Actualité artistique

Idée lecture : Les animaux hybrides du Street Artiste Ardif

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Avez-vous déjà remarqué ces animaux hybrides qui s’affichent çà et là sur les murs parisiens ? Qu’ils soient aquatiques, terrestres, volants ou même imaginaires, avec ou sans couleur, le Street Artiste Ardif les représente, mi-organiques mi-mécaniques, pour en faire ses « Mechanimals ». Ce premier livre est une rétrospective de trois années de collages et de peintures murales. Depuis l’été 2016, cette ménagerie de papier s’est installée à Paris, puis dans toute la France et en Europe, avant de traverser l’Atlantique et de couvrir les murs new yorkais. L’artiste ne reproduit jamais la même œuvre, chacune de ses pièces est unique et chargée d’un message. Lorsqu’il choisit de créer un hibou en Mechanimal, il le représente en l’associant à la symbolique du temps qui passe, du jour et de la nuit, tout en gardant une certaine harmonie entre la nature et la technique.

Un safari urbain aux inspirations steam punk

Ardif et Teuthis, Poisson chat, collage, Paris ©Agathe Hakoun

Le mélange de l’animal avec des machines et des parties d’architecture n’est pas le fruit du hasard. L’ouvrage met en lumière l’influence des inventions extraordinaires de Léonard de Vinci et de Jules Verne ainsi que des films d’animation japonais d’Hayao Miyazaki sur les Mechanimals de cet architecte de formation. Toutes ces inspirations imprègnent les œuvres d’un côté steam punk. Cet ouvrage ne décrypte pas seulement le zoo urbain que propose l’artiste dans la rue, il met aussi en avant les collaborations qu’il réalise avec d’autres Street Artistes. On retrouve ainsi des collages et peintures murales hybrides faits à quatre mains avec Matt_tieu ou encore Petite Poissone. Le format du livre rappelle également les photographies carrées que l’on retrouve sur Instagram, où Ardif compile au jour le jour ses œuvres afin de garder une trace pérenne de son art et de faire voyager ses followers à travers le monde.

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Nouveau talent : Dan Brault et ses mélodies visuelles

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Le Canadien Dan Brault a étudié à un moment de remise en question de la peinture, ce qui était à la fois « alarmant et libérateur », dit-il. Dans son travail, il s’intéresse d’abord à la question du style, de la signature. L’artiste se met ainsi à peindre des tableaux de tous genres et tous formats, qui sont ensuite regroupés dans des installations. Mais « j’ai eu envie de revenir à une expression plus simple de la peinture, explique-t-il. Et, vers 2013, j’ai commencé à mélanger tous les langages utilisés sur une seule toile. » Il en résulte des tableaux chaotiques, dégorgeant de couleurs et d’images, dans lesquels Brault voit « une célébration de la peinture, de la générosité »« J’essaie d’y aller sans retenue, avec une forme de candeur comparable à celle de l’enfant. » De ce goût de l’excès, naissent de véritables « buffets visuels » dont l’artiste nous confie volontiers la recette. À côté de ses propres dessins qu’il génère à flux continu, l’artiste possède une abondante collection d’images, glanées aussi bien dans la bande dessinée que les jeux vidéo des années 1980. Une esthétique résolument Pop qui n’exclut pas d’ostensibles références à l’histoire de l’art. Les noms de Basquiat, Twombly ou encore Pollock viennent spontanément dans la conversation. Travaillant sur plusieurs toiles en même temps, Brault fabrique lui-même ses acryliques, dont les couleurs déterminent la gamme chromatique des toiles. « Je pense d’abord le tableau en tant que forme. Puis j’essaie de déjouer le caractère narratif induit par les éléments figuratifs. Enfin, je cherche à donner une sorte de vigueur au tableau, comme s’il bougeait. En fait, je pense les toiles comme des mélodies. Par exemple, quand j’écoute John Coltrane, je m’immerge dans un univers de sensations, je tends vers une forme d’improvisation. »

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Deux peintures de suiveurs du Caravage rejoignent les collections du musée des Augustins à Toulouse

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Alors que le musée des Augustins se refait une beauté jusqu’à l’automne 2020, deux tableaux caravagesques s’ajoutent à sa collection grâce à la donation du « plus grand collectionneur français actuel d’œuvres de disciples européens du Caravage », d’après l’institution. La première peinture représente Le Roi Midas de Nicolas Tournier (1590-1639) tandis que le second est un Bacchus de Dirck van Baburen (1595-1624).

