Actualité artistique

Dans la lumière de Geneviève Asse

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C’est d’ailleurs, nous rappelle-t-on à la galerie, à partir de 1970 qu’elle songe à nouveau à ses premières années passées sur la presqu’île de Rhuys, où elle était fascinée par l’éclat du ciel et de la mer, traduit depuis lors dans des plages poétiques, aux couleurs célestes.

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La Grande Galerie de Radio Classique : Bouddha, la légende dorée au Musée Guimet (1/2)

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Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les samedis à 19h dans l’émission « La Grande Galerie » et le vendredi à 13h00, le samedi à 09h56 et 14h57 pour ses « Chronique Sorties ».

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Les œuvres intranquilles d’Antoine de Galbert

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Collectionneur compulsif, passionné et atypique, il se décrit lui-même tel « un mangeur d’œuvres ». Cent cinquante sont proposées au Musée de Grenoble, dans un accrochage comme un particulier aime à les concevoir. Le visiteur est accueilli avec un Souvenirs de voyage signé Ben, ayant donné le titre de l’exposition, car l’art contemporain, ou brut, également défendu par Antoine de Galbert, a toujours été une source illimitée d’explorations intérieures ou physiques. Les « bâtisseurs de l’imaginaire », tels Augustin Lesage et Michaël Borremans, mènent ainsi librement au médium que privilégie cet « intoxiqué de la térébenthine »: la peinture. Le collectionneur privilégie ceux qui bousculent non seulement la vue, mais aussi la conscience, de la Belge Berlinde de Bruyckere au Viennois Arnulf Rainer. Encore aujourd’hui, Antoine de Galbert s’enthousiasme pour les plasticiens sortant à peine des Beaux-Arts ou il acquiert sur une foire une découverte ncroyable uniquement parce qu’il l’a trouvée belle. Il forcera le respect par l’espace dédié aux grands classiques Kurt Schwitters, Franz West, Lucio Fontana, Otto Piene ou François Morellet. L’un de ses autres hobbies a été d’accumuler des coiffes, objets d’une donation en 2017 au musée des Confluences, qui les dévoile aujourd’hui

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Bernar Venet fait étape au Luxembourg

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Né en 1941, Bernar Venet a récemment bénéficié de rétrospectives aux musées d’art contemporain de Lyon et de Nice, et de la sortie d’une monographie consacrée à ses dessins, dont le texte est signé Bernard Ceysson. La galerie Ceysson & Bénétière du Luxembourg consacre ainsi 1300 m² à une quarantaine d’œuvres récentes, dont des arcs, reliefs ou dessins. Non seulement Bernar Venet avait exposé en 1966 avec Jacques Lepage, théoricien de Supports/Surfaces, mais sa carrière montre d’autres points communs avec ces artistes, tout comme Orlan, récemment entrée à la galerie. Ils représentent tous deux l’art français des années 1960 ou 1970, mésestimé puis revenu sur le devant de la scène. Pour autant, la cote de Bernar Venet n’a jamais cessé de progresser et ses œuvres se monnaient, aujourd’hui, à partir de 70 000 € pour les petits formats.

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Podcast : Pietro Seminelli, plisseur architectural

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Ce sourire. Cette gentillesse. Ce regard. Pietro Seminelli est un grand Monsieur des métiers d’Art. Il travaille et il crée pour les plus grands et pour lui-même, imaginant « des habits pour la maison ». Grand Prix des métiers d’art en 2000, distingué en 2006 par le ministère de la Culture et de la Communication qui le nomme maître d’art, cet homme discret, architecte de formation, a inventé un métier qui n’existait pas : celui de « maître-plisseur ». Il a traversé sa vie en quête d’amour et de beauté. Et ça l’a amené à une place qui donne envie. Un bonheur serein qui irradie de ses yeux et de ses mains.

Cet épisode bénéficie du soutien du Ministère de la Culture dans le cadre du 25e anniversaire du titre de maître d’art. Chaque mois, Connaissance des Arts vous propose
de découvrir un nouvel épisode de
THE CRAFT PROJECT.

