Actualité artistique

La Fondation Beyeler à Bâle, un lieu enchanteur

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Véritable havre de paix où l’art, l’architecture et la nature ne font qu’un, la fondation Beyeler est un endroit magique, propice au silence et à la contemplation. Éclairé de larges baies vitrées, le bâtiment contemporain dessiné par l’Italien Renzo Piano offre des volumes épurés, ouvrant sur un parc à l’anglaise qui semble être le prolongement naturel des salles d’exposition (les Nymphéas de Monet, face au bassin où fleurissent les nénuphars).
Inaugurée en 1997 à Riehen, près de Bâle, la fondation a été créée à l’initiative du marchand Ernst Beyeler qui, en 1952, transforma sa petite boutique de livres anciens et d’antiquités en galerie d’art. C’est à partir de cette date qu’il commence sa propre collection, au côté de son épouse Hildy. Ensemble, ils réuniront plusieurs centaines de peintures et de sculptures signées Edgar Degas, Pierre Bonnard, Vincent Van Gogh, Claude Monet, Pablo Picasso, Francis Bacon, Louise Bourgeois, Jean Dubuffet, Paul Klee, Fernand Léger, Piet Mondrian, Wassily Kandinsky, Paul Cézanne, Alexander Calder, Mark Rothko, Anselm Kiefer…
Reflet d’une personnalité, d’un goût, d’une sensibilité, cette collection éblouit par sa cohérence et la qualité de chacune des pièces qui la composent. Le musée le plus visité de Suisse – six millions de visiteurs accueillis depuis son ouverture -, doit également sa renommée à ses expositions temporaires d’envergure internationale. Face à cet éclatant succès, la fondation Beyeler a dévoilé en 2017 un ambitieux projet d’extension, confié à l’architecte suisse Peter Zumthor.

Claude Monet, Le bassin aux nymphéas (triptyque), vers 1917–1920, huile sur toile, chaque panneau : 200,5 x 301 cm © Fondation Beyeler

Fondation Beyeler
Baselstrasse 101, 4125 Riehen/Bâle
+41 61 645 97 00

À voir en 2018 :

« Georg Baselitz », du 21 janvier au 29 avril
« Bacon – Giacometti », du 29 avril au 2 septembre
« Ernesto Neto » à la Gare centrale de Zurich, du 30 juin au 27 juillet
« Balthus », du 2 septembre 2018 au 13 janvier 2019

Découvrir les AMOS : suisse.com/artmuseums

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Blondel, le magicien à l’Arsenal de Metz

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« Il crut rendre un grand service à ses concitoyens en leur communiquant ses vues et en formant des architectes à sa patrie [et] fit toujours marcher de front la partie technique de son art [avec] la partie philosophique. » Ainsi l’abbé de Fontenay évoquait-il, en 1776, la figure de Jacques-François Blondel. Homme de cabinet, Blondel signa néanmoins à Metz l’un des plus prestigieux ensembles d’architecture publique française qu’Aurélien Davrius, commissaire de l’actuelle exposition messine, remit magistralement en lumière dans un ouvrage publié en 2011. Face à la postérité, Jacques-François Blondel souffrit d’un patronyme porteur de confusion. Sans lien de parenté prouvé, l’architecte-théoricien Nicolas-François Blondel (1618-1686) le précéda dans la gloire. Son oncle, Jean-François Blondel (1683-1756), d’origine rouennaise, fut également un architecte réputé et membre de l’Académie royale d’architecture. En l’absence de certitudes sur ses années de formation à Paris, on suppose que Jacques-François bénéficia des relations et enseignements de son oncle, par ailleurs graveur de talent. C’est dans le domaine de la gravure que le jeune Jacques-François assit sa réputation. Son ouvrage en deux volumes (1737 et 1738) de texte et de planches, intitulé De la distribution des maisons de plaisance et de la décoration des édifices en général, le propulsa au premier plan.