Une œuvre mythologique de Nicolas Tournier

Le Roi Midas de Nicolas Tournier ©Musée des Augustins

Le Roi Midas est la seule œuvre mythologique connue de Nicolas Tournier. En représentant le roi légendaire seul, de trois quarts et dans une composition sobre, le peintre a figé sur la toile de façon singulière le mythe grec. L’unique rappel de l’histoire de l’affrontement musical entre Marsyas et Apollon réside dans les oreilles d’âne pointues du roi. L’expression du visage de la figure rappelle celle du Saint Pierre de l’artiste, également conservé au musée des Augustins. À présent, l’institution toulousaine possède neuf œuvres du peintre comtois dans sa collection. En 2001, le musée était le premier à dédier une exposition monographique à Tournier en réunissant une trentaine de ses tableaux, soit presque la totalité de la production de l’artiste.

Le plus célèbre caravagiste de l’École d’Utrecht

Bacchus de Dirck van Baburen ©Musée des Augustins

Dirck van Baburen est, quant à lui, peu représenté dans les musées français, bien qu’il soit une des figures les plus connues des caravagesques de l’École d’Utrecht avec ter Brugghen et Honthorst. En 2012, le musée des Augustins avait organisé l’exposition « Corps et ombres », présentant pour la première fois en France les œuvres des peintres caravagesques hollandais, dont deux tableaux de Baburen.
Dans son Bacchus, l’artiste met en scène le dieu du vin seul avec une attitude comique, similaire à la manière des tableaux de jeunesse du Caravage. La position de trois-quarts ainsi que le jeu de clair-obscur magnifient le corps de Bacchus. Le geste de la divinité, qui consiste à recueillir le raisin pressé dans une huître, fait allusion à la locution latine « in vino veritas ». « La tradition humaniste de la Renaissance associait Vénus à Bacchus et à Cérès, soit l’alliance de l’amour et de l’ivresse au profit de la fécondité. C’est ce que rappelle l’artiste d’une manière plus directe qu’allusive », explique le musée des Augustins.

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Lauréats des Grands Prix de la Création de la Ville de Paris 2019

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Les Grands Prix de la Création existent depuis 1993. Ils récompensaient alors un unique talent. C’est en 2003 que leur domaine de compétence s’élargit avec la création de trois prix distincts saluant chacun un talent émergent et un talent confirmé.
Le jury se composait cette année de trois personnalités reconnues et issues des métiers de la création : Hubert Barrère pour les métiers d’art, Julien Fournié pour la mode et enfin India Mahdavi pour la catégorie design. Ces experts ont reçu plus de 200 candidatures. Seulement une dizaine d’entre elles, par catégorie, a été retenue pendant les délibérations des 21 et 22 novembre à l’Hôtel de Ville. Chaque finaliste disposait alors de quelques minutes pour présenter son travail et convaincre le comité. Un Talent émergent, qui récompense un travail prometteur, et un Grand Prix, récompensant « un professionnel pour la qualité́ de son projet, sa stratégie de développement, son engagement dans la transmission des savoir-faire ou l’innovation », ont ensuite été décerné pour chaque catégorie. Les lauréats des Grands Prix ont reçu, en plus d’une visibilité dans les médias, une dotation de 15 000 €. Ces fonds proviennent de la Ville de Paris et des Fonds de dotation des Ateliers de Paris par des partenaires privés (Groupe Galeries Lafayette, la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin, ESMOD, Roger Pradier, la Fondation Rémy Cointreau et Victoire).

Lauréats 2019 pour la catégorie Métiers d’art

William Amor, clematispetoliferus © Ville de Paris

 Grand prix Métiers d’art, talent émergent :
William Amor qualifié « d’ennoblisseur de matière délaissée » est un artiste plasticien qui s’inspire avant tout de la nature. Sa spécialisation, à dimension sociale, est la valorisation des matières délaissées. Il transforme des matériaux polluants en magnifiques œuvres florales. L’artiste s’entoure aussi, pour ses productions, de personnes handicapées, « les petites mains d’or », à qui il transmet son savoir-faire.

