Actualité artistique

Miracle en Martinique : Gauguin et Laval à Amsterdam

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En juin 1887, après une expérience amère à Panama, deux rapins impécunieux débarquent en Martinique. Avec son volcan imposant, ses côtes déchiquetées, ses plages ourlées de cocotiers, l’île leur apparaît comme l’Eden luxuriant dont ils rêvaient. Nos deux amis, Paul Gauguin (1848-1903) et Charles Laval (1861-1894)), ont fait connaissance à Pont-Aven l’an passé. Ils s’installent au cœur d’une plantation de canne à sucre, dans une des cabanes qui abritaient jadis les esclaves. Car ils entendent vivre en « sauvages ». Commence alors une aventure artistique fondatrice. L’exposition conçue par Maite van Dijk et Joost van der Hoeven rassemble pour la première fois une part importante de la production martiniquaise des deux artistes. Si Gauguin domine en nombre d’œuvres, Laval, artiste rare et encore mal connu, est bien plus qu’un faire-valoir. Un étonnant Paysage. Martinique conservé au Van Gogh Museum, le montre plus radical que son compagnon dans la stylisation du motif. Temps fort de l’exposition, les croquis de Gauguin éparpillés dans les collections internationales, comme l’admirable étude au pastel pour Aux Mangos, sont réunis sur une grande paroi de verre qui permet une confrontation directe avec les tableaux. Si l’expérience martiniquaise ouvre la porte à toutes les audaces futures de Gauguin, le catalogue (en français !) souligne qu’elle se nourrit d’une vision idyllique de l’île, loin de la réalité coloniale…

 

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Pierre Wat reçoit le Prix Pierre Daix 2018

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Crée en 2015 à l’initiative de François Pinault en mémoire du journaliste et historien d’art Pierre Daix, décédé en 2014, ce prix littéraire, doté de 10 000€, distingue chaque année un ouvrage en histoire de l’art moderne et contemporain. Cette année, le jury, présidé par Jean-Jacques Aillagon, a choisi de récompenser Pérégrinations. Paysage entre nature et histoire (paru aux éditions Hazan), un essai de Pierre Wat, professeur d’histoire de l’art à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et spécialiste du romantisme, consacré à la question du paysage dans la peinture. Le jury a ainsi souhaité distinguer « un ouvrage habité », mêlant « la rigueur de l’historien d’art à la subjectivité méditative de l’écrivain », auquel Connaissance des Arts consacrait un article en février dernier.

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Burne-Jones ensorcelant à la Tate Britain de Londres

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Car, parmi les cent cinquante œuvres, tableaux, tapisseries, vitraux, qu’elle présente, deux grands cycles de peintures habituellement dispersées entre plusieurs collections ont été réunis, occasion unique d’apprécier l’art de Burne-Jones dans tout son accomplissement. The Briar Rose, peint vers 1890, et encore en mains privées, illustre le conte de Charles Perrault La Belle au bois dormant, en quatre toiles de près de trois mètres de long chacune, parmi les plus admirées en leur temps. Lorsqu’elles furent exposées à l’Agnew’s Gallery en 1890, des milliers de visiteurs firent la queue pour les voir. Aujourd’hui encore, le public anglais se délecte de cette imagerie féerique et mélancolique, pleine de précieux détails. Le cycle est présenté dans sa structure entière, avec les panneaux décoratifs articulant les toiles entre elles. Le second cycle fut commandé en 1875 par le futur premier ministre Arthur Balfour, qui transforma sa demeure pour l’y installer. Consacré au mythe de Persée, il comportait dix grandes compositions, mais les toiles les plus ambitieuses ne furent jamais peintes. Ces lacunes sont ici comblées notamment par six études préparatoires au format définitif, de façon à donner l’idée la plus complète possible du cycle dans son intégralité. Plus qu’un « bonus », ces ensembles forment le cœur même de l’exposition.

