Actualité artistique

Les femmes artistes et le surréalisme au musée Picasso de Malaga

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Un cri, un hommage à toutes ces femmes qui, de leur vivant, ne firent partie d’aucun groupe, surtout pas du surréalisme sur lequel veillait jalousement son concepteur André Breton, très machiste malgré les apparences. La  génération de femmes qui fréquentèrent, de près ou de loin, ce mouvement, ne sera reconnue par les historiens de l’art que bien plus tard. Et comme par hasard, les artistes femmes exposées ici, Eilen Agar, Claude Cahun, Leonora Carrington, Germaine Dulac, Leonor Fini, Valentine Hugo, Frida Khalo ( qui niait haut et fort être surréaliste !), Dora Maar, Maruja Mallo, Lee Miller, Nadja, Meret Oppenheim, Kay Sage, Angeles Santos, Dorothea Tanning, Toyen, Remedios Varo et Unica Zürn, toutes n’auront de cesse de mettre en avant la représentation du corps féminin avec une violence, une liberté et une originalité qui montrent comment chacune à sa façon revendiquait l’intense douleur nécessaire à l’affirmation de leur indépendance. Toutes firent preuve d’une sensibilité novatrice en opposition à la société patriarcale de leur temps. La centaine d’œuvres réunies dans l’exposition, parfois très disparates, entre peinture, dessin, sculpture, collage, photographie et film, prouve qu’il aura fallu plus d’un siècle pour que soit enfin reconnue l’immense valeur de ce travail pleinement « surréaliste » et à l’importance internationale.

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Hommage au romancier Maurice Genevoix au Mémorial de Verdun

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Né dans la Nièvre en 1890, Maurice Genevoix est mobilisé en 1914 pour rejoindre le front comme officier d’infanterie. Après avoir été grièvement blessé lors des combats à Rupt-en-Woëvre près de la colline des Éparges en avril 1915, il relate l’épreuve terrible que fut la guerre des tranchés dans cinq volumes écrits entre 1916 et 1923, tous parus chez Flammarion puis rassemblés, en 1949, sous le titre Ceux de 14. Maurice Genevoix a consacré sa vie à la mémoire des combattants de la Grande Guerre afin que leur sacrifice soit expliqué aux générations futures.
Avec l’appui du Comité national du Souvenir de Verdun, il crée, en 1967, le Mémorial de Verdun. À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’inauguration du mémorial, des extraits de Ceux de 14 sont accompagnés des photographies de Fabrice Dekoninck et Sylvain Demange réalisées dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale. Durant cinq ans, les deux hommes ont parcouru le site des Éparges, lieu où ont combattu plus de vingt mille Français et Allemands de février à avril 2015. Leur travail photographique, intitulé « Comme on Peut », a permis de recueillir les empreintes laissées par les combats à la fois dans le paysage et dans la mémoire des habitants. L’exposition « Des Épargnes au Mémorial de Verdun » présente les différentes facettes de l’œuvre de Maurice Genevoix et crée un dialogue entre l’écrit et l’image pour mieux faire revivre les horreurs des combats.

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Irving Penn, l’art de l’épure

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Jeune, Irving Penn voulait devenir peintre et dessinateur. Walker Evans, lui, voulait être écrivain et Eugène Atget acteur de théâtre. Ces deux grands photographes du vernaculaire ont été la source principale d’inspiration de celui qui est considéré comme l’un des plus grands photographes de mode du XXe siècle, auteur de sublimes natures mortes et immense portraitiste, qui a su capter, avec la même finesse, l’âme des célébrités et celle des gens du peuple.

