Actualité artistique

Une Franco-italienne conseille le Président de la République pour la Culture

connaissance des arts -

Claudia Ferrazzi est diplômée en sciences politiques à l’université de Milan, puis obtient un master en politique européenne à l’Université libre de Bruxelles. Elle poursuit son parcours en France et sort diplômée de l’ENA en 2003. Après un début de carrière dans le privé, chez Cap Gemini et au Boston Consulting Group, elle s’oriente vers le public, au ministère de l’Économie puis à l’Inspection des finances, où elle travaille avec Emmanuel Macron. Claudia Ferrazzi, 40 ans, est également la femme de Fabrice Bakhouche, l’ancien directeur du cabinet de Fleur Pellerin au ministère de la Culture. Autre nomination, cette fois-ci au ministère de la Culture, de la Communication et de l’Audiovisuel, de Marc Schwartz comme directeur du cabinet de la ministre Françoise Nyssen. Énarque de 53 ans, il est auparavant médiateur du livre depuis juin 2016. Tout le long de son parcours professionnel, Il effectue de nombreuses missions sur les médias et les industries culturelles (presse, audiovisuel, musique, numérique) et coordonne le programme culture et médias de la campagne d’Emmanuel Macron.

Cet article Une Franco-italienne conseille le Président de la République pour la Culture est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Quand le tsar revient à Trianon

connaissance des arts -

Lors de la Grande Ambassade qui l’avait mené en Europe en 1697-1698, le tsar Pierre le Grand avait évité la France, alliée de la Sublime Porte. Vingt ans plus tard, c’est à Paris et Versailles que le tsar consacre un long séjour, en mai et juin 1717. Il veut tout voir, tout connaître. Le voici au Louvre, aux Invalides, à la manufacture des Gobelins, à la Monnaie, à l’Observatoire, à l’Imprimerie royale, au Palais-Royal où le Régent lui fait les honneurs de ses collections, au palais du Luxembourg, et encore à Meudon, Marly, Fontainebleau. Venu « voir tout ce qui en valait la peine en France », il se rend à Saint-Cyr où, après avoir contemplé fixement la vieille madame de Maintenon, il tourne les talons sans lui adresser la parole ! À Versailles, il soulève le petit Louis XV et l’embrasse « en l’air », signe incontestable du réchauffement diplomatique… Outre ses visées politiques et économiques, cette visite inspirera le tsar non seulement dans l’aménagement de ses palais, mais aussi dans les réformes de son royaume. Née d’une collaboration exceptionnelle entre le château de Versailles et le musée de l’Ermitage, l’exposition présente plus de cent cinquante œuvres, objets d’arts, instruments scientifiques et documents historiques. Les deux tiers des œuvres réunies appartiennent toujours aux collections de Saint-Pétersbourg, largement épargnées par la Révolution de 1917 : la précieuse cassette du tsar a même conservé sa clé !

Cet article Quand le tsar revient à Trianon est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Le Sud de Bernard Plossu à l’Hôtel des Arts de Toulon

connaissance des arts -

« Dans le soleil de midi, l’accablement de la canicule endormait les chiens errants, les chevaux des cochers, les mendiants, les pigeons, les prêtres noirs appuyés, les yeux clos, aux portes des sacristies. Les mystères, les secrets, les magies de l’été s’épanouissaient, mûrissaient tout à coup sous le soleil de plomb, comme des fruits et des fleurs gonflés de sang. » Cette phrase de l’écrivain italien Curzio Malaparte figure en exergue de l’exposition « L’Heure immobile » de Bernard Plossu, infatigable photographe-voyageur né en 1945 au Vietnam, fasciné par la route et son spectacle. Cent trente-cinq photographies noir et blanc prises entre 1976 et 2016 en Espagne, en France, en Italie et en Grèce sur le thème de la « métaphysique méditerranéenne » ont été réunies par Ricardo Vazquez, commissaire d’exposition et directeur de l’Hôtel des Arts, Centre d’art du département du Var. « De retour des années désert passées au Sahel et dans l’Ouest américain à photographier les  » jardins de poussière « , je me suis investi dans une série de photographies pleines d’une lumière blanche, forte et aveuglante, avec presque aucun personnage, essayant de donner la dimension du poids du temps si caractéristique de ces pays du Sud », dit Bernard Plossu avec enthousiasme.

