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Achetez un Picasso pour 100 euros et faites une bonne action

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Vous rêvez d’accrocher une toile de Pablo Picasso au-dessus de votre canapé mais vous n’avez pas 1 million d’euros sous la main ? Tout espoir n’est pas perdu. L’association Aider les Autres, en partenariat avec la Succession Picasso et Christie’s, a lancé le 17 octobre, à l’occasion de la Fiac, une tombola en ligne, intitulée « 1 Picasso pour 100 euros », proposant des tickets d’une valeur de 100 euros avec un tirage au sort prévu pour le 30 mars prochain. À la clef : un tableau de Pablo Picasso, accompagné de deux certificats d’authenticité signés par Maya Widmaier-Picasso et Claude Ruiz-Picasso, les enfants de l’artiste. Cette huile sur toile, figurant une nature morte avec un morceau de journal et un verre d’absinthe, a été réalisée en 1921, à une période où Picasso synthétisait les courants réaliste et cubiste, comme l’explique Laurent Le Bon, directeur du musée Picasso-Paris. C’est d’ailleurs dans le hall de cette institution parisienne dédiée à l’œuvre du peintre espagnol que la toile est actuellement exposée. Avant cela, elle avait été montrée sous forme de reproduction à l’entrée de la Fiac, qui se tenait au Grand Palais du 17 au 20 octobre.

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#latergram @fiacparis . . #fiac #raffle #1picasso100euros #picasso #CARE #association #children #humanitaire #charity

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De l’art des bonnes œuvres

Pablo Picasso, Nature morte, 1921 © Succession Picasso, Paris, 2019

Avec 200 000 tickets mis en jeu, l’association Aider les Autres espère au mieux récolter 22 millions d’euros. Le tableau estimé à 1 million d’euros sera racheté à ce prix au marchand David Nahmad, considéré comme le plus grand collectionneur d’œuvres de Picasso. L’ensemble des fonds restants sera reversé à l’ONG Care pour construire des puits, des sanitaires et des toilettes dans des villages camerounais, malgaches et marocains, permettant ainsi à 200 000 personnes dans le monde d’avoir accès à l’eau.
Aider les Autres n’en est pas à sa première loterie mêlant une œuvre de Picasso à une action caritative populaire. En 2013, un Américain de 25 ans avait été tiré au sort par un huissier chez Sotheby’s Paris pour remporter le dessin L’Homme au Gibus (1914) de l’artiste espagnol. Les organisateurs avaient par la même occasion réuni 4,8 millions d’euros pour contribuer à la sauvegarde de Tyr, ville millénaire du Sud-Liban classée au patrimoine mondial de l’Unesco. À terme, l’association souhaiterait pérenniser le concept de cette tombola afin de la reproduire tous les ans en faveur de différentes œuvres humanitaires.

 

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Amedeo Modigliani, une vie de cinéma

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Amedeo Modigliani (1884-1920), disparu à trente-cinq ans, appartient à cette cohorte d’étoiles filantes que leur gloire posthume a auréolées de mille faits d’armes, véridiques ou inventés. « Dedo » (surnom donné par sa famille), beau, fantasque, aussi séduisant que féroce à ses heures, peintre talentueux et tumultueux, s’est vu décerner tout au long du XXe siècle le parfait costume de l’artiste maudit, génie miné par l’alcool et les drogues, terrassé par la misère et l’indifférence des critiques d’art. Le plus bel exemple de cette mythologie façon chanson réaliste, c’est le cinéma qui l’apporte.

En 1958, Jacques Becker tourne Montparnasse 19, relation extrêmement romancée de la dernière année du peintre et de sa rencontre avec Jeanne Hébuterne. Interprété avec brio par Gérard Philipe (dont la mort prématurée, un an plus tard, presque au même âge que Modigliani, renforce considérablement, par un curieux effet d’association, l’image tragique de l’artiste), le film est une sorte d’accumulation de poncifs, transformant le peintre en génie tourmenté, esclave de l’alcool et irrésistiblement condamné à une fin tragique à la Van Gogh. Le catalogue des idées reçues sur Modigliani est définitivement en place.

Amedeo Modigliani, Jeanne Hébuterne avec un large chapeau, 1918, huile sur toile, 55 x 38 cm ©Wikimedia Commons

Grand buveur, passionné d’art et fou de poésie

Quand et comment a-t-il pris naissance ? Si l’on buvait beaucoup à Montparnasse, on parlait encore plus, et ses amis dans leurs récits posthumes semblent s’être abandonnés à une surenchère dans le pittoresque : Blaise Cendrars, Francis Carco, voire André Salmon dans La Vie passionnée de Modigliani, ne tarissent guère sur l’état d’ébriété permanent dont ils le gratifient. « Bientôt nous fûmes inséparables… C’est fou ce que nous avons pu boire Modigliani et moi et quand j’y pense, j’en suis épouvanté », écrit Cendrars dans Bourlinguer. Ce compagnonnage éthylique, pour avéré qu’il soit, tout comme sa consommation de haschisch avec Paul Alexandre ou d’opium avec Salmon, n’est pas l’essentiel de la vie de « Modi ». « Il est exact que Modigliani avait faim, qu’il buvait, qu’il avalait des grains de haschisch, relate l’écrivain Ilya Ehrenbourg, mais ceci ne s’explique pas par goût de la débauche ou des paradis artificiels. Modigliani ne cherchait pas le martyre. Peut-être avait-il été créé pour le bonheur encore plus que les autres hommes. Il était attaché à la douce langue italienne, au tendre paysage de Toscane et à l’art de ses vieux maîtres. » De fait, arrivé à Paris, en 1906, Modigliani apporte dans ses bagages les sonnets de Pétrarque, la Divine Comédie de Dante mais aussi Ronsard, Baudelaire et Mallarmé. Ce fou de poésie et de littérature a été nourri de Spinoza et Dostoïevski dans une famille juive libérale de Livourne qui encourage sa vocation artistique, tout en s’inquiétant de la santé fragile qui est la sienne depuis l’enfance et qui lui a valu une hémorragie tuberculeuse.

Photo d’identité d’Amedeo Modigliani prise à Nice en 1918. ©Wikimedia Commons

À Paris, il découvre Cézanne et la bohème de Montmartre

Il a fréquenté les musées de Rome, Naples et Florence, a arpenté ceux de Venise et, d’une nature exaltée, il est marqué pour toujours du culte de la beauté. À Paris, c’est la révolution des Fauves, à laquelle il ne participe ni n’adhère, tout comme il refusera de s’associer au futurisme de Severini et consorts un peu plus tard. Cézanne, en revanche, qui l’éblouit lors de sa grande rétrospective en 1907, est un choc et une leçon qui va orienter ses recherches. Mais pour l’heure, Dedo veut se consacrer à la sculpture et c’est ainsi qu’il se présente à ses voisins, à Montmartre où il s’est installé : Derain, Picasso, Apollinaire, Salmon et un certain Max Jacob, qui va tant compter pour lui. Ludwig Meidner, jeune peintre allemand, s’en souvient comme du « dernier bohémien authentique » de la bohème de Montmartre. Modi lui avait montré des photographies des maîtres florentins dont il ignorait le nom : « Jamais auparavant je n’avais entendu parler de la beauté avec une telle fougue. »

Amedeo Modigliani, Cyprès et maisons à Cagnes, 1919, huile sur toile, 61 x 46 cm, Fondation Barnes, Philadelphie ©Wikimedia Commons

Sa santé oblige Modigliani à renoncer à la sculpture

L’autre événement décisif de cette année 1907, au cours de laquelle il expose au Salon d’automne, est incontestablement sa rencontre avec Paul Alexandre, jeune médecin qui met à sa disposition sa maison de la rue du Delta, son amitié et son soutien indéfectibles. Ses commandes aussi, puisqu’il sera son principal acheteur et mécène jusqu’en 1914. Chez lui, enfin, Modigliani rencontre en 1909 Constantin Brancusi, élève de Rodin, qui va l’initier à la taille directe de la pierre dans un atelier rue Falguière. Premiers pas d’Amedeo à Montparnasse, territoire qu’il ne quittera plus guère jusqu’à sa mort.

