Actualité artistique

La propriété Caillebotte : une renaissance

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Le Casin © Ville de Yerres

La maison est somptueuse avec ses colonnes et son fronton orné de bas-reliefs. L’intérieur est lui aussi trop luxueux pour une maison de campagne, avec ses papiers peints panoramiques, ses lustres et son magnifique mobilier Empire. Le père de Gustave Caillebotte, Martial Caillebotte, riche négociant en tissus, acheta ce bijou en 1860. Ce n’est pas lui pourtant qui conféra son faste à cette propriété. « Tout cela provient des rêves de grandeur de Pierre Frédéric Borrel ! », s’amuse Nicolas Sainte- Fare Garnot, commissaire de la rénovation de la maison. Lui qui fut conservateur du musée Jacquemart-André de 1993 à 2005 s’est passionné pour l’histoire de ce beau domaine. Il est pour beaucoup dans cette reconstitution, achevée il y a un an.

Une histoire mouvementée

Le Kiosque © Ville de Yerres

Spécialiste de la peinture française du XVIIe siècle, il se passionne pour la réunion d’ensembles documentaires. Lorsque le projet de restaurer la belle villa néopaladienne est lancé en 2015, il accepte d’en être le commissaire et demande à la municipalité six mois de recherches préalables. Il établit la liste des propriétaires successifs des lieux. Le susnommé Pierre Frédéric Borrel est le plus pittoresque. Cuisinier à Castelnaudary, devenu une figure du Tout-Paris de la Restauration, il achète, au faîte de sa carrière, le Rocher de Cancale, fameux restaurant mentionné maintes fois par Balzac. Borrel acquit en 1824 la propriété, alors un ensemble agricole. Yerres était déjà un lieu de villégiature élégant. Il souhaitait y accueillir ses plus célèbres et puissants clients sur un pied d’égalité. Il transforma son achat en petit palais, doté d’un parc à l’anglaise truffé de fabriques (orangerie, pavillon chinois ou banc couvert japonais), puis fit faillite. La veuve de Martin-Guillaume Biennais, célèbre ébéniste et orfèvre du Ier Empire, racheta l’ensemble. C’est à madame Biennais, sa cousine éloignée, que Martial Caillebotte acheta à son tour la propriété où ses enfants passèrent toutes leurs vacances. Adultes, les inséparables frères Caillebotte, Gustave le peintre et Martial le compositeur, continuèrent à y vivre des parenthèses enchantées, avant que la mort de leur mère ne les décide à vendre, en 1879, à la famille Dubois. Nouvelle revente en 1963, à l’industriel Paul Chaslin, directeur de GEEP-Industries qui déposa le bilan en 1971 et céda la propriété à la ville de Yerres pour un franc symbolique. Le classement des divers bâtiments date de cette époque, le lotissement en immeubles d’une partie du parc, aussi. Les équipes municipales qui se succèdent jusqu’en 1995 négligent le lieu. La propriété est ravagée : la pelouse est un vague souvenir, le toit de l’orangerie prend l’eau, les alentours du pavillon chinois servent de dépotoir. L’équipe municipale de Nicolas Dupont- Aignan, élu en 1995, élabore un plan de rénovation et de mise en valeur sur vingt ans, dont la restauration du bâtiment principal représente le point d’orgue.