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Les fantômes de Sugimoto à Versailles

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Figure majeure de la scène artistique contemporaine, Hiroshi Sugimoto est photographe mais aussi sculpteur, architecte, vidéaste et scénographe. Né au Japon en 1948, il partage sa vie entre New York et Tokyo. Proche de l’art conceptuel, il se tient néanmoins à une juste distance de toutes tendances, traçant sa propre voie en questionnant le passage du temps, l’illusion du réel, la nature de la lumière. De ses premiers Dioramas (1976), où il photographie les animaux naturalisés du Muséum d’histoire naturelle de New York devant des décors peints, à sa série Seascapes (1980-1996), où il atteint l’abstraction, et jusqu’à ses sublimes Lightning Fields (2009), éclairs de lumière reliant l’homme au cosmos, Sugimoto poursuit une œuvre unique en son genre, où l’éblouissante maîtrise technique s’allie à la poésie et à l’épure. L’exposition à Versailles donne un aperçu de son art conjuguant pensée orientale et culture occidentale.
À la monumentalité du château, Sugimoto a préféré l’intimité du domaine de Trianon : « Je ne voulais pas me battre contre sa grandeur, confie l’artiste en riant, car dans cette bataille entre l’art et Versailles, l’artiste est toujours perdant ! ». C’est donc là, dans ces lieux chers à Marie-Antoinette, que le photographe – qui a eu carte blanche – a planté son théâtre. Sur le bassin du Plat Fond, situé en face du Grand Trianon, il a déposé, à fleur d’eau, sa Maison de thé Mondrian. Ce cube de verre transparent évoque « une quête de l’abstraction […] déjà présente dans la cérémonie du thé, trois cents ans avant la naissance de Mondrian », explique-t-il. Au centre du Belvédère qui domine le domaine, une sculpture abstraite, toute en volutes, converse avec l’univers. Son titre est celui de l’exposition : Surface of Revolution. Sa forme est inspirée des fameux objets mathématiques inventés au XIXe siècle dont raffolaient les surréalistes et à partir desquels Man Ray créa ses Équations shakespeariennes (1934). […]

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Le saviez-vous ? : Le Groupe de Roubaix

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Michel Delporte, Démon, 1961, huile sur toile, 92×73 cm © A.Leprince/Roubaix, La Piscine, Musée d’art et d’industrie André Diligent

À Roubaix, alors que la Libération amène un vent de renouveau, de jeunes peintres et sculpteurs se lient d’amitié, animés par la même passion. Ils ne forment pas une école et n’ont ni manifeste, ni théorie commune. C’est un groupe informel bâti autour d’un noyau dur, constitué de ceux qui, le plus souvent, sont rassemblés et confrontent leurs œuvres aux cimaises des salons ou des galeries roubaisiennes : Michel Delporte, Eugène Dodeigne, Jacky Dodin, Paul Hémery, Pierre Hennebelle, Pierre Leclercq, Eugène Leroy, Jean Roulland et Arthur Van Hecke, auxquels se mêlent parfois certains aînés, Henri Delvarre, Gérard Dupon, René Jacob, Maurice Maes, Louis Parenthou, Pierre-César Lagage, et régulièrement aussi Robert Conte, Jean-Robert Debock, Marc Ronet, Robert Droulers et Noël D’Hulst. Le Salon des artistes roubaisiens est ainsi le lieu de leurs premiers pas. Il donne leur chance aux jeunes artistes désireux de soumettre leur travail à des regards extérieurs, à charge pour les galeries d’y déceler les plus prometteurs et de se risquer à exposer un art qui cherche encore à se démocratiser. La démarche des galeries est aussi encouragée par l’arrivée d’une nouvelle génération d’industriels désireux de renouveler les œuvres accrochées à leurs murs, qui délaissent les post-impressionnistes plébiscités depuis le début du XXe siècle pour se tourner vers le courant moderniste. Certains, comme Jeanet Geneviève Masurel ou Philippe et Marthe Leclercq-Lestienne, agissent en véritables mécènes, permettant aux artistes de vivre de leur art. Ils affirment ainsi un goût résolument neuf et suscitent une émulation dans la bourgeoisie roubaisienne.

Jean Roulland, Les Enchaînés, 1973, bronze à la cire perdue, 49x48x44 cm © A.Leprince/Roubaix, La Piscine, Musée d’art et d’industrie André Diligent

D’autres pratiquent le mécénat d’affaires, comme les époux Prouvost. À la tête de l’un des plus grands complexes textiles d’Europe, ils constituent une importante collection d’entreprise faisant la part belle à plusieurs des artistes du Groupe. À l’échelle locale, le débat entre les tenants de la figuration et les contestataires qui s’expriment dans l’abstraction fait rage. Ce groupe de jeunes artistes originaires de Roubaix ou des communes avoisinantes est séduit par ces nouvelles tendances, mais tiraillé entre un néocubisme, qui vise le dépassement de la figuration au bénéfice de la construction seule, et un expressionnisme issu d’une tradition flamande encore vivace et fermement ancrée.