Mais cette technique royale de la sculpture, exigeante, ingrate, il doit l’abandonner parce que la poussière menace dangereusement ses poumons. De ce rêve inachevé demeurent, comme autant de magnifiques regrets, environ 25 œuvres, des têtes pour la plupart, caryatides les portraits de ses amis, ou d’inconnus. Picasso, Soutine, Kisling et Krémègne, Survage et Zadkine, le fils de la concierge… ou Max Jacob, qui lui a fait connaître, en 1914, Paul Guillaume, lequel deviendra son marchand exclusif jusqu’en 1916. Et aussi Beatrice Hastings, poétesse anglaise venue d’Afrique du Sud, installée rue du Montparnasse, avec laquelle il entame, en 1914, une liaison passionnée qui fera littéralement trembler les murs de son atelier mais lui offrira aussi une nouvelle image de la femme, libre et conquérante. La vie s’accélère.

Amedeo Modigliani, Nu assis, vers 1916, huile sur toile, 92,4 x 59,8 cm, Courtauld Institute of Art

Le chant du cygne

En abandonnant la galerie de Paul Guillaume rue Monceau pour son dernier marchand, ou plutôt courtier en art (il n’ouvrira sa galerie qu’en 1926), Léopold Zborowski, « Zbo », Polonais en exil, Modigliani fait un choix lourd de conséquences. Certes le marchand, qui a déclaré à sa femme qu’il tenait là « un peintre qui vaut deux fois Picasso », va se livrer à une promotion tous azimuts du peintre italien et il organise sa première exposition personnelle chez Berthe Weill. Certes, il lui procure enfin un atelier fixe, d’abord rue Joseph-Bara, puis rue de la Grande-Chaumière. Mais comprend-il à temps l’extrême fragilité physique et nerveuse de Modigliani ?
En 1917, celui-ci a fait la connaissance, par l’intermédiaire de Chana Orloff, d’une jeune étudiante de l’Académie Colarossi, Jeanne Hébuterne. Très vite, ils s’installent ensemble. Mais le peintre est au bord de l’épuisement. Zbo les envoie tous les deux au printemps 1918 à Cagnes, où Jeanne accouche d’une petite fille. Modi, lui, peint les seuls paysages de sa carrière, quatre petites toiles qui le ramènent à la Toscane. Ce bref répit dans la vie d’un homme qui selon Max Jacob « ne pensait qu’à l’art » et déclarait que « le bonheur est un ange au visage grave » ne sera pas suffisant. Rentré à Paris à l’automne, Modigliani voit sa santé se détériorer implacablement. Il meurt le 24 janvier d’une méningite tuberculeuse. La « douce, discrète et tendre » Jeanne se suicide le surlendemain en se jetant par la fenêtre. C’est à Cocteau qu’il faut laisser le mot de la fin : « Jamais nous ne nous demandâmes d’où il sortait. Il était de Montparnasse. Il hantait un carrefour où souffle l’esprit. »

Amedeo Modigliani, Jean Cocteau, 1916, huile sur toile, 81,3 x 104 cm, Princeton University Art Museum

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Les Conférences de Connaissance des Arts

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Pourquoi le point fascine-t-il les postimpressionnistes ?
Quelle révolution ont accompli les Avant-Gardes ?
Qu’est-ce que le Beau surréaliste ? Découvrez notre cycle de conférences
« Comprendre l’Art moderne »

Pour la saison 2019-2020, les conférences de « Connaissance des Arts » seront consacrées à l’Art moderne ! De Seurat à Soulages, en passant par le Bauhaus et la Pop Culture, c’est une épopée artistique hors du commun que nous vous invitons à découvrir au fil de 5 nouvelles conférences.
Retrouvez-nous chaque mois, dans notre Auditorium, situé au 10, boulevard de Grenelle à Paris, pour comprendre un mouvement ou grand thème de l’art du XXe siècle avec un expert du domaine.

CYCLE
5 conférences

1 inscription au Cycle = 1 conférence offerte
Inscrivez-vous pour 5 conférences au tarif préférentiel de 100€ au lieu de 125€

À LA CARTE Tarif par conférence : 25€ Dada et les Surréalistes, l’art comme terrain de jeu
27 février 2020 – 18h30 à 20h00 

L’entrée de l’Europe dans la Première guerre mondiale pousse quelques artistes à regarder vers l’absurde comme motif de création. Symbole de fébrilité du temps, le mouvement Dada après quelques heures de gloire, s’essouffle et les figures fortes du dadaïsme évoluent vers d’autres réflexions. Les thématiques de l’inconscient, du rêve et de la beauté convulsive sont communes à la création de Man Ray, Max Ernst, Francis Picabia, René Magritte ou Salvator Dali – chantres du Surréalisme. La conférence se concentrera sur les temps forts des deux mouvements phares de l’entre-deux-guerres, depuis la publication de leurs manifestes respectifs aux expositions les plus marquantes des membres des deux groupes.

Animée par Anne-Sophie Godot, historienne de l’art et chargée de cours à l’École du Louvre

L’Art Déco et les Expositions internationales de 1925 et 1937
19 mars 2020 – 18h30 à 20h00 

Géométrisation, sensibilité accrue pour la modernité, l’art Déco marque durablement les conceptions artistiques du XXe siècle. Sa diffusion internationale, à travers les expositions, les paquebots et les voyages fréquents des artistes en fait un mouvement connu à travers le monde. La vitalité des expositions parisiennes de 1925 et de 1937 témoigne d’une force du milieu artistique parisien, autour des figures aussi accomplies que Robert Mallet-Stevens, les frères Martel, le couple Delaunay, le couturier Poiret ou les créateurs de Cartier. La conférence se propose de vous faire découvrir ce monde fait de luxe, de mots et d’images, pour une promesse artistique de haute volée.

Animée par Anne-Sophie Godot, historienne de l’art et chargée de cours à l’École du Louvre

De Pollock à Soulages : abstraction américaine et reconstruction européenne
23 avril 2020 – 18h30 à 20h00

La maturité artistique de Jackson Pollock (1912-1956), ses grands formats utilisant la technique des éclaboussures de peintures inaugurent l’émergence d’un art abstrait états-unien qui selon le puissant critique Clement Greenberg, ne doit rien plus rien à l’art européen. L’abstraction américaine se développe avec des personnalités artistiques aussi diverses que Ellsworth Kelly, Clifford Steel, Barnett Newmann ou Marx Rothko. La Seconde Guerre mondiale et ses traumatismes ont profondément bouleversé les artistes et le monde de l’art. L’École de New York devient prépondérante. Mais L’Europe n’a pas dit son dernier mot avec des artistes comme Georges Mathieu, Jean Dewasne, Zao Wou Ki ou Soulages au parcours si singulier.

