Actualité artistique

Une création polymorphe de Lita Albuquerque à l’American Center de Paris

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Du 16 octobre au 10 novembre 2019, l’American Center for Art and Culture accueille « 20/20 : Accelerando », le premier solo show de Lita Albuquerque à Paris.

Plus d’informations
sur le site www.americancenterparis.org

 

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Le Petit Palais ressuscite Gemito, le sculpteur de l’âme napolitaine

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Vincenzo Gemito, Petit Pêcheur, 1878, bronze, 150 x 65 x 65 cm, Florence, Museo Nazionale del Bargello ©Scala, Florence – courtesy of the Ministero Beni e Att Culturali e del Turismo

Paris, 1877. Au Salon, les visiteurs se pressent devant un Pêcheur napolitain en bronze grandeur nature. Accroupi, quasi nu, les pieds solidement agrippés à son rocher, ce gamin efflanqué serre contre sa poitrine une prise qu’on devine encore frétillante. La critique s’offusque : hideux ! Mais le sculpteur est lancé. L’œuvre a été remarquée par Rodin, peut-être même par Degas, dont la Petite Danseuse de quatorze ans subira quelques années plus tard des critiques virulentes pour son réalisme excessif. À vingt-cinq ans, Gemito est adoubé par les artistes parisiens.

Vincenzo Gemito, Joueur de cartes, vers 1869, plâtre patiné, 64 x 80 x 80 cm, Musée de Capodimonte, Naples, Italie ©Studio Speranza

Abandonné à sa naissance, le gamin des rues s’est mué en quelques années en un sculpteur prodige, signant dès la fin des années 1860 son premier chef-d’œuvre, le Joueur de cartes. Son inspiration ? Les va-nu-pieds, les personnages des crèches napolitaines, les bronzes de Pompéi admirés au musée de Naples. Après un passage à l’Académie des beaux-arts, Gemito trouve vite sa voie, celle du vérisme. Sa série de têtes enfantines aurait pu figurer dans un musée d’ethnographie. Ses grands bustes en bronze d’artistes, dont un célèbre Giuseppe Verdi, racontent ses succès. Co-organisée avec le musée de Capodimonte, conçue par Jean-Loup Champion, Cécilie Champy-Vinas et Carmine Romano, brillamment scénographiée par Alain Batifoulier et Simon de Tovar, l’exposition (à découvrir jusqu’au 26 janvier) raconte la carrière incandescente de cet artiste oublié en France. Une carrière brisée net par la folie. Débordé par d’importantes commandes royales, Gemito se mure dans un exil intérieur. Curieusement, ses grands dessins des années 1910 annoncent le « retour à l’ordre » de la décennie suivante. De Chirico, nous dit-on, s’en inspira…

Vincenzo Gemito et le buste d’Anna ©Lembo, collection privée

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Ma langue au chat : Pourquoi Picasso n’a quasiment pas exposé pendant la Seconde Guerre mondiale à Paris ?

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Jusqu’au 5 janvier, le musée de Grenoble retrace l’histoire de Picasso pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses œuvres, violentes et parfois allégoriques, traduisent le tragique des combats et l’espoir de la paix à venir.

QUESTION

Pourquoi Picasso n’a quasiment pas exposé pendant la Seconde Guerre mondiale à Paris ?


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RÉPONSE

Espagnol vivant en France, Pablo Picasso n’avait pas l’autorisation d’exposer ou de publier ses œuvres. Cependant, sa célèbre Tête de taureau, constituée d’un guidon de vélo et d’une selle, figure en 1942 en couverture de La Conquête du monde par l’image (recueil surréaliste publié par le groupe La Main à Plume) et des toiles de Picasso sont exposées à la galerie Charpentier, à la galerie René Breteau et à la galerie Berri-Raspail.

