est en tout cas pas celle d’un foyer ordinaire et confortable. Aucun détail anecdotique n’aide à comprendre ce que nous regardons. Étrangement, les pièces de l’appartement paraissent avoir été vidées récemment. Les motifs se réduisent à des jeux de perspective et de lumière, dans une suite de pièces et de couloirs tamisés par un éclairage diffus. La superficie exacte de l’appartement est difficile à mesurer. Hammershøi laisse apercevoir quelques pièces seulement, et qui n’ont pas de fonction déterminée. Anonymes, elles relèvent rarement de l’espace privé ou intime. On ne trouvera donc ni chambre à coucher ni salle de bain. Les biens mobiliers sont limités à quelques chaises, à un canapé ou à une table. Aux murs, des cadres en acajou sont disposés avec parcimonie ici et là.

L’artiste met parfois en scène un personnage énigmatique : une femme, placée de dos en règle générale, ou un homme, perdu dans ses pensées. Immobiles, ces figures sont impassibles. Aucun enfant ne vient perturber le silence de cet appartement hors du commun (le couple Hammershøi sera sans descendance). En réalité, Hammershøi cultive le secret. C’est sa marque de fabrique. On sait cependant qu’il est né dans un milieu bourgeois et qu’il est formé à la peinture, à Copenhague, entre 1879 et 1885, par les meilleurs artistes de l’époque, d’abord à l’Académie royale des beaux-arts (où il est l’élève de Frederik Vermehren), puis aux Ateliers libres (dans celui dirigé par Peder Severin Krøyer).

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La Monnaie de Paris crée une nouvelle collection de pièces sur l’Histoire de France

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La Monnaie de Paris lance une collection baptisée « Pièce d’Histoire » illustrant les événements et les personnages emblématiques de l’Histoire française, de Dagobert à la Tour Eiffel en passant par la guerre de Cent Ans. Les pièces ont été sélectionnées par le fameux présentateur Stéphane Bern, chargé par Emmanuel Macron de la « Mission patrimoine » pour la sauvegarde des monuments et sites en péril. Marc Schwartz, le président-directeur général de la Monnaie de Paris, lui a mis à disposition les 80 000 monnaies anciennes de l’institution, parmi lesquelles il a pu choisir les pièces de la collection. La collection « rend hommage aux métiers d’art perpétués depuis douze siècles. Nos artisans d’art ont réédité de manière contemporaine ces précieux objets afin de les rendre visibles pour tous », affirme Marc Schwartz. En effet, les modèles ont été réalisées avec les outils ancestraux de l’Institut de Quai de Conti. Un laser a ensuite permis de numériser les résines afin de donner aux pièces, d’après un modèle 3D, un diamètre et une épaisseur conformes aux pièces originales. Stéphane Bern souligne que la Monnaie de Paris « est à ce jour la plus ancienne institution française encore en activité » et que les monnaies sont d’une importance capitale puisqu’elles « racontent notre histoire et la maintiennent vivante ». Parmi ces 23 pièces, neuf sont en argent et une en or. Les pièces sont vendues dans des étuis en carton contenant des images illustrant le personnage ou l’événement historique concerné, ainsi qu’un texte rédigé par Stéphane Bern. Les douze pièces constituant le premier volet de la collection sont disponibles depuis le 25 mars à la Monnaie de Paris, dans les bureaux de poste, chez les buralistes partenaires, sur les sites numismatiques et dans certaines maisons de la presse, pour un budget allant de 10 à 200 euros. Pour chaque pièce vendue, 1 euro est versé à la Fondation du patrimoine. L’argent récolté servira à financer les projets de la Mission Stéphane Bern, chargé d’identifier les sites en danger et à sauvegarder en priorité, comme le théâtre des bleus de Bar-Le-Duc (Meuse), la serre du château du Taillis à Duclair (Seine-Maritime) ou encore la grotte aux coquillages de Coulommiers (Seine-et-Marne).

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Alex Majoli : La photographie n’est qu’illusion

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Alex Majoli de chez Magnum, photographie autour du monde ce qui semble être des manifestations politiques, des réunions humanitaires ou la vie quotidienne. Or, ses prises de vues sont en réalité des actions performées, des situations durant lesquelles les sujets deviennent les acteurs d’une sorte de spectacle qu’ils offrent au photographe qui, lui, attend et s’occupe des lumières. Des scènes à la fois réelles et fictives. Une réflexion sur le regard des « regardés », sur l’illusionnisme en photographie.

