Actualité artistique

Décès de Ieoh Ming Pei, architecte de la Pyramide du Louvre

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Édifier une pyramide de verre au cœur de la Cour carrée du Louvre, tel fut le projet fou, et largement controversé en son temps, de l’architecte Ieoh Ming Pei, désigné en 1983 par François Mitterrand pour mener à bien le chantier de rénovation et d’agrandissement du Grand Louvre. Mais on doit à ce géant de l’architecture, lauréat du prestigieux Pritzker Price en 1983, bien d’autres réalisations emblématiques aux quatre coins du monde.
Né en en 1917 à Canton, Ieoh Ming Pei s’est formé à la faculté d’architecture de l’Institut de technologie du Massachusetts, où il s’est passionné pour le travail de Le Corbusier (1887-1965) et de Frank Lloyd Wright (1867-1959). Diplômé en 1940, il a rejoint volontairement le Comité américain de recherche scientifique pour la défense, mettant au service des Alliés ses compétences en matière d’architecture et d’ingénierie. Après la guerre, il a repris ses études à la Harvard Graduate School of Design où il a suivi les cours de Walter Gropius (1883-1969), fondateur du Bauhaus, et de Marcel Breuer, qui avaient fui l’Allemagne nazie. Diplômé en 1946, il a ensuite enseigné à Harvard durant deux ans, avant de rejoindre New York pour intégrer le cabinet d’architecture Webb and Knapp. Naturalisé américain en 1954, il a fondé en 1955 sa propre agence, I. M. Pei & Associés (rebaptisée agence Pei Cobb Freed & Partners en 1989). Le « style Pei », qui allie rigueur moderniste du Bauhaus et minimalisme, s’exprimait déjà pleinement dans ses premiers projets publics, tels que le Mile High Center à Denver (1956), le Centre national de recherches atmosphériques à Boulder (1960) ou encore la Bibliothèque présidentielle Kennedy de Boston, achevée seulement en 1979. La pyramide inversée de l’hôtel de Ville de Dallas (1978) a marqué une étape importante dans l’évolution de son travail en intégrant pour la premières fois des éléments architecturaux traditionnels, ici inspirés de l’habitat amérindien, à un geste essentiellement rationaliste. La même année est inaugurée la nouvelle extension de la National Gallery of Art dont le grand hall d’accueil, surmonté de puits de lumière dominés à l’extérieur par des pyramides de verre, annonce le projet du Grand Louvre. La réputation de Pei a alors traversé l’Atlantique et le prolifique architecte, chez qui l’utilisation du verre réfléchissant est devenue une marque de fabrique, s’est vu confier des projets aux quatre coins du globe. En parallèle du chantier du Louvre, dont la célèbre pyramide a été inaugurée en 1989, il a notamment réalisé la tour de la Bank of China, une structure de verre asymétrique de 315 m de haut. En 1983, il a reçu le Pritzker Price, véritable prix Nobel de l’architecture, à la remise duquel il a déclaré :« Le Louvre est le genre de défi qu’on ne relève qu’une fois dans sa vie ». Par la suite, Pei a livré de nombreux autres bâtiments remarquables : le musée Miho au Japon (1997), le Musée historique allemand à Berlin (2003), le musée de la ville Suzhou (2006) ou plus récemment le musée d’art islamique de Doha, au Qatar (2008).

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Chronique sorties : Varengeville, un atelier sur les falaises au musée des Beaux-Arts de Rouen

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Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les samedis à 19h dans l’émission « La Grande Galerie » et le vendredi à 13h00, le samedi à 09h56 et 14h57 pour ses « Chronique Sorties ».

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Nuit des musées : Nos idées de sorties en Île-de-France

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Le DJ set du Musée d’art Moderne de la Ville de Paris

En plus des visites guidées de l’exposition « Almost Human » de Thomas Houseago, le musée d’art Moderne de la Ville propose une prestation de la DJ Zelda et un concert live du groupe grunge SheWolf sur le parvis du musée. La musique fait écho à l’œuvre de Thomas Houseago qui réalise toutes ses créations en écoutant des morceaux qui l’inspirent.