Toutes les réponses figurent dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Picasso. Au cœur des ténèbres 1939-1945 
In Fine Éditions d’art, 320 pp., 32 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition « Picasso. Au cœur des ténèbres 1939-1945 »
organisée du 5 octobre 2019 au 5 janvier 2020 au Musée de Grenoble.

+ d’infos

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Fiac 2019 : Le contemporain en ébullition

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Pour sa directrice Jennifer Flay : « Une foire doit refléter la création en train de se faire ». Ainsi, cette édition accueille 26 nouvelles galeries sur les 197 exposants. Ceux qui déploraient la faible participation d’enseignes françaises seront satisfaits du retour des galeries  Papillon ou de Campoli Presti, et de la venue de Magnin-A ou de Joseph Tang. Pour cet Américain d’origine, la Fiac offre un réseau de collectionneurs influents qu’il ne voit pas ailleurs : « Comme les frais sont importants, il faut vendre beaucoup, dans un contexte économique difficile. Mais au final, la galerie et les artistes doivent y gagner ! ». Face à la fragilité financière du moment, les atouts de la Fiac ont convaincu Albert Baronian et Renos Xippas, qui inaugurent leur association bruxelloise en jouant sur la longévité de leurs 97 ans d’activité à eux deux !
Dans un marché de plus en plus vaste, et au sein d’une foire qui reçoit chaque année plus de demandes de participation, la confiance envers les marchands est indispensable, afin de miser sur les « bons » talents émergents. Parmi les solo shows de la foire, citons Timothée Calame chez Weiss Falk (Bâle), Julien Nguyen chez Neue Alte Brücke (Francfort-sur-le-Main), Jamian Juliano-Villani chez JTT (New York) ou Kye Christensen-Knowles chez Lomex (New York), tous nés après 1986. Ils montrent la prééminence de la scène germanique, également soutenue par Meyer Kainer (Vienna), Barbara Wien ou Barbara Weiss (Berlin), et celle des États-Unis, qui représentent près d’un cinquième des exposants. Mais qu’en est-il du Royaume-Uni, redevenu devant la Chine le deuxième acteur mondial et qui sera à quelques jours d’une probable sortie de l’Union Européenne ? Le retour de la Lisson Gallerysouligne-t-il l’importance pour les Britanniques de consolider leur réseau européen ? Il est trop tôt pour le dire, selon le directeur de la galerie londonienne Claus Robenhagen, pour qui la Fiac permet de revoir bien entendu les collectionneurs français, mais aussi nombre d’Américains, de Sud-américains et d’Asiatiques. « Chaque foire est un challenge, mais nous savons qu’ici, le public s’intéresse autant aux jeunes plasticiens qu’aux valeurs sûres, en lien avec l’histoire de l’art français. »

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Ma langue au chat : Quelle œuvre Picasso écrit-il en 1941 pour dénoncer les rationnements liés à la guerre ?

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Jusqu’au 5 janvier, le musée de Grenoble retrace l’histoire de Picasso pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses œuvres, violentes et parfois allégoriques, traduisent le tragique des combats et l’espoir de la paix à venir.

QUESTION

Quelle œuvre Picasso écrit-il en 1941 pour dénoncer les rationnements liés à la guerre ?


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RÉPONSE

Picasso écrit la pièce de théâtre Le Désir attrapé par la queue avec, entre autres personnages, La Tarte, L’Oignon, L’Angoisse maigre et L’Angoisse grasse. Jouée par Dora Maar, Raymond Queneau et Simone de Beauvoir, la première lecture de cette farce surréaliste n’eut lieu qu’en 1944 chez Michel Leiris.

Toutes les réponses figurent bien sûr dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Picasso. Au cœur des ténèbres 1939-1945 
In Fine Éditions d’art, 320 pp., 32 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition « Picasso. Au cœur des ténèbres 1939-1945 »
organisée du 5 octobre 2019 au 5 janvier 2020 au Musée de Grenoble.

