Actualité artistique

Nouveau Talent : Katinka Bock, du lieu à la forme

connaissance des arts -

La pratique sculpturale de Katinka Bock est toujours liée à une expérience et un contexte. Elle recherche toujours l’histoire du lieu dans lequel elle expose, ou dont elle bouscule l’architecture… En atteste son solo show à Lafayette Anticipations, à Paris, puis au Kestner Gesellschaft de Hanovre, mitoyen du Anzeiger-Hochhaus.
L’ancien dôme de cuivre de ce gratte-ciel, qui résista aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale et vit naître les périodiques « Stern » ou « Der Spiegel », et actuellement en restauration, a été offert à l’artiste qui l’a désarticulé, puis reconstruit. « Regardées de près, les tôles qui le constituaient portaient des traces d’éclats de bombes, d’égratignures dues aux oiseaux ou à la pollution, mais faisaient revenir le dôme à l’état de matière. »

Cette tailleuse de pierre de formation, qui songea un temps à devenir danseuse, arrive ainsi à la seconde partie de son sujet : l’expérimentation d’un vocabulaire de formes à l’atelier. Katinka Bock travaille le bois, la céramique ou l’acier, en mêlant réflexion et intuition. « Les formes naissent dans ma tête, puis évoluent au moment de la réalisation car je ne contrôle pas tout. Je nourris une démarche intellectuelle, donc je n’obéis pas uniquement à la beauté de la matière ou du rendu, même si je les prends très au sérieux. »
Son iconographie personnelle rejoue l’histoire de l’art, notamment avec les poissons et citrons issus des natures mortes du XVIIe siècle, ou le motif de la cuillère, qui la fascine et évoque le surréalisme. D’ailleurs, elle adore Alberto Giacometti, mais aussi Fausto Melotti. Ses propres œuvres se révèlent dans des plis, des creux et des surfaces, traités comme des peaux. Jamais narratives, elles oscillent entre esthétique poétique, souvent monochrome, et rigueur de l’attention au matériau.

Katinka Bock en bref…

1976
Naissance de Katinka Bock à Francfort-sur-le-Main, Allemagne.

2005
Obtient un Post diplôme de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, après avoir étudié à l’Académie des arts de Berlin-Weißensee.

2006
Première exposition personnelle, à la galerie OÙ, Marseille.

2009
Entre dans les collections du Centre Pompidou, avant d’intégrer celles du MCA de Chicago ou du musée Júmex, à Mexico.

2012
Lauréate du Prix de la Fondation d’entreprise Ricard, Paris.

2012-2013
Résidence à la Villa Médicis, à Rome.

2018
Expose en solo show à l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne, au Mudam de Luxembourg, au Kunstmuseum de Winterthur, à la Common Guild de Glasgow.

À VOIR

« Tumulte à Higienópolis »
du 9 octobre au 5 janvier
Lafayette Anticipations, 9, rue du Plâtre, 75004 Paris
www.lafayetteanticipations.com 

« Prix Marcel Duchamp 2019 »
du 9 octobre au 6 janvier
Centre Pompidou, place Georges-Pompidou, 75004 Paris
www.centrepompidou.fr

« YOU – Œuvres de la collection Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin »
du 11 octobre au 16 février
musée d’Art moderne de Paris, 11, avenue du Président-Wilson, 75116 Paris
www.mam.paris.fr

Cet article Nouveau Talent : Katinka Bock, du lieu à la forme est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Le musée du Prado et la WWF détournent quatre chefs-d’œuvre pour sensibiliser sur le réchauffement climatique

connaissance des arts -

Le Styx à sec ©musée du Prado x WWF

Avez-vous déjà vu Philippe IV de Velázquez submergé par les eaux ou encore le Styx de Joachim Patinier desséché ? Maintenant, oui. En pleine 25e conférence sur le climat de l’Onu (Cop25), le prestigieux musée du Prado et le Fonds mondial pour la nature (WWF) ont lancé ensemble une campagne de sensibilisation sur le réchauffement climatique. Intitulée « + 1,5 °C Lo Cambia Todo » (« avec 1,5 °C en plus, tout change » en français), l’opération illustre les lourdes conséquences de cette augmentation de la température sur notre environnement. Le choix de ce chiffre rappelle également l’engagement des participants du sommet sur le climat à ce que le réchauffement de la Terre ne dépasse pas 1,5 °C, un seuil déterminé par les scientifiques pour éviter le pire.