La salle à manger © Sébastien Erras

Le chantier dure un an, sous la direction de l’architecte du patrimoine Claude Vermeulin. Il n’est pas aisé. La mérule, un champignon qui s’attaque à la charpente et aux poutres, a fait son oeuvre. L’État, la région, le département, la réserve parlementaire de Nicolas Dupont-Aignan devenu député, Total et la Fondation du patrimoine apportent leur soutien, tout comme le fonds de dotation Les Amis de la propriété Caillebotte. Pour retrouver les décors d’origine, on pratique des sondages des murs et les recherches documentaires de Nicolas Sainte-Fare-Garnot portent leurs fruits. Inventaires avant succession, photographies d’époque apportent des renseignements précieux. « Ce travail m’a enthousiasmé. C’est un endroit exceptionnel, unique témoignage en Île-de-France de l’architecture et de la décoration sous la Restauration », s’enthousiasme le commissaire du projet. Le remeublement est marqué par un joli coup de théâtre. Le superbe mobilier de la chambre à coucher de madame Biennais, que l’on pensait vendu à un Américain en 1962, refait surface lors de la vente de la collection de Robert de Balkany chez Sotheby’s en septembre 2016. Il était donc à Paris ! Nicolas-Sainte-Fare Garnot joue des coudes et obtient que l’État exerce son droit de préemption. Galvanisé, il persuade aussi le Mobilier national de prêter du mobilier pour trente ans, pour compléter les achats effectués grâce aux dons du fonds de dotation des Amis de la propriété Caillebotte.

L’hommage à Gustave Caillebotte

La chambre à coucher parentale, restituée à l’identique © Sébastien Erras

La propriété est aujourd’hui la première destination touristique de l’Essonne. Des expositions sont organisées dans l’Orangerie et l’ancienne ferme. Les lieux font partie depuis 2015 du circuit Destination impressionnisme. Partenariats et tarifs groupés les lient à la maison de Claude Monet, à Giverny. Gustave Caillebotte avait mis sa fortune et son énergie au service de ses amis impressionnistes. C’est lui, par un legs de quarante tableaux de sa collection, qui a fait entrer leurs œuvres dans les collections nationales.
Claude Monet et Gustave Caillebotte partageaient le goût des jardins et la passion de l’horticulture. Le jardin, sera la prochaine étape de la valorisation du parc. Devant le potager que Caillebotte peignit avec tendresse, la plantation d’une roseraie est à l’étude. « Nous travaillons avec le conservatoire de L’Haÿ-les-Roses, pour planter des rosiers contemporains de Caillebotte, dans un camaïeu de rose, de rouge et de blanc. », détaille Valérie Dupont-Aignan, épouse de l’ancien maire de Yerres, devenue directrice de la propriété Caillebotte en 2017 après avoir piloté les rénovations dès l’origine. Pour Nicolas Sainte-Fare- Garnot, la restauration de la maison représente un cas d’école. « Il y a quelques années, le ministère de la Culture a voté des crédits de recherche pour les architectes des Monuments historiques. Ils ont été alloués à la recherche scientifique. J’espère que cet exemple prouvera l’intérêt de la recherche historique. »

À voir
Propriété Caillebotte
8, rue de Concy, 91330 Yerres

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Idée Lecture : Paris, reine du mobilier XIXe

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Spécialiste du mobilier, Christopher Payne se concentre ici de façon neuve sur la production la plus luxueuse de ce siècle qui, dès le règne (1830-1848) de Louis-Philippe, se nourrit des glorieuses productions passées pour créer des meubles déclinés entre copies et réinterprétations inventives, leur qualité leur assurant un succès quasi mondial. Ouvert sur des chapitres évoquant l’évolution stylistique, l’ouvrage traite ensuite des ébénistes spécialisés dans les copies d’Ancien Régime et se poursuit en recensant quelque deux cent vingt-huit ébénistes, dont beaucoup inconnus jusque-là. Magnifiquement illustrée, c’est une somme magistrale, indispensable à tout amateur de mobilier.

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« At Eternity’s Gate », un nouveau biopic sur Vincent Van Gogh