Propose des conversations intimes avec des artisans d’art, « The Craft Project » est un Podcast produit par Métiers Rares, studio parisien qui crée des ponts entre les artisans d’art et les marques. Raphaëlle Le Baud, entrepreneur des métiers d’art, va dans les ateliers, à la rencontre ceux qui choisissent de faire apparaître de nouveaux objets sur la planète et consacrent à cette tâche leur corps, leur âme et leur esprit avec technique et poésie. Du dernier des Mohicans au néo-artisan, The Craft Project cherche à comprendre comment se construit et se vit une vie d’artisan pour parler à nos cœurs de faiseurs, de chercheurs de sens et de rêveurs.

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Trésor à vendre : Un album d’estampes d’Hiroshige

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Des lacs radieux, des montagnes enneigées, des cerisiers en fleurs… C’est à un éblouissant voyage à travers le Japon que nous invite aujourd’hui encore Utawaga Hiroshige (1797-1858) avec cet album des Vues célèbres des soixante et quelques provinces, publié entre 1853 et 1856. Comme l’explique l’expert Véronique Prévot, qui a fait des recherches en prévision de la vente Rouillac du 16 juin, le Japon sortait de deux siècles et demi du Shogunat de la famille Tokugawa (1603-1867), qui avait imposé de strictes restrictions. Parmi elles, l’interdiction de se déplacer dans le pays sans autorisation, décidée afin de limiter le pouvoir des seigneurs riches et puissants, les fameux daimyo, qui risquaient de renverser le pouvoir en place. « Au cours du XIXe siècle, les règles se sont assouplies. Les artistes Hokusai et Hiroshige ont pu voyager et ont été les artisans de la redécouverte de la beauté et de la variété des paysages nippons. » Même si sa reliure est usée et s’il manque une des deux pages de sommaire, l’album a la chance de réunir les soixante-neuf gravures de la série. Collecté en 1860 par le capitaine Gustave-Victor Laveuve, alors qu’il était aide de camp du général Jamin lors de la deuxième guerre de l’opium en Chine, l’objet a été très bien conservé par les deux familles qui l’ont successivement possédé, et il a gardé une belle fraîcheur de coloris. L’album est estimé entre 20 000 € et 25 000 €, ce qui est en deçà des enchères obtenues par les rares pièces comparables passées en vente ces dernières années. Véronique Prévot souligne un « détail très intéressant, mais dont on ignore comment il sera appréhendé par les collectionneurs purs et durs d’estampes japonaises : les gravures portent au dos un texte qui figurait sur du papier vraisemblablement resté en stock chez l’imprimeur et réutilisé pour l’occasion ». Il s’agit ni plus ni moins d’un texte de santé publique donnant aux populations des conseils pour lutter contre l’épidémie de choléra qui frappa le Japon en 1853, sans doute favorisée par la levée de l’interdiction de voyager… Un texte sans rapport direct avec Hiroshige, mais qui illustre parfaitement ce contexte historique si particulier.

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La Villa Kyjoyama révèle la liste de ses créateurs en résidence pour 2020

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Installée sur les collines qui entourent Kyoto, la Villa Kujoyama est aujourd’hui considéré comme l’un des plus prestigieux programmes de résidence français à l’étranger, à l’instar de la Villa Médicis à Rome et la Casa de Velasquez à Madrid. Il constitue en outre la seule résidence de créateurs français en Asie. Depuis sa réouverture en 2014, la Villa compte parmi ses principaux mécènes la Fondation Bettencourt Schueller qui s’engage depuis de nombreuses années en faveur de la reconnaissance des métiers d’art, via notamment le Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main qui fête cette année ses 20 ans. Cette collaboration a permis à la Villa Kyjoyama de développer de nouveaux programmes de résidence ouverts aux artistes de tous les domaines de la création contemporaine (architecture, littérature, arts plastiques, design, danse, composition, cinéma, etc.) mais également aux artisans d’art. L’objectif est ici de créer une véritable synergie entre création contemporaine et savoir-faire d’excellence tout en encourageant la coopération culturelle entre la France et le Japon. En 2020, 18 artistes et artisans d’art partiront en résidence à Kyoto, pour 2 à 6 mois, afin de mener à bien leur projet, mené en collaboration avec des créateurs japonais. Les métiers d’art seront quant à eux représentés par Johan Després, artisan spécialisé dans l’architecture de terre crue, et Flore Falcinelli, artisan laqueur.