Animée par Cendrine Vivier, conférencière nationale

L’objet du quotidien, entre Nouveau Réalisme et Pop culture
28 mai 2020 – 18h30 à 20h00

De Richard Hamilton en Angleterre à Andy Warhol ou Roy Lichtenstein, le Pop art choisit comme source d’inspiration la société de consommation alors émergente et qui exerce sur eux une forme de fascination. Loin des sources savantes et littéraires, le Pop art se veut accessible et populaire. Warhol et son atelier la Factory deviennent emblématiques de ces nouvelles pratiques à partir de 1963. En France, des artistes se regroupent autour du critique et théoricien Pierre Restany pour créer le Nouveau Réalisme : Martial Raysse, Daniel Spoerri, Yves Klein, Arman, Jacques Villeglé, Niki de Saint-Phalle, Jean Tinguely veulent développer le « recyclage poétique du réel urbain » pour citer Pierre Restany.

Intervenant à confirmer

L’éclatement des pratiques dans les années 1960 et 1970
25 juin  2020 – 18h30 à 20h00

Ces deux décennies sont celles d’un éclatement tous azimuts des pratiques, des enjeux, des méthodes dans le monde artistique. Dans l’art cinétique, le mouvement devient le medium principal. Avec l’Op Art, la vision du spectateur est la cible : Vasarely, Bridget Riley, les artistes du GRAV s’attachent à créer des jeux d’optique et d’illusion dépourvus de toute signification. Le mouvement Supports-Surfaces, l’Arte Povera, Le Land Art, le minimalisme… autant de tendances qui font sortir l’art de ses catégories dans un renouvellement souvent contestataire et radical. D’autres artistes ne produisent plus des œuvres mais des événements, des happenings qui doivent faire réagir les spectateurs. Les artistes de Fluxus, Carole Schneemann, Claes Oldenburg sont quelques représentants de cette lame de fond qui touche également l’Europe : Joseph Beuys, Wolf Vostell, pour l’Allemagne, Jean-Jacques Lebel pour la France.

Animée par Baptiste Brun, maître de conférences en histoire de l’art contemporain à l’université Rennes 2

 

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150 œuvres rescapées de Notre-Dame exposées cet été à l’Hôtel Dieu

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Eventrée, corsettée, assitée d’une gigantesque grue, Notre-Dame n’est plus que l’ombre d’elle-même. Selon le quotidien francilien « Le Parisien », une exposition se prépare à l’Hôtel Dieu (Paris, IVe arrondissement). Bien que la date ne soit pas encore fixée, l’événement gratuit organisé par le diocèse devrait avoir lieu cet été dans l’une des galeries sud de l’Hôtel Dieu. L’exposition aura pour but de montrer Notre-Dame non seulement dans sa dimension religieuse mais également nationale. Au commissariat, l’historienne de l’art Béatrix Saule, ancienne directrice du domaine national des châteaux de Versailles et de Trianon, sera chargée de présenter 150 œuvres rescapées de l’incendie du 15 avril dernier. Parmi elles, le trésor liturgique de Notre-Dame ainsi que les tableaux, vitraux et sculptures qu’abritait la cathédrale. Les visiteurs pourront de cette façon retrouver le coq de la flèche ou encore un gisant d’évêque du XIVe siècle.

Une réouverture incertaine de Notre-Dame en 2024

Il est fort possible que la restauration de Notre-Dame ne soit pas terminée en 2024. C’est ce qu’a annoncé le général Jean-Louis Georgelin lors de la commission de la Culture du Sénat qui s’est tenue mercredi 22 janvier. Nommé par Emmanuel Macron président de l’établissement public pour la restauration de la cathédrale au lendemain de l’incendie, le général y a exprimé ses doutes quant au délai fixé par le chef d’État : « Nous ne ferons pas n’importe quoi pour arriver aux cinq ans, nous ne travaillerons pas de manière bâclée. Nous travaillons pour les siècles. » Les travaux de restauration devraient débuter en 2021, après avoir pris « le temps des études et le temps des marchés publics », précise le général Georgelin. Pour l’heure, le président de l’établissement public a déclaré que son rôle était d’empêcher toute « procrastination ».

Vue de l’exposition « Notre-Dame de Paris : Les premiers mois d’une renaissance » ©DR

Pour patienter d’ici cet été et 2024, l’établissement public a également conçu une exposition en partenariat avec l’agence Magnum Photos et l’Association des scientifiques au service de la restauration de Notre-Dame de Paris. Intitulé « Notre-Dame de Paris : Les premiers mois d’une renaissance », l’événement se tient jusqu’à la mi-avril sur les palissades de chantier de l’édifice. Abordant des thèmes comme l’incendie, les vestiges de la charpente, l’évacuation et la préservation des œuvres d’art ou encore le démontage de l’échafaudage central, l’exposition retrace les travaux qui ont eu lieu ces derniers mois à travers 37 photographies de Patrick Zachmann.

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L’art de la grossesse au Foundling Museum à Londres

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Jusqu’au XXe siècle, la plupart des femmes passaient la majeure partie de leur vie adulte enceintes. Et pourtant, elles ont rarement été représentées en état de grossesse. Le Foundling Museum explore les représentations du corps de la femme enceinte à travers des portraitsessentiellement britanniques, des cinq cents dernières années. Le portrait le plus ancien de l’exposition est un dessin de la fille de Sir Thomas More, Cicely Heron, par Hans Holbein le Jeune en 1526-1527, provenant de la collection de la famille royale britannique. Le dernier, signé du photographe Awol Erizku, a été l’image la plus « likée » sur Instagram en 2017 et représente la chanteuse Beyoncé enceinte de jumeaux, voilée et agenouillée devant un écran de fleurs.

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We would like to share our love and happiness. We have been blessed two times over. We are incredibly grateful that our family will be growing by two, and we thank you for your well wishes. – The Carters

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Des dessins du XVIe siècle aux photographies postées sur Instagram

Entre les deux, le parcours iconographique permet de comprendre l’évolution des représentations sociales, entre un portrait de Theresa Parker d’après Sir Joshua Reynolds en 1772, dissimulant sa grossesse selon les conventions de l’époque, jusqu’à l’image triomphante de l’actrice Demi Moore en 1991, nue et enceinte de sept mois, par la photographe Annie Leibovitz. L’exposition présente aussi des vêtements de maternité, comme celui que portait la princesse Charlotte de Galles, petite-fille du roi George III (également peinte par George Dawe en 1817) avant de mourir en couches à 21 ans…

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Kees Van Dongen en 10 dates clés

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Cornelis Theodorus Maria Van Dongen, dit Kees Van Dongen, naît le 26 janvier 1877 à Delfshaven, faubourg de Rotterdam, dans un milieu bourgeois, catholique et austère.
Son père tient une malterie où Kees travaille dès l’âge de douze ans. Il peint et dessine beaucoup. Son père l’inscrit aux cours du soir de dessin de l’Académie des arts et des sciences de Rotterdam. À l’âge de 17 ans, il aménage un atelier dans le grenier de la malterie. Il a une grande admiration pour Rembrandt et Frans Hals. Le jeune homme s’émancipe peu à peu du milieu familial en passant beaucoup de temps à Rotterdam ; il signe ses premières peintures, d’une facture encore classique. Il commence à fréquenter les cercles anarchistes et illustre la couverture de L’Anarchie de Kropotkine. Après un bref passage à Paris, où il rencontre sa future femme, Guus, il rentre en Hollande où il dessine surtout la vie nocturne du Zandstraat. Ses dessins de prostituées et ses scènes équivoques provoquent déjà le scandale.

Kees van Dongen, « Ma gosse et sa mère », vers 1907-1908, huile sur toile, 100,1 x 81 cm, collection particulière © ADAGP, Paris.