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L’Egyptomania aux enchères à Drouot

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La fabuleuse chambre à coucher rhamsésienne imaginée par l’ébéniste Louis Malard fit fureur à l’Exposition Universelle de 1889, où elle était présentée dans le groupe III, classe 18 (Mobilier et accessoires). Acquise par la Comtesse Bathilde Ducos (1851-1927), puis par Charles-Henri Duquesne en 1896 à l’Hôtel Drouot, la voici de retour à l’hôtel des ventes par la volonté de sa petite-fille, Rose Marie Simon. Un lit (et quel lit !), une banquette, une armoire, une cheminée et une paire de chaises : voilà l’ensemble qui fait sensation pendant l’Exposition. Georges Omouri, expert de la vente actuelle, a recensé les impressions d’époque… Pour « Le Figaro », Georges Grison (1841-1928) ne tarit pas ni d’éloges, ni de détails : « le petit dossier, celui devant, est formé par deux lions de grandeur naturelle ou à peu près, tenant dans leur gueule une barre d’appui sur laquelle vient s’enrouler une draperie vertbronze et rouge-capucine. Le court pan représente des scènes égyptiennes, femme (Ramsès II) en char tirant de l’arc, guerrier, oiseaux fantastiques, etc., tous copiés fidèlement sur les vieux monuments d’Égypte […]. Les sculptures se relèvent en ors rouge, jaune et vert, jouant à s’y tromper les appliques métalliques. Le grand dossier du lit, de 2m70 de hauteur, est encadré entre deux femmes égyptiennes grandeur nature, assises sur des chaises formant table de nuit. Comme frises, de nouvelles scènes égyptiennes dans le genre de celles du court pan et, de chaque côté, deux sphinx ailés soutenant un éventail en feuilles de lotus […]. L’armoire à glace, également rhamsésienne, qui est en cours d’exécution, 9bis rue de Maubeuge, complétera ce genre qui certes aura un grand succès ». Le Jury, quant à lui, accorde une médaille d’argent à Louis Malard pour son « essai de composition d’un lit de style égyptien […] plus originale qu’archéologique. »
Le tissu de l’ensemble, d’origine, qui certes a subi les usures du temps, représente à lui seul un formidable témoignage du goût de l’époque. « Un grand ciel, bâti également de bois de noyer rehaussé d’or supporte un bandeau brodé fond brique avec rejets de festons et d’écharpes en même satin vert ainsi que les rideaux qui s’en échappent, le tout doublé de satin mauve, avec les franges à quilles de la Grèce antique… », nous rapporte le catalogue de l’Exposition Universelle… Les restes de draperies à franges en pompons se retrouvent tant sur le lit que sur la paire de sièges au piétement relié par un scarabée aux ailes déployées. Et en parlant de motifs… Tout le répertoire décoratif de l’Égypte Antique – plus ou moins interprété – se retrouve ici : les déesses nues en pied, les lions sculptés, le serpent et le vautour rehaussés d’or s’observent tant sur l’armoire que sur la cheminée. La banquette, elle, s’orne de sphinges sculptées, répondant à celles soutenant l’éventail en fleurs de lotus de la tête de lit. Les scènes rehaussées d’or, de rouge et de vert, traitées à la manière des frises en fresques et bas-reliefs antiques, mêlent personnages (Ramsès II tirant à l’arc sur son char), animaux et dieux, vie quotidienne et hiéroglyphes… L’ébéniste va jusqu’à imiter le papyrus pour encadrer la glace de l’armoire et mimer une entrée de temple pour le ciel de lit… Véritable création originale, cette chambre à coucher égyptienne constitue une fantaisie de choix, révélatrice de l’apogée des styles néo propres au XIXe siècle. Avis aux âmes mégalomaniaques !

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Nouveau talent : Arthur Hoffner, le fontainier

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Entre sculpture et objet décoratif, la fontaine d’intérieur ne sert à rien ou presque, mais elle charrie un riche imaginaire culturel et c’est cela qui a intéressé le jeune designer français. En effet, depuis la plus haute Antiquité, diverses civilisations ont accordé à la fontaine une place symbolique importante, notamment dans l’urbanisme, mais aussi dans les contes. « Elle est connotée de vertus magiques, que l’on songe à la fontaine de jouvence ou aux fontaines sacrées, observe Arthur Hoffner. C’est aussi un objet d’apparat, de pouvoir, comme on peut le voir à Versailles, ou plus simplement le signe d’un statut social. » À travers elle se joue une partie de la relation entre l’homme et la nature. Cependant, « Aujourd’hui, l’idée n’est plus de domestiquer la nature. Pour ce projet, j’ai plutôt cherché à réutiliser des objets domestiques liés à l’eau : siphon, tube en PVC, entonnoir, éponge, métal chromé, enfin tout l’univers de la robinetterie. L’autre idée était de jouer sur l’aspect magique de la fontaine, de rendre mystérieuse cette technique très simple, car ce n’est jamais que de l’eau qui monte grâce à une pompe et qui retombe. » D’un côté, le designer montre ce que l’on cache d’habitude, comme les tubes en PVC ; de l’autre, il sème des leurres, tel un entonnoir placé au sommet d’une de ses fontaines ou des éponges moulées en céramique, qui contiennent un réservoir. Ce goût du trompe-l’œil était déjà perceptible dans sa série de meubles Neolithism, où il s’emparait de matériaux composites à l’aspect minéral. Il y a dans les fontaines de Hoffner à la fois une vraie ingénierie et une forme de bricolage poétique, où les éléments s’assemblent dans un improbable équilibre. Intrigantes et ludiques, elles réinventent le plaisir simple de regarder l’eau couler, d’écouter ses sonorités cristallines.

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