Actualité artistique

Trésor à vendre : le portrait d’un ministre d’Henri IV

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Attribué à Francesco di Bartelomeo Bordoni, Paul Phélypeaux, Seigneur de Pontchartrain (détail), bronze réalisé vers 1630-1640, H. 70,5 cm, sur son socle en marbre d’origine, mis en vente par De Baecque le 20 novembre à Drouot.

C’est une belle découverte que présente à Drouot la maison de vente De Baecque-d’Ouince-Sarrau. Géraldine d’Ouince, commissaire-priseur associé en charge du dossier, nous raconte : « Quand nous avons été appelés pour ce bronze, ses propriétaires avaient perdu le fil de son histoire. Le seul indice que nous avions était le cartouche en laiton inséré dans le métal au revers du buste, qui donnait l’identité du modèle, Paul Phélypeaux, Seigneur de Pontchartrain, Secrétaire d’État, et une date, 1610, qui correspond à sa prise de fonction à ce poste auprès d’Henri IV. Après de longues recherches, nous avons trouvé la mention du buste dans l’inventaire des biens de l’épouse de Louis II de Pontchartrain, son petit-fils qui sera par la suite ministre de Louis XIV, qui datait de 1714 et dressait la liste des œuvres d’art et objets alors conservés dans le château familial de Pontchartrain. Puis nous avons découvert au Département des Estampes de la Bibliothèque Nationale un dessin de Robert de Cotte datable vers 1694, relevé du monument funéraire des Phélypeaux dans l’église de Saint-Germain l’Auxerrois, à Paris, où le buste figure en hauteur. Dès lors, tout s’est mis en place ». En effet, ces documents d’archives expliquent le format du buste, plus grand que nature, et la position penchée de la tête, qui permettaient aux visiteurs d’apprécier pleinement la sculpture qui trônait à plusieurs mètres du sol. Selon toute vraisemblance, le bronze a été commandé par la veuve de Paul Phélypeaux après le décès de ce dernier en 1621 lors du siège de Montauban (où il accompagnait Louis XIII), pour orner le monument funéraire qu’elle faisait édifier à Saint-Germain-l’Auxerrois, lieu d’inhumation des hauts dignitaires de la cour. Une étude scientifique, stylistique et historique a ensuite permis d’attribuer la sculpture à un disciple italien de Giambologna, Francesco Bordoni (1572-1654). L’alliage dont est fait le buste et le style de l’œuvre sont comparables à ceux du portrait de Louis XIII conservé au Louvre, identifié comme une réalisation de Bordoni. La minutie de la ciselure et de la reparure est proche de celle observée sur des anges de la chapelle du château de Fontainebleau, donnés à l’artiste. Et la carrière de Bodoni, qui l’a amené à travailler pour la cour de France et à loger au Palais des Tuileries, rend vraisemblable la rencontre des deux hommes, qui habitaient le même quartier et fréquentaient la paroisse de Saint-Germain-l’Auxerrois. Bref, nous voici en présence d’un portrait d’un homme d’État ayant servi Henri III, Henri IV, Marie de Médicis et Louis XIII, pièce unique exécutée par un grand sculpteur et, qui plus est, restée dans la même famille pendant quatre siècles. Tous les éléments sont donc réunis pour attiser la convoitise des collectionneurs privés et des institutions, qu’ils se passionnent pour l’histoire de France ou cherchent une œuvre insigne du début du XVIIe siècle. Le suspens reste entier sur l’éventuelle tentative d’achat par les musées français, qui s’intéressent au buste mais lui ont accordé en mai dernier son certificat d’exportation pour un bien culturel, sésame qui lui permettrait de partir à l’autre bout du monde. Quant à l’estimation de 500 000 € à 800 000 €, fixée sans réelles références, tant l’objet est unique, elle pourrait bien être balayée. Hasard du calendrier, la veille de la vente du buste le 20 novembre par De Baeqcue, Sotheby’s dispersera une vingtaine de tableaux, dessins et sculptures provenant également du château de Pontchartrain, qui a été vendu récemment et serait à terme divisé en appartements de luxe…

Attribué à Francesco di Bartelomeo Bordoni, Paul Phélypeaux, Seigneur de Pontchartrain, bronze réalisé vers 1630-1640, H. 70,5 cm, sur son socle en marbre d’origine, mis en vente par De Baecque le 20 novembre à Drouot.

