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La gloire du Seicento à Toulouse

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Guy et Héléna Motais de Narbonne font partie de ces amateurs dont la passion pour la peinture, cultivée sans interruption depuis 1988, se conjugue avec le prêt de leurs trésors, dominés par la peinture italienne et française du XVIIe siècle avec quelques incursions dans l’art du paysage. Après une présentation partielle au musée du Louvre en 2010, puis à Orléans en 2018, cette collection, marquée, au fil des ans, par des dons aux institutions publiques, fait cette année escale dans ce lieu merveilleux qu’est la Fondation-musée créée par Georges Bemberg à Toulouse. Avec quelque quatre-vingts peintures, Guy et Héléna Motais de Narbonne démontrent que l’on peut rassembler un ensemble de qualité inouïe lorsqu’un goût sincère et érudit ne se laisse pas envahir par les sirènes du marché de l’art ni par ceux d’une course exclusive aux grands noms, présents néanmoins en nombre ici. L’ensemble trouve son unité dans un choix de tableaux à scènes figurées offrant les expressions humaines les plus intenses, partagées entre méditation et exacerbation des passions. Si le caravagisme se trouve de ce fait bien représenté, les raretés et chefs-d’œuvre d’autres écoles de manquent pas, tel cet Enlèvement d’Europe de Jean-Baptiste Feret (1665-1739).

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Anne-Solène Rolland prend la direction du service des Musées de France

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Anne-Solène Rolland a débuté sa carrière au musée du Quai Branly – Jacques Chirac où elle était responsable des collections textiles et du pôle conservation préventive et restauration, de 2007 à 2010. Elle a ensuite intégré pour un an le Ministère de la Culture en tant que conseillère patrimoines au cabinet du Ministre Frédéric Mittérand. Elle a été secrétaire générale et responsable du pôle patrimonial au Musée national de l’histoire de l’immigration jusqu’en 2013. Elle est alors devenue conseillère du président-directeur pour l’action territoriale au Musée du Louvre, avant de devenir directrice de la recherche et des collections, poste créé par Jean-Luc Martinez. Anne-Solène Rolland a donc pris ses fonctions le lundi 18 février pour un an, occupant un poste qui était resté vacant près d’un an, après le départ de Marie-Christine Labourdette pour la Cité de l’Architecture.

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Danse suspendue au lever du jour par Hiroshi Sugimoto

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En septembre dernier, la Martha Graham Dance Company invitait la danseuse Aurélie Dupont, aujourd’hui directrice artistique de l’Opéra national de Paris, à interpréter pour la première fois de sa carrière Ekstasis, un solo chorégraphié en 1933 par la grande prêtresse de la Modern dance Martha Graham (1894-1991) et réinventé par Virginie Mécène en 2017. Quelques semaines plus tôt, le photographe et artiste plasticien Hiroshi Sugimoto captait cette performance réalisée sur la scène en verre optique de l’Observatoire Enoura de sa fondation d’art à Odawara (Japon). Ouvert au public en octobre 2017, ce complexe artistique s’articule autour de différentes structures, conçues selon les principes du Land Art, qui visent à célébrer l’architecture japonaise, traditionnelle autant que contemporaine. Il abrite notamment une scène de théâtre nô, réalisée en blocs de verre optique sur une structure en bois de cyprès, pleinement intégrée au paysage, et sur laquelle le jeu des acteurs se fait au gré des variations de lumière. Breathing, le court-métrage de 7 minutes réalisé par Sugimoto à l’occasion de la visite d’Aurélie Dupont, magnifie la chorégraphie de la danseuse dont le corps, gainé dans une robe tube en jersey, s’anime, entre ciel et mer, au fur et à mesure que le jour se lève. Captivant, le solo imaginé par Martha Graham met en œuvre une gestuelle du corps fondée sur la respiration, les contractions et le relâchement du pelvis. De la chorégraphie originale, il ne subsiste aucune vidéo mais seulement des photos et des textes à partir desquels la chorégraphe Virginie Mécène est parvenue à réimaginer cette performance envoûtante. Présenté au château de Versailles du 16 septembre 2018 au 17 février 2019, dans le cadre de l’exposition « Surface de Révolution », le film d’Hiroshi Sugimoto sera disponible gratuitement en ligne à partir du 27 février prochain sur le site de la 3e Scène de l’Opéra national de Paris. L’artiste, invité à l’occasion des 350 ans de l’institution, présentera son projet le 14 mars lors d’une conférence au Collège de France. Mais son partenariat avec l’Opéra de Paris ne s’arrête pas là puisqu’il participera aussi, en tant que metteur en scène et scénographe, à la création du ballet At the Hawk’s Well avec le chorégraphe italien Alessio Silvestrin, présenté dans un programme mixte Hiroshi Sugimoto/William Forsythe du 22 septembre au 15 octobre 2019 au Palais Garnier.