On retrouve dans ces images des ambiances silencieuses inspirées du mouvement pictural italien Pittura Metafisica (peinture métaphysique), fondé en 1916 par Carlo Carrà, Alberto Savinio et Giorgio de Chirico à Ferrare, auquel s’est joint ensuite Giorgio Morandi. Des scènes urbaines vides de toute présence humaine, des espaces architecturés épurés, des compositions à la rigueur mathématique, un certain sentiment d’irréalité, un éclairage intense… L’une de ces photographies, prise en 2008 sur l’île de Favignana, avec son phare et sa perspective linéaire accusant la profondeur, rappelle la toile Melancholia (1916) de Giorgio de Chirico. « La peinture italienne, celle de Giorgio de Chirico et de Carlo Carrà, et la métaphysique solaire du peintre espagnol José Jorge Oramas sont les clés de ce monde de lumière », confie le photographe, qui vit aujourd’hui dans le Midi de la France, à La Ciotat.

Images du silence

Dans le livre qui accompagne l’exposition, un très beau texte du critique d’art et poète espagnol Juan Manuel Bonet met des mots sur ces images de silence : « Des hôtels comme l’Excelsior, des panneaux, des cafés. Un urbanisme délabré, des banlieues faites de petites maisons basses et de grues, avec çà et là un palmier rachitique […] Des places blanches avec des statues blanches de héros interchangeables, parodie probablement pas si involontaire des Piazze d’Italia de Chirico et de leurs statues […] Des temples grecs avec des échafaudages […] Des routes qui ne mènent nulle part […] Un rocher au bord de la mer, tombé du ciel comme un aérolithe, pierre énigmatique qui semble avoir été peinte par Magritte (Cabo de Gata, Espagne, 2000) ». Ces clichés noir et blanc représentant quarante années de réflexion visuelle ont été pris avec un objectif de 50 mm ne déformant pas la vision, monté sur un boîtier Nikkormat que Bernard Plossu ne quitte jamais. Des photographies sans effets, évitant à tout prix le spectaculaire, marquées par la sobriété et le dépouillement du cinéaste Robert Bresson et le classicisme du peintre Jean-Baptiste Camille Corot. « Ce sont des maîtres que je revendique. Corot, c’est l’école de la discrétion. Bresson et Corot sont des géants discrets… », confie le photographe, plus connu pour ses clichés tremblés, bougés, sombres ou surexposés.

Bernard Plossu doit sa fascination pour les paysages vides à son premier voyage dans le Sahara en 1958. Âgé de 13 ans, il y a pris ses premières photos avec un appareil-jouet. Car pour lui, le Sud c’est aussi l’Afrique, le Mexique et la Californie. « Le Sud est la patrie idéale, métaphysique, abstraite, de ce poète à l’appareil photo », écrit encore Juan Manuel Bonet. Rappelons que son esthétique poétisée du banal a jailli dans la jungle du Chiapas (Mexique) en 1966, où il a rencontré les Indiens Lacandon, et s’est cristallisée quinze ans plus tard dans le livre Voyage mexicain, préfacé par l’écrivain Denis Roche. « Au gré des rencontres ou des événements, et dans un incessant déplacement, le photographe y recueille sans autre méthode que celle du hasard et de l’intuition poétique des images d’atmosphères, ces fameuses  » moody pictures » si caractéristiques d’une tradition autobiographique du voyage », note Gilles Mora dans sa monographie de 2006. Toujours plus au Sud, les pas de Bernard Plossu l’ont conduit dans les années 1970 à Big Sur, cette région côtière entre Carmel et San Francisco (Californie) où bat le cœur du mouvement hippie et où il a rencontré l’écrivain de la Beat Generation Allen Ginsberg. « Sur la route », il a découvert « le sud du monde, c’est-à-dire ces lieux du monde qui conservent quelque chose de magique et d’ancien immédiatement perceptible », écrit Roberto Valtorta. Ses images de Méditerranée s’en souviennent, intemporelles.

Cet article Le Sud de Bernard Plossu à l’Hôtel des Arts de Toulon est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

L’invité du soir : Rencontre avec Annick Lemoine, la directrice scientifique du Festival de l’histoire de l’art

connaissance des arts -

Le quatrième invité est Annick Lemoine, la directrice scientifique du Festival de l’histoire de l’art. La septième édition du Festival d’histoire de l’art aura lieu au château de Fontainebleau les 2, 3 et 4 juin 2017. Annick Lemoine profite de cet évènement pour nous parler du rôle de l’historien de l’art.

