Actualité artistique

Décès de l’architecte américain Robert Venturi

connaissance des arts -

Récompensé du Pritzker Prize en 1991 pour son travail d’architecture et ses recherches théoriques, Robert Venturi (né en 1925) a en fait commencé sa carrière avec les architectes Eero Saarinen et Louis Kahn. Il crée sa propre agence en 1958 avec John Rauch et s’associe ensuite avec son épouse Denise Scott Brown (née en 1931), elle-même architecte. Il enseigne à l’UCLA, Yale, Princeton et Harvard et développe, à partir de Complexity and Contradiction in Architecture en 1966, un œuvre théorique capital. Il appartient au mouvement post-moderne, affranchissant l’architecture du sacro-saint dogme d’une pureté des formes à la manière de Le Corbusier et Mies van der Rohe. Fantaisiste, sa production architecturale comporte aussi bien des villas (Maison Vanna Venturi à Chestnut Hill, Maison Trubek à Nantucket), des musées (aile du Allen Art Museum à Oberlin, extension de la National gallery de Londres), des établissements hospitaliers (Guild House de Philadelphie) que des bâtiments commerciaux. Unique bâtiment en France, l’Hôtel du département de la Haute-Garonne à Toulouse, mi-verre mi-briques, a été réalisé en 1992-99 avec Anderson/Schwartz Architects et Hermet-Blanc-Delagausie-Mommens/Atelier 4.

Cet article Décès de l’architecte américain Robert Venturi est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Disparition du philosophe et urbaniste Paul Virilio

connaissance des arts -

Né à Paris en 1932, Paul Virilio a été profondément marqué par l’expérience de la guerre, notamment par les bombardements de Nantes où il a passé une partie de son enfance. Fasciné par le travail sur la lumière et le vide, il a suivi une formation de maître verrier à l’École des métiers d’art, à Paris, avant de créer avec son épouse, Suzanne Gruault, un atelier de vitrail, non loin du musée Rodin. Il puisait alors son inspiration dans les œuvres peintes de Léon Zack, de Serge Poliakoff, de Michel Carrade ou encore Raoul Ubac. Au début des années 1950, il a travaillé avec Henri Matisse à la conception des vitraux de la chapelle du Rosaire à Vence, avant de collaborer avec Georges Braque sur ses chantiers de Varengeville. Paul Virilio s’est ensuite tourné vers l’architecture et l’urbanisme, fondant en 1963 le groupe Architecture-Principe avec Claude Parent, Morice Lipsi et Michel Carrade. Leur manifeste, qui prônait un affranchissement de la verticale comme axe d’élévation et de l’horizontale comme plan permanent, a eu une influence déterminante sur l’évolution de l’architecture française contemporaine. En 1969, il a créé l’Atelier Virilio à l’École Spéciale d’Architecture, boulevard Raspail, où il a enseigné durant plus de trente années.
Directeur de la collection « L’Espace critique », aux éditions Galilée, à partir de 1974, Virilio a également publié plus d’une trentaine d’essais tout en collaborant à des nombreuses revues telles que « Esprit », « Traverses » ou « Architecture d’Aujourd’hui ». En 1975, à l’occasion d’une exposition au musée des Arts décoratifs à Paris, paraissait son premier ouvrage « Bunker Archéologie » qui documente les vestiges du Mur de l’Atlantique et questionne la notion de rempart. À partir de 1988, il a régulièrement collaboré avec la Fondation Cartier en concevant plusieurs expositions d’importance parmi lesquelles « La Vitesse » (1991), « Ce qui arrive » (2002), « Terre natale, Ailleurs commence ici » (2008).

Cet article Disparition du philosophe et urbaniste Paul Virilio est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Le saviez-vous : Le Caravage

connaissance des arts -

Ténébriste

L’artiste doit son surnom à son lieu de naissance, Caravaggio, en Lombardie. Le Caravage invente le « clair-obscur » radical, qui consiste en de violents jeux d’ombre et de lumière, dans une vision sans concession de la réalité. Dans Judith décapitant Holopherne (vers 1600), les corps et les visages, sous l’effet d’une lumière dramatique, semblent surgir de l’ombre.