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Le couturier et collectionneur Karl Lagerfeld est mort

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Tout le monde connaît la silhouette de Karl Lagerfeld (né en 1933 à Hambourg, si cette date est vraie car il a su entourer sa vie de mystère et répugnait à dire son âge), grande, stricte, mains recouvertes de mitaines et tenant un éventail, visage caché par des lunettes fumées et tête se terminant par une queue-de-cheval cendrée et un catogan. Derrière cette icône de la mode se cache un lecteur passionné et un amateur d’art collectionneur. Dès son enfance, il se plonge dans les livres illustrés, en particulier ceux ornés par le sulfureux Aubrey Bearsley. Il découvre la mode lors d’un défilé de Christian Dior en 1949, en compagnie de sa mère, Elisabeth Lagerfeldt, d’origine prussienne. En 1954, il gagne, dans la catégorie Manteau, le concours organisé par le Secrétariat international de la laine alors qu’Yves Saint Laurent rafle le titre dans la catégorie Robe. Karl Lagerfeld entre chez Balmain, puis Patou au poste de directeur artistique. En 1964, il est directeur de la création chez Chloé et, en 1965, chez Fendi. Laissons ici de côté la rivalité artistique avec Yves Saint Laurent, doublée de l’amour pour le troublant Jacques de Bascher, qui s’affiche d’abord avec Lagerfeld, puis avec Saint Laurent, causant la fin de l’amitié entre les deux créateurs. En 1982, Karl Lagerfeld reprend la maison Chanel pour les Wertheimer et la modernise, collection après collection, inventant des défilés délirants sous la verrière du Grand Palais (dont la maison Chanel finance la restauration). Une année, Lagerfeld imagine un supermarché, une autre, une galerie d’art, où se suivent à pas cadencé ses mannequins vedettes comme Inès de la Fressange ou Claudia Schiffer. Supervisant tous ces événements hyper médiatisés, Lagerfeld vient saluer à la fin des défilés (hormis cette année, au grand dam de ses fans). Karl Lagerfeld est également connu pour son travail photographique et surtout pour ses collections. D’abord il accumule les meubles du groupe Memphis (de 1981 à 1991), puis le XVIIIe (qu’il doit vendre avec son château de Penhoët dans le Morbihan en 2000 pour payer ses dettes au fisc) et l’Art Déco (d’abord les années 1920-30 de Ruhlmann à Dunand, puis les années 1940). Il est également fou de livres et veut avoir les mêmes ouvrages (on parle de 300 000) dans ses appartements parisiens ou new yorkais, parfois en quatre exemplaires. Il a créé sa propre maison d’édition, 7L pour le 7 rue de Lille à Paris, ainsi qu’une galerie. « Connaissance des Arts » a travaillé plusieurs fois avec le couturier, en particulier en décembre 2007 où il était notre rédacteur en chef invité. Il avait posé son regard sur l’actualité du moment (mobilier d’argent au château de Versailles, la Dia:Beacon…) et proposé des articles spécialement pour ce numéro collector (Gerhard Schliepstein, la peinture wagnérienne, les arts décoratifs suédois des années 1920…).

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Frayeurs avec Lydie Arickx au Château Biron

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Avec ses récentes illustrations du Petit Poucet (1698) de Charles Perrault, la plasticienne Lydie Arickx était toute désignée pour se pencher sur le monde des peurs humaines immémoriales symbolisées dans les contes pour enfants. Restauré presque en totalité depuis son acquisition (1978) par le département de la Dordogne, le château et ses cours accueillent près de cinq cent œuvres de l’artiste pour cette mise à nu sensible et impressionnante de notre psyché souterraine.