Paul Hémery, L’Hiver, 1959, huile sur toile, 50,4×69,5 cm © A.Leprince/Roubaix, La Piscine, Musée d’art et d’industrie André Diligent

Dans leurs œuvres se lisent ainsi les influences diverses exercées par la Nouvelle École de Paris et certaines signatures renommées présentes dans plusieurs collections locales : Alfred Manessier, dont les vitraux de la chapelle d’Hem constituent une source d’inspiration sensible pour Paul Hémery à l’époque où il peint L’Hiver ; Germaine Richier, amie d’Eugène Dodeigne qui transcrivit certains des bronzes de son aînée dans la pierre de Soignies, et admirée par le jeune Jean Roulland qui fit naître dans le bronze une humanité douloureuse dont Les Enchaînés sont un modèle du genre ; André Lanskoy, qui fréquenta Arthur Van Hecke, dont Nature morte au compotier s’envisage comme un hommage plus ou moins explicite au peintre russe. Bien que très différents parfois dans leurs manières ou leurs tempéraments, les artistes du Groupe de Roubaix participèrent au renouveau de l’art septentrional et écrivirent une page de l’histoire de l’art à Roubaix et dans le Nord.

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Ricardo Vazquez défend l’art du Sud

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Cet homme d’origine bolivienne, très cultivé et bardé de diplômes est aussi directeur de la Culture, des Sports et de la Jeunesse au Conseil départemental du Var. On lui doit de très belles expositions photo, de Jacqueline Salmon en 2016  à Bernard Plossu en 2017 en passant par Mathieu Pernot ou Stéphane Couturier. Impossible de ne pas remarquer son penchant pour tout ce qui parle des liens existants entre l’art et la ville. Il coordonne même, depuis 2018, l’action de dix établissements dédiés à l’art et surtout au patrimoine dans tout le Var. Inutile de dire qu’il a du pain sur la planche. Sans doute est-ce la raison pour laquelle il laisse désormais de plus en plus souvent le commissariat des expositions du Centre d’art à d’autres brillants collègues. Il a pourtant assuré dernièrement le co-commissariat de l’exposition consacrée au sculptur marseillais Richard Baquié. Mais il a laissé à Jean-François Chougnet le soin de concocter la dernière exposition de la Portugaise Joana Vasconcelos, qui a transformé pendant l’été le rez-de-chaussée en une explosion de couleurs. Cette fois-ci, il a demandé à Raoul Hebreard de mettre en scène  le travail de douze artistes varois à travers un panorama générationnel, pour que l’on voie et apprécie enfin la richesse et la variété à l’œuvre dans ce territoire, chaque pièce étant spécifiquement conçue pour cette exposition et coproduite par le Centre d’art.

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Les boîtes de sardines de la Compagnie bretonne relookées par Amélie Fish

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Depuis 2013, la Compagnie bretonne met en vente une série limitée de 40 000 boîtes de sardines millésimées et décorées par un artiste contemporain, l’objectif étant de « faire honneur au savoir-faire historique de la conserverie et au travail créatif d’artistes contemporains locaux. L’occasion aussi de sélectionner la meilleure sardine fraîche de l’année pêchée mi-août », a déclaré Sten Furic, directeur de La Compagnie. Cette année, le choix s’est porté sur l’artiste peintre Amélie Fish, dont le projet à l’esthétique Street Art et au design coloré ont séduit les dirigeants de l’entreprise. Originaire du Pays Bigouden, Amélie Fish s’est également inspirée de l’art du vitrail pour proposer des formes marines aux couleurs franches et aux contours nets. « J’ai beaucoup navigué. J’ai traversé l’Atlantique et j’ai toujours du plaisir à pêcher. Les poissons sont omniprésents dans mes créations, ils m’ont inspiré tout naturellement », a affirmé l’artiste. Une boîte collector donc, qu’il est conseillé de garder fermée dix-huit mois durant, pour apprécier ces sardines à leur juste valeur.