À cette époque, Blondel avait commencé à enseigner l’architecture chez lui, puis, rue de la Harpe à Paris, au sein d’une école que l’Académie finirait par agréer en 1743 avant de le nommer, en 1762, professeur à l’Académie installée au Louvre. Maints architectes de renom français et étrangers suivirent les cours de Blondel, bien qu’un ancien Prix de Rome, Jean-Laurent Legeay, dirigeât un atelier plus ouvert aux sirènes de la nouveauté. Avec constance, Blondel développa ses idées dans divers écrits, des articles de l’Encyclopédie ou des cours, publiés entre 1771 et 1777. Chantre d’une architecture classique plaçant les œuvres du XVIIe siècle de François Mansart et de Jules Hardouin-Mansart au pinacle artistique, Blondel estimait que l’architecture était régie par le respect de convenances inhérentes à une société monarchique hiérarchisée, ainsi que par le respect des conditions naturelles. Parmi celles-ci figuraient la taille humaine, la solidité et l’intelligence des matériaux, ainsi que la recherche de justes proportions liées à l’emploi des ordres antiques. En conséquence, « le  véritable architecte » devait être « impartial » et « régler son génie pour créer les genres et assigner un caractère propre à l’édifice ». Devenu, au fil des ans, le porte-parole d’un classicisme français porté à sa plus haute expression dogmatique, Blondel eut l’occasion, à Metz, de passer de la théorie à la pratique.

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noA/EM2N/Sergison Bates, lauréat du concours d’architecture pour le projet Kanal-Centre Pompidou Brussels

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En décembre dernier, le Centre Pompidou, la région Bruxelles-Capitale et la Fondation Kanal signaient une convention de partenariat pour la création d’un nouveau lieu culturel et artistique dans la capitale belge. Baptisé KANAL-Centre Pompidou, ce nouveau pôle, qui verra le jour en 2022, réunira un musée d’art moderne et contemporain, un centre d’architecture et des espaces publics dédiés à la culture, à l’éducation et aux loisirs. Le site retenu pour son implantation est celui de l’ancienne usine automobile Citroën de la place de l’Yser à Bruxelles, gigantesque palais de verre sorti de terre dans les années 1930. Conçu pour accueillir les ateliers de fabrication ainsi qu’un showroom ouvert sur la ville, le bâtiment met en œuvre les grands principes de l’architecture moderne que sont l’ouverture, la transparence, la flexibilité et l’horizontalité. Il se distingue notamment par la façade-rideau arrondie de son showroom, s’élevant à 21 m de haut, et le rôle dévolu à la lumière du jour dans ses espaces intérieurs.
Racheté en 2015 par la Société d’aménagement urbain (SAU) de la Région de Bruxelles-Capitale, le garage Citroën Yser, qui a connu différents réaménagements et extensions au cours de son histoire, doit à présent faire l’objet d’un vaste chantier de restructuration et de rénovation s’il veut répondre aux besoins du projet Kanal-Centre Pompidou. En avril 2017, la SAU lançait donc un concours international d’architecture dont les lauréats ont été dévoilés la semaine dernière.
Parmi les sept projets finalistes, un jury international, présidé par l’architecte suisse Roger Diener, a retenu celui de l’association temporaire des bureaux d’architectes noAarchitecten (Bruxelles), EM2N (Zurich) et Sergison Bates architects (Londres). Baptisé « Une Scène pour Bruxelles », leur projet se distingue en effet par la qualité de la valorisation des éléments iconiques du bâtiment, la mise en œuvre raisonnée de technologies durables et sa pleine intégration dans le contexte urbain. Conçu comme un lieu d’échange « accueillant, vivant et dynamique, invitant tous les habitants de Bruxelles à se l’approprier », le pôle Kanal se déploiera sur 35 000 m², traversés par une véritable rue transversale qui desservira les différents espaces. Restructuré, le showroom accueillera des installations, des performances et des concerts ainsi qu’un restaurant, installé au dernier étage. Le musée, réparti sur quatre niveaux, le centre d’architecture ainsi qu’un auditorium seront intégrés sous les verrières du hall des anciens ateliers.
Après une année de préfiguration, au cours de laquelle le bâtiment accueillera différentes expositions d’artistes implantés à Bruxelles, les travaux de restructuration, dont le coût global est estimé à 125 millions d’euros, débuteront à l’automne 2019.