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Portrait : Karl Lagerfeld de A à Z

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D’Art Déco à Zaha Hadid, en passant par Memphis et Warhol, un portrait inattendu du grand couturier qui aime et a collectionné aussi bien le mobilier XVIIIe que les sculptures de Jean Besnard et les meubles de Jean-Michel Frank.

ART DÉCO

L’Art Déco est l’une des grandes passions de Karl Lagerfeld. Sa connaissance des années 20-30 et son regard exigeant le conduiront vers les créations les plus fortes et les plus singulières de l’époque : Jacques Émile Ruhlmann, Eileen Gray, Jean-Michel Frank, Marcel Coard, Pierre Chareau, Paul Dupré-Lafon, Pierre Legrain, Jean Besnard, Jean Dunand… Il constitue d’abord une première collection dont il se sépare en 1975, puis une deuxième centrée sur les années 40, enfin une troisième constituée de pièces achetées notamment chez les Vallois et Anne-Sophie Duval, vendue chez Sotheby’s en mai 2003. Un véritable événement.

BAGUES

Karl Lagerfeld en possède des centaines et choisit soigneusement chaque matin celles qu’il va porter. Bagues en argent aux accents punk rock, souvenirs, pièces de joaillerie, il en arbore jusqu’à une trentaine à la fois… Loin des conventions, il renoue avec une certaine idée de l’élégance masculine : celle des hommes peints par Dürer ou Holbein au XVe et XVIe siècles portant bagues et colliers.

COLLECTIONS

Un mot-clé lorsque l’on évoque Karl Lagerfeld… Avec la mode pour commencer, et ses collections pour Chanel, Fendi, et Karl Lagerfeld. Mais aussi les livres qu’en lecteur éclairé il ne cesse d’acheter, d’où une bibliothèque pléthorique qu’il estime à trois cent mille ouvrages répartis dans ses différentes maisons. Puis son goût des beaux objets, œuvres d’art, mobilier, arts décoratifs, et les ensembles extraordinaires patiemment constitués, (dispersés souvent quelques années plus tard) et qui témoignent d’un œil aguerri et d’une curiosité de précurseur. Pourtant, jamais Karl Lagerfeld ne se prétend collectionneur, tout juste admet-il faire des collections…

ÉVENTAIL

Longtemps l’éventail a été pour lui une sorte de signature jusqu’à devenir un logotype : éventails innombrables derrière lesquels Karl Lagerfeld imposait une distance courtoise, gestuelle quelque peu anachronique qui clamait son amour du XVIIIe siècle. Les années 2000 auront sonné le glas de cet accessoire. À l’issue d’un régime draconien qui lui vaut une silhouette de jeune homme, Karl Lagerfeld s’invente une nouvelle image : jeans, cols de chemises montants, mitaines et doigts couverts de bagues.

MEMPHIS

En septembre 1981, Karl Lagerfeld prend un grand appartement à Monte-Carlo qu’il meuble intégralement avec les créations des designers du groupe Memphis. Fondé à Milan par Ettore Sottsass en 1980, Memphis auquel contribuent de nombreux designers (Michele de Lucchi, Matteo Thun, Martine Bedin, George Sowden, Michael Graves, Andrea Branzi, Shiro Kuramata…) prône le retour à la couleur, le mélange des matériaux, et s’autorise un humour qui avait déserté la décoration de la fin des années 70. Un parti pris radical, autant qu’un choix avant-gardiste sur lequel Karl Lagerfeld revient lorsqu’il disperse l’ensemble chez Sotheby’s en 1991 :  «  J’ai adoré vivre dans cet appartement entouré de tant de couleurs, de tant de formes nouvelles. Memphis représente aujourd’hui le style des années 80 comme rien ne représente mieux les années 20 que l’Art Déco ».

MENZEL

C’est devant la reproduction d’un tableau d’Adolph von Menzel (1815-1905) représentant Frédéric le Grand entouré d’amis, dont Voltaire, au château de Sans-Souci, que Karl Lagerfeld encore enfant a la « révélation » du XVIIIe siècle. À Noël, ses parents lui offrent la copie de ce tableau qui était en vente chez un antiquaire de Hambourg. Il n’a que sept ans et ce coup de foudre fera de lui un fervent amateur du siècle des Lumières.