Le Caravage, Judith décapitant Holopherne, vers 1600, huile sur toile, 145 x 195 cm, Rome Gallerie Nazionali d’Arte Antica, Palazzo Barberini © Mauro Coen

Provocateur

La réputation sulfureuse de Caravage vient de son esprit querelleur et d’une provocation permanente envers l’église. Dans La Mort de la Vierge (1605-1606), l’artiste prend pour modèle le corps sans vie d’une prostituée. Rien ne subsiste de la représentation respectueuse qui imprègne les tableaux de dévotions.

Le Caravage, La Mort de la Vierge, 1601-1606, huile sur toile, 369 x 245 cm, musée du Louvre

Influent

L’art révolutionnaire du Caravage a eu un impact immédiat et décisif sur ses contemporains. Ses premiers disciples, appelés « caravagesques », furent Carlo Saraceni, Orazio Gentileschi ou encore Bartolomeo Manfredi. Plus tard, des peintres comme le Français Simon Vouet (1590-1649) ou l’Espagnol Diego Vélasquez (1599-1660) ont également eu, à leurs débuts, une période dite « caravagesque ».

Le Caravage, Saint Jérôme écrivant, vers 1605, huile sur toile, 116 x 153 cm, Rome Galleria Borghese © Ministero Dei Beni e delle Attivita Culturali e del Turismo, Galleria Borghese

Apprenez-en plus et faites le tour du monde des arts à travers les siècles avec L’Histoire de l’Art pour les nullissimes, par Alexia Guggémos, aux Éditions « Pour les nuls ».

Cet article Le saviez-vous : Le Caravage est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Au Crac des Chevaliers à la Cité de l’architecture

connaissance des arts -

Oui, on peut être et avoir été. Forteresse inexpugnable pendant le Moyen Âge, le Crac des Chevaliers a retrouvé sa vocation militaire à l’occasion de la guerre civile qui ravage la Syrie. En 2012, un groupe d’insurgés prend le contrôle de l’ancienne citadelle croisée. Celle-ci est bombardée l’année suivante par les avions du régime de Bachar el-Assad, entraînant des dégâts heureusement limités, et sera reconquise par l’armée régulière en 2014. Ainsi, par une étrange concordance des temps, le Crac, élevé au XIXe siècle au rang d’objet patrimonial majeur, redevient un lieu de conflits, où s’entremêlent enjeux militaires et patrimoniaux. L’émoi suscité par ces événements, à la fois en Syrie et en Occident, témoigne de son importance symbolique au regard d’une histoire partagée. Il rappelle aussi que le patrimoine est une affaire politique, qui se conjugue au présent. Témoin, la messe organisée en 2016, la première depuis la chute du Crac en 1271, qui a permis au régime criminel de Damas de se poser en défenseur des minorités religieuses.
Si tout se termine provisoirement par une messe, tout avait commencé de la même façon, lorsque le pape Urbain II était venu prêcher la croisade en France en 1095. Depuis plusieurs années, la papauté s’inquiétait de l’attitude des Turcs qui, après avoir pris Jérusalem aux Fatimides d’Égypte, en restreignaient l’accès aux pèlerins. Des hordes de chevaliers et de soldats chrétiens, venus de France, d’Allemagne, de Flandres déferlent alors sur le Levant, semant la mort et la désolation au nom du Christ. En 1099, les croisés s’emparent brièvement d’une modeste forteresse, plantée sur une colline dominant la vallée de Homs. […]

Cet article Au Crac des Chevaliers à la Cité de l’architecture est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Édito : Que va-t-il rester de notre ministère ?

