Actualité artistique

Kenneth Frampton, Lion d’or de la Biennale d’architecture 2018

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Le président de la 17e édition de la Biennale de Venise, Paolo Baratta, ainsi que les deux curatrices Yvonne Farrell et Shelley McNamara ont décidé de remettre le Lion d’or à l’historien, critique et architecte de renom Kenneth Frampton. L’évènement récompense chaque année l’œuvre d’un architecte qui a su apporter connaissances et savoir à son domaine de prédilection.
Né en 1930, Kenneth Frampton a étudié l’architecture à l’école d’art Guildford et à l’école d’architecture Architectural Association de Londres, puis a lui-même beaucoup enseigné. De 1961 à 1966, au début de son parcours,  il a travaillé pour le cabinet d’architecture Douglas Stephen and Partners. Dès 1961, il a parallèlement été directeur d’étude invité au Royal College of Art, jusqu’en 1964, ainsi que directeur d’étude à l’Architectural Association jusqu’en 1963. De 1966 à 1971, il a donné des cours à l’université de Princeton, puis à la Graduate School of Architecture et depuis 1972 à l’université de Columbia à New York. D’autres institutions de renom ont aussi pu compter Kenneth Frampton parmi leurs professeurs. C’est le cas du Royal College of Art à Londres, de l’EPFL à Lausanne ou encore de l’Accademia di Architettura de Mendrisio. Le lauréat de la Biennale est aussi l’auteur d’un grand nombre d’essais sur l’architecture moderne et contemporaine. Paolo Baratta, le président, affirme même « qu’aucun étudiant en architecture n’est pas familier avec Modern Architecture : A Critical History », qui représente une œuvre clé dans la compréhension de l’architecture du XXe et XXIe siècle. Pour cette raison, Kenneth Frampton a fait partie de plusieurs jurys de concours d’architecture et a participé à de nombreux chantiers architecturaux.
Le 26 mai prochain, Kenneth Frampton recevra le Lion d’or lors d’une cérémonie au Ca’Giustinian, le siège de l’évènement, qui inaugurera la Biennale d’architecture 2018.

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Figures d’entre-deux-guerres à la Fondation Taylor à Paris

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L’Exposition internationale de Paris en 1937 avait constitué une sorte d’apogée pour une sculpture figurative, pénétrée de culture classique. Alfred Janniot, Robert Wlérick ou encore Charles Despiau étaient de la fête. Dans les décennies suivantes, à l’écart du modernisme ou du Nouveau Réalisme, d’autres artistes, dont le Groupe des 9 fondé en 1963, devaient prendre le relais de cette tradition, que la Fondation Taylor met aujourd’hui en lumière.

 

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Le saviez-vous ? : L’abstraction

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L’oeuvre d’art ne cherche plus à exprimer une ressemblance, mais une forme, une idée ou une sensation. Kandinsky est le pionnier et le théoricien de l’art abstrait.

Kandinski : Du spirituel dans l’art

En 1897, le physicien britannique Joseph John Thomson (1856-1940) prouve l’existence de l’électron, cette particule élémentaire qui compose l’atome, avec le neutron et le proton. Cette découverte bouleverse l’artiste d’origine russe Vassili Kandinsky (1866-1944) car elle remet en question le visible et la conception de la réalité. Avec Le Cavalier bleu (1903), l’artiste décrit un homme à cheval à l’aide d’une série de touches colorées, livrant ainsi les prémices de l’art abstrait. L’oeuvre donnera son nom au groupe que l’artiste fédère à Munich en Allemagne autour d’un même refus du conformisme et de la volonté de mener des expériences sur les jeux de lignes et de surface.
Le peintre reste indifférent aux recherches cubistes. Il ne s’embarrasse pas non plus de forger un « mouvement abstrait », comme le firent Malevitch pour le suprématisme ou Piet Mondrian pour le néoplasticisme. Artiste de la « nécessité intérieure », Kandinsky écrit en 1910 : « Une oeuvre est bonne lorsqu’elle est apte à provoquer des vibrations de l’âme. »

Vassili Kandinsky, Cavalier Bleu, 1911 (Musée Boijmans Van Beuningen, Rotterdam).

