Actualité artistique

Un tableau d’Hammershøi bat des records de vente aux enchères

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Quatre mois après l’exposition « Hammershøi, le maître de la peinture danoise » au musée Jacquemart-André à Paris, l’artiste danois continue d’être au cœur de l’actualité artistique. Mardi 26 novembre, la maison scandinave Bruun Rasmussen a organisé une vente de tableaux de Vilhelm Hammershøi (1864-1916). Parmi les toiles mises aux enchères, dont une Femme nue debout, une étude académique d’après le plâtre d’Antinous et un portrait du frère d’Hammershøi, c’est Interior, Strandgade 30 (1900) qui est sortie du lot. Acquise par un acheteur international pour 5,5 millions d’euros, 4,2 millions d’euros sans les frais, l’œuvre est devenue la plus chère jamais vendue au Danemark ainsi que le tableau d’Hammershøi le plus cher jamais vendu au monde. À titre de comparaison, en novembre 2017, Sotheby’s avait adjugé à New York Intérieur avec femme et piano, Strandgade 30 (1901) pour 5,3 millions d’euros (frais compris) et, plus récemment, en octobre 2018, Christie’s avait cédé la toile Intérieur avec chevalet, Bredgade 25 (1912) également à New York pour 4,5 millions d’euros (frais compris).

Une œuvre poétique caractéristique de la peinture d’Hammershøi

Vilhelm Hammershøi, Interior, Strandgade 30, 1900, huile sur toile, 52 x 45 cm ©Bruun Rasmussen Auctioneers

Dans Interior, Strandgade 30, on retrouve de nombreux motifs caractéristiques de la peinture de l’artiste : la silhouette de sa femme Ida -qu’il représente toutefois rarement de face-, la fenêtre qui n’ouvre sur rien, le rayon de soleil sur le parquet, la pièce vide où le mobilier est absent, ou encore la porte fermée. C’est lorsque Vilhelm Hammershøi vivait dans la rue Strandgade à Copenhague, entre 1898 et 1908, qu’il s’est fait sa réputation de peintre d’intérieur, en saisissant son appartement vide et la beauté du silence qui y régnait. La lumière est une des préoccupations principales de l’artiste. Les rayons du soleil reflétés sur le sol sous forme d’ombres blanches, grises et brunes et les jeux d’ombres et de lumières évoquent un dialogue avec le monde extérieur, au-delà de l’espace et du temps, créant ainsi une expérience méditative, voire spirituelle, qui questionne les origines du monde et le destin de l’être humain. De la même manière, cet intérieur intime illustre les ambiances énigmatiques et métaphysiques typiques du peintre.
Depuis les années 1950, la maison de ventes scandinave a vendu près de 160 œuvres du peintre danois. D’après Julie Arendse Voss, expert à la tête du département des beaux-arts chez Bruun Rasmussen, Hammershøi est un des artistes danois les plus prisés sur le marché de l’art. Ses œuvres sont aujourd’hui conservées dans de prestigieuses institutions telles que le Metropolitan Museum of Art à New York, le musée d’Orsay à Paris, la Tate à Londres ou encore le Getty à Los Angeles.

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Amsterdam Art Weekend relate l’état du monde

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Week-end du 23 et 24 novembre. Les visiteurs et les professionnels de l’art viennent faire leur marché dans les ateliers d’artistes en résidence à l’école des Beaux-arts d’Amsterdam. Les 47 propositions, pour la plupart superbement orchestrées, donnent à voir des sujets totalement dans l’air du temps. Ainsi Mire Lee élabore des sculptures biomorphiques corroborant les récits d’anticipation les plus négatifs, Lungiswa Gqunta déconstruit l’héritage des dominations patriarcales et colonialistes, quand Artor Jesus Inkerö s’intéresse à la perception occidentale de la masculinité et Eoghan Ryan se penche sur la montée du fascisme en Europe.

Lungisha Gqunta, oeuvre présentée durant les portes ouvertes de la Rijksakademie ©Marie Maertens

Le parcours dans les galeries de la ville poursuit ces thèmes, même si Loie Hollowell (chez Grimm Gallery) s’inscrit dans une appropriation des genres plutôt exaltée et très sexuée. Les « héroïnes » d’Akinci interrogent le féminisme avec des plasticiennes de différents continents, de la Néerlandaise Melanie Bonajo à l’Indienne Sarah Naqvi ou à la Sud-africaine Lungiswa Gqunta, que l’on retrouve. Tandis que chez Lumen Travo, le plasticien Thierry Oussou, né en 1988 au Bénin, travaille sur les héritages du post-colonialisme et l’économie qui en découle.

Vue de l’exposition de Thierry Oussou chez Lumen Travo Gallery ©Marie Maertens

Dans le plus ancien bâtiment d’Amsterdam, l’Oude Kerk, fondée au début du XIVe siècle et qui accueille encore une congrégation protestante, Adrián Villar Rojas poursuit ses recherches sur l’anthropocène, face au patrimoine (jusqu’en avril). Le sculpteur d’origine argentine fait ainsi entendre des enregistrements susurrés dans les langues du monde entier.

Installation de Adrián Villar Rojas à Oude Ker ©Marie Maertens

Chez ISO Amsterdam, la performance de Céline Gillain raconte une autre histoire en alternant récit et chant pour parler de trac, de doutes et de dépassement de soi. Malheureusement, l’exposition de Carlos Amorales au Stedelijk Museum (jusqu’en mai), est décevante car elle fait ressortir un travail essentiellement esthétisant, presque décoratif, mais permet de redécouvrir certaines pièces des collections de l’institution, dont celle de Keith Edmier, qui évoquait déjà l’écologie aux débuts des années 2000. Elle témoigne du fait que ces sujets ne sont pas redondants, comme certains le disent, mais que l’on n’écoute pas assez les artistes !