connaissance des arts -

Lors du mini-remaniement du 4 septembre, un soupir de soulagement a dû déranger le calme intense de la Rue de Valois lorsque les équipes ont su qu’il n’y avait pas de changement en vue. Pourtant, on peut s’interroger hurla situation sur place. Tous les trimestres, le périmètre de la Culture est rogné petit bout par petit bout. Cela a commencé avec le patrimoine. Ayant l’oreille du président Macron et de sa femme Brigitte, le journaliste Stéphane Bern a obtenu une Mission patrimoine pour trouver les financements nécessaires à la restauration des édifices en péril (lire notre numéro de septembre et notre Spécial Patrimoine en France 2018, centré sur les deux cent soixante-neuf bâtiments repérés). Puis cela a continué avec le Livre. Pour éviter tout soupçon de conflit d’intérêts avec son ancienne activité à la tête des éditions Actes Sud avec son mari Jean-Paul Capitani, elle a été déchargée par décret de la « régulation économique de l’édition littéraire » et de ses attributions concernant le Centre national du livre. Pour les bibliothèques, c’est Erik Orsenna, un autre proche d’Emmanuel Macron, qui a été choisi et, pour la francophonie, Leïla Slimani la représente désormais. En parallèle à cette réduction de périmètre, Françoise Nyssen a dû encaisser en quelques mois un nombre impressionnant de défections ou abandons de postes : son directeur de cabinet et plusieurs conseillers, puis le directeur des Archives (Hervé Lemoine parti pour le Mobilier National), la directrice des Musées de France (Marie-ChristineLabourdette mutée à la Cité de l’architecture), la directrice de la Création artistique (Régine Hatchondo transférée chez Arte France) et le directeur des Patrimoines (l’ineffable Vincent Berjot). Autant de postes longtemps restés sans affectataire et auxquels il faut ajouter de nombreuses institutions sans directeur ou directrice (Réunion des Musées nationaux-Grand Palais, École nationale supérieure des beaux-arts, Jeu de paume…). Pour l’instant, au ministère, on attend le rapport de Philippe Bélaval, l’infatigable directeur du Centre des Monuments nationaux, qui a reçu pour mission de repenser l’organisation de la direction générale des patrimoines. Est-ce que ses conclusions vont faire évoluer l’organigramme complet du ministère ? Y aura-t-il une réforme générale ? Un déblocage pour toutes ces nominations en attente de lettres de mission ? Quoi qu’il en soit, ce ministère moignon a besoin de changement. Il ne peut pas se passer d’une réflexion totale, remettant à plat ses prérogatives et ses fonctions. À ne rien faire, il court le risque d’une prochaine disparition.

Cet article Édito : Que va-t-il rester de notre ministère ? est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Jean-Michel Frank, l’ultra-contemporain à la galerie Vallois

connaissance des arts -

Ce créateur talentueux fascine par la qualité de ses réalisations, dont l’élégance n’a d’égale que leur extrême simplicité. Ce one-man-show chez Vallois réunit un ensemble choisi d’une dizaine de pièces de mobilier issues de collections privées, accompagnées de luminaires. La galerie a préféré ne pas diffuser les prix qui seront sur demande. Il y a notamment des meubles gainés de parchemin, très typiques du travail de Jean-Michel Frank, mais aussi ses fascinantes marqueteries de paille, ainsi que des inclusions de cuir, d’ivoire, de chêne ou d’obsidienne… Efficace et radical, le style de Frank s’impose avec force, notamment dans l’originalité brute de la table Ananas, ou la singularité de sa table basse en mica, énigmatique et captivante…

Cet article Jean-Michel Frank, l’ultra-contemporain à la galerie Vallois est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Le site de la Corderie à Marseille partiellement classé Monument historique

connaissance des arts -

En août 2017, une opération de fouilles préventives, menée à l’occasion de la construction d’un immeuble sur le boulevard de la Corderie à Marseille par le groupe Vinci Immobilier, avait permis la mise au jour d’une carrière de calcaire dont l’exploitation remonte au Ve siècle avant notre ère. Ces vestiges, qui s’étendent sur plus de 6 500 m², témoignent de l’histoire de la construction de Marseille et gardent le souvenir des techniques d’extraction mises en œuvre durant l’Antiquité. Afin de faire annuler le permis de construire accordé à Vinci, plusieurs personnalités avaient alors lancé une pétition qui avait réuni plus de 15 000 signatures. Bien que le permis ait finalement été maintenu, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, s’était engagée à sanctuariser le site en classant une partie de ses vestiges, soit environs 635 m², au titre des monuments historiques. En instance de classement depuis novembre 2017, cette portion de terrain est à présent définitivement préservée, la demande ayant été validée à l’unanimité par la Commission nationale des monuments historiques. À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, qui se tenait les 15 et 16 septembre, une plaque portant l’inscription « Monuments historiques » a été installée sur le site.