Cet article L’invité du soir : Rencontre avec Annick Lemoine, la directrice scientifique du Festival de l’histoire de l’art est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Alfred Manessier et Han Sungpil en Baie de Somme

connaissance des arts -

L’un est un enfant du pays et une figure importante de la peinture dans la France de l’après-guerre. Alfred Manessier (1911-1993) est l’auteur d’une œuvre relevant de l’abstraction lyrique, ou d’un certain « paysagisme abstrait » façonné par les lumières et les configurations de ses régions de prédilection, à commencer, bien sûr, par sa région natale ; abstraction qui se teinte parfois de résonances mystiques, ce qui lui valut plusieurs commandes de vitraux pour des églises, mais qui peut aussi vibrer au gré de causes politiques, exprimer des colères. Han Sungpil (né en 1972), quant à lui, vient de l’autre bout du monde, de Séoul. Photographe, vidéaste, il parcourt la planète et travaille habituellement sur la nature et les problématiques environnementales. En résidence à l’Abbaye en 2015 et 2016, il décide de réagir tant au paysage si prégnant de la région, qu’à l’interprétation privilégiée qu’en donna Alfred Manessier. En résultent des images où la réalité semble parfois se dématérialiser en abstractions plastiques. La boucle est ainsi bouclée, les pratiques si différentes des deux artistes semblent s’entremêler, à l’image des paysages alentour.

Cet article Alfred Manessier et Han Sungpil en Baie de Somme est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Peter Buggenhout revient aux surfaces planes à la galerie Laurent

connaissance des arts -

Sorte de magmas de poussière ou assemblages de panses d’animaux, de sang séché, de crins de chevaux et autres matériaux délaissés, les sculptures de Peter Buggenhout s’inscrivent dans ce que l’artiste définit comme une réflexion sur l’informe ou la non-identification. Pour cette nouvelle exposition, ce Flamand né en 1963 revient à la 2D, qu’il avait expérimentée dans les années 1990, avant de se tourner vers le volume. « Il réfléchit ici à comment développer des surfaces plates, tout en demeurant dans ses significations imprécises, précise Laurent Godin. Peter Buggenhout poursuit ainsi un travail expérimental avec d’autres matériaux que ceux qu’il emploie habituellement, tels que le plastique ou l’aluminium, auxquels il confère malgré tout un côté trash ». Les nouvelles pièces de cette série (de 10 000 € à 80 000 €) vont surprendre les connaisseurs de cet artiste, en intégrant les enjeux de l’expérience et du ressenti face à l’œuvre.

Cet article Peter Buggenhout revient aux surfaces planes à la galerie Laurent est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Vos idées de sortie : Le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire

connaissance des arts -

Cette semaine, Guy Boyer vous emmène dans la nature à l’occasion de la 26ème édition du Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire dont le thème imposé aux artistes est cette année « Flower power, LE pouvoir des fleurs ».

Retrouvez les « Idées de Sortie » de Guy Boyer tous les vendredi à la fin du flash info de 13h et tous les samedi à la fin des flash-infos de 13h et 19h sur Radio Classique

Cet article Vos idées de sortie : Le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Documenta 14, d’Athènes à Cassel

connaissance des arts -

Cette 14e édition a instauré un dialogue entre deux pays, deux histoires, deux identités, orchestré par le directeur artistique Adam Szymczyk. « La Grèce est emblématique des mutations rapides que le monde connaît aujourd’hui, explique ce dernier. Elle incarne les dilemmes économiques, politiques, sociaux et culturels auxquels l’Europe doit faire face, tout comme Cassel, à l’époque de la création de documenta en 1955, incarnait la nécessité de faire face au traumatisme de la destruction provoqué par le régime nazi, tout en servant d’emplacement stratégique durant la guerre froide ». Les cent soixante artistes invités ont visité les deux villes et ils ont presque tous choisi de créer une œuvre spécifique pour l’une et l’autre. Monographiques ou collectives, les expositions ont envahi à la fois les musées, les centres d’art, les galeries, et l’espace public, en Grèce comme en Allemagne. L’un des points d’orgue de la manifestation sera assurément, à Cassel, l’installation d’El Partenón de Libros de Marta Minujín, une reconstitution grandeur nature du Parthénon, sur la Friedrichsplatz. Cette œuvre, qui traite de la censure en Argentine, prend une autre dimension encore en Allemagne, sur cette place même où les nazis brûlèrent des milliers de livres.

Cet article Documenta 14, d’Athènes à Cassel est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

La Grande Galerie de Radio Classique : Les dessins de Raphaël au Ashmolean Museum d’Oxford 2/2

connaissance des arts -

Cette semaine, Guy Boyer vous emmène en musique dans l’univers du peintre Raphaël à qui le Ashmolean Museum d’Oxford consacre à partir du 1er juin et jusqu’au 3 septembre une exposition autour de ses dessins.

Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les vendredis à 19h dans l’émission La Grande Galerie, les lundis à 19h45 dans l’émission de Patrick Poivre d’Arvor, le vendredi à la fin du flash info de 13h et le samedi à la fin des flash-infos de 10h et 19h pour ses « Idées de Sortie ».