1899 : Van Dongen s’installe à Paris

Van Dongen revient à Paris et s’installe avec Guus impasse Girardon. Durant quatre ans, il vit essentiellement de ses dessins publiés dans les revues satiriques Le Rire, Cil Blas, La Caricature et L’Assiette au beurre, qui l’a engagé sur les recommandations du dessinateur Steinlein. Félix Fénéon, anarchiste et critique réputé, l’introduit à La Revue blanche, Van Dongen délaisse la peinture pour se consacrer au dessin, dans une veine satirique et engagée socialement.
Son envoi de toiles au 20e Salon des indépendants (1904) est signalé dans la presse. La même année, sa première exposition personnelle se tient à la galerie Ambroise Vollard. Elle présente essentiellement des tableaux dans la tradition hollandaise. Le peintre s’engage par la suite dans une voie beaucoup plus colorée avec la série des « Carrousels ». Van Dongen fréquente le Bateau-Lavoir et est dorénavant bien intégré au milieu des artistes montmartrois. Les sujets de ses tableaux sont désormais inspirés du monde du cirque et de la vie de la Butte.

1905 : Un peintre fauve

Il expose au 3e Salon d’automne avec Matisse, Derain et Vlaminck et hérite lui aussi du nom de « fauve », attribué par le célèbre critique Louis Vauxcelles. Il contribue en parallèle au périodique anarchiste Les Temps nouveaux. Il emménage au Bateau-Lavoir, où il retrouve Pablo Picasso. Sa peinture monumentale À la Galette rencontre un grand succès d’estime. Il expose à Rotterdam. Van Dongen peint Fernande Olivier (1907), compagne de Picasso et son premier grand modèle, Il passe un contrat avec le marchand Daniel-Henry Kahnweiler, qui lui achète plusieurs toiles. Contrairement aux autres fauves qui se sont pour la plupart orientés vers de nouvelles esthétiques, Van Dongen conserve sa palette très virulente.

Kees van Dongen, Fernade Olivier (détail), 1907 huile sur toile, 100 x 81 cm, collection particulière © ADAGP 2018, Paris, présenté dans l’exposition « Van Dongen et le Bateau-Lavoir » au musée de Montmartre en 2018

1908 : Les premiers succès

Ses expositions chez Kahnweiler et surtout Bernheim-jeune, dont Fénéon a été nommé directeur artistique en 1906, sont un succès. Il commence aussi à exposer à l’étranger. Les peintres de Die Brücke l’invitent à exposer à Dresde avec eux. La même année, Kahnweiler rompt le contrat avec l’artiste, qui en signe un nouveau avec la galerie Bernheim-jeune. Les expositions chez Bernheim-jeune se multiplie et la critique est unanimement positive. Désormais à l’aise financièrement, Van Dongen s’installe en 1912 à Montparnasse et organise de fastueuses soirées. Lors de l’une d’entre elles, il rencontre la marquise Luisa Casati.

1913 : Le portraitiste mondain

Début de l’« époque cocktail », marquée par une succession de fêtes et la fréquentation des milieux parisiens en vogue. Ses expositions, chez Bernheim-Jeune comme à l’étranger, rencontrent le succès. Après un voyage en Égypte, son style évolue : sa palette s’atténue et il privilégie dorénavant la ligne, peignant des silhouettes très allongées et sensuelles, Son Tableau présenté au 11e Salon d’automne fait scandale et est décroché, incident qui ajoute à la notoriété du peintre. Le Tout-Paris se presse dans son atelier pour se faire portraiturer.
Durant la guerre, non mobilisable car Néerlandais, Van Dongen reste à Paris. Sa femme et sa fille sont parties aux Pays-Bas. Il rencontre Jasmy Jacob, qui sera sa maîtresse jusqu’en 1927. Il s’installe avec elle villa Said, près du bois de Boulogne. En 1918, sa femme revient des Pays-Bas mais Van Dongen refuse de la recevoir. Sa notoriété ne cesse de grandir. Il réalise essentiellement des portraits, dans lesquels un archétype, celui de la figure féminine aux grands yeux ourlés de khôl et aux lèvres rouges, se dessine.

Kees van Dongen, Deux yeux, 1911, huile sur toile © ADAGP, Paris

1921 : L’art du scandale

Après une première exposition dans son hôtel particulier villa Saïd, l’artiste connaît un nouveau scandale provoqué par le portrait d’Anatole France. Le peintre en joue pour accroître sa célébrité et les commandes affluent. Pourtant, c’est aussi le moment où son œuvre ne se renouvelle plus et où commence le déclin. L’artiste continue d’exposer régulièrement à la galerie Bernheim-Jeune.

1927 : Reconnaissance internationale

Première exposition rétrospective, à Amsterdam, qui lui apporte la consécration. Deux ans plus tard, le krach de Wall Street marque la fin des Années folles et le début d’une période nettement moins faste. Les commandes diminuent jusqu’en 1936 date à laquelle Van Dongen retrouve de prestigieuses commandes ; il fait le portrait du roi Léopold III et est sollicité par le monde du spectacle.

Kees van Dongen, Portrait de Madame Marie-Thérèse Raulet, détail, vers 1925-1930 huile sur toile, 100 x 81 cm, Caen, musée des Beaux- Arts © ADAGP, Paris.

1941 : Un voyage compromettant sous l’Occupation

Van Dongen participe au voyage d’étude des artistes français en Allemagne, aux côtés de Derain, Vlaminck, Dunoyer de Segonzac, ce qui lui vaut d’être boycotté après la seconde guerre mondiale par les milieux artistiques français.

1942 : Première exposition rétrospective

La galerie Charpentier organise la plus grande rétrospective qui lui ait été consacrée, mais le voyage en Allemagne a suscité de vives polémiques et la manifestation ne rencontre pas le succès. Dès la fin de la guerre, Van Dongen retourne à Deauville et renoue avec sa clientèle fortunée. Il s’établit définitivement à Monaco, avec sa nouvelle compagne Marie-Claire et son fils, dans une villa baptisée Le Bateau-Lavoir.

1954 : Une célébrité retrouvée

Ordonné chevalier de la Légion d’honneur, sollicité par Brigitte Bardot la même année pour peindre son portrait, Van Dongen retrouve sa célébrité d’avant-guerre. Les expositions et rétrospectives se succèdent durant la décennie suivante.

1967 : L’exposition de la consécration

À l’occasion de son 90e anniversaire, le musée national d’Art moderne à Paris organise une rétrospective, reprise par le musée Boijmans Van Beuningen à Rotterdam. Kees Van Dongen meurt un an plus tard, le 28 mai 1968, à Monaco.

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Huysmans vs Fénéon : quand les critiques d’art font l’expo

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La critique est aisée mais l’art difficile, dit-on. Alors, que se passe-t-il lorsque le critique d’art devient objet et maître de cérémonie d’une exposition ? Le musée d’Orsay et le musée de l’Orangerie ont ainsi choisi de donner corps et images aux écrits de deux illustres figures du genre : Joris-Karl Huysmans (1848-1907), auteur du génial À Rebours et admirateur de Degas, Moreau ou Grünewald, et Félix Fénéon (1861-1944), journaliste, anarchiste, marchand d’art, collectionneur d’arts lointains, découvreur de Seurat et défenseur inconditionnel du néo-impressionnisme. Les critiques d’art d’« On repeint l’expo » se penchent sur ce cas d’école, entre histoire du goût Fin de siècle et mise en abyme.