Cécile Feilchenfeldt, design textile © Aurélie Cenno

Grand prix Métiers d’art, talent confirmé :
Cécile Feilchenfeldt, designer textile, installée à Paris depuis 2007, crée avec sa machine à tricoter, constituée d’un fil et de 380 aiguilles, des sculptures mouvantes pour les milieux de la mode et du design.

Lauréats 2019 pour la catégorie Mode

Marianna Ladreyt, création Marianna Ladreyt © Louise Desnos

 Grand prix Mode, talent émergent :
La française Marianna Ladreyt, originaire de Chypre, éprouve une fascination extrême pour la toge grecque et ses mythologies. Elle cherche à comprendre comment ces vêtements iconiques peuvent regagner en modernité. Elle a d’ailleurs créé en 2019 sa propre marque de prêt-à-porter et accessoires ; une première collection a été saluée à la Paris Fashion Week de la même année.

Valentine Gauthier, création Valentine Gauthier © Hervé Coutin

Grand prix Mode, talent confirmé :
Valentine Gauthier a étudié la géo-ethnologie et le stylisme aux studios de la Maison Martin Margiela. Elle a remporté le Festival international des Jeunes Créateurs de Mode de Dinard juste avant d’ouvrir sa marque éponyme en 2007. Sa toute première boutique a ouvert ses portes en 2009. Son magasin emblématique est ouvert depuis 2018 dans le Haut Marais à Paris. Il se compose de deux boutiques et d’un appartement.

Lauréats 2019 pour la catégorie Design

natacha &sacha, textile chauffant © Romain Robine

 Grand prix du Design, talent émergent :
natacha &sacha est une agence de design et de recherche créée par Natacha Poutoux et Sacha Hourcade. Leur travail consiste à changer la façon dont on conçoit, produit et perçoit les objets technologiques et électroniques. Ils ont conscience des enjeux sociaux et environnementaux qui nous entourent et offrent ainsi du sens au choix des matériaux dans le savoir-faire manufacturier.

Jean-Baptiste Fastrez, mobilier design © Felipe Ribon

Grand prix du Design, talent confirmé :
Le designer Jean-Baptiste Fastrez puise son inspiration dans l’inconscient collectif, le monde qui nous entoure, qu’il soit naturel ou industriel. Une démarche qu’il poursuit dans sa toute première exposition personnelle « Vivarium », un bestiaire sauvage présenté à la Galerie Kreo, à Londres. C’est une rétrospective présentant les dix premières années de travail de l’artiste à Mayenne en France.

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AlUla : un Paradis de sable pour les archéologues à l’Institut du monde arabe

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Combien résonne encore à nos oreilles le témoignage du voyageur arabe Ibn Battûta lorsqu’il célébrait, au XVIe siècle, l’atmosphère paisible d’AlUla, « beau village pourvu de palmeraies et bénéficiant d’une eau particulière ». Inscrite tant sur le plan patrimonial qu’environnemental sur la liste de l’Unesco, cette oasis luxuriante de la péninsule Arabique fut en effet le berceau de brillantes civilisations qui se succédèrent sur plus de 7000 ans : populations néolithiques gravant sur la roche des représentations d’autruches et d’ibex, royaumes de Dadan et Lihyân contrôlant le commerce de la myrrhe et de l’encens, Nabatéens fondant au Ier siècle av. J.-C. la ville de Hégra, occupation romaine en 106 de notre ère, avant l’installation définitive de l’Islam quelque six siècles plus tard. Grâce à la collaboration féconde de l’archéologue et épigraphiste française Laïla Nehmé et de l’archéologue saoudien Abdulrahman Alsuhaibani, les merveilles de cette région stratégique, au croisement des voies caravanières et des routes de pèlerinage, sont enfin révélées au public le temps d’une exposition se voulant tout à la fois scientifique, immersive et poétique. Bercé par le bruissement des sons et par des parfums, enveloppé de paysages grandioses photographiés par Yann Arthus-Bertrand, le visiteur se promènera ainsi au gré des sites archéologiques et de leurs émouvants vestiges (ex-voto, bas-reliefs, inscriptions, brûle-encens…).