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Chiara Parisi à la tête du Centre Pompidou-Metz ?

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Le 28 novembre prochain, le conseil d’administration de l’établissement public dévoilera son nouveau directeur. C’est Chiara Parisi qui prendrait la suite de Laurent Le Bon et Emma Lavigne, selon une information révélée ce lundi par le « Figaro ». Contrairement à ses prédécesseurs, la commissaire d’exposition n’est pas une ancienne du Centre Pompidou. À 49 ans, Chiara Parisi, originaire de Rome, vit en France depuis plusieurs années et n’en est pas à sa première présidence. On la retrouve, entre 2004 et 2011, au Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivièvre en Nouvelle-Aquitaine, avant de prendre ses fonctions à la Monnaie de Paris comme directrice des programmes culturels de 2011 à 2016. Sa nomination doit encore être validée mais elle semble déjà avoir convaincu l’actuel président du centre Serge Lasvignes. Verdict dans une quinzaine de jours.

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À Tokyo, Cartier voyage dans le temps

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La panthère, félin emblématique de la Maison Cartier, est apparue pour la première fois sur une montre en 1914 ©DR

C’est la 34e exposition concoctée par Cartier depuis trente ans, mais elle ne ressemble à aucune autre. Pour la première fois, en effet, le focus est fait sur les pièces créées par la Maison depuis les années 1970, dont beaucoup ont été prêtées pour l’occasion par des collectionneurs privés, mises en dialogue avec des pendules et bijoux historiques de la Collection Cartier. Confiée à l’agence d’architecture New Material Research Laboratory (NMRL), fondée par l’artiste Hiroshi Sugimoto et l’architecte Tomoyuki Sakakida, la scénographie sublime les objets en plongeant les visiteurs dans les temps immémoriaux où commença la cristallisation des gemmes, puis en les transportant vers le futur. Le parcours de l’exposition est thématique. En introduction, dans un décor dominé par une horloge géante, une présentation de pendules mystérieuses précède une sorte de salle du trésor où Sugimoto confronte des pièces emblématiques de Cartier à des antiquités japonaises. La première partie de l’exposition proprement dite porte sur les pierres et les métaux précieux, sur les techniques et la palette de couleur utilisée par la Maison, qui est une de ses marques de fabrique depuis sa création par Louis-François Cartier, en 1847. Par de savants jeux de lumière, les bijoux et objets émergent de la pénombre et semblent flotter dans l’espace. Sont ensuite traitées les formes et le design des bijoux, en particulier les lignes pures, les sphères, les effets d’optique et les emprunts aux mondes de la couture et de l’industrie (collection Écrou, bracelet Love). Les scénographes ont joué le contraste en utilisant du tuf, une roche poreuse formée par accumulation de projections volcaniques, qui évoque l’ambiance d’une grotte et met en valeur la densité et la brillance des diamants et autres pierres précieuses. Puis l’exposition explore les sources d’inspiration de la Maison Cartier, issues de civilisations anciennes comme l’Égypte, l’Inde et la Chine, ou bien puisées dans la faune ou la flore. Les pièces sont déployées dans une grande vitrine de plan ovale ressemblant à une soucoupe volante ou à une comète évoluant dans l’univers. Un pas vers le futur…

Vitrines de créations Cartier Tutti-Frutti, inspirées des mélanges de couleurs des bijoux des Maharadjahs indiens. ©DR

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La Monnaie de Paris arrête l’art contemporain et réoriente sa programmation culturelle