Cet article Le site de la Corderie à Marseille partiellement classé Monument historique est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Une nouvelle saison pour l’Université populaire du musée du Quai Branly

connaissance des arts -

Alors que l’exposition « Madagascar. Arts de la Grande Île » ouvre ses portes, le musée du Quai Branly-Jacques Chirac lance la saison 2018-2019 de ses désormais traditionnelles Universités populaires. De septembre à mai, quatre cycles de conférences vont ainsi enrichir la programmation culturelle de l’institution, dont les projets muséographiques comme scientifiques s’attachent à renouveler le dialogue entre les cultures. Cette année, la philosophe et romancière Catherine Clément a conçu un programme de vingt-six conférences au cours desquelles des historiens, des anthropologues, des chercheurs mais également des artistes, des responsables politiques ou des sages interrogeront les rapports de l’Homme à son environnement et à sa culture.
Le premier cycle, consacré au thème des « Grandes révoltes », démarrera le 26 septembre avec une conférence sur le mouvement des Black Panthers avant d’aborder les principaux épisodes révolutionnaires qui ont marqué l’histoire de l’Europe (« Le printemps de Prague », le 23 janvier ; « Les fêtes révolutionnaires », le 13 mars). Un deuxième cycle permettra à différentes personnalités, telles que l’ancien ministre de la Culture Jack Lang (1er février) ou la reporter de guerre Anne Nivat (6 février), de venir partager leurs expériences et leurs parcours singuliers. À l’heure des grands questionnements autour du réchauffement climatique, un troisième cycle mettra en lumière l’histoire des catastrophes, depuis l’ensevelissement de Pompéi (10 octobre) jusqu’à Fukushima (15 mai), en passant par la Grande Peste (24 mai) et Le Titanic (3 avril). Le dernier cycle prendra pour fil directeur « L’invention du futur » en s’intéressant aussi bien à l’intelligence artificielle (17 avril), aux réseaux sociaux (17 octobre) et à la foi millénariste (5 juin). Retrouvez le programme et toutes les informations pratiques sur le site du musée.

 

Cet article Une nouvelle saison pour l’Université populaire du musée du Quai Branly est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Des Balkans à Paris à la galerie Boris

connaissance des arts -

Ouverte en 2017, la galerie Boris s’est spécialisée dans l’art des Balkans. Son directeur, Boris Marinkovic, pas encore trentenaire et passionné de théâtre, propose une esthétique différente et des plasticiens inédits à Paris, tel Vladimir Lalić. Né en 1983, ce dernier a été formé à l’Académie des Arts de Belgrade, ville où il a bénéficié de nombreuses expositions. Ses dessins, décrits comme « anatomiques psycho-analytiques », se découvrent de 400 € à 4000 € et parlent « du drame intérieur de l’homme contemporain ».

Cet article Des Balkans à Paris à la galerie Boris est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Redécouvrir Nasser Assar à la galerie Antoine Laurentin

connaissance des arts -

Décédé en 2011, Nasser Assar n’a pas eu de rétrospective à Paris depuis une dizaine d’années. Beaucoup vont ainsi redécouvrir cet artiste d’origine iranienne, installé en France en 1953, décrit « aux confluences entre Orient et Occident », mais aussi de l’abstraction et de la figuration. Parmi une trentaine d’huiles sur toile et sur papier, de 10 000 € à 80 000 €, celles du début des années 1960 sont les plus fortes et arrivent à mêler la douceur de l’observation et la vivacité du geste.