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Le château de Versailles ouvre son premier cabinet de porcelaines

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Vous rêvez de contempler le service à fond « bleu céleste » de Louis XV, utilisé par la famille royale jusqu’à la fin de l’Ancien Régime ? C’est enfin possible. Mardi 3 décembre, le château de Versailles a inauguré son premier cabinet de porcelaines dans l’ancienne salle des « buffets », attenante à la salle à manger dite « aux Salles Neuves », de l’appartement intérieur du Roi.
Ce nouvel espace muséographique est dédié à l’exposition des collections de pièces de service en porcelaine qui proviennent de la manufacture royale de Vincennes-Sèvres. Aménagé par Marie-Laure de Rochebrune, conservatrice en chef au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, avec une scénographie de Jérôme Dumoux et financé par la fondation luxembourgeoise La Marck, le cabinet des porcelaines présente près d’une centaine de pièces des collections de Louis XV et Louis XVI.

Plateau corbeille losange du service à fond « bleu céleste » de Louis XV
©Château de Versailles, Dist. RMN / C. Fouin

Des objets peu connus des visiteurs

Les œuvres montrées sont principalement issues des réserves du musée ou bien viennent d’être acquises par le château de Versailles, l’occasion pour les visiteurs de découvrir des pièces rarement exposées au public. Il est à présent possible d’admirer le service aux armes de France, commandé par Louis XV en 1738 ou encore le service à fond « bleu céleste » de Louis XV, commandé en 1751, et dont la couleur turquoise élaborée par le chimiste Jean Hellot rend hommage à l’Empire du Milieu.
Sont également exposés les cadeaux diplomatiques, tels que les services du roi Frédéric V du Danemark et de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, et le service mythologique de Louis XVI, appelé aussi « grand service de Versailles » dont le programme iconographique, consacré essentiellement aux Métamorphoses d’Ovide, à l’Histoire romaine et au Télémaque de Fénelon, a été dressé par Louis XVI lui-même.

Plateau de moutardier : Le Satyre complaisant, Acis et Galatée, Alphée et Aréthuse du
service mythologique de Louis XVI, dépôt du musée du Louvre en 2013.
© Château de Versailles, Dist. RMN / C. Fouin

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Le Prix littéraire Pierre Daix 2019 attribué à Rémi Labrusse

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Ce prix, créé par François Pinault en 2015, rend hommage à son ami écrivain et historien de l’art Pierre Daix disparu en 2014. Cette récompense, dotée de 10 000 €, distingue chaque année, depuis sa création, un ouvrage dédié à l’histoire de l’art moderne et contemporain. Présidé par Jean-Jacques Aillagon, le jury de cette année a salué unanimement « une exploration subtile servie par une écriture de grande qualité ». Dans son ouvrage Préhistoire. L’envers du temps, Rémi Labrusse « sonde de façon inédite le monde contemporain, fait jaillir les ombres et fantasmes immémoriaux qui ont nourri l’inspiration des artistes. L’idée de préhistoire, ses contenus, ses contradictions, ses constructions affleurent sous la plume de Rémi Labrusse, à la lumière rasante de la modernité́ ».
Paru en mai 2019 aux éditions Hazan dans la collection « Beaux-Arts », l’ouvrage lauréat propose une réflexion sur les représentations occidentales de la Préhistoire et sur notre appréhension de cette pensée à partir de la fin du XVIIIe siècle. Cet ouvrage accompagnait l’exposition « Préhistoire. Une énigme moderne » qui s’est tenue au Centre Pompidou à Paris du 8 mai au le 16 septembre 2019, et dont Rémi Labrusse était co-commissaire.
Les autres ouvrages en compétition cette année étaient Louise Bourgeois de Marie-Laure Bernadac, Bernard Réquichot, Zones sensibles de Jean-François Chevrier, Dora Maar. La femme invisible de Victoria Combalía Dexeus et Portes closes et œuvres invisibles de Denys Riout.

