Actualité artistique

L’œuvre au couteau de Mehmet Güleryüz à Paris

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Une rencontre fortuite entre le jeune galeriste Cyril Guernieri, tout récemment installé dans sa galerie, et Mehmet Güleryüz, a été le point de départ de l’exposition de cet artiste natif d’Istanbul, qui entretient des liens forts avec la France où il séjourne régulièrement. Très largement reconnu en Turquie depuis la fin des années 1980, Mehmet Güleryüz a eu une vraie consécration en 2015 avec le succès de la rétrospective de son œuvre au musée d’Art contemporain d’Istanbul, qui a attiré plus de trois cent mille visiteurs. L’artiste à l’œil d’aigle, adepte de la peinture au couteau (cote située entre 20 000 € et 100 000 €), dévoile un univers de sensibilité expressionniste où il introduit la figure humaine dans des scènes d’intérieur, du quotidien, de séduction ou de remise en question de  la société.

 

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Décès de Robert Morris, fondateur du Minimalisme

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Né à Kansas City (Missouri) en 1931, Robert Morris a reçu une solide formation en arts plastiques (Kansas City Art Institute et California School of Fine Arts de San Francisco) et en sciences humaines (Reed College de Portland puis Hunter College de New York, où il a rédigé une thèse sur Constantin Brancusi). Robert Morris s’est engagé au début de sa carrière en Californie dans la voie de la peinture et de l’expressionnisme abstrait, avant de se tourner vers la sculpture à son arrivée à New York en 1959. Là, il a fait la rencontre des artistes des nouvelles avant-gardes, tels que John Cage, Jasper Johns, George Brecht ou encore Frank Stella. Si ses premières réalisations ont pris la forme de petits objets « neo-dada », son travail s’est rapidement radicalisé pour se concentrer sur les potentialités de la sculpture minimaliste, dont les œuvres, ces « formes vides », sont essentiellement conçues comme des révélateurs de l’espace environnant. Il a réalisé ses premières pièces minimalistes en travaillent au sein de la troupe de danse du Judson Dance Theater pour laquelle il a conçu plusieurs décors et accessoires (parallélépipèdes et plans inclinés en contre-plaqué), ainsi que certaines chorégraphies. Cette réflexion menée dans le cadre du théâtre l’a définitivement conforté dans l’idée que l’art naît de la relation qui s’établit entre le spectateur, l’objet et l’espace, une conviction qui a guidé l’ensemble de sa carrière. Sa première exposition personnelle à la Green Gallery en 1963 a marqué une étape fondamentale dans l’avènement du minimalisme, un mouvement entériné en 1966 par l’exposition « Primary Structures » du Jewish Museum à laquelle participent également Donald Judd, Dan Flavin, Sol Lewitt ou encore Carl Andre. Deux ans plus tard, le Stedelijk van Abbemuseum d’Eindhoven a organisé sa première exposition dans un musée.
Dans les années 1960 et 1970, Robert Morris, enseignant en parallèle l’histoire de l’art, a intensifié ses recherches en multipliant les expériences plastiques : jeux sur les transparences des matières, effets de miroirs et illusion d’optique, installations labyrinthiques et interventions dans la nature. Il a également remis en question le caractère nécessairement solide et durable de la sculpture en réalisant sa série « Felt Pieces » (1969-1970) dont les œuvres molles en feutre, lacérées puis suspendues, illustrent ses réflexions sur l’Antiforme. À la fin des années 1970, inspiré par la peur de l’apocalypse nucléaire, Robert Morris a surpris la critique en revenant à la figuration avec des installations aux accents fortement dramatiques et baroques, avant de revenir au travail de ses débuts. Ses explorations artistiques, qu’elles concernent la sculpture, le Land Art ou la danse, se sont accompagnées tout au long de sa carrière d’une riche production de textes critiques et théoriques dont l’influence sur le développement de l’art contemporain a été tout aussi déterminante que ses réalisations plastiques (voir notamment Notes on Sculpture, une série d’essais parus dans Artforum Magazine à partir de 1966, Anti Form, 1968 ou Aligned with Nazca, 1975).