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Hugo sur mer à Guernesey

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Chassé par le coup d’État du futur Napoléon III, Victor Hugo dit comment il occuperait cet exil : « Je regarderai l’océan. » Il ne tient pas parole ! Réfugié dans les îles anglo-normandes, il écrit quelques-unes de ses œuvres majeures, Les Misérables, Les Travailleurs de la mer… À Guernesey, dans sa maison d’Hauteville House de 1856 à 1870, il invente un décor unique. Côté jardin, il bâtit une serre en bois à deux étages, aménage un belvédère, le « look-out ». Ces structures fragiles, de même que les aménagements intérieurs, assemblages de boiseries, tapisseries et céramiques, avaient souffert du climat. Entreprise en septembre 2017, financée par la Ville de Paris, propriétaire, et par le mécénat exclusif de François Pinault Collection, la restauration de cette demeure mythique vient de s’achever, pour environ 4,5 M€. Le projet concernait en priorité la structure du bâtiment et son étanchéité. Une étude des sources anciennes a permis de restituer dans leur aspect initial, avec des artisans d’art, le vestibule, le salon rouge, le jardin d’hiver, le look-out et son antichambre où Hugo se réfugiait pour écrire. Soixante-cinq meubles et objets ont également été restaurés. Une « maison œuvre » à redécouvrir.

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Comment nos ancêtres traitaient-ils leurs malades?

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Situé près de Nantes, le Chronographe consacre une exposition à la prise en charge des malades, blessés et handicapés dans les sociétés du passé. L’exposition permet de voir l’évolution du matériel médical, du silex au premier scalpel en métal. Elle pose également la question de la prise en charge : quel était le quotidien d’un individu malade, âgé ou handicapé ? Grâce à l’archéologie, le visiteur pourra en apprendre plus sur cet aspect de la vie de nos ancêtres et grâce à l’archéo-anthropologie, la paléopathologie et la topographie funéraire, il pourra également découvrir les inégalités de traitement des plus vulnérables en fonction de leur statut social. L’espace d’exposition sera divisé en quatre pôles : « Prévenir et soigner », « Prier les dieux, guérir les corps », « Réparer et accompagner » et « Soigner et réparer ». Le premier pôle regroupe des objets de soin concernant l’hygiène et la toilette quotidienne, du peigne, au biberon, en passant par la pince à épiler. Le second, « Prier les dieux, guérir les corps », envisage la maladie sous l’angle de la médecine et des pratiques religieuses. Il contient une série de cachets (découverts dans la tombe d’un ophtalmologue gallo-romain), des instruments chirurgicaux ou des ex-voto (une offrande faite à un dieu en demande d’une grâce, qui prenait parfois la forme de la partie du corps qui nécessitait d’être soignée, comme les yeux ou les poumons). ​« Réparer et accompagner » met en avant toutes les techniques de l’époque pour soigner, comme la trépanation ou les prothèses de dents. Le dernier pôle se base sur les fouilles de couvents et d’hôpitaux qui témoignent de la mise en place de grandes corporations de médecins. Un « plateau-repas » a même été reconstitué à partir de vestiges d’objets d’hôpitaux comme des écuelles, des bols, des verres. Conçue comme un prolongement de l’archéocapsule de l’Inrap, l’exposition permet de mettre en parallèle les pratiques du passé et celles notre société actuelle, et de s’interroger sur les politiques de santé d’aujourd’hui, ainsi que sur le regard porté sur les malades ou les personnes en situation de handicap. Accessible à tous, l’exposition réunit une grande variété d’objets, ainsi que d’outils numériques, d’objets à manipuler, d’images et de sons. Elle a pour mission de mettre en lumière l’empathie dont l’Homme a fait preuve tout au long de son histoire. « L’archéologie étudie beaucoup les guerres, la violence, l’exclusion, dont il reste effectivement de nombreux vestiges, mais on ne doit pas s’interdire de penser que les hommes ont aussi eu de la bienveillance, de l’empathie et un souci d’inclusion », souligne Valérie Delattre, archéo-anthropologue à l’Inrap et commissaire scientifique de l’exposition.

Crâne de vache trépanée, fouille Roger Joussaume, 1981, enceinte néolithique de Champ-Durand, Nieul-sur-l’Autise © Collection Historial de la Vendée.