L’art au service de l’environnement

Enfants dans la mer morte ©musée du Prado x WWF

Le Parasol des réfugiés climatiques ©musée du Prado x WWF

En revisitant et détournant quatre grands chefs-d’œuvre de la peinture espagnole des XVIe, XVIIe, XVIIIe et XXe siècles, le musée du Prado et WWF souhaitent interpeller le public avec un langage universel : l’art. La Traversée du Styx (1519-1524) de Joachim Patinier devient Le Styx à sec pour alarmer sur les conséquences de la sécheresse qui touche notamment les rivières et les cultures. Philippe IV à cheval (1635-1636) de Velázquez devient Philippe IV submergé pour alerter sur la montée du niveau de la mer, qui pourrait monter de plus d’un mètre à la fin du siècle. Le Parasol (1777) de Goya devient Le Parasol des réfugiés climatiques pour illustrer les réfugiés climatiques qui atteindrait 1 milliard d’après l’Onu. Enfin, les Enfants à la plage (1910) de Joaquín Sorolla deviennent les Enfants dans la mer morte pour souligner l’extinction des espèces, dont 30 % pourraient être amenées à disparaître. Une façon novatrice et originale pour une institution de sensibiliser le public aux enjeux environnementaux. À présent, à voir si elle est efficace.

Cet article Le musée du Prado et la WWF détournent quatre chefs-d’œuvre pour sensibiliser sur le réchauffement climatique est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Van Gogh raconté par ses amis et modèles à Bois-le-Duc

connaissance des arts -

Né en 1853 dans le Brabant, Van Gogh y a vécu et travaillé. Marquant son « retour au pays », l’exposition « Van Gogh et les siens, amis, famille, modèles », présentée au Het Noordbrabants Museum jusqu’au 12 janvier, fait revivre son « premier cercle », avec quatre-vingt-dix tableaux, dessins, lettres et documents rares ou inédits. Famille, amis artistes comme Anton Mauve, Georges Seurat ou Toulouse-Lautrec, modèles et relations amoureuses : ce cercle est plus large que le caractère ombrageux de Vincent ne le laissait supposer !

Cet article Van Gogh raconté par ses amis et modèles à Bois-le-Duc est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Jules Adler, le peintre des humbles au musée d’Art et d’histoire du judaïsme

connaissance des arts -

Sa Grève au Creusot est devenue une icône des luttes ouvrières. Jules Adler (1865-1952) doit son  surnom de « peintre des humbles » à ses sujets inspirés du quotidien du petit peuple des villes (La Soupe des pauvres), des conditions de vie dures et misérables auxquelles sont voués les ouvriers d’une société industrielle en plein essor (Les Hauts-fourneaux de la ProvidenceAu pays de la mine…). Il fut aussi le témoin, par ses photographies et ses croquis, des horreurs de la Grande Guerre.

Cet article Jules Adler, le peintre des humbles au musée d’Art et d’histoire du judaïsme est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Le titre de Maître d’art fête son quart de siècle

connaissance des arts -

Durant quatre jours, l’Hôtel de l’Industrie à Paris vivra au rythme de ces savoir-faire d’exception dont maîtres et élèves assurent chaque année la transmission. Au programme : exposition d’œuvres, ateliers et tables rondes, focus sur l’art de Maître Moriguchi, Trésor national vivant du Japon, ou encore démonstrations autour de l’artisanat créatif allemand.

Cet article Le titre de Maître d’art fête son quart de siècle est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Erró, Miss. Tic, Villeglé : l’art contemporain rend hommage à Gainsbourg

connaissance des arts -

Roberto Battistini, Gainsbourg-Dali, 1985

À l’occasion des 29 ans de la disparition de Serge Gainsbourg, près d’une trentaine d’artistes contemporains lui rendent hommage dans l’exposition « Gainsb’Art ». Alors que l’édition précédente s’était déroulée à la galerie Artphotoby en 2018, c’est à présent la galerie Bettina que reçoit l’événement du 15 décembre au 15 janvier 2020. Lors de ce cinquième volet du projet lancé par le photographe Roberto Battistini, José Bedia, Miguel Chevalier, Miss. Tic, Camille Ortoli, Pascal Dombis, Erró, Peter Klasen, Juan Le Parc, Jean-Luc Moerman et Jacques Villeglé revisitent Gainsbourg-Dali, l’emblématique portrait du chanteur en Dali.