Cet article Redécouvrir Nasser Assar à la galerie Antoine Laurentin est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Étude d’une oeuvre : « Effondrement, 200 tonnes » par Bernar Venet

connaissance des arts -

Bernar Venet et son Effondrement 200 tonnes Le Muy 2014 © Didier Baverel. Courtesy Archives Bernar Venet New York

L’œuvre de Bernar Venet n’évolue pas, elle se déplace. Dans un mouvement porté simultanément vers l’avant et vers l’arrière, elle ne cesse de reconvoquer des éléments apparus au fil de son parcours pour les redistribuer dans de nouvelles configurations. À bien des égards, Effondrement, 200 tonnes apparaît comme le résultat provisoire de son abondante production, embrassant toutes les périodes de sa carrière, des premières provocations conceptuelles aux sculptures monumentales. Si ces dernières ont essaimé sur toute la planète, c’est dans sa Fondation du Muy que Bernar Venet a installé son Effondrement. L’œuvre se présente comme une accumulation aléatoire d’arcs en acier Corten. Depuis une dizaine d’années, l’artiste a commencé à développer ce concept d’effondrement, mais d’abord à travers un nombre réduit d’éléments. Au Muy, l’idée a pris une dimension monumentale, presque écrasante. Et même de plus en plus, puisque Venet l’a conçu comme un work in progress. Évolution dont la masse de la sculpture porte le témoignage : de cent cinquante tonnes en 2014, elle est passée à deux cents en 2016.
L’œuvre ne semble prendre forme que par l’effet de la gravitation sur cette masse de métal. Venet retrouve ainsi un procédé éprouvé dès ses débuts avec le Tas de charbon de 1963, qui était simplement déversé sur le sol. À travers cette provocation se dessinait un refus de la composition, comprise comme expression de la subjectivité. Pour Venet, la question du choix, du parti pris, intervient en amont, dans l’élection et la mise en œuvre du matériau. Il considère ainsi « l’activité sur le matériau comme étant en soi un acte artistique ». « Il m’est difficile de nier la présence du matériau sur mes intentions, affirme-t-il. Mes sculptures, c’est l’histoire de leur fabrication et de la résistance du métal. Épreuve de force et combat mené entre la barre d’acier et moi-même. Qui fait quoi à l’autre ? Une lutte entre la volonté de l’artiste et la nature rigide de la barre laminée. »

Bernar Venet, Tas de charbon, 1963 et Goudrons, 1963. Exposition Mücsarnok Kunsthalle, Budapest, Hongrie, 2012 © Archives Bernar Venet, New York / Adagp, Paris, 2018

Certes, ces barres métalliques peuvent ensuite être assemblées et positionnées de façon ordonnée, mais aussi bien donner lieu à des dispersions aléatoires, où prime le hasard. Cette dialectique de l’ordre et du désordre imprime sa marque sur toute la production de Bernar Venet, et cela depuis ses débuts. En effet, à côté du Tas de charbon, ses premières œuvres, que l’on peut revoir au musée d’Art moderne et d’art contemporain de Nice cet automne, évacuent la subjectivité en s’en remettant aux mathématiques, telle une aride Représentation graphique de la fonction y = -x2/4 (1966). Et l’artiste compare volontiers sa démarche à celle d’un scientifique. Car l’un comme l’autre considèrent que « sur le plan de la recherche, il n’y a ni désir, ni valeur, ni bien ni mal, ni but », et se sentent « libérés de toute dimension morale ou utilitaire ».

La théorie du chaos

Bernar Venet dans son atelier à Nice en 1966. Courtesy Archives Bernar Venet, New York

Pour en rester aux mathématiques, les Arcs de Venet trouvent leur source dans la géométrie euclidienne et dessinent des figures parfaites. En revanche, les Lignes indéterminées, qui émergent à partir de 1985, lorgnent plutôt vers « des mathématiques plus récentes, telles que la théorie du chaos, des catastrophes, ou la science de la complexité », ainsi que le note l’artiste. Effondrement s’inscrit dans cette veine. Et, de ce chaos, naissent les qualités proprement spatiales de la sculpture, dans son rapport à la fois au site et au spectateur.  « L’œuvre n’existe pas en fonction d’un espace donné (elle ne cherche pas son échelle en fonction d’un site par exemple) mais le produit en même temps qu’elle produit ses formes, souligne l’historien de l’art Arnauld Pierre. C’est d’ailleurs la condition même de son autonomie, qui garantit elle-même l’objectivité et la littéralité de cet art. » D’une certaine manière, Venet tranche, à travers ses sculptures, de vieux débats philosophiques sur la nature de l’espace. Pour lui, il n’y a pas d’espace a priori, celui-ci n’existe ni avant ni en dehors des objets qui le peuplent. Et ces objets déterminent très fortement les réactions du spectateur. La sculpture « ne craint pas d’agir en force perturbatrice, en obstacle au regard comme à la traversée physique », considère Venet. Elle impose sa masse opaque et chaotique à l’observateur, distillant une sourde inquiétude.
Bien sûr, l’artiste ne veut rien exprimer, rien signifier, il se contente de faire. Néanmoins, il n’est pas interdit de voir dans cette accumulation de barres de métal oxydé en expansion constante, une puissante image du déclin et de la chute de la civilisation industrielle. L’effondrement, il est déjà là, et il arbore l’élégante patine des Arcs de Venet.