Né en 1917 à Plainfield (New Jersey), d’une famille juive russe émigrée, Irving Penn fait ses études à l’école des Beaux-Arts de Philadelphie. Il a pour professeur le grand et redouté Alexey Brodovitch, directeur artistique de « Harper’s Bazaar », la revue qui révolutionne le design graphique en l’imbibant du modernisme et du surréalisme. Il sera son premier mentor. Le second est Alexander Liberman, directeur artistique de « Vogue ». Il engage le jeune homme comme graphiste en 1943 pour concevoir les couvertures et l’encourage à faire ses propres photographies. À 26 ans, Irving Penn débute une collaboration qui durera une soixantaine d’années, fuyant dès qu’il le peut les frivolités du monde de la mode pour se consacrer à une œuvre plus personnelle. D’emblée, il met au point une grammaire visuelle au service de son art : des compositions simplifiées à l’extrême, des lignes bien dessinées supprimant tout détail superflu. Dans une « petite pièce » avec pour décor une simple toile grise, il invente sa lumière, douce et diffuse, grâce à une rangée d’ampoules au tungstène. Il n’aura de cesse, à partir de 1967, d’expérimenter les processus d’impression, qu’il maîtrisera à la perfection, dont le platine/palladium, technique du XIXe siècle qui offre des tonalités profondes et subtiles.

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Splendeurs du verre médiéval au musée de Cluny à Paris

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Il est d’abord un produit de luxe, que l’on trouve sur les tables de prestigieuses demeures privées, mais aussi, plus curieusement, dans les tavernes. Les artisans travaillent pour les apothicaires et les médecins (l’urinal de verre), pour la distillerie (les alambics) ou l’optique (les premières lunettes datant de la fin du XIIIe siècle, constituées de deux lentilles convexes fixées sur un pince-nez). Grâce à d’importants prêts des musées de Lille, de Metz, de Strasbourg, d’Avignon, d’Angers, de Bruxelles, de Stockholm ou de Tarquinia, cette exposition réunit cent cinquante œuvres, réalisées entre le XIIe siècle, époque des premiers verres « fougère » produits à partir de cendres végétales, et l’aube de la Renaissance. Avec, parmi les raretés, l’unique exemplaire conservé de miroir parabolique, dit « à bosse », prêté par le musée de Vevey. Mis en scène dans le frigidarium des anciens thermes de Cluny, les objets sont accompagnés d’enluminures, de peintures et de gravures, qui permettent de les replacer dans le contexte de leur création et de leur utilisation au Moyen Âge.

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Culture soir : « Picasso 1932, année érotique » au musée Picasso à Paris

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Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les lundis à 19h45 dans l’émission de Patrick Poivre d’Arvor, les vendredis à 19h dans l’émission « La Grande Galerie », le vendredi à la fin du flash-info de 13h et le samedi à la fin des flash-info de 13h et 19h pour ses « Idées de Sortie ».

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Nouveau talent : Clément Cogitore, scénariser le réel

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Sa jeune carrière est déjà couronnée de nombreux prix, parmi les plus prestigieux. « Mais il y a aussi tous ceux que je n’ai pas eus ! », précise avec modestie Clément Cogitore. Depuis Chroniques, son premier court-métrage en 2006, l’artiste a tracé son chemin, entre photographie, vidéo, film et installation. Avec pour préoccupation première de « raconter des histoires, de scénariser le réel, en mélangeant le documentaire et la fiction ». Il présente cet automne à Paris ce qui est, à ce jour, son projet le plus ambitieux. En 2012, Clément Cogitore est parti de Rome (où il était pensionnaire de la Villa Médicis) pour rejoindre, après des jours de voyage en bateau, en avion et en hélicoptère, le petit village de Braguino, dans les forêts glaciales de Sibérie. Sur place, il est allé à la rencontre de deux familles de croyants orthodoxes qui vivaient là en autarcie, dans des conditions extrêmes. De ce premier voyage, Clément Cogitore rapportera un ensemble de photographies, qui lui vaudront de recevoir le prix Le Bal de la Jeune création avec l’ADAGP.
Doté de 20 000 €, celui-ci a pour objectif d’aider un(e) photographe et/ou vidéaste de moins de 40 ans à poursuivre un travail déjà amorcé. « J’ai pu retourner à Braguino en septembre 2016, accompagné d’une petite équipe, pour prendre de nouvelles photos et, cette fois-ci, filmer cette communauté impossible, au bord du monde », raconte le jeune homme. En résultent les images sombres et désenchantées d’une réalité qui prend les allures d’un conte cruel. Déployée sur les deux cents mètres carrés du Bal, l’exposition pensée comme une installation (le dispositif associe photographies en caissons lumineux et projections vidéos) se prolonge par la sortie au cinéma, le 1er novembre, d’un long-métrage qui sera diffusé sur Arte le 20 novembre.

