Actualité artistique

Les garçons et Léonard, à table !

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Le monde entier s’était pâmé en octobre dernier lorsqu’une œuvre de Banksy adjugée plus d’un million d’euros par Sotheby’s s’était aussitôt autodétruite. Il est temps de rappeler que, génial précurseur, Léonard de Vinci avait lui-même programmé la lente destruction d’un de ses grands chefs-d’œuvre, La Cène, dès la fin du XVe siècle ! L’imprudent avait mélangé technique à l’huile et détrempe pour travailler plus à son aise et faire des retouches, des « repentirs » que la technique de la fresque interdit. Ce sublime « cadavre » (le mot est de Goethe) a depuis sa création fasciné les artistes. En ce cinquième centenaire de la mort de Léonard, la Fondazione Stelline de Milan rend hommage à La Cène en s’adressant à six créateurs d’aujourd’hui. Il faut dire que la fondation se situe à l’emplacement de la « vigne » offerte à Léonard par Ludovic le More, duc de Milan, et face à Santa Maria delle Grazie où se trouve l’original… Aux premières loges, donc ! C’est aussi le lieu où Warhol présenta peu avant sa mort sa propre vision de La Cène, The Last Supper, en 1987, désacralisant le chef-d’œuvre pour en faire une icône Pop. Conçue par le critique d’art Demetrio Paparoni, l’exposition pourrait s’intituler « Le miracle de la disparition », tant le chef-d’œuvre de Léonard acquiert de présence à travers ses différentes mutilations.
Célèbre pour ses personnages au rire grimaçant, le Chinois Yue Minjun a copié l’œuvre de Léonard mais supprimé le Christ et les apôtres, remplacés par des chiffres peints en rouge. La béance de la porte centrale, jadis percée au beau milieu du chef-d’œuvre de Léonard par des moines vandales, n’en paraît que plus obscène. Dans The Last Supper (New Religion) réalisé en 2011, son compatriote Wang Guangyi ne conserve au contraire que les personnages, dont les silhouettes découpées sur fond noir évoquent les peintures traditionnelles chinoises de paysages montagneux. Allusion à la technique traditionnelle du « Wou lou hen », évoquant la pluie ruisselant sur un mur, les coulures semblent annoncer la dissolution progressive des figures. Robert Longo a choisi de se concentrer sur le seul visage du Christ, dans un dessin virtuose au crayon noir qui donne aux craquelures de la peinture de Léonard un relief saisissant. Malgré ces outrages, la figure conserve une souveraine sérénité. Formé à Florence aux techniques de restauration de la peinture ancienne, l’artiste ajoute une dimension symbolique à son œuvre, accrochée sur un fond rouge comme le sang du Christ : une petite bourse en cuir suspendue au cadre contient 30 pièces d’argent, les trente deniers, prix de la trahison de Judas. Non moins saisissante, L’Ultima Cena (Interno Assoluto) de Nicola Samorì est évidée en son centre : la surface sur laquelle était peint le Christ pend, fripée, laissant place à un halo. Fidèlement reproduite sur la grande plaque de cuivre, la Cène de Léonard a été attaquée à l’acide. Il est fascinant de voir combien cette représentation dégradée d’un chef-d’œuvre, lui-même fantomatique, reste porteur d’émotion. Les regards des apôtres sont effacés par l’acide, mais çà et là une main nous « parle » du fond de l’abîme. Dans leur vidéo-sculpture, le duo Masbedo (Nicolò Massazza et Iacopo Bedogni) reprend indirectement le motif des injures du temps en filmant en gros plan d’autres mains, celle de Pinin Brambilla Barcilon, restauratrice de La Cène de Léonard en 1978-1999. Elles effleurent dans des gestes d’une intelligence infinie des photographies noir et blanc de l’œuvre. Des mains ridées, maculées de taches brunes, mais des mains vivantes et musicales. Avec deux œuvres « gore » réalisées en 2015 et 2016, Anish Kapoor est le seul des six artistes à renoncer à toute figuration directe de l’œuvre de Santa Maria delle Grazie. La toile rouge enveloppant partiellement Flayed II, effrayante plaie sanglante, peut toutefois être lue comme une allusion à la nappe de La Cène. « Buvez en tous, car ceci est mon sang », avait dit le Christ à ses disciples. Mais le sang christique coagulé selon Kapoor est imbuvable… L’artiste déchire la figuration traditionnelle, introduisant dans cette exposition vouée à la disparition/persistance d’une icône de l’art occidental l’expression la plus crue du corps torturé. Il renoue ainsi avec l’iconographie chrétienne la plus outrancière de la Passion du Christ. À l’opposé, Léonard de Vinci n’avait disposé ni verres ni coupes sur la table de la Cène. On ne dira jamais assez combien les artistes d’aujourd’hui nourrissent notre regard sur l’art d’autrefois !