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Joel-Peter Witkin, le diable au corps

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Joel-Peter Witkin trouble, bouleverse, choque. De l’étrange au morbide, maniant des réalités crues dans de fantasmagoriques mises en scène, ses photographies radicales exhibent une condition humaine, dont l’artiste exalte la majesté comme le désespoir. Soudain, les certitudes se déplacent. Le vice et la vertu, la vie et la mort, le beau et le monstrueux deviennent les complices d’une humanité en souffrance. Depuis quatre décennies, l’artiste s’affranchit avec malice des dogmes esthétiques hérités de la Renaissance. De corps nus en chairs inertes, il transfigure ses modèles pour en saisir l’âme. Ses canons de beauté embrassent la différence, le handicap, la maladie ou l’accident.
Car l’humain est au cœur de son œuvre, dans sa chair, son désir, sa faiblesse, sa noblesse aussi. Si l’être – mort ou vif – est de toutes ses productions, des compositions baroques aux natures mortes, il est aussi l’expression de sa foi. « Mon travail s’appuie sur la nature de l’homme et son rapport au divin », explique-t-il. C’est pourquoi les deux présentations d’automne que propose le galeriste Baudoin Lebon, complice de l’artiste depuis 1986, mettent en exergue deux constantes de son œuvre. À La Chapelle de Clairefontaine, « Mythologie des hommes et des dieux » évoque en quelque cent cinquante images l’importance de la légende et de la religion dans sa production ; tandis que le solo show qui lui sera consacré à Art Élysées revient sur ses inspirations plastiques, marquées du sceau de maîtres de la peinture tel Picasso.

Joel-Peter Witkin, Chinese Adam and Eve, Shanghai, 2015,
38 x 49 cm ©Galerie Baudoin Lebon

La violence du réel

Si la vie d’un artiste ne suffit jamais à expliquer son œuvre, certains faits hors du commun semblent bel et bien avoir modelé le regard de Witkin sur le monde, la mort et la religion. En 1939, il naît dans une fratrie de triplés, bientôt réduite à deux frères. Très vite, le mariage mixte de leurs parents – un père juif d’origine russe et une mère catholique d’origine italienne – se solde par un divorce qui éloigne, sans réellement le faire souffrir, Joel-Peter de la figure paternelle et laisse à sa mère toute latitude dans sa formation religieuse. Puis survient un accident d’auto, dont il est témoin à l’âge de 6 ans. Sectionnée lors de la collision, la tête d’une enfant vient rouler à ses pieds. L’expérience le marquera à vie, devenant un terreau d’obsessions et d’interrogations métaphysiques.
La photographie lui permettra de conjuguer le réel et l’imaginaire, de mettre en scène son regard sur la vie humaine et de questionner sa foi. Ainsi, à 17 ans, inaugurant une carrière sous-tendue par sa quête spirituelle, il réalise son tout premier cliché de photographe : le portrait d’un rabbin qui déclarait avoir vu Dieu. « La religion tient une place essentielle dans ma vie et dans mon travail », confie-t-il. Pour ce fervent catholique, l’élévation de l’âme reste la finalité de l’art et la spiritualité, le fondement de toute l’histoire humaine. La photo n’est plus seulement pour lui un médium mais l’outil d’une transfiguration des corps. « Mes modèles sont des partenaires, des complices. Ils incarnent l’énergie et l’esprit que j’entends insuffler. Je m’appuie sur leur force de vie, leur esthétique et leur dynamique personnelle et m’emploie à créer l’image la plus forte et la plus vraie d’eux-mêmes », souligne Witkin. Dès lors, ses photographies se chargent d’un pouvoir allégorique.

Vue de l’exposition « Mythologie des hommes et des dieux », à La Chapelle de Clairefontaine ©Galerie Baudoin Lebon

Méthodes et aspirations

Chaque image, du négatif au tirage, travaillée en tant qu’œuvre plastique à part entière, est soumise à maintes manipulations de retouches, découpes, collages, grattages ou abrasions. « Joel élabore ses photographies avec minutie, s’autorisant un long processus créatif. Entre les premiers dessins préparatoires, la prise de vues qui leur sera fidèle et le tirage final, il peut s’écouler entre six mois et un an », explique Baudoin Lebon, qui a produit et assisté l’artiste dans la réalisation d’une cinquantaine d’images à l’institut médico-légal de Paris. Dans cet élan, réinterprétant des figures mythologiques (Bacchus au purgatoire, Leda donnant à son amant un préservatif) ou bibliques (saint Sébastien), restituant la pose des portraits de la Renaissance ou le réalisme de personnages baroques, ses compositions revisitent l’esthétique occidentale. « Jérôme Bosch, Francisco Goya, Otto Dix, Picasso notamment, m’ont considérablement marqué. Ils m’ont ouvert des portes, ont rendu ma vision du monde plus claire, rappelle-t-il. De même, sans les expressionnistes, je ne serais jamais devenu photographe : ils ont abattu dans l’art les barrières physiques et psychologiques de tout ce qui les avait précédés »
Ainsi, le photographe suspend le temps présent, tout en explorant une veine à part dans l’histoire de la photographie contemporaine. Des quelque six cents images et mises en scènes qu’il a réalisées jusqu’à présent, Witkin retient une leçon d’humanité, de compassion et d’amour. « Je voudrais que mes photographies soient aussi fortes que la dernière image que l’on voit avant de mourir. »