Keith Edmier, Cycas Orogeny 2003-2004, Stedelijk Museum ©Marie Maertens

+ d’infos : www.amsterdamart.com

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EXCLUSIVITÉ | Dans l’atelier d’Etel Adnan, entre peinture et poésie

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Approcher l’artiste nomade Etel Adnan au fond de son appartement parisien, situé près du Luxembourg, est une chance. C’est rencontrer une artiste complète ayant mille cordes à son arc, une baroudeuse à la conversation étincelante de vie. À 94 ans, sa curiosité est insatiable, son goût pour l’histoire acéré, son intelligence questionneuse. Elle continue à combiner mots et images, à s’interroger sur les femmes, les guerres, la permanence et la beauté de la mer, les secrets de la vie, la multiplicité des humains. Et bien sûr le Liban. Son Beyrouth natal et ses exils successifs de par le monde ont fait d’elle une poétesse rare, à la fois structurée, énergique, engagée mais aussi contemplative, capable d’écrire dans une infinité de langages, domptés ou inventés selon les événements qui la marquent. Née à l’intersection de deux mondes, l’Orient et l’Occident, elle a passé sa vie à la croisée de deux époques : l’empire ottoman finissant et une guerre moyen-orientale qui, elle, n’en finit pas. Sa mère, grecque de Smyrne, lui parle en grec pendant son enfance, son père, officier syrien de l’État-Major ottoman, lui parle en turc. Elle étudie à l’école française, joue avec les enfants de la rue en arabe, croise constamment kurdes et arméniens. Multiculturelle, elle devient cosmopolite par choix, et se vit depuis toujours différente, décalée. Sa vie « est un tissage », selon le titre de l’un de ses nombreux petits livres, un long patchwork qui se déroule tel un leporello, cette longue bande de papier qui se déplie comme un éventail ou comme une tapisserie, entrelacée des fils colorés de ses diverses vies et de ses multiples talents.

Etel Adnan, Forêt II, 2015, encre et aquarelle sur papier, Japon, plié : 25 x 11 cm, déplié : 273 cm,

Sous le charme de Klee

Etel Adnan, Paysage de Feu, 2017, LaM, Villeneuve d’Ascq ©Etel Adnan, 2019 ©N. Dewitte/LaM

Elle part en 1949 vivre à Paris, croise Gaston Bachelard, écoute à la Sorbonne Étienne Souriau, qui lui obtient une bourse pour les États-Unis. Voici la jeune philosophe face au Pacifique et au désert. Après Harvard, elle enseigne la philosophie de l’art à Berkeley pendant dix-sept ans, et écrit, déjà, une poésie en prose, par touches et petits chapitres. Dès la fin des années 1950, elle se met à peindre sans avoir jamais appris. Elle est subjuguée par l’œuvre de Paul Klee : «Je suivais des yeux chaque ligne, découvrais qu’il encadrait en quelque sorte ses tableaux dans l’intérieur de la toile pour les agrandir mieux… Comme un premier amour dans d’autres domaines, cette passion créait une acuité du regard dont je me souviens comme d’une révélation continue… Il représentait un monde intime et étranger en même temps. Sa diversité apportait des surprises. Ses couleurs me semblaient être comme des émaux. Bien que non formée par des théories ou par des cours sur l’histoire de l’art, je voyais dans plusieurs tableaux, même quand ils étaient lumineux, une terrible angoisse. C’était un homme entre deux guerres…», dira cette artiste elle aussi de l’entre-deux. Elle apprend chez Klee une abstraction pas vraiment géométrique mais faite de volumes colorés s’encastrant calmement les uns dans les autres.

Plus tard, lorsqu’à la suite d’un accident de voiture et d’une opération ratée, elle se retrouve dans l’impossibilité de conduire un véhicule ou de soulever les grands châssis tellement en vogue dans ces années-là en Amérique, elle transforme cette contrainte en liberté. Si on déménage de continent en continent, « de personne en personne », il faut ne pas s’encombrer. Une mobilité qui l’oblige à ne plus travailler que sur des petits formats, métaphores du nomadisme, de l’exil et de la légèreté. Plus besoin de grands ateliers, la pièce où l’on écrit suffit. Naissent alors des paysages abstraits, des fenêtres délicates ouvertes sur les vagues de la mer se superposant les unes aux autres, ou sur la ligne de crête du mont Tamalpaïs, qu’elle voit depuis ses fenêtres californiennes et dont elle fait sa montagne Sainte-Victoire ! La mer de Beyrouth l’obsède, cette liquidité bienfaisante et féminine : « Y plonger. Il n’y a pas de séparation entre la mer et la femme, et je me dis qu’il n’y a pas lieu de chercher plus loin, dans la pensée, ou l’expérience des autres, de se rapprocher de l’essence du féminin : de l’eau, du sel, du phosphore, des planctons, tous les minéraux sous leur forme liquide, et le soleil baignant le tout ». Et de conclure : « Regarder la mer c’est devenir ce que l’on est ».

Le pouvoir de la couleur

Etel Adnan, Liberté, 2017-2018, tapisserie basse lisse, laine, 141 x 202 cm Courtesy Etel Adnan et Galerie Lelong & Co.