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Vitalie Taittinger élue présidente de l’association Platform

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Présidente du Frac Champagne-Ardenne, Vitalie Taittinger est née en 1979 et a effectué un cursus artistique orienté vers le graphisme et l’illustration. Depuis 2007, elle exerce également la fonction de directrice de communication et de marketing dans l’entreprise familiale des champagnes Taittinger. Vitalie Taittinger prend désormais la tête de l’association Platform après son élection par l’Assemblée générale. Créée en 2005, l’association réunit les vingt-trois Frac qui ont souhaité s’associer autour de trois objectifs communs de développement et de coopération : mener une réflexion collective sur le rôle des Frac, constituer un centre de ressources et d’informations pour ses membres et partenaires et développer les coopérations régionales et internationales. Valérie Taittinger succède à Bernard de Montferrand, président du Frac Aquitaine en poste depuis 2010 et qui ne souhaitait pas se présenter pour un quatrième mandat. Elle s’est engagée à poursuivre le travail de ce dernier, en s’appuyant sur l’aide du conseil d’administration, renouvelé également.

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Splendeur gallo-romaine à Bavay

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Carrefour entre la Gaule, la Germanie et les Îles britanniques, Bavay, dans le Nord, fut une place de première importance qui connut son apogée au IIe siècle avant de prendre rang, au Bas Empire, de castrum. En témoignent les restes, dégagés à partir de 1906, de l’un des plus grands forums connus du monde romain. Une découverte majeure d’objets y eut lieu le 12 juillet 1969 : y furent exhumés quelque trois cent soixante-cinq bronzes antiques, mêlant de spectaculaires statuettes cultuelles, des objets domestiques, souvent brisés, ainsi que des fragments de grandes statues. Les capacités d’investigation scientifique sur les métaux ayant beaucoup progressé depuis 1969, le musée de Bavay a eu l’idée de rouvrir le dossier avec l’appui du Centre de recherche et de restauration des musées de France (le C2RMF) en vue d’une nouvelle présentation muséale. Rassemblés probablement pour une refonte du métal autour de 300, soit après la première vague d’invasions des années 250, ces bronzes se sont révélés tous réalisés à la cire perdue et datés des Ier et IIe siècles. De fructueuses comparaisons ont pu être établies, notamment avec des objets similaires trouvés en 1979 à Weissenberg (Bavière) et à Dury (Somme) en 1994-1995. Avec d’autres pièces prêtées par les musées du Louvre et de Mariemont (Belgique), cette exposition vient apporter des réponses aux multiples questions suscitées par cet ensemble exceptionnel tout en éclairant la production de bronzes de l’époque gallo-romaine.

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Les Esprit du Japon envahissent le musée des Confluences de Lyon

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Attention, exposition enchanteresse ! Au musée des Confluences on tutoie les esprits et les masques. Les premiers sont ceux dont se nourrit la spiritualité nippone, tantôt divinités issues du bouddhisme, tantôt kami facétieux ou redoutables nés de la tradition shinto. Ils sont évoqués à travers les objets des collections, rassemblés par Émile Guimet en 1876. Les seconds paradent devant l’objectif de Charles Fréger (né en 1975). Après avoir traité des mascarades hivernales en Europe, le photographe est parti en 2013 à la recherche du monde rural japonais et de ses rituels : fêtes qui rythment les saisons, cérémonies où les travestis anonymes connaissent les moyens d’apprivoiser la cruauté des éléments. L’heureux visiteur déambule entre les deux rives d’un dialogue. Sur l’une, on fréquente les dieux, les ogres, les démons, les fantômes vengeurs, tout un peuple de « yokai », créatures surnaturelles. On honore les boddhisattvas, on implore la compassion du moine Daruma, on vénère les ancêtres. On s’incline devant de drôles de petites poupées en argile peintes, talismans shinto installées sur des sanctuaires domestiques. La figure du cerf, monture des dieux, protège les récoltes, celle du chien tanuki apporte la prospérité. Autour de ces représentations fascinantes, un autre envoûtement, tel un cortège : les portraits des kasedori, homme-pailles, des kuro-oni couverts de suie ou des burlesques namahage. Charles Fréger en livre des images protocolaires, mises en scène sous une lumière irréelle, dans un paysage choisi. Un monde d’une poésie fabuleuse qui nous accompagne bien longtemps après l’avoir quitté.