Cet article Étude d’une oeuvre : « Effondrement, 200 tonnes » par Bernar Venet est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

[ENTRETIEN] Des impressionnistes aux fauves au musée Marmottan Monet

connaissance des arts -

Pensée et conçue comme une suite, une nouvelle partition de l’exposition « Impressionnistes en privé, cent chefs-d’œuvre de collections particulières », présentée en 2014 pour célébrer le 80e anniversaire de l’ouverture du musée Marmottan Monet, l’exposition « Collections privées. Un voyage des impressionnistes aux fauves » nous replonge dans l’ADN de l’institution en rendant un second hommage aux donateurs et aux collectionneurs. Car si, aujourd’hui, le musée peut se prévaloir d’être le dépositaire du premier fonds mondial d’œuvres de Claude Monet et de Berthe Morisot, ainsi que de nombreux impressionnistes, cela a été possible par la générosité des collectionneurs et des descendants d’artistes. Avec « Collections privées. Un voyage des impressionnistes aux fauves » ce sont une trentaine de collectionneurs, venant principalement d’Europe, des États-Unis et d’Amérique latine, qui pendant le temps de l’exposition, ont accepté de décrocher les œuvres de leurs murs. En allant de Claude Monet à Picasso, en passant par Paul Signac, Paul Gaugin, Pierre Bonnard, Camille Claudel, Henri Matisse, pour ne citer qu’eux, cet ensemble de 62 œuvres conservées en mains privées, majoritairement inédites, permet ainsi d’offrir dans un même lieu, un nouveau regard, une nouvelle histoire sur la période des impressionnistes aux fauves. Lire la suite ici.

Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois,
la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005).
FranceFineArt est constituée de différentes rubriques qui
à l’aide de photographies, d’interviews sonores, de textes et de liens interactifs
rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

Cet article [ENTRETIEN] Des impressionnistes aux fauves au musée Marmottan Monet est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Erró, tout en bichromie à la galerie Louis Carré & Cie

connaissance des arts -

Le peintre Erró, né en 1932 et cofondateur de la Figuration Narrative, aime bien s’imposer de petits défis. Par exemple de conserver sur une dizaine, voire une quinzaine d’années, un certain type de tableaux. Il l’avait fait avec des formats carrés et  présente aujourd’hui des noir et blanc, dans lesquels on retrouve ses hommages à Pablo Picasso et Fernand Léger, parmi les favoris de ses collectionneurs. Erró jouit d’une cote soutenue, qui varie de 100 000 € à 350 000 € pour les tableaux historiques, et de 25 000 € à 80 000 € pour les plus récents. Selon Patrick Bongers, qui le représente depuis dix ans, « Ses prix ont longtemps été très sages, mais commencent à se raffermir ». Ce phénomène a-t-il été dû à une production très fournie ? « Peut-être, mais Erró est l’un des rares artistes qui ne se soucie pas du tout de son marché. Il aime juste être à l’atelier et y travailler. Nous devons même insister pour ajuster des prix qui ne sont pas en adéquation avec ceux réalisés en maisons de ventes… »

Cet article Erró, tout en bichromie à la galerie Louis Carré & Cie est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