« L’Ultima Cena dopo Leonardo (La dernière Cène après Léonard) »
Jusqu’au 30 juin
Fondazione Stelline, Corso Magenta 61 Milan

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L’Empereur est servi ! à Fontainebleau

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Qui se plaindrait de la multiplication des manifestations liées au Premier Empire (1804-1814/1815), époque de splendeur et de perfection des commandes de cour ? Organisée par le château de Fontainebleau et le musée des Beux-Arts de Montréal avec le concours du domaine de Malmaison et du Mobilier national, cette exposition originale nous plonge au cœur de l’exercice du pouvoir impérial. Pour asseoir sa légitimité, Napoléon Ier, fin connaisseur de l’histoire de France – « à partir de Clovis je prends tout », prétendait-il, non sans regarder jusqu’à l’Empire romain – instaura une maison civile au budget pléthorique comprenant six départements régis par un protocole écrasant. Confiée à de hauts dignitaires baptisés, non sans volonté d’archaïsme, Grand Maréchal du palais, Grand Écuyer, Grand Chambellan, Grand Veneur, Grand Fauconnier et Grand Maître de cérémonies, cette maison assurait le train et le fonctionnement des fastueuses résidences et cérémonies impériales, secondée par une myriade de collaborateurs et de services pour lesquels les artistes livraient les productions les plus raffinées. Quelque peu différente des présentations nord-américaines, cette exposition balayant la totalité du règne de Napoléon Ier, entre coulisses et premiers plans, gloire et chute, se trouve en outre présentée dans la salle de la Belle-Cheminée entièrement restaurée.

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Un œil d’expert sur la rareté au Salon du Livre rare

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Reconnu comme le premier rendez-vous mondial dans le domaine du patrimoine écrit, il est également le seul salon au monde qui réunit des experts en objets d’art de quarante spécialités extrêmement variées : de l’archéologie à l’art contemporain, les bijoux, la Haute-Époque, l’art tribal, l’horlogerie ou encore les armes anciennes… Couronné par une augmentation de fréquentation de 20% en 2018, avec vingt mille visiteurs, le salon arbore un nouveau logo et se prépare à accueillir cent soixante exposants, dont vingt-sept nouveaux venant notamment de l’étranger. On note cette année le retour en force des galeristes d’estampes et de dessins, avec un espace dédié, et une exposition-vente qui célèbre avec éclat la collection de l’imprimeur Alain Draeger réunissant cent originaux d’artistes tels que Van Dongen ou Matisse et des catalogues de grand luxe. Une autre exposition est dédiée à Boris Vian, à partir de la collection personnelle de deux exposants, Christelle Gonzalo et François Roulmann. Pour cette 31e édition, l’invitée d’honneur est la mythique bibliothèque Forney, installée depuis 1961 à l’hôtel de Sens, en plein cœur du Marais à Paris. Spécialisée dans les arts décoratifs, arts appliqués et graphiques, elle détient l’une des collections les plus riches de France et présente au sein du Salon une partie de son fonds dans l’exposition « Le Sens du motif ». Parmi les nouveautés 2019, deux ateliers d’animation invitent à découvrir les enluminures, les gravures de poinçons et la composition typographique. Sans oublier l’événement phare du Salon : la galerie « Vrai ou faux, les secrets de l’expertise », en présence de plus de quarante experts et élèves experts de la Chambre nationale des experts spécialisés, qui initient les visiteurs au décryptage des objets. À travers la confrontation de pièces authentiques et de copies, les experts montrent comment distinguer un vrai diamant d’une pierre de synthèse, un objet en ivoire d’un objet en os, ou un meuble de Le Corbusier d’une réédition.

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La politique poétique de Laurent Tixador à la galerie In Situ

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« Dans la symbolique d’enlever les déchets polluants, précise-t-il, j’ai notamment prélevé du noir de carbone, à la petite cuillère, sur le glacier d’Aletsch (Suisse), et j’en ai conçu une série de peintures qui sont les premières de ma carrière. » Une vidéo utilise des détritus trouvés sur la plage d’Ouessant et des constructions sont faites de grenades ou munitions provenant des manifestations actuelles. Ce geste éminemment politique est transmis avec l’infinie poésie dont Laurent Tixador fait preuve depuis le début des années 2000. Adulé par les jeunes plasticiens, notamment pour ses œuvres intangibles ou aux accrochages difficiles (ici de 1000 € à 20 000 €), il propose en prime à la galeriste Fabienne Leclerc un concert permanent créé par le passage d’un train électrique. Ce dernier fera tourner des vinyles grâce à un instrument fait maison que l’artiste qualifie d’objet « entre le moulin à eau et la platine pour disques… ».

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Le monde des Lalanne en 5 oeuvres

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Revival

Des poissons et des hippopotames comme échappés des parois d’un mastaba égyptien, d’inénarrables singeries comme sorties d’une boiserie rococo, une chouette ou un ours dans la tradition animalière d’un Pompon, des rinceaux à l’infini et un exubérant monde végétal digne de l’Art nouveau, un escargot-doigt ou une pomme-bouche des plus surréalistes… Subtil, raffiné, cultivé, l’art des Lalanne navigue sans complexe à travers les siècles, les formes, les cultures et les arts, tout en récusant la référence directe. Liberté est le maître mot. Gardien au musée du Louvre dans sa jeunesse, François-Xavier ne cédait-il pas à la tentation les jours de fermeture de chevaucher un taureau Apis du temps des Pharaons ?