Pascal Dombis et Roberto Battistini, Gainsbourg-Dali Meta, 2019, tirage pigmentaire, 110 x 110 cm

La rencontre de différents univers artistiques

Jacques Villeglé, Gainsbourg-Gitane, 2015, technique mixte, collages sur tirage chromogénique, 60 x 60 cm

Ce cliché, pris initialement en 1985 par Battistini pour la couverture du magazine « Médias », montre l’Homme à la tête de chou avec des yeux écarquillés et portant un postiche de moustache, imitant le peintre surréaliste. La réinterprétation de ce portrait par les artistes d’aujourd’hui donne de bien belles surprises, aussi inventives et qu’esthétiques. Pascal Dombis fait disparaître Gainsbourg derrière un filigrane de mots et de paroles issus de ses chansons et des poèmes de Dali (Meta (X2), 2019) tandis que José Bedia imagine l’enfer érotique du chanteur (Serge en enfer, 2017). Peter Klasen (Le poinçonneur des lilas, 2019) et Jacques Villeglé (Gainsbourg Gitane Béret Baguette, 2015) replacent l’artiste au coeur du paysage urbain, quand Miguel Chevalier le dématérialise (Gainsb’Art Voronoïsé, 2019).

Cet article Erró, Miss. Tic, Villeglé : l’art contemporain rend hommage à Gainsbourg est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Délicatesse et poésie selon Park Seo-Bo à la galerie Perrotin

connaissance des arts -

Pour la critique d’art Sim Eunlog, qui rédige le texte accompagnant l’exposition à la galerie Perrotin, « Sans Park Seo-Bo (né en 1931), il n’y a pas de peinture occidentale en Corée moderne ». Pionnier de l’avant-garde des années 1950, puis chef de file de l’expressionnisme abstrait des années 1960, le Coréen est le « Maître de Dansaekwha » depuis les années 1970. L’artiste octogénaire ne produit plus beaucoup, mais a tenu à sélectionner l’ensemble des acryliques et papiers sur toile qui sortent pour la première fois de l’atelier, dont certains datant de 2005. Toujours dotés de tons délicats, proches de ceux de la nature – la lumière du soleil brillant sur un forsythia, ou le bleuté de l’air… – ils répondent à sa vision de la peinture, conçue pour apaiser le spectateur. Si les œuvres de Park Seo-Bo font partie de prestigieuses collections internationales, notamment celles de nombreux musées américains, elles n’ont pas encore intégré d’institution française. Cette exposition constitue peut-être un premier jalon dans ce sens.

Cet article Délicatesse et poésie selon Park Seo-Bo à la galerie Perrotin est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Décès du marchand de tableaux Manuel Schmit

connaissance des arts -

Né en 1960, Manuel Schmit était marchand et expert en tableaux XIXe et XXe auprès des tribunaux internationaux. Après un passage chez Sotheby’s Londres en 1988, puis chez Sotheby’s New York, le fils de Robert Schmit avait repris l’affaire familiale de la rue Saint-Honoré, à Paris, en 1991. Il avait participé à la rédaction ou écrit les deux volumes du catalogue raisonné d’Eugène Boudin, les trois tomes de celui d’André Derain, celui de René Princeteau, le peintre des chevaux et des cavaliers, et celui de Stanislas Lépine.

Cet article Décès du marchand de tableaux Manuel Schmit est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

James Bradburne booste la Brera à Milan

connaissance des arts -

L’Anglo-Canadien, né en 1955, est aussi l’un des esprits les plus originaux de sa caste. Formé à l’architecture et au design, ce muséologue polyglotte dirigeait, avant son arrivée à Milan, le palazzo Strozzi de Florence. Sa nomination à la tête de la Pinacothèque de Brera et de la Bibliothèque Braidense de Milan en 2016 a fait l’effet d’une bienfaisante tornade. Persuadé que la course aux expositions temporaires est un poison, il a entrepris un travail de fond sur les (exceptionnelles) collections, repensant entièrement le parcours et sa scénographie. Dernière en date, la collection d’art moderne italien fait l’objet d’une présentation de cent chefs-d’œuvre, du futurisme à Morandi, au palazzo Citterio spectaculairement réhabilité dans le cadre du projet Grande Brera. Ici le public est roi, et Bradburne lui ouvre grand les bras. Lors d’une conférence au Louvre en 2017, il affirmait que les « cartels », textes accompagnant les œuvres, ne doivent surtout pas être rédigés par des conservateurs mais par des non spécialistes venus des horizons les plus variés, et même des enfants ! Il aime à dire que le musée n’est pas une église dispensant une Vérité unique. Côté « ressources humaines », il se voit en jardinier, donnant à chacun l’emplacement le plus favorable à son épanouissement. Et visiblement, il a la main verte !