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L’immersion par la danse au Musée de la Chasse et de la Nature

Pour la Nuit des musées, le Musée de la Chasse et de la nature célèbre le Japon en accueillant, pour la deuxième année consécutive, les lauréats de la Villa Kujoyama qui s’approprient les salles du musée en revisitant la tradition de la DainichidoBugaku, c’est-à-dire une « journée importante de la danse, de la musique et du chant ».

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Le cinéma muet à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Pour sa première participation à la Nuit des musées, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé invite les visiteurs à découvrir des films muets produits par Pathé aux tout premiers temps du cinéma, accompagnés au piano par les élèves du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. 

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À la Cinémathèque française, place aux saltimbanques

La Cinémathèque française a choisi le thème du cirque pour cette Nuit des musées, en écho à l’exposition « Quand Fellini rêvait de Picasso ». Venez vous initier aux arts du cirque, équilibre, jonglage et acrobatie, avec les ateliers de l’Académie Fratellini, et écouter la musique du projet communautaire Fantasy Orchestra, qui rassemble plus de 40 musiciens, professionnels et amateurs, venus du monde entier.

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Un spectacle lunaire au Grand Palais

Si vous avez aimé l’exposition « La Lune » au Grand Palais, vous allez adorer Fugue au Clair de Lune, un spectacle poétique de Yoann Bourgeois et du CCN2 – Centre chorégraphique national de Grenoble, accompagné du Clair de lune de Claude Debussy interprété par Alexandre Tharaud.

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Le Romantisme est de mise au Petit Palais

En prélude de sa grande exposition événement « Paris romantique, 1815-1848 », le Petit Palais invite le visiteur à découvrir le Paris du début du XIXe siècle. Notamment le Boulevard du Temple, rebaptisé Boulevard du Crime, en raison du foisonnement des théâtres et de leurs pièces portées sur le drame. Les visiteurs peuvent écouter de la musique jouée sur un piano d’époque, s’essayer à un atelier de dessin, ou assister aux performances d’une vingtaine de comédiens qui les replongent dans l’ambiance de ce fameux boulevard.

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Steven Leprizé : l’ébéniste et les ingénieurs

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Steven Leprizé a 32 ans. Étoile montante de l’ébénisterie, il a été lauréat des prix les plus prestigieux des métiers d’art et il travaille avec les Maisons les plus exigeantes. Il dirige depuis 10 ans son atelier de création ARCA, connu pour son bois gonflable, son bois souple et son bois thermoformé. Pour ce jeune ébéniste, l’innovation est au cœur de la démarche d’un artisan d’art qui cherche sans arrêt à pousser les limites de sa technique pour servir sa créativité. En 2015, il est approché par l’École des Mines Paristech pour accompagner un projet de thèse sur la projection thermique. Aux côtés d’industriels de l’aéronautique et de l’électroménager, Steven Leprizé porte haut les métiers d’art et décide d’investir 12 000 euros par an pour financer cette thèse, puis 10 000 euros de test en laboratoire. La Fondation Banque Populaire, dont il est lauréat, prend en charge un tiers de la dépense. Au-delà de l’investissement financier, ce sont des centaines de cubes de bois qui sont fabriqués pour les tests, des dizaines de croquis et de 3D, et des journées d’analyse et de suivi. Mais Steven Leprizé croit au projet.