Ex-voto ophtalmique, Antiquité romaine © Vincent Leray Le Chronographe.

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Nouveau talent : Sowat, du grafitti à l’art

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Sowat a grandi sous le soleil marseillais et l’azur californien, l’œil gorgé de couleurs. Il couvre de graffitis les voies ferrées de la capitale méditerranéenne et s’émerveille à Los Angeles devant la calligraphie du chollo writing des gangs mexicains. Puis, en 2010, il rencontre Lek, figure majeure du graffiti parisien. Inséparable, le binôme explore les lieux abandonnés, chantiers et autres ruines urbaines pour les couvrir, en secret et la nuit, d’images éclatantes qui épousent la structure des bâtiments comme des peintures rupestres. Le duo fait entrer l’art de la rue dans des friches intérieures insoupçonnées, puis filme ses interventions. Ils séduisent Jean de Loisy, qui leur permet de « s’éclater » clandestinement – l’adrénaline est indispensable – dans les sous-sols du Palais de Tokyo. Ce qui les amène à y réaliser le film Tracés directs avec Jean Villéglé et d’autres artistes du Street Art, et à exposer à la galerie d’agnès b., en 2013. Deux ans plus tard, ils se retrouvent à la Villa Médicis, dont ils « enturbannent » la loggia avec des bandes de plastique bleu. Mais en se frottant au monde de l’art, Sowat prend goût au travail solitaire de l’atelier. Ses grandes toiles éclaboussent l’œil avec le geste énergique du graffiti. Ses couleurs explosent,  brouillées, les encres sont pulvérisées en mille petites taches hypnotiques. Leur effet répétitif fait songer aux papiers peints, à Mark Tobey, à Pollock et surtout à… Georges Seurat ! Un pointillisme réalisé non à la pointe du pinceau mais à la pointe du bambou. Il est parvenu à unir deux mondes longtemps inconciliables, celui de la rue et celui du musée.

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L’Arc de Triomphe empaqueté par Christo : changement de dates pour cause de faucons

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Symbole historique, lieu de commémorations et œuvre d’art offerte à la délectation des automobilistes embouteillés Place de l’Étoile, l’Arc de Triomphe est aussi un lieu d’accueil pour le faucon crécerelle en période de nidification (d’avril à août). Pas plus gros qu’un pigeon, ce petit rapace, protégé depuis 1972, apprécie tout particulièrement les sites urbains pour y établir son habitat. Les monuments élevés de la capitale lui offrent en effet toutes sortes d’abris pour y installer son nid ou simplement prendre le temps de dépecer ses proies. Sa présence est ainsi attestée sur la cathédrale Notre-Dame depuis plus d’un siècle et demi et l’on suppose qu’il se languit aujourd’hui de ses balustres et gargouilles. Au printemps, l’Arc de Triomphe accueille lui aussi de nombreux couples nicheurs dont la couvée attentive ne saurait être perturbée par un geste artistique, si spectaculaire soit-il. Voilà donc un paramètre que n’avait sans doute pas envisagé Christo en concevant son projet d’empaquetage du monument, qui devait être mis en œuvre dans le cadre de son exposition au Centre Pompidou (18 mars-15 juin 2020).

Christo, L’Arc de Triomphe empaqueté (Projet pour Paris – Place de l’Etoile-Charles de Gaulle), dessin 2019 en deux parts, 38 x 244 cm et 106.6 x 244 cm, crayon, fusain, pastel, crayon à la cire, peinture émaillée, étude architecturale et topographique, carte dessinée à la main sur vélin et ruban adhésif. Photo: André Grossmann © 2019 Christo