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Il est fini le temps où les artistes contemporains s’emparaient du site historique de la Monnaie, située au 11 quai de Conti (Paris VIe arrondissement), pour transporter les visiteurs dans leurs univers créatifs. À présent, il faut faire le deuil des expositions telles que « Chocolate Factory » de Paul McCarthy (2014), de Maurizio Cattelan (2016) et bientôt celle de Kiki Smith (2019). Camille Morineau, directrice de la programmation de l’art contemporain et du musée depuis 2016, a quitté l’institution il y a deux semaines après l’annulation d’une rétrospective consacrée à Jean Tinguely, laissant un siège pour le moment vide. Marc Schwartz, directeur général de l’établissement, a déclaré lors du conseil d’administration du 16 octobre dernier qu’il n’y aurait plus d’exposition d’art contemporain. En effet, il souhaite « gagner en lisibilité, renforcer la cohérence entre la programmation et l’identité de la Monnaie, améliorer les résultats économiques, s’ouvrir à tous et accueillir un public plus large ». En d’autres termes, la plus ancienne des institutions françaises et la plus vieille entreprise du monde n’arrêtera pas la programmation culturelle mais l’associera davantage à sa production et valorisera l’histoire de la monnaie et du musée. Avec l’ouverture de la Bourse de Commerce-Pinault Collection en juin 2020, et sans compter les nombreux centres d’art qui peuplent la capitale, la concurrence se fait plus rude au niveau de l’art contemporain à Paris. La programmation culturelle n’étant pas abandonnée, une troisième édition d’« Artistes à la Une » sera organisée en 2020 dans l’établissement pour donner aux artistes la possibilité de « créer des portraits de femmes inspirantes » et on peut toujours espérer que les 1 000 m2 d’exposition seront privatisés à des fins culturelles. Maigre compensation aux cartes blanches d’artistes contemporains, l’institution crée le Prix de la Monnaie de Paris, dont les lauréats pourront réaliser un dessin qui sera repris sur une production de l’entreprise et qui seront invités à effectuer une résidence dans les ateliers de la Monnaie. D’après « Le Journal des Arts », Marc Schwartz aurait également évoqué une exposition de bande dessinée courant 2020, faisant d’une pierre deux coups en permettant la promotion de la collection de médailles sur les 60 ans d’Astérix.

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Lionel Sabatté lauréat 2019 du Prix de peinture de la Fondation Simone et Cino Del Duca, décerné par l’Académie des Beaux-Arts

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Depuis 1995, la Fondation Simone et Cino Del Duca gratifie des peintres, sculpteurs et compositeurs internationaux confirmés sur l’ensemble de leur œuvre. Ainsi, Le Grand Prix Artistique, doté de 100 000 €, récompense l’ensemble d’une carrière. Ce prix est remis chaque année, alternativement, soit à un peintre, un sculpteur ou un compositeur musical, selon un calendrier établi à l’avance et respectant cet ordre.
Né à Toulouse en 1975, Lionel Sabatté vit et travaille entre Paris et Los Angeles. Pratiquant à la fois la peinture, le dessin et la sculpture, il entremêle ces disciplines et fait dialoguer l’ensemble de ses œuvres où la transformation de la matière, par le passage du temps, est au centre de sa production artistique. Il travaille majoritairement avec des matériaux organiques et base ses recherches sur les mondes animaux et minéraux. Son œuvre, en quête de merveilleux, est à la fois poétique, sensible et parfois troublante. En figurant le vivant, il nous pousse à nous interroger sur notre condition et la place que nous occupons. C’est un artiste reconnu qui a déjà reçu plusieurs récompenses depuis le début de sa carrière comme le Prix Yishu 8 de Pékin en 2011, le Prix Drawing Now à Paris en 2017 ou encore le Prix des Amis de la Maison Rouge à Paris l’année dernière.
En plus du Grand Prix Artistique, la Fondation Simone et Cino Del Duca, sur proposition de l’Académie des Beaux-Arts, décerne deux autres prix. Il s’agit des prix de confirmation, de 25 000 € chacun, remis dans les deux disciplines non concernées par le grand prix de l’année

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Cocteau secret : une exposition de dessins issus de la collection personnelle de l’artiste