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Hans Hartung en 6 œuvres

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Expérimentations abstraites Jaune, rouge et bleu
1922

Aquarelle sur papier, 22 x 18 cm ©Fondation Hartung-Bergman, Antibes ©Adagp, Paris, 2019

« Si les aquarelles avaient été connues en 1922, elles seraient restées incomprises tant elles étaient en avance sur son temps », écrit l’historien de l’art allemand Will Grohmann qu’Hans Hartung rencontre en 1931. En effet, Jaune, Rouge et Bleu s’inscrit dans une série d’une soixantaine d’aquarelles réalisées en 1922. Toutes témoignent d’une démarche spontanée. Ici, des taches libres, colorées et lumineuses semblent surgir du fond se mélangeant, se confondant, dans une dilution aquatique ou céleste : une diagonale tracée dans un geste ample crée un mouvement ascensionnel tandis que des bleus violacés naissent au bas de l’œuvre contrastant avec les taches jaunes, radieuses, éclairant l’ensemble.

Compositions expressionnistes T1936-2
1936

Huile sur toile, 171 x 115,8 cm ©Musée national d’art moderne, Paris ©Adagp, Paris, 2019

À la surface de cette œuvre (reproduite dès 1936 dans la revue américaine Axis) se meuvent des tracés noirs à l’épaisseur variable, tantôt indécis, tantôt sûrs. Ce sont des substrats des cernes expressionnistes. Des lacets verts aux formes serpentines rythment nerveusement l’ensemble. À partir de 1932, Hartung travaille selon le procédé de l’agrandissement avec mise au carreau. C’est pourquoi dans le titre, l’on retrouve le chiffre 2 : c’est la deuxième version sur toile de cette composition. Le titre, comprenant la lettre T et la date de sa réalisation permet au spectateur de se détacher d’une lecture narrative ou figurative.

Inspirations picassiennes Sans titre
1940

Gouache sur papier, 31,50 x 24,50 cm ©Fondation Hartung-Bergman, Antibes ©Adagp, Paris, 2019

Démobilisé en octobre 1940 de la Légion étrangère, Hartung rejoint la famille du sculpteur et peintre Julio González, installée à Las bouygues dans le Lot. Il produit alors plus de trente têtes anonymes inspirées des masques de Montserrat de Julio González, mais aussi du célèbre Guernica de Picasso, œuvres symboles de l’effroi des civils impuissantssubissant les horreurs la guerre. Accentuant graphiquement le nez, la bouche hurlante, la langue tirée, la joue violemment coupée d’une masse sombre, cette série exprime le désarroi et la colère. Après la guerre, Hartung minorera l’importance de ces œuvres et les exposera peu. Par leur utilisation du triangle,du croissant et de la grille, ces gouaches annoncent pourtant son travail d’après 1945.

Noire modernité T1949-9
1949

Huile sur toile, 89 x 162 cm ©Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen ©Adagp, Paris, 2019

Cette peinture structurée par de larges formes de croissants aux bords arrondis se détachant sur des masses vivement colorées, elles-mêmes superposées à un fond sombre, témoigne de la prédilection de Hartung pour le noir. Le peintre obtient des effets de contraste entre les vigoureux éléments graphiques et le fond en jouant sur des effets de transparence de la couleur, soulignant le tissage de la toile. Réalisée selon le procédé du report, cette peinture abstraite comporte une dimension illusionniste puisqu’elle imite trait pour trait le tracé du pinceau. Son caractère très graphique lui confère une dimension décorative qui n’est pas sans liens avec les formes noires et biomorphiques du design de l’époque. La peinture de Hartung, à l’instar des célèbres créations design d’Arne Jacobsen ou de Charles Eames, incarne la modernité retrouvée des années 1950.