Love Seat, par Claude Lalanne, 1972, bronze et alliage cuivreux, 81 x 125 x 70 cm, collection particulière ©Christie’s

Mythes

Prisonniers du cyclope Polyphème, Ulysse et ses compagnons d’Odyssée lui échappent en s’agrippant solidement au ventre de ses moutons allant à la pâture… En introduisant au Salon de la jeune peinture de 1966 leur troupeau de vingt-quatre moutons faisant également office de banquette, baptisé Pour Polyphème, les Lalanne détonnent et font grand bruit. C’est un cheval de Troie qui s’infiltre dans le monde de l’art abstrait. Ni l’art animalier ni la mythologie antique ne sont alors en vogue ! Pourtant, le couple pratique à l’envi ce genre de clin d’oeil. Tête de félin, queue d’oiseau et petits sabots de bête à corne, le grand chat polymorphe a tout de la chimère.Le sphinx en marbre rose semble parodier à la fois la statuaire antique et cubiste. Dans sa représentation du Minotaure, François-Xavier privilégie la part animale – le bas du corps n’est plus celui d’un homme mais celui d’un centaure.

Un bélier et deux brebis (de la série des nouveaux moutons), par François-Xavier Lalanne, édité à 250 exemplaires, 1994, époxystone et bronze, 96 x 102 x 35 cm et 91 x 101 x 36 cm, collection particulière ©Christie’s

Des mots et des œuvres

Mon secrétaire : un dos d’âne ; mon fauteuil : un crapaud;ma bergère : un simple mouton et mon chou sur pattes… un Choupatte… Pâte à choux ou Choupatte ?Entre comptine enfantine et calembour, les Lalanne prennent un malin plaisir à prendre le mot à la lettre !Quoi de plus adapté en fait qu’une tête de pleureuse pour servir de fontaine ou qu’une grosse mouche noire pour une cuvette de WC ? Tout est écrit, à bien y réfléchir…Les œuvres naissent d’une association d’idées ou d’un jeu de langage, elles surgissent avec la spontanéité d’une conversation.

Choupatte (très grand), par Claude Lalanne, 2008, cuivre et bronze, 113 x 114 cm, New York, Paul Kasmin Gallery. Courtesy Paul Kasmin Gallery

Collections

Mille neuf cent soixante-neuf : tels des déesses antiques, les mannequins défilent, le buste ou la taille pris dans le moulage doré de leur propre corps… Sensuelle et féerique, cette première contribution de Claude Lalanne aux collections Yves Saint Laurent ouvrira la voie à d’autres créations,bijoux et accessoires pour le grand couturier.Avec Pierre Bergé, celui-ci devient un fidèle collectionneur des Lalanne. Le galeriste Alexandre Iolas s’entoure lui aussi de lustres, couverts et dessus-de-table aux lignes baroques débridées.Capables d’un raffinement extrême qui confine au luxe, les Lalanne comptent à travers le monde,aux États-Unis en particulier, de fidèles collectionneurs qui leur commandent rampes d’escalier,meubles d’intérieur, grilles de jardin ou sculptures de plein air.

Bar YSL, par François-Xavier Lalanne, 1965, maillechort, laiton et cristal, 130 x 167 x 53,5 cm, collection particulière ©Christie’s

Animaux et compagnie

Mon premier est un babouin-cheminée,mon second un oiseau-lit à baldaquin,mon troisième un hippopotame-baignoire,mon quatrième un rhinocéros secrétaire…et mon tout l’étrange ménagerie domestique des Lalanne. Entre mobilier, sculpture et design, François-Xavier signe dès les années 1960 ses productions les plus inénarrables, faune issue du plus insolite des zoos. À contre courant des tendances contemporaines,cette inspiration animale se révèle un formidable pied de nez à toutes les formes de conformisme.

Rhinocéros II par François-Xavier Lalanne, 1966, bois gainé de laiton et corne de rhinocéros, 138 x 305 x 70 cm, Paris, Musée des art décoratifs ©Les Arts décoratifs, Paris/Jean Tholance

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Nomination de Denis Bruckmann au poste de directeur général de la BNF

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Né en 1955 à Strasbourg, Denis Bruckmann a poursuivi des études de littérature contemporaine et de sciences de l’information. Il a commencé par travailler pour la Documentation française, plus particulièrement pour le secrétariat général du gouvernement, avant de rejoindre le département des estampes de la Bibliothèque nationale en 1982. Il a aussi été chef de projet du vidéodisque réalisé avec le groupe Maxwell pour le bicentenaire de la Révolution. Puis il a rejoint l’équipe de la préfiguration de la nouvelle Bibliothèque nationale et a dirigé la bibliothèque de l’Institut franco japonais de Tokyo, où il a piloté certaines activités culturelles et mené des missions de conseil sur les centres de ressources français en Asie. Passionné du patrimoine, Denis Bruckmann a collaboré à de nombreux ouvrages tel que « Numérisation du patrimoine : quelles médiations ? quels accès ? quelles cultures ? ». Il est finalement revenu à la BNF, où il a travaillé pour plusieurs départements, l’audiovisuel, la littérature et l’art, avant de s’orienter vers la coordination de l’ensemble des départements de collections. En 2008, il est devenu directeur des collections et directeur général adjoint de la BNF. Ce conservateur général des Bibliothèques va dorénavant diriger la Bibliothèque Nationale de France.