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Le siège du cabinet de conseil Quirinal, situé dans le quartier de l’Opéra à Paris, accueille pour quelques jours l’exposition « Cocteau Secret. Portraits et autoportraits issus de sa collection personnelle », qui réunit une sélection d’œuvres graphiques de l’artiste, pour la plupart inédites, provenant toutes de collections privées, et dont certaines à vendre. Cette présentation a été conçue en partenariat avec l’association des Amis de la Villa Santo Sospir, dite « la Villa tatouée », une maison-œuvre d’art, installée à Saint-Jean-Cap-Ferrat, dont Cocteau a entièrement habillé murs, plafonds et objets de fresques et de dessins en 1950.
Au fil de ces portraits et autoportraits, on redécouvre l’intimité de l’artiste au travers de ses amours et de ses amitiés. Il croque ainsi Jean Marais et Édouard Dermit, bien sûr, mais aussi son vieil ami Picasso, sa voisine du Palais Royal Colette, Francine Wesweiller, propriétaire de la Villa Santo Sospir… De Jacques-Émile Blanche à Dora Maar, on croise de nombreuses personnalités ayant participé, de près ou de loin, à cette longue vie du « Prince frivole ».

Jean Cocteau, Quadruple autoportrait, crayons de papier noir et de couleurs sur papier, 1915-1916 ©DR

Quirinal
5 rue Auber, 75009 Paris
Jusqu’au 21 novembre
Ouverte au public du lundi au samedi, de 11h à 18h. Dimanche sur rendez-vous

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Picasso méditerranéen à Toulon

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Fermé pour d’importants travaux de rénovation, le Musée d’art de Toulon rouvre partiellement ses portes pour accueillir une exposition qui fait dialoguer des paysages méditerranéens de Picasso peints à Céret, Saint-Raphaël, Juan-les-Pins, Cap d’Antibes et Cannes avec des œuvres de ses contemporains et amis, Raoul Dufy, Georges Braque ou André Derain. La présentation vient conclure la manifestation « Picasso-Méditerranée » qui a réuni plus de soixante institutions internationales depuis 2017.

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Idée lecture : L’Alphabet de nos vies

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« La Bible est un corps animal, une forêt de souffles, un feuillage qui frémit : elle fait partie du monde vivant », écrit Valère Novarina en avant-propos de cette publication illustrée des onze premiers chapitres de la Genèse traduits par le chercheur et philosophe Marc-Alain Ouaknin. Ces premiers chapitres (le traducteur nomme joliment ce texte qui l’a si longtemps « occupé » Genèse de la Genèse) les voici presque tout neufs, révélés à nos yeux étonnés, porteurs de toutes nos interrogations et plus encore. Marc-Alain Ouaknin s’est attaché à donner une traduction au plus près de la littéralité, sans ornementation inutile et pourtant sans austérité, suivant cette « danse de la pensée » qui habite l’hébreu. On trouve soudain à ces récits des temps babyloniens une juste simplicité qui n’en dissipe pourtant pas le mystère. On en veut pour exemple le premier verset, qui s’appuie sur la présence de deux déterminants hébreux et se lit désormais : « Premièrement. Elohim créa l’alphabet du ciel et l’alphabet de la terre ». Le choix des illustrations, pour la plupart abstraites mais surtout incarnées, Cercle noir (1923), de Malévitch, Les Deux Carrés de El Lissitzky, et encore Geneviève Asse, Yves Klein, Mondrian, est tout aussi remarquable. 

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Venise sous les eaux, patrimoine en péril