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Lux Fiat : La Fête des Lumières 2018 à Lyon !

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La fée Électricité se paie du bon temps dans les rues de Lyon. Pour la Fête des Lumières, avatar moderne des célébrations de l’Immaculée Conception, la capitale des Gaules se métamorphose quatre nuits durant au rythme de dizaines de vidéomappings, installations immersives et chorégraphies lumineuses. Débauche de couleurs et poésie nocturne garanties !

 

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L’Inrap lance un nouveau format d’exposition : les « Archéocapsules »

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Les « Archéocapsules », voilà l’intitulé de l’innovante forme d’exposition, ou plutôt d’installation, que l’Inrap a tout juste lancé, complétant son programme préexistant d’expositions et de colloques à Paris, où se situe son siège, mais également en régions. La genèse de ce projet tient dans la volonté de mettre en lien une question contemporaine avec les découvertes et recherches archéologiques, le tout par une approche diachronique, pluridisciplinaire et internationale. Plusieurs thématiques, aux échos fortement actuels, seront tour à tour abordées, de l’archéologie de l’aménagement du territoire à celle de la santé, en passant par celle des migrations ou encore de l’esclavage. Le souhait de l’institution de s’ouvrir, un peu plus, à l’audience la plus large possible a motivé le choix du format de l’événement, une installation légère, une approche thématique, une diffusion itinérante au service d’un message anthropologique, voire humaniste. Le mot d’ordre, « le présent vient de loin », a l’ambition de démontrer la profondeur historique certaine de questions et enjeux de notre époque, grâce à leur remise en contexte sur le temps long. Ainsi s’associent le discours de l’archéologue, fondé sur le matériel et le scientifique, et celui de l’historien, fait d’idées et de mots. La science du vestige vient résonner avec le débat conceptuel et philosophique. Bien entendu, ce n’est pas l’exhaustivité que vise ici l’Inrap, mais la conception d’une exposition qui puisse être le support d’un débat apaisé sur des questions acutelles, parfois délicates et brûlantes. Dans le cadre du festival Migrant’scène, piloté par la Cimade, la première « Archéocapsule », présentée actuellement à la Maison de Métallos à Paris et intitulée « L’humanité, une longue histoire de migrations », est consacrée à l’archéologie des migrations, depuis que les humains ont quitté l’Afrique pour coloniser le reste de la planète il y a deux millions d’années. L’exposition aborde avec recul ce sujet de société, incitant le visiteur à développer une réflexion dépassionnée, à porter un esprit critique sur ce grand phénomène contemporain. Un dépliant, contenant des photographies de vestiges, les textes anthropologiques de l’exposition et des illustrations du Canadien Sébastien Thiébault, synthétisant les enjeux de cette thématique complexe, est distribué aux spectateurs et explicite cette volonté de partir de vestiges archéologiques pour aller vers l’universel, ces questionnements partagés par les Hommes. Chaque thématique sera illustrée par un artiste différent, mais toujours dans ce format d’installation légère et mobile, au parti pris graphique remarquable. La prochaine « Archéocapsule », dédiée à l’archéologie de la santé, en partenariat avec la Nouvelle entreprise humaine en santé (Nehs), sera présentée dans des établissements publics et privés de santé. De nouvelles thématiques sont également en cours de réalisation pour les prochaines « Archéocapsules », telles qu’« Aménager le territoire », « esclavage », « alimentation », « le monde des morts », « élite et pouvoir », « habiter » ou encore « climats et paysages ». Une rencontre entre Dominique Garcia, archéologue, président de l’INRAP, et Claudia Moatti, historienne, se tiendra samedi 1er décembre à la Maison des Métallos sur le thème « Migrations : entre mythes et réalités ».