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Vente aux enchères : Dans la lumière des peintres danois

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La collection, constituée par un Français, annonce près de trois cents tableaux créés au XIXe siècle, des œuvres qui furent exposées à la Piscine de Roubaix (2013-2014) puis au MuMa du Havre. L’École de Copenhague développa son propre style avec d’abord des artistes qui firent le fameux Voyage en Italie. Puis l’art danois se concentra sur ses propres paysages et cette lumière subtile qui baigne les côtes du pays. La plupart des peintres exposés ici sont représentés dans les grands musées du Danemark, mais souvent méconnus hors de leurs frontières.

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Podcast : Objectif Lune au Grand Palais

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Anne-Frédérique Fer, rédactrice en chef de www.FranceFineArt.com, a rencontré Philippe Malgouyres, conservateur en chef au Département des objets d’art du musée du Louvre et co-commissaire de l’exposition « La Lune. Du voyage réel aux voyages imaginaires », à voir au Grand Palais jusqu’au 22 juillet 2019.
Depuis la nuit des temps, la Lune a suscité et inspiré de nombreuses visions et sentiments aux artistes. Une attirance de l’inconnu au cœur de laquelle, entre fascination et satire, ce curieux satellite reste toujours un fantasme pour l’homme qui la regarde. En résonance avec l’anniversaire du premier pas de l’homme sur la Lune, l’exposition regarde cette dernière à travers des créations artistiques de l’antiquité à nos jours. Pour Alexia Fabre et Philippe Malgouyres, les commissaires, « la Lune est le lieu de tous les possibles, de toutes les rêveries : elle est une page blanche sur laquelle les Terriens peuvent écrire toutes les histoires », à la fois paréidolie et instrument de projection.

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Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois, la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005). FranceFineArt est constituée de différentes rubriques qui à l’aide de photographies, d’interviews sonores,
de textes et de liens interactifs
rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

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Décès de la sculptrice Claude Lalanne

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C’est son galeriste parisien, Jean-Gabriel Mitterand, qui nous a appris la nouvelle. C’est hier soir qu’est morte Claude Lalanne, la célèbre créatrice de sculptures, fauteuils, bars, bustiers, ceintures et colliers, née en 1925 à Ury. Son parcours la conduit des Arts déco à la galerie Alexandre Iolas, des collections des Noailles et Rothschild au jardin des Halles (malheureusement détruit lors du récent réaménagement). Ses créations sont toujours empreintes d’humour et de fantaisie. Fini « son regard gris-vert, ironique et paisible », dont parlait son ami et commanditaire Yves Saint Laurent dans Vogue en 1994. Pour moi, elle a créé des bijoux et des sculptures que j’enroulais autour de mes mannequins. Dans mes maisons, il y a toujours des œuvres de Claude. À Paris, un salon de miroirs, écho de Nymphenburg. À Deauville, des sièges de larges feuilles bleu pâle, une conversation pour un salon de thé en plein air, des candélabres pleins de force où s’enroulent des volutes de branches. À Marrakech, des couverts venus tout droit d’un herbier ». Cette collaboration avec Yves Saint Laurent a commencé en 1969 pour sa collection automne-hiver, quelque temps après son mariage avec François-Xavier. Tout le monde connaît les célèbres Moutons-sièges de François-Xavier ou le Géant Choupatte de Claude. Ils ont ensuite produit des œuvres à quatre mains avec le versant intime et baroque de Claude et celui plus drôle et monumental de François-Xavier. De nombreuses expositions ont marqué leur carrière, du château de Chenonceau en 1991 à la rétrospective du musée des Arts décoratifs à Paris en 2010, mise en scène par leur autre grand collectionneur Peter Marino. À 93 ans, elle rejoint donc son époux parti en 2008 et regagne ce pays des hommes à la tête de chou, des hippopotame-baignoire et des pommes-bouche. Un pays que n’aurait pas renié le surréaliste André Breton ou le peintre René Magritte.

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Paco Metallo chez Le Secq

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Horrifiée par les audaces de Paco Rabanne, Coco Chanel s’était écriée : « Ce n’est pas un couturier, c’est un métallurgiste ! ». Il était naturel que ce musée dédié à la ferronnerie s’ouvrît au créateur qui s’était imposé en employant les matériaux les plus improbables. Ses « robes importables » en métal avaient fait scandale en 1966. Elles sont ici chez elles. Modèles originaux, archives, vidéos et documents font scintiller les affriolantes armures.