Au cœur de la vie artistique californienne des sixties, elle découvre le pouvoir de la couleur teinte et du textile auprès d’Ida Grae, la codirectrice du Dominican College de San Rafael, au nord de San Francisco. Elle dessine des cartons pour tapisseries, dont la plupart ne seront réalisés que récemment, grâce à la galerie Lelong et à la collaboration de l’atelier Pinton à Felletin, près d’Aubusson. Exposées sous le titre « Tout ce que je fais est mémoire » au Château La Coste en 2018, ces tapisseries abstraites, aux couleurs chaudes relevées d’entrelacs, sont de purs instants de poésie joyeuse. Des signes, des ponctuations de couleurs, des alphabets inventés, des calligraphies recourbées aussi bien qu’anguleuses, toute une poésie visuelle fragmentée, un rythme dansant, un sentiment d’errance, de mouvement perpétuel et même d’une suite d’instantanés que l’on retrouve dans ses splendides leporellos, sur lesquels elle s’abandonne à la fluidité du geste. Elle en parle dans Écrire dans une langue étrangère : « En 1964, j’ai découvert ces carnets japonais qui se déplient en accordéon dans lesquels les peintres nippons accordaient dessins, textes et poèmes… J’en trouvais dans une boutique de San Francisco où les gens les achetaient pour faire leurs albums de famille. J’ai aussitôt imaginé que ce serait une excellente alternative au format carré ou rectangulaire de la page ; comme si vous écriviez la rivière elle-même ». Grâce au leporello, Etel Adnan marie la poésie à la peinture, et renoue avec une certaine culture arabe qu’elle modernise.

Etel Adnan, En route vers le désert, 2018, gravure, 76 x 45,5 cm, Courtesy Galerie Lelong & Co.

Comme dans un kaléidoscope, les couleurs s’attirent, s’aimantent. Leurs surfaces plates et maigres rayonnent pourtant, charnelles mais sereines. La palette est vive et tendre à la fois, du jaune aux différents roses, du bleu layette au bleu lavande, des verts printaniers aux bruns chauds. Chaque teinte est à sa place, étalée au couteau ou à la spatule, sans jamais se mélanger. Bien qu’elle ne soit pas mystique, l’artiste part à la recherche de la moindre parcelle de beauté sacrée qu’elle retrouve chez Giotto ou Fra Angelico. Elle sait peindre les couleurs des sables de l’Arabie, les ocres et les mauves, les orangés un peu violets et les rouges un brin cuivrés. Leur vibration rappelle parfois celle de Paul Klee, comme cela apparut si évident à l’exposition du Centre Paul Klee de Berne en 2016, ou à l’Institut du monde arabe à Paris, deux expositions organisées par Sébastien Delot, qui cette fois-ci a choisi, au LAM de Villeneuve-d‘Ascq, de faire dialoguer son œuvre avec celle de la compagne d’Etel Adnan, l’artiste et éditrice Simone Fattal.

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Récit d’une vie : Léonard Foujita, artiste fou de dessin

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Certains destins se dessinent d’emblée. En 1900, un collégien japonais est sélectionné pour représenter ses camarades à l’Exposition universelle de Paris. Il y envoie une aquarelle. Son nom ? Foujita. Paris, c’est écrit, déterminera sa carrière, sa vie. Fils d’un général de l’armée de terre d’ascendance aristocratique, Tsuguharu Foujita (1886-1968) dessine dès 6 ans les plantes et les insectes observés dans le jardin familial. Ses premiers modèles de peinture à l’huile sont des boîtes à biscuits européennes.
En 1905, il passe le concours de l’École des beaux-arts de Tokyo. « On me prédisait que je serais le premier peintre du Japon, déclarera-t-il plus tard, mais c’était le premier peintre de Paris que je rêvais d’être. » Inscrit dans la section « Peinture occidentale », il prend, le soir, des cours de français. Diplômé en 1910, il participe au décor de l’Opéra impérial de Tokyo et commence une honorable carrière. Mais il a soif de nouveauté, rêve de se confronter à l’avant-garde parisienne.
Muni de l’accord paternel et d’une pension, il arrive dans la Ville lumière en 1913. Il découvre Montparnasse, fait la connaissance d’un certain Picasso chez qui il admire l’art du Douanier Rousseau. Foujita est adopté par le gratin de la bohème littéraire et artistique : Apollinaire, Max Jacob, André Salmon, Blaise Cendrars, Braque, Zadkine, Modigliani, Soutine,  Derain, Vlaminck, Marie Laurencin et tant d’autres. « Je suis bien tombé au milieu des meilleurs », conclura plus tard celui qu’on appelle « Foufou ».

Autoportrait au chat, 1927, reproduction photographique présentée au musée Maillol à Paris dans le cadre de l’exposition « Foujita. Peindre les années folles », 2018 ©Sylvie Ragey

Tous fous de « Foufou »

Excentrique à la frange noire dont les épaisses lunettes rondes accentuent la physionomie d’enfant émerveillé, excellent danseur et judoka, Foujita charme tous les milieux, apprenant de Margot la blanchisseuse l’art du baiser profond, tenant son rang dans les salons de « la haute » car il a été bien élevé. Il est de tous les bals, de toutes les fêtes, sans oublier l’étude. Il trempe son pinceau dans le cubisme de Picasso, se frotte d’hellénisme à l’Akademia de Raymond Duncan, frère d’Isadora, fréquente les antiques du Louvre. Il trouvera sa voie dans une synthèse très personnelle, entre tradition asiatique et figuration occidentale.
Il tente sa chance à Londres où il exerce son talent de styliste de mode chez Selfridge’s. Ses accoutrements font sensation : « Un phénomène japonais, vêtu d’un costume violet et coiffé d’une frange sur le front, se promène à Piccadilly », s’étonne le « Times ». De retour à Paris, il connaît la misère. Il s’engage dans la Croix-Rouge comme brancardier au début de la guerre, exerce les tâches les plus humbles. À la cité Falguière, il a pour voisins d’atelier Soutine et Modigliani. Ce dernier l’influence dans sa quête de l’arabesque.
En 1916, au terme des trois ans fixés par son père, Foujita avait décidé de ne pas rentrer à Tokyo, lui déclarant : « Je vous renie comme d’ordinaire le père renie son fils. Je ne vous écrirai jamais plus jusqu’à ce que je connaisse le succès ». Celui-ci ne se fait guère attendre. La galerie Chéron, rue La Boétie, le met sous contrat et organise sa première exposition personnelle en 1917. Ses peintures naïves et maniéristes, ses gouaches sur fond d’or intriguent et fascinent. Le prestigieux Salon d’Automne lui ouvre ses portes en 1919, et bientôt le Salon des Indépendants et le Salon des Tuileries.