Cet article La Grande Galerie de Radio Classique : Les dessins de Raphaël au Ashmolean Museum d’Oxford 2/2 est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Nouveau talent : Jef Aérosol, le pochoiriste

connaissance des arts -

Artiste pochoiriste issu de la première vague du Street Art des années 1980, Jef Aérosol réalise une œuvre in situ dans le quartier ouvrier du Pile à Roubaix, à l’occasion de l’exposition majeure « Street Generation(s), 40 ans d’art urbain » à la Condition Publique de Roubaix, orchestrée par la galeriste Magda Danysz. Les délaissés urbains de la ville du Nord, friches et maisons, constituent un terrain de jeu et d’expression unique pour les artistes. Jef Aérosol s’en est emparé pour représenter des personnages à taille humaine en noir et blanc, au pochoir et à la bombe aérosol, accompagné de sa « marque de fabrique », une incontournable flèche rouge. Pour cet artiste « contextuel », les murs du monde forment une gigantesque toile vierge sur laquelle il réalise depuis trente-cinq ans des portraits en pied de personnalités (la rock star Elvis Presley, le Mahatma Gandhi, l’artiste Jean-Michel Basquiat, le chanteur Bob Dylan…) et des visages anonymes. Son enfant solitaire et pensif, Sitting Kid, est devenu une icône, au point qu’il l’a apposé sur la Grande Muraille de Chine. Sa fresque monumentale de trois cent cinquante mètres carrés, Chuuuttt !!!, intimant le silence aux touristes de Beaubourg, est dans tous les esprits sans que l’on identifie forcément son auteur. Mais il arrive à l’artiste lillois, nourri depuis les années 1970 d’imagerie rock et punk, des graphismes de Roman Ciezlewicz et des toiles de Gérard Fromanger, de passer du mur aux cimaises des galeries. Cet amateur d’Ernest Pignon-Ernest puise son inspiration dans le patrimoine mondial (le Mont Rushmore, les Géants de l’île de Pâques…), et dans l’histoire de l’art (La Vénus de Milo, La Vierge voilée de Giovanni Strazza…), pour revisiter la sculpture au pochoir sur un matériau non noble, le carton (Living Stones, 2016). De la pierre au papier.

Cet article Nouveau talent : Jef Aérosol, le pochoiriste est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Vendredi lecture : Soutine dans un corbillard

connaissance des arts -

L’urgence, c’est l’urgence de ce trajet vers la clinique qui dicte le rythme trépidant de cette biographie qui conduit le peintre Soutine de Vilma à Paris, de Paris à Chinon. La souffrance, c’est aussi la souffrance lui tordant les boyaux qui rend la lecture douloureuse et qui interrompt régulièrement le fil du récit. On rencontre bien sûr la colonie russe de la Ruche : Archipenko, Lipchitz, Zadkine ou Chagall. On retrouve surtout ses aventures avec ses plus proches amis de bohême et de galère : Kikoïne et Krémègne. On boit des coups à Montparnasse, à la Coupole et à la Rotonde. On se réjouit du passage du bon docteur Barnes, qui achète 52 tableaux d’un coup à Soutine, en 1922. On voyage au bord de la Creuse, en 1926, avec le marchand Zborowski. On part au soleil de Céret et de Cagnes-sur-Mer. Mais surtout on voit la création en train de se faire : « Rien que la faim, des objets de guingois, des visages déformés, rien que la misère, pas de régal pour les yeux. De petits personnages terrifiés, les yeux braqués sur la désolation sans borne de la vie ». À lire d’une traite.

Cet article Vendredi lecture : Soutine dans un corbillard est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Gaston Chaissac, l’amour de l’éphémère à la galerie Louis Carré

connaissance des arts -

À travers ces quarante œuvres sur papier de Gaston Chaissac (de 15 000 € à 70 000 €) se manifeste cette inlassable « quête de mouvement », ce besoin d’immédiateté, cette « urgence créative ». Le papier, « matériau-outil », est le « support privilégié de son travail pictural », lui offrant cette liberté sans limites qui est la clé de son approche artistique, dans un émerveillement toujours renouvelé. Natif d’Avallon en Morvan, Gaston Chaissac (1910-1964) revendiquait volontiers sa ruralité, qui favorisait à ses yeux « l’éclosion de la création ».