Malevitch : la théorie d’un vocabulaire de formes

Le motif du carré, peint d’une seule couleur, apparaît en 1913 chez l’artiste russe Kasimir Malevitch (1878-1935) dans les décors et les costumes réalisés pour l’opéra La Victoire sur le soleil, de son compatriote Mikhaïl Matiouchine (1861-1934). Le « degré zéro de la peinture » : c’est ainsi que ses détracteurs qualifient son Carré noir sur fond blanc (1915), première tentative picturale radicale de ne renvoyer à aucune réalité. Malevitch le considérait comme un passage vers tous les possibles.

Kasimir Malevitch, Carré noir sur fond blanc, 1915 (Galerie Tretiakov, Moscou)

L’avant-garde russe

Les lignes et les intersections sont les motifs de prédilection de la peintre Natalia Gontcharova (1881-1962), une des rares femmes artistes de cette époque. Elle va explorer un autre aspect de l’art abstrait, nommé « rayonnisme » par le poète Guillaume Apollinaire.

Natalia Goncharova, Forêt jaune et verte, 1913, huile sur toile, 102 x 85 cm.

Apprenez-en plus et faites le tour du monde des arts à travers les siècles avec L’Histoire de l’Art pour les nullissimes, par Alexia Guggémos, aux Éditions « Pour les nuls ».

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Patricia Treib, Turiya Magdalela et Nicolas Roggy, finalistes du prix Prat 2018

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Le Prix Prat, créé en 2012, récompense chaque année les artistes les plus talentueux de la jeune scène artistique contemporaine. Du même nom que l’avocat et collectionneur Jean-François Prat, le prix d’art contemporain permet chaque année au lauréat d’obtenir une dotation de 20 000 euros. Les deux autres finalistes ne sont pas laissés pour compte, puisqu’ils obtiennent tout de même 2 000 euros chacun pour la création de leurs futurs projets. S’ajoute à cela l’édition d’un catalogue présentant le travail des trois finalistes et l’exposition, dans les locaux du Fonds de Dotation Bredin Prat pour l’Art Contemporain à Paris, d’une sélection de leurs œuvres pendant deux mois.
L’édition 2018, parrainée par Marc Simoncini, fondateur de Meetic et collectionneur, met en lumière la peinture abstraite. Un comité composé cette année de Marie-Aline Prat, historienne de l’art et collectionneuse, Anaël Pigeat, critique d’art et rédactrice en chef d’« Artpress », Odile Burluraux, conservatrice au Musée d’art Moderne de la Ville de Paris, Frédéric Brière, directeur du Fonds de dotation Bredin Prat et auteur du Guide de l’Artiste et Frédéric Bonnet, critique d’art et commissaire d’expositions, a nommé trois finalistes, dont chacun aborde une forme d’art abstrait spécifique. Lignes et couleurs s’entremêlent dans les peintures de Patricia Treib, qui emportent le spectateur dans une danse rythmée. Alors que cette artiste qui a remporté en 2017 l’Artadia Award – un prix de 10 000 dollars organisé dans six villes des États-Unis – présente des œuvres  colorées et féminines, Turiya Magadlela, originaire de Johannesburg, créée des peintures, chargées de symboles, qui questionnent la place de la femme noire en Afrique du Sud et l’évolution de son statut. Le troisième finaliste du prix, l’artiste brutaliste Nicolas de Roggy, travaille quant à lui la matière, accumulant des couches de peintures qu’il creuse, détruit, déconstruit ou reconstruit pour donner une forme de feux d’artifice de couleurs.
La remise de la dotation au lauréat du prix se fera le 28 juin prochain au cours du vernissage de l’exposition, au cabinet du Fonds de Dotation Bredin Prat pour l’Art Contemporain à Paris.