©Géronimo

La technique de projection thermique existe depuis de nombreuses années. C’est elle qui permet par exemple le pelliculage céramique des prothèses de hanche en titane, mais aussi le revêtement des pièces soumises à forte chaleur dans les moteurs Airbus. La machine est composée d’une buse de projection pouvant être embarquée sur un robot, mais aussi manipulée directement par l’homme. Elle permet de projeter n’importe quelle matière disponible en microparticules : métal, verre, céramique. L’usage industriel de cette technologie n’avait pas permis jusqu’alors de mener des essais sur le bois. Michel Jeandin, directeur de recherche à l’École des Mines Paristech, encourage les collaborations avec les artisans d’art : « Ils bouillonnent d’idée. L’échange avec nos ingénieurs est extrêmement riche. Leur créativité est contagieuse ».  L’École des Mines Paristech a pour devoir de créer des ponts entre la recherche fondamentale et l’industrie et ne fait pas de distinguo entre les petits et les grands acteurs. « Que ce soit pour une centrale nucléaire ou pour une œuvre d’art, l’analyse scientifique de l’usage est pertinente. »

C’est là que Steven Leprizé est entré dans la danse. « J’ai tout de suite compris que dans 10 ans ce type de machine pourrait équiper tous les ateliers. Pour le revêtement d’abord. Cela permet de couvrir le support de n’importe quelle matière. On peut combiner les propriétés du bois et du métal par exemple pour joindre la souplesse et la solidité. On peut travailler le pelliculage et jouer sur l’épaisseur, s’approchant des technologies 3D. » Il ajoute : « D’un point de vue écologique, la projection plasma permet un revêtement multimatière sans adhésifs. Mais ce qui m’a le plus excité, c’est la possibilité de souder sans colle par projection de matière. C’est une technologie propre qui évite les problématiques d’émanation de produits chimiques. » Alors Steven Leprizé s’est mis à rêver. « J’ai tout de suite pensé à un usage alimentaire. J’ai imaginé un fumoir en bois doté d’un revêtement en particules d’aluminium projeté. Ça permet d’avoir une pièce extrêmement légère, mobile et répondant aux normes d’hygiène des cuisines professionnelles. Ce type de dépôt n’est pas rare mais on doit analyser et tester en laboratoire les combinaisons les plus durables pour imaginer et fabriquer des objets pertinents. » Pour lui, le défi, c’est la soudure. Les essais sont en cours avec l’École des Mines Paristech pour assembler un couteau. « Je sais que ça va marcher mais on n’a pas encore de recul sur la durabilité ». La maquette de ce couteau sera présentée au salon Révélations du 22 au 26 mai 2019. Ce ne sera pas la seule nouveauté sur le stand ARCA : un meuble sans porte, ni tiroir, qui s’ouvre par le seul jeu de l’air, un copeau de bois géant thermoformé et le fameux fumoir issu de la projection thermique.

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Alice Gauthier, de l’autre côté du miroir

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Pour sa première exposition personnelle à H Gallery, Alice Gauthier sonde la question des « contours » de l’âme d’une personne, comme elle l’a écrit sous une forme poétique : « I would like to erase your borders ». Ses dessins aux prix encore très accessibles (de 300 € à 2500 €) s’emparent de cette zone frontière qui bascule dans une autre dimension expérimentale.

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Saito, un art ludique et joyeux à Bordeaux

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Enseignante au Japon où elle prône déjà le jeu, elle se lie avec l’artiste Ay-O qu’elle rejoint à New York en 1963. Années de galère, où elle devient assistante de George Maciunas, président du mouvement Fluxus. Celui-ci profite de nombre de ses idées, notamment de ses créations de jeux d’échec et de boîtes en papier, et l’on peut affirmer qu’elle aura une grande influence sur tout le groupe. Dans l’impossibilité d’avoir un visa régulier, elle part en 1968 en Europe, d’abord en France, où elle côtoie Robert Filliou, puis en 1972 en Angleterre, où elle publie ses premiers livres. Elle s’installe ensuite en Italie jusqu’en 1979. Enfin, elle part vivre en Allemagne, où depuis elle habite, à Düsseldorf, dans un atelier extraordinaire sur plusieurs étages. Elle imagine des vêtements très ludiques issus de tissus de récupération. Elle met au point des performances interactives, une démarche très Fluxus. Le Capc présente plus de quatre cents œuvres jamais vues, une foule de cubes en papier, d’installations, de « boutiques » participatives – ses You and Me Shop – remplies de ses objets sonores en mouvement, de ses livres, et propose de nombreuses performances. Une longue vie nomade, passionnée par tout ce qui peut devenir ludique à partir de la plus modeste petite chose du quotidien.