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La Seine Musicale s’offre un nouveau rideau de scène signé Nicolas Buffe

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Encadrant la grande salle de la Seine Musicale, le rideau de scène, conçu par Nicolas Buffe, mesure plus de 28 mètres de large et met à l’honneur le mythe d’Orphée. Héros de la mythologie grecque et fils de Calliope, muse de la Poésie épique et de l’Éloquence, Orphée est un poète et musicien capable de charmer les animaux sauvages et d’émouvoir les êtres inanimés. Nicolas Buffe a choisi de le représenter en rock star chantant un poème aux côtés des neuf muses et de divers animaux et sirènes. Des planètes gravitent autour du héros et chacune d’elle est associée à un type de son ou de musique ainsi qu’à une muse jouant d’un instrument. Parmi les animaux représentés, on distingue Cerbère qui évoque l’épisode où Orphée descend aux enfers pour sauver son épouse Eurydice après avoir charmé le chien à trois têtes, alors gardien des enfers. Cette œuvre aux dimensions hors-norme est en parfaite harmonie avec l’architecture du bâtiment conçu par Shigeru Ban et permet à la Seine Musicale d’affirmer sa volonté d’ouverture à tous les publics et à toutes les cultures.

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Suvée sauvé de l’oubli au musée des Beaux-Arts de Tours

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On se souvient souvent de Jean-Benoît Suvée (1743-1807) pour deux raisons : sa désignation comme Premier Prix de l’Académie royale de peinture en 1771 mortifia David (1748-1825) au point que celui-ci songea au suicide ; puis il fut, en 1803, le premier directeur de la Villa Médicis où avait été transférée l’Académie de France à Rome après la tourmente révolutionnaire. Il y a donc bien des choses à apprendre entre ces deux dates.
Formé à l’Académie de Bruges, sa ville natale, il est à Paris l’élève de Vien (1716-1809). Pensionnaire à Rome de l’Académie, il affirme son talent de dessinateur et développe son goût pour l’antique, avec un remarquable coup de crayon pour les drapés. On le classe bientôt parmi les ardents promoteurs du néoclassicisme. Rentré en France en 1778, nommé à l’Académie royale de peinture, il traverse la Révolution en peignant de nombreux portraits sous la Terreur à la prison Saint-Lazare : on lui doit celui du poète André Chénier. De retour à Rome, il est celui qui adaptera la Villa à sa nouvelle fonction : ouverture de vastes ateliers sous verrière, logements pour les artistes, bibliothèque, restauration des jardins.
L’exposition présente plus d’une centaine d’œuvres, pour la plupart inédites, beaucoup issues de collections privées françaises et étrangères. Elle est l’occasion de la publication de la première monographie (440 pp., 400 ill., 129 €) consacrée à cet artiste, aux éditions Arthena.

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David Lemaire prend la tête du musée des Beaux-Arts de la Chaux-de-Fonds

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« Sa connaissance approfondie de l’art contemporain et de l’art du XIXe siècle […] a impressionné tant le Conseil communal que les membres de Société des Amis du musée des Beaux-Arts (SaMba), qui ont travaillé de concert pour le renouvellement du poste », indique le Conseil communal de la Chaux-de-Fonds dans un communiqué, à propos de la nouvelle nomination de David Lemaire à la tête du musée des Beaux-Arts de la ville. Ce spécialiste de l’œuvre d’Eugène Delacroix prendra ses fonctions le 1er janvier 2018 et poursuivra les travaux de Lada Umstätter dans la promotion des expositions mêlant identité locale et problématiques artistiques générales.