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Depuis 1966, Venise n’avait plus connu d’acqua alta (marée haute) de cette ampleur. Mardi 12 novembre, la place Saint-Marc, point le plus bas de la cité des Doges, s’est brusquement trouvée engloutie sous près de 2 m d’eau. La basilique Saint-Marc, véritable joyau de la ville érigée en 828, compte parmi les monuments les plus gravement touchés : l’eau s’est engouffrée dans la crypte du XIIe siècle, atteignant à certains endroits plus d’un mètre de haut et mettant en péril l’équilibre des colonnes. Elle a ensuite submergé le sol du vestibule (ou avant-nef) dont les mosaïques médiévales et les marbres ont été touchés. Pour l’archevêque Francesco Moraglia, ceci risque d’engendrer « des dommages irréparables, surtout lorsque la partie inférieure des mosaïques et du carrelage va sécher ». L’intendant de la basilique Saint-Marc, Pierpaolo Campostrini, a rappelé que seules cinq inondations de cette gravité ont marqué l’histoire de l’édifice, trois au cours des vingt dernières années et notamment une en automne dernier, présageant un sombre avenir au lieu. En 2018, la catastrophe naturelle avait engendré près de 2,2 millions d’euros de dommages.
Mais la basilique n’est pas la seule victime des intempéries. Le palais gothique de la Ca’ Foscari a été également endommagé, tandis qu’un incendie s’est déclaré au musée d’art moderne de la Ca’ Pesaro suite à l’inondation d’une unité d’électricité qui a provoqué un court-circuit. Aucune œuvre d’art n’a été compromise mais le rez-de-chaussée s’est partiellement effondré. Plusieurs autres musées et théâtres ont fermé leurs portes temporairement, notamment les espaces Pinault (le Palazzo Grassi et la Punta della Dogana) et La Fenice. Le Palais des doges, la Ca ‘Rezzonico, le musée du parfum du Palazzo Mocenigo, la maison de Carlo Goldoni, le palais Fortuny, le musée d’histoire naturelle, le musée Correr, la Tour de l’horloge, le musée du verre de Murano, le musée de la dentelle de Burano et la Peggy Guggenheim Collection devraient quant à eux réouvrir ce week-end. La Biennale d’art contemporain, qui devait se dérouler sans interruption jusqu’au 24 novembre, a dû fermer exceptionnellement le mercredi 13 novembre. Aucune information concernant l’état des œuvres d’art présentées n’a été communiquée pour le moment mais les différents sites de cette 58e édition ont pu accueillir de nouveau les visiteurs ce jeudi 14 novembre. Pour l’heure, aucun constat n’a été réalisé concernant la restauration des monuments vénitiens endommagés. Néanmoins le maire de la ville, Luigi Brugnaro, estime que le bilan financier des réparations devrait atteindre plusieurs centaines de millions d’euros.

Situazione drammatica pic.twitter.com/gS63ZK2j3Q

— Luigi Brugnaro (@LuigiBrugnaro) November 12, 2019

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Robert Cottingham, l’Amérique plus que réaliste à Paris

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Voici, pour les amoureux de l’hyperréalisme américain de la première génération, un rendez-vous à ne pas manquer avec Bob Cottingham (né en 1935), contemporain de John DeAndrea, également représenté par la galerie Vallois. Comme la plupart des membres du groupe, Cottingham avait été exposé à la Documenta V d’Harald Szeemann en 1972, ce qui avait amorcé la reconnaissance de ce mouvement en Europe. Cette première exposition chez Vallois, accompagnée aussi de la première monographie consacrée à l’artiste, se tient dans les deux espaces de la galerie. Dans le plus grand, 36, rue de Seine, sont présentées neuf magnifiques toiles récentes et leurs œuvres préparatoires sur papier (en général au minimum un fusain et une aquarelle par tableau). Dans le second espace, au 33 rue de Seine, on découvre une sélection d’œuvres sur papier, depuis les premières maisons californiennes jusqu’aux premières œuvres hyperréalistes, ainsi que des machines à écrire ou wagons de train, de 1969 à nos jours. Compte tenu de la diversité des œuvres, les prix devraient se situer entre 5000 € et 240 000 €.

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Une récompense de £100 000 pour retrouver les toilettes en or de Maurizio Cattelan