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Idée lecture : Le vrai visage de Néandertal

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Ce petit livre de notre journaliste Jérôme Coignard, plutôt destiné aux grands enfants et aux adolescents, combat avec humour les idées reçues sur cet homme qui vécut de – 400 000 à – 30 000 en Europe et jusqu’aux confins de l’Asie, qui croisa les homo sapiens et nous a transmis 2 % de notre patrimoine génétique… Par ses illustrations réjouissantes, ses reproductions de tableaux célèbres et ses titres rigolos, l’ouvrage, qui a reçu l’un des Prix Jeunesse de Tours, nous rend sympathique cet homme sophistiqué qui parlait, se soignait et enterrait ses morts. Il le resitue aussi dans une perspective actuelle, en évoquant des sujets comme la lutte contre le racisme ou le danger des manipulations génétiques.

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Podcast : Le monde en sphères à la Bibliothèque nationale de France

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Anne-Frédérique Fer, rédactrice en chef de www.FranceFineArt.com, a rencontré Catherine Hofmann, conservatrice en chef au département des Cartes et plans – Bibliothèque nationale de France, et co-commissaire de l’exposition “Le Monde en sphères”, à voir à la BnF François Mitterrand jusqu’au 21 juillet 2019.
En retraçant 2500 ans d’histoire des sciences et des représentations du Ciel et de la Terre, l’exposition “Le Monde en sphères” qui est articulée de près de 200 œuvres et en rendant hommage aux savants qui ont construit l’image du monde, propose un voyage des interprétations de notre planète, celui du globe, cet objet d’art et de savoir qui au fil des siècles a incarné la vision sphérique du monde. Si aujourd’hui par les différentes technologies et les images satellites, on connaît le visage de la Terre et du Ciel, au cours de l’histoire, sa représentation n’a pas toujours été sphérique. Pourtant la Terre, imaginée comme ronde, date du VIe siècle av. J.-C. où par l’observation du ciel, les savants de la Grèce antique ont interprété mathématiquement les signes de leurs observations. De ces observations antiques, à la découverte de l’Amérique et jusqu’aux regards des artistes contemporains, l’exposition retrace les évolutions des différentes interprétations sphériques de la Terre et du Ciel.

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Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois, la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005). FranceFineArt est constituée de différentes rubriques qui à l’aide de photographies, d’interviews sonores,
de textes et de liens interactifs 
rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

 

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Notre Dame : fin de campagne pour la Fondation du patrimoine