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Charlotte Perriand « for ever » chez Artcurial

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Un défi, souligne Emmanuel Bérard, directeur du département Design: « Il faut dire le maximum de choses avec un nombre de pièces limité, des modèles parfois uniques ou jamais vus, ou bien que l’on ne connaissait qu’en photographie. Le but étant de représenter le parcours et la spécificité de Charlotte Perriand ». Tel ce bureau courbe réalisé pour Pierre Jeanneret, une pièce majeure qui dormait dans une collection (de 300 000 € à 500 000 €). Pour la première fois apparaît aux enchères la bibliothèque Tunisie complète, une œuvre rarissime (autour de 200 000 €). Plus connu, le modèle Mexique est évalué de 80 000 € à 120 000 €. Quant à la table de « forme libre » en noyer, ses courbes vont à l’encontre des préceptes géométriques alors en vogue.

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Claire Morgan 1/3 : L’art comme échappatoire

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Originaire de Belfast, Claire Morgan est naturellement attirée par l’art et la fabrication d’objets, elle découvre Le Rêve du douanier Rousseau qu’elle reproduit en dessin pour un devoir d’école. Elle n’a par la suite jamais considéré une autre voie que l’art. Affectée par le conflit nord-irlandais elle quitte sa ville natale pour faire ses études à Newcastle.

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Dossier spécial : Le triomphe de l’art américain

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Le 7 novembre 1929, le Museum of Modern Art (MoMA) ouvre ses portes à New York, quelques jours seulement après le Jeudi Noir, à Wall Street, qui marque le début de la Grande Dépression. Avec ses six salles louées dans le Heckscher Building sur la Cinquième Avenue, la nouvelle institution connaît des débuts modestes, mais riches de promesses, sous la houlette de son jeune directeur, l’historien de l’art Alfred H. Barr. L’ouverture du MoMA couronne une décennie d’initiatives destinées à promouvoir l’art moderne européen, aussi bien que la création contemporaine américaine. En 1920, par exemple, Katherine Dreier, Marcel Duchamp et Man Ray fondent la Société Anonyme Inc. qui, jusqu’au début des années 1940, organisera quatre-vingts expositions et autant de conférences et de séminaires pour faire connaître l’art moderne.  De même, entre 1927 et 1943, Albert E. Gallatin crée la première collection d’art moderne aux États-Unis pour la Gallery of Living Art à la bibliothèque de l’Université de New York. Si l’ensemble fait une place aux artistes américains, il reste un véhicule pour le modernisme européen, à commencer par le cubisme.
À ce prosélytisme en faveur des peintres et sculpteurs de l’Ancien Monde, s’oppose une volonté délibérée de soutenir la création aux États-Unis, incarnée par Gertrude Vanderbilt Whitney.  Dès 1907, cette mécène et sculptrice commence à acheter des œuvres d’artistes américains vivants puis, en 1914, elle fonde le Whitney Studio où elle organise des expositions. En 1929, elle essuie un refus poli du Metropolitan Museum of Art, à qui elle souhaitait offrir sa collection de quelque cinq cents œuvres. Aussi décide-t-elle de fonder son propre musée, le Whitney Museum of American Art, qui ouvre ses portes en 1931 à Greenwich Village.
Toutes ces institutions deviennent des protagonistes essentiels dans l’essor d’un art américain d’envergure internationale. Elles donnent accès aux artistes majeurs de l’art européen et documentent les mouvements successifs de l’avant-garde : postimpressionnisme, fauvisme, cubisme, futurisme, expressionnisme, surréalisme. Mark Rothko, par exemple, ne cachait pas sa fascination pour L’Atelier rouge (1911) de Matisse, acquis par le MoMA en 1949. Il l’étudiait inlassablement, pour en tirer cette leçon essentielle : quand vous regardez cette toile, confiait-il, « vous devenez cette couleur, vous en êtes entièrement saturé ». Cette révélation devait donner une inflexion décisive à sa peinture.