En avril dernier, le Centre des monuments nationaux et le musée national d’art moderne avaient en effet annoncé que l’installation temporaire serait visible du 6 au 19 avril 2020, mobilisant 25 000 m de tissu recyclable et 7000 m de cordage rouge. Mais ces précautions écologiques n’étaient pas suffisantes, l’emmaillotage du monument risquant d’avoir, à cette période, un impact direct sur la reproduction d’une espèce protégée, qui, certes, goûte particulièrement les petits moineaux. Dans le contexte actuel de prise de conscience mondiale des enjeux de l’écologie, l’art contemporain gagne à être exemplaire et l’on ne peut que saluer la décision qui vient d’être prise, en concertation avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux, de repousser cette intervention à l’automne 2020. L’installation L’Arc de Triomphe empaqueté (projet pour Paris, Place de L’Étoile-Charles de Gaulle) sera donc finalement présentée du 19 septembre au 4 octobre 2020. Outre la dimension poétique de ce geste, qui fait de l’Artiste un gardien de la Nature, on peut se demander dans quelles mesures le Land Art, entendu comme véritable mouvement artistique et non comme simple tendance romantico-saugrenue à empiler des cailloux dans la forêt ou sur les plages de Bretagne, est-il finalement écologique ?

À gauche : Robert Smithson, Spiral Jetty, 1970, boue, cristaux de sel, basalte, bois et eau, Grand Lac Salé, Salt Lake City ©Jacob Rak ; à droite, Michael Heizer, Double Negative, 1970, déplacement de rhyolite et grès, Mormon Mesa, Nevada ©Clf23

Prenant la Nature (au sens large) pour cadre et matière, l’œuvre Land Art, d’autant plus quand elle atteint le gigantisme d’une Spiral Jetty (Robert Smithson, 1970) ou d’un Double Negative (Michael Heizer, 1970), transforme, plus ou moins temporairement, le paysage naturel et ouvre une brèche dans l’écosystème. Les matériaux et outils qu’elles utilisent sont-ils systématiquement éco-compatibles, une question d’autant plus cruciales lorsqu’ils sont destinés à durer dans le temps ? Si monumentales qu’elles feraient presque oublier qu’elles sont de mains d’homme, ces créations doivent justement leur beauté à la frontière sur laquelle elles se tiennent, entre Nature et Culture, fini et infini, éphémère et éternel. Jugées souvent mégalomaniaques ou absurdes, elles créent un espace-temps anhistorique et nous plongent dans un monde antédiluvien ou post-apocalytique où l’homme est réduit au silence. Après les constats d’intoxication au plomb dû à la fonte de la toiture de Notre-Dame, le report du projet de Christo suggère, en un sens, que l’œuvre d’art peut être une menace, une posture jusque-là inédite dans notre culture. Ceci va-t-il ouvrir la voie à de nouvelles restrictions, certes bien fondées, en matière de production artistique ? Faut-il se méfier des œuvres d’art ?

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Thomas Lerooy, pièges à voir

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Une paire de jambes dépasse d’un rideau-jupe laissant deviner, en transparence, un ciel azur. Énigme ou faux-semblant, il y a du Magritte chez Thomas Lerooy, dont l’œuvre dessiné, sculpté, peint, navigue à vue entre répertoire classique, grammaire symboliste et motifs surréalistes. Si ses Vanités grotesques ne sombrent jamais dans le sinistre, c’est qu’elles ont en partage toute la malice du Plat Pays, celle de Bruegel, de Rops, de Spilliaert ou d’Ensor.

Thomas Lerooy, The two of us combined, 2008, Huile sur toile © Rodolphe Janssen, Bruxelles.

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Cécile Reims, une vie gravée au château d’Ars