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La Fondation du patrimoine, l’un des quatre organismes collecteurs habilités par l’État pour recueillir des fonds destinés à Notre-Dame, a décidé d’interrompre sa contribution à cette souscription publique. La polémique s’est déclarée quelques jours après l’adoption du projet de loi encadrant la restauration de Notre-Dame, qui a eu lieu vendredi dernier à l’Assemblée nationale. Depuis le 14 mai, la Fondation du patrimoine a ouvert une nouvelle souscription, intitulée « Plus jamais ça! », au bénéfice des cas les plus urgents parmi les 2800 sites menacés en France. Le président de la Fondation du patrimoine, Guillaume Poitrinal, espère profiter de l’élan initié par l’incendie de la cathédrale pour qu’il y ait « une prise de conscience que le patrimoine est globalement mal entretenu et fragile ». L’annonce a stupéfié le Diocèse de Paris, qui n’avait pas été averti de cette décision. Un de ses responsables fulmine : « On est écœurés. C’est inacceptable d’envoyer le message que nous avons suffisamment d’argent alors qu’on ne sait pas combien cela coûtera ! Les possibles donateurs ne comprennent pas et sont paumés ». Les services de l’Archevêché craignent surtout que l’annonce dissuade les philanthropes de donner à la Fondation Notre-Dame. Christophe-Charles Rousselot, délégué général de la Fondation de Notre-Dame, souligne notamment que « l’essentiel de la collecte est aujourd’hui constitué de promesses de dons. Tant qu’elles ne sont pas concrétisées, on ne peut pas considérer que la collecte est achevée ». Avec ses 570 bénévoles, la Fondation du patrimoine aurait réussi à réunir 218 millions d’euros auprès de particuliers et d’entreprises, sur les 850 millions déjà collectés par l’ensemble des organisations (en comptant les promesses faites par les familles Pinault, Arnault et Bettencourt, ainsi que celle de Total). De son côté, la Fondation Notre-Dame a encaissé 9,5 millions d’euros de la part de moyens et petits donateurs et 4 millions provenant de grands donateurs. Un montant qui leur « permettra de répondre au premier appel du ministère de la Culture pour financer la sécurisation du chantier », explique M. Rousselot. Les dirigeants de la Fondation Notre Dame envisagent déjà le financement de « travaux qui correspondent à l’activité même de la cathédrale », comme ceux que nécessitera la restauration du mobilier liturgique, du reliquaire qui protège la Couronne d’épines ou de l’autel principal qui a été fendu. Le ministre de la Culture Franck Riester a jugé prématuré d’affirmer qu’il y a trop de dons pour Notre-Dame, car « la phase de diagnostic n’a pas encore débuté », précise-t-il. À noter qu’il faudra sûrement réaliser de longs travaux de dépollution, en raison de la présence massive de plomb sur le site. Le Centre des monuments nationaux et la Fondation de France ont affirmé maintenir leur appel aux dons mais craignent que cette annonce ait dérouté les donateurs.

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George Petit : le galeriste bon vendeur

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La galerie Georges Petit est un des lieux phares du Paris artistique de la Belle Époque. Petit est le grand rival de Paul Durand-Ruel. Il expose lui aussi les plus grands artistes du temps, à commencer par les impressionnistes, Monet, Sisley, Renoir… La galerie fut fondée en 1846 par son père Francis Petit, qui défendait les peintres de l’« École de 1830 »,Delacroix, Corot, les paysagistes de Barbizon, et contribua à former les grandes collections de l’époque, comme celles de Moreau-Nélaton et de Khalil-Bey. À la mort de son père en 1877, Georges reprend le flambeau. Il déménage la galerie au 12 rue Godot-de-Mauroy, près de la Madeleine, où elle va connaître ses années les plus glorieuses. L’immeuble regroupe les espaces d’exposition, les bureaux, la résidence familiale, les ateliers d’emballage et d’imprimerie, car Petit est également éditeur d’estampes, de photogravures et d’héliogravures, et imprime les catalogues de ses expositions. L’inauguration officielle de la nouvelle galerie a lieu en grande pompe en février 1882, en présence du Président Jules Grévy. Jacques-Émile Blanche décrit le « long vestibule orné de palmiers, l’escalier aux tapis de moquette rouge et, sur chaque marche de l’escalier, des gardes de Paris, en grande tenue, sabre au clair […] On accède à la salle d’exposition par un escalier monumental au fond d’un couloir dont l’entrée se trouve 8, rue de Sèze […] Il y a deux salles d’expositions : la grande galerie (trois cents mètres carrés avec éclairage zénithal) où Schoeller régnait et la petite qui était le domaine de Jacques Copeau… ».