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Le musée des émotions de Kader Attia à Londres

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Dans une salle plongée dans l’obscurité de la Hayward Gallery, symbole de l’architecture brutaliste des années 60, un doux éclairage met en lumière des étagères métalliques, sur lesquelles sont installés des bustes d’hommes défigurés, sculptés tantôt dans un bois exotique, tantôt dans du marbre de Carrare, qui font ressurgir les souvenirs de la Première Guerre mondiale. Leurs cicatrices, tout comme celles qui déforment les visages des « gueules cassées » projetées sur un mur, avant et après opérations de chirurgie esthétique, tranchent avec celles des hommes et femmes d’Afrique, qui ne cachent pas mais, au contraire, arborent avec fierté leurs multiples scarifications, dans une version renouvelée de l’installation The Repair of Occident by Extra-Occidental Cultures, montrée à la Documenta de Cassel en 2012. Kader Attia, lauréat du Prix Marcel Duchamp en 2016, déploie une pratique qui explore les interstices, chocs et contradictions qui émaillent nos civilisations. Elle richement illustrée par l’exposition que lui consacre aujourd’hui la Hayward Gallery de Londres. Le visiteur se trouve d’abord confronté aux appartements et bâtiments d’une banlieue aux allures de cages, formant ensemble un gigantesque tissu de cellules pénitentiaires dont la vision, filmée par un drone qui remonte le long, puis au-dessus, d’un immeuble, donne le vertige. Dans un autre coin de la pièce, face à l’écran, une brique, forme élémentaire de ces constructions modernes, est suspendue en surplomb d’un miroir par un fil en nylon, prêt à lâcher. Tensions, craquelures, cicatrices et accidents traversent l’exposition d’un bout à l’autre. Par endroits, d’ailleurs, les murs de la galerie sont littéralement transpercés. Dans des vitrines, des oiseaux et félins taxidermisés rappellent le besoin occidental de classification et de contrôle de la nature, là où des masques africains indiquent une forme d’osmose entre l’homme et l’animal. À proximité, des statues, couvertes de fragments de miroirs, renvoient le visiteur à sa propre image, mais aussi à l’histoire de l’art, aux origines africaines – longtemps inavouées – du cubisme d’un Picasso. Dans une vidéo, deux chercheurs évoquent notre trouble perception collective de l’homme noir contemporain, les fantasmes attachés à son corps, mais aussi l’humiliation des peuples d’Afrique du Nord, au moment de leur occupation. Une série de photographies témoigne de scènes de fête et de la vie quotidienne de transsexuels algériens, venus se réfugier en France après avoir modifié, « réparé » leur corps, et dont la plupart en font le commerce pour vivre. Parfois, un membre – bras, jambe ou main – manquant continue d’exister, de faire souffrir la victime d’une amputation. Ce phénomène du « membre fantôme », ainsi que certains remèdes apportés par la médecine à cette douleur, sont au centre d’un film qui analyse des cas individuels mais évoque aussi, en creux, les traumatismes identitaires collectifs des périodes coloniales et post-coloniales. Des prothèses de jambes sont installées sur des chaises, au milieu desquelles le spectateur s’assied à son tour, pour découvrir une série d’enquêtes à propos de la disparition d’être chers ou de l’exorcisme de revenants, explorations de la psyché humaine dans la Corée et le Vietnam contemporains. À travers ses films, photographies, sculptures, collages et installations, avec une intelligence et une poésie qui sont sa marque de fabrique, Attia assemble, recombine, fusionne des bribes du passé et du présent, d’ombre et de lumière, d’amour et de fureur, de fierté et de honte, de perte et de retrouvailles. Se situant quelque part entre les civilisations et leurs peuples, il dépeint un monde continuellement meurtri et raccommodé, dont l’artiste fait apparaître les points de suture, et où les cicatrices forment autant d’éclatantes signatures.

« Kader Attia : The Museum of Emotion »
Jusqu’au 6 mai
Hayward Gallery, Southbank Centre, Londres

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Nouveau talent : L’œuvre intime d ‘Edi Dubien

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Edi Dubien approfondit, depuis des années, des sujets qui pourraient être assimilés à ceux sur le genre ou la protection animale et environnementale, tandis qu’il répond à un sentiment d’urgence personnelle. Totalement autodidacte, il s’est emparé à 19 ans du médium photographique, avant d’élargir son registre dans une thématique en perpétuel développement. Dès les premières minutes de l’entretien, Edi Dubien révèle ainsi qu’il est un homme transgenre et qu’il s’est intuitivement investi dans les représentations, quasi-obsessionnelles, de corps et de têtes masculines. « Mon travail est très autobiographique et porte sur l’identité liée, au départ, à une question de projection et de transition, même si j’ai vite intégré ma passion pour la nature ou les animaux. Bien après mes débuts, je suis toujours sensible à une jeunesse en souffrance et j’aime témoigner de ceux que j’estime être des combattants. » Que l’on soit homme ou animal, on peut déceler dans cette lutte pour survivre l’encouragement des auteurs qu’il aime, à l’exemple de Duras, Pasolini, Beckett ou Genet, aux côtés des grands classiques Rimbaud, Verlaine ou Apollinaire. En arts plastiques, il évoque les œuvres affiliées à l’Arte Povera et au Land Art de Giuseppe Penone, et lui-même vient de s’établir dans un nouvel atelier situé loin d’un urbanisme oppressant. Avec ses couleurs douces, parfois délavées, et ses sculptures de plâtre dont il apprécie la sensualité et le toucher, Edi Dubien ose se confronter aux urgences du monde. « La mémoire est l’une des récurrences de ma pratique et, de plus en plus, j’y intègre la transition écologique, qui ne doit pas se transformer, un jour, en simple souvenir… Il y a toujours nécessité de protéger, que ce soit l’enfance ou la planète, ce qui revient à se sauver soi-même… »