Cet article James Bradburne booste la Brera à Milan est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Van Dyck, chef d’atelier à la pinacothèque d’art ancien de Munich

connaissance des arts -

Riche des collections des princes bavarois et de des tableaux rapatriés, en 1806, des galeries de Mannheim et de Düsseldorf, la pinacothèque d’art ancien de Munich renferme un ensemble incomparable d’œuvres de Van Dyck (1599-1641). Objet d’investigations récentes, il a permis, complété d’apports extérieurs incluant dessins et esquisses, de monter cette exposition axée sur le portrait, art porté à un sommet après que Van Dyck se fut affranchi, en Italie, de l’influence de son maître Rubens. Occasion d’explorer le fonctionnement d’un atelier chargé de répondre aux multiples commandes.

Cet article Van Dyck, chef d’atelier à la pinacothèque d’art ancien de Munich est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Les pages de lumières de Mahjoub Ben Bella au Crédit du Nord à Paris

connaissance des arts -

Né en Algérie en 1946, Mahjoub Ben Bella est installé à Tourcoing depuis 1965 et célèbre cette année plus de cinq décennies de création en France. Formé à l’École des Beaux-Arts d’Oran puis de Tourcoing, il a ensuite intégré l’École supérieure des Beaux-arts de Paris, développant un univers créatif abstrait où la calligraphie orientale se mêle à la peinture européenne. S’il est principalement connu du grand public pour ses œuvres monumentales et ses huiles sur toile, Mahjoub Ben Bella pratique également le dessin, l’aquarelle et l’art de la céramique. Représenté dans une vingtaine de musées et de collections publiques, son travail fait régulièrement l’objet d’expositions personnelles ou collectives, au musée de l’Hospice Comtesse à Lille en 2013 ou bien encore à La Piscine de Roubaix en 2015.
Le Crédit du Nord rend donc cette année hommage à cet artiste de dimension internationale qu’il accompagne depuis plusieurs années. Jusqu’au 16 mars 2020, l’exposition présentée au 59 boulevard Haussmann, à Paris, met en lumière la force de son geste, la diversité de ses motifs et la richesse chromatique de ses œuvres enjouées et lumineuses.

Cet article Les pages de lumières de Mahjoub Ben Bella au Crédit du Nord à Paris est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Magritte/Dalí, le feu au lac aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles

connaissance des arts -

Élargissant la manifestation présentée l’an dernier au Dalí Museum de St. Petersburg (Floride), cette appétissante confrontation se fonde sur une rencontre. Au printemps 1929, Salvador Dalí fait la connaissance à Paris de René Magritte. Celui-ci participe alors aux travaux du groupe surréaliste. L’été suivant, Magritte se rend chez Dalí à Cadaqués en compagnie du galeriste Camille Goemans, de Luis Buñuel, de Paul et Gala Éluard. Gala tombe amoureuse de Dalí, devenant la muse que l’on sait. Pour les deux peintres, qui fondent leur surréalisme sur une représentation mimétique du réel, l’échange est fructueux. « À partir de cette rencontre, Magritte se dégage petit à petit de la charge psychanalytique sans doute liée au suicide de sa mère pour creuser la représentation », écrit Michel Draguet. L’objet quotidien va devenir un enjeu majeur de son art. » Quant à Dalí, il est séduit par les inventions visuelles du Belge, particulièrement ses objets métalliques en flammes. En 1937, il  mettra le feu à sa première girafe…

Cet article Magritte/Dalí, le feu au lac aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Le Louvre acquiert un coffret à bijoux de la Manufacture de Sèvres

connaissance des arts -

Ce coffret a été est dessiné en 1845 par Jean-Ferdinand Régnier (1774-1857), sculpteur à la Manufacture de Sèvres de 1812 à 1848, à qui l’on doit notamment une extraordinaire pendule en porcelaine polychrome (conservé à la Cité de la Céramique de Sèvres) dont le décor rend hommage à l’héritage scientifique de l’Islam. La fabrication du coffret est lancée en 1846 pour arriver en magasin de vente le 8 février 1853 au prix onéreux de 4 000 francs. Il sera finalement offert en trophée pour la traditionnelle course hippique de Versailles la même année.

Un chef-d’œuvre des arts décoratifs de la monarchie de Juillet

Prenant l’apparence d’un reliquaire médiéval, ce coffret prend pour thème iconographique la vie de saint Éloi, grand argentier du royaume de Clotaire II puis trésorier de Dagobert Ier, que son habileté pour l’orfèvrerie fit désigner comme saint patron de la corporation. Alliant la technique de la porcelaine ajourée et celle de la porcelaine incrustée, cet objet d’une extrême préciosité se distingue par l’excellence des savoir-faire nécessaires à sa création.
Il témoigne également du goût pour l’éclectisme qui se développe à la fin de la Monarchie de Juillet (1830-1848). Après avoir illustré les styles néogothiques et Renaissance, la Manufacture de Sèvres se lance ainsi dans la production de céramiques dont les formes et les ornements fusionnent de nombreux éléments empruntés aux périodes anciennes, depuis l’Antiquité jusqu’au XVIIIe siècle. Ici, le décor d’arcatures en plein cintre évoque immédiatement l’art roman tandis que les ornements architecturaux du sol et des murs rappellent la marqueterie médiévale dans un style oriental. Grâce à l’acquisition de cet extraordinaire coffret, les collections du musée du Louvre illustrent à présent l’une des tendances de l’Éclectisme qui leur faisait jusque-là défaut.