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Eglé Vismanté, lauréate 2017 de la Bourse de la Francis Bacon MB Art Foundation

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Créée en 2014 par Majid Boustany, la Francis Bacon MB Arts Foundation se donne pour mission de « promouvoir une meilleure compréhension de l’œuvre, de la vie et du processus créatif de Francis Bacon, en portant une attention particulière à la période durant laquelle il vécut et travailla à Monaco et en France. » En 2017, l’institution décide de soutenir la jeune création contemporaine en créant une bourse décernée, tous les deux, à un jeune artiste diplômé de la Villa Arson, établissement niçois qui réunit en un même lieu un centre d’art, une école supérieure d’art, une résidence d’artistes et une bibliothèque spécialisée. Cette récompense distingue plus particulièrement les artistes dont le travail et les projets s’articulent autour des domaines de la peinture et du dessin.
D’origine lituanienne, Eglé Vismanté devient donc la première lauréate de la Bourse de la Francis Bacon MB Art Foundation et bénéficie d’une dotation de 10 000 € qui doit lui permettre de concrétiser ses projets artistiques afin de s’engager dans un processus de professionnalisation. Son travail décline le concept d’« hétérotopies » forgé par Michel Foucault pour désigner les localisations physiques de l’utopie ou « espaces concrets hébergeant l’imaginaire », tels que la cabane d’enfant ou le théâtre. S’intéressant également au processus d’apparition et de disparition qui sous-tend la création artistique, elle utilise le dessin, à la craie ou au crayon, pour matérialiser l’évolution de ses œuvres. Ses dessins sont ainsi volontairement effacés au bout d’un certain temps puis redessinés et retravaillés ; l’acte de dessiner devient ainsi une pratique régulière et quasi performative. L’artiste s’attache parfois à documenter l’évolution de ces images en créant, notamment, des animations en stop-motion.

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Supports/Surfaces, le retour !

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1969-1972. Trois ans pour réinventer la peinture. Au fil d’expositions communes, bien souvent estivales, en plein air et dans le sud de la France, les peintres Daniel Dezeuze, Claude Viallat, Patrick Saytour, Vincent Bioulès, Pierre Buraglio pour ne citer qu’eux, inventent un art sorti de son cadre, une abstraction colorée livrée à même le support, toile suspendue, rideau de douche ou papier plié. Le groupe s’effiloche sur fond de discordances politiques. Presque cinquante ans plus tard, la cote de Supports/Surfaces est en forme, avec des collectionneurs des deux côtés de l’Atlantique. La galeriste Marie-Hélène de La Forest Divonne présente une exposition d’une trentaine d’œuvres (de 3000 € à 120 000 €), intitulée « Autour de Supports/Surfaces » mais qu’elle aurait pu sous-titrer « Que sont-ils devenus ? ». L’occasion de retrouver Vincent Bioulès mais figuratif, ou Jean-Pierre Pincemin, entre figuration et abstraction. L’exposition présente aussi le travail d’hier et d’aujourd’hui de Pierre Buraglio. Jean-Michel Meurice et Christian Bonnefoi font partie de l’accrochage. Sans appartenir au mouvement, ils sont nourris des mêmes questionnements. Supports/Surfaces a créé une nébuleuse. C’est ce que prouve aussi l’exposition de la galerie Dutko, consacrée à Viallat, Pincemin, mais également aux électrons libres André-Pierre Arnal et Christian Jaccard. Cette sélection de grande qualité est étiquetée entre 3000 € et 150 000 €.

Deux animateurs majeurs de Supports/Surfaces ont droit à leur solo-show : Daniel Dezeuze et Patrick Saytour. Le premier, membre fondateur, expose ses dernières œuvres (entre 5000 € et 150 000 €) à la galerie Hervé Bize, très attaché au rôle essentiel du dessin dans l’abstraction. Le second, le « poil à gratter » de Supports/Surfaces, toujours critique et sarcastique, expose à la galerie Ceysson et Bénétière de New York. Accumulateur, metteur en scène, amoureux des objets de bazar, il mêle la peinture aux objets du quotidien, projetés comme par magie dans une autre dimension. Une quinzaine d’œuvres est au programme, à décrocher à partir de $ 15 000. Pourquoi cet appétit actuel pour Supports/Surfaces ? L’exigence intellectuelle qui sous-tend les œuvres est une clé de ce succès. Marie-Hélène de La Forest Divonne résume : « Supports/Surfaces est un mouvement très libre, mais rigoureux. L’offre sur le marché de l’art contemporain est si pléthorique qu’on a besoin de revenir aux fondamentaux ».

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