La tête dans les nuages T1966-E25
1966

Vinylique sur toile, 154 x 250 cm. ©Fondation Hartung-Bergman, Antibes ©Adagp, Paris, 2019

Cette œuvre réalisée au vinylique, une peinture industrielle qui sèche rapidement,appartient à la phase dite des « nuages », développée par Hartung entre 1965et 1967. Une vaste surface sombre et vaporeuse forme comme un écran opaque,percé par un fond lumineux et rayonnant. Depuis le début des années 1960,Hartung a substitué au pinceau une nouvelle panoplie d’outils variés. Le pistolet à air comprimé qu’il utilise ici détourné de son usage premier, lui permet d’obtenir des effets atmosphériques grâce aux minuscules gouttelettes qui se déposent sur la toile, sans contact direct avec celle-ci. Cette technique n’est pas sans rappeler la démarche d’un Jackson Pollock pratiquant le dripping avec des boîtes de conserve percées, laissant s’écouler la peinture sur la toile sans employer de pinceau.

Synthèses T1982-E15
1982

Acrylique sur toile, 185 x 300 cm ©Tate Modern, Londres ©Adagp, Paris, 2019

Cette pièce immense, acquise par la Tate en 1997, constitue l’un des plus grands formats réalisés par Hartung dans les années 1980. Témoignant d’un équilibre sensible entre force et énergie maîtrisée, elle opère la synthèse entre différentes techniques parvenues à leur quintessence : d’une part, la pulvérisation mécanique de jets de peinture qui vient maculer les bords verticaux de l’œuvre d’un contraste de bleus et jaunes créant ainsi un fond nébuleux aux allures crépusculaires. Et, d’autre part, l’utilisation du balai de genêts imprégné de peinture noire, qui, par son action violente lorsqu’il s’abat sur la toile, écorche,érafle et lacère la zone centrale de couleur brune.

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Découverte d’un tableau inédit de l’impressionniste Pissarro

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Plus d’un siècle après leur réalisation, il est encore possible de découvrir de nouvelles peintures de Camille Pissarro (1830-1903). Dernièrement, Ader Nordmann a présenté une huile sur toile inédite du peintre impressionniste intitulée Le Jardin de Maubuisson, l’Hermitage, Pontoise, exécutée vers 1878-80. Quand la maison de ventes aux enchères s’est vue confiée cette œuvre non signée, elle ignorait qui était son auteur. Après une année et demie de recherches, les analyses ont permis d’identifier le célèbre artiste à l’origine du paysage. « Il s’agit d’une totale redécouverte, aucune documentation n’existait sur ce tableau. L’écriture, la manière de peindre et la touche de Pissarro sont parfaitement reconnaissables », explique Claire Durand-Ruel, historienne de l’art et spécialiste de Pissarro. Pour confirmer l’intuition de Nicolas Nouvelet, responsable du bureau de Neuilly de la maison de ventes Ader, et de Claire Durand-Ruel, une radiographie de l’œuvre a mis en lumière une technique propre au peintre. « Pour donner du relief à ses toiles, Pissarro conservait volontairement une infime surface non peinte autour de certains éléments de la composition (arbres, maisons) pour intensifier les volumes », décrit la maison de ventes. Sur la radiographie, ces pourtours apparaissent comme un cerne autour des formes : « les mêmes cernes apparaissent, notamment, au niveau des arbres du verger », précise Nicolas Nouvelet.
Cette découverte s’inscrit également dans l’histoire de l’art de la fin du XIXe siècle. Aucune documentation n’existait pour Le Jardin de Maubuisson, l’Hermitage, Pontoise. Or, le sujet traité évoque Pontoise, une ville de la vallée de l’Oise qui fut très représentée des artistes comme Corot, Daubigny, Gauguin ou Van Gogh. Ce tableau témoigne aussi du lien pictural et des échanges artistiques entre Paul Cézanne (1839-1906) et Pissarro. En 2006, le musée d’Orsay montait une exposition dédiée à la collaboration entre les deux peintres (« Cézanne et Pissarro 1865-1885 »), où une toile de Cézanne illustrait L’Hermitage, Pontoise. « Ils adoptent exactement le même point de vue. Ces tableaux reflètent le dialogue et l’influence mutuelle entre ces deux artistes », détaillent les commissaires-priseurs associés David Nordmann et Xavier Dominique. L’œuvre redécouverte sera exposée le 21 novembre à Drouot, avant sa mise en vente le lendemain avec une estimation de 100 000 à 120 000 euros.