De 1905 à 1909, en effet, Jacques Copeau, le futur fondateur de la NRF et du théâtre du Vieux-Colombier travaille chez Petit. Il témoignera de cette expérience dans un article de la « Revue hebdomadaire », en 1929. « Au sommet d’un escalier tournant, dans un étroit cabinet vitré, dont l’École de Barbizon encombrait les murs et le plancher de ses cadres massifs, Georges Petit siégeait : gros, court, en jaquette, une perle à la cravate, un peu parfumé, la paupière lourde mais l’œil souriant, la bouche aimable, un air tout engageant, à la fois finaud, voluptueux et bon enfant. Je m’attendais à passer un examen. Ses questions ne visaient point à m’embarrasser. J’y répondis naïvement que j’aimais beaucoup la peinture : “ Il s’agit de la vendre ”, me dit-il. Et, tendant vers moi sa main potelée où luisait un diamant, il ajouta :   » Souvenez-vous bien de ceci, qui est capital : personne n’achète de la peinture, on la vend « . »

Un marchand éclectique

Et Copeau raconte quel formidable vendeur est Petit. Il ne contrediit jamais les visiteurs quand ils sont hostiles aux œuvres accrochées aux cimaises. Il les caresse dans le sens du poil puis, insensiblement, infléchit leur jugement. À la fin, le quidam le plus rétif repart avec les deux plus belles pièces de l’exposition ! Située dans un quartier à la mode, luxueuse (on dit qu’Émile Zola l’aurait qualifiée de « magasins du Louvre de la peinture »), dirigée de main de maître, offrant un vaste et éclectique éventail de productions, la galerie connaît un succès presque constant. Ses deux spécialités sont l’École de Barbizon et l’impressionnisme qu’à la suite de Paul Durand-Ruel, elle contribue à diffuser largement. C’est chez Georges Petit qu’a lieu, en 1889, la fameuse exposition Monet-Rodin, si importante dans la carrière du peintre. Suivront, en 1892, les rétrospectives de Renoir et de Pissarro, puis celle de Sisley, en 1897. L’autre particularité de la galerie, c’est l’ouverture aux peintres étrangers. Par le biais de la Société internationale de peinture, qu’il dirige avec un comité d’artistes, Petit accueille sur ses cimaises quantité de peintres étrangers, aux styles les plus variés : cela va de l’Espagnol Raimundo de Madrazo et du Belge Alfred Stevens, tous deux portraitistes mondains (le second s’étant toutefois converti à l’impressionnisme après 1883), aux Britanniques Lawrence Alma-Tadema, (peintre « néopompéien » connaissant alors un immense succès), John Everett Millais, du courant préraphaélite, ou James Whistler, entré dans la foulée des Impressionnistes. L’inventaire des mille cinq cents manifestations organisées par la galerie (sur un demi-siècle d’existence, il est vrai) permet d’apprécier l’éclectisme de son dirigeant : en plus des noms déjà cités, on y trouve des gloires du Salon officiel (Gérôme, Meissonier, Gervex), des symbolistes (Lévy-Dhurmer, Gustave Moreau), des figures historiques (Ingres, en 1911), la première exposition des dessins de Victor Hugo, sans parler des nombreuses « sociétés » (d’aquarellistes, de graveurs, de pastellistes, de miniaturistes et enlumineurs, de « femmes artistes »…), ni des formations de circonstance comme le groupe des XXXIII (1882) ou des Cinquante (1908).

La Société Nouvelle

La plus célèbre de ces confréries fut la Société nouvelle de peintres et de sculpteurs qui, pendant une vingtaine d’années, chaque printemps, exposa chez Georges Petit. Créée en 1900 par le poète et critique d’art Gabriel Mourey, cette société réunissait un groupe hétérogène d’artistes qui tous, cependant, privilégiaient le paysage ou le portrait, dans la lignée impressionniste (raison pour laquelle on les surnomma « les Intimistes »). Fritz Thaulow, Henri Le Sidaner, Henri Martin, Émile Claus, Jacques-Émile Blanche, George Desvallières, Edmond Aman-Jean, Albert Besnard, Eugène Carrière, Jean-François Raffaëlli ou John Singer Sargent comptent parmi les plus connus. Avec la nomination de Rodin comme président de la Société Nouvelle en 1906, de nombreux sculpteurs y entrèrent, dont Bourdelle, Maillol, Despiau.