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Le Fotozentrum de Winterthour, centre européen de la photo

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Nicolas Faure, Gornergrat – Zermatt, 1989, photographie, C-Print, 372 x 461 mm, Fotozentrum de Winterthour © Nicolas Faure, Fotostiftung Schweiz

Situé à une trentaine de minutes de Zurich, le Fotozentrum résulte de la fusion de deux institutions, le Fotomuseum Winterthur (créé en 1993), et la Fotostiftung Schweiz, la plus ancienne institution suisse dédiée à la photographie, fondée en 1971. Le Fotomuseum conserve une collection de 4 000 photographies contemporaines, des années 1960 à aujourd’hui, où l’on retrouve les plus grandes figures internationales de la photographie documentaire et plasticienne, de Lewis Baltz à Andreas Gursky et Nan Goldin en passant par William Eggleston, Hans-Peter Feldmann, David Goldblatt, Paul Graham, Roni Horn, Boris Mikhailof, Arnold Odermatt ou Nicolas Faure, dont les images en grand format rendent compte de la Suisse moderne dans toute sa complexité. La Fotostiftung Schweiz abrite quant à elle un fonds considérable consacré à la photographie suisse du XXe siècle, qui retrace l’histoire du pays des années 1850 à nos jours.
Véritable centre européen de la Photographie collaborant avec les plus grandes institutions, le Fotozentrum organise régulièrement des expositions temporaires, qui ont mis à l’honneur, ces dernières années, des piliers de la photographie des XIXe et XXe siècles comme Eugène Atget, August Sander, Karl Blossfeldt, Bill Brandt, Dorothea Lange, Lisette Model, Edward Weston ou Weegee. Un lieu incontournable qui, au travers du médium photographique, balaie un siècle et demi d’histoire sociale, industrielle, politique et culturelle, agrémenté d’une bibliothèque riche de plus de 20 000 ouvrages.

Fotozentrum
Grüzenstrasse 44-45, 8400 Winterthour
+41 52 234 10 60

À voir en 2018 :

« Balthasar Burkhard », du 10 février au 21 mai
« Double take. Cortis & Sonderegger », du 1er juin à fin septembre
« Situations », tout au long de l’année

Découvrir les AMOS : suisse.com/artmuseums

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Chronique sorties : Martin Szekely au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux

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Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les vendredis à 19h dans l’émission « La Grande Galerie », les lundis à 19h45 dans l’émission de Patrick Poivre d’Arvor, le vendredi à la fin du flash info de 13h pour ses « Chronique Sorties ».

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Idée lecture : L’art de la Préhistoire

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Voici un monument de la collection L’Art et les grandes civilisations. Depuis le premier volume de cette série publié en 1965, personne n’avait osé faire une synthèse mondiale des créations artistiques datant des toutes premières civilisations. Du Gobustan (dans l’est de la République d’Azebaïdjan) jusqu’à Narwala Gabarnmang (plateau de la Terre d’Arnhem, en Australie), l’équipe de chercheurs internationaux réunie sous la direction de Carole Fritz, responsable du Centre de recherche Émile-Cartailhac à la Maison des sciences de l’homme et de la société de Toulouse, relève le défi en s’appuyant sur les découvertes les plus récentes. Après un inventaire géographique, l’art préhistorique est étudié en fonction du symbolisme, de l’iconographie et des artistes (ne manquez pas l’analyse du nuancier des couleurs). Une chronologie de l’art rupestre mondial depuis ses origines jusqu’à la période actuelle révèle d’incroyables synchronies.

 

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Visite d’atelier : David Nash, pionnier du Land Art