PHOTOGRAPHIE

Karl Lagerfeld a commencé la photographie en 1987. Depuis, il s’y consacre avec enthousiasme. Au 7 rue de Lille, à l’arrière de sa librairie, il a aménagé un immense studio où, comme aux quatre coins du monde, il enchaîne les séries de mode pour les plus grands magazines, campagnes de publicité, photographies d’architecture (livres sur Tadao Ando, sur la Villa Malaparte à Capri), portraits, photographies d’objets comme la série réalisée pour « Connaissance des Arts » (Décembre 2007, n°655) autour des porcelaines de Gerhard Schliepstein.

SAINT-SIMON

C’est l’amour de la langue française, celle de Bossuet, du siècle de Louis XIV, de Versailles, qui ont mené Karl Lagerfeld aux Mémoires du Duc de Saint-Simon. Une littérature dont il apprécie l’extraordinaire richesse, se délectant de l’art des formules de l’auteur, qu’il peut citer mot pour mot. Une littérature qui ne prétend pas à l’authenticité historique, mais brosse avec une rare vivacité le portrait d’une époque qui peut se comparer à la nôtre. Une tonalité particulière que Karl Lagerfeld trouve chez d’autres écrivains à l’image de Léautaud  dont les conversations radiophoniques avec le professeur Mallet l’enchantent.

SEPT

C’est son chiffre : celui de son arrondissement parisien de prédilection, mais surtout l’adresse de sa librairie et maison d’édition 7L (livres de photographies, poésie) dont il dirige les collections. L’aboutissement d’une histoire avec les livres, qui commence pendant l’enfance et le conduit fin 1999 à ouvrir une librairie spécialisée dans la photographie, l’architecture, l’art contemporain, le design. Véritable papivore, grand lecteur de poésie (les ouvrages de Paul Celan et Emily Dickinson comptent parmi ses livres de chevet), Karl Lagerfeld est épris de tout ce qui est imprimé et sait en apprécier toutes les qualités. Sa rigueur ne pouvait que rencontrer celle d’un autre amoureux du bel ouvrage, l’éditeur allemand Gerhard Steidl qui publie les clichés de Karl.

SZEKELY

L’un des designers qu’il apprécie et dont il a acquis récemment nombre de pièces pour meubler son appartement parisien. La rigueur, le minimalisme, la pureté et le caractère très graphique des créations de Martin Szekely ne pouvaient que séduire Karl Lagerfeld. Comme par ailleurs, les recherches du designer qui, à côté de matériaux traditionnels, utilise des matières issues des nouvelles technologies. Il aime également les créations visionnaires de Marc Newson ou celles  pleines d’humour des Néerlandais de Droog Design.

WARHOL

Karl/Andy… L’analogie est plus que tentante : même plaisir évident à jouer avec les médias, passion immodérée pour les images, curiosité sans cesse en éveil qui semble avoir conduit l’un comme l’autre à embrasser les domaines de création les plus variés, tendance compulsive à la collection, liberté absolue… Mais la comparaison reste pour le moins aléatoire. Chose évidente, tous deux incarnent parfaitement leur époque et savent la projeter vers l’avenir. Et lorsque Karl Lagerfeld s’associe à l’éditeur Steidl l’un des premiers ouvrages publiés n’est autre que la réédition de la première décennie d’« Interview », le magazine de Warhol.

WEISWEILER

Passionné par la langue et la culture françaises, Karl Lagerfeld s’installe très jeune à Paris. Son goût pour le XVIIIe siècle, principalement français, lui fait acquérir les créations phares de cette période. Peintures, sculptures, pièces d’orfèvrerie, bronzes et porcelaines viennent agrémenter un mobilier datant des époques Louis XV et Louis XVI aux prestigieuses estampilles : de Louis Delanois à Georges Jacob, Jean-François Oeben, David Roentgen, Pierre Bara, Jean-François Leleu, Jean Henri Riesener… Attiré par un style de vie élégant et raffiné, il admire la perfection des grandes demeures de cette époque : celle du Petit Trianon de Versailles de Gabriel ou des hôtels et châteaux construits par Boffrand, mais aussi le palais de Caserte en Italie ou les châteaux de Benrath et Brühl en Allemagne… Un XVIIIe siècle dont il revendique la connaissance intime si bien que, lorsqu’il se sépare de sa collection chez Christie’s en 2000, il déclare : « Même si je me sépare aujourd’hui de ma collection, j’ai l’impression de « posséder » le XVIIIe siècle pour toujours. Mes  habitudes et mon cadre de vie ont changé, mais changer n’est pas renier. Je reste marqué à jamais par l’ambiance et la jeunesse de la France du XVIIIe siècle. Le bon goût voulait alors que l’on se poudrât les cheveux dès la jeunesse, ce qui fait que tout le monde semblait avoir le même âge et que l’on pouvait vieillir sans s’en apercevoir… »