Cet article Le Louvre acquiert un coffret à bijoux de la Manufacture de Sèvres est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Acquisition d’une coiffeuse d’Eileen Gray par le MAD

connaissance des arts -

La Villa E 1027 ou Villa Eileen Gray a été construite entre 1926 et 1929 par Eileen Gray, aidée de son ancien compagnon et architecte Jean Badovici. Considérée comme un lieu d’une extrême beauté au modernisme élégant, cette demeure a notamment été présentée en 1929 dans le premier numéro de la revue d’avant-garde « l’Architecture vivante ».
La coiffeuse, d’une très grande rareté, a été léguée par la famille Rebutato, propriétaire du restaurant l’Étoile de mer situé non loin de la villa. Cette pièce a vraisemblablement été dessinée vers 1926 lors de l’élaboration des plans de la chambre d’amis du rez-de-chaussée. Léger et pratique, cet objet, composé de tubes de métal et de cuir, fait preuve d’un équilibre esthétique parfait. Avec ce travail, Eileen Gray poursuit ses recherches sur le thème du meuble à tiroir pivots-glissières qui servait, comme elle le disait, à dissimuler des objets peu plaisants.
Cette œuvre importante rejoint ainsi les collections modernes et contemporaines du musée des arts décoratifs de Paris, qui comptent déjà quelques pièces de l’artiste : un tapis, une petite table, un dessin et une autre coiffeuse.

Cet article Acquisition d’une coiffeuse d’Eileen Gray par le MAD est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Le Street Artiste Invader installe un alien géant à Paris

connaissance des arts -

Mercredi 4 décembre, un nouvel alien emblématique d’Invader est venu envahir Paris. Jusqu’ici, rien de bien inhabituel, l’artiste français installe ses œuvres dans les rues de la capitale depuis 1996. Néanmoins, cette fois-ci, ce sont 447 carreaux sur 9 m de hauteur pour 7 m de largeur qui constituent la monumentale mosaïque de l’envahisseur venu d’ailleurs, soit la plus grande pièce du Street Artiste. Intitulée PA_1432, autrement dit la 1232e œuvre carrelée installée dans Paris, elle trône aux côtés des fresques d’Obey, Knowledge + Action, et de Jef Aérosol, Chuuuttt !!!, en face de la fontaine Stravinsky, non loin du Centre Pompidou (Paris IV).

Invader envahit l’actualité artistique

D’après le site du magazine « Libération », Invader compte au total plus de 3855 pièces disposées dans 79 villes à travers le monde depuis le début de son activité. Le Street Artiste n’arrête pas les records. Le mois dernier, il a installé son plus haut space invader, intitulé PA_1431, jamais réalisé à Paris, au dernier étage de la tour Eiffel. Ce week end, il célébrera les vingt ans de son film @nonimous, réalisé et tourné avec le Street Artiste Zevs, qui revient sur les aventures urbaines des deux artistes dans la capitale à la fin des années 1990. À l’occasion, le film de 25 minutes sera projeté demain, samedi 7 décembre, au cinéma La Clef à Paris (Ve) avant d’être réédité dès lundi 9 décembre en DVD.

View this post on Instagram

A la fin des années 90, l’artiste ZEVS et moi collaborons sous le nom de code @nonymous. En 1999, nous réalisons un film qui relate nos aventures urbaines et le distribuons sous le manteaux. Pour célébrer les 20 ans du film et sa réédition en DVD, il sera projeté ce Samedi 7 décembre, au cinéma LA CLEF, haut-lieu de résistance culturelle, 34 rue Daubenton, 75005 Paris / Séances à 16h, 17h, et 18h / Prix libre. NB : Malgré une bonne dose d’humour (noir!), âmes sensibles s’abstenir. Ce film n’est pas adapté aux jeunes enfants. @nonymous1999