 

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Nouveau talent : Marion Verboom, le temps retrouvé

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C’est une montagne qui porte bien son nom. Au cœur de la vallée de Vajont, à une centaine de kilomètres de Venise, se dresse le mont Toc. Du frioulan Patoc (« pourri »), il rencontre son destin le 9 octobre 1963, à 22h39, quand le barrage construit à ses pieds trois ans plus tôt cède, effaçant de la carte les villes de Pirago, Rivalta, Villanova, Faè et Longarone. Un massif maudit que Marion Verboom a eu en toile de fond durant les six mois de sa résidence à la Maniffatura Thélios, l’unique site de production dédié à l’eyewear du groupe LVMH, inauguré en avril dernier dans cette région réputée pour son savoir-faire lunettier. « J’avais envie de mener un travail de détective sur l’histoire et la matière », confie la plasticienne qui, sur le terrain et tout autour, d’Udine à Padoue, fouille les collections nationales quand elle ne sonde pas les propriétés de l’acétate. Pour mieux apprivoiser cette matière fauve, elle la « liquide » : fondue dans de l’acétone avant d’être dégazée, puis injectée dans des moules en silicone ou en plâtre, elle lui inspire même une version « customisée », baptisée « acétate nébuleux », dont les nuances rose poudré complètent sa gamme, toujours pastel, entre vert amande, bleu pâle, lilas ou gris souris. De ce magma vivant, par endroits transparent, émergent des créatures mutantes (Catoblépas, Gufo), comme échappées d’une encyclopédie parallèle. C’est que Marion Verboom, nourrie des écrits de Roger Caillois, du design d’Ettore Sottsass ou des maquettes suprématistes de Malévitch, pense en archipel. Les motifs qu’elle « rencontre » et prélève dans les musées archéologiques de Madrid ou de Mexico agissent comme des fétiches narratifs : montés en séquences, ils balaient les âges dans un grand charivari. Pour preuve, les quinze pièces de l’ensemble Ester, émaillées de références aux allégories de Giovanni Bellini ou aux mystères de Jérôme Bosch.

 

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Clermont-Ferrand traque les tissus activistes

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Faisant suite au 4e Festival international des textiles extraordinaires qui s’est tenu en septembre, l’exposition présente quatre-vingts œuvres textiles, photographies ou vidéos qui s’éloignent toutes de la « ligne tracée » pour aborder la transgression des règles, les chemins de traverse qui relient les hommes. Pièces patrimoniales ou textiles créées par des artistes, célèbres ou moins connus : toiles de Claude Viallat, tissage de El Anatsui, costumes soignés de « sapeurs », patchworks militants, broderies-messages…

 

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Le Calendrier de l’Avent 2018

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Le château d’Angers accueille « Les Chambres des Merveilles »

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Le château d’Angers, dont la construction a débuté au XIIIe siècle sous l’impulsion de Louis IX, pour s’achever au XVIe siècle, a accueilli la résidence seigneuriale des comtes et ducs d’Anjou jusqu’à la fin de l’empire Plantagenêt, qui voit le royaume de France conquérir le comté d’Anjou. Les ducs d’Anjou ont été de grands collectionneurs, à l’image de Louis Ier qui a possédé jusqu’à 3 000 objets rares et précieux, dont la célèbre tenture de l’Apocalypse. Le roi René, quant à lui, collectionnait les livres, les œuvres d’art, les armes, les instruments scientifiques ou encore de musique venus de contrées lointaines. Ce goût de la collection a donné naissance aux « chambres des merveilles » et aux cabinets de curiosités, qui se multiplient avec toujours plus d’ampleur et d’extravagance de la fin du Moyen Âge au XIXe siècle. Pour la première fois, le Centre des Monuments nationaux présente une nouvelle exposition itinérante au domaine national du château d’Angers, « Les Chambres des Merveilles ». Un événement qui vient aujourd’hui entraîner le spectateur à la découverte de ces multiples artefacts, curiosités naturelles, instruments, objets extraordinaires et autres créatures fantastiques qui peuplaient ces collections et cabinets. L’Université catholique de l’Ouest a même exceptionnellement sorti de ses réserves des objets inédits venus de la collection d’un amateur angevin, tels qu’un masque précolombien, une coupe seldjoukide, un ouchebti égyptien ou encore une dent d’ours des cavernes. Un condensé d’objets extraordinaires, dont certains ont été acquis pour l’occasion, à découvrir lors de cette exposition, véritable machine à remonter le temps.

 

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