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Fruit d’une complicité confiante et féconde entre l’artiste, Vanessa Weinling, la directrice du musée, et Christophe Guitard, critique d’art, en partenariat avec le musée de l’Hospice Saint-Roch à Issoudun et l’association des Amis de Cécile et Fred Deux, présidée par l’historien d’art Pierre Wat, cette rétrospective fait enfin passer Cécile Reims de l’ombre à la lumière, révélant son histoire tout à la fois singulière et universelle et son immense talent d’auteur et de graveur. Celle qui fut longtemps la main clandestine et anonyme de l’œuvre gravé d’Hans Bellmer et de Léonor Fini a un parcours hors du commun illustré autour de cinq temps forts dans l’exposition.
La première partie est consacrée au souvenir heureux de sa petite enfance en Lituanie dans une famille juive orthodoxe, à son retour en France, à la guerre ensuite qui la jette très vite sur les routes puis dans la Résistance, avant qu’elle n’apprenne l’extermination de toute sa famille lituanienne et ne soit attirée par le combat pour la naissance de l’État d’Israël. Dans une deuxième partie, ses premiers pas d’artiste sont évoqués grâce à une belle sélection d’œuvres. Alors qu’elle dessine depuis l’enfance, c’est véritablement aux côtés du maître graveur Joseph Hecht qu’elle découvre la richesse du monde de l’estampe. Il lui enseigne la discipline et la rigueur du burin. Elle saura pour toujours que « l’incision est une décision inaccessible au repentir ». Une troisième partie illustre sa rencontre avec Fred Deux et le choix qu’ils ont fait de l’isolement pour mener à bien leur grand œuvre, car ils sont entrés en art comme on entre en religion. C’est alors que Cécile Reims – délaissant sa création personnelle pour assurer leur quotidien – devient une tisserande recherchée par les grandes maisons de couture. Dans cette section, le visiteur peut appréhender l’incroyable force de l’union/fusion des deux artistes, et cela grâce à un prêt exceptionnel de deux grands dessins de Fred Deux Pour mémoire. Les Milç et Pour mémoire. Les Remz (1986-87) par le Centre Pompidou. Ce diptyque – connu sous le titre de Massacre des Innocents et accroché sur la photo très agrandie du cimetière où sont enterrés les membres des deux familles lituaniennes décimées de Cécile Reims – dit la symbiose sensible et vibrante dans laquelle le couple Deux-Reims a vécu. La quatrième partie s’attache à son activité de graveur d’interprétation dans l’ombre absolue d’Hans Bellmer, Léonor Fini et Salvador Dali, et également de Fred Deux, lorsque tous ses « sens étaient tendus dans cette transcription à laquelle, dira-t-elle, je ne participais que par mon volontaire effacement : s’effacer est un verbe actif ». La dernière partie est consacrée à son immense œuvre personnelle (un choix parmi 1 450 numéros) où son œuvre gravé – « graver m’est plaisir, m’est jouissance, quand mon burin poussé délicatement, avec force et retenue de ma main droite, pénètre et incise le cuivre que, de la main gauche, je fais pivoter sur lui-même afin que la pointe de l’outil en excise une ligne, creuse un sillon qui obéit à mon désir » – est en correspondance avec son œuvre littéraire, une autre « veine » à découvrir. Les séries Histoires naturelles, Anatomies végétales, Plaies d’arbres, Paysages anatomiques, Forteresses de paille, La Chenille aux côtés de l’Alphabet de Maître ES ou des Tarots de Mantegna disent le rapport nourri de transcendance de l’artiste à la nature, à la vie dans son infini mystère – elle que la tuberculose faillit emporter au sortir de la guerre. Ceux qui ont la chance de la côtoyer savent l’incroyable acuité de son regard sur le monde, la nature, ses frères en humanité, dans un élan vital qui force l’admiration.
Presse à imprimer, outils de graveur, plaques de cuivre, film et vidéo complètent ce riche parcours. Le catalogue, avec une préface inédite de l’artiste et les riches contributions de Pierre Wat, Dominique Guilbault, Georges Monti, Christophe Guitard, Daniel Moret et Vanessa Weinling, est une source remarquable pour éclairer la vie et l’œuvre de Cécile Reims en lui donnant la place qu’elle mérite… cette fois-ci en pleine lumière.

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Michel Draguet et la Belgique

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Ce spécialiste du symbolisme et du surréalisme, commissaire de l’exposition « Fernand Khnopff » couronnée de succès au Petit Palais à Paris cet hiver, doit en effet gérer les collections et activités du musée du peintre romantique Antoine Wiertz, du musée du sculpteur réaliste Constantin Meunier et des quatre institutions du Mont des Arts : le Musée royal d’Art ancien, le musée Fin de siècle (qu’il a créé en 2013), le musée d’Art moderne (en caisses actuellement) et le musée Magritte (inauguré en 2009). Pour les collections d’art ancien, Michel Draguet vient de rouvrir les deux enfilades parallèles de salles de peintures hollandaises où figurent, près de Rembrandt, les superbes Jeune dessinateur de Pieter Codde et Le Compteur d’argent de Willem van der Vliet. Reste encore à revoir les espaces dévolus à la peinture flamande, qui sentent bon leurs années 1970. Mais la maison, avec ses quelque vingt mille œuvres, est grande et nécessite un chantier permanent alors que ses budgets ne sont pas toujours à la hauteur. En attendant, Michel Draguet lance des expositions attendues comme « Dalí/Magritte » (du 11 octobre au 9 février) à l’occasion du dixième anniversaire du musée Magritte, poursuit ses grandes monographies d’artistes belges comme Wim Delvoye et ses cochons tatoués (« Connaissance des Arts » n°780, p. 38) ou Hans Op de Beeck (mars 2020) et annonce déjà des projets sur le peintre et poète Christian Dotremont, sur un parallèle Jordaens/Van Dyck, et sur l’art aborigène en 2021. Une vision à long terme au plat pays qui est le sien.