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Marie Cozette prend la tête du Crac Occitanie

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Historienne d’art, diplômée de l’École du Louvre et d’un DESS « Direction de projet culturel », Marie Cozette a été choisie par Carole Delga, présidente de la région Occitanie/Pyrénées-Méditérranée, pour succéder à Noëlle Tissier, fondatrice et directrice du Crac depuis 1997. Après avoir co-fondé et co-dirigé deux lieux d’expositions indépendants à Paris (The Store et Bétonsalon), elle prenait, en 2005, la direction artistique de la Box, galerie de l’école nationale supérieure d’art de Bourges. Depuis onze ans, elle dirigeait le centre d’art contemporain la Synagogue de Delme, au sein duquel elle a organisé une trentaine d’expositions avec plus de cent artistes français et internationaux, tels que Jean-Luc Moulène, Hippolyte Hentgen ou Éric Baudelaire, ainsi que de nombreuses résidences et événements variés (performances, rencontres, concerts, etc.). Marie Cozette a également su développer des coproductions internationales avec Milan, Bruxelles, Londres ou Los Angeles, tout en développant l’ancrage local et régional de la Synagogue au fil de partenariats avec le Centre Pompidou Metz ou le FRAC Lorraine. De 2014 à 2015, elle occupait en parallèle le poste de présidente de l’Association de développement des centres d’art et enseignait l’histoire des expositions à l’École supérieure d’art de Lorraine-Metz, en parallèle de ses interventions régulières dans les écoles d’art de Metz, d’Épinal et de Nancy. Elle a également participé à de nombreux jurys, notamment celui du pavillon français lors de la Biennale de Venise en 2015. Forte de ses années d’expérience et de son expertise, Marie Cozette prendra ses fonctions à la tête du Crac Occitanie/Pyrénées-Méditérannée le 1er août 2018.

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Métiers d’art au féminin

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Le 7 février dernier, la ministre de la Culture Françoise Nyssen a présenté ses propositions au comité ministériel pour l’égalité entre les hommes et les femmes dans la culture et la communication insistant sur le fait que « Le secteur culturel a un devoir d’exemplarité en matière d’égalité femmes-hommes ». Qu’en est-il aujourd’hui dans la très grande famille des métiers d’art ? Les stéréotypes ont-ils ici aussi la vie dure ? Et quand il s’agit de se mettre à son compte, de faire reconnaître son travail par ses pairs, les inégalités perdurent-elles ?
C’est l’objet de l’étude menée par Anne Jourdain, agrégée de Sciences économiques et sociales et maître de conférences en Sociologie à l’Université Paris Dauphine, paru dans la revue Emploi et Travail daté d’avril-juin 2017 et réalisée sur un échantillon paritaire. On y apprend que la part des femmes artisan d’art est ainsi passée de 23 % à 39 % entre 1990 et 2009 et que les artisanes d’art sont plus jeunes que leurs homologues masculins (49 ans pour les unes, 52 pour les autres). Les femmes se pensent plutôt comme des créatrices quand les hommes, eux, se voient comme les héritiers d’une tradition, familiale souvent. La répartition des typologies de métier par sexe est assez conforme à ce qu’on imagine : la mode et la décoration pour elles (même s’il faut rappeler que ces deux domaines ont aussi longtemps été l’apanage des hommes), le bois, la pierre et le métal pour eux. La constante : 63 % des artisans d’art, hommes ou femmes, sont des reconvertis et ont abandonné un poste haut placé et rémunérateur pour l’incertitude de l’entrepreneuriat. Mais chez les femmes, pour beaucoup, cette reconversion va de pair avec le fait de concilier activité professionnelle et travail domestique. Donnée tout à fait absente chez ces messieurs. Double punition : les hommes conçoivent leur activité comme issue de la tradition, du patrimoine, de longues années d’apprentissage… et voient les femmes nouvellement reconverties comme des amatrices qui déprécieraient leurs métiers. Et l’auteur de l’étude de conclure « La féminisation d’un secteur d’activité n’empêche pas que s’y rejouent des formes de domination masculine ». Encore un long chemin à parcourir.

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L’oeuvre du mois : « Entrée-sortie » de Judit Reigl