Après la mort de son directeur, l’établissement passa aux mains des frères Bernheim-Jeune, qui avaient déjà des intérêts dans la maison et qui organisèrent d’importantes expositions : Pissarro, Degas, Dalí, Matisse, Picasso. Mais le lieu était trop lié à une époque et à un homme pour pouvoir se survivre longtemps. La galerie Georges Petit ferma définitivement ses portes en 1933.

Nous vous avons offert l’intégralité de cet article paru dans notre numéro de mai 2019.

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Trésor à vendre : Le cadeau d’adieu de Diego Giacometti

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L’histoire est touchante. Un beau jour de 1985, le fils de la kinésithérapeute de Diego Giacometti, qui était aussi une amie, vient dans l’atelier du sculpteur pour lui réciter un texte qu’il a présenté au collège. Le texte est extrait de La Tante de Frankenstein, roman de l’écrivain suédois Allan Rune Pettersson publié en 1978, où l’on voit une chauve-souris entrer dans une pièce et se transformer en Dracula. Diego Giacometti, qui se consacre justement à la production de petits bronzes animaliers, conçus comme des œuvres à part entière ou comme ornements de ses meubles, est conquis et promet à l’enfant une surprise. Quelques semaines plus tard, alors que le sculpteur s’apprête à monter dans une ambulance pour subir une opération médicale qui lui sera fatale, il demande à son assistant d’assembler une petite chauve-souris sur trois feuilles de bronze et de l’offrir au petit garçon. L’historien de l’art Daniel Marchesseau, qui était proche de Diego, a assisté à la scène et a pu photographier l’assemblage de la pièce. Ce témoignage est capital car il authentifie la sculpture de manière certaine alors qu’il circule beaucoup de faux bronzes de Diego Giacometti, explique l’expert de Christie’s Flavien Gaillard, à qui le petit garçon, devenu adulte, a confié l’objet. « Il s’agit d’une pièce unique. C’est la première fois que je vois une chauve-souris de Diego Giacometti, et c’est le seul animal connu du sculpteur monté sur un socle constitué de feuilles de bronze », précise-t-il. Comment a donc été fixée l’estimation de 60 000 € à 80 000 € ? À mi-chemin du prix des petits chiens de Diego Giacometti, qui se vendent généralement entre 20 000 € et 30 000 €, et de celui des exceptionnelles tourterelles de la collection d’Hubert de Givenchy, qui ont dépassé 100 000 € en mars 2017. À ce prix-là, qui sera intéressé? « Autant de collectionneurs d’art impressionniste que d’amateurs d’art contemporain, qui cherchent le top du top dans chaque catégorie. On imagine bien la chauve-souris posée sur un meuble de Jean Prouvé… Et beaucoup d’Asiatiques, qui apprécient les œuvres de Diego et de son frère Alberto Giacometti.»

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Guy Tillim, anatomie d’une ville à la Fondation Henri Cartier-Bresson

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Ici, avec cette nouvelle série, il dévoile son regard sur les grandes villes africaines. De Maputo à Luanda, Abidjan, Libreville ou Addis-Abeba, le tissu urbain révèle les cicatrices ou les plaies toujours vives laissées par la colonisation et les régimes postcoloniaux.

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Land Art en Normandie avec Nils-Udo

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À l’intérieur du centre d’art, il expose ses célèbres clichés d’« interventions paysagères », des installations photographiées aux cadrages minutieux. Mais aussi une série de peintures inédites, aux couleurs étranges, sorte de long songe halluciné de ses forêts des Préalpes bavaroises.