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Podcast : Les salons littéraires au musée de la Vie romantique

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Anne-Frédérique Fer, rédactrice en chef de www.FranceFineArt.com, a rencontré Gaëlle Rio, directrice du musée de la Vie romantique et co-commissaire scientifique de l’exposition « Paris romantique, 1815-1848. Les salons littéraires », à voir au musée de la Vie Romantique jusqu’au 15 septembre 2019.

Le musée de la Vie romantique et le Petit Palais, musée des beaux-arts de la Ville de Paris, s’associent pour présenter « Paris romantique 1815-1848 », une exposition en deux volets qui dresse un panorama inédit de la capitale française à travers le prisme du mouvement romantique, en soulignant le dialogue permanent entre la musique, la littérature et les Beaux-Arts. Le musée de la Vie romantique, ancienne demeure du peintre Ary Scheffer (1795-1858),  offre un écrin idéal à la mise en lumière des salons littéraires de la période romantique. Professeur de dessin des enfants du duc d’Orléans, futur Louis-Philippe, Ary Scheffer est, en 1830, le premier locataire du 16, rue Chaptal, une maison de style italianisant située en bordure du quartier de la Nouvelle-Athènes, où de nombreux artistes viennent alors s’installer. À l’entrée de la cour-jardin, Scheffer fait bâtir deux ateliers, le plus grand conçu comme un lieu de travail, le plus petit comme un lieu de réception et d’exposition. C’est dans cet atelier-salon qu’il reçoit, chaque vendredi, de grandes figures littéraires et artistiques, parmi lesquelles George Sand, Chopin, Liszt, Delacroix, Rossini et Gounod. Dans la continuité du siècle des Lumières, les salons littéraires de la première moitié du XIXe siècle sont ces lieux où, dans la « fraternité des arts », les artistes et les écrivains se réunissent en petit comité pour débattre aussi bien de poésie, d’art et de littérature que de l’actualité politique. C’est également un moment de rencontre pour échanger sur les créations en cours, le salon littéraire devenant souvent le lieu de la première lecture et des premières critiques.

Lire la suite ici.

Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois, la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005). FranceFineArt est constituée de différentes rubriques qui à l’aide de photographies, d’interviews sonores,
de textes et de liens interactifs 
rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

 

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Les palettes sensuelles d’Harry Gruyaert

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Avant les années 1970, la photographie en couleurs reste à peu près ignorée des galeries et des musées. Pour une bonne part de la critique et des photographes eux-mêmes, la couleur est tout simplement « vulgaire », selon le mot de Walker Evans. Elle reste associée, d’une part, à la pratique amateur et à sa banalité, d’autre part, à la publicité et à la presse magazine. C’est justement dans cet univers que le Belge Harry Gruyaert fait ses premiers pas et, plus précisément, dans la photographie de mode, pour le magazine « Elle » entre autres. Né en 1941 à Anvers, il a quitté son pays pour la France vers 1962. Mais, bientôt, l’univers étroit et superficiel de la mode l’ennuie et, à l’occasion d’une commande, il découvre le Maroc, à la fin des années 1960. « J’avais l’impression d’être tombé dans un paysage à la Bruegel avec une affinité entre les gens et le paysage comme je n’en avais jamais vue, une lumière fantastique et des gens habillés dans des couleurs incroyables ! », se souvient-il. Ainsi débute une longue suite de voyages à travers le monde, de l’Inde à l’Égypte, des États-Unis à la Russie, avec des retours fréquents au Maroc.

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paru dans notre numéro de juin 2019

 

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