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Ce qui pour le commun des mortels commençait comme un gag, voire une provocation pour les frileux de l’intimité gastrique ou les sectateurs de Winston Churchill, c’est transformé en une très sérieuse affaire de vol d’œuvre d’art. Nous ne discuterons pas ici du bien-fondé d’un tel qualificatif pour désigner America, l’installation satirico-trash créée en 2016 par Maurizio Cattelan pour le Guggenheim Museum de New York et volée au Blenheim Palace en septembre dernier.
Petit rappel des faits : dans la nuit du 13 au 14 septembre, plusieurs individus se sont introduits dans le bâtiment qui accueillait l’exposition « Victory Is Not An Option », premier solo show de l’artiste italien outre-manche, pour déboulonner et dérober ces wc fonctionnels en or 18 carats, estimés, selon Dominic Hare, directeur du Blenheim Palace, à 6 millions de dollars. Disparue dans le fog nocturne à bord d’une Volkswagen Golf R bleue, l’œuvre n’a toujours pas refait surface et l’on apprenait mi-octobre l’arrestation de trois potentiels suspects, remis depuis en liberté. L’enquête suit son cours et pour stimuler les participations citoyennes, la compagnie d’assurance du palais offre dorénavant une récompense de £100 000 à toute personne qui fournirait des informations décisives aux enquêteurs. Ce dédommagement pour service rendu à l’histoire de l’art contemporain ne sera cependant accordé qu’à deux conditions : 1. que l’œuvre soit effectivement retrouvée saine et sauve, 2. que les informations en question aient conduit à une arrestation. La police britannique souhaite tout particulièrement solliciter les habitants de la ville voisine de Woodstock qui seraient susceptibles d’avoir aperçu les supposés deux véhicules utilisés par les malfaiteurs.

Arte Generali, avec l’artiste italien Maurizio Cattelan (détail de l’affiche) © Oliviero Toscani

Pendant ce temps-là, Maurizio Cattelan, que l’on avait furtivement suspecté d’avoir lui-même organisé ce brigandage, prête son visage à la nouvelle campagne promotionnelle de Generali pour son offre d’assurance dédiée aux collectionneurs. Sur l’affiche, l’artiste, qui n’est plus à une facétie près, apparaît en tenu d’Adam, portant sous le bras une réplique du trône d’or disparu, en illustration du slogan suivant : « Great artists steal » (les grands artistes sont des voleurs) suivi de « Art insures creativity / Generali insures art » (L’art garantit la créativité / Generali se porte garant des œuvres). De l’art du détournement ou comment surfer sur la vague.

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Enchères : Tableaux anciens chez Aguttes

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Aguttes se cale sur les dates du salon Fine Arts Paris pour sa vente de tableaux anciens de la mi-novembre. Quelque soixante-dix tableaux développent l’histoire de la peinture de la Renaissance au XIXe siècle. Si les tableaux flamands et hollandais dominent la sélection avec une trentaine d’œuvres, dont un portrait d’enfant tenant une poule par Adriaen Hanneman (de 80 000 € à 120 000 €), Venise est à l’honneur avec une Vierge à l’Enfant signée Bernardino Licinio (de 50 000 € à 60 000 €).

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L’artiste Joana Choumali reçoit le Prix Pictet 2019

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Le Prix Pictet s’impose déjà depuis plusieurs années comme l’un des plus prestigieux prix dans le domaine de la photographie. Doté de CHF 100 000 (92 000 €) et axé sur le développement durable, il récompense la série photographique illustrant le mieux le thème imposé. Les finalistes de l’édition 2019 ont concouru autour du thème « Hope » où ils ont mis, selon Sir David King, « en lumière l’immense espoir dont est porteur le Prix Pictet – le pari sur l’avenir que nous faisons tous, convaincus que l’art a le pouvoir d’inciter à l’action et de triompher quand les paroles seules ne peuvent rien ». C’est ainsi que Joana Choumali, artiste visuelle et photographe établie à Abidjan, a été, à l’unanimité, déclarée vainqueur parmi douze artistes venant du monde entier. À travers la série Ça va aller, un travail aux techniques mixtes alliant broderie et photographie documentaire, Joana Choumali, en renvoyant à un acte traumatisant, redonne de l’espoir aux populations ivoiriennes. Les photographies présentées au Prix ont, en effet, été prises trois semaines après l’attaque terroriste de la station balnéaire de Grand Bassam, le dimanche 13 mars 2016, en Côte d’Ivoire. Chaque photo représente pour elle « un moyen de récupérer, de calmer les émotions, la solitude et les sentiments mitigés [qu’elle] ressentait ».
L’exposition du Prix Pictet restera jusqu’au 8 décembre 2019 au Victoria and Albert Museum à Londres avant de partir pour Tokyo, Zurich, Monaco, Moscou puis Lausanne. En parallèle, l’événement publie un ouvrage sur le travail des finalistes, aux éditions teNeues, à travers des reproductions en couleur et d’articles de réflexion sur le thème de l’année. Des podcasts sont également mis à la disposition du public pour compléter l’exposition, une collection intitulée : « A lens on sustainability » (zoom sur le développement durable).