Camille Pissarro, Le Jardin de Maubuisson, l’Hermitage, Pontoise, vers 1878-80, huile sur toile, 38 x 45,5 cm ©Ader Nordmann

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Ben fait son cinéma à Nice

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Né en 1935, Benjamin Vautier, alias Ben, est une figure légendaire de la scène azuréenne et bien au-delà. La Ville de Nice lui a donné carte blanche pour évoquer ces décennies de bouillonnement culturel agrégé autour de lui. Toute l’étendue de son activité jusqu’à nos jours y est bien entendu représentée, jointe à une partie de sa collection personnelle. Avec des performances filmées, vidéos et créations d’amis invités, ce sont quelque mille œuvres qui se trouvent rassemblées dans la grande halle du 109 : un véritable et formidable état des lieux de l’art contemporain.

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Éric Baudelaire, lauréat du Prix Marcel Duchamp 2019

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Eric Baudelaire ©Manfredi Gioacchini

En janvier dernier, l’Association pour la diffusion internationale de l’art français (Adiaf) révélait les noms des quatre artistes en lice pour le Prix Marcel Duchamp 2019 : Éric Baudelaire, Katinka Bock, Marguerite Humeau et le duo Ida Tursic & Wilfried Mille. Comme chaque année, les finalistes sont invités à présenter leur œuvre en compétition dans le cadre d’une exposition au Centre Pompidou, laquelle se tient actuellement jusqu’au 6 janvier 2020. Pour désigner le lauréat, sept personnalités du monde de l’art ont été rassemblées : Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne, Gilles Fuchs, président de l’Adiaf, Joao Fernandes, directeur adjoint du Museo National de Arte Reina Sofia à Madrid, Jean de Loisy, directeur des Beaux-Arts de Paris, Afroditi Panagiotakou, collectionneuse, directrice de la culture à la Fondation Onassis, Catherine Petigas, collectionneuse et présidente de Fluxus Art Projects et du Conseil International de la Tate, et Akemi Shiraha, représentante de l’association Marcel Duchamp. Le choix du jury a été révélé hier soir, lundi 14 octobre, au Centre Pompidou et consacre donc Éric Baudelaire pour son installation Tu peux prendre ton temps. Celle-ci s’articule autour d’un long-métrage intitulé Un Film Dramatique, une œuvre entre fiction et documentaire qui questionne la nature même du cinéma. Durant quatre ans, l’artiste a suivi une vingtaine d’élèves du collège Dora Maar, en Seine-Saint-Denis, pour mettre en lumière la construction de leur identité et l’influence des éléments contextuels sur leur évolution. Diplômé en sciences politiques, Éric Baudelaire mêle la photographie, l’estampe, l’installation performative et la vidéo pour explorer les problématiques sociales et les phénomènes politiques contemporains en retraçant des trajectoires personnelles réelles ou fictionnalisées. Suivant la théorie dite « du paysage », conçue dans les années 1960 par le cinéaste japonais Masao Adachi, il filme les lieux et décors de vie de ses personnages ainsi que l’impact des événements qui émaillent leurs vies. En 2017, il mettait déjà cette méthode d’investigation artistique en œuvre avec son film documentaire Also Known as Jihadi (présenté au Centre Pompidou dans l’exposition « APRES »), qui retrace le parcours d’un jeune Français ayant choisi de partir en Syrie. Pour le Centre Pompidou, il renouvelle l’expérience en offrant aux collégiens, sujet de ses recherches, de devenir les co-auteurs du film.