Vue de l’exposition « Foujita. Peindre les années folles » au musée Maillol à Paris, 2018. De gauche à droite : Fernande et son perroquet, Le Baiser de l’oiseau, et Le Saké, 1917 ©Sylvie Ragey

Neige rose et secrets d’atelier

L’art de Foujita connaît son âge d’or dans les années 1920. C’est alors qu’il élabore les incomparables fonds blancs lisses et nacrés de ses tableaux, selon une technique tenue secrète qu’il nomme « nyuhakushoku » (blancheur de lait). Ce satin illumine les chairs féminines dont il trace les contours de son fin pinceau. Kiki de Montparnasse est l’un de ses modèles. En 1922 débute sa liaison avec Lucie Badoud, qu’il rebaptise du nom poétique de Youki, « neige rose » en japonais… Elle est sa muse, son modèle. Elle sera plus tard le grand amour de Robert Desnos. Nus et grandes compositions, fillettes, chats, autoportraits et portraits de commande, tous les grands thèmes qui parcourent l’œuvre de Foujita se mettent en place à cette époque.

Vue de l’exposition Foujita, œuvres d’une vie » à la Maison de la culture du Japon à Paris, 2019 ©Guy Boyer

Les commandes affluent. Avec Youki, il mène grand train dans son hôtel particulier proche du parc Montsouris, roule dans une Delage capitonnée de daim gris, fait sensation à Deauville aux côtés de Suzy Solidor et de Mistinguett. Les belles dames lui demandent leur portait, d’Hélène Berthelot à Anna de Noailles. Loin de s’étourdir, il travaille à son chef-d’œuvre, un ensemble monumental de quatre allégories. En 1929, Foujita se rend à Tokyo où il reçoit, enfin, un accueil triomphal. C’est avec sa nouvelle compagne, Madeleine Lequeux, qu’il entreprend une tournée en Amérique latine deux ans plus tard puis s’installe à Tokyo…

Vue de l’exposition « Foujita. Peindre les années folles » au musée Maillol à Paris, 2018 ©Sylvie Ragey

Pendant la guerre, indésirable en France, le Japon étant l’allié de l’Allemagne, il met son pinceau au service de la propagande nationale japonaise dans d’immenses toiles qui semblent peintes avec la boue des champs de bataille. Il rentre définitivement en France en 1950 accompagné de Kimiyo Horyuchi, épousée en 1936. Naturalisé français, il se convertit au catholicisme, ainsi que son épouse, et reçoit le baptême à la cathédrale de Reims en 1959. Il choisit le prénom de Léonard en hommage à Léonard de Vinci, auteur de la Cène qui lui a valu ses premiers transports mystiques… C’est dans une petite maison de village qu’il a restaurée à  Villiers-le-Bâcle, dans la vallée de Chevreuse, qu’il conçoit les plans et le décor de la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix à Reims, son ultime grand œuvre. Le voici donc, à 80 ans, architecte et fresquiste ! Il dessine tout, des vitraux jusqu’aux ferronneries, et couvre de fresques fraîches comme des aquarelles une superficie de deux cents mètres carrés. Lors de l’inauguration en octobre 1966, il déclare : « Cette chapelle, je l’ai faite pour expier quatre-vingts années de péchés »

Chapelle Notre-Dame-de-la-paix dite Chapelle Foujita, à Reims, décorée par Léonard Foujita.

Il meurt le 29 janvier 1968. À la fin de sa vie, il ne peignait plus que des fillettes aux yeux de chat et des madones au regard d’enfant. Cinquante ans après sa mort, Foujita est aujourd’hui à l’honneur avec une série d’expositions principalement consacrées à son œuvre graphique. Riche d’une importante donation de la famille de l’artiste, le musée des Beaux-Arts de Reims déploie autour de La Rivière enchantée, livre illustré sur Paris paru en 1951, un ensemble d’esquisses et de dessins préparatoires ainsi que quelques objets personnels. On y découvre Paris en fête, des Années folles à l’après-guerre. L’exposition dialogue avec celle de la Bibliothèque Carnegie, première collection publique française de livres illustrés de Foujita. D’autres manifestations se tiennent dans le département de l’Essonne, propriétaire de la maison-atelier de l’artiste à Villiers-le-Bâcle, avec notamment un éclairage savoureux sur Foujita photographe, en attendant la rétrospective fleuve annoncée par la Maison de la culture du Japon à Paris…

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L’Équerre d’argent 2019 remise à Charles-Henri Tachon pour la résidence Julia-Bartet

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Chaque année, le prix met en lumière un édifice achevé en France, son architecte ainsi que son maître d’ouvrage. Lundi 25 novembre, à l’Institut du Monde arabe (Paris Ve), le jury de l’Équerre d’argent, présidé par Paul Chemetov, s’est réuni pour révéler son palmarès 2019 et récompenser Charles-Henri Tachon pour la résidence Julia-Bartet, le bâtiment « précieux, élégant, saisissant de beauté », situé près des austères voies ferrées de la gare Montparnasse. L’architecte lauréat a fondé son agence en 1999 à Paris et à Mercurey, en Saône-et-Loire.
Dans la catégorie « habitat », le jury a distingué la résidence La Quadrata, abritant 40 logements sociaux modulables, réalisé dans l’éco-quartier Via Romana de Dijon, par Sophie Delhay. Le court Simonne-Mathieu de Roland-Garros (Paris XVIe), de Marc Mimram, a quant à lui reçu le prix spécial du jury pour ses « serres imaginées comme une promenade qui donne un nouveau souffle à son environnement ». Le prix de la « première œuvre » a été attribué à l’atelier de verrerie à Brioude (Haute-Loire) par Antoine Dufour Architectes. Après avoir examiné 220 dossiers de candidature, le comité de sélection, constitué des rédactions du journal « Le Moniteur » et d’ « AMC », avait retenu 25 projets à auditionner devant le jury.