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De Manchester, il faut parcourir la côte, le long de la mer d’Irlande, pour se rendre jusqu’à Blaenau Ffestiniog, ville qui connut une forte croissance aux XVIIIe et XIXe siècles grâce à l’exploitation de l’ardoise. David Nash, né en 1945 à Esher, décida d’y résider à la sortie de la Chelsea School of Art, afin de se consacrer totalement à son art, loin des mondanités de Londres. Mais ce choix eut très vite une influence décisive sur son travail. Il est ainsi devenu l’un des acteurs majeurs du Land Art britannique, élaguant et transformant le bois qu’il a longtemps trouvé aux alentours. « Deux ans après mon arrivée, raconte-t-il, j’ai pris une autre direction, comme si l’espace environnant avait intégré mon corps, de manière presque inconsciente, tout en imprégnant conceptuellement mon œuvre. Plutôt que d’élaborer une idée et d’essayer de trouver la pièce adéquate, je me suis toujours laissé séduire par le matériau. Tout me vient de lui, de sa forme et de son essence. » David Nash n’a d’ailleurs jamais déménagé. Il a simplement amélioré son lieu de vie, rénové et déplacé son atelier au sein d’une chapelle restructurée. Au XIXe siècle, les nombreuses confréries religieuses se disputaient les quelque vingt mille âmes de la ville et cet édifice méthodiste-calviniste a été agrandi trois fois, avant d’être complètement déserté. Dans l’ancienne nef, l’artiste a disposé, au sol et sur une large mezzanine, ce qui constitue son plus important musée, remontant jusqu’aux premières sculptures des années 1970. S’il réalise aujourd’hui des tirages en bronze, le bois témoigne de ses différentes recherches, notamment sur la réaction des essences face au froid, à la pluie, puis au soleil et à la sécheresse. Il découvre alors que le bois craque et se fend, « me souriant », comme il le dit avec facétie. Il aime, en parallèle, empoigner des ramures fraîches pour les tresser et leur suggérer un mouvement, ou s’atteler à des tâches extrêmement physiques, comme le tronçonnage ou le transport à travers la nature ! Dès ses premières créations se retrouve sa passion pour le triangle, le cercle ou le carré. L’un de ses professeurs d’histoire de l’art avait attiré son attention sur Paul Cézanne et Constantin Brancusi, dont il admire autant La Colonne sans fin qu’une approche du travail mêlant l’art et la vie. David Nash apprécie également la peinture chinoise, pour la simplicité du geste. « Car mon tempérament me pousse à être rapide et à échafauder la plupart des œuvres en une seule fois. Je sais où je veux aller et quand je me rends compte que je me perds, je laisse la structure inachevée, comme on peut le voir dans de nombreux exemples ici… » […]

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Rodin maître de ballet au musée Rodin à Paris

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Légères et bondissantes ou arquées en une posture à la limite de l’improbable, les statuettes façonnées par Rodin pour intégrer la série des Mouvements de danse forment une sorte de répertoire des possibilités du corps. On sait la fascination qu’exercèrent sur le sculpteur les danseuses cambodgiennes venues à Paris pour l’Exposition universelle, ou des vedettes telles qu’Isadora Duncan ou Loïe Fuller. Autour d’une cinquantaine de dessins et de ces statuettes rarement exposées, on comprend le rôle essentiel que les figures de la danse ont joué dans son appréhension du corps.

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L’architecte Bjarke Ingels au cinéma

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Bjarke Ingels est un architecte danois diplômé de l’Académie royale des Arts danois en architecture. Peu de temps après sa formation, Ingels fonde avec un autre architecte l’agence PLOT qui se fait remarquer lors des concours et des prix d’architecture comme le Forum’s Architecture Prize reçu en 2005 et le Copenhagen Municipality’s Architecture Prize en 2006. Cette même année, Bjarke Ingels fonde son propre cabinet d’architecture, BIG, Bjarke Ingels Group, avant de devenir l’un des cabinets d’architecture contemporaine les plus importants du moment. Deux bâtiments emblématiques assoient sa réputation au Danemark : The Moutain Dwelling, réalisé en 2008 et le 8 House réalisé en 2010. À partir de ce moment-là, les commandes s’intensifient et le groupe se voit confier la construction du pavillon danois à l’Exposition universelle de Shangaï en 2010 ou encore le musée maritime d’Helsingor en 2013. L’architecte s’impose ensuite aux États-Unis en réalisant le VIA 57 West qui tranche définitivement avec les gratte-ciel classiques de Manhattan. Petit à petit, BIG s’est développé et le jeune architecte danois a su s’imposer partout dans le monde et notamment aux États-Unis où il s’est installé en 2012 avant de se voir confier la réalisation des digues anti-inondations de Manhattan. Mais son plus grand projet est le Two World Trade Center, l’un des six bâtiments qui vont former le nouveau World Trade Center. Le film « Big Time », en référence à BIG, retrace entre 2009 et 2016 la vie de Bjarke Ingels et de son cabinet, sept années pendant lesquelles le cabinet d’architecte s’est développé et imposé comme l’un des plus novateurs au monde. Le réalisateur Kaspar Astrup Schröder a suivi l’architecte de près pendant toutes ces années et notamment lors de la commande du Two World Trade Center, l’un des plus importants projets de la carrière de Bjarke Ingels. En retraçant la vie de l’architecte, le film propose de mieux découvrir une figure, partant de Copenhague pour aller à New-York réaliser ses rêves. Mais il propose également de prendre du recul sur l’architecture et sa vocation : rendre les hommes heureux. Comment les architectes réalisent et créent des constructions et des bâtiments qui ont pour but d’améliorer le cadre de vie des individus et doivent les rendre heureux.
La force de ce film réside dans le travail en commun du réalisateur et de l’architecte pour donner une production juste et réaliste de la vie de Bjarke Ingels et de BIG avec son développement fulgurant mais aussi les difficultés rencontrées et l’anxiété provoquée par un travail très exigeant et prenant.