ZAHA

C’est le prénom de l’architecte et designer irakienne Zaha Hadid, auteur du Phaeno Science Center de Wolfsburg en Allemagne (2005) et du Maxxi, le futur centre national d’art contemporain de Rome. Pour Chanel et avec la complicité de Karl, elle vient de dessiner les formes fluides du Mobile Art, un pavillon démontable destiné à des expositions itinérantes d’art contemporain.

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Chez Victor Hugo à Guernesey

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Anne-Frédérique Fer, rédactrice en chef de www.FranceFineArt.com, a rencontré Alexandrine Achille, chargée d’études documentaires à la Maison de Victor Hugo à Paris et co-commissaire de l’exposition « Portrait d’une maison. Chez Victor Hugo, Hauteville House, Guernesey », à découvrir jusqu’au 14 avril 2019.
L’histoire d’Hauteville House, située sur les hauteurs de Saint-Pierre-Port à Guernesey, commence en 1856 quand Victor Hugo (1802-1885), dans son parcours d’exil, l’achète pour y habiter avec sa famille. Il y restera jusqu’en 1870, le temps des quinze années de son exil. Une maison-œuvre que Victor Hugo a entièrement aménagée et décorée avec la puissance de son génie créateur où le moindre élément de mobilier, chargé de symboles, donne accès à sa pensée poétique. Une maison qui sera l’écrin de nombreux romans, comme les Misérables de 1862 ou Les Travailleurs de la mer de 1866, récit hommage au peuple de Guernesey. Une maison qui par sa force créatrice sera également la matière plastique de nombreux artistes. Une maison devenue musée en 1927 où, selon les volontés de Victor Hugo, les enfants de Georges-Victor Hugo, petit-fils de l’écrivain, en feront don à la Ville de Paris.

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Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois,
la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005).
FranceFineArt est constituée de différentes rubriques
qui à l’aide de photographies, d’interviews sonores, de textes et de liens interactifs
rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

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« Les Nouveaux mécènes de Courbet » lancent une souscription pour enrichir la collection du musée d’Ornans

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« Les Nouveaux Mécènes de Courbet » lancent leur première souscription pour rassembler 250 000 € afin d’acquérir un portrait peint de Juliette, sœur préférée de Gustave Courbet. Depuis 1987, l’œuvre appartient à un passionné d’art qui souhaite que ce tableau rejoigne la collection du musée d’Ornans, situé dans la maison natale du peintre. Ce portrait, jusqu’à présent tombé dans l’oubli, provient du château Bontemps à Arbois dans le Jura. Il figurait dans la collection de la famille du peintre céramiste Cartault. Le portrait de Juliette, petit format (40 x 31,2 cm) dédicacé à sa sœur, est le troisième portrait de Juliette enfant réalisé par Courbet. Le peintre s’est notamment inspiré du style d’Ingres, caractérisé par des tons clairs et par une justesse de rendu des matières. C’est une œuvre d’aspect néoclassique, dont l’esthétique rappelle fortement les camées antiques. Ce tableau fut réalisé dix ans avant que Courbet soit célébré par Champfleury comme chef de file du réalisme. Courbet peignait régulièrement les membres de sa famille, non seulement par affection pour eux, mais aussi pour parfaire son art du portrait. Il était particulièrement proche de la cadette, Juliette, qui consacra sa vie à défendre l’œuvre de son frère. Après sa mort, elle s’employa à réhabiliter son œuvre. Elle a fait de nombreuses donations aux musées français, dont six tableaux au Petit Palais, parmi lesquels un portrait d’elle adolescente et le célèbre Enterrement à Ornans à Orsay.