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Van Gogh ne cesse d’inspirer la création contemporaine. Après le très récent La passion Van Gogh, film d’animation autour des peintures envoûtantes de l’artiste, le réalisateur néerlandais, et peintre lui-même, Julian Schnabel, présente en compétition officielle à la Mostra de Venise son nouveau long-métrage, At Eternity’s Gate, un biopic consacré à la figure tourmentée de l’artiste, décédé en 1890 à Auvers-sur-Oise. Centré sur les derniers jours de la vie de Van Gogh, le film réunit de nombreux acteurs de talents : le charismatique Willem Dafoe, Mads Mikkelsen, Niels Arestrup ou encore Mathieu Amalric, dans le rôle du Docteur Gachet et Oscar Isaac dans le rôle de Gauguin, avec qui Vincent van Gogh séjourna à Arles durant l’été 1888. Le scénario, signé Jean-Claude Carrière, interroge le génie particulier de l’artiste et sa folie, tout en mettant en lumière ses années de tourments sous le soleil incandescent d’Arles, où sont nés ses œuvres les plus sensationnelles. Le film revient également sur l’énigme de la mort de l’artiste, dont le suicide est régulièrement remis en question. Orchestrant savamment lumières, couleurs et sons, Julian Schnabel réalise un coup de maître et parvient à nous faire voir le monde à travers les yeux bouleversés du peintre. C’est avec impatience que nous guettons l’annonce de la date de sortie d’Eternity’s Gate en France, et celle du grand lauréat du Lion d’Or 2018 !

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Décès de l’ancien conservateur en chef Jean Lacambre

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C’est en 1966 que Jean Lacambre était entré dans la très honorable profession de conservateur de musée. Il était un spécialiste des XIXe et XXe siècles et sa curiosité le portait aussi bien à étudier les vitraux d’Ingres à la chapelle de Corbeil que les gravures de Gustave Doré ou les dessins de Fernand Léger. Avec Geneviève Lacambre, conservatrice générale honoraire du patrimoine, Jean Lacambre avait choisi et présenté des textes de Champfleury et Baudelaire dans un ouvrage paru aux éditions Hermann en 1990. Puis, avec Claude Allemand-Cosneau et Isabelle Julia, il s’était attelé à l’inventaire des tableaux français peints entre 1815 et 1850 et conservés dans les collections publiques de France pour l’exposition « Les années romantiques », montée au musée des Beaux-Arts de Nantes. Conservateur humaniste, il a monté également plusieurs expositions thématiques pour la Fête de l’Humanité.

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Les Prix 2018 de la Jeune Création Métiers d’Art

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S’appuyant sur des critères aussi bien esthétiques que techniques, le jury des Prix de la Jeune Création Métiers d’Art a choisi cette année de récompenser quatre créateurs aux univers très différents : Clémentine Brandibas, Steven Brunel, Ève George et Nadège Mouyssinat. La première est brodeuse et pratique la technique ancestrale de la broderie à l’aiguille, au tambour ou au métier à broder, pour restituer les beautés complexes de la nature. Ses créations, qui associent la tradition à l’exploration technique, fascinent par leur capacité organique à mimer les éléments naturels. Ciseleur-graveur, Steven Brunel pratique « l’art du tatouage sur métal ». Il réalise bijoux et miroirs à partir de plaques d’argent, de laiton ou de cuivre sur lesquelles il crée de petits mondes peuplés de fleurs et d’animaux, inspirés de ses propres photographies. Il intervient également sur des objets anciens, dont il aime les matériaux nobles, alliant la préciosité du dessin à un certain militantisme. Ève George est verrier et pratique les techniques du verre en fusion, à la main. Petite-fille de directeur de verrerie, formée à l’École Boulle, elle conçoit aussi bien des carreaux de verre pour l’architecture d’intérieur que des parois murales ou des objets de décoration. Au sein de son atelier, elle conçoit des pièces uniques aux teintes délicatement contemporaines. Installée à Limoges, Nadège Mouyssinat pratique l’art de la céramique, se spécialisant en sculpture et en moulage. Son travail se développe autour du thème de la répétition, de l’identique et du singulier, et ses pièces en porcelaine, souvent monumentales, sont conçues pour « mettre en volume et en espace une quête spirituelle ».
Les lauréats de cette édition 2018 verront leur travail présenté au salon Maison & Objet, du 7 au 11 septembre, puis au salon international du Patrimoine culturel, au Carrousel du Louvre, du 25 au 28 octobre, ainsi que durant le salon Révélations, la biennale internationale Métiers d’art et création qui se tiendra au Grand Palais du 23 au 26 mai 2019.