Joel-Peter Witkin, History of the White World Venus Preferred to Christ, Paris, 1997. Courtesy de l’artiste et Galerie Baudoin Lebon

Samedi 7 décembre

La Chapelle de Clairefontaine
impasse de l’Abbaye, 78120 Clairefontaine-en-Yvelines

Visite exclusive de l’exposition « Mythologie des dieux et des hommes »
18h & Projection du film Witkin & Witkin de Trisha Ziff
19h

Réservations

Samedi 14 décembre Visite exclusive de l’exposition « Mythologie des dieux et des hommes »
17h30 & Projection du film Renaissances en présence de la réalisatrice Catherine Peix
19h

Réservations

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Man Ray, l’œil de la mode

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Il a d’abord fait poser ses amies : Kiki de Montparnasse, sa muse et amante, l’élégante Nancy Cunard, la comtesse surréaliste Anna de Noailles, Peggy Guggenheim, Nush Éluard, Lee Miller, son assistante et tumultueux amour… Celui qui fut l’un des principaux acteurs des mouvements d’avant-garde qui ont nourri la vie intellectuelle du Paris de l’entre-deux-guerres est moins connu aujourd’hui pour avoir été un grand photographe de mode. C’est ce que dévoile une passionnante exposition présentée cet automne à Marseille en deux volets, au musée Cantini et au musée des Arts décoratifs, de la Faïence et de la Mode-château Borély, puis au musée du Luxembourg à Paris au printemps 2020. Près de deux cents tirages vintage, et presque autant de revues célèbres ou inédites, racontent l’épopée d’un jeune peintre américain à Paris qui deviendra, durant près de vingt ans, le photographe de mode le plus couru de la capitale.

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Un symbole de la French Line et de l’Art Déco à Boulogne-Billancourt

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Tous les marins le disent : les navires ont une âme et le paquebot Île-de-France, lancé en 1927, naquit sous une bonne étoile, assurant jusqu’après l’après-guerre son service sur la voie océanique royale entre la France et l’Amérique. De par sa décoration et son accueil incomparables, l’Île-de-France symbolisa longtemps le raffinement à la française. Avec des documents et objets divers, le musée des Années 30 parvient à évoquer ce que fut ce paquebot de légende jusqu’à sa fin, au Japon, en 1959.

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Turner Prize 2019 : Quatre lauréats pour le prix d’un

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Hier soir, la Tate et le Turner Prize ont annoncé lors de la cérémonie de remise des prix, diffusée en direct sur la BBC, les lauréats de l’édition 2019 du prestigieux prix. Pour la première fois de son histoire, le Turner Prize a été décerné aux quatre artistes nommés, en tant que collectif. Cette décision fait suite à la demande des artistes. En effet, Lawrence Abu Hamdan, Helen Cammock, Oscar Murillo et Tai Shani se sont présentés au jury avec une lettre leur demandant de les envisager comme un collectif : « En cette période de crise politique en Grande-Bretagne et dans le monde entier, où il y a déjà énormément d’éléments qui divisent et isolent les personnes et les communautés, nous nous sentons fortement motivés pour profiter de l’occasion du Prix pour faire une déclaration collective au nom du commun, de la multiplicité et de la solidarité – dans l’art comme dans la société. » Le jury, présidé par Alex Farquharso, directeur de la Tate Britain, a unanimement accepté leur requête : « Nous sommes honorés de soutenir cette audacieuse preuve de solidarité et de collaboration en ces temps divisés. Leur acte symbolique reflète la poésie sociale et politique que nous admirons dans leurs travaux. » Depuis sa création en 1984, le Turner Prize a pour but de promouvoir le débat public autour des nouveaux développements dans l’art contemporain britannique.
Les œuvres des lauréats sont montrées jusqu’au 12 janvier 2020 à la galerie Turner Contemporary à Margate (Angleterre). Cette exposition, vue par près de 100 000 visiteurs, est une des plus populaires jamais réalisées par le Turner Prize en dehors de Londres.