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Hanns Schimansky ou vivre le dessin à la galerie Jeanne Bucher Jaeger

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« Hanns Schimansky, précise Véronique Jaeger, touche, ressent, respire ou, même, écoute le bruissement de sa feuille et le glissement de son crayon, sa plume ou sa craie sur le papier. C’est comme un champ qu’il explore avec douceur et profondeur. » Volontairement maintenu stable, afin que l’œuvre reste accessible, les prix vont de 1500 € à 15 000 €.

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Annabelle Ténèze fête les 20 ans des Abattoirs

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La première salve du vingtième anniversaire des Abattoirs, cette structure très originale associant un musée d’art moderne et le Fonds régional d’art contemporain Occitanie Toulouse, a peut-être commencé avec l’arrivée de l’immense Tête de Goliath de l’Argentin Eduardo T. Basualdo, installée dans le sous-sol du bâtiment néoclassique. Au même moment, la directrice des Abattoirs, Annabelle Ténèze, 39 ans, s’est fait une joie d’exposer cent vinyles de la bibliothèque pour souligner l’interaction art et musique, et les travaux des lauréats du Prix Mezzanine Sud et les carnets de dessins de la Toulousaine Béatrice Cussol pour montrer la création en train de se faire. Et puis, il y a eu aussi la projection du film Les statues meurent aussi, réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, au cœur de la collection Cordier, l’ancien secrétaire de Jean Moulin et marchand de tableaux dont les dons à l’État français ont été déposés ici, celle du film Vision de nuit du Belge David Claerbout et l’installation de la Rampe cycloïde de Raphaël Zarka à l’extérieur. On voit que la directrice, passée par le musée de Rochechouart et le musée national Picasso-Paris, joue sur tous les tableaux, rappelant ainsi que les Abattoirs ont un rôle capital à jouer dans le Sud-Ouest, sur la scène hexagonale et à l’international. Pour 2019, elle annonce un surprenant « Picasso et l’exil, une histoire de l’art espagnol en résistance » (du 15 mars au 25 août) et une rétrospective « Peter Saul. Pop, Funk, Bad Painting and More » (du 20 septembre au 26 janvier). Local, national et international.

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Rembrandt et Vermeer au pays de l’or noir

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Rembrandt van Rijn (1606-1669), Autoportrait au regard plongé dans l’ombre, 1634, huile sur bois New York, collection Leiden © The Leiden Collection, New York

Chef-d’œuvre de la maturité de Vermeer acheté par le Louvre en 1870, La Dentellière de Vermeer retrouve pour la première fois depuis plus de 300 ans une autre petite toile du maître de Delft, la Jeune femme assise au virginal, également peinte vers 1670. Ce petit miracle s’opère au sein de l’exposition organisée au Louvre Abu Dhabi en collaboration avec le musée du Louvre, l’agence France-Muséums et la Collection Leiden. Première manifestation d’une telle ampleur dans la région du Golfe, celle-ci réunit les chefs-d’œuvre de la collection Leiden, consacrée à Rembrandt et ses disciples et aux artistes de Leyde, en dialogue avec des œuvres du Louvre. « Nous sommes en lien depuis 2009 avec le collectionneur Thomas Kaplan [fondateur avec son épouse Daphne Recanati Kaplan de la collection Leiden] et son équipe, explique Blaise Ducos, conservateur en chef des peintures flamandes et hollandaises du musée du Louvre, commissaire de l’exposition avec Lara Yeager-Crasselt, conservatrice de la collection Leiden. À cette époque nous avions tenté, en vain, d’acquérir sur le marché parisien un tableau de Ferdinand Bol, élève de Rembrandt, Eliezer et Rebecca. J’ai cherché à rencontrer son acquéreur. C’était M. Kaplan qui, très gracieusement, a mis en dépôt cette œuvre au musée du Louvre. Il nous l’a finalement donnée. » C’était en 2017, à l’occasion de la première présentation, au Louvre, d’un florilège de la collection Leiden, un des ensembles les plus importants de tableaux néerlandais du XVIIe en mains privées. Thomas Kaplan ayant tissé des liens d’affaires et d’amitié aux Émirats arabes unis, le projet a mûri non pas d’une nouvelle présentation de sa collection, mais d’un projet plus ambitieux confrontant directement celle-ci, pour la première fois, à des œuvres du Louvre. Des estampes de la Bibliothèque nationale, des dessins, des sculptures et objets d’art sont venus étoffer l’ensemble. Une importante maquette de bateau datée de 1648, du type de ceux qui escortaient les vaisseaux de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales, rappelle la primauté des Pays-Bas dans le commerce international de l’époque. Provenant des collections de l’Amirauté à Amsterdam, elle appartient au Rijksmuseum. Cette précieuse maquette est aussi le premier objet présenté par le Louvre Abu Dhabi appartenant à un grand musée international, hors du consortium de ses musées français partenaires.