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Stonehenge en « Trance »

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On se souvient qu’il y a quelques années une nouvelle interprétation du site de Stonehenge faisait de ses gigantesques pierres levées, disposées en cercle, un xylophone à ciel ouvert. Le plus célèbre des sites néolithiques britanniques a-t-il donc une longue tradition musicale derrière lui ? Ses mégalithes s’apprêtent en tout cas à vibrer au son de la trance musique à l’occasion d’un live exceptionnel du DJ Paul Oakenfold qui a obtenu l’autorisation d’y enregistrer son album Live in Stonehenge dans le courant du mois de septembre (la date du concert n’a pas encore été annoncée). Ultra VIP, l’événement réunira une cinquantaine d’invités et ses recettes seront reversées à English Heritage, un organisme public indépendant chargé de la gestion d’environ 400 monuments historiques d’Angleterre.
DJ et producteur de musique électronique, Paul Oakenfold s’est fait connaître par ses remix d’artistes tels que Madonna, U2 ou encore les Rolling Stones, et sa contribution à la bande originale de nombreux blockbusters (La Planète des singes, la trilogie Matrix, Meurs un autre jour, etc.). Ce n’est pas la première fois qu’il investit des lieux historiques et culturels emblématiques. En 2003, il avait déjà posé ses platines à la Grande Muraille de Chine, tandis que son album The Base Camp Mix, paru cette année, a été enregistré au pied du mont Everest.
C’est la première fois, en près de 5000 ans d’histoire, que Stonehenge, l’un des sites archéologiques les plus fascinants de la planète, accueillera une performance musicale. Chaque année, des milliers de personnes, adeptes du druidisme, amoureux de la Nature ou simple touristes, s’y retrouvent pour célébrer le solstice d’été et perpétuer la mémoire de ce lieu dont la fonction précise échappe encore aux chercheurs.

Vidéo en time-lapse tournée lors du solstice d’été 2018 à Stonehenge :

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Léage met l’art cinétique dans les salons XVIIIe

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Intitulée « Forces et Mouvements », cette exposition coordonnée par Louis Amar, artiste et commissaire, réunit quinze figures phares de l’art contemporain avec les plus grands ébénistes, menuisiers et bronziers dans les douze salons de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Les œuvres (entre quelques milliers d’euros et plusieurs centaines de milliers) sont signées de grands artistes : Takis, Soto, François Morellet, Sol LeWitt, Julio Le Parc ou Tony Cragg. Ce parcours inédit présente des mobiles, sculptures, peintures et œuvres cinétiques sur le thème des sciences mécaniques et mathématiques, passerelle esthétique et technique entre le XVIIIe siècle et l’époque contemporaine.

Pour en savoir plus sur l’art cinétique,
rendez-vous le 28 septembre pour notre conférence

« L’art cinétique : illusions d’optique »
menée par la critique d’art Élisabeth Couturier
dans le cadre de son cycle d’initiation à l’art contemporain. En savoir plus
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Focus œuvre  : Le Salon du maire de la Maison municipale de Prague par Mucha

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Obecnní Dům, la Maison municipale, est à la fois le chef-d’œuvre de l’Art Nouveau praguois et l’expression bouillonnante de l’âme tchèque. Construite entre 1903 et 1912, elle fait office de centre culturel et national,et, mélange résolument innovant, on y trouve tout à la fois une salle de concert, des salons d’exposition et de réception, des restaurants, un café. Tous les artistes tchèques connus ont été sollicités et le résultat stylistique des extérieurs est pour le moins hétérogène : beaucoup de « néo », baroque ou Renaissance, lignes végétales du Jugendstil, motifs de la Sécession viennoise. Un décor foisonnant sur lequel viennent s’accrocher des sculptures allégoriques monumentales.
Mucha a quitté Paris tout exprès pour participer à ce projet patriotique, occasion si longtemps attendue de « parler à sa façon à l’esprit de la nation ». On ne lui laisse que la conception du Salon du maire, il en fait son premier manifeste de l’histoire slave. Au plafond, La Fraternité des Slaves est entourée de huit pendentifs : sur chacun d’eux, une vertu personnifiée par un héros de l’histoire tchèque ; on y célèbre aussi bien Jan Zizka, chef de guerre des hussites que Jan Hus, le réformateur religieux ou les solides Chods, farouches gardiens, au XIVe siècle, de la sécurité sur la frontière entre la Bohême et la Bavière. Et Mucha n’a pas oublié ses talents exercés à Paris : le salon est aussi une oeuvre d’art totale, dont il a dessiné le mobilier.