A post shared by Invader (@invaderwashere) on Dec 5, 2019 at 9:57am PST

Cet article Le Street Artiste Invader installe un alien géant à Paris est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Récit d’une vie : César, un demi-siècle de sculpture

connaissance des arts -

1921-1953. De Marseille à Paris César

Baldaccini naît en 1921 dans une famille d’origine toscane, établie à Marseille vers 1887. Le père tient un petit négoce de vins dans le quartier de la Belle-de-Mai. Le petit César aurait sans doute suivi la même voie, si le destin ne s’était manifesté en la personne d’un voyageur de commerce qui, le regardant dessiner, conseille : « Il est doué ce petit. Pourquoi ne l’envoyez-vous pas aux Beaux-Arts ? » Les dés en sont jetés, César sera artiste. « Le fait d’être aux Beaux-Arts et de dessiner une feuille d’acanthe, pour moi c’était extraordinaire, c’était fabuleux. » Il suit les cours d’Auguste Cornu, ex-praticien de Rodin, qui dispense un enseignement essentiellement technique.
César sera toujours très attaché à la maîtrise du métier. « J’ai le respect du travail, je suis un classique d’esprit et de formation », se plaira-t-il à rappeler. Une petite bourse d’études obtenue en 1942 lui permet de se rendre à Paris. Il est admis à l’École des beaux-arts, où il étudiera jusqu’en 1954. La découverte des œuvres d’Alberto Giacometti, son voisin de la rue Hippolyte-Maindron, et surtout des sculptures métalliques de Pablo Gargallo, Julio González et Pablo Picasso l’initie à la modernité artistique. Picasso, qu’il rencontre en 1956 chez l’historien d’art Douglas Cooper, restera toujours une de ses principales références artistiques. Il réalise des figures animales et humaines en plâtre, plomb et fil de fer. Au cours d’un stage dans un atelier de menuiserie industrielle, dans le Var, en 1946, il apprend à se servir de la soudure à l’arc. Cette technique sera idéale pour assembler les morceaux de ferraille, qui deviennent son principal matériau.

César, Chauve-souris, 1954, fer forgé, 144 x 215 x 12 cm, poids : 90 kg, MNAM-Centre Pompidou. Présentée dans l’exposition « César » au Centre Pompidou, 2018 ©ASLM

1954-1966. le « Benvenuto Cellini De la ferraille »

1954 marque un tournant. C’est l’année de son installation dans une petite usine de la banlieue nord de Paris, à Villetaneuse, qui sera son principal lieu de travail pendant une douzaine d’années. C’est là qu’il réalisera l’essentiel de ses Fers. « À partir du moment où j’ai travaillé dans cette usine, ma sculpture s’est développée en fonction des possibilités offertes par les matériaux et les instruments. » C’est aussi la période des premiers succès. Il obtient le prix des Trois Arts avec Le Poisson, qui est exposé dans la cour de la galerie Lucien Durand, et entrera dès l’année suivante au Musée national d’art moderne.
« L’époque du Fer » est marquée par la création d’un riche bestiaire, sculptures à la charnière de la tradition et de la modernité qui connaissent un grand succès. La galerie Rive droite lui établit un contrat de première vue et organise sa première exposition (1955). Puis il signe un contrat d’exclusivité avec la galerie Claude Bernard et avec la Hannover Gallery de Londres (1958). César participe aux grandes manifestations internationales, les Biennales de Venise (1956), de São Paulo, de Carrare (1957), l’Exposition universelle de Bruxelles (1958), la Documenta II à Cassel (1959), et rafle une série de prix. On le surnomme « le Benvenuto Cellini de la ferraille ». « Et puis il y avait Rosine… » : César se dit alors un homme heureux. Il vit avec Rosine Groult, qu’il épouse en 1960 et qui lui donne une fille, Anna.

Ensemble de Compressions présentées dans la rétrospective César du Centre Pompidou en 2018 ©ASLM

1960-1965. Premières Compressions

Cette réputation de « Benvenuto Cellini de la ferraille » vole en éclats lorsque l’artiste expose Trois tonnes (de coques de voitures compressées) au Salon de mai de 1960. Le geste est jugé provoquant et scandaleux. Pourtant, César ne fait qu’obéir à la logique de sa démarche, basée sur l’exploration des potentialités de son matériau. La radicalité du geste, pour le coup affranchi de la tradition, n’échappe pas au critique Pierre Restany, qui l’invite à rejoindre un groupe d’artistes (Arman, Yves KleinMartial Raysse, Raimond Hains, Jean Tinguely, etc.) réunis sous le nom de Nouveaux Réalistes, dont la plupart partagent une même volonté d’appropriation directe de cette nouvelle « nature » qu’est la réalité industrielle et urbaine moderne, basée sur la production de masse, la quantité.
Au cours d’un voyage à New York, il va voir Marcel Duchamp (1961). Après la série des sept Compressions « historiques », César s’attache à terminer d’anciennes sculptures en fer soudé, comme la grande Victoire de Villetaneuse (1965) qui, par-delà les millénaires, semble répondre aux Vénus aurignaciennes. César ne cesse pas de conjuguer les propositions radicales avec une pratique plus classique de la sculpture, ces deux versants de son œuvre s’éclairant l’un l’autre.