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Judit Reigl est l’une des onze femmes artistes dont les œuvres sont exposées à la galerie Pierre-Alain Challier à l’occasion de la sortie du livre Les Pionnières. « Ce sont onze artistes, onze femmes hors du commun, qui sont nées entre 1920 et 1930 », précise le galeriste. Pourquoi les qualifier de « pionnières » ? Ce sont toutes des novatrices, défricheuses d’un art abstrait en devenir. Mais surtout, « elles étaient des créatrices de sexe féminin, à une époque où on ne laissait pas la parole aux femmes ». Très vite reconnues, elles sont tombées dans l’oubli entre 1950 et la fin des années 1970. Un long silence pendant lequel elles ont continué à travailler. Aujourd’hui, elles sont à nouveau à l’honneur. Judit Reigl (« Connaissance des Arts » n°688), dont certaines œuvres sont désormais dans les collections du Centre Pompidou, est l’auteur de cette Entrée-sortie (vers 1987). Un titre simple en apparence, mais que l’on ne peut s’empêcher de relier à la vie de l’artiste. Après huit tentatives, cette Hongroise réussit à quitter son pays, le 10 mars 1950. Première sortie. Puis elle fut arrêtée en Autriche, emprisonnée, et arriva à nouveau à s’enfuir. Autre sortie. Enfin la voilà à Paris, le 25 juin 1950, en passant par Munich, Cologne, voyageant le plus souvent à pied : c’est l’entrée. Son œuvre abstraite raconte son voyage. D’abord le « Déroulement », puis « L’Art de la Fugue » en écoutant Bach ou Mozart, une fugue musicale symbolique qui peut être assimilée à la fuite de Hongrie. Car dans ce tableau, elle indique l’ouverture, la porte. Celle de la sortie. Elle travailla dur sur cette thématique, « massacrant de grandes toiles, travaillant jusqu’à la nuit pendant de longs mois », car elle devait « en sortir, question de vie ou de mort ». Après seulement, la figure humaine est apparue sur ses toiles, comme une re-naissance.

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Le musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon lance une campagne de financement participatif

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Dans la tourmente de l’éventuelle fermeture du musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon, la pétition lancée par le collectionneur et spécialiste de tissus Daniel Fruman avait récupéré 135 000 signatures, ainsi que l’adhésion de plusieurs personnalités, telles que Stéphane Bern ou encore Bernard Pivot. Abritant la deuxième plus grande collection d’arts décoratifs de France et fort de ses quelque deux millions et demi d’œuvres, le musée ne pouvait décidément pas fermer. En octobre dernier, après de longues négociations, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon, propriétaire des lieux, s’est engagée à céder les deux hôtels particuliers abritant le musée des Tissus et le musée des Arts décoratifs, pour la somme symbolique d’un euro, à la région Auvergne Rhône-Alpes. En échange, cette dernière prend en charge une grande partie des travaux de rénovation, avec l’aide de l’État. Outre la restauration de ces deux bâtiments, les travaux, dont le coût total s’élève à 32 millions d’euros, concerneront également la modernisation et l’extension des espaces du musée. À l’heure actuelle, le chantier est financé à hauteur de 17 millions d’euros par la collectivité et de 5 millions par l’État, une somme qui représente la moitié du budget total et qui sera allouée aux travaux sur le bâti.
C’est pourquoi le musée des Tissus et des Arts décoratifs a lancé, vendredi dernier, un appel aux dons pour financer la modernisation de ses installations, une opération qui doit permettre une meilleure compréhension des collections et de l’histoire des tissus. Le projet est de faire du musée un musée du XXIe siècle, connecté et accessible au grand public, capable d’atteindre une fréquentation de 100 000 visiteurs par an, contre 60 000 aujourd’hui. Pour cela, l’institution prévoit d’investir dans divers dispositifs interactifs : des visites en réalité augmentée, des tables connectées et des bornes présentant un parcours sensoriel personnalisable. Des films pédagogiques racontant l’histoire du textile seront également mis à la disposition du public. Ils permettront notamment de découvrir l’important fonds graphique du musée, dont la campagne de numérisation doit encore être menée, ainsi que certaines opérations de restauration menées sur des œuvres jamais exposées.
Pendant quarante-cinq jours, du 23 mars au 6 mai, particuliers et professionnels sont invités à participer à ce grand projet pour essayer d’atteindre les 450 000 € nécessaires à sa mise en œuvre. Rappelons que les dons supérieurs à 30 € sont défiscalisables à hauteur de 66 % de la somme pour les particuliers et de 60 % pour les professionnels. En échange, les généreux donateurs bénéficieront de visites guidées du musée, d’invitations à la soirée des contributeurs et de divers autres cadeaux. Ils pourront également participer à un tirage au sort pour tenter de gagner un déjeuner avec Stéphane Bern.
Ce type de campagne d’appel aux dons ouvre de nouvelles sources de financements aux institutions muséales, qui peinent souvent à obtenir des aides de l’État, tout en conférant un nouveau rôle au public. En effet, en s’investissant dans les travaux et dans le financement du musée, les mécènes et futurs visiteurs prennent part au projet muséal et participent activement à l’histoire du musée. Le recours de plus en plus fréquent au financement participatif témoigne d’une certaine évolution de la politique culturelle et du rapport du public à la vie des musées et la mise en valeur de leurs collections.