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Angélique Aubert intègre le cabinet de recrutement m-O conseil

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Spécialiste du monde de l’art et de l’entreprise, Angélique Aubert commence sa carrière dans le domaine de la presse économique et financière avant de devenir directrice de la communication de N@rt, la société française pionnière des enchères d’art en ligne. En 2003, elle rejoint la Société Générale, dont elle crée le département de mécénat artistique, et développe pendant dix ans la collection d’art contemporain de l’entreprise. En 2013, Laurent Dumas, patron du groupe immobilier de prestige Emerige, lui confie les rênes de la politique de mécénat de groupe ainsi que la valorisation de sa collection privée. Elle accompagne ainsi la création du Fonds de dotation Emerige pour l’art contemporain et de la Bourse Révélations Emerige en 2014. Aujourd’hui, Angélique Aubert intègre m-O conseil, cabinet de recrutement basé à Paris et spécialisé dans le management de la création et le recrutement pour les sociétés à fort contenu créatif.

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Le Carré Rive Gauche soigne les collectionneurs

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En septembre, le Carré Rive Gauche rend hommage à ses collectionneurs. Pour son président Jean-Louis Herlédan, « comme ce mois attire de nombreux amateurs étrangers, par ses divers parcours et salons, nous souhaitons mettre en avant le goût des galeristes, dont chacun va proposer un objet d’exception. D’ailleurs, rappelons que nous sommes les seuls au monde à présenter sept mille ans d’arts décoratifs sur un périmètre aussi restreint ! » Autre nouveauté pour les plus fortunés et chanceux : une suite de l’hôtel Lutetia sera à présent entièrement décorée par les antiquaires du quartier.

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Disparition de l’artiste américain Irving Petlin

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En avril dernier, on pouvait encore voir son travail de pastelliste au Petit Palais à Paris lors de l’exposition « L’art du pastel, de Degas à Redon », qui a connu un succès retentissant. Irving Petlin avait une salle entière dédiée à son travail subtil et coloré. Né à Chicago en 1934, Petlin fait ses études à l’Art Institute de la même ville où il côtoie des artistes comme Léon Golub ou Nancy Spero. L’abstraction le tente mais, peu à peu, en voyant de grandes expositions sur Munch, Van Gogh et surtout Odilon Redon, il en vient à une figuration d’esprit symboliste, voire mystique. « Un monde intérieur devait toujours rester poreux et refléter la réalité extérieure, qu’elle soit celle de son appartenance à la culture juive ou celle de la guerre du Vietnam contre laquelle il proteste dans les années 1970, celle de l’inégalité raciale ou encore, bien plus tard, en 2005, celle d’une politique américaine qui devait mener à la guerre en Iraq et à la déstabilisation de toute une région », assure Nadine Fattouh. Petlin s’installe à Paris à la fin des années 1950 et expose à la galerie du Dragon, rencontre Jean Hélion, Alberto Giacometti, Balthus, Max Ernst et Roberto Matta. En 1962, il participe à l’exposition « Nouvelle Figuration II » aux côtés de Rebeyrolle, Lindström ou Tal Coat à la galerie Mathias Fels à Paris. En 1970, il reçoit le Guggenheim Fellow Award et travaille de plus en plus le pastel. « Le pastel traduit la longue observation que je fais, patiemment », affirme l’artiste dans un français approximatif dans une vidéo réalisée lors de l’exposition du Petit Palais. Installé définitivement dans la capitale française à partir de 1990, il fait des va-et-vient avec Martha’s Vineyard, où il vient de s’éteindre à 84 ans.