Né à Salt Lake City (USA) en 1973, Éric Baudelaire, représenté par les galeries Meert à Bruxelles, Barbara Wien à Berlin et Juana de Aizpuru à Madrid, vit et travaille à Paris. Lauréat de nombreux prix (Prix HSBC pour la Photographie en 2005, Audi Talents Awards en 2012, bourse Guggenheim Fellowship en 2019), il a notamment exposé au Hammer Museum de Los Angeles(20101) et la Villa Médicis (2018). Il a également été le seul artiste français à participer à la prestigieuse Whitney Biennial de New York en 2017. Ses œuvres sont présentes dans de nombreuses collections publiques : Museum of Modern Art de New York, Museo Reina Sofia de Madrid, Museu d’art contemporani de Barcelona, Centre Pompidou, etc. Outre l’exposition du Prix Marcel Duchamp, son travail est actuellement présenté au musée d’art moderne de Paris dans l’exposition « You » réunissant une sélection d’œuvres issues de la collection Lafayette Anticipations. À partir du 9 novembre, le Centre régional d’art contemporain Occitanie à Sète lui consacrera une exposition monographique intitulée « Faire avec ».

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L’art en question : Depuis quand porte-t-on le voile ?

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Le monastère royal de Brou a analysé lors de son exposition « Voilé.e.s dévoilé.e.s » le voile et sa représentation dans l’art, de l’Antiquité à nos jours. Évoqué en une centaine d’œuvres, cet élément vestimentaire se révèle être riche en significations.

QUESTION

Depuis quand porte-t-on le voile ?


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RÉPONSE

Le plus ancien texte mentionnant le voile est assyrien et remonte au XIIe siècle avant J.-C. Dans l’Antiquité, chez les Juifs, les Grecs et les Romains, l’usage se généralise de masquer les cheveux des femmes mariées mais c’est Saint Paul, dans la Première Épître aux Corinthiens, qui le premier attribue au voile une portée religieuse.

Toutes les réponses figurent bien sûr dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Voilé.e.s Dévoilé.e.s
In Fine Éditions d’art, 135 pp., 22€
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition « Voilé.e.s Dévoilé.e.s »
organisée du 15 juin au 29 septembre 2019 au monastère royal de Brou

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Fiac 2019 : Les Modernes en haut de l’affiche

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Sonia Delaunay, Couverture pour la Prose du Transsibérien et de la Petite Jehanne de France, 1913, huile sur cuir, 22.5 x 19.5 cm ©Archives Galerie Le Minotaure

Le niveau muséal des œuvres sélectionnées par les galeristes permet à Jennifer Flay d’affirmer que la Fiac sera encore « plus puissante » cette année. Grâce au contingent de galeries françaises, on retrouve des « acteurs incontournables de l’art moderne » dont les galeries 1900-2000, Applicat-Prazan, Le Minotaure, Lelong & Cie, Natalie Seroussi, Zlotowski, rejoints par Waring Hopkins et Magnin-A, spécialisé dans l’art africain historique et contemporain. On note aussi la présence d’enseignes londoniennes ou américaines, Waddington-Custot, Nahmad Contemporary, Michael Werner, ainsi que la venue de Lévy Gorvy. Le revers de la médaille est l’overdose de Dubuffet, considéré comme une valeur archisûre, présenté par une dizaine de galeries, suivi de près par Soulages, et plus sporadiquement par Francis Picabia, Georges Mathieu ou François Morellet. Heureusement, il y a aussi d’heureuses initiatives, avec l’exposition sur la « Section d’Or » à la galerie Le Minotaure (Robert & Sonia Delaunay, Kupka, Fernand Léger, Valmier…) ou le solo show Julije Knifer (1924-2004) chez Frank Elbaz. La question du déplacement du curseur entre modernes et contemporains se pose d’ailleurs avec acuité, notamment pour les artistes nés dans les années 1930 à 1950 qui ne sont plus de ce monde. Par exemple, les duos artistes vivants / artistes décédés, avec Elsa Sahal (née en 1975) et Erik Dietman (1937-2002) à la galerie Papillon, ou Ettore Spalletti (1940-2019) et Jan Vercruysse (1948-2018) chez Vistamare. Figurent d’autres propositions intéressantes, comme l’hommage à Robert Filliou chez Catherine Issert et l’exposition en duo des galeries Sprovieri et Natalie Seroussi, avec un accrochage d’œuvres strictement noires ou blanches dans un esprit avant-garde d’après-guerre (avec Enrico Castellani et Turi Simeti, François Morellet …). Côté design XXe siècle, cinq galeries majeures ont répondu à l’appel : Jousse Entreprise, Kreo, Eric Philippe, Patrick Seguin et la galerie Downtown (François Laffanour), ces deux derniers présentant chacun sur la place de la Concorde une maison de Jean Prouvé.