Joana Choumali ©DR

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Record aux enchères pour un tableau d’Artemisia Gentileschi

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Que d’actualité pour les Gentileschi père et fille cette semaine ! Alors que la National Gallery de Londres lance l’opération de crowdfunding #SaveOrazio pour l’acquisition du Moïse sauvé des eaux de Monsieur père, Artcurial crée l’événement avec ce nouveau record de vente pour une toile de sa fille et digne héritière, Artemisia Gentileschi (1593-1653). Hier soir, mercredi 13 novembre, Lucrèce, une huile sur toile réalisée vers 1630 lors du premier séjour napolitain de l’artiste, a été achetée 4,7 millions d’euros par un collectionneur européen, un prix de vente qui quadruple donc l’estimation haute du tableau. Redécouverte récemment dans une collection lyonnaise où elle a été conservée durant une quarantaine d’années, l’œuvre dépasse donc de 2 millions le précédent record établi en 2017 à l’Hôtel Drouot par la Sainte Catherine d’Alexandrie (vers 614-1616), une toile qui a par la suite rejoint les collections de la National Gallery de Londres.
Bien des raisons expliquent ce record, au premier rang desquelles la rareté des œuvres d’Artemisia Gentileschi sur le marché. Une soixantaine de tableaux lui sont aujourd’hui attribués, dont une quinzaine seulement en mains privées. Figure majeure de l’art baroque italien, l’artiste tombe dans l’oubli durant près de deux siècles avant d’être redécouverte par l’historien d’art Roberto Longhi dans les années 1910. Les grandes expositions internationales n’interviendront que dans les années 1970-1980, révélant au grand public toute la puissance et le raffinement de cet art nourri aux sources de l’héroïsme féminin. Car c’est bien là une thématique fondamentale de l’œuvre d’Artemisia Gentileschi, femme peintre dans un siècle d’hommes, qui su braver préjugés et interdits pour devenir un maître reconnu de l’art baroque italien. Œuvre autobiographique, la Lucrèce proposée chez Artcurial éclaire un épisode tragique autant que déterminant de la vie de l’artiste, celui de son viol par le peintre Agostino Tassi, alors qu’elle est âgée de seulement 19 ans, et des sept mois de procès éprouvant qui suivirent. La toile, qui s’inscrit dans l’esthétique caravagesque tant par le choix de son sujet que par son cadrage à mi-corps et son utilisation puissante du clair-obscur, illustre pleinement la spécificité de la manière d’Artemisia Gentileschi. La remarquable légèreté et le raffinement du voile qui glisse des épaules nues de Lucrèce fait ici de l’érotisme un ressort dramatique inattendu qui souligne d’autant la violence du geste.

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Tholen redécouvert à la Fondation Custodia

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Willem Bastiaan Tholen (1860-1931) fait partie de ces artistes à cheval sur les XIXe et XXe siècles ayant choisi de rester fidèles à leurs premières orientations, indifférents aux bouleversements des avant-gardes et pour cette raison relégués au rang de seconds ou troisièmes couteaux. On les redécouvre aujourd’hui, parfois avec émerveillement. C’est le cas pour Tholen, resté un peintre « impressionniste » jusque tard dans le nouveau siècle, et souvent pour le meilleur. Proche des peintres de l’École de La Haye, ville où il vécut à partir de 1886, et du courant impressionniste amstellodamois, Tholen peint principalement des paysages, des scènes urbaines, de travail ou domestiques. Ses paysages de tourbières, aux teintes grises, au ciel atone, ont un charme pénétrant et ses vues marines plus tardives, ses embarcadères et pontons déserts, procurent un sentiment d’espace et une fascination du vide semblables à ce qu’on peut trouver, à la même époque, chez un Edward Hopper. Cette rétrospective, riche d’une centaine d’œuvres, est organisée avec le Dordrechts Museum (Pays-Bas), où elle sera présentée après son étape parisienne, du 9 février au 31 mai 2020.

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