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Marc et Macke, chronique d’une amitié artistique

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1907

Franz Marc (né en 1880) a préféré la peinture à une première vocation de pasteur ; ayant suivi des cours à l’Académie des beaux-arts de Munich, l’une des capitales européennes du symbolisme, il a fait un premier voyage à Paris en 1903, lors duquel il s’est familiarisé avec l’impressionnisme. Son second séjour parisien, en mai 1907, lui fait découvrir Van Gogh et Gauguin. August Macke (né en 1887) s’est formé à Düsseldorf, à l’Académie royale des beaux-arts et à l’École des arts appliqués, imprégnée par l’Art nouveau et le japonisme, à partir de 1904. Décorateur et costumier pour l’opéra de Düsseldorf, il décide de vivre de son art en 1906. L’année suivante est celle de son premier voyage à Paris ; il y découvre l’impressionnisme et est fortement marqué par l’oeuvre de Cézanne.

1908-1909

Les deux artistes, qui ne se connaissent pas encore, peignent dans la mouvance impressionniste et cézannienne ; la nature tient une grande place dans leurs sujets.

1910

Le 6 janvier, Macke, accompagné de son cousin Helmuth et de Bernhard Koehler Jr, fils du galeriste, découvre des lithographies de Marc exposées à la galerie Brakl, à Munich. Séduit par leur « étrangeté » et le sentiment du « primitif » qu’elles exhalent, Macke rend visite à Marc dès le lendemain dans son atelier. Une profonde amitié et une complicité artistique débutent alors. Deux semaines plus tard, Marc et sa compagne Maria Franck se rendent à Tegernsee chez August Macke et son épouse Élisabeth, et visitent l’atelier du jeune artiste. En septembre a lieu la deuxième exposition de la NKVM à la galerie Thannhauser, à Munich. Marc en rédige un article élogieux dans la revue Der Sturm et entre en relation avec les membres de l’association. Au même moment, Macke fait la connaissance de Kandinsky. En novembre, Marc et Macke se portraiturent l’un l’autre (seul subsiste le tableau peint par Macke, conservé à la National galerie de Berlin). Macke et sa famille s’installent à Bonn.

1911

En janvier, Marc rencontre Kandinsky et Münter. Il devient vice-président de la NKVM le mois suivant. Durant l’été, Marc séjourne une semaine chez Macke à Bonn, et voit régulièrement Kandinsky. Ils ont le projet de réaliser un Almanach. En septembre apparaît la première mention manuscrite du nom du groupe, Le Cavalier bleu. En décembre, le refus de la NKVM d’exposer Composition V de Kandinsky provoque la démission de ce dernier et celle de Marc. Tous deux organisent alors la première exposition du Cavalier bleu à la galerie Thannhauser, qui rassemble cinquante-quatre œuvres dont six de Marc et trois de Macke.

1912

De Bonn, Macke rédige un essai intitulé Les Masques pour l’Almanach. Tenu régulièrement informé par ses compagnons, il se sent pourtant en retrait de l’effervescence munichoise. Découvrant à Cologne, en décalé, la première exposition du Cavalier bleu, il s’estime sous-représenté et critique le choix des œuvres. Ces dissensions entraînent des tensions avec Marc. En février-mars se tient la deuxième et dernière exposition du Cavalier bleu, à la galerie Hans Goltz de Munich. Y participent les membres de Die Brücke et des artistes des avant-gardes française et russe. En avril, la première exposition personnelle de Macke est organisée à la galerie Thannhauser et, le mois suivant, paraît le premier et unique numéro de l’Almanach. À l’automne, Marc et Macke font ensemble un voyage à Paris où ils visitent notamment l’atelier de Robert Delaunay. Tous deux sont fortement marqués par sa série de Fenêtres. De retour en Allemagne, ils exécutent à deux mains une peinture murale, Paradies, et préparent une exposition des artistes futuristes à Cologne, qu’ils découvrent à cette occasion.

1913

Marc et Macke sont présents au premier Salon d’automne allemand à Berlin, avec respectivement sept et huit œuvres. En septembre, Macke prend ses distances avec la scène artistique et s’installe à Hilterfingen, près du lac de Thoune, en Suisse. C’est pour lui une période de création intense.

1914

En avril, Macke, Paul Klee et l’artiste suisse Louis Moilliet entreprennent un voyage en Tunisie. Subjugué par la lumière qu’il y découvre, Macke, de retour à Hilterfingen, peint de nombreuses aquarelles inspirées de son voyage. Le 28 juin, l’attentat de Sarajevo déclenche la Première Guerre mondiale. Début août, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie puis à la France. Macke, affecté au 9e régiment d’infanterie rhénan, rejoint le front en France. Marc, enrôlé dans le 1er régiment d’infanterie, est envoyé sur le front de l’Ouest, près de Nancy. Le 26 septembre, Macke est tué près de Perthes-lès-Hurlus, en Champagne. Marc apprend sa mort près d’un mois plus tard. Profondément affecté, il rédige sa nécrologie.