À découvrir

Huysmans critique d’art
« De Degas à Grünewald, sous le regard de Francesco Vezzoli »
Jusqu’au 1er mars
Musée d’Orsay

« Félix Fénéon. Les temps nouveaux, de Seurat à Matisse »
Jusqu’au 27 janvier
Musée de l’Orangerie

« Félix Fénéon The Anarchist and the Avant-Garde
From Signac to Matisse and Beyond »
Du 22 mars au 25 juillet
MoMA, New York

Les expos coups de cœur du mois

« Collectionner au XXIe siècle »
Collection Lambert, Avignon
Jusqu’au 15 mars
recommandée par Guy Boyer

« Le monde en tête, la donation Antoine de Galbert »
Musée des Confluences, Lyon
Jusqu’au 15 mars
recommandée par Yves Jaeglé, Le Parisien

« Drapé. Degas, Christo, Michel-Ange, Rodin, Man Ray, Dürer… »
Musée des beaux-arts, Lyon
Jusqu’au 8 mars
recommandée par Philippe Dagen, Le Monde

« Yan Pei-Ming / Courbet. Corps-à-corps »
Petit Palais, Paris
Prolongée jusqu’au 1er mars
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« Fosse. Un opéra dans un parking »
Opéra Comique/Coproduction Centre Pompidou
recommandées par Valérie Duponchelle, Le Figaro

« Jean Ranc (1674-1735) : un Montpelliérain à la cour des rois »
Musée Fabre, Montpellier
Jusqu’au 26 avril
recommandée par Carole Blumenfeld, La Gazette Drouot

 

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Le musée d’Orsay acquiert un chef-d’œuvre de la seconde Exposition universelle à Paris

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On l’oublie souvent, mais il n’y a pas que des tableaux impressionnistes au musée d’Orsay. À la fin du mois de décembre 2019, l’institution parisienne a acquis le Vase Canthare de style néo-grec réalisé par Ferdinand Barbedienne, Louis-Constant Sévin et Désiré Attarge pour la seconde Exposition universelle à Paris (1867). Ce chef-d’œuvre en cuivre et bronze haut de 44 cm faisait partie de l’exposition exceptionnelle « L’Apothéose du génie » qui s’est déroulée du 10 septembre au 14 décembre 2019 à la galerie Aveline place Beauvau à Paris. Cette présentation dédiée aux expositions universelles montrait la collection privée de Volker Wurster et Achim Neuse de la galerie Neuse de Brême. 250 objets et meubles décoratifs y étaient mis en scène par le décorateur français François-Joseph Graf.

Ferdinand Barbedienne, Louis-Constant Sévin, Désiré Attarge, Vase Canthare, 1867, cuivre et bronze doré, argenté, patiné et bruni, hauteur 44 cm ©DR

Un rare témoignage de la collaboration de trois grands noms de la production française de bronze du XIXe siècle

L’exposition avait pour but de montrer « la grandeur d’une époque grâce au génie créatif porté à son paroxysme et imaginé conjointement par les artistes et les artisans du XIXe siècle ». Le vase acquis par le musée d’Orsay a été modelé sur une coupe profonde de kantharos grecque, servant à boire du vin et caractérisée par sa paire de poignées hautes. L’objet présente une scène galante d’un jeune couple sous une vigne en fleur d’un côté et une branche de palmier accompagnée d’une couronne de laurier, appartenant au répertoire antiquisant, de l’autre. L’objet possède également une dimension architecturale. Outre ses qualités esthétiques, le Vase Canthare permet d’illustrer dans les collections du musée d’Orsay la collaboration entre trois des plus grands noms de la production française de bronze du XIXe siècle : le bronzier Ferdinand Barbedienne, le sculpteur-ornemaniste Louis-Constant Sévin et le ciseleur-ornemaniste Désiré Attarge. « Ce vase témoigne donc admirablement de l’alliance de l’art et de l’industrie qu’appelaient de leur vœux les organisateurs des Expositions universelles et qu’incarnait en son temps l’entreprise de Barbedienne », explique le musée d’Orsay dans la notice de l’objet. L’œuvre sera exposée dans l’institution parisienne à la mi-février.

Ferdinand Barbedienne, Louis-Constant Sévin, Désiré Attarge, Vase Canthare, 1867, cuivre et bronze doré, argenté, patiné et bruni, hauteur 44 cm ©DR

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L’épure selon nendo au Bon Marché

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De part et d’autre de l’escalator imaginé par la designer Andrée Putman en 1991, de grosses gouttes d’eau immaculées descendent lentement des verrières centrales du Bon Marché pour s’épanouir progressivement en grandes fleurs blanches. Une fois déployées, ces efflorescences remontent vers les verrières pour se reformer en gouttes et recommencer à l’infini ce cycle poétique. Cette féerie en musique, fleurs de pluie (ame nochi hana en japonais), est signée du designer nippon Oki Sato, du studio nendo.

Le designer Oki Sato s’est inspiré de la peinture traditionnelle japonaise

Dans les vitrines extérieures du grand magasin, ce rêveur qui réenchante le réel a imaginé une autre séquence de fleurs de pluie sous la forme d’une suite de sculptures blanches : une goutte d’eau s’immisce dans une bouteille (vitrine 1), transformant la bouteille en vase (vitrines 2 et 3), de ce vase naît une fleur (vitrines 4 et 5), dont le poids fait vaciller le vase (vitrine 6), l’eau s’en écoule formant une flaque (vitrine 7) de laquelle germent de nouvelles fleurs (vitrine 8)… Ce récit original, qui se lit au gré du déplacement du promeneur, renvoie à une installation immersive au deuxième étage du Bon Marché: uncovered skies.


Ici, le visiteur est invité à déambuler sur une scène illuminée de quinze mètres de long, en tenant au-dessus de sa tête un parapluie transparent. Il voit naître alors sous ses pas des images en mouvement évoquant l’eau et la floraison à « l’ombre » du parapluie, mêlées à des vues de Paris. Ce parapluie est en fait doté de films polarisants qui captent une lumière blanche projetée du plafond et la « révèlent » comme par magie aux pieds du visiteur. « Cet effet s’inspire des rouleaux peints traditionnels japonais, où une longue image rectangulaire conte une histoire avec différentes scènes et perspectives. Marcher avec le parapluie pour faire apparaître l’image projetée revient à faire défiler une longue peinture pour voir le récit évoluer », explique Oki Sato, qui a créé pour la première fois ce type d’installation pour le Suntory Museum of Art de Tokyo en 2019.

20 sortes de pluies capturées dans des bouteilles

Le designer-plasticien, représenté par la galerie d’art Friedman Benda à New York, expose aussi au rez-de-chaussée du grand magasin une installation d’une grande poésie : rain bottle, présentée initialement à Maison & Objet Paris en 2014 et qui lui a valu en 2015 d’être consacré « Créateur de l’année »« En japonais, il existe de nombreux termes pour désigner le mot  » pluie ” selon son aspect et le moment de la journée. Pour illustrer les subtilités de la langue japonaise, nous présentons vingt sortes de pluies dans des bouteilles transparentes, alignées les unes à côté des autres. Kirisamebiu et kosame font référence à diverses formes de  bruine, alors que niwaka-ame est une averse soudaine et abondante. Kisame est une pluie qui tombe des extrémités des branches d’arbres, et kaiu est une pluie mêlée de poussière et de pollen. Les bouteilles présentent aussi des pluies saisonnières, depuis samidare qui tombe au printemps jusqu’à shigure, la pluie spécifique à l’automne et l’hiver », explique Oki Sato. Avec cette installation, le designer a voulu exprimer la relation unique qu’entretient la culture japonaise avec la nature.

nendo, exposition ame nochi hana au Bon Marché à Paris ©Guy Boyer

Une esthétique épurée qui réinvente la nature

Né en 1977 à Toronto au Canada et élevé au Japon à partir de ses 11 ans, ce diplômé d’architecture de l’université Waseda de Tokyo développe depuis la création de son studio nendo en 2002 une esthétique minimaliste, aux lignes épurées, souvent inspirée de la nature. S’il introduit une nature réinventée au cœur du grand magasin de la Rive Gauche, nombre de ses créations évoquent l’idée d’une croissance végétale, de hanabi (2006) où la chaleur de l’ampoule fait s’épanouir en corolle une lampe à mémoire de forme, jusqu’à chair garden (2010) où des chaises miniatures croissent sur des pots de fleur comme des plantes. Auteur d’un bonsaï en impression 3D à tailler soi-même (grid-bonsai, 2019), le studio nendo a conçu en collaboration avec les artisans de la manufacture de Sèvres un vase en porcelaine blanche d’où surgit une délicate branche de cerisier en fleurs (sakura, 2017).