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Inauguration de l’exposition de Bady Dalloul, lauréat de la 3e édition du Prix des Amis de l’IMA

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Créé il y a trois ans, le Prix des amis de l’IMA pour la création contemporaine soutient chaque année un artiste de moins de 40 ans, issu du monde arabe, dont le travail n’a jamais fait l’objet d’une exposition monographique. En octobre dernier, le jury de la 3e édition du Prix, présidé par Leila Shadid, présidente de la Société des amis de l’IMA, et Pierre Leroy, co-gérant de Lagardère SCA, a récompensé l’artiste franco-syrien Bady Dalloul.
Né à Paris en 1986, Bady Dalloul est diplômé de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 2015. Les collages de toutes sortes (vidéo, dessin, cartes…) sont sa marque de fabrique et, à partir d’eux, il crée de nouveaux espaces topographiques, critiques, poétiques, voire autobiographiques. L’artiste cherche constamment à fabriquer des récits chargés d’une dimension politique, sociologique ou historique pour faire dialoguer le rêve avec la réalité, tout en réécrivant l’Histoire.
La bourse de 5 000 € perçue dans le cadre du Prix a permis à Bady Dalloul de réaliser son projet artistique The Arabian Canal Document. Cette installation, composée de photographies d’archives, de cartes topographiques, de dessins et de vidéos, est présentée à l’IMA jusqu’au 5 août dans le cadre de l’exposition « L’épopée du Canal de Suez » qui vient d’ouvrir ses portes. Cette œuvre poétique, qui détourne le réel pour créer une autre réalité, met en scène des hommes en uniforme engagés dans la construction, en plein désert, d’un canal parallèle au canal de Suez. The Arabian Canal Document invite ainsi à « une réflexion autour de l’écriture de l’histoire, de la destination et de l’utilisation des archives. Manipulées, ré-imaginées pour incarner de nouvelles données, ces preuves historiques sèment alors le doute ».

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Modernités de l’Est : trois expositions parisiennes

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Lorsque František Kupka (1871-1957) s’installe à Paris en 1896, la capitale reste le passage obligé sur le chemin de la reconnaissance artistique. Dans ces dernières années du XIXe siècle, impressionnistes et postimpressionnistes, symbolistes et académiques se partagent les faveurs du public, tandis que l’Art Nouveau commence à irriguer l’architecture, les arts appliqués, l’affiche… À son tour, Kupka accomplira toutes ces stations, avant de défricher les territoires vierges de l’abstraction. En attendant de s’affirmer dans le champ de la peinture, l’artiste tchèque gagne sa vie en fournissant des dessins satiriques à divers journaux, comme « L’Assiette au beurre », ou en exerçant ses talents de médium spiritiste !
Progressivement, il se rapproche des avant-gardes, notamment du fauvisme. La couleur prend alors dans ses œuvres un tour violemment expressif et devient l’unique objet de son souci, fièrement assumé jusque dans des titres comme La Gamme jaune ou Grand Nu, plans par couleurs« Kandinsky est meilleur coloriste, mais n’égale jamais la sensualité de Kupka, notait Lumila Vachtova, dans le catalogue de la rétrospective parisienne de 1989. Le Tchèque, qui savoure les aspects tactiles de la peinture, est le seul à réussir à exprimer pleinement les qualités corporelles même dans ses tableaux non-figuratifs, peignant des abstractions faites de chair et de sang. »
Des qualités qui éclatent dans Amorpha, fugue avec deux couleurs et Amorpha, chromatique chaude, exposées au Salon d’automne de 1912. Pour la première fois, des œuvres abstraites sont présentées au public. Et si d’autres artistes comme Robert Delaunay (avec le tanleau Les Fenêtres simultanées sur la ville) ou Vassily Kandinsky (Avec l’arc noir) sont alors sur la voie de l’abstraction, Kupka est le premier à toucher au but. Malheureusement, l’antériorité de ce coup de force visionnaire n’a pas suffi à lui assurer la place éminente qui lui revient de droit. En se plaçant en marge de tout groupe ou de tout mouvement, sans doute s’est-il privé des relais nécessaires à asseoir sa légitimité. De plus, Paris commence à perdre à partir de la Guerre sa position dominante, qu’elle ne reconquerra que pendant les années 1930. […]

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