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His de la Salle ou l’élégance du collectionneur au Louvre

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« C’était un parfait type de gentilhomme d’une politesse exquise, d’une antique droiture de caractère, aimant ou plutôt adorant ses objets d’art… » Ainsi décrivit-on Charles Horace His de la Salle (1795-1878), personnalité marquante du monde de l’art de son siècle, qui s’illustra par la qualité de ses collections (dont celle, exceptionnelle, de dessins anciens et modernes) et par sa générosité, tant vis-à-vis des artistes que des institutions.

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Un bel avenir pour le décor monumental du peintre Pierre de Belay à Quimper

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Dimanche 1er décembre, la foule était au rendez-vous à Bénodet (Finistère), dans la salle à manger de l’hôtel Kermoor, pour la vente aux enchères du décor monumental commandé en 1923 au peintre quimpérois Pierre de Belay. Les cinq tableaux, Le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud, La Dégustation du cidre en pays bigouden, Le 14 juillet en Cornouaille, Les Sonneurs du pays Glazik et La Fête du cidre à Fouesnant étaient proposés en lots séparés, avec faculté de réunion. L’ensemble a été emporté par la Mairie de Quimper pour 250 000 euros (hors frais), face à des enchérisseurs russes et américains. La Mairie de Bénodet a en revanche brillé par son absence… Le précieux décor restera donc dans la région, et entrera dans les collections du musée des Beaux-Arts de Quimper. Celui-ci devrait être agrandi dans les prochaines années, pour qu’un nouvel espace soit entièrement dédié à la présentation de ce chef-d’œuvre de la peinture décorative bretonne, qui lança la carrière de Pierre de Belay. Une heureuse issue pour une très belle vente, orchestrée par deux jeunes commissaires priseurs, Yves Cosquéric (Adjug’art, Brest) et Thiphaine Le Grignou (hôtel des Ventes de Quimper).

Pierre de Belay, La Fête du 14 juillet en Cornouaille, 1923, huile sur toile, 199 x 258 cm ©Yvan Zedda

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Le Met acquiert une Vierge à l’Enfant du XIVe siècle du Maître de Vissy Brod pour 6,2 millions d’euros

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Les enchères battent leur plein en Bourgogne. Samedi 30 novembre, La Vierge et l’Enfant en trône, réalisée vers 1350 par le Maître de Vissy Brod pour un commanditaire particulier, était au cœur d’une bataille d’enchères lors de la vente de Cortot et Associés à Dijon. Le panneau de dévotion a été disputé entre neuf enchérisseurs (quatre en salle et cinq au téléphone) avant d’être remporté par la galerie Benappi Fine Art pour le compte du Met. La vente du tableau, expertisé par le cabinet Turquin, est la deuxième enchère la plus importante de l’année enregistrée en région, après celle de l’œuvre du Cimabue, adjugée à 24 millions d’euros le 27 octobre dernier. « Il nous a fallu quatre mois pour trouver l’attribution et pour l’asseoir avec certitude. Pour le marché français et pour nous, c’est une consécration que le Met vienne l’acheter au cœur de la Bourgogne », explique Éric Turquin. Conservée depuis trois générations dans la famille des anciens propriétaires, l’œuvre était restée sans attribution jusqu’à son arrivée au cabinet Turquin où la spécialiste de peinture primitive, Marianne Lonjon, a émis l’hypothèse d’un artiste pragois du XIVe siècle.

Maître de Vissy Brod, La Vierge et l’Enfant en trône, vers 1350, panneau de dévotion, peinture à l’œuf sur panneau de bois fruitier, hauteur 26 cm, largeur 22,2 cm ©Studio Sebert