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Vente record pour une toile de Monet chez Sotheby’s

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Intitulée Meules, la toile appartient à une série peinte par Monet durant l’hiver de 1890 à 1891, dans sa maison à Giverny en Normandie. Elle s’est vendue hier soir chez Sotheby’s à New York à 110,7 millions de dollars, un montant parmi les dix plus élevés jamais atteints aux enchères. À noter que c’est la première fois qu’un tableau impressionniste franchit le seuil des 100 millions. Le propriétaire du tableau est un collectionneur anonyme, qui avait acquis l’œuvre en 1986 lors d’une vente pour 2,5 millions de dollars seulement. Il a prévu de reverser une partie des bénéfices de la vente à des œuvres de charité. Un autre tableau de la série des meules a été cédé en novembre 2016, par la maison Christie’s à New York, pour 81,4 millions de dollars. Mais le précédent record pour un tableau de Monet remonte à mai 2018 : 84, 6 millions de dollars ont été déboursés pour l’achat des Nymphéas en fleur, lors d’une vente de Christie’s à New York. « Malgré le renouvellement des générations et la popularité de l’art contemporain, l’intérêt pour l’impressionnisme ne se dément pas » affirme Julian Dawes, vice-président de l’art impressionniste et moderne chez Sotheby’s.

Claude Monet, Meules © Sotheby’s, New York.

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Claire Muchir nommée directrice du musée d’Art moderne de Collioure

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Depuis 2015, Claire Muchir est directrice du musée Hyacinthe-Rigaud de Perpignan, dont elle a élaboré le projet scientifique et culturel et a assuré la réouverture en 2017. À partir de septembre 2019, elle sera à la direction du musée d’Art moderne de Collioure et remplacera Josephine Matamoros, après son départ à la retraite. Elle aura pour mission de piloter le projet d’extension du musée et d’en faire un outil culturel à dimension régionale autour du triptyque Collioure-Céret-Cadaqués.

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Focus œuvre : Haere Mai par Gauguin

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En 1886, Gauguin s’installe à Pont-Aven et attire d’autres artistes à la recherche de nouveauté, comme Paul Sérusier ou Émile Bernard. Cinq ans plus tard, poussé par un désir d’exotisme et par une recherche tant esthétique que spirituelle, il quitte la France pour s’installer à Tahiti. Là, il espère retrouver une pureté que la civilisation occidentale aurait selon lui perdue. Dans Haere Mai, Gauguin représente vraisemblablement les alentours du village où il a élu domicile : Mataiea. Cette image d’un monde lointain, naturellement pur, retranscrit avec une certaine simplicité des formes la végétation abondante de l’île et les couleurs qui fascinent le peintre. Les mots « Haere Mai », inscrits dans le coin inférieur droit du tableau, signifiant « Viens ici » en maori, confèrent à l’œuvre une dimension mystérieuse.

Paul Gauguin, Haere Mai, 1891, huile sur toile de jute, 72,4 x 91,4 cm, collection Thannhauser, don de 1978 © Solomon Guggenheim Museum, New York, Thannhauser Collection

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L’architecture à l’honneur à Versailles

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Au château, ce sont les projets architecturaux non réalisés pour lui qui sont à l’honneur. Agrégé de force autour d’un premier édifice Louis XIII, le château suscita de fait, du règne de Louis XIV au début du XIXe siècle, l’imagination des architectes pour proposer l’unification de sa façade composite côté ville.

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Fabrice Cavillon nommé à la tête du musée de la Romanité de Nîmes

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Diplômé de la faculté d’Amiens, Fabrice Cavillon a été nommé directeur de la SPL Culture et Patrimoine, une société publique locale, notamment en charge de la gestion du musée de la Romanité à Nîmes (Gard). Il prendra ses fonctions début juin, à la suite de Frédéric Escojido qui assure depuis cinq mois l’intérim après le départ de Bernard Reilhac, nommé directeur du développement à l’Institut géographique de Monaco. Crée en 2018, le musée de la Romanité a déjà accueilli 170 000 visiteurs, 10 000 de plus que prévu pour l’année.

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