1915

Sur le front, Marc compose ses Cent aphorismes et exécute de très nombreux croquis. Ceux-ci seront publiés en 1920 sous le titre Carnets du front.

1916

Le 4 mars, Marc est tué près de Verdun. En septembre a lieu une exposition posthume de Marc à la Sécession de Munich puis à la galerie Der Sturm.

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Inauguration du nouveau musée du Bauhaus

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Le nouveau musée du Bauhaus prend la forme d’un cube minimaliste, doté d’un éclairage nocturne impressionnant. Basé sur la question de Walter Gropius « Comment voulons-nous vivre ensemble? », le musée permet de relier l’histoire du Bauhaus (à l’origine une école d’art allemande fondée en 1919) à des questions sur le mode de vie d’aujourd’hui. Conçu par l’architecte allemande Heike Hanada, qui a notamment réalisé l’extension de la bibliothèque de Stockholm, l’édifice possède une superficie de 2000 mètres carrés, répartie sur cinq niveaux. Le projet, d’un budget de 22,6 millions d’euros, a été financé par l’État fédéral et par le land de Thüringen. Le musée expose plus de 1000 objets de la collection de Walter Gropius, qui n’en comptait que 168 en 1923. Elle en contient aujourd’hui plus de 13 000. Après 4 ans de travaux, « le moment est enfin venu: l’achèvement d’un bâtiment doté d’une présence urbaine saisissante. Le musée est réduit à une forme géométrique clairement définie. La coque enveloppante en béton gris clair confère au cube stabilité et solidité dynamique », souligne l’architecte Heike Hanada.

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Jimmie Durham obtient le Lion d’or de la Biennale de Venise

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Sculpteur, essayiste et poète américain, Jimmie Durham est né en 1940 en Arkansas, dans une famille Cherokee de sculpteurs et d’activistes politique. Diplômé de l’École des Beaux-Arts de Genève, il s’est battu pour la reconnaissance des natifs américains, en devenant notamment le représentant de l’International Indian Treaty Council aux États-Unis afin d’aider à la préparation de la déclaration des droits des peuples indigènes. C’est donc aux États-Unis qu’il a poursuivit son travail de militant, tout en pratiquant, dès 1960, le théâtre, la performance et la littérature. En 1974, il est arrivé à la tête de la Foundation for the Community Artists avant de devenir rédacteur en chef d’ « Art & Artists Newspaper » de 1982 à 1986. Tout au long de sa carrière son travail a été exposé dans les plus grandes institutions internationales, notamment à la Haus Wittgenstein de Vienne, à la Biennale de Venise et au Musée d’art Moderne de la Ville de Paris, qui lui a consacré une rétrospective en 2009. Utilisant des médiums très variés (installation, sculpture, dessin, photographie, vidéo), l’artiste vise à déconstruire notre rapport à l’art, normé par des discours hiérarchisants. « Les gestes, les objets, les matériaux et les mots qu’il utilise pour alimenter ses expositions sont envisagés sur le même plan et tout l’enjeu de sa démarche est de leur prêter une voix, de les faire converser ensemble et de les ouvrir à une multitude de discours, de les décoloniser en quelque sorte ». On peut notamment penser à Saint-Frigo (1996), une performance où l’artiste lance, tout une semaine durant, une pierre contre un frigo. Ralph Rugoff a orienté son choix vers Jimmie Durham car il possède « un art à la fois critique, humoristique et profondément humain », et que son travail « commente avec drôlerie et pertinence la vision et les travers eurocentrés, évoquant les limites du rationalisme occidental et la bêtise de la violence, (…) faisant souvent référence à l’oppression et à l’incompréhension des populations sous l’emprise coloniale ».

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Rétrospective Don Mc Cullin à la Tate Britain

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Né en 1935, Don McCullin est un photographe anglais que ses nombreux reportages de guerre ont rendu célèbre. Certains de ses clichés sont universellement connus. Longtemps lié au « Sunday Times Magazine », il a couvert la plupart des grands conflits de la planète, la guerre des Six Jours, le Viêt Nam, le Cambodge, Beyrouth… jusqu’à la Syrie, plus récemment. Non moins saisissantes sont ses images de la pauvreté, y compris dans certaines villes d’Angleterre.

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Idée lecture : Quand la bande dessinée raconte Guernica

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Janvier 1937, à Juan-les-Pins, Picasso est désemparé. Le gouvernement républicain espagnol lui a passé une commande pour représenter la culture hispanique lors de la future Exposition universelle qui se déroulera à Paris la même année. En parallèle, on se retrouve à Guernica, petite ville d’environ 5 000 personnes, considérée alors comme la capitale spirituelle pour les basques espagnols. Le lundi, c’est jour de marché. Les habitants y affluent des alentours pour y vendre leurs produits… Cette bande dessinée rapproche le récit d’un début de journée ordinaire à Guernica, en ce 26 avril 1937, et le cheminement artistique de Pablo Picasso, qui fera de l’événement dramatique à venir une œuvre et un cri de rage universel contre le fascisme. Le format à l’italienne permet d’apprécier la justesse des dessins de l’auteur bordelais. À la fin de l’ouvrage, il nous fait part de sa rencontre avec Luis Iriondo, le dernier des survivants du bombardement. « La légende veut qu’à un haut dignitaire Allemand nazi qui devant le tableau, demandait à Picasso si c’était lui qui avait fait ça. Picasso, avec son ironie bien connue lui répondit : « Non, c’est vous ! » ».