1965-1967. le Pouce du sculpteur

En 1965, le galeriste Claude Bernard lui ayant proposé de participer à une exposition sur le thème de la main, César imagine de mouler son propre pouce et d’en faire un agrandissement. Cette empreinte donnera lieu à des réalisations de plus en plus grandes, jusqu’aux monuments érigés à Djeddah en Arabie Saoudite (1981, 6 mètres de hauteur) et à La Défense (1994, 12 mètres de hauteur). César procède ainsi à différentes empreintes anatomiques, notamment celle du sein d’une danseuse du Crazy Horse, qui sera lui aussi agrandi à l’échelle de la sculpture monumentale (dans l’usine des parfums Rochas, à Poissy). Ces empreintes seront réalisées dans les matériaux les plus divers : matière plastique, sucre, pain, marbre blanc, cristal, fonte d’acier ou de fer, bronze, or, etc. Si la critique est partagée, entre nostalgiques de sa période des Fers et amateurs de ses positions avant-gardistes, César connaît un début de reconnaissance internationale. Ses premières rétrospectives ont lieu à Amsterdam, Duisbourg, Marseille.

Le Pouce de César dans le jardin des Tuileries à Paris ©Philippe Hennebelle

1967-1970. Plasticités

Ses recherches pour le Pouce le conduisent, en 1967, à découvrir le polyuréthane expansé, mousse synthétique ayant la faculté de se répandre en gonflant et de se figer au bout de quelques instants. Là encore, les propriétés du matériau sont à l’origine de la proposition artistique. La Grande Expansion orange du Salon de Mai de 1967 est suivie d’Expansions réalisées en public, qui deviennent de véritables happenings. La modernité de César réside dans la radicalité mais aussi dans la plasticité de propositions qu’il décline dans de multiples matériaux et adapte à de nombreux contextes : sculptures monumentales pour les commandes publiques, sculptures comestibles pour la Eat Art Gallery de Düsseldorf, sièges en mousse polyuréthane pour le mobilier national (1968), expansions en verre pour la cristallerie Daum (1969), décor du ballet Hopop de Dick Sanders, compressions de bijoux et de métaux précieux (1971-1972) avec les ateliers Morabito.

Expensions de César présentées dans la rétrospective du Centre Pompidou en 2018 ©ASLM

1970-1990. l’ère Du bronze soudé

Nommé professeur à l’École des beaux-arts de Paris en 1970 (il conservera ce poste jusqu’en 1986), César jouit désormais d’une immense célébrité et d’une reconnaissance officielle qui se manifestera par de nombreuses distinctions. Son œuvre se développe avec un sens inouï de la déclinaison, de l’exploration de nouveaux matériaux et de la réinvention de ses propres acquis. À partir de 1974, il réalise des compressions murales : carton, bois, textiles ou papiers divers compressés sur panneaux de bois, retouchés au crayon et présentés verticalement. « Du déchet industriel, je suis passé au déchet urbain […]. Ces compressions, c’est un peu de la poésie de tous les jours. Les petits riens de la vie… ». Il les appelle Portraits de compressions, mettant ainsi l’accent sur la dimension d’autoreprésentation de son travail.
De même, à partir de 1978, il entreprend de revisiter son œuvre, en recourant à la technique du bronze soudé, qui lui permet de retoucher par soudage des tirages en bronze de ses anciens Fers. Cette technique sera désormais prépondérante. Elle est à l’origine de séries importantes (Poules patineuses, à partir de 1984) et de plusieurs réalisations monumentales : Le Centaure, hommage à Picasso inauguré en 1988 à son emplacement définitif, carrefour de la Croix-Rouge à Paris ; ou encore l’immense Flying Frenchman, commandé et offert par Cartier à la ville de Hong-Kong en 1992. L’artiste trouve auprès de cette fondation un soutien permanent, qui se traduit par des expositions et des commandes. Ce mécénat lui permet de créer une de ses œuvres majeures, l’Hommage à Eiffel (1984-1988), réalisé avec des éléments en fer provenant de la tour Eiffel. 1989 est l’année de sa rencontre avec Stéphanie Busuttil, qui sera sa dernière compagne et sa collaboratrice et créera la Fondation César en 2012.