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Christian Debize arrive aux Beaux-Arts de Nîmes

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Formé à l’université de Nancy II en histoire et histoire de l’art, puis à l’Université Sorbonne-Paris IV, Christian Debize est un spécialiste de photographie ancienne, sur laquelle il a soutenu sa thèse de doctorat (la photographie à Nancy au XIXe siècle). Il entre ensuite dans l’enseignement, de l’école d’art de Nancy à celle de Metz, dont il prend la direction en 2008. Vient ensuite l’Ensad (École nationale supérieure d’art et de design) de Nancy de 2010 à 2019. Membre de l’alliance Artem (ARt, TEchnologie, Management), il rouvre l’atelier national de recherche typographique (ANRT), de rang européen, de l’Ensad Nancy et développe à Shanghai, l’École Offshore, un programme de recherche dédié aux relations entre création et mondialisation. La direction des Beaux-Arts de Nîmes étant laissée libre avec le départ de Christelle Kirchstetter pour Nancy, il reprendra le poste au début de l’année prochaine pour une période de trois ans renouvelable.

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Disparition du peintre Marco Del Re

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Marco Del Re ©Sara Vignale

Basé entre Rome et Paris et compagnon de la galeriste Isabelle Maeght, Marco Del Re a commencé sa carrière par des études d’architecte à Rome et de théâtre (il fonde avec Bruno Mazzali et Rosa Di Luccia la compagnie Il Pattagruppo). Le galeriste Arturo Schwartz expose ses dessins et ses papiers gravés en 1973. Son travail, entre tradition classique et propositions modernes, passe ensuite vers la peinture et la gravure, puis la céramique, la tapisserie et l’illustration de livres. Il cite souvent la mythologie ou les récits littéraires et plusieurs auteurs comme Alain Veinstein (La muse qui s’amuse) et Gérard-George Lemaire (la Ville d’or) soutiennent sa démarche.
Plusieurs commandes telles que les fresques de l’Institut de la mémoire à La Pitié Salpétrière, le plafond de l’Hôtel Burgundy à Paris ou les bas-reliefs du foyer de la Salle Pleyel (il réalise également les pianos Cariatide et Erato Humana Est pour Pleyel) permettent de voir son œuvre dans l’espace public. À partir de 2000, il réalise des œuvres à quatre mains avec l’artiste stambouliote Selma Gürbüz. Chevalier des Arts et Lettres et correspondant de l’Académie des Beaux-Arts, il a souvent exposé à la galerie Maeght depuis 1988. Une exposition de ses œuvres récentes a lieu rue du Bac jusqu’au 18 janvier 2020.

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Saint-Germain-des-Prés fait son cinéma au festival Bizarro

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Cette année, le festival Bizarro réunit galeristes, antiquaires et libraires du quartier de Saint-Germain-des-Prés autour du thème « Fantômes du Cinéma ». La galerie Frédéric Castaing vous emmène sur les plateaux de tournage des années 1940 à la rencontre d’Orson Welles et de Jean Cocteau, tandis qu’à la galerie Diurne un ensemble de tapis tissés au Népal fait revivre les dessins de Dalí pour le décor de La Maison du Docteur Edwards d’Alfred Hitchcock (1945).

Découvrez le programme.

Hitchcock, Les Oiseaux, photographie signée, signature et autoportrait ©Galerie Frederic Castaing

« Fantômes du cinéma »
28 novembre 2019 au 4 janvier 2020
8e festival Bizarro
Quartier Saint-Germain-des-Prés, divers lieux, Paris
www.bizarroasaintgermain.com

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Trésor à vendre : Le dernier service de toilette royal d’époque Régence

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Grand carré ©Christie’s

Parmi les douze toilettes recensées pour les membres de la famille d’Orléans, celui de Charlotte-Aglaé d’Orléans (1700-1761) est de loin le plus complet et le plus lourd (plus de 37 kg) jamais offert à une fille de France. Il comporte 41 pièces, dont quinze sont répertoriées aujourd’hui et onze sont mises en vente par Christie’s : un « carré, deux boîtes à poudre, un crachoir, une aiguière et son bassin, une paire de pots et leurs couvercles, un flacon à parfum, une gantière et une vergette. À titre de comparaison, le service de toilette de la reine Marie-Antoinette, livré en 1789, ne compte que 37 pièces, et celui de la duchesse de Cadaval fait entre 1738 et 1739 ne pèse que 26,250 kg. Cadeaux de mariage ou de diplomatie de prédilection de Louis XIV, ce service de toilette a été offert à Charlotte-Aglaé d’Orléans, petite-fille du Roi Soleil, lors de son mariage au duc de Modène, François-Marie III d’Este (1698-1780) en 1720. Le lot a été commandé par Philippe II d’Orléans, dit le Régent (1675-1723) à l’orfèvre français Nicolas Besnier, légataire de l’héritage ornemaniste de Claude Ballin et Nicolas Delaunay, créateurs de l’orfèvrerie de Louis XIV et spécialiste des toilettes royales. Les poinçons de toutes les pièces datés, en 1717 et 1719, indiquent que le service a été fabriqué et livré très rapidement. L’ensemble, qui provient d’une collection privée, a échappé aux fontes royales et révolutionnaires grâce à son envoi à Modène puis son legs à la deuxième fille de Charlotte-Aglaé, Mathilde (1729-1803), qui n’a pas de descendance directe.