La Biennale Paris récompense ses meilleurs exposants

connaissance des arts -

Créés en 2017, les Prix de la Commission Biennale distinguent chaque année deux exposants de l’édition en cours, l’un pour la qualité du décor de son stand, l’autre pour le caractère remarquable de l’un des objets qu’il présente. La galerie Marc Maison, spécialisée dans le mobilier et les objets de créations du XIXe siècle, a remporté le prix du meilleur décor pour sa scénographie conçue autour des thèmes du japonisme du XIXe siècle et des Expositions universelles. L’ensemble comprenait notamment une boiserie provenant de la Villa Les Cèdres, au Cap Ferrat, résidence de Léopold II, roi des Belges, ainsi qu’une paire d’animaux fantastiques par Emmanuel Frémiet (1824-1910), auteur de la statue équestre de Jeanne d’Arc située place des Pyramides à Paris, réalisés pour le château de Pierrefonds.
La galerie São Roque, spécialiste de l’Empire portugais du XVe au XVIIe siècle, s’est vue quant à elle décerner le prix de l’objet d’exception pour son plateau portugais à motifs africains daté de la fin du XVIe siècle, dont un exemplaire similaire est conservé au palais Ajuda à Lisbonne.

Cet article La Biennale Paris récompense ses meilleurs exposants est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Les carnets inédits d’Olivier Debré à la galerie AB

connaissance des arts -

Agnès Aittouares propose régulièrement des œuvres d’Olivier Debré, mais c’est la première fois qu’elle lui consacre une exposition personnelle, à partir de deux carnets de voyage réalisés à Washington, en 1982, et à Dakar, en 1986 (dessins proposés à 3000 € et 4000 €). « Les pastels et gouaches illustrent l’univers de cet artiste, dans ses couleurs, sa lumière et sa matière, mais de manière plus intimiste. » Venant d’une illustre famille et représenté de son vivant par d’importantes galeries, Debré a toujours été soutenu en France, même si sa cote demeure loin de celle de Pierre Soulages. Aujourd’hui, ses prix augmentent, appuyés par la donation faite au Centre de création contemporaine de Tours et l’intérêt croissant des collectionneurs. « On peut même dire, ajoute Agnès Aittouares, que les intellectuels américains connaissent Olivier Debré depuis longtemps. D’autant qu’il s’inscrit dans cette tradition d’une non-figuration, toujours référencée au paysage, plutôt qu’à l’abstraction pure, comme l’était Joan Mitchell. »

Cet article Les carnets inédits d’Olivier Debré à la galerie AB est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Le collectif The Red Eye prend la direction artistique du festival Circulation(s)

connaissance des arts -

Créé par Marion Hislen en 2010 et dédié à la promotion de la jeune photographie européenne, le festival Circulation(s) vient de se doter d’une nouvelle direction artistique. C’est le collectif français The Red Eye, composé de François Cheval, directeur du musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône (1996-2016) et créateur du musée de la photographie de Lianzhou, et d’Audrey Hoareau, gestionnaire de collections photographiques et commissaire d’expositions, qui aura donc pour tâche de concevoir et d’encadrer de l’édition 2019 du festival. Fondé en 2016, ce collectif se donne pour mission de « promouvoir, défendre et valoriser la photographie sous toutes ses formes » et intègre aujourd’hui l’équipe de l’association Fetart, en charge de l’organisation du festival, pour renouveler l’identité artistique de l’événement via notamment la conception d’une scénographie originale et une vision plus engagée de la création européenne.
Le prochaine édition du festival Circulation(s) se tiendra au CentQuatre à Paris à partir du 13 avril 2019. L’appel à candidatures, ouvert à tous les photographes européens ou résidant en Europe, est prolongé jusqu’au 30 septembre. Retrouvez toutes les informations sur le site de l’événement : www.festival-circulations.com.

Cet article Le collectif The Red Eye prend la direction artistique du festival Circulation(s) est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Pages

Les liens ci-dessous sont des flux RSS d'informations gratuites en provenance d'autres sites internet ayant un rapport avec les cours et stages de peinture et plus généralement l'art . la Société Française de l'Aquarelle n'est en aucune façon responsable du contenu de cette zone grisée.