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Livre de Noël : Les musées oubliés

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Longtemps cachés pour des raisons de sécurité, inaccessibles ou bien méconnus, les trésors des grands sanctuaires français attendaient d’être mis en lumière. Ceux qui sont parvenus jusqu’à nous ont connu une vie chaotique. Entre développement médiéval, pillage à l’époque des guerres de Religion et de la Révolution, puis phase d’enrichissement au XIXe siècle, cette histoire est contée en première partie d’ouvrage avec deux chapitres consacrés à l’orfèvrerie et aux textiles. Une trentaine de trésors réaménagés et désormais ouverts au public, ou bien en passe de l’être,  sont ensuite présentés. Et l’on constate avec joie que, au-delà de pièces bien connues, ces trésors renferment toujours de très nombreux objets précieux ou rares de toutes époques, qui en font de véritables musées à découvrir, enfin, grâce à ce livre.

 

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Le plus grand musée privé du Qatar de passage à l’UNESCO

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La collection du Sheikh Faisal bin Qassim Al-Thani présentée l’Unesco à Paris ©Guy Boyer, 2018

Lors de l’inauguration de l’exposition « The Majlis. Cultures in dialogue », le Sheikh Faisal bin Qassim Al-Thani (né en 1948 à Doha) a bien voulu répondre à nos questions sur sa collection et cette exposition itinérante. Précisons qu’un majlis est un espace de vie commun qu’on trouve au cœur de tous les foyers du Golfe arabique. L’un d’entre eux a été reconstitué au centre de l’exposition et permet aux visiteurs de s’asseoir pour écouter des histoires et échanger leurs impressions.

Comment a été formée cette collection d’objets précieux, tapis persans, corans chinois, lampes de mosquée fabriquées à Vienne, objets d’Inde et du Moyen-Orient… ?

Dans mon enfance, j’ai été élevé simplement dans des zones rurales où il n’y avait pas de musées bien sûr. Avec mes parents, j’ai visité les pays européens, leurs musées, leurs sites archéologiques. Ceux-ci ont suscité en moi le désir, le besoin de créer une collection car il n’y en avait pas dans mon pays. J’ai donc assemblé plusieurs milliers d’objets. Pour être plus précis, je suis passionné, comme mon père l’était, par les tapisseries. Et il y en a plusieurs dans cette exposition.

La collection du Sheikh Faisal bin Qassim Al-Thani présentée l’Unesco à Paris ©Guy Boyer, 2018

Comment ce rassemblement a commencé ?

D’abord j’ai gardé des livres scolaires et des jouets d’enfants. Puis, en tant qu’homme d’affaires, j’ai pu collectionner plus sérieusement. J’ai par exemple plus de six cents véhicules et mon dernier achat, en matière de voitures, est une Peugeot de 1937 dont la forme est très novatrice. J’ai également un grand ensemble lié à la numismatique. J’ai deux exemplaires de chaque monnaie du monde entier.

Quels objets sont les plus importants à vos yeux ?

Ceux qui me rappellent mon enfance. Pour en rester aux voitures, j’ai la même que celle avec laquelle mon père nous ramenait de l’école.

La collection du Sheikh Faisal bin Qassim Al-Thani présentée l’Unesco à Paris ©Guy Boyer, 2018

Où sont-ils conservés ?

Dans un musée de 17 000 m², le plus grand musée privé du Qatar ouvert en 1998. J’ai la conviction que les musées sont plus que de simples lieux d’exposition d’objets. Ce sont des centres culturels avec cette visée éducative qui consiste à montrer la dimension humaine du développement historique à travers le prisme de l’art.

Cette sélection d’objets tourne actuellement dans le monde entier ?

Oui, elle a circulé à Istanbul, en Grande-Bretagne, à La Valette à Malte en septembre et octobre derniers. Elle ira ensuite aux États-Unis et en Chine l’année prochaine, après l’Institut du monde arabe de fin décembre au 31 mars 2019.