Une œuvre pleine de surprises

Radiographie de La Vierge et l’Enfant en trône ©Studio Sebert

Les mois d’expertise de l’œuvre ont révélé plusieurs belles découvertes inattendues. Tout d’abord, elles ont permis d’attribuer le panneau au Maître de Vissy Brod, un des plus importants maîtres de la peinture gothique internationale. Ce peintre anonyme de Bohême a été actif au milieu du XIVe siècle. Son œuvre s’organise principalement autour du retable réalisé pour le couvent cistercien de Vissy Brod, dans le sud de la Bohême, et dont les panneaux sont aujourd’hui disjoints. Neuf scènes du retable sont aujourd’hui exposées à la Galerie nationale de Prague, en tant qu’exemples de la peinture sur panneaux au Moyen-Âge. L’Annonciation, La Nativité, L’Adoration des mages et La Résurrection sont attribuées au maître tandis que les cinq autres épisodes présentés dans l’institution sont considérés de son atelier. Suite à l’étude stylistique de La Vierge et l’Enfant en trône, le cabinet Turquin a démontré que l’œuvre était de la main du maître. En effet, les dessins et l’agencement des draperies, les similitudes d’expression et d’exécution (notamment au niveau des gestes tendres entre la mère et son enfant), la riche ornementation, ainsi que les traits de la Madone, se rapprochant de ceux de L’Annonciation, vont dans ce sens. Olga Pujmanova, conservatrice honoraire de la Galerie nationale de Prague et Jan Klipa, spécialiste de la peinture gothique à l’Institute of Art History, Czech Academy of Sciences in Prague, ont également confirmé de visu l’attribution du panneau au Maître de Vissy Brod.
Mais ce n’est pas tout. Les investigations techniques ont quant à elles permis de surprenantes découvertes. La radiographie a mis en évidence la composition sous-jacente, occultée jusqu’alors par le repeint noir ajouté au XIXe siècle. Sous ce fond noir se cache une structure architecturée, semblable à la majorité des panneaux et miniatures de la moitié du XIVe siècle de la région. Cette découverte met aussi en lumière la réduction du panneau dans sa partie supérieure, comme le montre la galerie d’arcades tronquée.

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Les dessins oniriques de Benchamma à Sérignan

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Mirage né d’une réfraction des rayons lumineux dans des conditions atmosphériques particulières, la Fata Bromosa a inspiré à Abdelkader Benchamma (né en 1975) le titre de sa nouvelle exposition. L’artiste reste fidèle à sa «  manière noire ». Son dessin submerge les espaces, sublimant les références à la philosophie, l’astrophysique ou l’ésotérisme dans une marée onirique, inexorable.

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Des artistes femmes au Prado

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La première, Sofonisba Anguissola (1535-1625), fille de gentilhomme nommée, en 1559, dame d’honneur d’Élisabeth de Valois à la cour d’Espagne, s’éleva à un statut de portraitiste de cour. Fille d’artiste, la seconde, Lavinia Fontana, (1552-1614), eut l’occasion de peindre une Sainte Famille pour l’Escorial. Portraitiste réputée quoique confrontée également à la peinture mythologique et au nu, elle est considérée comme l’une des premières femmes à avoir mené une véritable carrière de peintre.

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Cambriolages en série en Allemagne : vol au musée de la Stasi à Berlin

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Les musées allemands sont-ils victimes de braqueurs en série ? La question est légitime. Après le braquage du « musée trésor » de Dresde, digne d’un film de gangsters, les vols continuent avec celui du musée de la Stasi à Berlin. Dans la nuit de samedi 30 novembre à dimanche 1er décembre, des individus se sont introduits par une fenêtre de l’institution dédiée à l’histoire de la police politique de l’ex-RDA. Aucune heure précise du crime n’a été pour le moment établie, c’est un employé qui a trouvé les vitrines brisées et vidées, dimanche matin. Les voleurs se sont emparés principalement de médailles et de bijoux présents dans les vitrines. On compte notamment parmi les pièces manquantes : des bagues, une montre, une médaille en or de l’Ordre du mérite patriotique, une de l’Ordre de Lénine et une de l’Ordre de Karl Marx, la plus haute décoration de l’ancien État communiste, a confié le directeur du musée Jörg Drieselmann au quotidien allemand « Tagesspiegel ». Alors que la police recherche quatre suspects, toujours en cavale, et qu’une récompense de 500 000 euros est offerte pour toute information sur le cambriolage de la Voûte verte, la ministre de la Culture Monika Grütters a émis le souhait de tenir une conférence nationale sur la sécurité des musées allemands. Contrairement aux films Ocean’s Eleven, on peut espérer que cette malheureuse suite de braquages ne s’avère pas être une trilogie, voire une triste saga.

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