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Récit d’une vie : El Greco, le byzantin moderne

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El Greco, c’est ainsi que les Espagnols nomment ce Grec natif de Candie, en Crète, qui vient s’établir chez eux pour y mûrir son génie et jeter les bases d’un siècle d’or pictural. La Crète a fait partie de l’Empire byzantin jusqu’à la prise de Constantinople par les Croisés, en 1204. Puis elle est passée aux mains des Vénitiens. Lorsque le jeune Domínikos y reçoit sa formation, c’est la tradition byzantine de l’icône qui prévaut, et c’est dans cette tradition qu’il peint ses premières œuvres : figures géométrisées, aux teintes plates, sur fond d’or, telles que fixées de façon immuable depuis des siècles. Reconnu maître peintre en 1566, il quitte pourtant son île, deux ans plus tard, pour se rendre à Venise. La Sérénissime est alors à l’apogée de son rayonnement artistique : le vieux Titien, admiré dans toute l’Europe, domine toujours une scène où brillent aussi Jacopo Bassano et les étoiles montantes que sont Véronèse et Tintoret. D’après Giulio Clovio, peintre et ami du Greco, celui-ci fut le « disciple de Titien ».

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Hélène Orain remporte la Bourse de recherche Louis Roederer pour la photographie 2019

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Le 10 octobre dernier, la Bourse de recherche Louis Roederer pour la photographie 2019 a annoncé sa lauréate. Pour sa 14e édition, le jury composé de Denis Bruckmann, directeur général de la Bnf, Michel Janneau, secrétaire général de la Fondation Louis Roederer, Caroline Fieschi, cheffe du service du patrimoine à la Bibliothèque de l’INHA, et Karolina Lewandowska, conservatrice au cabinet de la photographie du Centre Pompidou, a choisi de récompenser Hélène Orain. L’historienne de l’art a pour projet de mettre en lumière le fonds d’archives Jacques-Henri Lartigue conservé à la Bnf depuis 2017. Le photographe est notamment connu pour ses clichés noir et blanc, témoins du XXe siècle. Constitué par Florette, dernière épouse de l’artiste, le fonds contient 15 000 documents de ses correspondances intimes et professionnelles. Hélène Orain mettra en perspective ces pièces avec les collections de périodiques de la Bnf afin de « faire ressortir l’importance de ce photographe emblématique dans la presse de son temps ». La lauréate a reçu une dotation de 10 000 euros pour la mise en lumière de ces collections photographiques.

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La Bourse de Commerce-Pinault Collection sera inaugurée en juin 2020 à Paris