The Flying Frenchman de César à Tsim Sha Tsui, Hong Kong ©Wikimedia Commons/Underwaterbuffalo, 2016

1990-1998. L’apothéose de César

Parallèlement, les Compressions semblent une source inépuisable d’expérimentations. Elles donnent lieu à de nouvelles séries, comme Les Championnes (1985), réalisées avec des voitures de course Peugeot Talbot accidentées ; la Suite milanaise (1998), compressions monochromes de coques de voitures Fiat neuves, repeintes aux couleurs du constructeur. Et à deux des installations les plus extraordinaires que l’artiste ait jamais réalisées : lors de la Biennale de Venise de 1995, où il est choisi par Catherine Millet pour représenter la France, César expose 520 Tonnes, une montagne de compressions d’automobiles entassées sur plus de sept mètres de hauteur ; pour la foire de Bâle de 1996, il imagine une gigantesque sculpture faite de balles de papier compressées représentant un mois de lecture des Bâlois. Quarante-six ans après les premières Compressions, le processus n’a rien perdu de son actualité ni de sa pertinence. C’est que loin de se répéter, César n’a cessé d’inventer de nouvelles possibilités, à partir de ses intuitions primordiales.

Cet article Récit d’une vie : César, un demi-siècle de sculpture est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

4 lauréats pour les Prix du mécénat populaire de la Fondation du patrimoine

connaissance des arts -

La Fondation du patrimoine est la première organisation privée de France. Elle est entièrement dédiée à la sauvegarde du patrimoine de proximité, le plus souvent non protégé par l’État. Cet organisme sans but lucratif a été créé par la loi du 2 juillet 1996. Reconnue d’utilité publique par le décret du 18 avril 1997, la Fondation s’efforce de sauvegarder et de mettre en valeur le patrimoine national bâti, mobilier et naturel. Depuis sa création, plus de 30 000 projets ont été soutenus.
Les Prix du mécénat populaire saluent les collectivités territoriales et petites communes qui ont su élaborer un projet de sauvegarde de leur patrimoine respectif. En se fédérant, les populations ont parfois réussi à obtenir de très nombreux dons de généreux participants. La Fondation du patrimoine, aidée de ces prix, encourage, en effet, l’appel aux dons. Des donations qui peuvent, depuis 2016, se faire en ligne.

1er prix : Église d’Étrigé́ à Sept-Forges
Ce prix, doté de 6 000 €, récompense l’incroyable restauration de ce lieu dont les volumes remontent aux XIIe et XIIIe sicèles. Par ces travaux, il s’agissait de sensibiliser la population environnante à la sauvegarde du patrimoine. L’équipe municipale a largement été félicitée pour son engagement. Ce projet, lancé en 2007, n’aurait pas vu le jour sans la participation active de l’association Les Amis d’Étrigé et de son président Philippe Durand. Cette petite commune, de moins de 300 habitants, a réussi à collecter près de 153 000 €.

Vue extérieure de l’église d’Étrigé © Commune de Sept-Forges

2e prix : Église Sainte Trinité́ de Choisy-au-Bac
L’Église Sainte Trinité, datant du XIIe siècle et marquée par la tradition romane, a reçu le 2e prix (doté de 3 000 €) du mécénat populaire en septembre dernier. Le jury a félicité l’investissement de cette commune de moins de 4 000 habitants pour son engagement dans la restauration de son patrimoine religieux. Le dynamisme et l’implication de ses habitants, à travers diverses animations, ont rapporté plus de 200 000 € soit 20 % du montant total des travaux.

Vue extérieure de l’église de Choisy-au-Bac © Wikimedia Commons

3e prix : La Villa La Sapinière de Barcelonnette
Cette villa « mexicaine », non protégée par le titre des Monuments historiques et ayant appartenu à la famille Signoret, a réussi à rassembler 95 000 € pour assurer son existence, ainsi que celle de ses collections, dans le temps. L’originalité et l’importante mobilisation des habitants de cette commune lui ont offert un retentissement international. Le prix est doté de 2000€.

Vue frontale de La Villa La Sapinière de Barcelonnette © Hélène Homps

Mention spéciale « mobilisation numérique » : Les cloches de la cathédrale de Saint-Malo
Saint-Malo, dont la cathédrale date du XIIe siècle, pourra à nouveau entendre ses cloches retentir. Ce projet a débuté il y a presque deux ans et 88 000 € ont déjà été collectés. Le jury a félicité la forte mobilisation numérique pour ce projet par une dotation de 4 000 €. Les dons en ligne, à l’initiative de la commune et de l’association Campana, ont été extrêmement nombreux.

Cloche de la cathédrale de Saint-Malo © Saint-Malo

Cet article 4 lauréats pour les Prix du mécénat populaire de la Fondation du patrimoine est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Pages