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26 objets du palais de Béhanzin vont être restitués au Bénin

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Suite au discours prononcé par le président Macron à Ouagadougou en novembre 2017 (« Je veux que d’ici cinq ans les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique »), une mission a été confiée à Bénédicte Savoy et Felwine Saar pour évaluer quels objets la France devait rendre aux différents pays d’Afrique subsaharienne (« Connaissance des Arts » n° 771, pp. 86-90). Le 23 novembre, le rapport commandé à cette historienne de l’art française et à cet économiste sénégalais a été remis officiellement (éd. Philippe Rey-Seuil, 17 €). Aussitôt, l’Elysée a annoncé la restitution de vingt-six objets pillés en 1892 dans le palais de Béhanzin par les troupes du général Alfred Dodds à Abomey. Ces œuvres d’art, conservées au musée du Quai Branly, étaient réclamées depuis 2016 par le Bénin. Ils devraient être les premiers objets rendus à leurs propriétaires. Le rapport, radical et pétri de repentance coloniale, parle de quatre-vingt-dix mille objets concernés (dont environ soixante-dix mille au seul musée du Quai Branly) mais il n’existe pour l’instant aucun inventaire exhaustif des collections d’art africain en France permettant de pister exactement ces objets pillés, volés ou saisis.

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Claudel, frère et sœur à Nogent-sur-Seine

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Inauguré en mars 2017, le musée Camille Claudel consacre sa première exposition temporaire aux liens étroits qui unissaient Camille à son frère Paul. Liens d’affection et de complicité intellectuelle, d’admiration réciproque, de stimulation artistique, que le rôle supposé de l’écrivain dans l’internement de sa sœur en 1913 a contribué à occulter aux yeux du public. Plus jeune de quatre ans, Paul sert de modèle à Camille, qui réalise trois portraits de lui, en buste, à différents moments de sa vie. Et notamment le Portrait en jeune Romain, qu’on voit ici dans sa version en plâtre patiné, merveilleux mélange de réalisme aigu et d’idéalisation poétique. Paul joue un rôle certain dans la formation intellectuelle de Camille, il l’amène dans les cercles littéraires symbolistes, et tous deux se passionnent pour l’art du Japon, alors très en vogue. L’écrivain a laissé deux grands textes sur le travail de sa sœur, Camille Claudel, statuaire, publié en 1905 et Ma sœur Camille, en 1951, à l’occasion de la première rétrospective de l’œuvre, au musée Rodin, dont il fut l’instigateur et le principal prêteur. Dans ces textes, il s’attache notamment à dégager l’originalité de la sculptrice par rapport à Rodin, qu’il n’aimait pas. Le dialogue entre textes et sculptures est donc un des axes principaux de l’exposition. La question si douloureuse de l’internement y est aussi abondamment documentée, à travers lettres, photographies et autres archives.

 

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Visitez Madrid avec Ouka Leele

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Organisé par grands domaines (hébergement, restauration, sorties nocturnes, boutiques, musées…), cet élégant opuscule donne régulièrement la parole à l’artiste performeuse de la Movida espagnole qui aime sa ville : « J’aime Madrid parce que c’est une ville très ouverte, comme New York. Je pense que quiconque vient vivre ici n’éprouve pas le sentiment d’être exclu à cause de ses origines sociales ou géographiques ». Ouka Leele y évoque le Paseo de la Castellana (qu’elle rêve de voir devenir piéton), le Prado et la Fondation Juan March, le Teatro Real et la boîte de nuit El Sol. Sans parler des galeries comme la Fresh Gallery et l’espace culturel La Corrala. Complétons ses recommandations avec la Mapfre (une fondation qui organise de très belles expositions), le monastère de las Descalzas Reales (les Carmélites déchaussées avec leurs tapisseries d’après Rubens) et le musée Sorolla (où le soleil, grâce aux œuvres du peintre Joaquin Sorolla, brille toute l’année).