Le dernier témoin du style Régence

Aiguière et son bassin ©Christie’s

Ce service combine à la fois le vocabulaire stylistique de Ballin, reconnaissable par la linéarité des motifs enrichie par une superposition de bordures décoratives, et le style de Delaunay, identifiable par un assouplissement des lignes et une compartimentalisation des motifs. Exemple idéal du style Régence, l’ensemble présente un décor couvrant qui combine de multiples motifs ornementaux allant de la coquille à cinq branches à la tête de faune et de femme en passant pour les fonds quadrillés et pointillés. Parmi les pièces dispersées par Christie’s, deux sortent du lot. Le carré de vermeil, estimé entre 800 000 et 1,2 million d’euros, et l’aiguière et son bassin, à l’estimation similaire. Le premier, généralement utilisé pour ranger les brosses et les peignes, est l’élément le plus imposant du service de toilette féminin avec le miroir. Il ne porte pas le poinçon du maître-orfèvre mais peut être attribué à Nicolas Besnier grâce aux entrelacs sur les côtés, identiques aux dessins réalisés par Ballin et Delaunay pour le cadenas en or de la reine Marie-Thérèse, réalisé par l’associé de Besnier en 1678. L’aiguière et son bassin sont des éléments essentiels d’une toilette au XVIIIe siècle. Elle est utilisée pour verser l’eau parfumée sur les mains et laver le corps. Le musée du Louvre conserve son pendant créé pour la mère de Charlotte-Aglaé d’Orléans, Françoise-Marie de Bourbon (1677-1749).
En plus d’être un ensemble exceptionnel par son style, ce service de toilette témoigne également de la réalité économique et politique de son époque. En décembre 1689, Louis XIV avait émis un décret limitant le poids de certaines pièces de services de toilette afin de contrôler les dépenses. Dès la fin de règne du Roi Soleil en 1715, le Régent réintroduit à Versailles richesse et luxe. Entre 1716 et 1720, le système de Law, qui développe l’utilisation du papier-monnaie, provoque une euphorie économique qui profite à Philippe d’Orléans, lui permettant de commander ces pièces d’orfèvrerie exceptionnelles pour le mariage de sa fille.

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Le foyer de Saint-Martial de Limoges ressuscité

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Consacrée par Urbain II, son immense église, reconstruite à partir de 1017 avec un clocher porche et un chevet à chapelles rayonnantes propre aux églises de pèlerinage, fut l’une des plus novatrices du temps. Elle disparut, hélas, entre 1791 et 1807 avec ses bâtiments monastiques. Faisant suite à un colloque international, l’exposition a pu être montée grâce à une meilleure connaissance de l’église depuis les fouilles d’après-guerre, l’exhumation de nombreux chapiteaux et, surtout, au prêt, par la Bibliothèque nationale, d’une sélection de manuscrits issus du scriptorium de l’abbaye. Le plus ancien exposé, la Première Bible de Saint-Martial (fin IXe siècle) est un original chef-d’œuvre d’art carolingien. À nouveau très actif sous l’abbatiat d’Adémar de Chabannes (988-1034), lui-même auteur, le scriptorium atteignit un sommet sous l’abbatiat d’Adémar de Laurière (1063-1114), époque où fut créée la Seconde Bible, redevable d’influences clunisiennes et poitevines. Avec des œuvres émaillées des ateliers de Limoges qui s’épanouirent à partir des années 1120, c’est bien tout un apogée du Moyen Âge roman qui se trouve illustré ici avec des productions prestigieuses entre toutes.

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Étienne Delaune, orfèvre et graveur virtuose au Musée national de la Renaissance

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Vue de l’exposition ©Agathe Hakoun

Après les Cousin Père (vers 1490-après 1560) et Fils (v. 1522-1595) puis Jacques Androuet du Cerceau (vers 1510-1586), Étienne Delaune (vers 1518-1583), autre artiste emblématique de la Renaissance maniériste, se trouve enfin honoré par une exposition éclairant de façon neuve son œuvre d’orfèvre et de graveur ainsi que sa vie qui le conduisit, un moment, en tant que huguenot, à Augsbourg. Jusque dans la décennie 1990, maints des plus remarquables dessins et gravures d’arts décoratifs du temps lui furent donnés jusqu’à ce que des historiens attribuent une grande partie de cette production à Baptiste Pellerin, maître sombré dans l’oubli à sa mort. Si d’autres dessins ont également dû être rendus à Jean Cousin le Père, il reste un corpus important de dessins et de quelque quatre-cent-cinquante gravures incluant plusieurs recueils. Buriniste virtuose maîtrisant la technique du pointillé, Delaune inventa autant qu’il grava d’après les maîtres, Cousin et Pellerin compris. Grâce au format réduit de ses nombreuses gravures, il inspira l’ensemble des arts décoratifs. Par exemple, jusqu’au XVIIe siècle, l’émaillerie limousine, et exerça une influence jusqu’en Angleterre et dans les pays germaniques.

Vue de l’exposition ©Agathe Hakoun

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Sade selon Giacometti à Paris

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Carré court et buste nu, une femme assise berce un phallus en bronze. La photo est de Man Ray, et « l’Objet désagréable » qu’elle tient entre ses seins, de Giacometti. Cette sculpture, comme La Cage, La Main prise ou La Femme égorgée, appartient aux œuvres symboliques modelées dans les années 1930, quand « l’homme qui marche » fréquente Breton et le clan des surréalistes. Avec ces totems ultraviolents, il rejoue les jeux interdits du Marquis de Sade, dont les écrits libertins connaissent alors un retour de flamme.