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Vous n’aurez bientôt plus besoin de courir à Venise ou de guetter les expositions hors les murs de la collection Pinault. La Bourse de Commerce-Pinault Collection, nouveau haut lieu de l’art contemporain à Paris, ouvrira ses portes au public à la mi-juin 2020 et montrera les œuvres rassemblées depuis une quarantaine d’années par l’homme d’affaires, mécène et grand collectionneur François Pinault. Classé Monument historique, l’édifice construit au XVIIIe siècle par Nicolas Le Camus de Mézières, puis transformé en bourse de marchandises par Henri Blondel (1821-1897), fait l’objet de travaux de restauration et de réaménagement depuis 2017. C’est l’architecte japonais Tadao Ando, déjà sollicité par François Pinault à Venise pour la rénovation du Palazzo Grassi et la reconversion de la Punta Della Dogana, qui est en charge du projet, lequel allie respect du bâtiment classique et geste minimaliste. Parmi les aménagements récemment dévoilés à la presse, le plus remarquable est sans doute ce monumental cylindre en béton brut (9 m de haut pour un diamètre de 29 m) créé dans l’espace central de la rotonde, ancien centre névralgique du commerce parisien devenu ainsi un espace abstrait dédié à la délectation esthétique. À l’issue des travaux, la Ville de Paris réalisera quelques aménagements avant de présenter le nouveau musée aux visiteurs. Avec ses 7 700m² de surface accessible au public, dont 3 000 m² de salles d’exposition, la Bourse de Commerce-Pinault Collection proposera des accrochages thématiques, des présentations monographiques, des cartes blanches ou encore des performances. Quelques mois après l’inauguration du site à Paris, la collection Pinault s’installera également au Couvent des Jacobins, centre des congrès de Rennes Métropole, durant l’été 2020. Avec l’ancien ministre Jean-Jacques Aillagon au commissariat, l’exposition présentera des œuvres sur le thème « autour du noir et blanc ».

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Disparition du poète et activiste américain John Giorno

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Figure importante de la contre-culture new-yorkaise, John Giorno est décédé. De l’artiste Robert Rauschenberg à son mari Ugo Rondinone,  de William S. Burroughs à Andy Warhol, il a toujours aimé collaborer avec d’autres pour des créations à quatre mains. On avait pu voir son travail à Paris lors de l’exposition « Ugo Rondinone : I love John Giorno » en 2015 au Palais de Tokyo. On y avait compris que cet artiste new-yorkais voulait élargir les frontières de la poésie et cherchait de nouveaux moyens pour la diffuser. Ainsi de ses services téléphoniques qui donnaient accès à ses compositions ou des poésies de John Cage ou Anne Waldman. Pionnier d’un art mettant en avant la visibilité LGBT, John Giorno s’est engagé dès les années 1980 dans la lutte contre le Sida.

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En marche avec deux géants, Rodin et Giacometti

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En partenariat avec la Fondation Giacometti et le musée Rodin de Paris, la Fondation Pierre Gianadda relève magistralement le gant. Auguste Rodin (1840-1917), malgré des capacités virtuoses de rendu académique dont témoigna son Âge d’airain (1877), eut à cœur de dépasser le réel en l’unissant dans un souffle créateur au monde des idées, et cela sans renier les contingences des matériaux utilisés. Son Homme qui marche (1907), sans tête ni bras, parvint de fait à évoquer le mouvement dans son essence éternelle. Alberto Giacometti (1901-1966), formé en partie chez Antoine Bourdelle, ancien élève de Rodin, afficha la même indépendance d’esprit envers l’anecdote. Passée sa période surréaliste, il renoua avec la figuration en lui faisant subir une cure d’élongation, qui transformait le réel en un rêve intérieur restituant la vérité solitaire et solaire des corps dans l’espace. La fusion de sa vision de la nature avec sa vision esthétique transforma ainsi sa sculpture. Ainsi son « Homme qui marche » (1960), en méditation sur la condition humaine, tout empreint d’une poésie fantastique qui tutoie le ciel.

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Pieter Bruegel et l’art de l’estampe à Bruxelles

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Au XVIe siècle, la gravure était un art, mais aussi un moyen de diffuser ses œuvres au plus grand nombre. La Bibliothèque royale de Belgique conserve un ensemble très complet d’estampes que Pieter Bruegel l’Ancien (vers 1525-1569) a réalisées en collaboration avec l’éditeur Hieronymus Cock. De ses paysages inspirés de l’Italie à ses visions des Sept Pêchés capitaux, c’est une plongée fascinante dans l’imaginaire débridé de l’artiste.

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