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Le Prix Mathias 2018 décerné à Antoine Delannoy

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Le Prix Mathias est destiné à encourager et soutenir un jeune créateur de 18 à 29 ans, qu’il soit en formation, autodidacte ou bien jeune professionnel, dans le domaine des métiers d’art ou des arts appliqués. Pour la deuxième année, l’association Matières libres, créée par le designer Mathias et ayant pour but d’aider ces artistes dans l’affirmation de leur talent et de la créativité, l’a décerné à Antoine Delannoy pour son support de casque de réalité virtuelle intitulé Icare. Ce dernier a été conçu pour traduire formellement l’expérience proposée par le jeu vidéo Birdly. Le sentiment de chute étant omniprésent, la sculpture prévient l’utilisateur des sensations déclenchées par le jeu vidéo. La volonté d’Antoine Delannoy a été de montrer que les nouvelles technologies sont un élément majeur de notre environnement contemporain. Lauréat, il a remporté la somme de 5 000 euros et bénéficiera d’un accompagnement concret de la part de Matières libres, par le conseil et l’ouverture à des réseaux professionnels pour une durée d’un an. Les second et troisième prix ont été respectivement décernés à Jessica Chabert et à l’Atelier Perreand. Enfin, une mention spéciale du jury a été accordée à Inès Huertas, Amélie Demay Fondo et Franck Grossel.

 

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Alberto Burri, un art écorché vif à Paris

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Connu sous le nom d’« artiste des plaies », Alberto Burri (1915-1995) a ouvert une nouvelle voie à l’abstraction en intégrant à son travail des matériaux bruts tels le goudron, le Vinavil, le sable et la toile de jute, souvent consumés par le feu ou corrodés. Cette rétrospective chez Tornabuoni – la première en France depuis celle du Mnam en 1972 – retrace son parcours si singulier et radical avec des œuvres de huit de ses séries les plus emblématiques (de 100 000 € à 8 M€) : Catrami, Muffe, Sacchi, Legni, Ferri, Plastiche, Cretti et Cellotex.


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Nouveau talent : Les kaléidoscopes de Lucia Laguna 

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L’artiste brésilienne Lucia Laguna expose pour la première fois en France. Cette jeune peintre carioca de 77 ans ne se consacre à la peinture que depuis une vingtaine d’années : elle enseignait auparavant les complexités baroques de la langue portugaise et n’a donc plus le temps de tâtonner. Les séries sur les Paysages, les Ateliers et le Jardin qu’elle présente à la galerie Karsten Greve avec quelques petits tableaux et dessins, sautent au visage, pas tant pour leurs couleurs vaguement tropicales que pour leurs compositions apparemment chaotiques, mais en réalité très construites. À première vue, les œuvres ressemblent à une accumulation d’images comme cousues en un patchwork faussement désordonné, une sorte de mosaïque de lambeaux d’architecture. On peut ainsi y reconnaître la vue depuis son atelier situé au nord de Rio, quelques buildings de banlieues brouillées, parfois délimitées par des rubans adhésifs colorés, un immense collage se déroulant en un panorama mouvant.  Bref, un kaléidoscope d’aplats abstraits juxtaposés à des morceaux de représentations de la vie urbaine d’aujourd’hui. Cela tient du palimpseste, du film qui déraille en secouant des images qui s’entrechoquent, des motifs-souvenirs, des images peintes et des images découpées dansant une samba infernale. Des éléments iconophages qui se dévorent les uns les autres, dans un espace en suspension. Une fresque qui rend la durée du temps contemporain, simultanée. « Nul oiseau ni insecte, feuille, bulle ou branche… rien n’échappe au piège du regard. » C’est ainsi que Lucia Laguna voit la peinture dans notre civilisation saturée d’images.