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Vente aux enchères : L’Italie moderne à Paris

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Cet ensemble réunit les grands mouvements artistiques italiens modernes, tels les Macchiaioli, représentés par les Lanciers à l’affût de Giovanni Fattori (de 60 000 € à 80 000 €) ou la Pittura Metafisica, le réalisme, l’impressionnisme et le divisionnisme. Ce vaste panorama éclaire le goût de l’amateur pour le paysage dans sa grande pureté, avec le Lac blanc et lac noir, col de la Bernina d’Emilio Longoni (de 60 000 € à 80 000 €). Le collectionneur aimait également les portraits poétiques de jeunes filles, comme Lucie de Federico Zandomeneghi (de 150 000 € à 200 000 €). Mais c’est Giorgio De Chirico qui signe le lot phare, Interno metafisico con officina (de 400 000 € à 600 000 €). Le lendemain, Sotheby’s présente la collection Levy-Alban, galeriste rue de Beaune puis quai Voltaire, inconditionnel du décor Grand Siècle et des objets de belles provenances.

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Lampes papillon au musée des Arts décoratifs de Bordeaux

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Les Japonais appellent chōchin ces lanternes constituées d’une structure en bambou recouverte de papier, dont le succès a depuis longtemps dépassé les frontières de l’archipel grâce à Isamu Noguchi. Le musée des Arts décoratifs de Bordeaux nous conte la fabrication de ces objets, l’évolution de leur usage, leur place dans la mythologie et les rituels japonais, et leur adoption par les designers depuis les années 1950.

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Le Syndicat national des Antiquaires et la Biennale Paris veulent se moderniser et s’internationaliser

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Deux axes majeurs devraient structurer les actions futures du Syndicat national des Antiquaires (SNA) et de la Biennale Paris (du 13 au 17 septembre 2019). D’abord, une internationalisation accrue. Pour la Biennale Paris, l’invité d’honneur est, cette année, le Bahrein. Après un musée (L’Hermitage de Saint-Pétersbourg), une famille de collectionneurs (les Barbier-Mueller), un collectionneur monomaniaque (Pierre-Jean Chalençon et ses objets en lien avec Napoléon), voici le tour d’un pays, le Bahrein qui, sur un espace de 400 m², mettra en avant ses collections anciennes et contemporaines. Le président du Comité d’honneur sera cette année le prince Pierre d’Arenberg, qui rejoint la cohorte de personnalités internationales prenant soin de la Biennale Paris, de Kip Forbes, le co-président, aux deux Américaines, Judy Price et Becca Cason Thrash, qui ont rejoint la Commission Biennale. Le décor de cette nouvelle édition annuelle va changer. Finis les grands monuments sous la verrière du Grand Palais. Place aux propositions du Hollandais Stabilo, « qui doit réaliser un cadre ne contraignant pas les exposants mais s’adaptant à leur demande » (c’est le président du SNA qui le demande). Il devrait y avoir davantage de stands puisque la commercialisation est en avance par rapport à l’an dernier. Enfin, le dîner de la Biennale Paris, introduit par la musique de la Garde républicaine, aura un partenariat renforcé avec la mission Aliph, basée à Genève, qui se bat pour la protection et la restauration des monuments dans les zones de conflit.
En ce qui concerne la modernisation de la Biennale Paris et du SNA, cap sur l’ouverture à notre monde actuel. À la Biennale Paris, des galeries contemporaines vont faire leurs premiers pas (« Nous sommes prêts à en accepter jusqu’à 15% du nombre de nos exposants », souligne Mathias Ary Jean), à l’instar de la galerie Claude Bernard qui devrait faire un one-man-show avec Sam Szafran sur 100 m². Pour le SNA, le grand changement pourrait être un déménagement de ses locaux hors d’âge du boulevard Malesherbes « pour un espace plus en adéquation avec notre époque, plus adapté à nos besoins et dans un quartier de marchands comme le Carré Rive Gauche », affirme le président qui veut mettre le SNA dans le XXIe siècle. « Nous pourrions même changer le nom du Syndicat national des Antiquaires car nous n’avons pas que des antiquaires dans nos rangs, un tiers des membres ne sont pas français comme Ana Chiclana de Madrid ou Jean-David Cahn de Bâle, et le terme de syndicat est trop cloisonné », poursuit-il. Tout ceci est bien sûr encore en discussion et sera au cœur des prochaines réunions du SNA. « En attendant, conclut Mathias Ary Jan, nous voulons être dans l’action et dans la responsabilité ». Un vrai mot de fin de président !

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