Cet article Gaston Chaissac, l’amour de l’éphémère à la galerie Louis Carré est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Un Français défend l’excellence de l’offre culturelle à Venise

connaissance des arts -

Olivier Lexa est un jeune metteur en scène et auteur français qui travaille depuis dix ans à Venise. Il y a créé en 2010 le Venetian Centre for Baroque Music qui a pour mission la valorisation de la musique baroque vénitienne. Il constate que l’office de tourisme de Venise est de plus en plus victime de la bataille commerciale que se livrent les tour operator de la ville et qu’il ne parvient plus à promouvoir l’offre culturelle de qualité de la cité des Doges. Venise possède pourtant, outre ses innombrables musées plus fameux les uns que les autres, des institutions telle que la Fenice ou l’Accademia qui proposent des ballets, expositions, concerts, opéra, spectacles de danse. Olivier Lexa a donc créé la Fondazione delle arti – Venezia, un réseau qui fédère les institutions culturelles de la ville et un site internet – en ligne le 1er juin – qui répertorie leurs événements. Autre constat d’Olivier Lexa, il n’existe pas dans la ville un lieu de réunion pour un public cultivé qui partage l’amour de Venise. Il a donc créé le Club delle arti qui propose en exclusivité à ses membres des concerts, ballets et autres moments forts de la vie culturelle vénitienne. Le Club delle arti rassemble une petite centaine de personnes qui peuvent se retrouver dans le Palazzetto Pisani situé sur le Grand Canal. Le lieu était tout destiné à ce Club puisque jusqu’à la fin du XXe siècle, le palais était un des derniers grands salons littéraires de Venise, tenu par la Comtesse Maria Pia Ferri de Lazara qui y a reçu des personnalités comme Marina Abramovic, Bill Gates ou encore Mikhaïl Gorbatchev.

Cet article Un Français défend l’excellence de l’offre culturelle à Venise est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Étude d’une oeuvre : Balthus, Le Salon (II)

connaissance des arts -

Sous ses dehors d’apparente banalité, la scène, d’emblée, nous paraît décalée. C’est une scène de la vie domestique, avec deux fillettes évoluant dans un intérieur bourgeois assez cossu. Pourtant, rien ne « sonne » comme dans la vie quotidienne, rien n’est familier ni rassurant. Au contraire, tout semble biaisé, vaguement irréel. En fait, nous sommes en plein dans ce que Freud appelait « l’inquiétante étrangeté » : quand la réalité du monde est travaillée par des forces cachées, soumise à des tensions inconscientes qui altèrent la surface des choses, leur impriment la marque inquiétante d’un non-dit beaucoup plus inavouable que ce qui est montré. Comme une ombre, non pas extérieure mais intérieure aux choses.

On reconnaît là, en filigrane, la théorie freudienne de l’inconscient, chère aux surréalistes parisiens. Ceux-ci en reconnurent l’empreinte dans les œuvres de Balthus des années 1933-34, telles que La Rue ou La Toilette de Cathy, et vinrent le visiter dans son atelier. Bien sûr, ce sont les pulsions sexuelles qui sont au cœur de l’inconscient. Et dans les tableaux de Balthus, c’est bien le foyer des énergies sexuelles qui irradie sous la placidité des apparences. Il arrive, exceptionnellement, que ces forces jaillissent au grand jour : c’est le cas dans la terrible Leçon de guitare, où une professeure de musique agresse sexuellement sa petite élève qu’elle renverse et dénude sur ses genoux. Mais même là, la peinture, la facture restent placides : solide métier traditionnel, dessin naturaliste, formes polies comme du marbre…

Cette manière de peindre « à l’ancienne », Balthus (de son vrai nom Balthasar Klossowski) l’avait patiemment apprise en Allemagne et en Suisse, où il avait grandi, puis à Paris où il séjourna une première fois à partir de 1924, et durant son voyage en Italie deux ans plus tard, au cours duquel il avait ardemment copié les fresques de Piero della Francesca et de Masaccio. L’art de ces « primitifs » italiens, que l’on redécouvrait alors, eut sur lui un impact durable, notamment celui de Piero, avec son organisation géométrique, ses fortes figures arrêtées et méditatives, qui imposent l’existence d’un monde intérieur parallèle au monde matériel. Intensément nourri de l’art des musées, Balthus épicera sa peinture de tels archaïsmes, qui confèrent à certains de ses personnages l’allure d’automates. Parmi ses références, on trouve aussi Courbet, aimé pour son métier inégalable, pour la surabondance charnelle de ses figures, pour les crudités terreuses et opulentes de ses paysages. Tout ceci contribue, chez Balthus, à forger une manière où la réalité semble décollée d’elle-même, sorte de théâtre de pantomime où les intentions, le sens, sont toujours ailleurs.

Cet article Étude d’une oeuvre : Balthus, Le Salon (II) est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Pages