Oki Sato aime introduire le vivant dans des objets inanimés et apprécie les techniques traditionnelles japonaises telles que l’udukuri (où le bois est brossé, laqué et poli pour en faire ressortir le grain comme motif), le mizuhiki (cordon décoratif en papier) et le papier washi en fibre de mûrier, avec lequel il conçoit lampes et assiettes. Avec ses trente-cinq collaborateurs du studio basé à Tokyo et à Milan, il cherche à pousser les matériaux au-delà de leurs limites, comme avec la cord-chair (2009), dont les pieds en bois travaillé dans le sens de la fibre mesurent seulement quinze millimètres de diamètre, une véritable prouesse technique. Pour chaque projet, il s’agit de travailler avec la plus grande flexibilité afin d’inventer de nouvelles formes, d’où le choix du nom nendo, qui signifie en japonais « pâte à modeler ».

Un design fun et fonctionnel

Mais avant tout, Oki Sato est un conteur en images. Ses créations naissent sous son crayon, chaque idée étant personnifiée sous la forme d’un petit personnage aux lignes simples qui fait apparaître la narration à l’œuvre dans ses réalisations. « Toutes nos œuvres ont leur propre histoire, qu’elles soient grandes ou petites. Nous avons besoin de cela pour diffuser notre design au-delà des frontières », souligne-t-il. Objets, mobilier, installations artistiques ou architectures racontent une histoire, comme sa série de cinquante manga chairs animées de lignes dynamiques propres à la bande dessinée japonaise : bulles ou symboles d’émotions, de la stupeur aux tremblements…
Le fondateur de nendo a également dessiné une maison dans les arbres au cœur de la forêt de Komoro City (Japon) avec deux entrées : l’une pour un homme, l’autre pour les oiseaux (bird-apartment, 2012). Amateur du conte Alice au pays des merveilles, le designer fait référence à l’épisode du chapelier fou prenant le thé avec Alice et le lièvre de mars dans une longue table entourée de chaises démesurément grandes ou petites (Alice’s Tea Party, 2007). Son objectif est de troubler notre perception du réel, de sinking about furniture (2003), où le mobilier semble se liquéfier dans le sol, jusqu’à l’exposition « 1%@IL 2007» à Tokyo, donnant au visiteur l’illusion de marcher sur les murs. Quant au décor de studio conçu pour l’émission de télé japonaise Un autre ciel, il donne l’impression que les invités, assis sur des sièges transparents, sont suspendus dans une mer de nuages (ANOTHER SKY Studioset, 2017)…

Pour chacune de ses créations, nendo entend  « donner aux gens un petit «  !  » moment », autrement dit un instant d’excitation. S’il joue volontiers des codes du minimalisme, c’est toujours avec humour, comme dans talking (2007) où des contenants pour la table se différencient par la forme de la bouche qui prononce en japonais « yu » (pour shoyu, sauce soja), « shi » (pour shio, sel) et « ko » (pour kosho, poivre). « Je dirais que le design est fun et fonctionnel en même temps, parce qu’en anglais le mot fun est inscrit dans le mot functionnal », s’amuse Oki Sato. Cet admirateur d’Issey Miyake a retenu la leçon de son aîné : « En tant que designer, vous devez délivrer bonheur et joie ».

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Raphaël : en 2020, l’Europe célèbre le grand maître de la Renaissance

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Au printemps dernier, l’Ambrosiana de Milan a ouvert les festivités en accrochant dans une de ses salles spécialement aménagée à cette fin l’une des pièces maîtresses de ses collections : le carton de L’École d’Athènes, la célèbre fresque de la chambre de la Signature, au Vatican, enfin visible après quatre années de restaurations. Il s’agit du carton (dessin préparatoire à l’échelle 1/1 servant au report de la composition sur la paroi à peindre) le plus grand et le plus remarquable de la Renaissance qui nous soit parvenu, de la main même du maître et en bon état de conservation, chose exceptionnelle car habituellement ces cartons, trop dégradés après usage, étaient jetés.

L’influence décisive de Pérugin

Après Milan, c’est Urbino, la ville natale du peintre, qui reprenait le flambeau dès l’automne, avec une exposition consacrée à la période de formation de l’artiste. On sait que Raphaël a acquis les rudiments de son art dans l’atelier de son père, Giovanni Santi, peintre officiel des Della Rovere. Il a ensuite suivi l’enseignement de Timoteo Viti (1469-1523), peintre imprégné du style doux d’un Francesco Francia connu à Bologne.
En 1494, il a pu voir le travail de Luca Signorelli pour le Santo Spirito à Urbino. Plus important encore, il s’est rendu à Pérouse cinq ans plus tard pour travailler dans l’atelier de Pérugin, représentant majeur de la « manière douce », et se former à son style, à un point tel qu’il est parfois difficile de départager leurs œuvres. […]

Où voir Raphaël en France ?

Le musée du Louvre possède l’un des plus importants ensembles de peintures et de dessins de Raphaël qui soit au monde : pas moins de quatorze tableaux, et non des moindres ! Les différentes facettes de son œuvre y sont représentées par des œuvres majeures : les portraits (CastiglioneAutoportrait avec un amiMarguerite de Naples), les madones (Vierge au diadèmeLa Belle Jardinière, Sainte Famille), la dernière période (Saint Jean-Baptiste au désert), et autres sujets religieux (Saint GeorgesSainte MargueriteSaint Michel)… Le musée Condé de Chantilly est riche aussi, avec trois peintures, dont les ravissantes Trois Grâces, et de nombreux dessins. Et à Strasbourg, signalons un très beau Portrait de jeune femme.

[…] Il reste 70% de notre article
à lire dans notre numéro de février 2020

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Aux musées de Rouen, les visiteurs créent leur propre exposition

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Le 21 septembre dernier, les musées de Rouen ont lancé la quatrième édition de leurs élections artistiques. À la question « Qui seront les heureux élus ? », les visiteurs étaient invités à répondre en choisissant parmi quelques objets sélectionnés par les conservateurs dans les réserves des différentes institutions muséales de l’agglomération rouennaise. Le but ? Que ces objets sortent temporairement de leurs lieux de stockage et qu’ils puissent retrouver leur public. En lice cette année ? Une pyxide médiévale pour conserver des hosties, un éteignoir du XVIIIe siècle surmonté d’un petit singe en bonnet de nuit, un ours des cocotiers aux griffes recourbées, la maquette d’un kayak inuit, un livre d’heures cachant dans ses enluminures un dragon et une femme au bain…

Pyxide, 1ère moitié du XIIe siècle, émail champlevé sur cuivre gravé et doré, H. 10,4 x D. (base) 6,8 cm H. base: 3,8 cm, Musée des antiquités