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Vol de bijoux du XVIIIe siècle au « musée trésor » de Dresde

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Un braquage à la Ocean’s Eleven ? Un peu avant 5 heures du matin, deux voleurs se sont infiltrés au Grünes Gewölbe (« la voûte verte » en allemand), également surnommé le « musée trésor », situé dans le château de la Résidence de Dresde, dans l’est de l’Allemagne. Les cambrioleurs seraient entrés par une fenêtre de l’édifice afin de s’emparer de bijoux et de pierres précieuses. Leur butin : trois parures en diamants et rubis du XVIIIe siècle exposées dans la salle du trésor d’Auguste le Fort, ancien roi de Pologne et prince-électeur de Saxe, d’après les enquêteurs. Pour faciliter le délit, un transformateur électrique aurait été neutralisé pour désactiver les alarmes. Ces pièces font partie des collections nationales de Dresde, conservées dans l’édifice construit au XVIe siècle. Pour rappel, le Grünes Gewölbe possède une des plus grandes collections de bijoux anciens en Europe avec des pièces exceptionnelles d’orfèvrerie ou encore d’objets sertis de pierreries. Pour le moment, aucune estimation précise du montant de la perte n’a été officiellement communiqué et les auteurs du casse sont toujours en cavale. Au-delà de la valeur historique et artistique des parures volées, les médias allemands précisent que le préjudice serait d’au moins plusieurs millions d’euros.

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Les fugues poétiques de Joy de Rohan Chabot à la galerie Chastel-Maréchal

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Invitation au voyage « derrière le miroir » avec Joy de Rohan Chabot, qui dévoile dix-huit créations exclusives disponibles en pièce unique ou série limitée, univers onirique qui puise ses racines dans la diversité de la nature. Guéridon et boîtes bûches, miroir givré, candélabres en fleurs, lustre cage à oiseaux (entre 5000 € et 50 000 €) composent l’ensemble raffiné créé avec talent et fantaisie pour la galerie Chastel-Maréchal, dont les fleurons sont les merveilleuses chaises Les Feuilles d’or.

Joy de Rohan Chabot, chaises « Les Feuilles d’Or », 2019, bronze doré, H. 90 cm, Courtesy galerie Chastel-Maréchal ©Sylvie Chan-Liat

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Découverte d’un tableau inédit de l’impressionniste Pissarro

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Plus d’un siècle après leur réalisation, il est encore possible de découvrir de nouvelles peintures de Camille Pissarro (1830-1903). Prochainement, Ader Nordmann a présenté une huile sur toile inédite du peintre impressionniste intitulée Le Jardin de Maubuisson, l’Hermitage, Pontoise, exécutée vers 1878-80. Quand la maison de ventes aux enchères s’est vue confiée cette œuvre non signée, elle ignorait qui était son auteur. Après une année et demie de recherches, les analyses ont permis d’identifier le célèbre artiste à l’origine du paysage. « Il s’agit d’une totale redécouverte, aucune documentation n’existait sur ce tableau. L’écriture, la manière de peindre et la touche de Pissarro sont parfaitement reconnaissables », explique Claire Durand-Ruel, historienne de l’art et spécialiste de Pissarro. Pour confirmer l’intuition de Nicolas Nouvelet, responsable du bureau de Neuilly de la maison de ventes Ader, et de Claire Durand-Ruel, une radiographie de l’œuvre a mis en lumière une technique propre au peintre. « Pour donner du relief à ses toiles, Pissarro conservait volontairement une infime surface non peinte autour de certains éléments de la composition (arbres, maisons) pour intensifier les volumes », décrit la maison de ventes. Sur la radiographie, ces pourtours apparaissent comme un cerne autour des formes : « les mêmes cernes apparaissent, notamment, au niveau des arbres du verger », précise Nicolas Nouvelet.
Cette découverte s’inscrit également dans l’histoire de l’art de la fin du XIXe siècle. Aucune documentation n’existait pour Le Jardin de Maubuisson, l’Hermitage, Pontoise. Or, le sujet traité évoque Pontoise, une ville de la vallée de l’Oise qui fut très représentée des artistes comme Corot, Daubigny, Gauguin ou Van Gogh. Ce tableau témoigne aussi du lien pictural et des échanges artistiques entre Paul Cézanne (1839-1906) et Pissarro. En 2006, le musée d’Orsay montait une exposition dédiée à la collaboration entre les deux peintres (« Cézanne et Pissarro 1865-1885 »), où une toile de Cézanne illustrait L’Hermitage, Pontoise. « Ils adoptent exactement le même point de vue. Ces tableaux reflètent le dialogue et l’influence mutuelle entre ces deux artistes », détaillent les commissaires-priseurs associés David Nordmann et Xavier Dominique. L’œuvre redécouverte a été exposée le 21 novembre dernier à Drouot, avant d’être mise en vente le lendemain avec une estimation de 100 000 à 120 000 euros. Le Jardin de Maubuisson, l’Hermitage, Pontoise a été acquis par un collectionneur étranger pour 358 400 euros.