Découvrez « Irving Petlin dans son atelier, la pratique du pastel », une vidéo tournée à l’occasion de l’exposition « L’art du pastel de Degas à Redon » au Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, du 15 septembre 2017 au 08 avril 2018 :

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Le Brésil fou de bois

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La vraie richesse du Brésil, ce ne fut ni l’or, ni les pierres précieuses, ni le caoutchouc, ni le café, ni la canne à sucre comme on le croit. Ce fut le bois. Du bois dont on fit les bateaux, les maisons, les fortins, l’intérieur des églises. Le pau-brasil couleur de braise qui donna son nom à ce pays de Cocagne n’est plus qu’un souvenir, comme la moitié des sept cents espèces que les colonisateurs consommèrent comme des gloutons et que les actuels industriels continuent à décimer sans foi ni loi. Mais le bois résiste et il a repris vie sous le regard neuf et passionné porté par les architectes et designers émigrants européens et japonais, qui s’implantèrent sur son sol pendant ou après la Seconde Guerre mondiale et qui participèrent à cette période faste du Brésil des années 1950 et 1960. Une époque dynamique et productive grâce à une politique tournée tous azimuts vers la modernité. Ce boom économique accouchera d’une nouvelle identité brésilienne, symbole d’un syncrétisme parfait. Cette brasilidade effervescente fit fleurir un design brésilien qui ne représente ni une école, ni un mouvement, mais le début d’une aventure. En France, on connaît le mobilier d’Oscar Niemeyer des années 1970, ou celui de Lina Bo Bardi, mais quid de José Zanine Caldas et de Jorge Zalszupin, ces grands magiciens du bois ? […]

À VOIR

« Modernité du design brésilien de 1950 à 1980 »
Galerie Chastel-Maréchal, 5, rue Bonaparte, 75006 Paris
Du 5 septembre au 30 octobre.
*
« Pièces historiques de Zalszupin »
Galerie Alexandre Frédéric, marché Serpette, 110, rue des Rosiers, 93400 Saint-Ouen, allée 6, stand 19
Du 1er au 30 septembre.

À LIRE

Móvel Moderno Brasileiro, par Alberto Vicente
Éd. Olhares, co-édité avec la galerie Chastel-Maréchal en 2017, en portugais et anglais (483 pp., R$ 350).
*
Brazil Modern. The Rediscovery of Twentieth-Century Brazilian Furniture, par Aric Chen
Éd. The Monacelli Press, 2016, en anglais (304 pp., $60). 

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Manifesta 2020 annonce ses dates et son architecte

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C’est donc du 7 juin au 1er novembre 2020 que se tiendra à Marseille la prochaine édition de la biennale européenne Manifesta (celle de 2018 a lieu à Palerme jusqu’au 4 novembre). Hedwig Fijenn a également précisé que l’architecte Winy Maas, cofondateur de l’agence d’architecture et d’urbanisme néerlandaise MVRDV, a été désigné pour coordonner les recherches autour de la ville, sujet de cette édition, avec l’aide des étudiants de l’université d’Aix Marseille et de The Why Factory. Le budget global de l’événement devrait tourner autour de sept millions d’euros. Marseille est la première ville française à avoir été choisie pour accueillir cette biennale, qui devient incontournable et génère d’importantes retombées financières et touristiques.

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Les stars de la Biennale Paris 2018

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La 30e édition de La Biennale Paris ouvre ses portes le 8 septembre au Grand Palais. Sa préparation a été difficile, certains marchands étant hostiles à l’annualisation de l’événement et d’autres (à moins que ce ne soient les mêmes ?) attendant de savoir si une nouvelle foire aurait lieu cet automne à Paris. Mais les organisateurs de la Biennale, notamment Mathias Ary Jean, président du Syndicat national des antiquaires, ont maintenu le cap. Ils ont réservé aux visiteurs deux surprises : l’exposition des fleurons de la collection Empire de Pierre-Jean Chalençon (à gauche et ci-dessus) et « un geste extraordinaire et poétique » du styliste et scénographe Jean-Charles de Castelbajac. Sinon, que dire de la Biennale elle-même ? Les joailliers de la place Vendôme ne sont pas revenus, mais elle sera finalement assez équilibrée, entre un fort secteur art moderne et contemporain, de nombreux exposants d’art ancien, des arts non-européens et du design.