Sortir les œuvres des réserves

Tout ceci ressemble à un inventaire à la Prévert, mais dort sagement sur des étagères, loin des salles des collections permanentes des huit musées. Dès la première saison de cette initiative originale, plus de dix-sept mille personnes ont voté en ligne. L’opération a été remarquée puisqu’elle a aussitôt remporté le prix Patrimoine et Innovation dans la catégorie « Interaction avec les visiteurs ». « En lançant La Chambre des visiteurs, souligne Sylvain Amic, le directeur des musées de Rouen, je tenais dès le départ à ce que l’événement deviennent récurrent (et, dans l’idéal, permanent) de façon à ce que cette échéance s’inscrive comme un horizon dans le travail de fond des équipes de conservation. Je tenais aussi à ce que cela soit transdisciplinaire. »

Miniature en ivoire, XVIIIe siècle, 4 H. 11,4 x l. 12,2 x ép. 1,7 cm, Musée des antiquités


À la question concernant la raison pour laquelle ces œuvres ne sont pas montrées en temps normal, il répond que les huit musées de l’agglomération comptent près d’un million de pièces. Alors, certes, il y a des séries d’objets quasi identiques, comme au museum d’Histoire naturelle, mais l’inventaire des pièces originales des seuls musées des Beaux-Arts et des Antiquités affiche déjà 90 000 numéros. Autre raison importante, certains objets ne s’inscrivent pas dans la logique du parcours choisi. « Bien que nous soyons plutôt prêteurs (plusieurs centaines de prêts annuels), que nous remplacions les objets en salle, que nous organisions chaque année des hors-les-murs, certaines œuvres n’émergent pas, malgré leur qualité. Avec La Chambre des Visiteurs, on leur donne une chance supplémentaire, d’abord avec le vote, et plus largement en assurant la diffusion de leur image. »

Du riquiqui dans l’air

Cette année, le public a été invité à choisir parmi des œuvres de petite taille. Le résultat du vote de cette saison « Riquiqui ! » (du 21 septembre au 31 octobre 2019) a été dévoilé en novembre et les œuvres sont exposées jusqu’au mai 2020 au musée des Beaux-Arts de Rouen. Après la création du « Temps des collections » (une série d’accrochages thématiques montés à partir des fonds du musée) dont nous vantions les mérites il y a déjà six ans, Rouen propose au public de s’impliquer et de participer à la vie des collections. Une manière nouvelle de redonner vie à certaines œuvres vouées, parfois pour toujours, à l’obscurité.

Éteignoir au singe, XVIIIe siècle, acier découpé, recourbé et brasé puis repris au ciseau, en partie doré et argenté, 5,9 x 2,8 x 2,6 cm, Musée Le Secq des Tournelles

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6 dates pour comprendre Édouard Manet, l’inventeur du moderne

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Édouard Manet naît le 23 janvier 1832 à Paris, dans une famille bourgeoise aisée. Son père, Auguste Manet, est haut fonc­tionnaire au ministère de la Justice, sa mère, Eugénie Fournier, est la fille d’un diplomate en poste en Suède et la filleule du roi de Suède. Après avoir fréquenté l’Institut Poiloup en 1842, il entre au collège Rollin. Il y suit dès 1845 un cours de dessin, où il fait la connaissance d’Antonin Proust. L’oncle maternel de Manet, Édouard Fournier, l’emmène au Louvre admirer les peintures et encourage son talent naissant. Manet tente d’imposer à son père sa vocation artistique, mais celui-ci veut qu’il entre à la faculté de droit en 1848. Le jeune homme préfère encore tenter le concours de l’École navale mais échoue ; il s’em­barque alors sur un bateau-école qui fait route vers Rio de Janeiro. Revenu de Rio avec une quantité de dessins, il échoue une seconde fois au concours d’entrée de l’École navale. Son père cède et l’autorise à suivre sa voca­tion artistique.

1. 1850, le début d’une vocation artistique

Manet s’inscrit avec Proust à l’ate­lier de Thomas Couture. Rapidement, il prend de l’ascendant sur les autres élèves et entre en conflit avec son maître. Il s’ins­crit également sur le registre des copistes du musée du Louvre.Il fait plusieurs voyages, à Cassel, Dresde, Vienne et Munich, puis en Italie (Venise, Florence, Rome) et exécute de nombreuses copies d’après les maîtres dès 1853. Il quitte l’atelier de Couture en 1856 et emmé­nage dans un atelier rue Lavoisier avec Albert de Balleroy, peintre animalier. L’année suivant, il visite Eugène Delacroix et ren­contre Fantin-Latour.

Henri Fantin-Latour, Portrait d’Edouard Manet, 1867, huile sur toile, 117,5 x 90 cm, Art Institute of Chicago

2. 1859, refus de son Buveur d’absinthe au Salon

Son Buveur d’absinthe est refusé au Salon, Delacroix était le seul membre du jury à avoir défendu le tableau. Il s’installe l’année suivante dans un appartement aux Batignolles avec Suzanne et son fils, puis épouse Suzanne trois ans plus tard. En 1861, Le Portrait de Monsieur et Ma­dame Manet et Le Guitariste sont admis au Salon et rencontrent un certain succès. L’artiste commence à se faire de plus en plus remarquer, plusieurs peintres et écrivains mani­festent à Manet leur admiration devant Le Chanteur espagnol. Baudelaire fait lui-même l’éloge du peintre, voyant en lui l’héritier du « génie espagnol ». Victorine Meurent devient le modèle de Manet, qui la peint l’année suivante dans Le Déjeuner sur l’herbe et Olympia.

Édouard Manet, Le Buveur d’absinthe, 1859, huile sur toile, 178 x 103 cm, Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague

3. 1863, le scandale du Déjeuner sur l’herbe

En 1863, il expose quatorze tableaux à la galerie Martinet. Refusé au Salon officiel, il présente au Salon des refusés Le Déjeu­ner sur l’herbe qui provoque le scandale. Ce n’est pas la nudité montrée dans le tableau qui choque, mais la façon dont l’artiste la met en scène dans un environnement très proche du réel, renvoyant le spectateur au simple statut de voyeur. Il marque ainsi les débuts de l’Art moderne. L’année suivante, le Salon admet à l’unanimité Épisode d’un combat de taureaux et Le Christ aux anges.

Édouard Manet, Olympia, 1863, huile sur toile, 130 x 190 cm, musée d’Orsay

4. 1865, un nouveau scandale avec l’Olympia

Olympia, cette odalisque mi-esclave de harem, mi-prostituée sortant de son bain oriental, présentée au Salon, déclenche un esclandre. Le sujet est très prisé par les peintres, notamment par Ingres avec sa Grande Odalisque (1819). Mais celle de Manet possède un regard défiant le spectateur qui crée un nouveau scandale. Zola défend le tableau avec tant d’enthousiasme dans sa chronique de « L’Événement » que cette dernière lui est retirée. Durant l’été, Manet visite l’Espagne et ressent un véritable choc pictural au musée du Prado. En 1866, il fréquente le café Guerbois, où se retrouvent de nombreux écrivains et artistes. Il y rencontre Cézanne et Monet. Son Fifre est refusé au Salon la même année.
À l’occasion de l’Exposition uni­verselle de 1867, Manet décide de faire construire son propre pavillon, près du pont de l’Alma, où il expose une cinquantaine de toiles et estampes. Son exposition est la risée du publie : les passants n’y entrent que pour se moquer. En 1868, l’impressionniste Berthe Morisot commence à poser pour lui. L’année suivante, L’Exécution de Maximilien est inter­dit d’exposition, Zola dénonce par la suite cette cen­sure dans la presse. Eva Gonzalès devient l’élève et le modèle de Manet.
Durant la guerre, en 1871, Manet rejoint sa famille dans les Pyrénées. Il rentre à Paris peu après la Semaine sanglante. L’année suivante, le marchand d’art Durand-Ruel lui achète vingt-quatre toiles, pour plus de 50 000 francs. Manet fréquente le café de la Nouvelle-Athènes, avec Degas, Renoir, Monet et Pissarro. En 1873, la toile Le Bon Bock obtient un grand succès au Salon. Il fait la connais­sance de Mallarmé, avec lequel il noue des liens d’amitié.
En 1874, il commence à peindre en plein air à Gen­nevilliers et à Argenteuil des toiles de fac­ture impressionniste. Cette même année, Berthe Morisot épouse Eugène, jeune frère de Manet. La première exposition impressionniste se tient chez le photo­graphe Nadar, mais Manet n’y participe pas.