Camille Pissarro, Le Jardin de Maubuisson, l’Hermitage, Pontoise, vers 1878-80, huile sur toile, 38 x 45,5 cm ©Ader Nordmann

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agnès b. ouvre sa Fab à Paris

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« C’est un hasard que je reçois comme un signe », dit-elle. L’une des premières pièces de sa collection d’art contemporain, initiée en 1983, fut un dessin de Jean-Michel Basquiat qu’elle acheta dans son atelier de New York. Aujourd’hui Agnès Troublé, dite agnès b., installe sa Fab, « nouvelle fabrique culturelle et solidaire » place Jean-Michel Basquiat dans le XIIIe arrondissement de Paris.
Styliste, galeriste, éditrice, réalisatrice, productrice dans le domaine de la musique et du cinéma et mécène, agnès b. a marqué la scène culturelle française depuis le milieu des années 1970. En 2009, elle a mis en place un fonds de dotation pour structurer toutes les actions de mécénat et de philanthropie menées par la marque de mode et par elle-même, et gérer sa collection personnelle de plus de 5000 œuvres. « Trente-cinq ans après son ouverture à Paris, la styliste transfère la Galerie du jour et sa librairie dans un quartier en mouvement, et ouvre un espace d’exposition thématique de 1400 m². La Fab prend place dans un bâtiment neuf composé de logements sociaux dessiné par l’architecte Augustin Rosenstiehl, de l’agence SOA Architectes. Elle envisage des collaborations avec ses voisins : la barge culturelle Le Petit Bain et la guinguette numérique EP7, créée par les fondateurs du Point Ephémère », explique Sébastien Ruiz, secrétaire général du Fonds de dotation agnès b.
La Fab est aussi un lieu pour informer des actions de la Fondation Tara Océan – qui organise des expéditions pour étudier l’impact des changements climatiques sur les océans – dont elle est partenaire.

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Récit d’une vie : Barbara Hepworth, une sculptrice intemporelle

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Au XXe siècle, il n’est pas toujours facile d’être un sculpteur… surtout quand on est une sculptrice. Longtemps vecteur de valeurs académiques, la sculpture a connu sa révolution avec Brancusi, dans le sillage de Rodin et Maillol. La voici qui s’émancipe : des mécènes, du sujet allégorique ou commémoratif et, très vite, du sujet tout court. Bientôt, cet art réputé difficile délaisse les matériaux traditionnels, les options exclusives de permanence ou de fixité. L’œuvre de Barbara Hepworth (1903-1976) naît et grandit au cœur de ces bouleversements et ouvre une voie poétique et humaine tout à fait singulière, teintée d’idéal, à ces questionnements.

Atelier de Barbara Hepworth à St Ives, St Ives, B. Hepworth Museum ©Bowness/M. Greenwood Tate

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Enchères : un chef-d’oeuvre de Pierre Soulages mis en vente chez Tajan

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Acquise dès son année de création par James Johnson Sweeney, alors directeur du Guggenheim Museum à New York, Peinture, 200 x 162 cm, 14 mars 1960 a été exposée en 2009-2010 au Centre Pompidou à Paris à l’occasion de la grande rétrospective que l’institution parisienne consacrait au maître de l’outrenoir. Attendue entre 4 et 6 000 000 millions d’euros, cette huile sur toile est un bel exemple de la technique du raclage et de la transparence par recouvrement, développée par le peintre dès les années 1957-1958.

Pierre Soulages, Peinture, 200 x 162 cm, 14 mars 1960, huile sur toile, 200 x 162 cm © Tajan, Paris

L’artiste commence par couvrir d’une couche de peinture tout ou partie de la toile, enduite d’un apprêt généralement blanc, puis superpose une ou plusieurs couches de couleurs différentes. Pour ce faire, il travaille de préférence la peinture à l’huile en pâte, dans le frais, et dans un temps donc limité. Avec une spatule à lame souple chargée de pâte noire, il racle plus ou moins la surface, allant parfois jusqu’à découvrir une partie du fond. Les rouge, bleu et ocre se mêlent alors au noir dans un jeu aléatoire de transparences et de variations colorées. « J’ai d’abord employé le noir pour sa capacité à illuminer les couleurs sombres. C’était au fond une manière de créer de la lumière par le contraste », déclarera Pierre Soulages qui, tout au long de sa carrière, a poursuivi inlassablement ses recherches techniques.
La technique du raclage, qui conduit à la production d’œuvres uniques et non reproductibles à l’identique, offre également un grande diversité de peintures. 200 x 162 cm, 14 mars 1960 appartient à un type particulier de toiles où la forme, ascensionnelle, vient se détacher sur un fond blanc, à l’inverse de certaines créations contemporaines du peintre où le raclage fait apparaître le blanc non peint de la toile en une sorte de forme lumineuse « arrachée », selon les mots de Pierre Encrevé, auteur du catalogue raisonné de Pierre Soulages. Ici, le travail à la spatule crée en outre une diagonale qui dynamise tout l’espace de la toile.

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Matisse, naissance d’un génie

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Reconnue « d’intérêt national » par le ministère de la Culture et soutenue par le Crédit du Nord, cette exposition est structurée en deux chapitres. « Matisse élève » évoque la formation du peintre (l’école de dessin de Saint-Quentin, l’académie Jullian, les cours d’Eugène Carrière…), l’importance de sa région natale (l’univers des textiles, ces étoffes et ces couleurs qui lui donneront le goût du décoratif) et sa découverte des grands maîtres. Le jeune Matisse fréquente assidûment le palais des Beaux-Arts de Lille et le musée du Louvre, à Paris, où il réalise des copies de tableaux de Raphaël, Poussin, Davidsz de Heem, Philippe de Champaigne… Il apprendra aussi de ses contemporains, Albert Marquet, Paul Signac, Henri Manguin, André Derain. La seconde partie du parcours, « Matisse professeur », concerne l’académie qu’il a fondée en 1908 dans son atelier de la rue de Sèvres. Des peintres comme Max Weber, Oskar Moll, Rudolf Levy, compteront parmi ses élèves. Au total, l’exposition réunit plus de deux cents œuvres, de Matisse bien sûr, mais aussi de Goya, Quentin de La Tour, Picasso, Cézanne, Marquet, Gauguin…

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