 

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Des plâtres du groupe des Niobides de Florence datés du XVIIe siècle

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La Villa Médicis abrite une importante collection de reproductions en plâtre de chefs-d’œuvre de l’Antiquité et de la Rome moderne destinées à servir à la diffusion de modèles artistiques. Celle-ci comprend notamment sept tirages du groupe dit des « Niobides de Florence », qui reproduisent partiellement l’ensemble de statues en marbre découvert en 1583 à Rome et conservé à la Villa Médicis jusqu’en 1770, avant leur transfert aux Offices à Florence. On sait avec certitude qu’au moins deux jeux de moulages en plâtre ont été réalisés à partir de ce groupe, l’un pour la famille Médicis au XVIe siècle, l’autre à la demande de la France au XVIIe siècle. Lors des opérations de restauration et d’analyse menées cette année sur cet ensemble, Élisabeth Le Breton, conservateur du patrimoine au musée du Louvre, a découvert, une inscription à l’intérieur de l’une des statues mentionnant la date de « 1686 ». Si celle-ci date bien le groupe du XVIIe siècle, elle ne peut pour l’heure être rattachée à aucune commande documentée. Ce type de reproductions, réalisées il y a plus de quatre siècles, est extrêmement rare, les autorisations étant alors accordées avec une extrême parcimonie par les familles romaines qui craignaient que les opérations de moulage n’endommagent leurs œuvres. Supports d’étude et d’inspiration, ces tirages très recherchés, dont les collections nationales françaises conservent de remarquables exemplaires, livrent aujourd’hui de précieux enseignements tant sur le plan technique que sur celui de l’histoire des arts ou du goût. C’est dans ce contexte de revalorisation des collections de tirages en plâtre que cette nouvelle datation prend toute son importance. Le directeur par intérim de la Villa Médicis, Stéphane Gaillard, a confirmé qu’une fois la restauration des plâtres des Niobides achevée, les œuvres seraient intégrées au parcours de visite de l’institution. En 2019, un événement spécial conçu autour de ces reproductions sera également l’occasion de célébrer cette découverte.

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Les fantaisies du Japonisme à Saint-Ouen

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La galerie Marc Maison propose un vaste panorama du Japonisme au XIXe siècle. Au programme, soixante meubles ou éléments de décoration signés de Perret et Vibert, de Gabriel Viardot, ou encore de Ferdinand Duvinage, maître de la marqueterie d’ivoire cloisonné. Animé de dragons et de personnages exotiques, ce mobilier est parfois le fruit d’une hybridation étonnante entre des panneaux sculptés, incrustés ou laqués importés de Chine ou du Japon, et le travail de ces ébénistes passionnés par l’Extrême-Orient, dont certains collaboraient avec des marchands-éditeurs réputés comme L’Escalier de cristal.

 

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Renoir en musique

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Alors que se tient au musée d’Orsay l’exposition « Renoir père et fils » (jusqu’au 27 janvier), deux CD de musique classique publiés par les éditions Jade évoquent le bonheur qui transparaît dans les toiles du peintre, « les ondulations frémissantes dictées par les mouvements de la couleur » (c’est l’éditeur qui le dit) et surtout l’ambiance impressionniste de l’époque. On passe donc de la Sicilienne de Pelléas et Mélisande de Gabriel Fauré à la scène 1 de l’acte 3 de l’opéra du même titre de Claude Debussy, quand les longs cheveux qui emprisonnent les hommes sont noués aux branches du saule. On retient son souffle en écoutant le Soupir chanté par Suzanne Danco, l’un des trois poèmes de Stéphane Mallarmé mis en musique par Maurice Ravel. On s’emballe dans le galop infernal de l’Orphée aux enfers d’Offenbach. Et on s’envole, comme toute bonne conclusion, sur la première et immanquable Gymnopédie d’Éric Satie, mais jouée au piano par Francis Poulenc lui-même.

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