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Focus œuvre : « Agrigente » de Nicolas de Staël

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Le tableau présente les signes minimaux d’une relation au réel, soit la terre et le ciel partagés par la ligne d’horizon. Comme dans d’autres toiles consacrées au site d’Agrigente, on reconnaît le versant abrupt d’une colline sur lequel s’étagent – ou plutôt semblent s’étager – les quartiers de la ville. Car en l’espèce, l’artiste entretient sciemment l’ambiguïté. Seul compte pour lui l’arrangement des teintes, véhicule de la sensation éprouvée face au paysage. Ici, le violet, le jaune, l’orange et le rouge crient, agressent l’œil par leur intensité, mais sans dissonance, car l’artiste joue en orfèvre de la complémentarité du jaune et du violet.
Toutes les teintes se juxtaposent en plans colorés, comme mises sous tension par une tectonique invisible. Pourtant ces plans au chromatisme exubérant ne sont pas parfaitement ajointés, mais séparés par des failles de clarté, à travers lesquelles perce une lumière blanche. La tension se dilue au centre du tableau, où le bleu affleure sous le jaune désaturé, comme si le peintre donnait à sentir les convulsions souterraines d’un paysage à l’apparente immuabilité.
La marque de la brosse sur les plans colorés accentue la vibration de la couleur, accentuée par un ciel sombre. Les paysages de ce genre ont été interprétés comme des scènes nocturnes. En est-on si sûr ? Car comment concilier la luminosité du coloris avec ce ciel de suie ? Peut-être faut-il se rappeler la célèbre Porte-Fenêtre à Collioure, peinte par Henri Matisse en 1914, où l’huisserie, résumée en pans de couleur verticaux, s’ouvre sur une zone d’un noir impénétrable. À cette époque, Matisse commençait à utiliser, selon ses propres termes, « le noir pur comme une couleur de lumière et non comme une couleur d’obscurité ». Staël travaille sans doute dans cet esprit, donnant à voir non pas la nuit, mais ce moment où le regard se voile de noir, lorsqu’il est ébloui par l’intensité du soleil.

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[Entretien] « Un enfant de 5 ans en ferait autant ! » : la nouvelle exposition-atelier du Centre Pompidou à Paris

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Pour un public non-initié à l’art contemporain, on entend souvent « Moi aussi, j’aurais pu le faire » ou « Un enfant pourrait faire mieux ». Dans son attention particulière à l’éducation du regard de son jeune public et pour contrecarrer ces idées préconçues, le Centre Pompidou a mis en place plusieurs outils. La galerie des enfants, qui se veut être un champ de découvertes et d’expérimentations, est l’une des actions du musée. Avec la nouvelle exposition-atelier, Claude Closky, artiste invité et par le titre de son projet, y répond avec humour. « Un enfant de 5 ans en ferait autant ! » est un dispositif interactif autour de l’image où l’enfant va s’approprier les formes plastiques créées par l’artiste mais également des formes qui font référence à des œuvres que l’enfant, avec ses parents, pourra retrouver dans les étages supérieurs du Centre Pompidou, au cœur des collections du musée national d’art moderne. Lire la suite ici.

Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois, la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005).
FranceFineArt est constituée de différentes rubriques qui à l’aide de photographies, d’interviews sonores, de textes et de liens interactifs rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

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Bruno Monnier lance son Atelier des Lumières

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Du musée Jacquemart-André, à Paris, jusqu’à la Cité de l’Automobile, à Mulhouse, Culturespaces a progressivement étendu son emprise muséale sur neuf hauts-lieux du patrimoine français. Son président, Bruno Monnier, peut être fier de son approche pédagogique et ludique, attirant près de trois millions de visiteurs par an dans les différents sites qu’il gère. Aux Baux-de-Provence, il a réussi à imposer depuis 1993 les Carrières de Lumières, avec leur installation immersive au cœur des œuvres d’art. C’est pourquoi il a récidivé à Paris avec l’Atelier des Lumières, ouvert le 13 avril dans une halle industrielle de mille cinq cents mètres carrés. Cette ancienne fonderie, située entre Bastille et Nation, propose une nouvelle installation multimédia avec cent vingt vidéoprojecteurs permettant de plonger les visiteurs dans les motifs décoratifs de la Sécession viennoise. Des agrandissements d’œuvres de Gustav Klimt et Egon Schiele glissent le long du sol et des murs, se répondent par un savant jeu de détails et racontent la luxuriance des motifs Art Nouveau. Deux puits de lumière permettent de jouer avec les images ou avec des miroirs. En alternance avec le film de trente minutes sur Klimt et Schiele, un film court dédié à l’artiste viennois Hundertwasser (1928-2000) permet d’établir des passages entre le XIXe et le XXe siècle car « le rôle d’un centre d’art, souligne Bruno Monnier, est de décloisonner. C’est pourquoi le numérique doit prendre sa place dans les expositions du XXIe siècle. » En complément de ces deux aventures visuelles et sonores, signées par Gianfranco Iannuzzi, Renato Gatto et Massimiliano Siccardi, un espace dédié à la création actuelle occupe le Studio, qui accueille également un bar. Premier centre d’art numérique à Paris, l’Atelier des Lumières pourrait-il devenir un modèle à adapter dans d’autres villes de France ou ailleurs en Europe ? La fréquentation en décidera. Les premiers jours d’exploitation sont encourageants.

 

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Helmar Lerski, paysages du visage

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En 1998, le musée d’Art et d’histoire du Judaïsme (mahJ) ouvrait ses portes dans l’Hôtel de Saint-Aignan, au cœur du Marais à Paris, retraçant l’histoire des communautés juives de France, d’Europe et de Méditerranée à travers leurs formes d’expression artistique, leurs patrimoine et traditions de l’Antiquité à nos jours (lire notre hors-série n° 708). Le musée, dont le parcours va des stèles funéraires médiévales aux œuvres de Christian Boltanski, fête aujourd’hui ses 20 ans avec un programme de colloques (Emmanuel Levinas), de concerts (Félix Mendelssohn) et d’expositions. Avant qu’une exposition sur Sigmund Freud conçue par Jean Clair ne prenne place à l’automne, le mahJ présente la première rétrospective en France consacrée au photographe et cinéaste d’origine juive polonaise Helmar Lerski (1871-1956), dévoilant un fonds d’épreuves anciennes acquis par le musée en 2015. Chef opérateur et spécialiste des effets spéciaux de cinéma jusqu’en 1929 à Berlin, notamment pour Metropolis de Fritz Lang, ce photographe de la Nouvelle Vision réalise des portraits de célébrités et de gens ordinaires dans lesquels il exploite en virtuose sa maîtrise de la lumière. Auteur d’une œuvre photographique fortement marquée par l’esthétique expressionniste, il est aussi l’inventeur de Paysages du visage (1941), images abstraites réalisées en Palestine à la veille de la création de l’État d’Israël.

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