Jan Lievens (1607-1674), Garçon à la cape et au turban (Portrait du Prince Rupert du Palatinat), vers 1631, huile sur bois, New York, collection Leiden © The Leiden Collection, New York

Petite ville universitaire et prospère centre textile, Leyde (en néerlandais Leiden) est la ville natale de Rembrandt. Il y a travaillé dans sa jeunesse, en même temps que son compère Jan Lievens. L’exposition montre l’attirance des deux jeunes maîtres pour l’exotisme, avec un Autoportrait en costume oriental du premier, coiffé d’un turban à plume (une excellente copie par Isaac de Jouderville), et le lumineux Portrait du prince Rupert du Palatinat du second, gratifié des mêmes accessoires. À l’époque, Lievens est un rival redoutable pour Rembrandt, comme le montre son petit Autoportrait (vers 1629-30), vibrant d’énergie juvénile. Par une heureuse coïncidence, le Louvre Abu Dhabi vient d’acquérir une Tête de jeune homme, les mains jointes. Étude pour la figure du Christ (vers 1648-56) de Rembrandt. Cette étude montre que celui-ci n’entend pas se faire distancer dans l’expression de la vie. Ce visage bouleversant d’humanité, pour lequel aurait posé un membre de la communauté juive d’Amsterdam, est l’invité surprise de l’exposition. Dans la salle consacrée au portrait, la narration se poursuit avec l’insolite Autoportrait au regard plongé dans l’ombre de Rembrandt qui toise, narquois, les visiteurs. C’est ici qu’a trouvé place un autre joyau de la collection Leiden, le minuscule Buste d’un homme barbu du même artiste. Au début du XXe siècle, le grand collectionneur Andrew W. Mellon avait fait réaliser un cadre en forme de boîte de voyage pour cette esquisse virtuose qui le suivait dans tous ses déplacements… Dominant la section de la peinture d’histoire, l’opulente Minerve de Rembrandt voit s’affirmer la manière du peintre. Il prête à la déesse le physique opulent et les longs cheveux blonds d’une de ses robustes compatriotes. L’Ange apparaissant à Élie de Ferdinand Bol et l’admirable Agar et l’ange de Carel Fabritius, brillant élève de Rembrandt qui influença à son tour Vermeer par sa technique onctueuse, inscrivent de même l’Ancien Testament dans une réalité toute néerlandaise.
Leyde est aussi la ville des « peintres fins » dont Gérard (Gerrit) Dou, élève de Rembrandt, est le chef de file. Triviales par le sujet, les scènes de la vie quotidienne de cet artiste sont brossées avec une préciosité de miniaturiste. Autres maîtres du genre, Frans van Mieris, Caspar Netscher, Gabriel Metsu détaillent avec volupté robes de soie et cols d’hermine. C’est au milieu de ces élégances bourgeoises que notre modeste et sublime Dentellière s’affaire à ses fuseaux, voisinant avec la Jeune Femme assise au virginal. Les fils rouges et blancs qui sortent du coussin à couture de la première ornent la chevelure de la seconde. Dans La Dentellière, Vermeer laisse deviner son pinceau onctueux qui empâte et sème sur le col de la femme et sur son ouvrage de véritables perles de lumière. La Jeune femme assise au virginal traduit une technique plus lisse. Mais les deux tableaux ont des affinités plus secrètes. Tous deux sont peints sur une toile découpée dans le même lé, comme l’a montré un examen au rayon X…