Édouard Manet, Argenteuil, 1874, huile sur toile, 149 x 115 cm,
Musée des Beaux-Arts Tournai

5. 1875, le chef de file des impressionnistes

Manet expose Argenteuil au Salon. La presse fait alors de lui le chef de file des impressionnistes. Il illustre la traduction du Corbeau d’Edgar Poe par Mallarmé. Suite au refus de ses nouvelles toiles au Salon de 1876, Manet ouvre son atelier au public et y expose plusieurs tableaux dont Olympia. Les refus se suivent et se ressemblent. En 1877, le Salon refuse Nana, à cause du déshabillé du modèle. Exposée chez le marchand Giroux, la toile obtient un grand succès. Deux ans plus tard, Zola publie un article négatif sur le peintre dans « La Revue politique et litté­raire », qui déclenche une brouille entre les deux hommes. En parallèle, la critique est de plus en plus élogieuse sur les envois de Manet au Salon. Atteint d’une ataxie locomotrice, le peintre fait à partir de cette année de régulières cures de repos.

Édouard Manet, Un bar au Folies Bergères, 1881-1882, huile sur toile, 96 x 130 cm, Courtauld Institute of Art

6. 1880, la pérennité du succès critique

Son exposition particulière à la galerie La Vie Moderne remporte un vrai succès critique, mais sa santé se détériorant, il loue une petite maison à Bellevue pour se reposer et se distrait en envoyant lettres et aquarelles. En 1881, ses envois au Salon sont récompen­sés d’une médaille de deuxième classe et Antonin Proust, nouveau ministre des Beaux-Arts, le fait nommer chevalier de la Légion d’honneur. L’année suivante, Un Bar aux Folies-Bergère est un grand succès au Salon. Enfin, Manet meurt le 30 avril 1883.

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Le seul autoportrait de Van Gogh en état de psychose authentifié

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Cela faisait un demi-siècle que le doute planait sur l’authenticité de l’Autoportrait de Vincent Van Gogh (1853-1890) conservé au Nasjonalmuseet d’Oslo. Le tableau, acheté par l’institution norvégienne en 1910, était alors le premier autoportrait du peintre hollandais à rejoindre une collection publique. Depuis les années 1970, l’incertitude persistait notamment à cause du style et de l’utilisation de la couleur dans l’œuvre, assez différents des autres tableaux de Van Gogh. Pendant tout ce temps, les experts étaient dans l’incapacité de définir la date et le lieu de création de la peinture compte tenu des différents séjours de l’artiste à Arles, Saint-Rémy-de-Provence et Auvers-sur-Oise.

Vincent Van Gogh, Autoportrait, 1889, huile sur toile, 51,5 x 45 cm, Nasjonalmuseet d’Oslo

Un Autoportrait à présent daté et localisé

En 2006, le musée norvégien avait effectué des premières recherches pour éclaircir la question de la provenance de la toile. L’Autoportrait aurait appartenu à Joseph et Marie Ginoux, des amis de l’artiste vivant à Arles qu’il a immortalisés dans plusieurs portraits comme L’Arlésienne. L’arrivée chez eux de la peinture ainsi que la date précise de sa création restent un mystère. Huit ans plus tard, le Nasjonalmuseet a demandé aux experts du Van Gogh Museum d’Amsterdam d’effectuer des recherches sur cet Autoportrait. Ils ont ainsi analysé le style, la technique, les matériaux, la provenance et l’iconographie. À l’aide de rayons X et d’une étude des coups de pinceau de l’artiste, les scientifiques ont certifié que l’œuvre était bien de la main de Van Gogh et qu’elle avait été réalisée fin août 1889 à Saint-Rémy-de-Provence, peu après le 22 août mais avant les autoportraits conservés aujourd’hui à la National Gallery of Art de Washington et au musée d’Orsay à Paris. En effet, « la toile quelque peu inhabituelle, les pigments, la palette sombre et le pinceau sont tous en accord avec sa production à la fin de l’été et à l’automne de cette année », précise le Van Gogh Museum.

Vincent Van Gogh, L’Arlésienne (Madame Ginoux), 1890, huile sur toile, 60 x 50 cm, Galleria nazionale d’arte moderna e contemporanea à Rome

Le seul autoportrait de Van Gogh réalisé lors d’un épisode psychotique

Les experts ont également mis en lien l’œuvre du Nasjonalmuseet avec l’autoportrait mentionné par Vincent Van Gogh dans une lettre du 20 septembre 1889 destinée à son frère Theo. Il y décrit le tableau comme « une tentative de quand il était malade ». L’artiste a peint cette toile à la fin d’un « épisode psychotique grave » advenu en juillet 1889, lors de son internement à l’asile Saint-Paul de Mausole. Contrairement aux deux autoportraits conservés à Washington et à Paris, celui d’Oslo montre un Van Gogh souffrant mentalement. Il s’est représenté « la tête légèrement courbée et le corps se détournant du spectateur. Son regard timide et de côté est facilement reconnaissable et se retrouve souvent chez les patients souffrant de dépression et de psychose », expliquent les experts. « C’est la seule œuvre connue de Van Gogh créée avec certitude lorsqu’il souffrait de psychose », souligne Louis van Tilborgh, chercheur au Van Gogh Museum et professeur d’histoire de l’art à l’université d’Amsterdam.

L’Autoportrait est actuellement exposé au troisième étage du Van Gogh Museum et sera montré dès le 21 février dans l’exposition « In the Picture » du musée amstellodamois consacré au sens et au rôle des portraits d’artistes. Il sera de retour à Oslo dès l’ouverture du nouveau musée national au printemps 2021.

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Le grand prix « Un photographe pour Eurazeo » remis à Sophie Zénon

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Depuis une quinzaine d’années, la société d’investissement Eurazeo soutient la photographie contemporaine en achetant des œuvres originales et en remettant son grand prix « Un photographe pour Eurazeo ». Cette année, l’entreprise a récompensé Sophie Zénon pour sa série personnelle Dans le miroir des rizières. La lauréate recevra ainsi une dotation de 10 000 €. Les œuvres, réalisées grâce à la bourse du prix « Résidence pour la Photographie » de la fondation des Treilles, racontent l’histoire de la grand-mère de la photographe et abordent les thématiques de la provenance et de l’identité. « Elle y raconte une quête identitaire, l’importance des origines et des racines. Je suis particulièrement heureuse que notre lauréat des 10 ans du Prix soit une femme », s’enthousiasme Virginie Morgon, présidente du directoire d’Eurazeo.

Sophie Zénon, Prospettiva, série Dans le miroir des rizières ©DR

Un nouveau prix pour la jeune création photographique

En partenariat avec l’École nationale supérieure de photographie (ENSP), la société a créé cette année le Prix « Eurazeo pour la Jeune Création photographique », attribué à Camille Kirnidis. Les clichés des deux photographes seront exposés du 6 au 14 février 2020 à l’Hôtel de l’Industrie (Paris VIe arrondissement). Elles seront également présentées dans les bureaux d’Eurazeo à Paris et New York.

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