Art premiers cherchent collectionneurs

Malgré le Parcours des mondes (lire pp.124-125), qui se déroule simultanément de l’autre côté de la Seine et draîne les mêmes spécialités, la Biennale rassemble des valeurs sûres : six galeristes parmi lesquels le Bâlois Jean-David Kahn pour l’archéologie, et la parisienne Mermoz pour l’art précolombien. La moitié joue sur les deux tableaux. Corinne Kevorkian, spécialiste en archéologie orientale, Laurent Dodier pour les arts premiers africains, océaniens et eskimo, et Anthony Meyer, référence parisienne pour les arts océaniens, participent aux deux salons. Ils ont tous la même motivation : rencontrer à la Biennale de nouveaux collectionneurs. « Le Parcours des mondes fonctionne en circuit quasi fermé. À la Biennale, je rencontre tous les ans de nouveaux clients », détaille Anthony Meyer. Il présente des objets aussi rares qu’un récipient à amadou eskimo, collecté par un baleinier entre 1857 et 1868, et une pierre sculptée préhistorique de Nouvelle-Guinée. Laurent Dodier espère aussi surprendre, en proposant ses œuvres, notamment une maternité dogon du XVe siècle et une grande statue senoufo de plus d’un mètre de haut, en regard de dix tableaux d’Eugène-Nestor de Kermadec (1899-1976). Le peintre, à la lisière du figuratif et de l’abstrait, défendu par Daniel-Henry Kahnweiler, le marchand de Picasso, collectionnait l’art africain. « J’espère attirer une nouvelle génération de collectionneurs de moins de 50 ans, sensible à l’art moderne et contemporain. » Du côté des arts d’Asie, Antoine Barrère, Parisien installé à Hong Kong où il a ouvert une galerie il y six ans, est lui aussi seul représentant de sa spécialité. Il mise sur une exposition de sculptures bouddhiques chinoises, du Gandhara et d’Asie du Sud-Est, scénographiée dans un décor de chapelle bouddhique, avec un plafond lumineux de l’artiste coréenne Krista Kim. « J’ai participé à des salons à Hong Kong, mais l’essai n’a pas été concluant. Il y a de grands collectionneurs français pour la statuaire bouddhique », décrypte le marchand qui a lancé cette année le Printemps asiatique, parcours parisien entre galeries spécialisées, qui devrait s’internationaliser pour sa deuxième édition. « Pour les arts d’Asie, Paris a pris du retard, mais peut le rattraper. » […]

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Joan Miró enfin reconnu chez Lelong & Co

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On ne présente plus Joan Miró et pourtant, comme le souligne Jean Frémon, président directeur-général de la galerie Lelong, à son décès en 1983 il était loin d’être perçu au même niveau qu’Henri Matisse ou Pablo Picasso. « Le regard public ou critique a mis davantage de temps à reconnaître cette œuvre simple, efficace et vraiment autonome, car elle ne doit rien à personne. » À la galerie sont exposés des travaux sur papier de ce qu’il considère comme les meilleures années, de 1930 à 1950, postérieures à la rupture de l’artiste avec le surréalisme. Cette reconnaissance s’est accompagnée d’une augmentation des prix, également aux enchères. « Aujourd’hui, certaines œuvres franchissent le seuil de la dizaine de millions d’euros, phénomène accentué par la globalisation du monde de l’art et les foires comme celles de Hong Kong, où nous vendons très bien Miró, en renforcement des marchés européens et américains. » Pour autant, la galerie propose ici des dessins à partir de 150 000 € et de petits formats qui sont « de vraies merveilles ». Et Jean Frémon de nous montrer une feuille de trente-sept centimètres de haut, représentant deux figures graciles et solaires, son œuvre favorite de l’exposition…

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