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Idée Lecture : La double vie de Paul Signac

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Écrit par Charlotte Hellman, arrière-petite-fille de l’artiste, fille de Françoise Cachin (ancienne directrice des Musées de France) et responsable des Archives Signac, l’ouvrage brosse un beau portrait de l’intellectuel engagé que fut Signac. Il nous rappelle son engagement dans la défense des artistes, notamment par la création du Salon des Indépendants, ses prises de position en faveur de Zola et Dreyfus, son militantisme pacifique et ses tentations communismes. Il nous plonge dans le contexte des avant-gardes artistiques de l’époque, nous faisant croiser Van Gogh, que Signac était allé voir à Arles après l’épisode de l’oreille coupée, mais aussi ses amis Henri-Edmond Cross, Pierre Bonnard ou Félix Fénéon. Mais il écorne le mythe du grand homme en décrivant les mille acrobaties qui lui permirent de mener une double vie pendant vingt-trois ans. Tombé fou amoureux d’une jeune femme peintre, Jeanne Selmersheim-Desgrange, qui abandonna mari et enfants pour lui, Signac quitta son épouse Berthe pour vivre avec sa maîtresse et la fille qu’ils eurent ensemble, Ginette. Il ne divorça pas de Berthe mais entretenait avec elle une relation épistolaire quotidienne, qui devait être à la fois une torture et une nécessité pour elle. Dans ses lettres, Signac essayait de la mêler à l’éducation de la petite Ginette, présentant la fillette comme leur enfant… Il y réussit tant et si bien qu’elle accepta, sur le tard, qu’ils adoptent officiellement Ginette, qui put ainsi être la légataire universelle de son père. À la mort du peintre en 1935, la veuve officielle, Berthe, et la veuve officieuse, Jeanne, se réconcilièrent, formant avec « leur » fille Ginette un étonnant trio. Un « secret de famille » qui s’éclaire d’un jour nouveau, grâce à l’étude de nombreuses lettres et de photographies.

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La Grande Galerie de Radio Classique : Bicentenaire de Courbet dans le Doubs (2/2)

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Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les samedis à 19h dans l’émission « La Grande Galerie » et le vendredi à 13h00, le samedi à 09h56 et 14h57 pour ses « Chronique Sorties ».

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Nouveau talent : Marina Tabassum, penser local

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Le centre d’architecture Arc en rêve expose pour la première fois en France une scène architecturale contemporaine d’une extraordinaire vivacité : celle du Bangladesh. Parmi ces architectes confirmés ou émergents, engagés dans des solutions innovantes face aux bouleversements climatiques et à l’explosion démographique de ce pays du sous-continent indien, figure Marina Tabassum. Lauréate du prix Ananya Shirshwa Dash en 2005, qui récompense les femmes du Bangladesh pour leurs réalisations exceptionnelles, elle est l’une des rares femmes à pratiquer l’architecture en son nom dans la capitale, Dacca. Dans un pays où l’islam est religion d’État, elle a dessiné une mosquée en briques sans dôme ni minaret, Baitur Rauf Jame à Dacca, qui lui a valu le prestigieux prix Aga Khan pour son extraordinaire utilisation de la lumière naturelle et sa « robuste simplicité ». « Au départ, la mosquée n’était qu’une simple pièce où les gens se retrouvaient pour prier. Le dôme, par exemple, n’a été introduit que pour des raisons techniques afin de couvrir le plus large espace possible. Ce n’est qu’avec le temps que ces attributs sont devenus les symboles de l’architecture sacrée », soutient-elle. Avant d’ajouter : « La lumière est pour moi un beau matériau à travailler. Il peut rendre un espace spirituel et contemplatif ». Auteure de nombreux bâtiments artisanaux et sophistiqués fondés sur les structures vernaculaires du Bangladesh, elle a conçu en 2010 le complexe hôtelier écologique Panigram à Jessore à partir de terre cuite et de bambou, et travaille actuellement à la construction de maisons pour deux mille dollars en collaboration avec le groupe d’architectes POCAA. « La modernité est partout, mais il est important de comprendre où l’on est. De prendre en compte le climat, les gens, la culture, l’histoire », ajoute-t-elle. Myriam Boutoulle

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